#Francophonie, #Ontario

La désignation bilingue d’Ottawa non mentionnée par Watson

Le maire d'Ottawa, Jim Watson. Archives

OTTAWA – Les célébrations du 150e. Le spectacle La Machine. La finale de la Coupe Grey, et même le concert de Shania Twain. Mais rien sur le bilinguisme «officiel» d’Ottawa. Pour Jim Watson, il ne semble pas que le nouveau statut bilingue fasse partie des réalisations de la Ville en 2017.

SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @sebpierroz

L’exercice annuel du discours sur l’état de la ville par le maire fait pourtant chaque année la part belle aux «progrès». Un discours de plus d’une heure, mercredi 31 janvier, que le premier magistrat a divisé entre les accomplissements et les projets à venir.

«Il ne fait aucun doute que les événements d’Ottawa 2017 ont eu un impact considérable sur notre économie locale (…) Le rapport indique également une augmentation du PIB de notre région de 2,5 % en 2017 et de 2,2 % en 2018 et la création d’environ 9 100 nouveaux emplois», a illustré M. Watson en guise d’auto-félicitations.

«Comme francophone, j’ai été déçu, je pensais qu’Ottawa était devenu bilingue», a fait part Philippe Denault, un citoyen ottavien venu assister au discours. «C’était tout à fait choquant de voir que c’était le silence total sur cet enjeu. Il a parlé à peine deux minutes en français.»

 

Phrases en français de cinq secondes

Vérification faite, des 64 minutes du discours de M. Watson prononcés devant les élus, pas plus d’une à deux minutes l’ont été en français. Le tout, une quinzaine de phrases de cinq secondes.

Ce quatrième discours de l’état de la ville depuis son nouveau mandat de 2014 ne déroge pas à la règle des années précédentes. La francophonie n’y est jamais citée, exception faite en 2017 où le maire avant vanté le caractère «inclusif, ouvert et bilingue» de la ville grâce à la francophonie.

«Depuis le nouveau statut bilingue d’Ottawa, je n’ai pas entendu ni vu de communiqué de presse faisant état que la Ville d’Ottawa est bilingue», souligne M. Denault.

«Maire Jim Watson: Non à l’unilinguisme à la ville d’Ottawa -Signez la pétition!», a gazouillé pour sa part sur Twitter Richard Lauzière, un résident, peu après le discours. La pétition en ligne représente une dénonciation de «l’unilinguisme anglophone qui s’instaure à la Ville d’Ottawa».

Invité à réagir sur le manque de français dans le discours de M. Watson, le conseiller de Rideau-Vanier, Mathieu Fleury, n’a pas souhaité faire de commentaires.

 

Cannabis et services policiers

Fait marquant du discours de M. Watson: le rappel du fardeau que représentera le cannabis à usage récréatif. Le maire d’Ottawa évalue à huit millions de dollars la facture supplémentaire. Une lettre a été envoyée à la province de l’Ontario pour demander une compensation financière.

«Leurs nouvelles fonctions découlent des décisions stratégiques fédérales et provinciales, et je crois que la responsabilité devrait incomber aux paliers de gouvernement de financer l’impact de ce changement législatif sur les municipalités», a déclaré le maire

Ce dernier entend aussi lutter contre la recrudescence des fusillades à Ottawa, avec l’ajout de 75 nouveaux agents de police sur trois ans. «Durant les prochains mois, nous surveillerons la situation de près pour nous assurer que la police dispose des ressources suffisantes pour combattre la violence qui touche notre collectivité.»

 


POUR EN SAVOIR PLUS:

Ottawa bilingue: ce qui change ou pas avec la nouvelle loi

Université franco-ontarienne et Ottawa bilingue: le projet de loi adopté

Vous aimez ? Faites-le nous savoir !
1+

Sébastien Pierroz
Sébastien Pierroz
spierroz@tfo.org @sebpierroz

Natif d’Annecy dans les Alpes françaises, Sébastien Pierroz obtient une maîtrise d’histoire de l’Université Paris Panthéon-Sorbonne en 2007. Après avoir travaillé pour Le Reflet dans l’Est ontarien, puis L’Express d’Ottawa, Sébastien rejoint l’équipe d’#ONfr au Groupe Média TFO en janvier 2015.