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La Laurentienne : près de 200 employés ont perdu leur emploi au total

Temps de lecture : 3 minutes

SUDBURY – Au final, ce sont 190 employés qui ont perdu leur emploi en raison de la suppression de 69 programmes et du processus de restructuration à La Laurentienne. L’université demande, ce jeudi, devant la Cour supérieure de l’Ontario, un nouveau prêt et la prolongation de sa protection sous la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC).

C’est ce que révèle un rapport de juge Sean F. Dunphy qui est le moniteur dans le dossier de restructuration, soit une sorte de tierce partie.

Selon l’Association des professeures et professeurs de l’Université Laurentienne (APPUL), le syndicat est passé depuis les coupes de 345 à 235 membres cotisants ce qui voudrait dire que 110 professeurs auraient perdu leur emploi. Cela représenterait une diminution de 32 %, selon les calculs de l’APPUL.

Au niveau des employés de soutien comme dans des postes de bureau, techniques, administratifs, de service et de sécurité, 42 personnes perdront leur emploi dès le 30 avril. Cela représenterait une baisse de près de 16 %.

Finalement, au niveau administratif, ils sont près de 37 employés à avoir perdu leurs postes dont 24 dans la haute administration.

Des dettes annuelles autour de 15 millions de dollars

Selon le rapport, la suppression de ces postes et des 69 programmes reviendrait à sauver près de 30,3 millions de dollars, un chiffre « passant à 33,5 millions de dollars au cours des cinq prochaines années ». Il est aussi mentionné que la dette actuelle et le montant que doit l’institution aux créanciers représentent beaucoup plus que la trentaine de millions de dollars sauvés.

« Alors que les économies nettes estimées réalisées à ce jour sont importantes et répondent aux déficits opérationnels du candidat (l’Université Laurentienne), il est peu probable qu’il soit suffisant », écrit le moniteur.

Avec sa façon d’opérer avant la restructuration, La Laurentienne se dirigeait vers des dettes de 13,7 $ à 16,7 millions de dollars par année, et ce sans compter les paiements aux créanciers, indique le document.

« Un schéma de déficits récurrents sur plusieurs années, exacerbés par les récentes pressions importantes sur les revenus a amené le demandeur (La Laurentienne) au point où il a connu une crise de liquidité immédiate et dramatique », écrit le juge Dunphy.

Ce dernier ajoute que l’Université sauvera sept millions de dollars additionnels en mettant fin à son entente avec les institutions fédérées.

La fin de la LACC en aôut ?

L’Université Laurentienne s’adresse d’ailleurs à la Cour aujourd’hui pour prolonger le processus de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC). Le tout doit prendre fin vendredi, mais l’établissement sudburois demande une prolongation jusqu’au 31 août dans le but d’avoir plus de temps pour notamment négocier avec ses créanciers.

Le moniteur juge que la demande d’allonger la procédure est « appropriée ».

« Le moniteur est d’avis que le demandeur devrait disposer de liquidités suffisantes pour financer ses opérations jusqu’au 31 août 2021. »

C’est aussi aujourd’hui et demain qu’ont lieu les audiences concernant les contestations de l’Université de Sudbury et celle de Thorneloe, une des raisons qui pousse la demande de prolongation du processus de LACC, avance le moniteur. Les deux établissements contestent la décision de La Laurentienne de mettre fin à la fédération.

Le ministre des Collèges et Universités de l’Ontario, Ross Romano. Archives ONFR+

En conférence de presse, le ministre des Collèges et des Universités Ross Romano a refusé de commenter sur le dossier tant et aussi longtemps qu’il est entre les mains de la justice. Concernant la possibilité de voir la LACC s’allonger, il assure que « quand on pourra en dire plus, on en dira plus ».

« Si l’affaire est prolongée, nous attendons de voir ce que l’ordonnance du tribunal concernant cette prolongation stipule pour l’avenir », a soutenu le ministre.

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