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La pénurie touche aussi l’enseignement du français langue seconde

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HALIFAX – La pénurie d’enseignants dans les conseils francophones de l’extérieur du Québec touche aussi les conseils scolaires anglophones en quête de professeurs de français langue seconde. Dans un rapport, dévoilé ce vendredi, Canadian Parents for French (CPF) propose un état des lieux et des pistes de solution pour répondre aux besoins.

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

«Il y a une grande demande pour les programmes d’immersion en français, mais il faut aussi porter attention aux programmes de français de base. On a 40 % d’enseignants de français langue seconde qui quittent leur fonction», remarque Mimi Masson, chargée de cours à l’Université d’Ottawa en Formation des enseignants de français langue seconde, qui vient de compléter une étude nationale, en partenariat avec le Commissariat aux langues officielles sur le sujet.

Comment l’expliquer? Les causes sont multiples, reconnaît la coprésidente du Comité national de soutien à la recherche pour CPF, Wendy Carr. La croissance de la demande pour des programmes d’immersion française s’accompagne d’une baisse du nombre d’enseignants qui postulent, notamment.

En Ontario, par exemple, environ 90 % des conseils scolaires anglophones offrent au moins un programme de Français langue seconde, selon les données de CPF. Mais parallèlement, le nombre de demandes reçues d’enseignants de français langue seconde diplômés au cours des trois dernières années a diminué de 54 %.

Les coprésidentes du Comité national de soutien à la recherche pour Canadian Parents for French, Wendy Carr et Sharon Lapkin. Archives ONfr

«Les raisons varient aussi selon les provinces. Mais il est vrai que la demande est là, notamment chez les nouveaux arrivants qui n’ont ni le français ni l’anglais comme première langue parlée, mais qui croient en cette valeur comme partie prenante de l’identité canadienne. Ils sont très motivés à ce que leurs enfants apprennent le français. Le problème, c’est que les ressources sont limitées dans les écoles, il y a beaucoup à faire pour soutenir cet enseignement», analyse Mme Carr.

 

Manque de ressources

En Colombie-Britannique, les enseignants soulignent un manque de valorisation autour de l’enseignement du français de base, mais il y a aussi, à travers le Canada, leur défi d’accéder à des ressources pédagogiques efficaces, à des possibilités d’améliorer leurs habiletés à communiquer en français et à des stratégies d’enseignement efficace.

«Aujourd’hui, on a de moins en moins de professeurs francophones dans les programmes de français langue seconde. Il faut donc soutenir nos enseignants anglophones qui dispensent ces cours, car l’apprentissage d’une langue, même pour un professeur, demande un soutien continue pour la maintenir et l’améliorer», rappelle Mme Masson.


«C’est un bon moment d’aborder ce sujet, car il y a beaucoup d’attention sur l’offre et la demande d’enseignement de français langue seconde et sur les défis rencontrés» – Wendy Carr, CPF


CPF milite donc pour le déblocage de fonds afin de soutenir le développement professionnel des enseignants de français langue seconde.

«On demande à tous les niveaux de gouvernement à travailler avec les conseils scolaires pour trouver des solutions. Le gouvernement fédéral donne des ressources aux provinces, il faut qu’il s’assure qu’elles sont bien dépensées», lance Mme Carr.

 

Hausse du financement

Le moment est d’autant plus opportun qu’Ottawa devrait annoncer le renouvellement de ses ententes avec les provinces d’ici  au 31 mars 2019.

Le financement accordé à l’apprentissage de la langue seconde stagne depuis 2007-2008 autour de 115,8 millions de dollars et les contributions des provinces ont diminué de près de la moitié depuis 2009-2010.

Alors qu’il s’est récemment donné pour cible de faire passer le taux national de bilinguisme de 17,9 % à 20 % d’ici 2036, le gouvernement fédéral prévoit augmenter légèrement sa contribution pour les cinq prochaines années, passant de 434 millions de dollars en 2013-2018 à 448 millions de dollars en 2018-2023.

À cette somme s’ajoutera une enveloppe de 100 millions de dollars additionnels sur cinq ans pour des programmes de promotion du bilinguisme, dont 31,29 millions de dollars pour développer des stratégies de recrutement d’enseignants en immersion en français et de français langue seconde.

 

Appui des élus fédéraux

Hasard du calendrier, il y a quelques jours, le comité permanent des langues officielles publiait une étude sur les programmes d’enseignement du français langue seconde dans l’Ouest. Et selon eux, l’offre doit être bonifiée.

Jugeant qu’«à l’heure actuelle, l’accès au programme de français langue seconde ne permet pas à tous les Canadiens d’atteindre leurs objectifs d’apprentissage linguistique» et que la pénurie d’enseignants ne permet pas d’élargir ou de créer de nouveaux programmes d’immersion en français dans les provinces qui le souhaitent, ils font quatre recommandations pour améliorer la situation, à l’Ouest comme dans tout le Canada.

À l’approche des nouvelles ententes fédérales-provinciales/territoriales pour l’apprentissage du français langue seconde, ils demandent un soutien financier pour des programmes de perfectionnement linguistique pour les enseignants, une offre bonifiée d’expériences linguistiques et culturelles pour les apprenants, la création d’un matériel pédagogique adapté et des initiatives pour intégrer et soutenir les étudiants en difficulté d’apprentissage dans les programmes d’immersion française.

 


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Benjamin Vachet
Benjamin Vachet
bvachet@tfo.org @BVachet

Originaire de France, Benjamin Vachet vit au Canada depuis plus de douze ans. Titulaire d'un baccalauréat en Administration économique et sociale et d'une maîtrise de journalisme, il a commencé sa carrière en France, avant de la poursuivre au Canada. Il a travaillé pour les hebdomadaires Le Reflet, puis L’Express Ottawa et pour la radio francophone d’Ottawa, Unique FM. Il a rejoint le Groupe Média TFO en 2014. Passionné de politique ontarienne, fédérale et internationale, Benjamin cumule plus de treize années d’expérience en presse écrite, radio et télévision.