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La réalité de la réconciliation avec les peuples autochtones dans Algoma-Manitoulin-Kapuskasing

Temps de lecture : 4 minutes

HEARST – Avec près de 20 % de sa population autochtone et 17 communautés sur son territoire, le comté d’Algoma-Manitoulin-Kapuskasing baigne dans la réalité de la réconciliation notamment depuis la découverte de sépultures dans les pensionnats autochtones. L’amélioration de la qualité de vie et l’accès aux infrastructures comme l’internet haute vitesse constituent aussi de vives préoccupations pour les habitants du comté.

Les candidats qualifient cette région d’abandonnée par le fédéral. Elle comporte près de 26 % de francophones avec des villes comme Hearst et Chapleau. Avec ces 17 Premières Nations, c’est aussi l’un des plus grands comtés électoraux qui s’étend sur 103 264 kilomètres carrés.

Carol Hughes est quasi assurée d’une réélection, selon le site de sondages électoraux QC125. Malgré tout, l’ingénieur de carrière et représentant chez les conservateurs John Sagman, croit que la situation est différente après ces dernières années de « collaboration entre le NPD et le Parti libéral ».

« J’ai une chance, car les deux sont pareils. C’est dur de différencier leurs plateformes. Le NPD et les libéraux se sont soutenus tout au long des cinq dernières années en accumulant une dette massive. Il y a tellement de choses que l’on devrait faire dans cette région et on ne le fait pas. On a vraiment besoin de gens à la table à Ottawa qui représente le comté. »

Le conservateur John Sagman. Gracieuseté

Carol Hughes affronte sa septième campagne électorale, elle qui avait été défaite en 2004 et 2006 après avoir été élue en 2008. Un poste qu’elle n’a jamais perdu depuis. Ce n’est pourtant pas avec gaieté de cœur qu’elle se dirige vers ce septuple exercice électoral.

« Une des choses que j’entends le plus est : “pourquoi on est dans une autre élection”. Pour être honnête, quand je cogne aux portes, les gens me disent : “ça fait deux ans que je ne t’ai pas vu à cause de la COVID-19, la dernière fois que tu étais ici, c’était parce qu’on était en élection et te voici encore”. Pourquoi sommes-nous dans une autre élection ? Pour le changement ? Est-ce qu’on va avoir un gouvernement majoritaire ? Et même si c’est majoritaire, qu’est-ce que ça va changer », rapporte la candidate.

C’est le chef de la Première Nation Wiikwemkoong de l’île Manitoulin, Duke Pelletier qui représente la bannière libérale.

« Je pense que j’amène une nouvelle perspective aux électeurs. J’ai une bonne feuille de route en ayant travaillé pour ma communauté et la communauté Anishnaabek de cette région. Je ne serais pas capable de représenter ces gens sans les compétences et connaissances nécessaires », soutient-il.

Le candidat libéral Duke Pelletier. Gracieuseté

Un manque d’actions des libéraux, dénonce Hughes

La néo-démocrate n’hésite pas à critiquer le bilan des libéraux au cours des dernières années concernant les relations autochtones. Elle reproche au gouvernement un manque de volonté.

« Le gouvernement ne répond pas aux besoins. Avec tout ce qui passe maintenant, c’est vraiment d’avoir de l’action qui manque. Le traînage de pieds que le gouvernement fait est vraiment frustrant pour les Premières Nations. On fait deux pas en avant et on en fait quatre en arrière. »

En quoi un gouvernement néo-démocrate viendrait-il créer une différence par rapport aux libéraux pour améliorer la qualité de vie des peuples autochtones ?

« Ça aurait un gros impact. Il y a plusieurs Premières Nations qui sont en train de se battre avec le gouvernement en Cour pour régler les ententes qui avaient été faites et pour régler les dispositions sur les traités concernant les terrains. Ça serait grand pour ces communautés-là, car ils attendent après ça pour bâtir des infrastructures et améliorer leur économie… Ils ont aussi besoin de leur terrain pour leurs logements, car il y a de grandes listes d’attente », énumère Mme Hughes.

La députée franco-ontarienne d’Algoma-Manitoulin-Kapuskasing, Carol Hughes. Crédit image : archives ONFR+

Duke Pelletier ne se cache pas qu’ils sont nombreux à critiquer le bilan des libéraux au cours des six dernières années, mais il pointe vers la différence entre l’arrivée des libéraux depuis 2015 et la situation auparavant.

« Je suis au courant des critiques adressées aux libéraux, mais le processus a été entrepris pour avoir des infrastructures nécessaires comme l’eau potable. Ces situations auxquelles font face les libéraux n’ont pas été adressées par les autres gouvernements par le passé. Je peux parler de ma propre expérience ici dans la communauté pour développer des projets d’infrastructures… Ils ont fait des avancées sur l’eau potable et ils sont clairement déterminés à régler ce problème le plus vite possible. »

Le candidat conservateur prône pour une plus grande collaboration entre les différents groupes autochtones et le fédéral, notamment sur le plan économique. John Sagman croit que l’accès aux infrastructures pourrait s’améliorer avec de meilleures relations.

« La première chose qu’on devrait faire est de les écouter pour savoir quels sont leurs besoins (… ). C’est ridicule d’envoyer des milliards de dollars hors du Canada et que les Premières Nations n’aient pas accès à de l’eau potable ici. On doit aussi avoir de l’internet dans ces communautés plus isolés, ils en ont besoin. On a besoin de l’internet haute vitesse et rien n’est fait à ce sujet. Il y a plusieurs choses qu’on peut faire dans ce processus de réconciliation », affirme celui-ci, prenant en exemple le Cercle de feu dans le Nord de l’Ontario.

Principaux candidats en lice  : Carol Hughes (Nouveau Parti démocratique) John Sagman (Parti conservateur du Canada) Duke Pelletier (Parti libéral du Canada) Stephen Zimmerman (Parti vert du Canada) Harry Jaaskelainen (Parti populaire du Canada)

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