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Le carrefour scolaire de Kingston franchit une étape décisive

Temps de lecture : 4 minutes

KINGSTON – Avec le feu vert de la province, saute le dernier verrou qui empêchait le démarrage de la construction d’une école conjointe à Kingston. Soulagés, les parents de la région espèrent maintenant que le chantier va se dérouler selon les plans prévus, avec une ouverture du site en 2022. Les conseils scolaires se montrent plus prudents sur cet échéancier.

Avoir une éducation de langue française de qualité dans des écoles équivalentes aux voisines anglophones, c’est le souhait de longue date des familles de Kingston.

Avec une enveloppe de 39 millions de dollars et un accord officiel du ministère de l’Éducation arraché en fin de semaine dernière, les astres sont désormais alignés pour lancer la construction du site sur lequel cohabiteront l’école secondaire catholique Marie-Rivier, l’école secondaire publique Mille-Îles, le centre culturel Frontenac et des services de garde d’enfants.

« Cette nouvelle école répond directement aux besoins des familles de Kingston », a déclaré dans un communiqué le ministre de l’Éducation, Stephen Lecce. « Grâce à cet investissement, les enfants du voisinage bénéficieront d’un environnement d’apprentissage en français de haute qualité ainsi que de nouvelles possibilités. » 

Les plans du futur site. Gracieuseté : CEPEO et CECCE

Reste à savoir si l’échéancier, réajusté à plusieurs reprises, sera cette fois respecté.

L’horizon 2022 semble toujours sur les tablettes des deux conseils scolaires qui se partageront le site, le Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE) et le  Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO), mais il n’apparaît pas dans la dernière lettre envoyée aux parents.

Les deux écoles construites à l’intersection de l’avenue Demers et du prolongement futur de la rue Wheathill, accueilleront au total plus de 600 élèves, bénéficieront d’installations de pointe et partageront une cafétéria, une bibliothèque, des salles de laboratoire, deux gymnases, une salle d’activité physique, des terrains de jeux, ainsi qu’un théâtre de 300 places, géré en dehors du cadre scolaire, par le Centre culturel Frontenac. Quarante-neuf nouvelles places en services de garde d’enfants seront aussi disponibles.

Des parents soulagés mais vigilants

Éric Galarneau, père de trois enfants scolarisés à l’école secondaire Mille-Îles, se dit soulagé, et espère que son plus jeune fils, actuellement en 9e année, aura la chance d’y entrer.

« La dernière semaine a été très stressante quand on a appris que le délai d’extension expirait bientôt avec toutes les conséquences négatives qui auraient pu en découler. »

Depuis juin dernier et l’approbation du ministère de procéder à un appel d’offres, très peu d’information avait filtré au sein de la communauté. L’appel d’offres avait été lancé en juillet et les soumissions reçues à la fin du même mois, avant que les deux conseils scolaires déposent une demande d’augmentation du budget initial, en octobre.

Éric Galarneau et Sarah Lasko, deux parents d’élèves impatients de voir le projet sortir de terre. Crédit image : gracieuseté et Rena Christine Photography

« Après autant d’années de travail, c’est un soulagement », glisse-t-il. « On est confiant et on est prêt à se faire entendre s’il y a encore des problèmes. Il était temps qu’on ait des installations équivalentes pour conserver nos élèves francophones et en attirer de nouveaux. »

Pour lui, le rapprochement des deux écoles secondaires sur un même site est la garantie d’avoir des cours spécialisés de qualité : « On aura les effectifs et les locaux pour construire ces programmes spécialisés qui étaient jusqu’ici dispensés en ligne. »

Sarah Lasko pousse elle aussi un soupir de soulagement. Pour cette mère de quatre enfants, ce projet va mettre fin aux écoles qui débordent et qui ne répondent plus aux besoins des élèves.

« Je suis très contente que le projet puisse commencer », dit celle qui est aussi vice-présidente du Conseil d’école publique secondaire Mille-Îles.

« On l’a défendu avec vigueur. Ça fait sept ans qu’on se bat contre le manque de places et d’équipements modernes. Voir collaborer un conseil scolaire laïque et un conseil scolaire catholique est une idée innovante », juge-t-elle.

Plus qu’un milieu scolaire, un pôle culturel

« C’est une excellente nouvelle », réagit Marie-Noël St-Cyr, la directrice du Centre culturel Frontenac qui emménagera également dans le carrefour. « Nous aurons un peu moins de locaux et ne serons pas copropriétaires. On sera en situation de location, comme la plupart des organismes non lucratifs. Le théâtre appartiendra aux deux conseils scolaires, mais ils nous en laisseront l’utilisation et la gestion pour le louer en dehors des horaires scolaires pour que l’on ait une source de revenus. »

Michèle Dubois, directrice générale de l’ACFOMI, et Marie-Noël St-Cyr, directrice générale du Centre culturel Frontenac. Gracieuseté

Ce projet est majeur pour son centre dont la jeunesse est un des axes de développement : « On va montrer que le français ne s’arrête pas à l’école. On est utile pour les jeunes et ils sont utiles pour nous. Continuer à travailler avec les deux conseils scolaires au même endroit, c’est un gage de continuité. »

« Ça faisait deux ans qu’on attendait. On est content », abonde Michèle Dubois, directrice générale de l’ACFO Mille-Îles. « Avec des écoles désuètes, on perdait des enfants qui allaient dans des écoles anglophones plus attirantes. Ça va vraiment aider les familles à se décider d’envoyer leurs enfants dans des écoles francophones et de qualité », croit-elle.

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