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Sept grands chantiers franco-ontariens confrontés aux aléas de la pandémie

Temps de lecture : 5 minutes

De Windsor à Timmins, en passant par Toronto, Kingston, Ottawa et Sudbury, la pandémie de COVID-19 a ralenti plusieurs chantiers cruciaux pour la vitalité de la francophonie dans la province. ONFR+ dresse un état des lieux de chacun de ces projets qui génèrent de fortes attentes dans leur communauté.

Windsor Le Carrefour francophone ouvrira ses portes cet hiver

Le plan initial était une inauguration en septembre 2020. Reportée une première fois en novembre, l’ouverture du Carrefour francophone de Windsor devrait finalement intervenir début 2021, sur l’avenue Ouelette, dans le centre-ville.

C’est en tout cas le nouvel horizon que se fixe le Centre communautaire francophone de Windsor-Essex-Kent (CCFWEK), à la barre du projet qui regroupera sous un même toit huit organismes et centralisera une variété de services en français.

La pandémie aura joué les trouble-fête tout au long du projet, particulièrement au printemps dernier avec la fermeture des chantiers à travers toute la province, avant que les choses ne reprennent progressivement leur cours durant le déconfinement graduel.

Toronto La première pierre du campus du Collège Boréal attendra

Les pelleteuses ne sont toujours pas entrées en action dans le quartier historique de La Distillerie. Après une annonce hâtive visant une ouverture en 2020, le président Daniel Giroux s’était résolu à fixer un nouveau cap : fin des travaux en 2023. À cette date, le campus actuel, en fin de bail, déménagera dans son nouveau décor.

Mais la pandémie a ajouté son lot de contraintes, explique Marc Despatie, le directeur des communications de l’institution postsecondaire.

« Les travaux étaient au stade préparatoire au moment du confinement et la COVID-19 ne nous a pas permis de mettre en œuvre le chantier. Nous sommes toujours en discussion avec les propriétaires du terrain et de l’édifice éventuel pour confirmer une date de début des travaux. »

Le projet avance toutefois sur d’autres fronts, indique la direction du collège, notamment au niveau du design de l’édifice, de l’aménagement intérieur et de l’élaboration du devis pédagogique renouvelé pour Toronto.

Toronto L’Université de l’Ontario français face au stress de l’examen final

L’Université de l’Ontario français (UOF) a enregistré ses 12 premières demandes d’admission. L’objectif de 200 inscrits d’ici septembre prochain reste intact, alors que l’équipe pédagogique intensifie ses rencontres virtuelles avec les orienteurs et les écoles. Le recrutement des quatre responsables de pôles de formation devrait intervenir début décembre.

« On est en train de choisir le système d’apprentissage, de structurer les services aux étudiants, de travailler le site web et d’affiner la constitution des équipes », explique le recteur, André Roy. « À chaque semaine, on doit absolument réaliser des choses pour tenir notre échéance de septembre 2021 ». Il ajoute que « les travaux avancent à vitesse grand V » : « On devrait entrer dans les lieux en juillet prochain ».

« La COVID-19 a un impact sur nous tous, dans notre télétravail comme dans la façon de recruter, mais toutes les universités sont sur le même pied d’égalité », constate-t-il. « Ce qui me cause de l’inquiétude, c’est que je souhaite vraiment avoir une rentrée en présence pour construire un sentiment d’appartenance à l’université. Beaucoup d’élèves se posent la question. Je suis certain que ça va jouer. »

Le Carrefour francophone de Kingston dans sa version finale et actuelle. Montage ONFR+

Kingston Le Carrefour francophone suspendu à la décision du gouvernement

La COVID-19 a aussi des effets sur des projets avant même qu’ils ne sortent de terre. C’est le cas du Carrefour francophone de Kingston. La pandémie a entraîné une hausse du coût des matériaux de construction de base, poussant le Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE) et le CÉPEO (Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario) à demander une rallonge financière au ministère de l’Éducation.

Mais impossible d’enclencher les travaux, pour l’heure. Le terrain a bien été acheté et l’appel d’offres lancé, mais le gouvernement tarde à autoriser l’octroi du contrat et la construction de l’édifice.

« On attend cette approbation afin de procéder à l’octroi du contrat et ensuite, débuter la construction », rappellent les deux conseils scolaires qui ne souhaitent pas se prononcer sur un échéancier, après déjà deux reports,

Sans le feu vert du ministère de l’Éducation, impossible d’établir un calendrier d’exécution. Le projet est de première importance dans la région, car il permettra à deux écoles secondaires d’accroître leur capacité et de moderniser leurs installations, une fois réunies sur un même site, au côté du Centre culturel Frontenac, d’une garderie et d’un centre ON y va pour enfants de moins de six ans.

Le Carrefour santé Orléans dans sa version finale et actuelle. Montage ONFR+

Ottawa Le Carrefour santé Orléans garde le cap 2021

Débuté à l’été 2019, le chantier du Carrefour santé d’Orléans a su éviter les embûches de la pandémie puisque, considérées comme essentielles, les constructions liées à la santé n’ont connu aucun arrêt. La gestion de la main d’œuvre et l’acheminement des matériaux ont posé des défis auxquels il a fallu s’adapter.

Le bâtiment de 10 000 mètres carrés qui regroupera une gamme de soins spécialisés et communautaires, verra le jour durant l’été 2021, dans l’Est d’Ottawa.

« On n’a connu aucun ralentissement », affirme la directrice du projet, Mélanie Potvin. « Tout avance à bon pas et selon l’échéancier prévu, y compris la planification opérationnelle, mais on progresse avec prudence selon le contexte pandémique. »

Une fois le chantier achevé, les résidents bénéficieront de programmes intégrés et centrés sur leurs besoins, offerts dans les deux langues officielles.

La Place des arts de Sudbury dans sa version finale et actuelle. Montage ONFR+

Sudbury La Place des arts prend forme, jour après jour

Projet phare du Grand Sudbury, la Place des arts devrait voir le jour à l’automne 2021, à l’angle des rues Elgin et Larch. Avec sa salle de spectacle de 300 places, son studio de 120 places, une galerie d’art, un bistrot, une boutique et plus de 3 000 m2 d’espaces de travail, elle est, pour beaucoup, le chaînon manquant de l’écosystème artistique régional.

« Il va sans dire qu’on ne peut pas prévoir les effets de la 2e ou possiblement 3e vague sur le projet de construction, mais on se prépare pour l’automne prochain », confie son directeur général, Léo Therrien, qui précise que les travaux ont pris du retard surtout au printemps dernier.

En attendant d’investir les lieux, les sept membres fondateurs de la « PdA » offrent leur programmation modifiée, en respectant les mesures imposées par la pandémie, là où ils le peuvent. À présent fermée et chauffée, la bâtisse va permettre aux ouvriers de poursuivre les travaux à l’intérieur, pendant l’hiver.

Timmins Le Centre culturel La Ronde attend des subventions

Depuis l’incendie qui a dévasté le Centre culturel La Ronde en 2015, la population de Timmins est privée d’un lieu rassembleur. Les travaux n’ont pas commencé sur la rue Montjoy, car il manque encore des fonds pour compléter un budget estimé à 6 millions de dollars. À l’investissement fédéral de 450 000 $, s’ajoutent les dons et assurances, mais il manque encore plusieurs millions de dollars.

La direction de l’organisme compte lancer une campagne de financement pour remettre le projet sur les rails.

« On attend encore des subventions », relate Lisa Bertrand, la directrice générale. « À cause de la COVID-19, on a dû tout relancer concernant la construction. Il n’y pas eu d’évolution. On en saura plus dans les prochains mois. On va commencer notre campagne de financement. »

Plus petit que l’ancien édifice, le bâtiment envisagé fera 1 000 mètres carrés et disposera d’une salle de spectacle d’une capacité de 300 personnes, deux pièces d’ateliers au lieu de trois et d’un plus grand stationnement.

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