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Le recteur de l’Université de l’Ontario français jette l’éponge

Temps de lecture : 3 minutes

TORONTO – À sept mois de la première rentrée de l’Université de l’Ontario français (UOF), son recteur André Roy a remis sa démission vendredi au conseil de gouvernance  « pour des raisons personnelles ».

Entré en fonction le 1er août dernier, l’ancien doyen de la Faculté des arts et des sciences de l’université montréalaise Concordia devait mettre sur orbite l’UOF, en recrutant étudiants et personnel pour réussir une rentrée qu’il annonçait « historique ».

Six mois plus tard, il quitte ses fonctions.

Ce départ n’a « aucun lien » avec le niveau de demandes d’admission, affirme d’emblée Dyane Adam, évoquant des raisons personnelles. « Le capitaine a quitté, ça laisse un trou, mais on continue la planification », a assuré la présidente du Conseil de gouvernance de l’institution torontoise.

Dyane Adam, présidente du Conseil de gouvernance de l’UOF. Archives ONFR+

« C’est un moment critique », convient-elle, « mais l’UOF est une organisation avec du monde à bord. Tout le monde travaille d’arrache-pied pour atteindre les objectifs d’ouverture du campus physique et de mise en place de l’infrastructure numérique ».

La débâcle des admissions franco-ontariennes

L’objectif martelé par le recteur pour la rentrée de septembre 2021 était de 200 étudiants. Mais, mi-janvier, au terme d’une campagne de communication très courte, due à l’approbation tardive de son ministère de tutelle, l’UOF n’était parvenue à séduire que 19 étudiants issus des écoles secondaires de la province, et une vingtaine d’étudiants canadiens et internationaux, selon les statistiques du Centre de demande d’admission aux universités de l’Ontario (OUAC).

« C’était une cible ambitieuse », avait alors concédé André Roy à ONFR+. « Est-ce que j’en aurais voulu plus  ? La réponse est oui. »

La direction intérimaire est désormais assurée par Denis Berthiaume, vice-recteur aux études et à la recherche, et Édith Dumont, vice-rectrice aux partenariats, aux collectivités et aux relations internationales, tandis que Jean-Luc Bernard assume la direction générale et l’imputabilité de l’UOF.

Au 9 rue Lower Jarvis, à Toronto, la rentrée aura lieu le 7 septembre. Crédit image Rudy Chabannes

 « À quelques semaines de l’accueil des premières cohortes d’étudiants en 2021, le processus d’admission est en cours et les efforts s’intensifient afin d’attirer des étudiants des écoles secondaires de langue française de l’Ontario, mais aussi des personnes issues de la francophonie canadienne, dont le Québec, et de l’étranger  », a fait savoir l’UOF par voie de communiqué, remerciant M. Roy pour sa « contribution » et ses « efforts importants ».

Des annonces sont attendues dans les semaines à venir sur l’issue du recrutement des professeurs responsables des quatre programmes de l’UOF, mais aussi sur de nouveaux programmes qui pourraient voir le jour dès la rentrée prochaine, alors que les quatre actuels sont critiqués par les étudiants.

Dans un premier temps abandonné par le gouvernement Ford en novembre 2018, le lancement de l’UOF a connu un dénouement positif, sous la pression de la communauté franco-ontarienne avec, en septembre 2019, la signature d’une entente décisive entre Toronto et Ottawa pour cofinancer les huit premières années de fonctionnement de l’université à hauteur de 126 millions de dollars.

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