Le TIFF dévoile ses lauréats et clôt une 51ᵉ édition originale
TORONTO – Ce dimanche, au TIFF Lightbox, 12 prix ont été décernés dans plusieurs catégories à des cinéastes canadiens et internationaux, dont un remis à « Mesdames et Messieurs, Brian Mulroney » du cinéaste canadien Matthew Rankin. Cette cérémonie conclut 11 jours de festival marqués par la projection de 294 œuvres, dont une trentaine de séries, de documentaires et de longs métrages.
Avec son nouveau marché, l’organisme vise à connecter l’industrie cinématographique canadienne au reste du monde tout en accordant une place à la francophonie.
Parmi les distinctions majeures remises dans le cadre du festival figurent le prix du public, attribué par les festivaliers eux-mêmes, le prix Platform — seule section de la compétition soumise à un jury —, deux prix consacrés aux longs métrages canadiens, ainsi que les prix Short Cuts, récompensant les meilleurs courts métrages.

Matthew Rankin remporte le prix du public « Midnight Madness »
Avec son œuvre mouvementée « Mesdames et Messieurs, Brian Mulroney », Matthew Rankin retrace l’ascension du 18e premier ministre du Canada dans un genre satirique mêlant images d’archives et nostalgie télévisuelle.
La projection du film en avant-première, plus tôt cette semaine en pleine nuit, a rassemblé un public déjanté, hâtif de voir l’œuvre. L’événement a été précédé d’un tapis rouge réunissant toute l’équipe du film ainsi que celle de l’Office national du film (ONF), qui a porté le projet.
« Quelle bonne nouvelle, je remercie tous mes collaborateurs et l’ONF pour la réalisation de ce film. Je pense que c’est le moment où nos institutions culturelles nous portent, il est donc important que nous protégions des organismes comme l’ONF et le TIFF. Merci beaucoup », a déclaré le cinéaste franco-manitobain dans un message lu par Cameron Bailey, le PDG du TIFF.
Le prix du public du TIFF, créé en 1978, récompense le film le plus apprécié du festival selon le choix du public torontois.
Le marché : un nouveau chapitre pour l’organisation
La grande nouveauté de cette année réside dans la création d’un marché qui a attiré 279 réalisateurs et près de 7000 délégués, dont une vingtaine de francophones venus de toutes parts. Ces délégations se sont réunis à Toronto autour de projections, de réunions et de négociations d’affaires, telles que Québec Créatif ou encore Unifrance. Par ailleurs, le Québécois Charles Tremblay a été nommé à la tête de ce nouveau marché.
« Ce marché est important, car nous essayons depuis longtemps de présenter notre public et notre industrie ici à Toronto à de nouveaux cinémas, à de nouvelles industries cinématographiques venues du monde entier et à de nouvelles cultures de la réalisation », a déclaré Cameron Bailey.

Pendant plusieurs jours, le TIFF a transformé le centre-ville. En effet, grâce à ce nouveau marché officiel, l’organisme génère des retombées économiques annuelles estimées à 240 millions de dollars, indique-t-on dans un communiqué de presse.
Les voix francophones manquent encore de visibilité
Enfin, parmi les prix Short Cuts qui récompensent le meilleur court métrage international, la Québécoise Justine Prince a été devancée par la cinéaste grecque Elia Kalogianni. Cette catégorie regroupe des œuvres internationales, canadiennes ainsi que des films d’animation.

Dès aujourd’hui et à partir de midi, le public pourra voir gratuitement les films primés par le prix du public au Lightbox. La 52e édition du festival aura lieu du 9 au 19 septembre 2027.