Les syndicats enseignants ontariens prêts à négocier avec le gouvernement
TORONTO – Alors que les conventions collectives des enseignants de la province arrivent à terme en août prochain, leurs principaux syndicats ont émis ce mercredi un avis d’intention de négocier, affichant une certaine cohésion et détermination à quelques jours d’entamer les pourparlers avec le gouvernement.
Un avis d’intention de négocier est en quelque sorte l’ultime étape avant le démarrage des négociations. C’est chose faite pour les cinq principales organisations syndicales qui défendent les intérêts de quelque 255 000 enseignants et membres du personnel scolaire à travers la province.
Gabrielle Lemieux, présidente de l’AEFO, a évoqué en conférence de presse, ce mercredi, des combats communs avec les autres syndicats plaidant pour un système éducatif « fort et accessible », tout en soulignant la fragilité de la situation des 12 000 enseignants de langue française qu’elle représente.
« Les écoles francophones doivent constamment en faire plus avec moins tout en répondant à des réalités particulières liées à notre contexte linguistique et culturel minoritaire, une réalité qui pèse aussi sur la rétention du personnel », a-t-elle fait valoir.
« Notre priorité se situe dans les conditions d’apprentissage et de travail des enseignants », a-t-elle précisé, répondant à une question d’ONFR. Mme Lemieux et son organisation vont ainsi tenter d’arracher des « améliorations concrètes et à la hauteur des besoins », appelant à des solutions « constructives et durables ».
L’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’élémentaire de l’Ontario (FEEO), l’Association des enseignantes et des enseignants catholiques anglo-ontariens (OECTA), le Conseil des syndicats des conseils scolaires de l’Ontario (SCFP-CSCSO) et la Fédération des enseignantes et des enseignants des écoles secondaires de l’Ontario (OSSTF/FEESO) se préparent maintenant à entamer des discussions franches et potentiellement difficiles.
Plusieurs représentants se sont rejoints sur certains points, dont ceux du sous-financement chronique du système éducatif, de la taille des classes, du manque de ressources pour les élèves et de la pénurie de personnel qui frappe le secteur, des sujets récurrents dans le cadre de négociations. Ils ont en outre martelé le caractère urgent du processus, après que leur demande d’entrer en négociation dès le 2 mars dernier a échoué.

La veille, le ministre de l’Éducation Paul Calandra se disait lui aussi prêt à négocier, en marge d’une conférence de presse sur un tout autre sujet. « Je suis optimiste (…) Ils veulent le meilleur accord pour les gens qu’ils représentent et je veux la même chose pour les enseignants et les contribuables », disait-il en réponse à une question de la presse.
Son gouvernement a fait quelques avancées ces derniers mois pour les enseignants comme le raccourcissement de la durée de formation, en même temps qu’il a suscité de vives inquiétudes sur la réforme touchant le rôle des conseillers scolaires.
Les parties sont à présent légalement tenues d’entamer des négociations dans un délai de 15 jours. « Nous pressons le gouvernement provincial et les organismes négociateurs patronaux à se présenter à la table des négociations dès que possible, prêts à échanger de façon constructive pour garantir que chaque élève ait accès au soutien, aux ressources et aux conditions d’apprentissage nécessaires à sa réussite », enjoignent les cinq syndicats.