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L’Ontario ferme la porte à une taxe Netflix

La première ministre Kathleen Wynne et le premier ministre du Québec, Philippe Couillard. Crédit image: Jean-François Morissette

TORONTO – La première ministre de l’Ontario a catégoriquement fermé la porte à une taxe Netflix venant de son gouvernement et a assuré qu’elle ne le demanderait pas à Ottawa.

JEAN-FRANÇOIS MORISSETTE
jmorissette@tfo.org | @JFMorissette72

Mardi 12 décembre, Kathleen Wynne était accompagnée du premier ministre du Québec, Philippe Couillard, dans le cadre d’une conférence sur l’avenir de la Confédération canadienne.

«Nous n’avons pas l’intention de mettre en place une taxe pour les services de diffusion en ligne et nous n’allons pas le demander au gouvernement fédéral», a répondu catégoriquement la première ministre ontarienne.

Lors d’une conférence des ministres des Finances des provinces et territoires du Canada en début de semaine, le gouvernement du Québec a tenté de soulever la question, mais s’est buté à des portes closes de la part de ses homologues.

M. Couillard ne s’est pas formalisé de faire cavalier seul dans ce dossier.

«Ce n’est pas une question de taxation, mais une question d’équité», a-t-il insisté.


«Il n’y a pas de raison acceptable que cette entreprise (Netflix), comme les autres, ne paie pas sa part d’impôt.» – Phillippe Couillard


Le ministre des Finances du Canada, Bill Morneau, et la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, ont tous les deux fermé la porte à une taxation de Netflix.

 

Une bonne relation entre les deux provinces

Mme Wynne a défendu la relation entre sa province et le Québec, malgré les divisions publiques des dernières semaines. Récemment, le gouvernement ontarien a, entre autres, dénoncé publiquement à Queen’s Park la loi sur la neutralité religieuse adoptée par l’Assemblée nationale du Québec.

«Nous avons toujours eu des discussions productives sur nos défis et des solutions que nous devons trouver», a-t-elle lancé en point de presse.

Selon elle, le gouvernement ontarien a plus de points d’affinité que de différences avec le gouvernement du Québec.

La première ministre Kathleen Wynne et le premier ministre du Québec, Philippe Couillard. Crédit image: Jean-François Morissette

Pour Mme Wynne, la force d’une relation entre deux provinces n’est pas le reflet des points de désaccord. Elle ajoute qu’un bon exemple est le fait qu’à partir du 1er janvier 2018, l’Ontario joindra officiellement le marché du carbone avec le Québec et la Californie.

Le premier ministre québécois a également assuré que la relation avec l’Ontario était bonne.

 

Pas de rouverture de la constitution

Mme Wynne n’a pas montré d’ouverture à rouvrir la question constitutionnelle. Elle s’est toutefois montrée ouverte à mieux définir la place du Québec au sein du Canada.

«C’est important d’avoir ces discussions étant donnée notre histoire», a-t-elle indiqué lors de la conférence.

Lors de son passage à Toronto, M. Couillard a aussi continué de défendre la position de sa province sur la question de la constitution canadienne.

«Nous devons reprendre contact avec le reste du pays (…) pour arriver un jour à l’évidence même que le Québec constitue une nation au Canada», a expliqué M. Couillard.

Selon lui, il faut que le Québec agisse «au moment opportun».

 


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Jean-François Morissette
Jean-François Morissette
jmorissette@tfo.org @jfmorissette72

Jean-François Morissette est un diplômé des programmes de sciences politiques et de journalisme de l’Université Laval, à Québec. Il a évolué au sein de plusieurs médias, dont le journal provincial L’Étoile, qui couvre les dossiers de la communauté francophone du Nouveau-Brunswick. Il a aussi collaboré avec Le Journal de Québec et la Quête. Il couvre le parlement ontarien pour #ONfr.