Malgré les remous, des maires du Nord ontarien brigueront un nouveau mandat
TORONTO – À plusieurs mois des élections municipales prévues en octobre, les préoccupations ne manquent pas pour le Nord. Dans cette région, de nombreux maires solliciteront un autre mandat dans le cadre de cette course qui a lieu tous les quatre ans. ONFR s’est entretenu avec les élus de neuf villes dont les priorités pourraient attirer le vote des francophones.
Même si certains ont eu des mandats mouvementés, plusieurs élus sortants tenteront de se faire réélire dont Gisèle Pageau à Rivière des Français, Roger Sigouin à Hearst, Dave Plourde à Kapuskasing, Beverly Nantel à Dubreuilville, Normand Riopel à Champlain ainsi que James McPherson à Greenstone.
En effet, chacun de ces futurs candidats souligne une myriade de priorités qui se rejoignent toutes sur une chose : les villes ont besoin de plus de financement de la part du gouvernement provincial.
Logements abordables, infrastructures municipales et sécurité routière, les enjeux sont nombreux et un appui bonifié de Queen’s Park sera essentiel.
Être candidat à sa propre succession
Maire de la ville de Hearst depuis 2002, Roger Sigouin compte se porter à nouveau candidat pour un 7e mandat. Ce dernier, qui siège au conseil municipal de la ville depuis 33 ans, souhaite y demeurer afin de faire avancer les projets amorcés. « Mes contacts au gouvernement sont précieux pour entreprendre nos démarches », affirme l’ancien président de l’Association francophone des municipalités de l’Ontario (AFMO).
Faire construire des maisons à prix modiques et améliorer la sécurité routière sont au cœur de ses dossiers prioritaires. À l’instar de M. Sigouin, sa collègue Beverly Nantel de Dubreuilville, souligne le manque de réactivité de la province dans le dossier de la sécurité routière. La population, dont une grande partie est francophone, a dû composer avec 59 fermetures de la route 17 en un an. « Je me sens très frustrée et indécise, mais je vais encore marcher », confie la mairesse de la ville du Nord.
Après un premier mandat et 16 ans de vie politique, Mme Nantel place la sécurité et la « route tueuse », tel qu’elle la décrit, en haut de sa liste de priorités avec le logement abordable et les impôts municipaux extraterritoriaux.

En revanche, pour Normand Riopel à Champlain, qui a succédé à Gary Barton en 2018, les projets en cours évoluent de manière positive. La ville vient de recevoir 2,3 millions de dollars du gouvernement pour refaire le réseau d’égouts sanitaires. C’est dans ce contexte que l’ancien président des Comtés unis de Prescott et Russell entend poursuivre son travail : « J’aime ce que je fais, alors oui, je chercherai à atteindre un troisième mandat. »
À Greenstone, le maire unilingue anglophone James McPherson ayant succédé à Renald Beaulieu, est également déterminé à solliciter un nouveau mandat. « Ces deux dernières années j’ai participé à toutes les initiatives que la ville a entreprises et je veux être présent afin de les compléter ». M. McPherson souhaite développer des occasions pour construire des nouvelles maisons à Greenstone dès sa possible réélection.
Pour Gisèle Pageau qui dirige la ville de Rivière des Français, son mandat a été marqué par le financement d’un complexe de 10 millions de dollars afin d’ériger un pavillon de 30 logements prévus pour les aînés dans le besoin. Néanmoins, deux ans après, elle se joint aux demandes de financement des routes du Nord : « Notre problème, c’est qu’ils n’ont pas fini les quatre voies de la 69 et il y a tellement d’accidents. » À ce jour, si elle est réélue, la mairesse envisage d’en faire son dernier mandat.

La municipalité de Mattice-Val Côté, elle, tente de survivre après de récentes coupes budgétaires : « La TransCanada Pipeline a fermé deux compresseurs et nous avons perdu 23 % de notre budget en taxes. » Pour le maire, Marc Dupuis, qui occupe le poste depuis 2018 « il reste encore beaucoup de temps pour se décider », considère-t-il.
Le maire de Kapuskasing, Dave Plourde, qui avait été élu pour la première fois en 2018, vise un nouveau mandat afin de continuer à faire avancer ses demandes de financement pour une aire de repos, de nouveaux logements et des infrastructures municipales.
Pour ce qui est des villes de Sudbury, Timmins et Moonbeam, où la francophonie est implantée depuis longue date, des annonces de candidatures seront faites ultérieurement.
On peut s’attendre à des changements dans certaines grandes villes du Nord, comme à Val Rita-Harty où Johanne Baril annonce vouloir quitter ses fonctions de mairesse à la fin de son mandat. Les représentants des villes de Cochrane, Nipissing Ouest, Fauquier-Strickland, Iroquois Falls et East Ferris n’ont pas donné suite à notre demande d’entrevue.
À surveiller dans le Nord
Le mois dernier, le gouvernement de l’Ontario a lancé un appel d’offres pour la conception de l’élargissement de la route 17 par le biais d’un investissement de 30 milliards de dollars.
Par ailleurs, le financement réclamé par Roger Sigouin en faveur d’une aire de repos au centre-ville équipée de services comme des salles de bain, des restaurants, et une pharmacie, renforce l’idée partagée par les maires que les fermetures fréquentes des routes compliquent l’accès aux services de santé dans les municipalités enclavées.
La liste définitive des candidats sera dévoilée à la fin du mois d’août et les électeurs seront appelés aux urnes dès le 26 octobre.