Le premier ministre Mark Carney arrive sur la Colline du Parlement à Ottawa le mercredi 25 mars 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Sean Kilpatrick
Politique

Message unilingue : le PDG d’Air Canada a manqué de jugement, selon Carney

Le premier ministre Mark Carney arrive sur la Colline du Parlement à Ottawa le mercredi 25 mars 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Sean Kilpatrick

OTTAWA — Le premier ministre Mark Carney s’est dit « déçu » du PDG d’Air Canada Michael Rousseau, lui qui a livré un message uniquement en anglais pour offrir ses condoléances à la suite du décès de deux pilotes à l’aéroport de LaGuardia dimanche soir.

« Je suis tellement déçu par le message vidéo du PDG d’Air Canada. Il manque de jugement et de compassion », a soutenu le premier ministre mercredi matin au Parlement, rappelant qu’Air Canada a le mandat de respecter la Loi sur les langues officielles en tout temps.

Mardi, le comité des Langues officielles a convoqué M. Rousseau pour qu’il vienne s’expliquer pendant une heure au plus tard le 1er mai. M. Carney a indiqué qu’il suivrait de près « ses commentaires devant le Comité des langues officielles » ainsi que « les commentaires du Conseil d’administration » de l’entreprise.

« J’espère qu’il présentera des justifications, bien que je ne pense pas qu’il y en ait pour de telles situations », a affirmé de son côté le ministre des Langues officielles, Marc Miller. « Ce n’est pas la première fois qu’on lui mentionne qu’il devrait s’exprimer en français », déplore-t-il.

L'unilinguisme du président d'Air Canada Michael Rousseau avait généré un débat sur l'unilinguisme des hauts dirigeants fédéraux. Crédit image: Capture d'écran ParlVu.
M. Rousseau avait promis d’apprendre le français en 2021. Crédit image : Capture d’écran ParlVu.

Le PDG d’Air Canada est à nouveau pris dans une polémique linguistique depuis lundi avec sa vidéo de près de quatre minutes où il ne prononce que « merci » et « bonjour » dans la langue de Molière. L’entreprise a expliqué que M. Rousseau a voulu « enregistrer un message en priorité avant de partir pour le site de l’accident ».

« Malgré ses efforts, ses capacités à s’exprimer en français ne lui permettent pas de communiquer, comme il le souhaiterait, un message aussi délicat dans cette langue », a déclaré un porte-parole de l’entreprise, Christophe Hennebelle.

À Québec, le premier ministre François Legault et des membres de son gouvernement ont demandé la démission de M. Rousseau. Appelé à commenter de possibles appels à la démission, le ministre fédéral des Transports, Steven MacKinnon, a plutôt lancé la balle aux actionnaires et au conseil d’administration de l’entreprise privée. Son collègue aux Services publics, Joël Lightbound, a de son côté invité M. Rousseau à faire « un sérieux examen de conscience », ajoutant que l’on « s’attendait à mieux de sa part ».

En date de mercredi, à 13 h (HE), le Commissariat aux langues officielles (CLO) indiquait avoir recueilli 795 plaintes au sujet de la vidéo de M. Rousseau, et il y a fort à parier que ce nombre augmentera dans les prochains jours. Il s’agit d’une hausse de plus de 700 plaintes en moins d’une journée, alors que le décompte s’élevait à 84 mardi après-midi, selon les chiffres transmis par le CLO.

Ce n’est pas la première fois qu’un discours uniquement en anglais de Michael Rousseau attire l’attention. Celui de novembre 2021 devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, prononcé quasi exclusivement en anglais, avait attiré un nombre record de milliers de plaintes au Commissariat aux langues officielles.