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Passeport et vaccination obligatoire : comment l’Ontario se compare-t-il aux autres provinces ?

Temps de lecture : 4 minutes

Avec la montée du variant Delta, de plus en plus de voix s’élèvent pour rendre obligatoire la vaccination ou un passeport sanitaire en Ontario, une mesure que le premier ministre Doug Ford refuse catégoriquement, n’y voyant pas la nécessité. ONFR+ a comparé la position de l’Ontario aux autres provinces du Canada.

En Ontario, chaque résident a reçu un certificat de vaccination après chaque dose, mais il n’est pas pour l’instant requis d’avoir cette preuve pour pouvoir avoir accès à certaines activités. Seuls quelques établissements universitaires, comme l’Université d’Ottawa, obligeront la vaccination pour vivre en résidence notamment. Il s’agit pour l’instant d’une des seules exceptions à la règle.

De gauche à droite : les premiers ministres de l’Alberta Jason Kenney, de l’Ontario Doug Ford, du Québec François Legault et du Manitoba Brian Pallister. Crédit image :The Canadian Press/Sean Kilpatrick

Si M. Ford refuse d’obliger la vaccination ou d’émettre des interdictions aux non-vaccinés, près de 75 % des Ontariens aimeraient voir de telles mesures selon un sondage de la firme Nanos. Cet avis est aussi partagé par l’Association médicale de l’Ontario (OMA) et l’Association des infirmières et infirmiers de l’Ontario (AIIO) qui demande à ce que les professionnels de la santé soient obligatoirement immunisés.

Québec

L’homologue de Doug Ford, François Legault, a affiché ses couleurs la semaine dernière en affirmant que Québec imposerait un passeport vaccinal pour certains services non essentiels. L’incertitude plane sur les milieux de la société qui seraient touchés par cette mesure, mais le gouvernement prévoit de donner plus de détails au cours des prochains jours. La vaccination obligatoire du personnel dans le milieu de la santé serait aussi sur la table, rapportent divers médias.

77,5 % des Québécois seraient en faveur de restreindre l’accès à des rassemblements publics comme les événements sportifs ou aller au restaurant aux personnes n’étant pas vaccinées.

Le premier ministre québécois, François Legault, et son homologue ontarien Doug Ford. Source : Facebook François Legault

Le Québec suit en partie le modèle de la France qui a imposé depuis cette semaine le « pass sanitaire » pour avoir accès à certains lieux comme les cafés ou cinémas.

Prairies

En Alberta, où plusieurs mesures sanitaires ont été abandonnées dans les derniers jours, le premier ministre Jason Kenney se range derrière Doug Ford et ne veut pas imposer le passeport vaccinal. Le mois dernier, le politicien conservateur avait révélé que l’imposition du passeport ou de demander aux gens de présenter une preuve vaccinale pour avoir accès à certains services violerait les lois albertaines sur la protection des renseignements personnels.

En Saskatchewan, Scott Moe, le premier ministre de la province de l’Ouest avait affirmé à la fin juin que le gouvernement n’obligerait rien en termes de vaccination. À l’instar de M. Kenney, Scott Moe avait indiqué que de telles mesures seraient en violation de certaines lois sur la protection de la vie privée.

« Nous n’avons certainement pas la capacité d’exiger que les gens présentent une preuve de vaccination indiquant s’ils participent ou non à un événement public ici dans la province », avait-il soutenu.

Au Manitoba, une fiche vaccinale est offerte deux semaines après après avoir reçu une seconde dose du vaccin. Ces personnes peuvent notamment visiter des proches qui sont dans des centres pour personnes âgées. Avec cette preuve, les Manitobains peuvent aussi éviter l’isolement à leur retour après avoir voyagé ailleurs au Canada.

Cette fiche, qui est en fait un code QR disponible sur le téléphone, peut aussi permettre l’accès à des événements sportifs, des lieux de divertissement, les restaurants, bars et salons, précisent le site internet de la province.

Atlantique

En pleine campagne électorale, le Parti libéral de la Nouvelle-Écosse a laissé entendre lundi qu’il implanterait un passeport vaccinal en cas de réélection le 17 août. Intitulé la « ScotiaPass », ce document permettrait d’éviter une quatrième vague, a martelé le chef libéral Iain Rankin.

« Je crois qu’un certificat de vaccination pourrait nous aider à contenir le virus et à nous assurer que les Néo-Écossais sont en sécurité et que les entreprises peuvent prospérer. »

Iain Rankin, premier ministre de la Nouvelle-Écosse. Source : Twitter Iain Rankin

Les autorités sanitaires du Nouveau-Brunswick ont indiqué à la mi-juillet n’avoir aucun plan pour une mesure comme celle du Québec. La ministre de la Santé, Dorothy Shephard, avait soutenu que le Nouveau-Brunswick pourrait « se passer d’un passeport vaccinal ». Suite à l’annonce de Québec jeudi dernier, la province bilingue a maintenu qu’elle n’imiterait pas la Belle Province. Idem pour l’Île-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve-et-Labrador qui ne comptent pas aller de l’avant avec une mesure semblable au gouvernement caquiste.

Au mois de mai, le commissaire à l’information et à la protection de la vie privée Michael Harvey de Terre-Neuve-et-Labrador avait souligné que même si le passeport pouvait offrir un avantage public substantiel, il devrait être mis en place que si les avantages ne vont pas à l’encontre du droit à la vie privée. Les autorités sanitaires avaient indiqué qu’il suivrait les directives du fédéral concernant la preuve de vaccination.

Colombie-Britannique

La province serait présentement en train d’évaluer l’idée d’un passeport sanitaire, a affirmé la semaine précédente la médecin hygiéniste en chef, Bonnie Henry. Cette dernière n’envisage pas de refuser des services essentiels aux gens n’étant pas immunisés.

« Mais, j’ai également dit très clairement qu’il existe certains services où les personnes qui travaillent dans ces industries — nous considérons les soins de santé comme un service public essentiel — que nous devons nous assurer que nous protégeons les travailleurs de la santé, protégeons les systèmes de santé et les personnes dont nous nous occupons. »

Près de 70 % de la population britanno-colombienne seraient en accord avec une vaccination obligatoire, selon un sondage de la firme Nanos.

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