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Projet de l’UOF à Cornwall : l’Association française des municipalités de l’Ontario favorable

Temps de lecture : 4 minutes

SUDBURY – La municipalité de Cornwall engrange un soutien sérieux dans sa quête d’une Université de l’Ontario français (UOF) sur son territoire. L’Association française des municipalités de l’Ontario (AFMO) voit d’un bon œil la résolution, déposée lundi soir, par les élus de la ville de l’Est ontarien.

Alors que s’ouvre aujourd’hui son 30e congrès annuel à Sudbury, l’organisme entend bien soutenir l’idée.

« Cornwall doit être avant Toronto », croit le président Roger Sigouin, par ailleurs maire de Hearst. « Cornwall n’aurait pas la même clientèle que Toronto. À Toronto, on parle plus d’importés (sic), tandis qu’à Cornwall, ça serait plus du local. Comme francophones, nous comprenons qu’il y ait un besoin. »

Et de poursuivre : « Chez nous à Hearst, on a une université franco-ontarienne, la première. Si d’autres veulent le faire, pourquoi pas aider d’autres communautés à aller dans cette direction-là. »

Le président de l’AFMO et maire de Hearst, Roger Sigouin. Crédit image : Sébastien Pierroz

« Les gens sont surpris par la prise de position de Cornwall, mais pourquoi pas », fait part Marc Chénier le directeur général de l’AFMO. « Voir l’Université de l’Ontario français avoir un pied ailleurs en province paraît une bonne idée. L’AFMO a toujours été alignée avec ses organisations et les maires francophones. »

Lundi soir, lors de la réunion du conseil municipal de Cornwall, le conseiller Syd Gardiner a déposé une motion pour que l’UOF s’installe directement à Cornwall au lieu de Toronto. Le projet a été appuyé par l’ensemble des élus, incluant la mairesse Bernadette Clément.

« Il est donc maintenant résolu que le conseil de la Ville de Cornwall demande au ministre provincial de la Formation, des Collèges et Universités de considérer la Ville de Cornwall comme un site possible pour la construction de la première université de langue française de l’Ontario et qu’une copie de cette résolution soit transmise au premier ministre Ford, à la ministre fédérale du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie, à l’Association française des municipalités de l’Ontario (AFMO) et à notre député provincial », pouvait-on lire dans l’ordre du jour du conseil municipal.

La municipalité de Cornwall confiante des appuis

M. Gardiner est justement le représentant de Cornwall lors des trois jours du congrès de l’AFMO. Au micro d’ONFR+, l’élu confirme que la proposition a bel et bien reçu un écho très favorable de la part des autres membres de l’AFMO.

« À chaque table où je me suis assis, on m’a dit que c’était une bonne idée que l’Université commence à Cornwall plutôt qu’à Toronto. »

Pourquoi afficher ses ambitions maintenant ? « Parce que l’argent est maintenant là, depuis la signature du protocole d’entente entre Caroline Mulroney et Mélanie Joly », soutient le conseiller.

Le conseiller municipal de Cornwall, Syd Gardiner. Crédit image : Sébastien Pierroz

« Les maires savent déjà ce que nous voulons faire. Nous désirons maintenant avoir l’appui de candidats pour les élections fédérales. Le gouvernement fédéral n’a pas encore mis d’argent dans le projet. »

Pour M. Gardiner, les quelque « 10 000 élèves francophones de l’Est ontarien » n’auraient pas toujours l’argent pour se rendre à Toronto. « L’argent ne serait pas un obstacle si l’UOF était à Cornwall. »

L’élu de Cornwall assure avoir également le soutien des maires de l’Est ontarien. « J’avais fait des démarches lors des dernières semaines. »

Reste qu’il y avait peu de représentants de l’Est ontarien dans les couloirs du Northbury Hotel and Conference Centre, le lieu du congrès. La plupart n’ont pas fait le déplacement pour les trois jours consacrés à diverses présentations et des exercices de réseautage.

Joint par téléphone, le maire de Clarence-Rockland, Guy Desjardins, se montre beaucoup plus réservé quant au projet d’UOF dont la base serait à Cornwall plutôt qu’à Toronto.

« Il faut que ce soit étudié », lâche le premier magistrat. « Il faudrait que tout cela soit vérifié, voir aussi si c’est rentable. En tous cas, il me semble que Toronto, au vue des écoles francophones qui s’ouvrent, a vraiment besoin d’une université. »

Réactions provinciales

À l’échelle provinciale, beaucoup de leaders se montrent beaucoup plus dubitatifs sur la volonté de Cornwall d’accueillir l’UOF. En entrevue, hier, avec ONFR+, le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Carol Jolin, a rappelé que des « études faites » avaient démontré le « besoin évident et alarmant » d’une université dans le Centre-Sud-Ouest.

Le président de l’organisme porte-parole des Franco-Ontariens plaide toujours pour une provincialisation de l’UOF dans laquelle Cornwall pourrait faire partie d’une « possibilité de satellites ».

La ministre aux Affaires francophones, Caroline Mulroney, lors de notre Facebook Live. Capture écran ONFR+

Invitée lors de notre Facebook Live en cette journée des Franco-Ontariens, la ministre aux Affaires francophones, Caroline Mulroney, n’a pas vraiment donné suite à cette demande. « Beaucoup de municipalités seraient effectivement intéressées, mais le projet s’installera à Toronto », a-t-elle toutefois tranché.

En marge de l’inauguration du 17e monument de la francophonie à St-Albert, ONFR+ a aussi interrogé la députée provinciale de Glengarry-Prescott-Russell dans l’Est ontarien, Amanda Simard.

« Principalement, le site doit être à Toronto, même s’il serait intéressant d’avoir des régions satellites. Je pense que la présidente du Conseil de gouvernance de l’Université de l’Ontario français, Dyane Adam, a déjà choisi son site. »

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