Atlético Ottawa recrues francophones
Wes Timoteo et Tim Arnaud deux nouvelles recrues pour l'Atlético Ottawa qui est de nouveau l'une des équipes les plus francophones de la PLC. Photos : Atlético Ottawa, montage Canva
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Soccer : À la rencontre de Timoteo et Arnaud, deux recrues francophones d’Ottawa

Atlético Ottawa recrues francophones
Wes Timoteo et Tim Arnaud deux nouvelles recrues pour l'Atlético Ottawa qui est de nouveau l'une des équipes les plus francophones de la PLC. Photos : Atlético Ottawa, montage Canva

OTTAWA – Avant le duel de dimanche au CEPSUM de Montréal, premier match à domicile de l’histoire du Supra en Première ligue canadienne (PLC), ONFR est allé à la rencontre de deux nouvelles voix francophones de l’Atlético Ottawa. D’un côté, Wes Timoteo, latéral québécois déjà bien établi dans la ligue. De l’autre, Tim Arnaud, jeune milieu qui vient de signer son premier contrat professionnel. Deux trajectoires différentes, mais une même envie de trouver leur place dans une équipe ottavienne où le français occupe une place importante.

Wes Timoteo arrive à Ottawa avec un vécu déjà solide en Première ligue canadienne. Après trois saisons à Halifax, le Québécois âgé de 26 ans s’est retrouvé sans contrat pendant l’hiver avant de voir l’Atlético, champion en titre, s’intéresser à lui. Le statut du club a compté dans sa réflexion, tout comme la proximité avec le Québec et l’identité de jeu proposée.

« C’est difficile de refuser quand ce sont les champions qui viennent te chercher », résume-t-il. « C’est une équipe proche de la maison, avec un style de jeu dans lequel je me reconnais. »

Tim Arnaud, lui, aborde un tout autre tournant. Né à Tours, arrivé au Québec à l’âge de deux ans, passé par Sainte-Eustache, Blainville puis l’académie du CF Montréal, le jeune milieu de 19 ans découvre cette saison le monde professionnel. Ottawa s’est présenté comme une suite logique après l’absence d’offre de contrat du club montréalais.

« C’est mon premier contrat professionnel, donc c’est forcément une fierté, confie-t-il. Je suis un joueur de ballon, j’aime toucher la balle, participer au jeu. Ottawa était une équipe qui pouvait me convenir. »

Le français comme repère

Pour les deux joueurs, l’adaptation au vestiaire ottavien a aussi été facilitée par un élément très concret : la place qu’y occupe le français.

Arnaud admet que l’anglais représentait l’une de ses appréhensions au moment de rejoindre la capitale fédérale. Il a rapidement constaté que plusieurs coéquipiers partageaient un parcours semblable au sien, notamment du côté de Montréal.

« Quand on pense à Ottawa, on pense souvent au côté anglophone du Canada. Finalement, beaucoup de joueurs parlent français, et ça m’a beaucoup aidé pour l’intégration », explique-t-il.

Cette diversité linguistique lui permet aussi de progresser à l’extérieur du terrain. Il dit faire des efforts pour améliorer son anglais, dans un groupe où se mêlent francophones, anglophones et hispanophones.

Même constat chez Timoteo, qui ne s’attendait pas à retrouver autant de francophones dans l’effectif.

« Quand je suis arrivé ici, je ne pensais pas qu’autant de gars parlaient français. C’est un plus, dit-il. Le groupe vit bien, tout le monde essaie de s’adapter aux autres, et ça crée un environnement très sain. »

Si le jeune Tim Arnaud attend sa première convocation officielle pour un match, l’expérimenté Wes Timoteo a connu sa première titularisation contre Calgary en fin de semaine dernière. Photo : CFC Media/Tony Lewis

Un projet de jeu qui leur correspond

Au-delà de la langue, les deux recrues se rejoignent aussi sur leur lecture du projet sportif porté par Diego Mejìa. Le style de jeu de l’Atlético, très axé sur la possession, a clairement pesé dans leur décision.

Timoteo, joueur offensif de nature, assume volontiers ce qui l’a séduit.

« J’ai toujours aimé ce style de jeu, souligne-t-il. Je préfère attaquer, même si défendre reste important. Quand on a le ballon, on passe moins de temps à subir. »

Il apprécie aussi la confiance demandée aux joueurs avec ballon et cette volonté de construire en gardant une part de créativité.

Arnaud, lui, parle davantage d’un cadre favorable à son développement. Encore au début de son parcours, il insiste sur la progression quotidienne et sur la manière dont le club accompagne les jeunes.

« Je pense d’abord à ma progression. Le coach veut qu’on tente, qu’on essaie, qu’on apprenne. Pour un jeune joueur, c’est important. »

Le milieu ajoute qu’Ottawa a aussi la réputation de donner du temps de jeu aux jeunes, un élément qui a compté dans sa réflexion avant de signer. Son objectif, à court terme, reste clair : intégrer régulièrement le groupe et saisir les occasions qui se présenteront.

De son côté, Timoteo aborde davantage cette saison avec le regard d’un joueur d’expérience, conscient de son rôle au sein d’un groupe jeune. Il veut gagner sa place, mais aussi aider l’équipe à repartir à la conquête d’un trophée.

Le Supra, entre admiration et rivalité

Le contexte du match de ce dimanche donne encore plus de relief à leurs propos. Le Supra recevra l’Atlético Ottawa pour le premier match à domicile de son histoire en PLC, dans une rencontre qui a déjà une portée symbolique pour le soccer québécois.

Arnaud suit ce projet avec intérêt. Il connaît plusieurs joueurs de l’effectif et estime que l’identité largement québécoise du club peut devenir une vraie force collective.

« Je trouve ce projet très intéressant, affirme-t-il. On voit déjà qu’il y a des automatismes, et le fait que beaucoup de joueurs se connaissent peut jouer en leur faveur. »

Timoteo tient un discours semblable, teinté d’une certaine fierté québécoise. Pour lui, l’arrivée du Supra en PLC représente une bonne nouvelle autant pour la province que pour le football canadien.

« J’ai toujours pensé qu’il y avait beaucoup de talent au Québec. Avec un club comme le Supra, c’est l’occasion de le montrer davantage, avance-t-il. C’est positif pour les jeunes joueurs québécois et pour le football canadien. »

L’admiration pour le projet ne change toutefois rien à l’objectif du week-end. Le latéral gauche s’attend à un contexte chargé, porté par l’engouement autour du premier match à domicile du Supra. L’Atlético devra répondre présent pour aller chercher sa première victoire de la saison.

« On sait qu’il y aura beaucoup d’énergie dans le stade, prévient-il. À nous de rester calmes, de rester fidèles à notre style de jeu et de répondre avec la bonne intensité. »