Le programme Practice Ready Ontario (PRO), qui aide médecins de famille formés à l’étranger à démontrer leur capacité à exercer, comprend maintenant un nouveau parcours bilingue axé sur le français, Préparation à la pratique en Ontario (PPO), destiné aux médecins qui souhaitent effectuer la majeure partie du processus d’évaluation en français. Photo : Getty Images
Politique

Une barrière systémique tombe pour les médecins francophones étrangers en Ontario

Le programme Practice Ready Ontario (PRO), qui aide médecins de famille formés à l’étranger à démontrer leur capacité à exercer, comprend maintenant un nouveau parcours bilingue axé sur le français, Préparation à la pratique en Ontario (PPO), destiné aux médecins qui souhaitent effectuer la majeure partie du processus d’évaluation en français. Photo : Getty Images

Longtemps unilingue, l’évaluation à la pratique de la médecine familiale de l’Ontario est désormais disponible en français, une demande de longue date de la communauté francophone, pour qui les médecins francophones étaient désavantagés. En parallèle, un nouveau programme permettra à 200 médecins étrangers d’exercer plus facilement en Ontario, avec un volet pour les médecins francophones, pour desservir les régions à forte concentration francophone.

Parmi les obstacles qui rendent difficile l’accès à la médecine familiale en Ontario aux médecins francophones de l’étranger, l’évaluation de la capacité à exercer pour les médecins de famille formés à l’étranger en Ontario n’était jusqu’alors disponible qu’en anglais.

Or Touchstone Institute, qui administre le programme (en parallèle avec le gouvernement de l’Ontario ou encore l’Ordre des médecins et chirurgiens de l’Ontario), a récemment émis une communication au sujet du programme Practice Ready Ontario (PRO), qui aide les médecins de famille formés à l’étranger à démontrer leur capacité à exercer pour commencer leur pratique en Ontario plus tôt. 

L’organisme y annonce que le PRO comprend maintenant un nouveau parcours bilingue axé sur le français, Préparation à la pratique en Ontario (PPO), destiné aux médecins qui souhaitent effectuer la majeure partie du processus d’évaluation en français.

« Leur demander de faire cette évaluation en anglais n’était pas juste, et pas accessible pour la majorité de ces candidats dont beaucoup échouaient. Ce qui compte, c’est que cette évaluation est maintenant disponible en français », a réagi pour ONFR Carole Lafrenière du Collectif des médecins francophones internationaux du Canada.

Pour accéder à ce programme d’évaluation, les médecins diplômés à l’étranger doivent toutefois répondre à des critères stricts, constate Mme Lafrenière. Ils doivent notamment avoir effectué au moins deux ans de résidence en médecine de famille dans leur pays d’origine et justifier d’au moins 910 heures de pratique clinique au cours des trois dernières années, sans interruption de plus de trois ans.

Si l’évaluation est réussie, les médecins suivent une formation pratique de trois mois. Ils reçoivent alors un permis temporaire pour pratiquer sous le parrainage d’un autre médecin, avant l’obtention de leur permis d’exercice définitif.

Or, tous les médecins immigrés n’en sont pas au même stade de préparation et certains se retrouvent lésés par des circonstances d’immigration. « On veut attirer des médecins de famille de l’étranger mais c’est souvent le parcours du combattant pour eux. Il faut encore éliminer davantage de barrières », soutient celle-ci.

Un avis que partage la députée de Nickel Belt, France Gélinas, qui note toutefois que « n’importe quel petit pas qu’on fait pour faciliter la pratique des professionnels de santé en Ontario va dans la bonne direction ».

20 millions du fédéral pour créer 200 postes de médecins étrangers

En parallèle, un nouveau financement fédéral de 20 millions de dollars permettra d’ouvrir 50 postes par an sur quatre ans en Ontario, soit 200 médecins de famille formés à l’étranger prêts à exercer dans la province à l’horizon 2028-2029, et ce dans le cadre du programme PPO.

L’un des volets de ce programme sera directement consacré aux médecins de famille pouvant exercer en français, bien qu’aucun objectif francophone chiffré n’ait pour l’heure été précisé.

L’objectif principal annoncé est d’améliorer l’accès aux soins de première ligne dans les régions nordiques et rurales mal desservies, ainsi que dans les communautés francophones de l’Ontario.

« Nous saluons cet investissement du gouvernement fédéral (…) Il s’agit d’une nouvelle étape importante dans la poursuite de nos efforts visant à garantir à toute la population de l’Ontario l’accès aux soins de santé primaires d’ici 2029 », a déclaré Sylvia Jones, la ministre de la Santé de l’Ontario.

« Nous nous réjouissons de cette nouvelle qui offre une belle occasion pour les médecins francophones formés à l’étranger d’accéder à un permis d’exercice de la médecine et ainsi mieux desservir la population francophone de l’Ontario », a également noté Mme Lafrenière.

La députée francophone du Nord, Mme Gélinas, rappelle en revanche que l’Association des médecins de l’Ontario a déterminé qu’il manquait au moins 240 médecins dans le Nord, dont 40 % qui parlent français.

Celle-ci considère important que davantage de mesures soient prises pour faciliter l’installation et la rétention des médecins dans le Nord de l’Ontario.

Le communiqué officiel souligne que l’intégration des professionnels de la santé formés à l’étranger est essentielle pour remédier à la pénurie de personnel de santé à l’échelle du pays, malgré les obstacles au Canada, tels que des « processus de reconnaissance des titres de compétences longs, coûteux et complexes ».

L’enveloppe de 20 millions de dollars pour l’Ontario s’inscrit dans un investissement de 31 millions de dollars destiné à six projets qui fourniront des ressources et des outils pratiques « pour aider les médecins, infirmières, ergothérapeutes et physiothérapeutes formés à l’étranger à s’y retrouver dans les exigences provinciales et territoriales en matière de permis d’exercice et à se préparer à travailler dans le secteur de la santé canadien ».