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Une construction d’écoles au cœur d’un conflit entre Hamilton et deux conseils scolaires francophones

Temps de lecture : 3 minutes

HAMILTON – Les conseils scolaires Viamonde et MonAvenir attaquent publiquement la Ville de Hamilton et son conseil municipal dans le dossier de construction de deux écoles secondaires. Les deux conseils accusent la Ville de faire traîner en longueur le dossier et l’accusent de « retards inacceptables ».

Le tout concerne deux établissements secondaires : l’École secondaire Georges-P. Vanier de Viamonde et l’Académie catholique Mère-Teresa de MonAvenir. En 2016, le ministère a accordé aux deux conseils un financement afin de déménager les deux écoles sur un même terrain qui aurait aussi permis, du même coup, la construction d’un centre communautaire. Le tout était censé ouvrir en 2018, mais de nombreux retards font en sorte que rien n’est encore concret aujourd’hui.

Un terrain sur l’avenue Broughton avait été acheté en 2015, mais la Ville avait refusé affirmant que le projet aurait pour effet d’éliminer l’espace vert du terrain situé sur l’avenue Broughton, selon les deux conseils scolaires.

Ces derniers ont plus tard choisi un terrain sur la rue Garner en 2020, mais reprochent au conseil municipal de ne pas avoir acheté un terrain ou « donner les autorisations nécessaires aux travaux critiques reliés à l’eau et aux égouts afin de faire évoluer notre projet ».

« Nous demandons aujourd’hui à la Ville de Hamilton de poser un acte concret » – Geneviève Oger

« Toutes les actions ont été prises de notre côté pour que le projet se réalise. Le financement est en place, le partenariat établit avec le Conseil Viamonde, les plans et les études des sites faits. Il ne reste qu’à la municipalité de Hamilton de reconnaître son devoir de passer à l’action. Nous déplorons cette résistance de faire avancer le projet qui pour nous est un manquement flagrant aux droits des élèves francophones catholiques », indique la présidente de MonAvenir, Melinda Chartrand.

Les deux conseils scolaire de langue française jugent que la Ville de Hamilton ne répond pas aux besoins des citoyens et des familles francophones de la région et reprochent le peu de volonté de la Ville pour offrir une éducation en français aux francophones.

La Ville de Hamilton est au cœur du conflit. Crédit image : Rudy Chabannes.

« Nous demandons aujourd’hui à la Ville de Hamilton, et au maire Fred Eisenberger de poser un acte concret pour l’achat du terrain sur la route Garner et de reprendre les discussions avec les représentants des deux conseils scolaires. Il est impératif que les droits des familles francophones d’obtenir des services en français et de pouvoir offrir à leurs enfants l’éducation élémentaire et secondaire en français qu’elles souhaitent, en vertu de l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés, soient entendus et respectés », affirme de son côté la vice-présidente du Conseil scolaire Viamonde, Geneviève Oger.

Les conseils scolaires se réfèrent à la Charte canadienne des droits et libertés

Les deux conseils se fient notamment à la décision de la Cour suprême en juin 2020 concernant l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés. La plus haute cour du pays avait statué dans un dossier en Colombie-Britannique que les francophones avaient vu leur droit à avoir une éducation dans la langue de la minorité être violé.

« En tant que francophones, nous avons droit à l’éducation catholique de langue française. La Charte canadienne des droits et libertés est très claire à ce sujet : nous avons droit à des établissements scolaires équivalents à ceux qui sont offerts à la majorité anglophone. Les délais rencontrés pour la réalisation de ce projet sont inacceptables. La communauté francophone de Hamilton attend depuis des années », ajoute Mme Chartrand.

La Ville de Hamilton n’avait pas répondu à notre demande au moment d’écrire ces lignes.

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