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Une erreur de communication entre le fédéral et la province fatale pour La Laurentienne ?

Temps de lecture : 3 minutes

Est-ce qu’une meilleure communication entre la ministre des Langues officielles, Mélanie Joly, et le gouvernement de l’Ontario aurait pu permettre de sauver La Laurentienne grâce à une aide financière avant le 1er février ? Alors que Mme Joly affirme qu’elle aurait aidé l’établissement sudburois si la province l’avait informée de la situation, le gouvernement ontarien l’accuse de ne jamais l’avoir contacté avant le 1er février comme elle le prétend.

Il faut rappeler que le député de Sudbury Paul Lefebvre disait au micro d’ONFR+ avoir approché au mois de janvier la ministre Joly. Le député lui aurait indiqué avoir eu des discussions avec des dirigeants de La Laurentienne, dont le recteur Robert Haché qui lui aurait expliqué la situation financière.

« Donc à ce moment-là, ça, c’était à la fin janvier… Le ministère (Langues officielles) a contacté le ministère de l’Éducation postsecondaire en Ontario et il n’y a pas eu de réponse et le 1er février on a appris la nouvelle que l’Université Laurentienne se plaçait sous la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies », a raconté la ministre Joly, mardi, en comité parlementaire.

« Ni le cabinet du ministre des Collèges et Universités ni le cabinet du ministre de l’Éducation n’ont reçu de communication officielle du cabinet de la ministre Joly en janvier 2021. » – Bureau de Ross Romano

La ministre avait aussi indiqué lors de ce comité que si elle avait su la gravité dans laquelle La Laurentienne se trouvait, elle serait intervenue ou aurait empêché la situation de se dérouler ainsi. Jeudi, le bureau de la députée libérale a précisé la démarche qu’elle avait entreprise auprès de l’Ontario.

« Le 29 janvier dernier, Patrimoine canadien a contacté le ministère de l’Éducation de l’Ontario afin d’ouvrir le dialogue et discuter des solutions possibles par rapport aux enjeux financiers touchant les programmes francophones de l’Université Laurentienne. Nous n’avons eu aucun retour de la province suite à cette démarche. »

Le hic ? Le bureau du ministère de l’Éducation et celui du ministre Ross Romano disent complètement l’opposé. Dans une déclaration envoyée à ONFR+, les deux bureaux expliquent conjointement de leur côté n’avoir rien reçu du gouvernement fédéral le 29 janvier.

« Ni le cabinet du ministre des Collèges et Universités ni le cabinet du ministre de l’Éducation n’ont reçu de communication officielle du cabinet de la ministre Joly en janvier 2021. »

Le cabinet de M. Romano avait indiqué hier que Mme Joly serait rentrée seulement en contact avec leur bureau après des propos de Justin Trudeau.

« La première communication officielle que nous avons reçue date du 13 avril, après que le premier ministre a déclaré que la ministre Joly avait été en contact avec son homologue provincial. »

Haché affirme avoir été transparent avec les gouvernements

Jeudi, le recteur de l’Université Laurentienne, Robert Haché, a affirmé, devant le Comité permanent des langues officielles, qu’il avait été transparent concernant les déboires financiers de l’Université avec le gouvernement fédéral, mais a admis ne pas avoir explicitement demandé un montant exact.

« On a été transparent sur la magnitude de nos problèmes financiers et on a fait la requête et on a demandé s’il y avait un moyen de recevoir de l’assistance financière de la part du gouvernement fédéral (…). Si on avait été plus agressifs, plus fructueux, ça aurait peut-être pu changer quelque chose, mais peut-être que non aussi », a-t-il répondu au député néo-démocrate Charlie Angus.

Le recteur de l’Université Laurentienne Robert Haché. Gracieuseté

Ce dernier a continué à marteler qu’il n’était pas question de transférer les programmes en français de son établissement à l’Université de Sudbury.

« Je comprends que nous avons du travail à faire pour rebâtir la confiance de la communauté. Ce n’est pas une situation facile pour nous et la communauté (…) Nos programmes francophones sont importants et ils forment la base du futur de l’Université Laurentienne. C’est des programmes que nous allons continuer à offrir à La Laurentienne. »

Le recteur de l’université sudburoise a aussi continué à accentuer le vouloir de son institution à servir la communauté francophone malgré la coupure de 28 programmes en français.

« Nous sommes déterminés à assurer l’avenir de La Laurentienne comme celui d’une université où les programmes et l’enseignement en français sont appréciés et dont le caractère bilingue est apprécié. »

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