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Une saison à l’eau pour Calypso

Temps de lecture : 3 minutes

LIMOGES – Calypso range ses bouées et ferme ses glissades. Le parc aquatique de l’Est ontarien confirme qu’il n’ouvrira pas cette saison, après l’annonce du gouvernement de l’Ontario, mercredi, indiquant que l’ouverture des parcs d’attractions n’était pas à prévoir « pour le moment ». Le dernier clou dans le cercueil pour Calypso.

« Il n’y aura pas de saison, cette année, à Calypso », a lancé, jeudi matin, en entrevue avec ONFR+, Marie-Ève Doyon, la porte-parole du groupe Calypso-Valcartier.

La veille, la ministre des Industries du patrimoine, du sport, du tourisme et de la culture, Lisa MacLeod, avait sonné le coup de grâce des ambitions de réouverture pour les parcs d’attractions, en conférence de presse.

« Le médecin hygiéniste en chef a informé notre gouvernement, et nous l’avons accepté, que les parcs à thème et les parcs aquatiques ne puissent pas ouvrir pour le moment », avait indiqué la députée de Nepean.

Le parc aquatique, qui aurait dû pouvoir soumettre un plan de réouverture dans l’étape trois de déconfinement de la région pour approbation par le Bureau de santé de l’est de l’Ontario (BSEO), s’est donc vu couper l’herbe sous le pied.

« On a appris, au milieu juillet, qu’on ne ferait pas partie de l’étape trois qui se faisait en fonction des régions et du taux de cas. Le nôtre était faible et contrôlé, donc on avait eu l’autorisation, mais on a appris qu’une nouvelle table avait été créée et qu’il faudrait présenter de nouveau notre plan, alors qu’il avait déjà été approuvé », indique Mme Doyon.

Le maire de La Nation ne comprend pas

Le maire de la municipalité de La Nation, où se trouve le parc, François St-Amour, avoue ne pas comprendre la décision du gouvernement ontarien.

« C’est une saison complètement perdue pour Calypso ! C’est de valeur, car il y aurait eu des possibilités. Il y avait déjà un plan avec le BSEO et avec le docteur Paul Roumeliotis qui était d’accord avec ça, mais c’est Toronto qui n’a jamais voulu », indique le maire.

François St-Amour, maire de La Nation. Archives ONFR+

Valcartier a été en mesure de rouvrir ses installations au Québec, avec certaines restrictions, sans qu’il y ait eu de cas du coronavirus, selon l’entreprise. Cette dernière n’accepte pas certains propos de la ministre MacLeod, citant l’exemple de Québec.

« Que le gouvernement dise sur une tribune nationale que notre industrie n’est pas sécuritaire, pour nous, ça devient un problème pour notre réputation. »

Une aide du gouvernement à venir ?

La saison qui s’étale normalement de juin à septembre représente des centaines de milliers de dollars pour la compagnie québécoise.

Dans son communiqué, le groupe Calypso-Valcartier indique qu’il entreprendra les « démarches appropriées afin d’obtenir réparation pour les pertes encourues ».

Est-ce que cela signifie que des recours judiciaires envers le gouvernement ontarien pourraient être envisagés si des compensations financières ne sont pas offertes ?

« À ce moment-ci, on n’exclut aucun recours pour aller chercher des compensations s’il faut le faire », assure la porte-parole. « On a interpellé, par écrit, le premier ministre Ford, avec de nombreux autres parcs aquatiques, pour lui demander de discuter avec nous de possibles compensations. Elles sont très rares, les industries qui ont dû renoncer à une saison complète », ajoute-t-elle.

2021 en suspens

Calypso préfère toutefois ne pas s’avancer sur les impacts d’une telle fermeture, à long terme, sur sa santé économique.

« Il est beaucoup trop tôt pour tirer des conclusions. On est une entreprise saine financièrement et nos clients sont avec nous, année après année, depuis l’ouverture. Mais les conséquences sont importantes et ce n’est pas à négliger. »

L’organisme avoue être sur le qui-vive concernant l’an prochain.

« 2021 demeure une question en suspens… Ça rend beaucoup plus difficile la vente de billets de saison, surtout qu’aucun autre parc ne devrait ouvrir en 2020. L’an prochain est aussi une saison de remplacements pour nos détenteurs de billets de cette saison, donc c’est 50 % sur deux ans. »

Le maire St-Amour regrette cette situation, alors que le parc génère de nombreuses retombées dans la communauté.

« C’est de l’emploi pour les jeunes. Et puis, Calypso aurait eu un peu de revenus. Ce n’est rien de comparable à une année régulière, mais au moins il y aurait eu ça. Là, ils ont zéro, pas une cenne. Certains ont pu ouvrir à 30, 40, 50 %, mais eux autres, c’est complètement rien, ça fait mal. »

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