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Vote à 16 ans: les premiers concernés pas si enthousiastes

Les élèves du Parlement jeunesse francophone de l'Ontario posent avec les députés à Queen's Park.
Les élèves du Parlement jeunesse francophone de l'Ontario posent avec les députés à Queen's Park. Crédit image: Rozenn Nicolle

TORONTO – «Pas assez matures» ou «pas assez responsables»… Les jeunes franco-ontariens interrogés ne s’estiment pas tous prêts à se rendre vers les urnes alors qu’un député libéral veut leur en donner l’opportunité.

ROZENN NICOLLE
rnicolle@tfo.org | @Rozenn_TFO

«C’est un peu tôt. Moi je me connais, je ne prends pas toujours des décisions qui sont très bonnes, alors je préfère que ça reste à 18 ans», juge Steve, étudiant de 16 ans originaire de Windsor.

Et il n’est pas le seul. Cette semaine, à Toronto, étaient rassemblés environ 80 jeunes franco-ontariens de toute la province à l’occasion du 12ème Parlement jeunesse francophone de l’Ontario afin de les familiariser avec le système législatif provincial. Parmi eux, nombreux ont manifesté leur appréhension quant au projet de loi déposé par le député libéral Arthur Potts prévoyant l’abaissement de l’âge légal du vote de 18 à 16 ans en Ontario.


 «À 16 ans tu es encore en train de questionner ta vie, de voir ce que tu aimes et ce que tu n’aimes pas, tes valeurs… Puis si tu ne connais pas ton opinion, tu ne peux pas voter.» – Nathalie, étudiante de 16 ans à Ottawa


«On a beaucoup de choses à faire, on a des cours, c’est l’âge légal de travailler, il y a des parties», s’est amusée Valentine, étudiante à Ottawa.

 

Montrer que la jeunesse est importante

Si la majorité des jeunes interrogés s’avoue trop immature pour se rendre aux urnes à 16 ans, d’autres ont avancé des arguments inverses. C’est le cas de Maxime, élève dans le canton d’Alfred et Plantagenet: «On a un cours de civisme en 10ème année, selon moi ce n’est pas assez. Toutefois, ça ne devrait pas déranger, on est mature à notre âge et une personne de 18 ans n’a pas eu plus de notion en politique qu’une personne de 16 ans».

Pour Mariam, ottavienne de 18 ans, abaisser l’âge légal du vote démontrerait que la «jeunesse est importante» et pourrait permettre aux politiciens de plus «prendre en compte les intérêts des jeunes» si ces derniers deviennent des électeurs.

La Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO) a, pour sa part, tranché sur le sujet. Lors de son Assemblée générale annuelle, ses membres ont majoritairement adopté une proposition les mandattant à lutter en faveur de cette mesure.

Le débat sur le sujet n’est pas récent. En 2016, déjà, la Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF) défendait, cette fois au fédéral, l’abaissement de l’âge légal pour voter.

Ce projet de loi provincial ne devrait cependant pas voir le jour, du moins pas tout de suite. Avec plus d’une centaine de lois sur la table des législateurs ontariens, mince est la chance que la proposition de M. Potts soit étudiée avant la dissolution prochaine de l’assemblée en vue des élections. Le député libéral promet cependant de redéposer son projet de loi s’il est réélu.  

 


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Rozenn Nicolle
rnicolle@tfo.org

Originaire de France, Rozenn est titulaire d’un baccalauréat en journalisme et d’une maîtrise en études internationales. Passionnée d’information et de photographie, elle a fait ses armes dans les médias nationaux français avant de couvrir l’actualité de la communauté française des États-Unis depuis New-York pour France-Amérique, et ensuite du Québec pour l’Outarde Libérée, dont elle est aussi la co-fondatrice. Par après, elle a couvert la politique congolaise à Kinshasa avant de déménager à Toronto pour être vidéoreporter à MétéoMédia. Rozenn cumule plus de dix années d’expérience en journalisme et a rejoint le Groupe Médias TFO en 2018.