Le fédéral dépasse son objectif d’immigration francophone hors Québec en 2025
OTTAWA — Le gouvernement fédéral a annoncé lundi avoir battu sa cible de 8,5 % d’immigrants francophones hors Québec pour l’année 2025, marquant un dépassement pour une quatrième année de suite.
Plus précisément, 8,9 % des immigrants qui se sont établis au Canada hors Québec l’année dernière étaient des francophones, selon un communiqué de presse du ministère de l’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC). La ministre de l’Immigration, Lena Metlege Diab, en a fait l’annonce lundi en direct de Moncton. Selon les données d’IRCC, cela représenterait près de 29 500 nouveaux arrivants parlant la langue de Molière.
C’est donc la quatrième année consécutive que le fédéral atteint son objectif, alors qu’en 2024, il avait dépassé sa cible de 6 % de même qu’en 2022 et 2023, alors que l’objectif était de 4,4 %.
« Aujourd’hui, nous réaffirmons notre engagement et nos efforts soutenus envers l’immigration francophone. Les nouveaux arrivants d’expression française représentent un apport essentiel à la vitalité économique et au renforcement de la main-d’œuvre des communautés francophones et acadienne en situation minoritaire », a déclaré la ministre Diab par voie de communiqué.
En novembre, le fédéral a annoncé son intention de réduire légèrement sa cible de nouveaux arrivants francophones — par rapport à son plan sur les niveaux d’immigration de 2025 à 2027 — avec un objectif de 9 % en 2026, 9,5 % en 2027 et 10,5 % en 2028. En chiffres absolus, cela constituerait un total de près de 96 000 immigrants francophones sur trois ans.
Le plan d’immigration présenté par l’ex-ministre de l’Immigration, Marc Miller, à l’automne 2024 prévoyait plutôt une cible de 9,5 % en 2026 et 10 % en 2027.
Rappelons que lors de la campagne électorale en avril dernier, les libéraux avaient promis une cible de 12 % d’ici 2029.
Le ministère de l’Immigration a aussi annoncé lundi que, dès cette année, 5 000 places seront ajoutées aux allocations annuelles du Programme des candidats des provinces (PCP). Ces places seront spécifiquement réservées aux provinces et territoires pour la désignation de personnes immigrantes d’expression française. Ce programme permet aux provinces et territoires de sélectionner un nombre spécifique de candidats à l’immigration selon leurs propres critères.
La nécessité des cibles soulignée
Pour Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) ces mesures sont essentielles à la survie du français. L’organisme souligne au passage que bien que la cible de 8,5 % ait été atteinte en 2025, en chiffres absolus le Canada a accueilli moins d’immigrants francophones qu’en 2024.
« Nous ne sommes pas encore où nous devrions être, mais nous progressons dans la bonne direction et la volonté politique, qui fait toute la différence, est là », a souligné la présidente de la FCFA, Liane Roy,
Mme Roy a rappelé que les mesures favorisant l’immigration francophone sont là pour rattraper les années où le Canada a accueilli, proportionnellement, beaucoup plus d’immigrants anglophones.
« Pendant plusieurs années, il y a eu un déséquilibre et comme résultat, le poids démographique de la francophonie a chuté. Or, maintenir un des traits fondamentaux de l’identité canadienne, c’est bon pour la souveraineté de notre pays », explique la présidente de la FCFA.