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Des députés libéraux répondent à Denise Bombardier

Le député acadien de Nouvelle-Écosse, Darrell Samson, au premier plan. Crédit image: Benjamin Vachet

OTTAWA – Des députés fédéraux du Parti libéral du Canada (PLC), membres du Caucus libéral des communautés de langue officielle en situation minoritaire, ont souhaité répondre, ce lundi, aux propos controversés de la journaliste et romancière Denise Bombardier à l’émission Tout le monde en parle du 21 octobre dernier.

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

«Avant d’être élu, j’ai été directeur général des écoles du Conseil scolaire acadien provincial. Et je peux vous dire qu’il y a une vitalité très forte dans nos écoles! On a augmenté notre population étudiante de 25 %. Et cette augmentation se retrouve également dans les écoles de langue française des autres provinces et territoires», a lancé le député acadien de Sackville-Preston-Chezzetcook en Nouvelle-Écosse et président du caucus, Darrell Samson.

Tour à tour, plusieurs de ses collègues du Parti libéral du Canada (PLC) ont pris la parole pour réagir aux commentaires de Mme Bombardier qui avait lancé à la télévision de Radio-Canada qu’à «travers le Canada, toutes les communautés francophones ont à peu près disparu».


«L’ignorance n’a jamais bien servi une société, n’a jamais bien servi une communauté francophone hors Québec. J’ai un message pour Mme Bombardier et pour M. Bock-Côté et tout autre qui pense qu’il n’y a pas de francophones hors Québec: appelez-nous!» – Francis Drouin


«Je suis fière de démontrer que nous sommes 2,7 millions de francophones et de francophiles à l’extérieur du Québec. Cette vitalité des communautés, elle est très forte, elle est présente et elle est diversifiée à travers le pays», a déclaré la députée franco-ontarienne Mona Fortier. «Aujourd’hui, le message qu’on veut lancer, c’est de dire: arrêtons les deux solitudes francophones, Québec-hors-Québec et travaillons ensemble. Et je pense que ce sont les jeunes qui vont nous aider à nous rapprocher.»

 

L’invitation de Randy Boissonnault

Le député franco-albertain, Randy Boissonnault y est allé d’une invitation.

«La prochaine fois que quelqu’un apprend que je parle français et que je viens de l’Alberta et me dit que je suis tellement une «perle rare», je vais lui dire: «Viens chez moi, je ne vais pas seulement te montrer tout le collier, mais aussi tous les autres bijoux qu’on a dans notre communauté!»

Le député franco-albertain Randy Boissonnault. Archives #ONfr

Le député franco-manitobain, Dan Vandal a tenu à rappeler la place du français dans sa province qui avait été particulièrement visée par les propos de Mme Bombardier.

«On a 16 municipalités bilingues, on a une division scolaire… Mon fils a grandi en français et ne parlait pas anglais avant ses six ans. Comme dit souvent la Société de la francophonie manitobaine: de génération en génération, nous y sommes et de génération en génération, nous y serons!»

 

Réaction tardive

Pour M. Samson, l’objectif de cette réaction des élus libéraux est que «les francophones du Québec et des communautés minoritaires travaillent ensemble pour s’épanouir.»

Le professeur à l’École d’études politiques de l’Université d’Ottawa, François Charbonneau, remarque toutefois que cette réaction aurait pu intervenir avant.

«C’est sûr qu’il y a des points politiques faciles à faire, mais il aurait tout de même été surprenant que le caucus ne réagisse pas. Le seul reproche qu’on peut leur faire, c’est d’avoir tardé à répondre, même si on a reparlé des propos de Mme Bombardier hier, à Tout le monde en parle. On parle tellement peu des Franco-Canadiens des autres provinces au Québec qu’on ne peut pas reprocher de le faire quand l’occasion se présente. Car finalement, la mobilisation des Franco-Canadiens n’est jamais aussi forte que quand on leur dit qu’ils n’existent pas.»

Le député néo-écossais estime pour sa part qu’il n’est «jamais trop tard pour livrer le message et faire des correctifs».

Mais la politique a vite repris ses droits, à moins d’un an des élections et alors que le PLC compte plusieurs élus francophones en contexte minoritaire à travers le Canada.

«Si les gens pensent qu’il n’y a pas beaucoup d’action et de vitalité dans les communautés, c’est sans doute parce que pendant dix ans, on a eu un gouvernement conservateur durant lequel il y a eu des coupures majeures. Les communautés ont souffert», a-t-il lancé, citant pêle-mêle la fin du questionnaire long du recensement ou encore, du Programme de contestation judiciaire.

 

Influencer le gouvernement Trudeau

Vantant les accomplissements de son gouvernement, M. Samson a salué la révision du règlement sur les services fédéraux bilingues qui a permis de maintenir ouverts 257 bureaux bilingues qui auraient dû fermer faute de nombres suffisants et qui devrait permettre d’en ouvrir 600 supplémentaires d’ici 2023.

Le caucus, qui compte une vingtaine de députés qui se réunissent toutes les deux semaines, aurait joué un rôle d’influence dans plusieurs dossiers des langues officielles, dont le Plan d’action dévoilé en mars, assure-t-il.

«On rencontre les ministres pour s’assurer de savoir ce qu’ils font pour appuyer les communautés de langue officielle en situation minoritaire et pour qu’ils mettent une lentille dans les programmes pour bien représenter les deux communautés. Par exemple, nous avons travaillé à ce qu’il y ait une clause linguistique dans les ententes entre le fédéral et les provinces en petite enfance.»

 


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Benjamin Vachet
Benjamin Vachet
bvachet@tfo.org @BVachet

Originaire de France, Benjamin Vachet vit au Canada depuis plus de douze ans. Titulaire d'un baccalauréat en Administration économique et sociale et d'une maîtrise de journalisme, il a commencé sa carrière en France, avant de la poursuivre au Canada. Il a travaillé pour les hebdomadaires Le Reflet, puis L’Express Ottawa et pour la radio francophone d’Ottawa, Unique FM. Il a rejoint le Groupe Média TFO en 2014. Passionné de politique ontarienne, fédérale et internationale, Benjamin cumule plus de treize années d’expérience en presse écrite, radio et télévision.