La ministre des Affaires francophones, Natalia Kusendova-Bashta, à Queen's Park vendredi, jour de son assermentation. Photo : Rudy Chabannes/ONFR
Politique

Écoute, soutien financier, services en français… La ministre Kusendova en mode solution

La ministre des Affaires francophones, Natalia Kusendova-Bashta, à Queen's Park vendredi, jour de son assermentation. Photo : Rudy Chabannes/ONFR

TORONTO – Tout juste assermentée ce vendredi, la neuvième ministre des Affaires francophones de l’Ontario assure qu’elle va écouter la communauté avant de s’atteler aux dossiers les plus urgents parmi lesquels l’application réelle de la Loi sur les services en français (LSF) et l’attraction de la main-d’œuvre bilingue.

En entrevue avec ONFR, Natalia Kusendova-Bashta affirme qu’elle sera vigilante sur les enjeux franco-ontariens et particulièrement sur l’application de la Loi sur les services en français de même que sur l’attraction d’une main-d’œuvre francophone.

« On doit faire de notre mieux pour soutenir les organismes qui veulent être désignés volontairement sous la LSF et attirer une main-d’œuvre bilingue. C’est pourquoi les investissements qu’on a faits au Collège Boréal, au campus de l’UOF et ailleurs sont si importants », estime-t-elle.

« Cette année, on va célébrer le 40e anniversaire de la LSF, qu’on a modernisée. C’est un grand événement. On a beaucoup de choses à fêter, mais aussi du travail de mise en œuvre à faire. »

Un peu plus tôt, la députée de Mississauga-Centre a prêté serment, officialisant sa prise de fonction à la tête du ministère des Affaires francophones, un portefeuille qu’elle gérera de concert avec celui des Soins de longue durée, déjà à sa charge depuis deux ans.

Mme Kusendova-Bashta, qui a déjà par le passé agi à titre d’adjointe parlementaire à la ministre des Affaires francophones, n’arrive pas en terre inconnue, se disant consciente des besoins existants et de la fragilité de certains organismes.

Elle les incite toutefois à ne pas tout attendre de son ministère, mais au contraire à saisir d’autres opportunités de financement : « On a beaucoup de programmes d’investissement différents qui peuvent soutenir ces organismes par le biais de tout le financement qui existe dans tous les ministères, rappelle l’élue, prenant en exemple celui du tourisme.

Depuis ses origines, le rôle de ministre des Affaires francophones revêt une dimension d’influence et de sensibilisation auprès des autres ministres plus ou moins sensibles aux langues officielles. Mme Kusendova assume ce statut et entend le mettre à profit pour faire de nouveaux gains pour la communauté.

« On a fait beaucoup de progrès à ce sujet, mais bien sûr, il y a encore du travail à faire. Je vais rencontrer mes collègues pour assurer que la lentille francophone est toujours dans leurs pensées avant de créer ou changer une politique. »

Mettra-t-elle en œuvre les recommandations du commissaire aux services en français, notamment celle d’un répertoire des services français, toujours en suspens? « C’est une bonne idée, mais je dois m’organiser d’abord, faire tous mes briefings et voir le terrain, faire les visites, rendre visite à tous les intervenants partout en Ontario. Et puis développer un plan, un plan d’action. »

Alors que le Théâtre français de Toronto (TfT) se bat pour concrétiser son projet de salle de spectacle et que le gouvernement ne l’a que partiellement aidé, Mme Kusendova a laissé la porte ouverte à une solution provenant de la province. « S’il y a des fonds, par exemple dans le ministère de Tourisme ou celui de l’Infrastructure, je vais faire ma recherche et je vais regarder si on peut avoir un partenariat avec le fédéral pour aider le théâtre. »

Parmi les autres dossiers en souffrance, figure celui de La Maison, un centre d’hébergement francophone pour femmes victimes de violence à Toronto qui a un besoin urgent de plus de places. Dans son dernier budget, le gouvernement n’a pas suivi une recommandation de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario réclamant un geste.

« Je sais que dans le ministère associé des Perspectives sociales et économiques pour les femmes de ma collègue Charmaine Williams, il y a des fonds où on peut voir si on peut aider cet organisme. Je ne sais pas si La Maison a fait une telle demande auprès de ce ministère, mais s’il y a des fonds disponibles, ça serait le meilleur endroit », note-t-elle.

Quoiqu’il en soit, avant de plonger dans tous ces dossiers, la ministre veut s’octroyer du temps afin de mieux saisir les besoins et attend beaucoup de l’issue des états généraux de l’Ontario français qui, après une tournée dans le Sud et l’Est, se tiennent dans le Nord au cours des prochains jours.

« J’ai hâte de voir les recommandations qui vont sortir de ces travaux », indique-t-elle, avant d’insister sur son vif intérêt à vouloir avancer sur les enjeux de santé et soins de longue durée pour les francophones, un enjeu qu’elle dit toujours garder en tête dans son autre ministère.