Passer au contenu Passer au pied de page

Bilan 2021 : La francophonie ontarienne plus forte

Temps de lecture : 4 minutes

Une modernisation de la Loi sur les services en français (LSF) actée, une université par et pour les francophones à Toronto, un rapport détonnant sur la pénurie d’enseignants, un décollage sans précédent de l’économie francophone et une 27e région désignée sous la LSF. 2021 en une personnalité, une date, un chiffre, un lieu et une citation.

Une personnalité
Dyane Adam

Elle aura été l’endurante architecte de l’Université de l’Ontario français (UOF), un projet dont on ne voyait plus vraiment la fin. La première rentrée, en septembre dernier, a parachevé un long processus enclenché en 2020 avec l’entente de 126 millions de dollars entre les deux paliers de gouvernement, fédéral et provincial.

Avec son inauguration en octobre, l’UOF est définitivement entrée dans l’histoire et Dyane Adam en a récolté les fruits. La présidente du conseil de gouvernance n’a jamais baissé les bras alors que le dossier jouait aux montagnes russes, supprimé en 2018, avant d’être ressuscité en 2019.

Même si bien du chemin reste à faire en matière d’inscription, de logement et de stature académique, la jeune institution a pris des risques pour offrir des programmes novateurs et s’apprête à ajouter un cinquième baccalauréat, en éducation, pour faire sa part dans la lutte contre la pénurie d’enseignants.

Dyane Adam (au centre) lors de l’inauguration de l’UOF. Crédit image : Rudy Chabannes

Une date
1er janvier

Le 1er janvier a coïncidé avec le démarrage effectif de la Fédération des gens d’affaires francophones de l’Ontario (FGA). L’organisation qui fédère les acteurs économiques de la province s’est donné pour mandat de développer les initiatives de nature à accroître les échanges économiques et à mettre sur les rails des entrepreneurs. Elle a véritablement pris son envol à la suite d’un financement provincial, débloqué l’année précédente.

L’émergence d’une telle structure illustre, de l’avis de plusieurs observateurs, un changement de vision gouvernemental en direction de la francophonie, plus seulement considérée sous le spectre de la culture ou du patrimoine, mais également perçue comme un potentiel économique qui repose sur l’esprit d’entreprendre en français.

C’est dans cette même logique que sont nés un portail d’entrepreneurs, puis des incubateurs d’entreprises portés par le Conseil de la coopération de l’Ontario (CCO) et la Société économique de l’Ontario (SÉO), membres de la FGA, à un moment où la relance économique post-pandémique par la consommation locale et l’entreuprenariat s’impose pour sortir de la crise.

Les locaux de l’incubateur du CCO, membre de la FGA. Crédit image : Rudy Chabannes

Un chiffre
520

Chaque année, 520 enseignants additionnels sont nécessaires pour équilibrer l’offre et la demande de personnel enseignant certifié. Ce constat détonnant, révélé en janvier dans le rapport du Groupe de travail sur la pénurie d’enseignants en langue française, a jeté un regard critique sur une situation asphyxiante dans laquelle se trouvent les écoles franco-ontariennes.

Face à la hausse des inscriptions, l’Ontario doit en effet être en mesure de trouver 1 050 enseignants par an pour les cinq prochaines années afin de combler les besoins en personnel dans ses écoles élémentaires et secondaires. De ce nombre, après la certification annuelle d’environ 500 personnes par les facultés d’éducation, le modèle de projection
du Groupe de travail a établi à 520 le nombre additionnel requis pour satisfaire la demande.

Dans la foulée des recommandations incluses dans le document, le gouvernement s’est engagé dans la voie d’une stratégie de recrutement et de rétention des enseignants, consacrant une enveloppe de 12 millions de dollars sur quatre ans.

Un autre chiffre viendra compléter le portrait en novembre, cette fois dans les écoles d’immersion et en langue seconde : le Canada aurait besoin de 10 000 enseignants francophones. 42  % des écoles d’immersion française qui disent éprouver des problèmes de pénuries de main-d’œuvre, alors que ce chiffre s’élève à 50  % en Ontario.

La couverture du rapport. Crédit image Rudy Chabannes

Un lieu
Sarnia

Après Kingston et Markham, Sarnia est devenue, en décembre, la 27e région désignée sous la Loi sur les services en français. Une victoire attendue de longue date puisque les francophones travaillaient sur le dossier depuis trois ans. Il faudra toutefois patienter tout autant pour que les services gouvernementaux soient véritablement offerts dans la langue française, le temps de recruter le personnel bilingue adéquat.

Porté en partie par le Centre communautaire francophone de Sarnia-Lambton et le centre culturel Jolliet, le projet avait reçu le soutien de plusieurs élus locaux clés, dont le maire Mike Bradley qui affichait son impatience dans un processus qu’il jugeait trop lourd.

Sarnia, ville désormais désignée sous la Loi sur les services en français. Crédit image : mrclark321 / iStock / Getty Images Plus via Getty Images.

Une citation
« À la Laurentian University, l’aspect francophone n’est plus une priorité »

Les coupes de programme en français à l’Université Laurentienne ont sonné le glas de l’institution bilingue dans le vocable de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO). Son président, Carol Jolin, ne parlera plus jamais de La Laurentienne que par son nom anglais : « La Laurentian » pour la rayer de la carte et faire place à une autre, l’Université de Sudbury, pour laquelle il réclame qu’elle devienne par et pour les francophones.

Très attendue dans ce dossier, la ministre Dunlop saura-t-elle mieux gérer la situation que son prédécesseur Ross Romano, alors que le gouvernement affirme avoir pieds et poings liés tant que La Laurentienne sera sous la protection de ses créanciers ?

Carol Jolin, président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario. Source : Twitter

Vous aimez ? Faites-le nous savoir !