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La Laurentienne : la commissaire Burke affirme suivre la situation « de près »

Temps de lecture : 3 minutes

SUDBURY- Est-ce que La Laurentienne a respecté la Loi sur les services en français en coupant dans 69 programmes, dont 28 en français ? La commissaire aux services en français, Kelly Burke, ne préfère pas s’avancer, mais admet qu’elle s’intéresse au rôle du ministère de Caroline Mulroney pour « recommander de possibles modifications aux projets de la Laurentienne » au niveau francophone.

Alors que la pression s’accentue, la commissaire aux services en français est sortie de son silence dans une déclaration écrite envoyée à ONFR+.

Sur Twitter, la politologue Stéphanie Chouinard dénonçait le « silence de l’ombudsman adjointe ». Même chose pour l’avocate et professeure de l’Université d’Ottawa Anne Lévesque, qui affirmait que « la commissaire devrait dire quelque chose » sur le dossier de l’établissement sudburois.

Kelly Burke explique que la situation « soulève plusieurs enjeux qui ont un impact majeur à la fois sur le secteur éducatif, la communauté francophone et la province en général ».

« Je m’intéresse en particulier au rôle du ministère des Affaires francophones en vertu de la Loi sur les services en français, notamment son rôle d’exiger des renseignements de la part de l’Université Laurentienne qui peuvent être pertinents pour en savoir davantage sur les décisions qui sont prises par l’Université », avance l’ombudsman des Franco-Ontariens.

Il faut rappeler que 28 programmes en français ont été supprimés à La Laurentienne passant ainsi le nombre de programmes total dans la langue de Molière à 21, soit une réduction de près de 60 %. L’institution postsecondaire a 13 programmes qui sont désignés sous la Loi sur les services en français depuis 2014.

La liste des 13 programmes désignés sous la Loi sur les services en français. Capture d’écran.

Des experts en droits et enjeux linguistiques affirment que la loi a ses limites et qu’elle ne peut pas tout empêcher. En vertu de la législature, l’établissement postsecondaire aurait dû regarder toutes les possibilités disponibles avant de couper dans les programmes en français.

« Je suis la situation de près depuis les dernières semaines et l’équipe de l’Unité des services en français accumule des faits pertinents basés sur l’actualité et sur les plaintes qui nous sont soumises. Mon équipe et moi-même avons également en ce moment des discussions avec le gouvernement afin d’avoir une vue d’ensemble des enjeux qui ont un impact important sur la gouvernance des services en français à l’Université Laurentienne », écrit Kelly Burke.

Ouverte aux plaintes

Cette dernière admet être « très préoccupée » par le cas de l’Université Laurentienne.

« Je m’intéresse en effet à la considération qui est donnée à la Loi sur les services en français dans ces décisions, et le rôle (prévu par la Loi) que pourrait jouer le ministère pour recommander des modifications aux projets de La Laurentienne en ce qui concerne la prestation des services en français. »

Et de poursuivre. « J’accorde une grande importance à l’éducation postsecondaire dans la province, étant donné son rôle central dans l’éducation en français et l’accès à de la main-d’œuvre francophone qualifiée. »

La commissaire aux services en français, Kelly Burke. Source : Ombusdman de l’Ontario

La commissaire invite d’ailleurs ceux qui le désirent à porter plainte.

« C’est donc un dossier sur lequel nous sommes très actif-ve.s et nous encourageons tous ceux et toutes celles qui sentent que leurs droits d’accès à des services en français ne sont pas respectés de communiquer avec l’Unité des services en français. »

Son bureau s’est refusé à dévoiler le nombre de plaintes reçues, à ce jour, dans le dossier de La Laurentienne. Le dernier rapport public à cet égard remonte au 10 décembre 2020.

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