Le futur train Northlander : la lumière au bout du tunnel?
Le train Northlander qui doit reprendre du service, après une quinzaine d’années d’interruption, se fait toujours attendre dans le Nord de l’Ontario. Il doit être officiellement remis sur ses rails cette année, mais les tests techniques se poursuivent toujours, avertit l’organisme gouvernemental Ontario Northland.
L’itinéraire du futur train Northlander s’étendra sur environ 750 kilomètres et reliera le centre-ville de Toronto à un chapelet de villes du nord-est de l’Ontario. Le train effectuera 14 arrêts entre la gare Union de Toronto et la ville de Timmins, en passant par Huntsville et North Bay, entre autres, avec une correspondance vers Cochrane, depuis Timmins. Pour le moment, sa date de remise en service demeure un mystère et la Commission de transport Ontario Northland se limite à annoncer qu’elle met actuellement l’accent sur des essais techniques.
Une population qui attend avec impatience
Selon Jacinthe Rivard, anciennement de l’Agence fédérale de développement économique pour le Nord, et résidente de New Liskeard, le nouveau train est attendu avec impatience par la population locale. Il viendra apporter une solution de rechange à la fameuse route 11, maintes fois fermée cet hiver encore, à cause d’accidents routiers ou d’aléas météorologiques. « C’est très soulageant pour plusieurs personnes d’avoir une autre option; donc les gens reçoivent la nouvelle chaleureusement. » Avec une population vieillissante dans le Nord, nul doute que les citoyens apprécieront ce lien sécuritaire pour les rendez-vous médicaux, notamment, pense-t-elle. Elle croit aussi que les touristes profiteront de ce nouveau mode de transport pour découvrir la région.

L’éleveur de bétail et homme d’affaires Pierre Bélanger d’Earlton avoue, lui, qu’il était d’abord très sceptique lorsqu’il a appris la nouvelle concernant un retour de ce lien ferroviaire. Il doutait de l’achalandage et de la fidélité des usagers pour ce genre de transport dans une zone si peu peuplée, mais devant l’engouement populaire qu’il observe dans les médias sociaux, il se surprend à croire que cela pourrait fonctionner. Il était lui-même un utilisateur assidu du train, dit-il, à une autre époque, lorsqu’il était en service.
« Je crois que les temps ont changé et qu’il y a un retour possible des voyages par rail. » Mais il reconnaît aussi les désavantages : des horaires fixes à respecter et des itinéraires non flexibles, qui rendent l’automobile si attrayante. Il apprécie cependant la fourchette de tarifs offerts et pense que pour des villes comme Kirkland Lake où près de 30 % de la population est composée de travailleurs de l’extérieur, le train offrira un moyen de transport pour la main-d’œuvre, qui devrait être apprécié.

L’entrepreneur général Gilles Huard de Matheson confirme que sa petite ville de près de 2500 résidents attend avec ferveur l’arrivée du train. Les chemins du coin étant souvent mal déblayés, l’hiver, et les habitants du village craignant parfois de s’aventurer dans une grande ville comme Toronto qu’ils connaissent mal, nul doute que le train offrira une alternative rassurante, pense-t-il.
Aucune date d’inauguration divulguée
Le parcours complet, de la première à la 16e escale, devrait durer 10 heures et 40 minutes. Le service fonctionnera de quatre à sept jours par semaine, selon la saison. Sans révéler de date ferme de remise en service, la compagnie de transport affirme qu’à « l’heure actuelle, nous réalisons des travaux dans de nombreux domaines pour préparer le futur service. Nous mettons notamment l’accent sur la conception et les études techniques détaillées, l’évaluation environnementale, les consultations auprès des communautés autochtones et des municipalités de même que l’approvisionnement. »
Si les rumeurs semblaient nous mener à ce printemps pour l’inauguration du nouveau train, on entend de plus en plus de gens qui croient qu’il faudra probablement attendre à cet automne, avant d’emprunter la nouvelle voie ferrée.