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En marge de la rentrée scolaire, gouvernement, syndicats et employeurs entament des négociations. Source: Canva

Le ministre de l’Éducation dénonce le « pouvoir des syndicats »

Temps de lecture : 3 minutes

TORONTO – Le ton est monté d’un cran, ce mercredi à Queen’s Park, face au risque de grève dans les écoles qui pourrait découler d’un éventuel échec des négociations des conventions collectives du personnel en éducation. L’opposition a fustigé les propos de Stephen Lecce tenus la veille.

« Le gouvernement doit assumer sa responsabilité pour éviter les perturbations », a tancé en chambre la députée Marit Stiles en réaction aux propos du ministre de l’Éducation dans les médias. Stephen Lecce disait vouloir tout faire pour éviter une grève et maintenir les élèves en classe.

« Depuis 30 ans, quel que soit le parti au gouvernement, les syndicats ont fait des grèves et retiré leurs services. C’est la vérité. Ça fait partie de la vie des enfants et les parents sont lassés de vivre cela chaque année », a riposté en période de questions le ministre Lecce, dénonçant l’obstination et « le pouvoir des syndicats ».

« Quand un syndicat tient un vote avant même que la Couronne présente sa première offre, cela dénote un manque de respect envers la population. Il est grand temps que quelqu’un dise la vérité à ce pouvoir des syndicats. Les parents veulent que leurs enfants restent à l’école et nous allons tout faire pour que ce soit le cas », a-t-il plaidé, mettant en avant des investissements supplémentaires à hauteur de 650 millions de dollars cette année.

Stephen Lecce, ministre de l’Éducation. Crédit image : Jackson Ho

L’élue néo-démocrate de Davenport, Marit Stiles, a contre-attaqué en soulignant un contexte lourd pour les travailleurs en éducation qui ont « remué ciel et terre durant la pandémie pour enseigner aux élèves de la province. Ils méritent nos remerciements et non des menaces ou des suppressions de budget ».

Ces vifs échanges interviennent alors que s’amorcent des négociations tripartites entre le gouvernement, les organisations représentant le personnel de l’éducation et ses employeurs, les conseils scolaires.

Négociations et risque de grève

Dans l’impasse en 2020, ces discussions avaient précipité les enseignants dans les rues ontariennes, vent debout contre la hausse des effectifs par classe, le plafonnement de leur rémunération et la dégradation de leurs conditions de travail.

Le gouvernement veut éviter qu’un tel scénario ne se reproduise, paralysant les écoles durant plusieurs semaines, alors que la pandémie a déjà tenu les élèves longtemps éloignés des salles de classe.

Marit Stiles, députée NPD de Davenport. Crédit image : Jackson Ho

Plusieurs syndicats, comme la Fédération des enseignantes et des enseignants des écoles secondaires de l’Ontario (FEESO), se sont positionnés pour réclamer plus de financement dans l’éducation publique et une compensation qui tienne compte de l’inflation. Sa présidente doit d’ailleurs tenir une conférence de presse ce jeudi.

D’autres organisations, à l’image de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), expriment de vives préoccupations concernant l’écoute réelle du ministre et la pénurie de ressources humaines à laquelle est confronté le milieu de l’éducation en milieu minoritaire.

Des conseils scolaires demandent eux aussi une mise en œuvre dans un délai raisonnable de plusieurs mesures du rapport de 2020 sur la question de la pénurie.

« Le ministre connaît mal son histoire », réagit l’AEFO

« Quand le ministre de l’Éducation insiste pour dire que les syndicats en éducation font des grèves et retirent leurs services depuis 30 ans, il connaît très mal son histoire », a réagi la présidente de l’AEFO, Anne Vinet-Roy. « À l’exception de 2019 sous les conservateurs, l’AEFO n’a fait aucune grève généralisée depuis la création des conseils scolaires de langue française, il y a de cela plus de 20 ans. »

Elle ajoute qu’« aucun moyen de pression n’était prévu pour la rentrée scolaire et le ministre Lecce a tout de même choisi de faire des sorties publiques de mauvaise foi. La rentrée scolaire s’est faite en douceur et c’est en grande partie grâce aux travailleurs en éducation. »

« Pour appuyer cette stabilité dans les écoles, nous continuons d’avoir des attentes fermes : de vrais investissements significatifs devront être faits pour prendre des actions concrètes et faire de l’éducation une réelle priorité », assène Mme Vinet-Roy.

Cet article a été mis à jour le mercredi 7 septembre à 15h

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