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Le nouveau balado à ONFR+, « prendre son temps et aller au cœur »

Temps de lecture : 3 minutes

Profitant de l’engouement croissant des balados, le média d’information franco-ontarien ONFR+ a lancé à son tour sa propre version du concept intitulé J’en perds mes mots. Avec l’objectif avoué de cibler toutes les générations.

Avec Aimé Majeau Beauchamp aux commandes de la réalisation, le projet veut avant tout « explorer et partager des histoires de manière plus intime et en profondeur, plus qu’un article de 400 mots ou un reportage de sept minutes ».

Et d’ajouter : « Le balado est de plus en plus populaire, mais il n’y en a pas encore assez. Beaucoup de Franco-Ontariens écoutent encore des balados en anglais. Ce concept permet vraiment de prendre son temps et d’aller au coeur des sujets. »

La série hebdomadaire de cinq épisodes accompagnée par la musique de Mehdi Cayenne mêle différents thèmes socioculturels. Pour la première diffusion le 23 février, Aimé Majeau-Beauchamp a raconté son cheminement de personne non-binaire, avec à la clé des enregistrements auprès de ses proches, mais aussi des entrevues auprès de linguistes non-binaires et d’artistes bispirituels.

« Dans cet épisode, j’explique comment ma relation a changé avec le français. En tant que personne non-binaire, c’est extrêmement difficile de vivre en français. On est constamment amené à repenser notre langue, à reconstruire nos phrases. En conséquence, j’ai commencé de plus en plus à vivre ma non-binarité en anglais. »

La réalisateurice Aimé Majeau-Beauchamp. Gracieuseté

Pour le deuxième épisode une semaine plus tard, la Franco-Torontoise Abigail Alves Murta a évoqué les obstacles pour maintenir son français dans un milieu anglophone.

Cette semaine, c’est Jean-Philippe Bélanger qui, durant 45 minutes, parle de son rapport à la langue française… et sa passion pour le dictionnaire. D’un tempérament réservé, le réalisateur ONFR+ avoue s’être « mis à nu » pour ce troisième épisode.

Au titre cocasse Popotexto pour le nouveau volet de la série, M. Bélanger reconnaît l’envie d’être « niche » à souhait pour se démarquer. « Les balados n’ont pas le même engouement qu’il y a cinq ans. Aujourd’hui, on en voit surgir de tous les côtés. C’est dur de tirer son épingle du jeu. »

Ce constat d’être original, mais aussi intimiste, est corroboré par Aimé Majeau Beauchamp. « Outre la langue française, qui est le liant entre nos épisodes, ce qui relie nos produits, c’est que les réalisateurs et narrateurs se rendent vulnérables. Cela permet d’ouvrir ces personnes-là. Il y a comme un naturel et une spontanéité dans la narration. »

Le troisième épisode diffusé le 9 mars.

Dans ces conditions, impossible pour iel de réduire la cible d’audience aux plus jeunes.

« C’est sûr que lorsqu’on regarde les statistiques, un balado est suivi par beaucoup d’universitaires et de métier libéraux. On avait ciblé à la base les 20-40 ans, mais je me rends compte que mon collègue Éric Bachand, lequel fera la narration d’un des épisodes, et qui est au début de la cinquantaine, nous parle de son adolescente dans les années 80, tandis que moi, qui ai la fin vingtaine, parle de non-binarité. C’est un peu une manière d’allier différentes générations. »

D’autres balados pour les Franco-Ontariens

L’année 2021 semble marquer une accélération du phénomène des balados pour les Franco-Ontariens. Début janvier, Janie Moyen et Ahdithya Visweswaran, deux francophones de 19 ans, lançaient le balado, les Francos oublié.e.s. La mission ? Donner une voix à la francophonie en contexte minoritaire.

Dans le même temps, l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) lançait aussi son propre balado F-O qu’on s’parle animé par Camille Sigouin et Danielle Roy. Pour chaque épisode : la rencontre avec une personnalité en vue de la francophonie ontarienne.

Aimé Majeau Majeau résume, selon iel, le secret d’attraction des balados.

« Le journalisme vit une période vraiment difficile. Les médias sociaux créent beaucoup de scissions, beaucoup de tensions et de haine. Mais grâce au balado, on peut avoir beaucoup des points de vue différents. Ça permet d’éviter les clivages sur les médias sociaux, ainsi qu’une information courte et tronquée. »

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