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« On n’est pas loin de répondre à toutes les conditions », dit le recteur de l’Université de Sudbury

Temps de lecture : 3 minutes

SUDBURY – Le prochain mois sera crucial pour l’avenir de la communauté franco-ontarienne et l’Université de Sudbury, croit son recteur John Meehan. Alors que les yeux sont rivés sur La Laurentienne, l’Université de Sudbury attend les résultats du processus de négociation qui doit prendre fin dans un mois pour avancer avec son projet d’une université entièrement francophone.

Le 12 mars dernier, l’Université de Sudbury avait annoncé qu’elle souhaitait devenir un établissement à 100 % francophone. Pour l’instant, l’institution du Nord de l’Ontario n’a toujours pas déposé de demande auprès du ministère des Collèges et des Universités.

En entrevue avec ONFR+, le recteur John Meehan affirme que l’Université sudburoise est en train de travailler sur remplir les critères pour être admissible à du financement auprès du gouvernement. L’établissement va notamment se débarrasser de son statut confessionnel pour pouvoir franchir la prochaine étape, explique John Meehan.

« On n’est pas loin de répondre à toutes les conditions », avance celui qui est aussi vice-chancelier.

Depuis l’annonce, M. Meehan admet que lui et son institution ont l’oreille ouverte en plus d’avoir eu plusieurs conversations avec des acteurs de la communauté francophone.

« Ça a commencé avec des conversations avec les partenaires francophones et le dialogue pour vraiment les écouter, les comprendre et voir quels sont leurs besoins. Ça nous donne un rôle à jouer avec les gouvernements en ayant l’appui de la communauté. »

Ce dialogue avec la communauté a déjà commencé et le recteur en aperçoit déjà quelques possibilités, comme la nécessité d’avoir une offre de programmes plus ciblés pour ceux voulant étudier en français. Pour l’instant, l’Université de Sudbury ne compte que des programmes en sciences sociales, mais le recteur admet que « tout changement est possible ».

« Dans nos conversations avec la communauté, on parle souvent d’éducation et de soins de santé parce que la communauté francophone a des besoins. On serait donc ouvert à plus de discussion autour de ces programmes-là. C’est quelque chose qui fait partie de nos discussions avec nos partenaires. »

Une rentrée à l’automne ?

Quelques jours après l’annonce de M. Meehan et de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, le recteur Robert Haché de l’Université Laurentienne avait assuré que les programmes francophones étaient là pour y rester.

Pour John Meehan, l’annonce du 12 mars n’a jamais été prise dans le but de confronter La Laurentienne, même s’il admet ne pas pouvoir « donner de commentaires » sur la relation entre son établissement et celui de M. Haché.

« Notre choix a vraiment été motivé par un désir de répondre aux besoins de la communauté. Ça va être à elle de décider quelle institution répond à ces besoins et de quelle façon. Il faut dire que les choses sont assez floues à La Laurentienne à l’heure actuelle et que la communauté s’inquiète pour ces programmes. »

John Meehan, recteur et vice-chancelier de l’Université de Sudbury. Gracieuseté : Université de Sudbury

Ce dernier ne veut toutefois pas s’avancer sur ce qui se passerait lors d’une entrée universitaire à l’automne prochain.

« Ça reste à déterminer. Pour l’instant, les choses à La Laurentienne sont toutes devant le tribunal et ils ont jusqu’à la fin avril pour présenter leurs plans aux créanciers. Alors, tout ce qui se passe après le 30 avril reste à déterminer. Pour les programmes, on va devoir attendre après la présentation du plan », précise M. Meehan.

Pas de crainte pour le postsecondaire en français

Ce dernier avoue ne pas avoir de craintes concernant l’avenir de l’éducation en français dans la province malgré les mauvaises nouvelles à La Laurentienne et à la lumière de la situation à l’UOF.

« Ma plus grande inquiétude est que si on n’a pas des programmes bilingues et en français dans la région, ça veut dire que nos jeunes vont aller ailleurs pour étudier en français ou rester dans la région pour étudier en anglais. Pour nous, c’est vraiment une question de trouver des programmes qui sont viables pour la communauté et d’avoir le soutien du gouvernement pour le faire. Le plus grand danger pour moi serait qu’on perde nos jeunes. »

Le gouvernement demande aussi à ce que l’Université de Sudbury se débarrasse de son statut d’université fédérée à La Laurentienne. Pour ce faire, M. Meehan préfère attendre un dénouement dans le dossier de son confrère avant de s’y aventurer.

« Une des possibilités qui a été évoquée dans l’affidavit de M. Haché est une possible résiliation de la fédération. Si ça arrive, on serait dans une autre situation. Alors là, on aurait besoin de nouvelles relations avec le gouvernement. Il y a d’autres exemples d’institutions affiliées comme Hearst et d’autres entités entièrement autonomes. »

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