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« Quoi si, moé ’ssi j’viens du nord ’stie », une pièce mémorable après 50 ans d’histoire à La Laurentienne

Temps de lecture : 4 minutes

SUDBURY – C’est ce soir qu’aura lieu la présentation de la pièce « Quoi si, moé ssi j’viens du Nord ‘stie », un symbole du théâtre franco-ontarien né à l’Université Laurentienne. Une pièce symbolique célébrant la naissance de 50 ans de culture franco-ontarienne, mais marquée par de récents moments dramatiques dans son lieu de naissance.

Pour comprendre cette pièce et sa dimension historique, il faut activer la machine à reculer dans le temps. En 1971, une jeune troupe d’étudiants principalement de l’Université Laurentienne décide de créer une pièce en voulant démonter leur propre vision du monde dans lequel ils vivent.

Ce spectacle a lancé le bal à nouvelle génération culturelle franco-ontarienne comme avec la Coopérative des artistes du Nouvel-Ontario (CANO) et le Théâtre du Nouvel-Ontario (TNO) qui ont façonné la culture Nord de l’Ontario. Tout ça avec La Laurentienne comme lieu de naissance.

Une photo des acteurs de « Moé ssi j’viens du Nord ‘stie » en 1971. Gracieusté

Cette édition 2021 n’est pas une version 2.0 de l’édition d’un demi-siècle passé, précise toutefois la directrice du TNO Marie-Pierre Proulx

« Un des créateurs du spectacle, Denis St-Jules qui étaient de la bande en 1971 m’a dit moi, mon plus beau rêve pour célébrer les 50 ans, ça ne serait pas qu’on fasse un remake, mais plutôt qu’on demande à une nouvelle génération d’artistes de s’inspirer de ce qu’on avait envie de faire à l’époque qui était de parler de notre regard sur le monde. »

La suppression du programme de théâtre à La Laurentienne est venue signifier la fin d’une époque pour les étudiants de l’établissement sudburois. Ces derniers commencent à réaliser que leur pièce célèbre le début de la culture franco-ontarienne en même temps de marquer la fin d’une époque de l’histoire de La Laurentienne.

« Quoi si, moé ssi j’viens du Nord ‘stie était la première pièce qui a débuté tout ça et que c’est pas exactement la même chose, mais ça été tourné de la même façon. C’est triste de voir l’Université Laurentienne qui était un pilier ou comme la maison de la culture franco-ontarienne s’écrouler. C’est quelque chose qui a donné naissance à une future génération d’artistes et là on perd ça. Est-ce qu’on va toujours avoir autant d’artistes à Sudbury dans 20 ou 30 ans », se questionne l’un des créateurs et étudiant en première année Maxime Cayouette.

Les étudiants avouent que d’apprendre la fin de leur programme la semaine passée a été un choc.

« Je ne m’attendais pas à autant de programmes coupés que ça. J’ai été vraiment sous le choc quand ça l’a frappé. J’ai vraiment eu une peine profonde pour les étudiants avec qui j’ai étudié. C’est notre famille dans le programme de théâtre, on n’est pas deux tonnes d’étudiants et on se connaît tous tellement bien… Quand la nouvelle est tombée, ça m’a fait penser à tous ces expériences et moments qu’on a eus ensemble », avance une des étudiantes, Andrea Clermont.

Boucler la boucle ?

Les auteurs de la pièce ont-ils l’impression d’ainsi boucler la boucle en étant les derniers étudiants du programme de Théâtre de La Laurentienne à faire un spectacle et surtout avec l’histoire derrière cette pièce ?

« Je dirais que non. La seule raison que je dis ça est que j’ai espoir qu’avec cette pièce-là et tant de gens qui viennent la voir et avec le bruit qu’on fait dans la communauté, on va trouver une manière de faire renaître quelque chose. Je ne veux pas que ce soit la fin. Je ne veux pas que ça soit la boucle complète de l’histoire à La Laurentienne. J’aimerais que ça soit comme symbolique de la mort du vieux programme, mais de la renaissance de quelque chose de nouveau », espère Andrea Clermont.

C’est avec plusieurs idées en tête que la troupe de huit étudiants du programme de Théâtre de La Laurentienne ont tous, durant les huit derniers mois mis leur grain de sel pour créer une œuvre avec leur vision.

« On nous avait donné un défi de dire ce qu’on avait dans la tête et dans notre cœur et ça n’a pas été difficile. Il y a plein de choses qui nous dérangent comme l’environnement, la santé mentale… Moi, c’est sur l’étrange division dans la population avec le coronavirus. On avait des choses dont on voulait parler. On s’est tous lancé au défi assez facilement », explique l’un des créateurs de l’œuvre Mauricio Campbell-Martinez.

Difficile avec la COVID-19

Pour les étudiants, c’est la consécration de nombreux mois d’effort parsemés de plusieurs difficultés.

« Ça serait juste de nommer ce spectacle comme celui qui refuse de mourir parce que ce n’est pas du tout l’original qu’on avait imaginé, mais on a continué et on a fait ce qui nous passionnait », avance Maxime Cayouette.

La majorité des tournages ont eu lieu à l’extérieur. Gracieuseté.

La préparation du spectacle n’aura pas été facile en raison de la pandémie. Les étudiants auront finalement tourné diverses scènes sur Zoom et à l’extérieur.

« Au début, on avait prévu un théâtre ambulatoire au pic de La Laurentienne dans un stationnement. Mais confinement après confinement, on a vu que ça ne marcherait pas… Vers la fin, surtout après le plus récent confinement, on a vu qu’on ne pouvait pas avoir plus que 10 personnes à l’extérieur. On avait alors pensé à filmer le spectacle au TNO, mais pas avec tout le monde en même temps, juste avec les gens pour chaque scène, mais même là, on n’avait même plus le droit d’avoir quelqu’un à l’extérieur », dit Mauricio Campbell-Martinez.

Le spectacle aura lieu vendredi soir, à 19 heures, des billets sont disponibles sur le site internet du TNO. La vente des billets sera remise en bourse aux étudiants.

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