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Transformations en santé: Mulroney et Boileau sur le qui-vive

TORONTO – Le gouvernement Ford s’apprête à dévoiler son important plan pour transformer complètement le réseau de la santé ontarien et améliorer les soins de première ligne. En coulisses, Caroline Mulroney et François Boileau ont discrètement multiplié, chacun de leur côté, les rencontres pour s’assurer, au minimum, du maintien des acquis francophones.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

Caroline Mulroney ne veut pas revivre la crise linguistique de l’automne, où son gouvernement a été accusé par certains d’avoir «attaqué les francophones». Plusieurs sources ont confirmé à #ONfr, une mobilisation de son bureau pour tenter de protéger les acquis francophones dans le milieu de la santé.

«Nous voulons que les francophones participent à la gouvernance d’un système de santé qui fonctionne pour tous les Ontariennes et les Ontariens. Notre gouvernement va continuer à travailler dans ce sens», a indiqué la ministre dans une déclaration envoyée à #ONfr. «L’une de mes priorités est d’améliorer l’accès aux services de santé en français partout en Ontario pour les 1,5 million d’Ontariennes et d’Ontariens qui parlent français», ajoute-t-elle.

Depuis quelques semaines, des acteurs francophones de la santé ont prodigué leurs recommandations pour ce grand chantier. Encore la semaine dernière, des intervenants étaient avec la ministre Mulroney.

Lancez la vidéo de l'entrevue avec Caroline Mulroney.
La ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney. Archives #ONFR

«Par exemple, la ministre Mulroney a rencontré, jeudi dernier, des représentants d’Entité 4, dont le mandat est l’amélioration de l’accès à ces services. Le but de la rencontre était d’échanger avec eux sur les meilleures façons d’atteindre cet objectif et d’apprendre davantage sur leur travail», a confirmé Jessy Robichaud, directeur des communications de Caroline Mulroney.

Caroline Mulroney a partagé le fruit de ses discussions avec le cabinet du premier ministre et la ministre de la Santé et des Soins de longue durée, Christine Elliott. Le message s’est bien rendu à destinataire, reste à voir les décisions qui seront prises par l’influente garde rapprochée du premier ministre, s’entendent plusieurs observateurs interrogés.

Une source gouvernementale affirme que les «francophones ne seront pas perdants, ils devraient même être gagnants» au terme des transformations qui auront lieu. Difficile cependant de dire si cela va se matérialiser avec la survie des six entités de santé francophones, qui conseillent les RLISS, ces réseaux régionaux de la santé. Les réseaux locaux d’intégration des services de santé (RLISS). Ces derniers, rappelons-le, doivent être éliminés et être remplacés par une «méga-structure».

La priorité gouvernementale sera les soins aux patients, insiste cette source. «Les francophones ne doivent pas avoir peur et être méfiants. On ne sera pas plus avancé. On ne veut pas que les gens hésitent à aller chercher des services en français, on veut les encourager à le faire! Le message et le travail qui est fait est positif», indique cette même source. «Le but est de proposer un plan qui se tient pour les francophones dès le départ, plutôt que d’avoir à corriger le tir ensuite. On doit prévenir plutôt que guérir», ajoute-t-on.

La «lentille francophone» a aussi été amenée dans les discussions par Tim Hadwen, sous-ministre adjoint aux services en français au ministère de la Santé et des soins de longue durée.

En parallèle à Caroline Mulroney, François Boileau a aussi multiplié les rencontres, depuis quelques semaines. Me Boileau est peut-être sur ses derniers milles à titre de commissaire aux services en français, mais il croyait primordial de faire entendre sa voix dans le contexte actuel.

«Je ne suis pas là pour mettre une pression publique constante. Mon rôle est de travailler aussi en coulisses. Je pense que dans tout changement structurel, il peut y avoir des risques, mais aussi des opportunités. On ne peut plus empêcher les changements, mais il faut savoir s’insérer dans cette volonté. Le train est parti, mais il faut y attacher les bons wagons», affirme François Boileau.

Selon Me Boileau, ce serait une erreur de se débarrasser des entités francophones. «Il faut renforcer le rôle des entités francophones et le comité consultatif francophone en santé. Nous avons présenté des options, on verra ce qui sera pris», lance Me Boileau.

François Boileau, commissaire aux services en français. Crédit image: Étienne Fortin-Gauthier

S’il a eu accès à bien des intervenants, il avoue sa déception de ne pas avoir pu rencontrer Christine Elliott depuis l’élection de juin 2018. «Maintenant, c’est écrit sur mon front: je m’en vais», laisse-t-il tomber, sachant qu’une rencontre est maintenant improbable.

Le gouvernement Ford doit dévoiler au cours des prochaines heures son plan pour les soins de santé en Ontario. Entre le dépôt du projet de loi et son adoption, des changements pourraient toujours être effectués en fonction des réactions de la population et des groupes interpellés.

 


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