Le nouveau festival se tiendra de vendredi soir, à la Place des Arts, à samedi soir, avec le grand retour du groupe franco-Sudburois Konflit au Collège Boréal de Sudbury. Photo : Carrefour francophone de Sudbury
Culture

Un festival sans nom à Sudbury : la nuit portera-t-elle conseil?

Le nouveau festival se tiendra de vendredi soir, à la Place des Arts, à samedi soir, avec le grand retour du groupe franco-Sudburois Konflit au Collège Boréal de Sudbury. Photo : Carrefour francophone de Sudbury

SUDBURY – Le festival connu auparavant sous le nom de La Nuit émergente revient cette fin de semaine à Sudbury sans nom officiel, dans une formule revisitée qui se veut plus proche des jeunes publics. 

Cette situation s’explique en partie par une demande de l’équipe du festival La Nuit sur l’Étang, qui estimait que l’utilisation du mot « nuit » créait de la confusion auprès du public. Son directeur général, Gino St-Jean, indique que certaines personnes communiquaient avec son organisation pour obtenir des renseignements ou des billets liés à l’autre événement.

« Les gens appelaient La Nuit sur l’Étang pour des billets ou des informations sur La Nuit émergente, alors que ça n’avait rien à voir », explique-t-il quelques jours après que ce rendez-vous incontournable de Sudbury ait tenu sa 52e édition.

Un courriel de courtoisie a donc été envoyé afin de demander de ne plus utiliser cette appellation, ce à quoi le Carrefour francophone de Sudbury, qui organise La Nuit émergente, a répondu favorablement. 

« C’est une lettre bienveillante qui explique le point de vue. Ça créait un peu de confusion parce qu’on utilisait le même mot », affirme Stéphane Gauthier, directeur général et culturel du Carrefour culturel. « De toute façon, on était déjà en réévaluation du festival, donc ça ne donnait rien de s’obstiner. » 

Une transformation en cours

Au-delà de cette question de nom, le festival traverse une période de transformation. Le Carrefour francophone souhaite revoir sa formule et se trouver un nom afin de mieux rejoindre les publics plus jeunes et de s’adapter à l’évolution des habitudes culturelles.

« C’est presqu’un projet pilote. On fait de l’ajustement, on fait de l’adaptation », explique Stéphane Gauthier.

Il ajoute : « Les habitudes ont beaucoup changé en diffusion. On a besoin de trouver une façon de mieux préparer le public de demain, mieux comprendre ses appétits, ses besoins, ses préférences ».

L’événement qui en est à sa 12e édition est ainsi présenté comme une étape de réflexion, au cours de laquelle les organisateurs cherchent à mieux comprendre les attentes du public.

Cette année la programmation met en vedette le groupe franco-sudburois, Konflit, qui fête les 25 ans de son premier album, Hors d’œuvre, et se produira dans la salle Trisac du Collège Boréal samedi soir.

Par et pour les jeunes

La nouvelle orientation du festival repose sur une volonté de s’adresser davantage aux jeunes, notamment aux adolescents. Stéphane Gauthier indique que la démarche consiste à engager un dialogue avec ce public afin de mieux cerner ses intérêts et ses habitudes.

La programmation reflète cette orientation. Historiquement, le festival attirait surtout un public de jeunes adultes, mais la nouvelle formule vise désormais des adolescents, voire des préadolescents.

« On n’a jamais eu des artistes aussi jeunes en résidence », souligne Stéphane Gauthier au sujet des artistes en résidence qui se produiront vendredi soir au Studio Desjardins de la Place des Arts. « Il y a beaucoup de mentorat, beaucoup de travail en amont. »

Certaines activités ont également été pensées pour favoriser les échanges, comme une répétition générale – une première pour le festival – du spectacle de Konflit ouverte à des élèves du secondaire, suivie d’une discussion avec les artistes.

« On commence le dialogue avec le public, parce qu’on va voir quel public on rejoint », explique le directeur. « On veut quelque chose qui soit pour et par les jeunes. »

La Franco-Manitobaine Rayannah assure l’ouverture de la programmation au Pied du Rocher samedi soir puis rejoindra ensuite le trio sudburois Magic Pelvis au Lounge 390 à 22 h 30 pour une séance d’improvisation jazz-rock et psychédélique en clôture de soirée après la prestation de Konflit. Photo : Gracieuseté du Carrefour francophone de Sudbury

Défi de fréquentation

Ce repositionnement répond à des défis concrets en matière de fréquentation. Malgré différentes initiatives mises en place au fil des ans, il demeure difficile d’attirer un nombre suffisant de spectateurs, en particulier dans un contexte francophone minoritaire.

Stéphane Gauthier souligne que les comportements du public ont évolué, notamment en ce qui concerne la décision d’acheter des billets pour des événements culturels.

Il reconnaît,notamment, que l’offre gastronomique proposée lors de précédentes éditions n’avait pas totalement séduit les jeunes : « Pour un festival avec autant d’artistes, c’est un petit peu contraignant si tu ne dépasse pas les 250-300 personnes, tu as besoin de pas mal plus de monde ».

Pour mieux comprendre, l’organisme indique avoir eu des discussions avec les partenaires scolaires pour la suite des choses : « On a déjà eu des propositions et des pistes avec eux qu’on serait peut-être prêt à tester pour effectuer des rapprochements un petit peu plus solides ».

Il évoque également la transformation du profil des jeunes publics, marqués par une diversité accrue et par de nouvelles références culturelles, souvent développées dans les milieux scolaires.

« Les jeunes développent leurs référents culturels entre eux. Ça crée une nouvelle francophonie. »

Cette réflexion s’inscrit dans une période charnière pour le Carrefour francophone, qui prévoit souligner son 75e anniversaire en juin 2026. Plusieurs activités sont en préparation, dont une exposition et la publication d’un ouvrage historique.