Un nouveau PDG maîtrisant le français pour Air Canada
La compagnie aérienne Air Canada est allée recruter en Europe pour se dénicher un nouveau président. Elle a annoncé mardi la nomination d’Anko Van der Werff, qui parle français et était, jusqu’à tout récemment, le dirigeant de Scandinavian Airlines.
Il cumule près d’un quart de siècle dans le domaine aéronautique, lui qui a auparavant travaillé pour Avianca Group et Aeroméxico, mais aussi chez KLM Royal Dutch Airlines (aujourd’hui Air France-KLM) et Qatar Airways.
« C’est un honneur d’être choisi pour diriger cette entreprise canadienne emblématique, alors qu’elle fait progresser ses ambitions et sa stratégie, s’appuie sur sa culture d’entreprise primée et sa proposition de valeur pour les clients, et se prépare à un avenir encore plus prometteur », a souligné Anko Van der Werff dans un communiqué de presse, précisant qu’il déménagera à Montréal, lieu du siège social de l’entreprise.

Originaire des Pays-Bas, le nouveau PDG d’Air Canada parle français, néerlandais et anglais, en plus d’avoir appris l’espagnol, l’italien et le suédois à différents niveaux au cours de sa carrière. La compagnie a d’ailleurs diffusé un message de présentation de M. Van der Werff où il s’exprime parfaitement en français pendant près de trois minutes.
« Le conseil d’administration a été impressionné par la qualité des parcours des hauts dirigeants expérimentés du monde entier qui ont manifesté leur intérêt pour ce poste », a déclaré Vagn Sørensen, président du conseil. « Nous sommes ravis d’avoir attiré et recruté un dirigeant du calibre de M. Van der Werff pour diriger Air Canada. »
Ce dernier entrera en poste d’ici la fin janvier 2027, alors que son prédécesseur Michael Rousseau quittera son poste le 31 août prochain, a annoncé l’entreprise dans un communiqué diffusé mardi matin.
L’annonce du départ de M. Rousseau avait suscité la controverse à la suite de l’enregistrement d’une vidéo de condoléances uniquement en anglais après la mort de deux employés d’Air Canada lors d’une collision à l’aéroport LaGuardia à New York en mars dernier.
Lors d’un discours devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain en 2021, Michael Rousseau avait suscité une vive indignation en s’exprimant presque exclusivement en anglais. Cette intervention avait entraîné un nombre record de plusieurs milliers de plaintes acheminées au Commissariat aux langues officielles du Canada.
Par la suite, le président de la firme canadienne a intensifié l’indignation publique en affirmant qu’il lui avait été possible de résider à Montréal durant 14 ans sans parler le français, un constat qu’il qualifiait d’ailleurs de fait « tout à l’honneur de Montréal ».
Par la suite, ce dernier s’est engagé à apprendre le français, mais en octobre dernier, la compagnie soutenait que son plus haut dirigeant n’avait toujours pas les capacités de s’exprimer dans la langue de Molière.