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Une campagne à saveur anglophone pour l’immigration francophone

La fondatrice de la Passerelle-I.D.É., Léonie Tchatat. Crédit image: Capture d'écran

TORONTO – La Passerelle – I.D.É a lancé, mercredi 25 avril, sa campagne Francophone Immigrant Means qui a pour but de mieux convaincre les employeurs anglophones d’engager des immigrants francophones et bilingues. La campagne a été lancée sous les mots-clés: The candidate you didn’t know you needed, Return on your investissement, Globally connected workforce. Des mots qui ont pour but de faire ouvrir les yeux aux entreprises cherchant des employés bilingues.

PASCAL VACHON
Collaboration spéciale
pvachon@tfo.org 

«Dans les recherches que l’on a faites, les employeurs nous ont dit: on est à la recherche du talent bilingue, mais on ne le voit pas. Or, on a un potentiel francophone, on a des talents bilingues et des immigrants qui arrivent avec beaucoup de potentiel, donc c’est pour réveiller et attirer les employeurs sur le potentiel des immigrants francophones qu’on fait cette campagne», a déclaré la présidente de la Passerelle – I.D.É, Léonie Tchatat.

Cette campagne vise aussi à attirer les employeurs sur le potentiel économique d’engager un immigrant francophone.

«Les employeurs voulaient voir le potentiel. Ils nous disaient: c’est quoi le revenu pour moi? C’est pourquoi, on a développé les thèmes de la campagne autour de ces intérêts-là», souligne la présidente.

L’organisme indique que plusieurs moyens seront mis en oeuvre pour mener cette campagne à bon terme. Par exemple, faire appel à de gros noms, comme Allan O’Dette, le chef du Bureau ontarien des Investissements (BIO), lancer la campagne via les médias sociaux et sur Internet, des bannières publicitaires, des discussions avec des employeurs en plus de la promotion de la campagne via des partenaires et la présence de représentants dans des centres d’emplois.

La campagne Francophone immigrant means et ses objectifs. Gracieuseté: La Passerelle-I.D.E

 

Difficile pour l’employeur et l’immigrant

Un des gros problèmes est que les employeurs ne savent pas où trouver ces personnes, selon l’expérience de l’organisme. À l’inverse, un immigrant qui arrive ici ne sait pas qu’il peut recevoir des services et travailler en français.

«C’est très difficile de leur donner de l’information dès leur arrivée à l’aéroport. C’est pour ça que l’on propose d’avoir une personne à temps plein à l’aéroport Pearson pour accueillir les gens et leur dire qu’ils peuvent aller dans des villes comme Sudbury ou Thunder Bay pour vivre en français. Des fois, ces gens-là ne savent pas que c’est possible de travailler en français en Ontario», explique Guy Lucas, le directeur d’Employabilité et d’Immigration à la Société économique de l’Ontario (SÉO).

«Quand l’immigrant arrive ici, il n’est pas envoyé à la bonne agence. Il est plutôt envoyé du côté anglais et quand ça vient le temps de trouver des services, les gens dans les agences anglophones ne sont peut-être pas au courant des services en français», ajoute le directeur général de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Peter Hominuk.

Pour l’employeur, peu de ressources semblent être disponibles pour savoir qu’il peut bel et bien engager une personne compétente et bilingue.

«Je pense que c’est un manque de connaissance de cette possibilité d’engager des francophones qui arrivent au pays. Des fois, les gens ne sont même pas au courant qu’ils peuvent engager des immigrants. Je sais qu’il y’a plusieurs entreprises qui embauchent des francophones, mais qui ne savent même pas qu’ils sont francophones», croit le directeur général.

Les intervenants dans le milieu de l’immigration francophone expliquent que le processus est parfois trop flou pour un patron ou un immigrant.

«Des fois, les employeurs passent par d’autres canaux de communication pour engager, mais ces canaux ne sont pas forcément en lien avec les communautés francophones», explique Mme Tchatat.

Guy Lucas croit qu’il y’a un manque de cohésion entre les gouvernements fédéraux, provinciaux et municipaux pour coordonner le service d’immigration ontarien.

«Je crois que chacun dans son petit coin, on fait des gros efforts, mais qu’entre nous autres, on n’en fait pas assez pour améliorer l’immigration francophone en Ontario.»

 

En pleine campagne électorale, un hasard?

Le fait que la campagne de la Passerelle – I.D.É soit lancée à quelques jours du début de la campagne électorale est un pur hasard, si on en croit sa présidente.

«Il s’avère que c’est une pure coïncidence, mais s’il peut y avoir un impact durant la campagne, tant mieux!»

Francophone Immigrant Means serait un pas dans la bonne direction pour atteindre la cible de 5 % d’immigration francophone que le gouvernement s’est fixée, insiste M. Hominuk.

«On y arrive un petit pas à la fois. Ce n’est pas aussi vite qu’on voudrait, mais on en train de faire des choses qui vont aider à atteindre le 5 %.»

En ce moment, l’immigration francophone en Ontario se situe aux alentours de 2,2 %.

 

 


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