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Une rentrée incertaine pour l’Université de Sudbury à l’automne

Temps de lecture : 4 minutes

SUDBURY – Alors que la rentrée universitaire de l’automne approche à grands pas, celle de l’Université de Sudbury est de plus en plus hypothétique. L’établissement attend présentement pour l’accréditation de certains de ses programmes, un processus dont on ne connaît pas la date d’issue.

L’Université, qui s’est fait expulser de sa fédération avec La Laurentienne en raison du processus judiciaire avait déclaré vouloir devenir à 100 % francophone en mars dernier. Mais elle doit aujourd’hui obtenir une accréditation pour ses programmes, car elle n’en a techniquement aucun à l’heure actuelle. Sur une rentrée en septembre, le recteur Serge Miville affirme qu’il « ne peut pas fermer la porte aux possibilités, car tout peut arriver à l’intérieur de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies ».

« C’est possible qu’il y ait de quoi comme c’est possible qu’il n’y ait rien. Je ne peux pas vraiment m’avancer. »

Nommé le mois dernier, le tout nouveau recteur avait affirmé vouloir une rentrée en septembre pour les étudiants, mais la date de la fin du processus d’accréditation de chaque programme qui doit passer par la Commission d’évaluation de la qualité de l’éducation pourrait prendre beaucoup comme très peu de temps.

« On a beaucoup de pain sur la planche pour passer à travers cette étape-là et on est en train de mettre les bouchées doubles… Ce n’est pas un processus facile et c’est bon que ça ne soit pas facile. Ce n’est pas n’importe qui qui peut partir une université. La province a un processus rigoureux et des experts vont évaluer ce que l’on a… L’UOF a passé à travers la même chose, et c’est très normal tout ça. »

Pour ce dernier, il ne fait pas de doute que l’université est là où elle devait l’être dans son cheminement depuis qu’il a pris la barre de l’institution à la mi-juin.

« Je savais en tant que recteur que ça faisait partie d’un des processus que l’on devait faire. On est en train de travailler sur ces programmes-là et c’est normal. Le revirement qu’a connu l’Université de Sudbury est probablement le plus redoutable, fulgurant et incroyable, que n’importe quelle autre institution universitaire… En ce qui concerne nos démarches à l’Université de Sudbury, on est en train de suivre ce qu’exige la province par rapport à toutes les institutions et on est très à l’aise à travers ce processus-là. »

Le recteur de l’Université de Sudbury Serge Miville. Gracieusté

« Sur la bonne voie »

S’il admet que le portrait est très incertain pour la rentrée en septembre, Serge Miville demande de la patience aux professeurs et étudiants qui regardent l’établissement du coin de l’œil.

« On fait tout notre possible, mais ce ne sont pas des processus simples et je comprends que les gens sont impatients, mais ça prend un certain moment. Je suis vraiment sûr qu’on va réussir parce qu’on est sur la bonne voie et ce qu’on est en train de développer est crédible, rigoureux et c’est vraiment axé sur le développement des étudiants. »

L’ancien professeur de La Laurentienne indique ne pas avoir parlé encore avec la nouvelle ministre des Collèges et des Universités Jill Dunlop et sa collègue aux Affaires francophones, Caroline Mulroney.

« Je pense qu’elles et tous les acteurs veulent savoir si on peut passer à travers l’étape que toutes les institutions postsecondaires passent au travers », affirme-t-il en parlant de l’approbation des programmes.

« On va monter nos dossiers, on va les soumettre et ensuite on verra ce que va en penser la ministre Dunlop. Lorsqu’on soumet les documents, ça va au bureau de la ministre qui va ensuite décider si elle veut envoyer notre dossier pour passer à travers le processus d’experts indépendants… Rien ne nous indique que ça ne sera pas envoyé à ce stade-ci. Nous, ce qui nous encourage est que le gouvernement fédéral a déjà dit qu’il est prêt à mettre de l’argent sur ça, mais il faut être une solution crédible et on est en train de faire nos devoirs pour pouvoir l’être. »

Mulroney avare de commentaires

De passage à Sudbury mercredi, la ministre des Affaires francophones Caroline Mulroney avance ne pas pouvoir donner de commentaires sur le dossier en raison du processus judiciaire actuel, mais admet avoir parlé du dossier de La Laurentienne et de l’Université de Sudbury avec Jill Dunlop.

« J’ai moi-même eu la chance de lire le plan d’affaires de l’Université de Sudbury qui a été déposé et je sais que Mme Dunlop est aussi en train de l’évaluer. »

La ministre des Affaires francophones Caroline Mulroney était de passage à Sudbury mercredi. Crédit : Pascal Vachon

Cette dernière affirme aussi être en contact « régulièrement » avec la ministre des Langues officielles Mélanie Joly, mais ne pas avoir parlé du dossier des deux universités francophones avec cette dernière depuis l’arrivée en poste de sa collègue responsable du postsecondaire.

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