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La culture franco-ontarienne en 2022 : entre une ouverture attendue et le décès d’une géante littéraire

Temps de lecture : 5 minutes

2022 aura été la bonne pour la Place des Arts du Grand Sudbury qui aura finalement vu le jour après tant d’années de va-et-vient pour les francophones du Nord de l’Ontario. L’année 2022 aura toutefois vu une géante de la culture nous quitter en Marguerite Andersen, la doyenne de la littérature franco-ontarienne pendant plusieurs décennies. ONFR+ vous dresse le constat de l’année 2022 dans le monde culturel de l’Ontario français en cinq faits : une date, un chiffre, une personnalité, un lieu et une citation.

Une date : 1er octobre

Il s’agit de la date du décès de Marguerite Andersen, l’auteure féministe et figure de proue pour l’Ontario français. Celle qui s’est éteinte à l’âge de 97 ans a derrière elle une carrière prolifique d’écrivaine ainsi que d’enseignante à l’international.

Ses oeuvres De Mémoire de femme (1982), Parallèles (2004), Doucement le bonheur (2006), Le figuier sur le toit (2008), La Mauvaise mère (2013) puis La soupe (2015) lui ont notamment fait remporté une série de prix prestigieux et ainsi conforté son statut de « doyenne des lettres franco-ontariennes » ainsi que de « précurseure de l’autofiction », pour reprendre les mots des éditions Prise de Parole.

Mme Andersen est devenue Membre de l’Ordre du Canada en 2016 en plus d’avoir été directrice du Département d’études de lettres françaises de l’Université de Guelph. C’est sans oublier sa contribution à la Chaire d’Études sur les femmes à l’Université Mount Saint Vincent.

L'écrivaine Marguerite Andersen. Crédit image: TFO
L’écrivaine Marguerite Andersen. Crédit image : TFO

Un chiffre : 45 000

C’est le nombre de billets vendus au Festival du film de Windsor (WIFF), qui s’est déroulé sur 11 jours et qui a projeté 331 films au total. Un record sous la direction générale du franco-ontarien Vincent Georgie, suite à deux ans de perturbations pandémique

Vincent Georgie, homme d’affaires à la tête de l’organisation depuis 2013, œuvre à faire rayonner chaque année ce lieu de rassemblement bilingue des adeptes du cinéma du sud de l’Ontario.

Vincent Georgie, directeur général et programmeur en chef du Festival international du film de Windsor (WIFF). Crédit image: WIFF
Vincent Georgie, directeur général et programmeur en chef du Festival international du film de Windsor (WIFF). Crédit image : WIFF

Celui qui travaille parallèlement comme professeur à l’Université de Windsor, a aussi donné des formations à la Fédération de la Jeunesse franco-ontarienne (FESFO), où ce dernier a lui-même développé ses habiletés de leaders, comme il avait mentionné en entrevue avec le TFO. Son dévouement pour le festival offre une visibilité sans pareil pour le cinéma francophone à l’international.

Une personnalité : Mani Soleymanlou

Celui qui succède à Brigitte Haentjens à la direction artistique du Théâtre français du Centre National des Arts à Ottawa a commencé sa saison en force en foulant les scènes des théâtres à travers les différentes communautés francophones d’est en ouest du Canada avec son spectacle Un. Deux. Trois.

Sa pièce, profondément d’actualité, enchaîne trois de ses spectacles emblématiques et questionne l’identité francophone avec un grand I, soit celle qui passe par la langue, le ou les pays d’origine, le genre, la culture, la génération et plus encore. Son vécu personnel s’entrechoque et se confronte à celui de 36 autres interprètes venus de communautés francophones des quatre coins du pays, ce qui instaure une série de débats qui poussent les réflexions sur plusieurs discussions d’actualités.

À noter la présence dans cette distribution d’artistes franco-ontariens de la scène : France Huot, Jean-Marc Dalpé, Danielle Lesault-Farmer, Chloé Thériault, Dillon Orr, Lionel Lehoulier, Ziad Ek, Moriana Kachmarsky, qui ont œuvré à ce qui semble être une étape d’un processus de réconciliation intergénérationnel.

Mani Soleymanlou et ses 36 interprètes viennent de conclure leur tournée pancanadienne avec cette œuvre phare de ce siècle.

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Le directeur artistique du théâtre français du CNA, Mani Soleymanlou. Crédit image : CNA

Un lieu : la Place des Arts du Grand Sudbury

La Place des Arts du Grand Sudbury a longtemps fait partie des rêves de plus d’un Franco-Ontarien. Ce centre culturel francophone aujourd’hui emblématique est le résultat du travail acharné sur 14 ans de la part du Regroupement des organismes culturels de Sudbury (ROCS), réunissant le Salon du livre de Sudbury, le Centre franco-ontarien de folklore, les Éditions Prise de parole, l’événement La Nuit sur l’étang, le Théâtre du Nouvel-Ontario, la Galerie du Nouvel-Ontario et le Carrefour francophone.

Situé au centre-ville de Sudbury, ce dernier a pour mission de centraliser, de rendre accessible et de favoriser le rayonnement de la culture francophone dans la ville. Son ouverture a été décalée à de nombreuses reprises depuis 2010, et c’est en 2022 qu’il a enfin ouvert ses portes.

Cet automne, la Place des Arts a déjà accueilli festivals, concerts, conférences, spectacles et expositions dans sa salle de spectacle de 299 places, sa galerie d’art contemporain, sa boutique, son centre artistique de la petite enfance ainsi que dans son bistro. Le Nord pourra bientôt entre autres assister à l’emblématique festival la Nuit sur l’étang, la pièce de théâtre documentaire à succès Mononk Jules et le spectacle Juste pour rire.

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Photo prise lors de la soirée d’ouverture de la Place des Arts en avril dernier. Archives ONFR+

Une citation

« Je me souviens qu’il y a 15-10 ans, on s’inquiétait de qui allait être la relève et comment elle allait être. Aujourd’hui je le constate plus que jamais, nos communautés ont une résilience incroyable, une volonté de continuer. On trouve des jeunes qui reprennent des flammes et qui continuent dans des conditions qui ne sont pas faciles. »

Ce sont les propos de l’actuel directeur général du Mouvement d’implication francophone d’Orléans (MIFO) Arash Mohtashami-Maali en entrevue avec ONFR+. Après deux ans de pandémie, mais aussi après une certaine période de transition marquée par les années très revendicatrices des années 1970, notamment avec l’émergence de groupes et acteurs culturels comme CANO.

Celui qui est passé par la Maison d’édition L’Interligne ou encore le Conseil des arts du Canada y voit toujours un avenir vivant pour le monde culturel franco-ontarien.

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Arash Mohtashami-Maali. Crédit image : Gilbert Gosselin

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