Qu’est-ce qui a retenu l’attention au niveau de la francophonie canadienne et au fédéral en 2025?
OTTAWA – On revient sur l’année 2025 au Parlement avec une personnalité, une citation, une date, un chiffre et un lieu qui ont marqué l’actualité à Ottawa et dans les langues officielles et au niveau fédéral.
Une date : le 6 janvier
Ce jour-là, Justin Trudeau annonçait sa démission comme chef libéral forçant ainsi la tenue d’une course à la chefferie chez les libéraux, qui a son issue aura amené le pays en campagne électorale. Après près de 10 ans au pouvoir, la démission de Justin Trudeau aura changé la façade de la politique fédérale avec l’arrivée de Mark Carney.

Mais sa démission, tant espérée par Pierre Poilievre – qui se dirigeait alors vers une victoire facile – aura finalement chamboulé l’avenir du chef conservateur, mais aussi celui de son adversaire Jagmeet Singh. Le premier a été défait dans sa propre circonscription par les électeurs, tandis que le second a subi le même sort, en plus de démissionner de son poste de chef néo-démocrate.
Une personnalité : Donald Trump
Jamais un président américain n’aura autant été présent sur la scène politique au Canada que cette année. La guerre tarifaire, la menace du 51e état et l’humeur changeant du président américain envers son voisin du Nord auront transformé l’opinion canadienne, la relation avec les États-Unis étant devenue l’un des enjeux les plus importants aux yeux des Canadiens dans les sondages.
Élu sous la promesse d’obtenir une entente avec les Américains, Mark Carney a plutôt vu le président américain mettre fin aux négociations entre les deux pays, après une publicité de Doug Ford utilisant des propos de Ronald Reagan en opposition aux tarifs. Tout ça alors que 2026 s’annonce l’année de la renégociation de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique.
Un chiffre : 2
C’est le nombre de ministres qui ont occupé le poste de ministre des Langues officielles cette année en seulement quelques mois – Guilbeault et Miller – alors que le total monte à cinq personnes au cours des cinq dernières années. Quand Mark Carney arrive au pouvoir, succédant à Justin Trudeau, son premier cabinet en mars ne compte pas de ministre attitré avec le poste de ministre des Langues officielles. Mais son cabinet après les élections en avril comporte ce rôle de ministre avec Steven Guilbeault.

Ce dernier démissionne avec éclat en novembre, l’ancien ministre de l’Environnement attaquant durement l’absence d’une politique écologique au gouvernement. Quelques jours après son départ, M. Carney annonce le retour d’un ministre de la première heure pour les libéraux, Marc Miller, qui hérite des fonctions aux Langues officielles, mais aussi à la Culture.
Une citation : « C’est évident que mon français est loin d’être parfait », Mark Carney
Le français du premier ministre aura fait l’objet de critiques autant en campagne électorale que durant les derniers mois. Depuis son entrée sur la scène politique, il est parfois arrivé que certaines affirmations dans la langue de Molière de l’ancien banquier nuisent à la compréhension de son propos.
Si la maîtrise de l’une des deux langues officielles du pays de ce dernier s’est améliorée depuis son arrivée sur la scène politique, il a admis encore récemment que son français devait s’améliorer.
À l’automne, Radio-Canada a mesuré que le français représentait environ 17 % du temps de parole du premier ministre, l’anglais étant majoritaire. Par la suite, on a appris que ce dernier n’avait pas de professeur de français depuis plus de deux mois, après avoir suivi près d’une dizaine d’heures de cours durant l’été.
Un lieu : Battle River-Crowfoot
Cette région de l’Alberta aura marqué une année difficile pour Pierre Poilievre qui était pourtant pressenti à pareille date l’an dernier pour devenir le prochain premier ministre. Perdant à l’élection générale face à Mark Carney, il a aussi subi une double défaite en échappant la même soirée son comté de Carleton en banlieue d’Ottawa qu’il détenait pourtant depuis 2004.
Le chef conservateur s’est alors tourné vers la circonscription de Battle River-Crowfoot en Alberta pour revenir au Parlement, mais pour ce faire, il a eu besoin de la démission de son député Damien Kurek qui lui a laissé sa place.

Les derniers mois ont été particulièrement ardus pour le chef conservateur, qui a vu deux de ses députés rejoindre les libéraux (Chris d’Entremont et Michael Ma), écorchant son leadership au passage. Il faut aussi noter la démission de Matt Jeneroux, qui avait également eu des discussions avec Mark Carney pour rejoindre les rangs libéraux. Le chef conservateur fera face à une révision de son leadership le 29 janvier prochain.