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Front commun de l’opposition pour une Université de Sudbury « par et pour »

Temps de lecture : 3 minutes

TORONTO – Devant la stagnation du dossier, les députés Jamie West et Amanda Simard ont demandé des comptes au gouvernement Ford, ce mardi à Queen’s Park, réclamant que des discussions s’enclenchent sans plus attendre avec la direction de l’établissement et que les fonds fédéraux destinés au postsecondaire en français soient utilisés par la province avant qu’il ne soit trop tard. Hors de question pour la majorité, tant que la procédure judiciaire avec l’Université Laurentienne suivra son cours.

« Quand le gouvernement va-t-il rencontrer les dirigeants de l’Université de Sudbury », a questionné en chambre le député néo-démocrate, Jamie West, évoquant « une communauté ignorée » dans le Nord-Est et qui « fait face à beaucoup de stress depuis que l’Université Laurentienne s’est déclarée en faillite ».

Rappelant le combat des francophones pour obtenir des écoles par et pour eux, l’élu de Sudbury a décrit une communauté qui parlait d’une seule voix : « Elle veut que l’Université de Sudbury devienne par, pour et avec les francophones. Allez-vous faire cela ? »

Sa question s’est heurtée à une fin de non-recevoir. Décrivant une situation inquiétante, la ministre des Affaires francophones a réédité des propos semblables à ceux tenus lors du congrès annuel de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO). «  Nous travaillons avec le ministère des Collèges et Universités pour assurer la pérennité de la programmation postsecondaire francophone dans le Nord », a assuré Caroline Mulroney.

Jamie West, député néo-démocrate de Sudbury. Source : Assemblée législative de l’Ontario

« Comme cette affaire est toujours devant les tribunaux, il serait inapproprié de commenter davantage mais notre gouvernement reconnaît l’importance de la gouvernance par et pour les francophones », a-t-elle déclaré. « Un membre du gouvernement ne pas commenter une situation qui est devant les tribunaux », promettant «  un plan une fois que la Laurentienne sera sortie de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC) ».

« Cette règle ne s’applique pas dans ce cas », a rétorqué la députée libérale Amanda Simard. « Ce n’est pas l’Université de Sudbury qui est devant les tribunaux, c’est l’Université Laurentienne. Une fois pour toutes : quand le gouvernement va-t-il accepter le financement public de l’Université de Sudbury et pourquoi le gouvernement se cache-t-il derrière une règle qui ne s’applique pas dans cette situation ? »

La ministre Mulroney s’est défendue de ne pas agir dans le dossier du postsecondaire en positionnant son gouvernement dans l’action, notamment à Toronto avec la mise sur pied de l’Université de l’Ontario français (UOF) et dans le Nord avec l’autonomisation de l’Université de Hearst.

Des fonds fédéraux non utilisés pour le postsecondaire en français

Pour Amanda Simard, rester au point mort joue contre le financement du postsecondaire puisque l’Ontario pourrait bénéficier de fonds fédéraux, Ottawa consacrant 121 millions de dollars à l’appui de l’éducation postsecondaire des communautés de langue officielle en situation minoritaire.

Pour avoir accès à ces fonds, les gouvernements provinciaux avaient jusqu’au15 octobre dernier. « L’Ontario n’a toujours rien soumis, alors que nos universités demandent très clairement pour cette aide. Ce n’est pas la première fois que ce gouvernement laisse des millions de dollars du fédéral sur la table », a déploré Mme Simard, pressant la ministre à agir.

« C’est notre gouvernement qui a eu un partenariat avec le fédéral pour mettre sur pied finalement l’UOF, une revendication de près de 40 ans de la communauté francophone », a répondu Mme Mulroney. « Ce n’est pas le gouvernent libéral qui l’a fait. C’est notre gouvernement. On va continuer d’être à l’écoute de la communauté pour être prêt quand la Laurentienne sortira de la LACC. »

Caroline Mulroney, ministre des Affaires francophones. Source : Assemblée législative de l’Ontario

Après la faillite de l’Université Laurentienne et la dissolution de l’entente de fédération qui la liait à elle, l’Université de Sudbury est devenue indépendante en septembre dernier, via une résolution actant son statut laïc. Elle a désormais besoin du soutien du gouvernement, en termes de financement, afin de parachever sa transformation d’établissement bilingue en établissement francophone.

Un tel changement impliquerait le transfert des programmes en français de La Laurentienne vers l’Université de Sudbury, un scénario contre lequel le recteur de La Laurentienne, Robert Haché, s’élève. « Si on transfère un autre 25 % de nos programmes, notre université va échouer », affirmait-il au micro d’ONFR+ en septembre dernier.

Des dirigeants des deux institutions sudburoises ont participé, jeudi dernier à Sudbury, à une activité de levée de fonds de Parti progressiste-conservateur afin de tenter d’influencer la décision du gouvernement et tirer la couverture en faveur de leur établissement. Doug Ford et sa ministre en charge du dossier, Jill Dunlop, étaient présents.

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