Passer au contenu Passer au pied de page

Masques N95 : l’Hôpital Montfort assure « se conformer en tout temps »

Temps de lecture : 4 minutes

OTTAWA – En proie à quatre éclosions déclarées dans la même semaine, l’Hôpital Montfort affirme avoir respecté toutes les directives de santé publique et dément les allégations du personnel liées à l’absence de masques N95 dans les chambres de malades atteints de COVID-19 et sous respirateur Airvo, au cours des jours qui ont précédé les premiers cas positifs détectés. Santé publique Ottawa enquête sur l’origine des éclosions.

La direction est catégorique : « Les membres de nos équipes ont accès à des masques N95 en tout temps » et ses « inventaires sont amplement suffisants pour répondre à la demande de nos équipes ».

La veille, des membres du personnel ont rapporté à ONFR+ n’avoir pas eu accès à des masques N95 au contact de patients contaminés sous respirateur Airvo et s’être fait dire qu’ils n’étaient pas nécessaires. Ils auraient alors porté seulement des masques chirurgicaux. L’incident aurait perduré plusieurs jours, peu avant que ne se déclenche une série de quatre éclosions déclarées sur trois niveaux : le 6C, le 4CR, le 4A et le 3C.

Hors, ces masques N95 sont reconnus efficaces contre les particules de COVID-19 en suspension provoquées par l’usage de tels respirateurs dont l’une des actions est d’humidifier l’air.

« Aucun lien n’a été établi entre une transmission et l’utilisation des machines Airvo » – Direction de l’hôpital

« Jusqu’à maintenant, aucun lien n’a été établi entre une transmission et l’utilisation des machines Airvo », insiste un porte-parole de l’hôpital ottavien qui mène des enquêtes épidémiologiques dans le but d’identifier les sources probables pour les différentes éclosions.

Santé publique Ottawa a, dans le même temps, confirmé à ONFR+ participer à ces enquêtes et appuyer la gestion des éclosions en collaboration avec le service de prévention et de contrôle des infections de l’Hôpital Montfort. Ce service aurait été alerté par le personnel sur l’incident, mais il ne nous a pas été possible de connaître les suites données ou non à cette alerte.

L’hôpital travaille à rétablir le niveau «  zéro éclosion »

La direction de l’hôpital affirme travailler à rétablir un niveau «  zéro éclosion » et se « conformer en tout temps  » aux directives du ministère de la Santé de l’Ontario en matière de protection et de promotion de la santé, incluant la Directive 5.

Selon cette directive, qui impute à l’employé la responsabilité d’évaluer le niveau de protection individuelle approprié, le port du masque N95 est requis avant de débuter toute procédure ayant le potentiel de générer des aérosols, ce qui est le cas en entrant dans une chambre où une machine Airvo fonctionne.

Le porte-parole soutient que des mesures ont été mises en place « dans les derniers jours », parmi lesquelles deux cliniques de dépistage de la COVID-19, des patients hospitalisés placés en isolation et la suspension des visites, sauf pour des raisons exceptionnelles ou essentielles.

Des membres du personnel ont indiqué à ONFR+ que de telles mesures avaient bien été mises en place, y compris l’accès aux masques N95 et la fermeture des chambres, mais après le signalement des premiers cas, trop tard selon eux pour éviter la propagation du virus.

Un syndicat exige la révision de la Directive 5

De son côté, Michael Hurley, le président Conseil des syndicats d’hôpitaux de l’Ontario (OCHU/SCFP) demande au médecin hygiéniste en chef de l’Ontario de mettre à jour cette Directive 5 sur l’équipement de protection individuelle (EPI) pour garantir que tous les personnels des hôpitaux soient protégés au maximum.

« Les agents de santé doivent bénéficier du niveau de protection le plus élevé, compte tenu des preuves de transmission aérienne, et toutes les barrières à l’accès doivent être supprimées. Des masques N95 doivent être fournis à tous les travailleurs de la santé qui travaillent dans des zones où il y a des patients COVID-19 confirmés, suspects ou probables, quelle que soit la distance. »

« Les agents de santé doivent bénéficier du niveau de protection le plus élevé » – Michael Hurley

Selon le leader syndical, il est inconcevable que du personnel en Ontario ne dispose pas de tels masques. Les cas parmi le public et le personnel de santé ont atteint des niveaux sans précédent en Ontario, fait-il valoir, alors que la province ne fait pourtant plus face à une pénurie d’équipement de protection individuelle (EPI) comme il y a un an.

« La production nationale de N95 est désormais une réalité à l’usine 3M de Brockville. Malgré cela, l’Ontario a refusé le niveau de protection le plus élevé pour ses travailleurs de la santé de première ligne et a plutôt passé plus d’un an à nier l’existence de la transmission par aérosol. (…) Nous sommes dans les affres de la troisième vague de la pandémie, qui se révèle encore plus dangereuse que les deux premières en raison de la propagation rapide des variants, et pourtant aucun effort n’a été fait pour protéger les travailleurs de la santé. »

Concernant les congés payés, l’Hôpital Montfort réfute que des employés se retrouvent dans des situations de congés sans solde, à cause d’une absence liée à une contamination. « Montfort a réactivé – depuis octobre 2020 – sa politique offrant des congés payés aux employés qui doivent s’absenter en lien à la COVID-19. Cette politique est toujours en vigueur, peu importe que leur poste soit à temps plein ou à temps partiel. »

Au cours de l’année précédente, sept autres éclosions de COVID-19 se sont produites au sein de l’hôpital ottavien en avril, septembre, octobre et novembre 2020, selon les données de Santé publique Ottawa. L’hôpital n’avait pas connu d’éclosion depuis janvier dernier.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le vendredi 30 avril, à 13h.

Vous aimez ? Faites-le nous savoir !
+4