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Sudbury : vers un comité consultatif pour renforcer les services en français 

La municipalité devrait bientôt avoir un comité consultatif pour évaluer les services en français. Photo: Inès Rebei/ONFR

SUDBURY – La Ville du Grand Sudbury prévoit mettre sur pied un comité consultatif afin de guider l’amélioration des services en français pour ses citoyens, a appris ONFR. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la révision de sa politique sur les services en français, dont la version finale devrait être présentée au conseil municipal en 2026.

Selon le maire, Paul Lefebvre, ce comité pourrait jouer un rôle clé dans l’identification des besoins de la communauté et dans la formulation de recommandations concrètes. 

« Nous voulons nous assurer que l’offre de services soit accessible et efficace. Le comité pourra nous aider à mieux comprendre les défis rencontrés sur le terrain », souligne M. Lefebvre.

Le comité devrait notamment s’intéresser à l’offre active des services en français, à l’orientation des documents municipaux et à la désignation des postes bilingues, mais ses objectifs précis restent à définir. 

« Quand on crée des comités ou des panels, il faut s’assurer de savoir quels résultats on recherche. Est-ce que le comité servira à faire valoir certaines plaintes pour améliorer les services, ou aura-t-il un autre rôle? Il faut définir clairement les objectifs et les buts tangibles afin d’assurer que le comité puisse réellement contribuer à l’amélioration de l’offre de services », fait-il remarquer.

Le maire espère que le comité pourra être mis en place dès le printemps prochain, parallèlement à la finalisation de la politique sur les services en français.

Vers un bilinguisme officiel?

L’ACFO du Grand Sudbury, qui milite depuis longtemps pour le bilinguisme officiel de la Ville, se montre favorable à cette initiative, tout en soulignant que la pérennité du comité dépendra de son inscription claire dans la politique. 

« Il est important que ces initiatives soient redevables et ne dépendent pas uniquement de la bonne volonté des personnes en poste. Sinon, chaque changement de personnel risque de ralentir les progrès », affirme la directrice générale, Joanne Gervais.

« Il y a encore beaucoup de travail à faire avant d’adopter une telle déclaration »
— Paul Lefebvre

L’organisme continue également de souhaiter que Sudbury, où près du quart ( 22,5 % ) de la population a le français comme première langue officielle parlée, se déclare officiellement bilingue, comme Ottawa ou Moncton. 

Un tel statut impliquerait que tous les documents, services et conseils municipaux soient accessibles en français et en anglais, et que les postes clés soient occupés par des employés bilingues. 

« La Ville offre déjà des services dans les deux langues à un certain niveau. Il y a encore beaucoup de travail à faire avant d’adopter une telle déclaration. On doit clarifier ce que ça changerait concrètement et définir ce que ça veut dire pour les résidents du Grand Sudbury », répond, de son côté, l’élu francophone.

Désignation des postes bilingues

Concernant la suggestion de désigner l’ensemble des postes comme bilingues, une autre demande de longue date de l’ACFO, le maire a expliqué que la Ville est une « boîte avec des conventions collectives qu’on doit respecter » et qu’« ajouter une telle exigence devrait être négocié dans la prochaine convention collective ».

Actuellement, la Ville a des postes désignés bilingues là où il y a la plus grande interaction avec le public, ce qui n’est pas sans défi.

« Le défi, c’est qu’il n’y a pas beaucoup de gens bilingues qui appliquent sur ces postes-là. La demande n’est pas là, et ça rend ça difficile à combler. »

Paul Lefebvre est le premier maire franco-ontarien de Sudbury depuis 1982. Photo : Archives ONFR

Une deuxième vague de consultations

Adoptée en 2001, la politique actuelle sur les services en français de la Ville fait l’objet d’une révision afin de mieux répondre aux besoins des citoyens. 

En 2023, la Ville a entamé des consultations et recueilli des données auprès des résidents et du personnel municipal, donnant ainsi naissance à une version révisée provisoire de la politique qui n’avait pas fait l’unanimité.

Un sondage réalisé à l’interne auprès de 153 employés municipaux a démontré que 62 % des répondants parlent français et que 50 % souhaiteraient suivre des cours pour améliorer leurs compétences. 

Si les services de première ligne, notamment le 311, semblent répondre aux attentes, ce n’est pas le cas pour des services spécialisés, comme les cours de natation en français qui ne sont garantis que dans certaines installations.

La deuxième vague de consultation, qui a lieu jusqu’au 12 décembre, vise à approfondir les discussions, notamment sur l’offre active des services en français, la communication bilingue et la désignation des postes bilingues. 

« Le prochain défi, ce n’est plus tant les services de première ligne, mais d’assurer que nos documents écrits, nos rapports et nos communications soient disponibles dans les deux langues », conclut le maire.