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Vague de solidarité envers les Franco-Ontariens

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OTTAWA – Les réactions aux décisions du gouvernement de Doug Ford envers les Franco-Ontariens ont largement dépassé les frontières de la province. Les critiques sont nombreuses envers le premier ministre et les progressistes-conservateurs.

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

Il n’y a pas eu que la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada pour prendre la parole en fin de journée, jeudi, et voler au secours des Franco-Ontariens, après l’annonce de l’abolition du Commissariat aux services en français et l’abandon du projet de l’Université de l’Ontario français.

Dans la province voisine, plusieurs médias québécois ont couvert la nouvelle et le premier ministre, François Legault, s’est fendu d’un commentaire à Radio-Canada.

«Je souhaite qu’on protège le français en Ontario autant que possible», a-t-il indiqué.

L’ancienne députée provinciale québécoise, Fatima Houda-Pépin, a rapidement pris la parole sur Twitter.

«Larguer le Commissariat aux services en français et le projet d’université francophone par @fordnation est un recul considérable pour toute la Francophonie canadienne. Solidarité avec les communautés franco-ontariennes. Debout pour vos droits!»

Le député de Québec solidaire, Sol Zanetti, juge que la situation en Ontario justifie un projet souverainiste.

«Attaquer la francophonie n’est pas de l’histoire ancienne au Canada. Pour que le fait français ait un avenir en Amérique du Nord, il faudra fonder pays. Un pays qui, lui, respectera ses minorités linguistiques. Solidarité avec nos frères et nos sœurs Franco-Ontarien.nes.»

 

Inquiétude au Nouveau-Brunswick

Plus à l’Est, le directeur général de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick, Ali Chaisson, a dénoncé ce qu’il juge comme une marque de populisme.

«Donc au Canada, les populistes n’aiment pas: 1 – les francophones; 2 – les enfants; 3 – la communauté LGBTQ; 4 – les immigrants; 5 – l’environnement; 6 – … j’en manque?», interroge-t-il.

L’avocat acadien spécialiste des droits linguistiques, Michel Doucet, dit craindre que l’Ontario n’influence le nouveau gouvernement progressiste-conservateur de Blaine Higgs.

«J’ai vraiment peur que le Nouveau-Brunswick fasse la même chose. Si c’est le cas, on se retrouvera devant les tribunaux… une autre fois… c’est une promesse.»

De son côté, l’ancienne ministre provinciale acadienne, Francine Landry, dénonce des «coupures inconcevables dans les Services en français en Ontario!!!»

«Espérons que cela ne nous arrive pas ici au NB. Madeleine Meilleur et Marie-France Lalonde doivent être sans voix!!!»

 

Colère et solidarité ailleurs

Dans le reste du pays, organismes et citoyens se sont aussi manifestés.

«La SFM [Société de la francophonie manitobaine] se joint au message de solidarité de la FCFA adressé à l’AFO [Assemblée de la francophonie de l’Ontario] et nos amis de la communauté franco-ontarienne. Les attaques récentes au Nouveau-Brunswick et celle-ci en Ontario sont des attaques sur nous tous! Nous sommes là avec vous!», a gazouillé le directeur de la SFM, Daniel Boucher.

Le doyen de la Faculté des Arts et la Faculté des sciences de l’Université Saint-Boniface, ancien professeur au collège universitaire Glendon de l’Université York, à Toronto, Alexandre Brassard salue le travail et le leadership du commissaire aux services en français.

«Les gens de Saint-Boniface connaissent @BoileauF [François Boileau, le commissaire aux services en français] et se souviennent de son leadership au Programme de contestation judiciaire du Canada, ici à Winnipeg. Me Boileau continue d’inspirer toute la francophonie et le Commissariat aux services en français est vital pour la dualité linguistique du pays.»

En Saskatchewan, le président du Conseil scolaire fransaskois (CSF) Alpha Barry, juge la situation déplorable.

«C’est triste et déplorable! Toute une histoire effacée d’un revers de la main».

 

La fin d’un modèle pour les Anglo-Québécois

La réaction a même dépassé le cadre de la francophonie canadienne. L’organisme porte-parole des Anglo-Québécois, le Quebec Community Groups Network (QCGN), a émis un communiqué dans lequel il «condamne la décision du gouvernement conservateur de l’Ontario d’abolir le Commissariat aux services en français et d’annuler les plans visant la création d’une nouvelle université de langue française».

«Le QCGN considérait l’Ontario comme un modèle dans sa façon de traiter les communautés de langue officielle en situation minoritaire», a déclaré le président de l’organisme, Geoffrey Chambers. «L’un de ces importants piliers qui protégeait les droits et les intérêts des Franco-Ontariens a été aboli par le gouvernement Ford. Il s’agit d’un revers pour le développement et la vitalité des Franco-Ontariens et de toutes les communautés linguistiques en situation minoritaire partout au Canada.»

Les réactions ont même traversé la frontière, puisqu’aux États-Unis, Télé-Louisiane s’est également exprimé par un gazouillis.

«Solidarité totale avec nos camarades franco-ontariens! Les discriminations linguistiques ont une longue histoire en Amérique du Nord, mais nous ne lâcherons jamais.»

 


POUR EN SAVOIR PLUS:

Le jeudi «noir» de l’Ontario français

Doug Ford met fin au rêve de l’Université de l’Ontario français

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Benjamin Vachet
Benjamin Vachet
bvachet@tfo.org @BVachet

Originaire de France, Benjamin Vachet vit au Canada depuis plus de douze ans. Titulaire d'un baccalauréat en Administration économique et sociale et d'une maîtrise de journalisme, il a commencé sa carrière en France, avant de la poursuivre au Canada. Il a travaillé pour les hebdomadaires Le Reflet, puis L’Express Ottawa et pour la radio francophone d’Ottawa, Unique FM. Il a rejoint le Groupe Média TFO en 2014. Passionné de politique ontarienne, fédérale et internationale, Benjamin cumule plus de treize années d’expérience en presse écrite, radio et télévision.