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Bilan 2020 : Queen’s Park dans le tourbillon de la pandémie

Temps de lecture : 4 minutes

Ce devait être une année de redressement des comptes publics et de faste économique. 2020 été une descente aux enfers. Tout avait pourtant bien commencé avec un accord scellé entre le gouvernement et les syndicats d’enseignants, mettant fin à des mois de crise, mais la COVID-19 a bouleversé la donne.

UNE PERSONNALITÉ

Stephen Lecce

Le plus jeune ministre du gouvernement n’a cessé d’occuper le devant de la scène en 2020, de la conclusion des conventions collectives des enseignants à la gestion de crise sanitaire dans les écoles, il est monté inlassablement au front pour défendre les positions conservatrices.

Fermées de mars à septembre, les écoles ont ensuite été rouvertes avec un arsenal de mesures de distanciation et le libre choix laissé aux parents d’opter pour un apprentissage à distance ou en classe.

Le ministre de l’Éducation Stephen Lecce. Archives ONFR+

Personnalité clivante, cible récurrente de l’opposition, des syndicats, des représentants des parents d’élèves, Stephen Lecce s’est révélé être un atout dans le jeu de Doug Ford, intervenant systématiquement dans les conférences de presse, chaque fois que les arbitrages en éducation étaient attaqués, que ce soit sur la taille des classes inchangée au palier élémentaire ou la sécurité des enseignants.

Mais ses méthodes ont agacé, notamment sa façon toute particulière d’« annoncer sans concerter » que les syndicats n’auront de cesse que de fustiger tout au long de l’année.

Une date

17 mars 2020

Entouré de la solliciteuse générale ainsi que des ministres de la Santé et des Finances, Doug Ford apparaît devant les caméras au petit matin : « Je déclare l’état d’urgence en Ontario », annonce, sur un ton solennel, le premier ministre.

Cinq jours après le Québec, l’Ontario plonge à son tour dans le confinement : écoles, entreprises, commerces et lieux publics se vident. La veille, la frontière avec les États-Unis a été fermée aux déplacements non-essentiels, d’un commun accord entre Ottawa et Washington.

Le premier ministre Doug Ford, lors de la conférence de presse, mardi 17 mars 2020. Crédit image : Étienne Fortin-Gauthier

Justifiée par la tournure que prend la pandémie, l’état d’urgence octroie au gouvernement Ford des pouvoirs élargis. Entre mars et juillet, le gouvernement ne prendra pas moins de 47 décrets d’urgence (fermeture de commerces, limitation des rassemblements, etc.).

Un chiffre

38,5 milliards

L’addition est salée. La province a creusé son déficit comme jamais elle ne l’a fait au cours de toute son histoire, pour atteindre 38,5 milliards. Les finances sont exsangues. La lutte contre la COVID-19 a siphonné les coffres qui accusaient déjà un solde négatif de 15 milliards, un cadeau du précédent gouvernement libéral.

Le ministre des Finances, Rod Phillips. Archives ONFR+

Face au désastre sanitaire qui a mis en lumière le manque de moyens des foyers de soins de longue durée, des hôpitaux et des écoles, le gouvernement n’a pas d’autre choix que de faire passer la santé devant l’économie, tout en préparant tant bien que mal la relance, à coût d’investissement dans l’infrastructure.

L’aide fédérale injectée massivement via la subvention salariale, la prestation canadienne d’urgence et d’autres programmes aura tout de même permis à la province de s’en sortir à bon compte. 97 % de l’aide aux Ontariens provenait d’Ottawa, tandis que l’Ontario s’enfonçait dans controverse des 6,7 milliards de fonds fédéraux non alloués.

Un lieu

London

Dans l’ombre de la tragédie Régis Korchinski-Paquet, qui a ému et révolté les Ontariens, descendus massivement dans les rues de Toronto, Ottawa et London au printemps, ONFR+ mettait à jour un drame très similaire. Le Franco-Ontarien d’origine congolaise Caleb Tubila Njoko, lui aussi, est décédé en chutant d’un immeuble durant une intervention policière.

Intervenu trois semaines avant celui de Toronto, le drame de London a scandalisé la classe politique, dans un climat généralisé de soulèvement populaire contre le racisme systémique et pour le « définancement » de la police.

Le francophone de London, Caleb Njoko. Crédit image : photomontage ONFR+

« Lorsque les Noirs appellent la police, ils ne devraient pas finir morts », dira la néo-démocrate Jill Andrew. « Les Noirs ont raison de craindre la police », surenchérira la libérale Mitzie Hunter, les deux députées torontoises appelant à repenser les services de police et à investir correctement dans la santé mentale.

La réponse du gouvernement ontarien au mouvement Black Lives Matter sera une rallonge de 12 millions de dollars pour la formation des policiers et le counselling en ligne en santé mentale.

Une citation

« Ce budget est une trahison »

La réplique de Steven Del Duca, le chef du Parti libéral de l’Ontario, a résonné à Queen’s Park après la présentation du budget de l’Ontario, en novembre dernier. Très discret durant le début de la pandémie, l’ancien député a musclé ses attaques contre le gouvernement Ford dans les derniers mois de l’année.

Dans la ligne de mire de l’ancien ministre du Développement économique et de la croissance de Kathleen Wynne : l’hécatombe dans les foyers de soins de longue durée, les conséquences de la récession sur les plus vulnérables et les salles de classe trop pleines.

Aux yeux des libéraux, le premier ministre a choisi de récompenser ses amis plutôt que de protéger les Ontariens et de préparer la relance économique pour sortir la province du gouffre.

Le chef du Parti libéral de l’Ontario, Steven Del Duca. Archives ONFR+

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