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Embrun inaugure le 16e monument de la francophonie ontarienne

L'inauguration du 16e monument de la francophonie de l'Ontario, à Embrun. Crédit image: Benjamin Vachet

EMBRUN – Quatre ans après Hawkesbury, la municipalité du Canton de Russell a inauguré à Embrun un 16e monument de la francophonie, ce mardi. Et d’autres pourraient prochainement voir le jour.

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

«Chez nous aussi on voulait avoir notre drapeau qui flotte haut, fièrement, pour montrer qu’Embrun est une région très francophone. On voulait laisser aux générations actuelles et aux suivantes cette marque de notre fierté pour notre langue et notre culture», explique un des représentants du comité des bâtisseurs du monument de la francophonie d’Embrun, Daniel Pierre Bourdeau.

Depuis deux ans, ils sont une dizaine de personnes à travailler bénévolement sur ce projet. Une de ces bâtisseuses, Rachel Laplante, originaire de Crysler, peine à cacher sa fierté de voir le monument voir le jour.

«C’est le plus beau monument!», sourit-elle. «Aujourd’hui, on célèbre notre belle langue française. C’est un monument qui rassemble le monde, qui montre aux jeunes l’importance de notre langue française. Il faut continuer à la vivre et que nos enfants le fassent aussi.»

Un premier lever du drapeau pour le monument de la francophonie d’Embrun. Crédit image: Benjamin Vachet

Son voisin, René Pouliot, est venu d’Orléans pour assister à cette inauguration sur le terrain de la Caisse populaire Nouvel Horizon, au milieu de près de quelque 500 personnes, selon les organisateurs, et ce malgré le froid.

«Je pense que c’est important d’avoir de tels monuments. Je suis natif de Sherbrooke, au Québec, et trouve toujours étonnant de voir à quel point les gens ne savent pas qu’il existe des communautés francophones à l’extérieur du Québec, il faut le faire voir et le faire vivre!»

 

Des dons au-delà des estimations

Le concepteur et dessinateur du monument, Gilles Davidson, explique avoir voulu rendre hommage à l’histoire d’Embrun en incorporant plusieurs éléments comme la charrue et le canot, qui ont permis aux premiers francophones installés dans la région d’y survivre et d’y bien vivre, dit-il. Il a également voulu souligner le double visage d’Embrun, rural et urbain, tout en insistant sur l’aspect chaleureux et accueillant de cette communauté de l’Est ontarien.

Gilles Davidson expliquant le monument de la francophonie d’Embrun. Crédit image: Benjamin Vachet

«Ça sera notre endroit pour nous retrouver et célébrer des événements importants dont le 25 septembre, pour la Journée des Franco-Ontariennes et de Franco-Ontariens. Ce sera aussi une façon à nous de partager toute notre histoire. Sur chacune des plaques, on retrouve l’histoire de notre drapeau, la chanson du 125e de notre village et tout l’aperçu de notre histoire économique, sociale et culturelle», précise M. Bourdeau.

Initialement, le projet avait été estimé à 200 000 $. Mais ce mardi, le comité indique avoir atteint le cap de 400 000 $ recueillis auprès de la communauté.

«Les gens veulent laisser en héritage leurs noms sur ce monument. Ils sont très fiers», se félicite M. Bourdeau.

C’est notamment le cas de la députée provinciale de Glengarry-Prescott-Russell, Amanda Simard.

«C’est vraiment spécial pour moi, parce qu’ici c’est chez nous! Je suis née et j’ai grandi ici. Je vis encore ici. On prend notre place. C’est un beau legs!», a-t-elle commenté.

La députée provinciale de Glengarry-Prescott-Russell, Amanda Simard. Crédit image: Benjamin Vachet

 

D’autres projets en cours

Le premier monument de la francophonie en Ontario a été inauguré, en 2006, au Centre éducatif du Conseil des écoles catholiques de langue française du Centre-Est (CECECLF). Avec celui d’Embrun, on en dénombre désormais seize. Hormis celui du Collège Boréal et de l’école secondaire catholique Sacré-Cœur, à Sudbury, la majorité de ces monuments se concentre toutefois dans l’Est ontarien.

Pour le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Carol Jolin, de tels monuments ont leur importance.

«C’est une façon de dire qu’on est passé ici, qu’on est ici et qu’on va continuer à y rester. Un projet comme ça, c’est rassembleur dans une communauté.»

Le monument d’Embrun ne devrait pas être le dernier à voir le jour dans la région. Comme le révélait récemment #ONfr, St-Albert devrait également inaugurer le sien en septembre 2019, sur le site de la Fromagerie St-Albert, soulignant ainsi le 125e anniversaire de la coopérative franco-ontarienne.

La municipalité d’Alfred-Plantagenet serait de son côté en réflexion, alors qu’à Pembroke, les choses ont peu avancé, même si la communauté étudie la possibilité d’installer un mât et un drapeau pour souligner sa présence.

Dans le Sud de la province, Windsor espère inaugurer son monument de la francophonie à l’automne 2019, en face de l’église Notre-Dame de l’Assomption à l’Est du pont Ambassador.

«Je crois qu’on est en train de redonner un nouvel élan à d’autres communautés. Mais ce sont de grands projets et c’est très coûteux», reconnaît M. Bourdeau. «Le plus important, c’est d’avoir un mât avec un drapeau qui représentent que c’est une communauté où il y des francophones fiers de leur langue et culture.»

 

Le 17e monument à Queen’s Park?

À noter que le monument inauguré à Queen’s Park, le 25 septembre dernier, ne fait pas partie de la liste des monuments de la francophonie de l’Ontario. Le président de l’AFO invite le gouvernement à en faire la demande. La députée Amanda Simard n’a pas fermé la porte à cette possibilité, lorsqu’interrogée par #ONfr.

 


POUR EN SAVOIR PLUS:

Monuments de la francophonie: où en sont les projets?

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Benjamin Vachet
Benjamin Vachet
bvachet@tfo.org @BVachet

Originaire de France, Benjamin Vachet vit au Canada depuis plus de douze ans. Titulaire d'un baccalauréat en Administration économique et sociale et d'une maîtrise de journalisme, il a commencé sa carrière en France, avant de la poursuivre au Canada. Il a travaillé pour les hebdomadaires Le Reflet, puis L’Express Ottawa et pour la radio francophone d’Ottawa, Unique FM. Il a rejoint le Groupe Média TFO en 2014. Passionné de politique ontarienne, fédérale et internationale, Benjamin cumule plus de treize années d’expérience en presse écrite, radio et télévision.