Les enseignants ontariens vêtus de rouge et de mauve pour démontrer leur unité
Enseignants et travailleurs en éducation se mobilisent partout en province, ce mercredi. Pas de grève, mais un objectif clair : afficher leur unité face au « sous-financement chronique » du système scolaire, selon leurs propres mots.
Ils seront nombreux ce mercredi à se parer de rouge et de mauve, dans la lignée des mouvements de résistance Red for Ed et Pouvoir du mauve. Cette action concertée entre l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’élémentaire de l’Ontario (FEEO), l’Association des enseignantes et des enseignants catholiques ontariens (OECTA), le Conseil des syndicats des conseils scolaires de l’Ontario (SCFP-CSCSO) et la Fédération des enseignantes et des enseignants des écoles secondaires de l’Ontario (OSSTF/FEESO) se veut d’abord un geste d’unité.
« Dans le fond, ce n’est pas une action qu’on fait envers le gouvernement, mais plutôt pour nos membres, pour qu’ils se sentent faire partie de cette grande famille d’éducateurs qui travaillent ensemble, conçoit Gabrielle Lemieux, présidente de l’AEFO. C’est pour montrer aussi au public que l’éducation financée par les fonds publics est importante, qu’on mérite de lui accorder une attention particulière. »
L’idée de cette journée d’action a germé à la suite du dernier budget provincial qui a fortement déçu le milieu enseignant, en dépit de quelques avancées telles que des chèques pour le matériel pédagogique, ainsi que la réduction à un an de la formation des enseignants.
Les cinq syndicats – qui représentent au total 255 000 membres – estiment que les plans budgétaires du gouvernement n’ont pas répondu aux attentes de fond. Ils dénoncent dans un communiqué commun « un sous-financement chronique qui continue de façonner la réalité quotidienne des écoles », pointant du doigt des classes bondées, une montée de la violence, des ressources insuffisantes pour répondre aux besoins particuliers des élèves, un recrutement ardu du personnel ou encore des bâtiments vieillissants.
À Ottawa, une manifestation s’est tenue mardi soir pour dénoncer des compressions budgétaires au Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO). Questionnée sur la journée de mobilisation du 29 avril, la présidente du SCFP 5335, Christine Couture a abordé les impacts à long terme de manque d’investissement de la province.
Même s’il ne s’agit pas d’une grève et qu’aucune perturbation n’est à prévoir dans les établissements scolaires, Mme Lemieux croit que l’impact peut être conséquent. « Si on montre qu’on est capable de se rallier derrière une cause, cela aura un impact. Si en plus le gouvernement reçoit le message qu’on est solidaire ensemble, tant mieux. »
« Les décisions du ministre sont toujours prises sans consultation, soupire-t-elle. À chaque fois qu’il fait un changement, il dit qu’il en a parlé à un enseignant, sans chercher à saisir le portrait réel et d’ensemble de l’éducation en Ontario ni comment telle ou telle action va affecter les élèves en salle de classe. »
La concentration des pouvoirs du ministre, permise par le projet de loi 101 n’est pas pour la rassurer : « Le climat dans lequel on évolue est vraiment inquiétant, pas que pour nous, mais aussi pour nos élèves, car nos conditions de travail se répercutent sur leurs conditions d’apprentissage. Quand on parle de sous-financement, c’est n’est pas juste des statistiques abstraites, c’est vraiment des enfants dans des classes qui n’ont pas l’attention qu’ils méritent. »