Politique

Comprendre la politique ontarienne de 2025 en cinq points

La scène politique ontarienne, qui a connu une année chargée, a été marquée par des élections anticipées, la menace des tarifs américains, ou encore une réforme en éducation. 2025 en cinq piqûres de rappel parlementaires.

Une citation : « S’ils sortent des rails (…) qu’il s’agisse d’un conseil scolaire francophone ou anglophone, j’interviendrai et je prendrai le contrôle »

C’est ce qu’a déclaré le ministre de l’Éducation, Paul Calandra, au sujet de la mise sous supervision de conseils scolaires anglophones qui avaient fait montre de mauvaise gestion financière.

« Sortir des rails » faisant référence au fait de ne pas être capable de tenir des budgets équilibrés ou encore d’assurer de bons résultats scolaires des élèves, dans le contexte de l’impopulaire projet de loi 33. Cette réforme de l’éducation lui confère plus de pouvoir, dont celui de prendre le contrôle des conseils scolaires.

Laissant entendre à plusieurs reprises qu’il pourrait supprimer les conseillers scolaires, et face à l’inquiétude de la communauté, M. Calandra a réitéré qu’il n’envisageait aucun changement au modèle de gouvernance du côté francophone, les conseils francophones et catholiques anglophones étant protégés par la Constitution canadienne.

« Nous respecterons les droits constitutionnels des Franco-Ontariens d’être éduqués et représentés par des conseillers scolaires de langue française », a-t-il assuré.

Une date : 27 février

Il s’agit du jour où les Ontariens ont été rappelés aux urnes pour les élections anticipées lancées par Doug Ford, un an et demi avant le terme de son deuxième mandat de premier ministre.

La menace du président américain Donald Trump d’appliquer des droits de douane de 25 % sur les produits canadiens exportés aux États-Unis a servi la rhétorique de Doug Ford pour demander aux Ontariens « un mandat fort » renouvelé, pour « protéger l’Ontario » et son économie.

Celui qui s’était autoproclamé « Capitaine Canada » durant sa campagne a raflé un troisième mandat, une première en cinquante ans pour un premier ministre, et formé un gouvernement majoritaire.

Doug Ford prend la parole pour son discours de victoire durant la soirée électorale. Photo : Sandra Padovani/ONFR

Un chiffre : 11,7 millions de dollars

C’est le budget alloué au ministère des Affaires francophones pour 2025-2026, soit une baisse significative comparativement aux 14 millions de l’année précédente. 2,7 millions en moins qui s’expliquent par une diminution de son budget de base, et par la fin d’un report de fonds exceptionnel.

« Les dépenses du ministère des Affaires francophones devraient être moins élevées en 2025-26 qu’en 2024-25 en raison d’un financement temporaire accordé dans le cadre d’une entente fédérale-provinciale visant à appuyer la prestation de services de qualité en français », avait expliqué un porte-parole du gouvernement.

L’entente Canada-Ontario signée en 2024 garantit un financement de 4 millions de dollars par an pendant cinq ans, visant à améliorer les perspectives économiques des entreprises francophones et à renforcer les services en français.

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) avait réagi sur cette baisse et notamment sur le manque de « transparence quant à la destination des fonds », laissant la communauté dans l’incertitude, rappelant que le budget de 2024 comportait une section Appuyer la communauté francophone de l’Ontario, absente de l’exercice financier de cette année.

Un lieu : le Cercle de feu

« Nous avons demandé à la population de nous donner le mandat de libérer le formidable potentiel économique du Cercle de feu », déclarait Doug Ford lors de son discours de victoire électorale. 

Avec les tarifs douaniers américains mettant à mal l’économie, le premier ministre ontarien a plus que jamais misé sur la manne financière que représentent les richesses minières du Cercle de feu.

Le projet de loi 5Loi de 2025 pour protéger l’Ontario en libérant son économie, adopté en juin, permet au gouvernement de créer des « zones économiques spéciales » pour s’affranchir de réglementations provinciales et accélérer des projets à fort potentiel économique tels que l’exploitation minière.

« Un passe-droit » qui donnerait « carte blanche » au gouvernement, selon l’opposition.

En dépit de plusieurs recours en justice en cours pour violation des droits autochtones, le gouvernement ontarien a signé des ententes avec les Premières Nations de Marten Falls, d’Aroland et de Webequie pour la construction de routes vers le Cercle de feu.

Le gouvernement Carney a récemment accepté la demande de l’Ontario de ne plus dupliquer les études d’impact environnementales au niveau fédéral, concernant les grands projets d’infrastructures et de ressources naturelles.

Carte des routes proposées dans la région du Cercle de feu. Photo : gouvernement de l’Ontario

Une personnalité : Donna Skelly

La présidente de l’Assemblée législative de l’Ontario, Donna Skelly. Photo : compte officiel X de Donna Skelly

La députée de Flamborough-Glanbrook, Donna Skelly, a été élue présidente de l’Assemblée législative de l’Ontario, devenant ainsi la première femme à ce poste.

Succédant à Ted Arnott, la nouvelle maitre d’orchestre de la chambre, avait formulé l’intention de faire baisser la tension à l’Assemblée, et de favoriser la collaboration entre les députés des différents partis. 

Donna Skelly avait exprimé au micro des journalistes son immense fierté : « Être la première femme à occuper ce poste, c’est incroyable. C’est vraiment spécial. »

Avant de se lancer en politique en 2018, elle était journaliste, notamment pour CHCH-TV à Hamilton, où elle animait et produisait des bulletins de nouvelles télévisés locaux et régionaux.

Originaire du Nord de l’Ontario, elle a également à cœur de reconnecter les régions rurales du Nord à Queen’s Park.