TORONTO – 2025 restera comme une année charnière dans le parcours du chanteur franco-ontarien Abel Maxwell. Entre une signature déterminante, des scènes européennes et des reconnaissances institutionnelles fortes, l’artiste originaire du Togo a franchi un cap décisif. Un bilan dense, nourri d’émotions, qui ouvre déjà sur une année 2026 ambitieuse.
Pour lui, 2025 a constitué un point de bascule, « une année de transformation et d’avancées » qui a débuté par la signature avec Universal Africa. « Certains peuvent voir ça comme un aboutissement, mais pour moi c’est un commencement. C’est le début de quelque chose de grand, l’arrivée à un nouvel étage de ma carrière », explique-t-il.
Cette signature a agi comme un catalyseur et donné le ton de l’année, aux yeux de l’artiste torontois, accompagnée notamment d’un accueil marquant en Côte d’Ivoire.
« Quand je suis arrivé pour la signature, il y avait tous les médias, même la télévision nationale à l’aéroport. J’étais très surpris par l’accueil. C’était difficile à décrire avec des mots. »

Des scènes européennes aux émotions fortes
L’année passée a aussi été rythmée par une tournée européenne le menant en France et en Belgique. Un moment l’a particulièrement ému : sa prestation au Zénith, en avril dernier, en première partie du groupe togolais Toofan, devant près de 10 000 spectateurs.
« Depuis tout jeune, j’entendais dire ‘tel artiste a joué au Zénith’. C’était comme le paroxysme d’une carrière. Alors me retrouver là, même en première partie, c’était énorme », confie-t-il.

La réaction du public restera gravée dans sa mémoire. « C’était électrique. J’ai toujours le trac, même si ça ne se voit pas. Et quand j’ai vu les gens allumer leur téléphone, j’ai presque eu les larmes aux yeux. On aurait dit des étoiles partout dans la salle. »
Au-delà de l’émotion, cette date a marqué un tournant. L’artiste le sait : l’exercice de la première partie est rarement évident, face à un public venu avant tout pour l’affiche principale. Mais ce soir-là, au Zénith, quelque chose s’est produit. « J’ai senti que j’avais touché quelque chose », décrit-il, convaincu d’avoir gagné de nouveaux auditeurs.
Le retour à Lyon, un voyage intérieur
Parmi les villes visitées, Lyon occupe une place à part. Ancienne ville d’études, où le musicien jonglait entre université et conservatoire, elle a ravivé des souvenirs forts.
« Je me rappelais encore de ces moments où je courais entre l’université et le conservatoire, où je mangeais un sandwich dans le métro ou le funiculaire. Repasser par ces chemins-là, ça m’a ramené à toute cette adrénaline et à tous ces doutes », raconte-t-il.

Ce retour a agi comme une véritable prise de conscience. En rejouant à Lyon, il a mesuré le chemin parcouru depuis son arrivée au Canada, autant sur le plan personnel que professionnel. « Ça m’a permis de réaliser le parcours, tout ce qu’on a accompli avec mon équipe. C’est assez fou », confie-t-il.
Une reconnaissance institutionnelle forte
L’année a également été marquée par la remise de la Médaille du couronnement du roi Charles III, décernée par la lieutenante-gouverneure de l’Ontario, Edith Dumont.
« C’est une reconnaissance de mon apport à la culture franco-ontarienne, canadienne et même mondiale. L’année d’avant, j’avais reçu l’Ordre de la Pléiade, donc ça s’inscrit dans une continuité », souligne-t-il.

Pour l’auteur-compositeur-interprète, ces distinctions sont avant tout un moteur. « Je ne fais pas ça pour avoir des médailles. Je le fais parce que j’aime la musique et que c’est mon don. Ces reconnaissances te disent : ce que tu fais a du sens. Et en même temps, ça te pousse à aller encore plus loin. »
2026, une année déjà bien lancée
À peine 2025 refermée, 2026 s’annonce déjà très active. Abel Maxwell sera notamment à Contact Ontarois en janvier, pour un concert devant des diffuseurs venus de partout au pays, avant une prestation à Sarnia en février dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs.
« Jouer devant des diffuseurs, rencontrer des gens de partout au Canada, ce sont des opportunités majeures. Ça peut ouvrir énormément de portes », croit-il.

Parallèlement, il poursuit son engagement auprès des jeunes à travers un travail de mentorat et d’éducation musicale. En collaboration avec le Centre francophone de Hamilton, il accompagne des jeunes sur plusieurs mois, les soutenant dans leur développement artistique et personnel. Il participe également au projet Expressions Afro-Francophones mené par le Point Ancrage Jeunesse. Une démarche de transmission qui occupe une place centrale dans son parcours.
Nouvelle tournée et horizons africains
Le printemps marquera le début d’une nouvelle tournée européenne, avec un passage à Paris le 18 avril pour le Togo Art Festival, puis des dates au Luxembourg, en Allemagne, en Belgique et dans plusieurs villes françaises. « D’autres dates s’ajouteront autour. C’est encore en construction », précise-t-il.

Cette dynamique s’accompagne aussi d’un regard tourné vers l’Afrique, où plusieurs festivals sont envisagés, notamment au Rwanda, en Côte d’Ivoire et au Bénin. Une perspective qui enthousiasme le chanteur. « J’ai très hâte de découvrir de nouveaux endroits, notamment en Afrique de l’Est », confie-t-il.
Un sixième album en ligne de mire
Sur le plan musical, l’artiste travaille activement sur un sixième album attendu cette année. « On est en studio depuis 2025 et on va continuer en 2026. L’idée serait de sortir l’album avant l’été, voire à l’automne. D’ici là, il y aura des singles pour annoncer le projet. »

L’album à venir sera bilingue et porté par des collaborations d’envergure, reflet de l’ouverture internationale que prend désormais sa carrière.
Un parcours en mouvement
Au moment de dresser le bilan, Abel Maxwell évoque un équilibre entre émerveillement et lucidité.
« Je vis un peu comme dans un rêve éveillé. Mais chaque reconnaissance, chaque scène, c’est un nouveau départ. Il faut continuer à travailler, à transmettre et à avancer. »
De 2025 à 2026, le fil conducteur demeure clair : bâtir, partager et faire rayonner une musique qui traverse les frontières, confirmant un peu plus la place de l’artiste franco-ontarien sur la scène nationale et internationale.


























































































































































