OTTAWA – Pour répondre à une communauté francophone en pleine expansion, le Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE) mène actuellement sept chantiers en parallèle (nouvelles écoles, agrandissements) et se mobilise pour relever les défis du recrutement.
Il continue à croître, le Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE), déjà le plus grand réseau canadien d’écoles de langue française à l’extérieur du Québec.
« On parle cette année d’une augmentation de 7 % de l’effectif scolaire, soit 2300 élèves de plus », explique le conseiller scolaire au CECCE Olivier Tremblay-Venneri.
Une hausse qui exerce une pression directe sur les infrastructures.
« Quand l’effectif augmente aussi vite, les installations ne suivent pas toujours. Dans l’éducation, on joue constamment au rattrapage », ajoute-t-il.
La croissance rapide se traduit par un volume important de projets.
Marc Bertrand, directeur de l’éducation du CECCE, souligne que le conseil scolaire mène actuellement sept chantiers en parallèle (nouvelles écoles ou agrandissements), auxquels s’ajoutent plusieurs millions de dollars en projets de réfection : « Remplacement de toitures, systèmes de ventilation, modernisation d’équipements… », énumère-t-il

Parmi ces projets par exemple, on note le lancement mardi des travaux de la première école secondaire catholique francophone dans le secteur de Riverside-Sud à Ottawa. Mobilisant un investissement de 40,8 millions de dollars du gouvernement de l’Ontario, le projet prévoit 826 places pour les élèves dès la rentrée 2027-2028. L’école aura également 49 places en garderie, rendues possible grâce à une enveloppe de 2,4 millions de dollars du programme Canada-Ontario.
« Cette future école permettra aux élèves de ne plus être obligés de prendre l’autobus, de quitter leur quartier, pour accéder à une école secondaire », souligne le conseiller municipal de Riverside-Sud, Steve Desroches, qui se réjouit des progrès réalisés pour répondre aux besoins grandissants de la francophonie dans « ce jeune quartier ».

Pour sa part, Nya Njeuga, surintendant de l’éducation au Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE), confirme que le besoin est criant.
« Ce secteur accueille un très grand nombre de familles francophones. Cette communauté mérite les mêmes droits à l’éducation que nos collègues anglophones », affirme-t-il, évoquant un enjeu d’équité linguistique.
Dans ce contexte, il pointe du doigt un enjeu particulier qui passe parfois sous le radar : les infrastructures sportives.
« Nous avons besoin de terrains adaptés pour permettre à nos athlètes francophones de poursuivre leurs études tout en vivant leur passion », fait observer Nya Njeuga.

Pénurie de personnel
La hausse des inscriptions au sein du conseil met également à l’épreuve le recrutement. « La pénurie de personnel touche Ottawa, tout l’Ontario et même d’autres provinces et territoires », constate M. Bertrand.
Malgré tout, selon lui, le CECCE tire son épingle du jeu, notamment grâce à sa proximité avec le Québec et la ville de Gatineau. « Ça nous aide à recruter de la main-d’œuvre qualifiée et francophone », dit-il.
Il estime que les mesures provinciales finissent aussi par produire des effets. « Les places financées dans les facultés d’éducation commencent à donner des résultats », indique M. Bertrand.
Cette année, le CECCE a dû créer une vingtaine de postes supplémentaires pour absorber la croissance. « Nous arrivons à en combler la majorité, malgré la forte demande », assure-t-il.
Face à un effectif qui pourrait continuer d’augmenter « de 7 à 10 % par année », selon Tremblay-Venneri, certaines pistes sont actuellement discutées. « Beaucoup de gens parlent de réduire la durée du baccalauréat en éducation. En ce moment, il est de deux ans. Certains proposent de revenir à un an », explique M. Tremblay-Venneri.
En parallèle, le CECCE poursuit ses efforts de recrutement. « Nous collaborons étroitement avec l’Université d’Ottawa et d’autres institutions de la province pour recruter du personnel hautement qualifié », ajoute M. Njeuga.
Mais pour M. Bertrand, malgré les défis, « liés à la croissance », il voit dans cette dynamique la preuve de la confiance de la communauté. En effet, le CECCE compte plus de 30 000 élèves fréquentant 46 écoles élémentaires, 14 écoles secondaires, une Académie d’apprentissage virtuel, un réseau de classes nature et une école pour adultes.



































































































































