[ENTREVUE EXPRESS]
QUI :
Michelle Stevens est directrice du Centre de santé communautaire de Timmins.
LE CONTEXTE :
Le Centre de santé francophone de Timmins (CSCT) ouvre officiellement ses portes ce vendredi apprès-midi dans un nouveau bâtiment de 10 000 pieds carrés au 120 rue Kent, après cinq ans de préparation, regroupant enfin sous un même toit des services jusqu’ici dispersés entre la clinique du centre commercial Timmins Square et les bureaux administratifs du centre-ville, sur l’avenue Wilson.
L’ENJEU :
Avec ce nouveau centre, l’organisme souhaite répondre à la forte demande de services de santé en français tout en planifiant l’expansion nécessaire pour desservir l’ensemble des clients de la communauté francophone.
« Comment vous sentez-vous avec l’ouverture officielle du nouveau centre?
C’est un mélange de sentiments pour moi. Je ressens surtout beaucoup de fierté et un soulagement. C’est un moment symbolique et marquant. Lors du déménagement, nous avions pris possession du bâtiment le 16 ou 17 octobre, et depuis, nous étions dans les préparatifs et le rangement. Il nous restait des boîtes à trier jusqu’à la dernière minute.
Au niveau de la capacité d’accueil, combien de clients pouvez-vous recevoir?
Depuis le début de mon mandat, nous avons vu une croissance d’environ 300 %. Nous comptons maintenant plus de 1700 clients inscrits. Nous avons aussi élargi nos services en soins pédiatriques et notre équipe est passée de 17 à 24 employés à temps plein. L’édifice est utilisé à pleine capacité et nous devons être créatifs avec les horaires et l’utilisation des salles d’examen pour assurer qu’il y ait suffisamment de place.

Comment expliquez-vous qu’autant de personnes se soient inscrites?
L’augmentation s’est faite graduellement, au fur et à mesure que nous ajoutions des intervenants et des services. L’expansion en pédiatrie a ajouté six postes, ce qui a fait une grosse différence. Nos activités communautaires ont aussi contribué à donner de la visibilité au centre dans la communauté. Nous travaillons de près avec nos partenaires pour offrir des services en français et répondre aux besoins de ceux qui n’ont pas encore de soins primaires, ce qui représente environ 30 % de la communauté.

Comment avez-vous conçu le centre et choisi son modèle?
Nous avons commencé à travailler avec le ministère de la Santé en 2020. Ils avaient déjà des paramètres très clairs : nombre d’intervenants, volume de consultations, superficie du bâtiment. Cela nous a permis d’élaborer un document détaillé pour le ministère sur les besoins et le volume de clients, ce qui a ensuite guidé notre travail avec les architectes. Nous avons également tenu compte des besoins identifiés par la communauté francophone, comme des services de travail social, physiothérapie, infirmière praticienne, médecin et des activités communautaires.
Certains services n’ont pas été intégrés au centre, comme la psychologie ou la dentisterie. Comment gérez-vous ces besoins?
Nous n’avons pas de psychologue employé directement par le centre, mais nous travaillons en partenariat avec plusieurs fournisseurs dans la communauté pour offrir ces services. Pour la psychiatrie, nous collaborons avec Monfort pour des consultations virtuelles. Quant à la dentisterie, aucun poste n’avait été approuvé par le ministère pour le centre.

Avez-vous rencontré des obstacles particuliers durant le développement du centre?
Le recrutement d’intervenants francophones qualifiés reste un défi. Il est parfois difficile de convaincre des professionnels bilingues de postuler, car certains doutent de leur capacité à rédiger des notes en français. Malgré tout, nous avons une équipe solide et travaillons avec nos partenaires et le ministère pour répondre aux besoins de la clientèle. La pénurie de professionnels dans certains secteurs, comme les soins infirmiers et la médecine, demeure un défi.
Quelles activités communautaires allez-vous proposer maintenant que le centre est prêt?
Nous pouvons maintenant offrir une programmation plus flexible grâce à notre salle multifonction. Avant, certaines activités, comme le yoga, se faisaient dans des gymnases extérieurs. Maintenant, trois activités peuvent avoir lieu simultanément sur place, ce qui réduit les barrières et facilite l’accès à la programmation communautaire.
Pensez-vous à une expansion du centre ou à du financement additionnel?
Pour le moment, je ne rêve pas d’expansion. Il y a énormément de travail derrière un projet de construction ou de rénovation, et il faut respecter les postes approuvés par le ministère. Même si nous aurons probablement besoin d’élargir l’offre de services à l’avenir, toute expansion devra suivre les paramètres déjà approuvés. »





























































































































