Chez nous, c’est chez vous : « Une fin de semaine typique du Nord pour les nouveaux arrivants »

Marie-Josée Tremblay est agente de développement socio-économique de la région Nord-Est au Réseau de soutien à l’immigration francophone du Nord de l’Ontario (RSIFNO).

L’événement Chez nous, c’est chez vous est de retour ce week-end à Moonbeam, dans le Nord ontarien, deux ans après la première édition. Les organisateurs attendent plus de 400 participants.

Cette initiative a vocation à rassembler les nouveaux arrivants et représentants d’organismes francophones de Sudbury, Temiskaming Shores, Timmins, Kapuskasing et d’ailleurs pour une fin de semaine de réseautage et d’activités.

« Quel est l’objectif derrière Chez nous c’est chez vous?

C’est un point de rencontre pour l’ensemble des francophones de la région afin d’accueillir et de souhaiter la bienvenue aux nouveaux arrivants de nos communautés. C’est également une bonne opportunité pour les employeurs de recruter de la main-d’œuvre qualifiée et disponible.

Et le troisième objectif c’est d’initier les nouveaux arrivants à l’art de vivre dans le Nord de l’Ontario. On a des espaces naturels nombreux et exceptionnels qui offrent la possibilité aux Franco-Ontariens de profiter et réaliser diverses activités comme le camping, les randonnées. Donc c’est vraiment une fin de semaine typique du Nord pour les nouveaux arrivants.

Des repas seront servis aux participants qui dormiront dans des tentes. Gracieuseté du RSIFNO.

Pourquoi avez-vous décidé de faire une deuxième édition?

La première édition fut un énorme succès et avait réuni plus de 300 personnes, nos députés fédéraux, provinciaux et municipaux, ainsi que nos partenaires, employeurs et membres de la communauté. On a eu vraiment des retombées positives mais ce n’était pas quelque chose qu’on pensait refaire. Puis, l’été dernier, on a reçu tellement de messages de personnes qui nous demandaient si l’événement avait lieu que nous avons réalisé que c’était un gros besoin. Puisqu’on veut s’assurer que ce soit toujours de nouvelles familles qui participent et que les nouveaux étudiants internationaux viennent en moyenne pour des blocs de deux-trois ans, l’événement pourrait être aux deux ans.

Le Camp ONgrandit se trouve sur le bord du Lac Rémi à Moonbeam. Gracieuseté du RSIFNO

De quelle manière allez-vous mettre en avant la culture franco-ontarienne?

La cérémonie d’ouverture, par exemple, sera une occasion pour les nouveaux arrivants de se familiariser avec le folklore franco-ontarien. On va ouvrir les festivités avec le chant Notre Place pour souligner les combats des francophones en Ontario. Ça va être un peu comme à la Saint-Jean. Des personnes montreront les gestes qu’on fait habituellement durant l’hymne.

Avez-vous ressenti que ces nouveaux arrivants sont bien intégrés à la communauté?

Oui, on a pu voir les retombées depuis la première édition qui, par exemple, a permis de faire ressortir un sentiment d’appartenance. Parce qu’on a vraiment bien compris que ça a aidé les membres de la communauté à tisser des liens solides, non seulement avec des personnes locales, mais aussi entre nouveaux arrivants.

La première édition, nous avions eu quatre familles de réfugiés originaires d’Ukraine qui venaient d’arriver dans la région et qui ne se connaissaient pas. Ils ont pu communiquer dans leur langue natale pendant la fin de semaine et parler de leur parcours d’immigration. Puis encore aujourd’hui, je vais en ville et je les vois ensemble, en train de faire leur magasinage et ça fait chaud au cœur de voir que cet événement a un impact à moyen terme.

Des informations pratiques seront disponibles pour les nouveaux arrivants. Gracieuseté du RSIFNO

Quelles activités sont prévues cette fin de semaine?

C’est très chargé! Entre autres, on aura vendredi une séance de Mylène Coulombe-Gratton de FollowHerNorth, qui va expliquer aux participants comment monter leurs tentes et faire du camping. On aura aussi une prestation de chanson traditionnelle et une prière autochtone organisée avec le Centre d’amitié indien de Kapuskasing. Il y aura aussi un concert surpris de Mitch Jean suivi par un spectacle de feux d’artifice et de feux de camp animé par Angelo Paquette.

Samedi, on aura des excursions en canot et des randonnées organisées par Anna Parker, un rallye, une autre activité du centre d’amitié indien de Kapuskasing pour faire du banique sur le feu et un spectacle de la chorale Africana. Il y aura des jeux gonflables, des murs d’escalade, un tournoi de washer et la possibilité de profiter de la plage sur le site du camp. Après le petit déjeuner du dimanche, on aura une dernière excursion avant que les bus ne repartent vers Timmins, Sudbury et Temiskaming Shores.

L’événement souhaite aussi mettre en valeur les traditions des premiers peuples. Gracieuseté du RSIFNO.

Est-ce une activité que vous pourriez pérenniser?

On aimerait grandement, mais ça va être à décider avec l’ensemble des partenaires de la région et des communautés de la nouvelle communauté francophone (CFA) accueillante, qui vient d’être annoncée, afin de déterminer si on l’identifie comme une priorité de la prochaine CFA. »

Les rêves du TNO pour l’année qui vient

SUDBURY – Le Théâtre du Nouvel-Ontario (TNO) a procédé au lancement de sa programmation 2024-2025 jeudi soir, à la Place des arts du Grand Sudbury. La salle affichait complet pour l’événement qui dévoilait les huit pièces qui jalonneront la prochaine saison artistique.

Le thème de cette année est Rêver des mondes. Après avoir exploré la fin du monde l’an dernier, le ton donné est plus doux, sans être moins éclaté. L’équipe du TNO promet de « stimuler tous nos sens » avec des propositions « à la fois ancrées dans le réel et parsemées d’onirisme ».

« Avec cette programmation, l’équipe du TNO célèbre le théâtre comme outil d’imaginaire, mais aussi comme outil pour mieux penser collectivement le monde dans lequel nous souhaitons vivre », peut-on lire dans le communiqué de lancement.

Marie-Pierre Proulx est la directrice artistique du TNO. Photo : Archives ONFR (Stuck)

La saison s’ouvrira les 4 et 5 octobre avec Michel(le), une pièce solo du Vancouvérois Joey Lespérance. Cette production du théâtre La seizième raconte l’histoire de son « frœur » Michel(le), qui a pu développer une carrière d’artiste drag mais jamais vivre son identité féminine.

Lui-même artiste queer, le comédien Joey Lespérance se rappelle des défis de grandir dans le Québec ouvrier des années 1960 et 1970 et souhaite que sa pièce, la première qu’il signe lui-même, fasse réfléchir les parents et la société sur la façon dont on écoute et accueille nos enfants dans leurs identités.

Une autre proposition qui risque de faire réfléchir (et rire) est Cispersonnages en quête d’auteurice. La production de Joe Jack et John s’arrêtera également à Toronto et Ottawa. Elle reprend le concept de Six personnages en quête d’auteur, texte de Luigi Pirandello écrit en 1921, mais avec une troupe d’acteurs neurodivergents qui se demandent ce qu’ils peuvent ou ne peuvent pas jouer dans ce monde politiquement correct (ou pas).

Dans Cispersonnages en quête d’auteurice, des comédiens neurotypiques, neurodivergents et en situation de handicap jouent autour de la phrase à la mode : « On ne peut plus rien dire! » Photo : Gracieuseté du TNO

Chaque année, le TNO propose deux productions maison, soit une pièce professionnelle et une pièce communautaire. Un collectif d’artistes de Sudbury s’est réuni pour explorer le thème de l’échec. Présenté à la mi-novembre, le spectacle L’encyclopédie de l’échec se veut « une ode aigre-douce à ce qui est sur le point de s’effondrer ».

Le TNO a également procédé, mercredi et jeudi, aux auditions pour sa pièce communautaire, qui sera mise en scène cette année par Hélène Dallaire et chorégraphiée par Janie Pinard. Huit auteurs et autrices de Sudbury ont participé à l’élaboration du spectacle Devant le jukebox, inspiré des chansons d’amour préférées du public du TNO.

Pour le jeune public

Le théâtre d’ombres et d’objets sera bien présent dans les propositions jeunesse du TNO.

Le public jeunesse pourra découvrir sa première pièce le 2 novembre. Clémentine – Une histoire (vraie) aborde le sujet de la séparation des parents. Le théâtre d’objets de Kleine Compagnie, en coproduction avec le Théâtre de la pire espèce, sert ici l’imaginaire de l’enfant qui verra le personnage de Clémentine apprivoiser, peu à peu, sa nouvelle situation familiale.

La compagnie française Comme une étincelle viendra présenter Le cirque des étoiles le 22 mars. Il s’agit d’une des dates de la tournée ontarienne prévue du 2 mars au 15 avril, dont les représentations ont été décrochées grâce à une présence aux vitrines jeunesse de Contact ontarois, en janvier dernier.

Le Cirque des étoiles a été présenté aux diffuseurs ontariens lors de Contact ontarois 2024.

Alliant les arts vivants et les arts visuels, ce « ciné-spectacle » vise un public de 4 ans, mais émerveillera aussi les parents de par sa beauté et sa synchronicité. L’idéateur et comédien David Meunier interagit avec des personnages de cirque dans cette symbiose entre le théâtre d’objet et le cinéma d’animation.

L’un des spectacles pour enfants remarqués sur la scène franco-canadienne cette année est Cet été qui chantait, de la Franco-Manitobaine maintenant établie à Ottawa, Marie-Ève Fontaine. La pièce inspirée d’un livre du même nom de Gabrielle Roy est une ode à la lenteur et à la simplicité qui plaira à un public très large, à partir de 8 ans.

Marie-Ève Fontaine est originaire de Saint-Boniface, tout comme Gabrielle Roy. Photo : Rachel Crustin / ONFR

En plus de la ville du nickel et de la capitale, Cet été qui chantait sera présenté à Kingston et à Toronto au cours de sa tournée. Croisée lors du lancement du Mouvement d’implication francophone d’Orléans MIFO), Marie-Ève Fontaine a parlé de la production de Flammèche théâtre à ONFR.

« C’est le rythme de la marée, du fleuve. Les gens sortent de là et ils ont comme respiré, explique l’artiste. C’est très dynamique au niveau de la forme. (…) Même si le spectacle est lent, il y a toujours quelque chose qui bouge ».

La saison jeunesse se terminera avec Jaune comme joie de Vox théâtre et Créations In Vivo. Cette proposition pour les 2 à 5 ans associe couleurs, émotions et vie quotidienne.

Initiatives de retour

L’an dernier, le TNO avait nommé un « porte-parole communautaire » pour chacun des spectacles présentés. Ces Sudburois avaient été choisis pour leur lien avec le sujet abordé. Ils endossaient la pièce et prêtaient leur visage aux affiches grâce à des séances photo particulièrement éclatées.

La même initiative revient cette année, mais les visages des porte-parole sont cette fois cachés derrière différents objets.

On devine un ou une jeune porte-parole communautaire pour la pièce Jaune comme joie. Photo : Gracieuseté du TNO

L’idée de la cellule d’écriture revient aussi cette année, avec les dramaturges France Huot et Caroline Raynaud qui poursuivent le travail entamé l’an dernier sur leurs textes respectifs, Ragtime Gal et Le téton tardif.

Un nouveau projet, L’incubateur du TNO, proposera aux artistes du Grand Sudbury de participer à différentes activités de développement artistique.

La vente des billets a débuté au moment du lancement et certains rabais sont en cours pour les premiers acheteurs. Le TNO propose également un « forfait explorateur », en collaboration avec La Slague, qui permet de découvrir deux spectacles sélectionnés par chaque diffuseur.

La direction artistique du TNO est assurée par Marie-Pierre Proulx.

La Franco-Fête de retour à Toronto et bien plus

Comme le veut la tradition estivale, l’agenda de cette semaine comprend des festivals, dont la Franco-Fête de Toronto, un spectacle de cabaret et un film sur l’artiste postimpressionniste Pierre Bonnard. Voici une variété d’événements et d’activités en français à portée de main cette semaine. 

La Franco-Fête n’a pas dit son dernier mot

La Franco-Fête est de retour à Toronto pour sa 42e édition. L’événement, fondé en 1983, continue d’être un point de repère incontournable pour la communauté francophone de Toronto mais contrairement aux années précédentes, un fort sentiment d’incertitude plane sur cet événement, dont l’avenir est remis en question. Se maintenant à peine à flot depuis la pandémie, l’organisme à but non-lucratif lance un cri de cœur avec objectif de 10 000 $ en raison du manque de financement qui continue de menacer sa pérennité. 

Malgré cette épée de Damoclès, le festival a concocté une programmation qui devrait attirer avec notamment les artistes Pierre Kwenders et Paul Beaubrun. Musique, ateliers et danse seront au rendez-vous en plein air dans les locaux industriels et stylés du Stackt Market.

Gracieuseté de la Franco-Fête

Toronto, du 24 au 25 août. Programmation et détails sur le site de la Franco-Fête.

Bonnard, Pierre et Marthe de Martin Provost au Sudbury Indie Cinema

Le film de Martin Provost jette un regard plus intime sur la vie de Pierre Bonnard et sa relation avec sa femme Marthe qui a façonné une grande partie de son parcours artistique. Un film pittoresque et accrocheur par sa cinématographie. Ceux qui apprécient les œuvres post-impressionnistes de Pierre Bonnard seront surpris par cette histoire inédite de la muse qui l’a changé à jamais.

Crédit image : Sphere Films

Sudbury, le 25 août. Achat des billets sur le site du Sudbury Indie Cinema.

Bad cabaret : un cabaret pas comme les autres

Plusieurs comédiens se réunissent dans les locaux du Sweet Action Theatre pour créer un cabaret unique en son genre. Des numéros bizarres, excentriques et drôles se dérouleront lors de cette soirée remplie de burlesque, de clowns et de bêtises. Le spectacle sera animé par le duo comique Cherry Bomb et Bad Machine qui viennent armer de leur talent d’improvisation et de leurs charmantes bizarreries. Le Bad cabaret aura lieu la troisième semaine de chaque mois.

Crédit image : Maeve Kern

Toronto, le 23 août. Programmation et billets sur le site Eventbrite

Le MIFO célèbre la rentrée scolaire

Nourriture, performances artistiques, jeux, artisanat, kiosques culturels et bien plus sont au programme de la Fête de la rentrée et du Festival multiculturel d’Orléans. Alors que les vacances d’été touchent à leur fin, le Mouvement d’implication francophone d’Orléans profite de l’occasion en mariant plaisir et découverte pour sa troisième édition avant la reprise des cours tout en célébrant la diversité culturelle de ce quartier ottavien.

Gracieuseté du MIFO

Orléans, le samedi 24 août. Détails et billets sur le site du MIFO.

Presque l’ensemble de la fonction publique en mode révision de ses obligations linguistiques

OTTAWA – Près de 10 000 bureaux fédéraux sont actuellement concernés par une révision de leurs obligations en matière de langues officielles, un processus entamé en 2023 et qui se terminera au plus tard en 2027.

À l’heure actuelle, c’est pratiquement l’ensemble des institutions fédérales qui procèdent à l’Exercice de révision de l’application du Règlement sur les langues officielles (ERAR). Cet exercice a principalement pour but de maintenir à jour la désignation linguistique des bureaux fédéraux, explique le Conseil du Trésor, qui est chargé de faire ce travail.

Ces bureaux fédéraux sont ceux qui communiquent et offrent des services au public canadien par exemple pour le chômage, les passeports, les impôts comme dans les centres de Service Canada. Les succursales de Poste Canada ou encore les stations de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) sont aussi concernés. La révision de l’application de ces règles doit survenir tous les 10 ans, selon les données linguistiques tirées du recensement décennal le plus récent (2021), explique le Conseil du trésor.

Seuls les sièges sociaux ou les administrations centrales, les bureaux situés dans la région de la capitale nationale et les bureaux tenus de rendre directement compte au Parlement ne sont pas concernés, car ils sont automatiquement tenus de servir le public dans les deux langues officielles.

« C’est dans le cadre de l’ERAR qu’une majorité des modifications réglementaires seront mises en œuvre pour la première fois, ce qui occasionnera une augmentation de l’accès à des services bilingues partout au Canada », explique le Conseil du Trésor dans une déclaration à ONFR.

Selon la Loi sur les langues officielles, des régions du pays où les résidents parlant la langue minoritaire sont plus de 5000 doivent avoir au moins un bureau bilingue. Pour les régions en deçà de 5000 locuteurs, il existe des exceptions qui obligent les instances fédérales à avoir des succursales bilingues. Par exemple, une institution fédérale se doit parfois d’avoir un établissement bilingue, notamment s’il s’agit du seul bureau de l’agence fédérale dans la région.

Changement en 2019

Ces changements font suite à la modification du Règlement sur les langues officielles en 2019 par le gouvernement Trudeau. Celui-ci, qui avait alors été modernisé pour la première fois depuis 1991, est venu apporter certains changements notamment en incluant une nouvelle méthode de calcul des communautés de langues officielles en situation minoritaire.

À titre d’exemple, les familles bilingues et les immigrants sont désormais comptés lorsque vient le temps de déterminer si une région mérite un bureau offrant des services bilingues ou non. Autre changement, la présence d’une école de langue minoritaire dans la région assure la présence d’un bureau offrant des services dans les deux langues officielles.

Natation : Benjamin Winterborn prêt pour sa première compétition internationale

CANBERRA (AUSTRALIE) – Le jeune nageur franco-ontarien de Kingston s’apprête à représenter le Canada pour la première fois de sa jeune carrière lors des Championnats pan-pacifiques juniors. La compétition se déroule en Australie du 21 au 24 août.

Interrogé la semaine dernière à quelques heures de son départ avec la sélection nationale pour un stage de préparation, Benjamin Winterborn ne cachait pas son impatience de participer aux Championnats pan-pacifiques sous les couleurs rouges du Canada. 

« Je suis vraiment excité, on vient de recevoir nos équipements, nos sac à dos, nos t-shirts, nos maillots de course, se réjouissait-il. Je suis vraiment très enthousiaste à l’idée de vivre cette expérience, de rencontrer de nouvelles personnes, des gens de la Corée, du Japon, d’Argentine, Singapour, de l’Australie bien sûr. Je suis vraiment content d’avoir cette opportunité. Je pense que je suis prêt à faire des finales et à atteindre des podiums. » 

C’est avec ambition et un plan de carrière sur le long terme déjà bien établi que le nageur âgé de seulement 18 ans aborde cette première compétition internationale de sa carrière. Il vise clairement une participation aux Jeux olympiques de Los Angeles dans quatre ans.

Benjamin Winterborn va représenter le Canada au niveau international pour la première fois de sa jeune carrière. Photo : gacieuseté de Benjamin Winterborn

L’édition 2024 de Paris, qu’il a suivi de près, lui a d’ailleurs donné un surplus de motivation pour faire les efforts à l’entraînement et continuer à progresser. 

S’appuyer sur les Nationaux

Pour continuer à s’améliorer, Benjamin Winterborn compte retenir les leçons de ses performances lors des Championnats nationaux de natation en juillet dernier. Engagé dans la catégorie 18 ans, il a participé aux épreuves de 50, 100 et 200 mètres en nage libre et en dos, ainsi que sur le 50 mètres papillon. 

Si ses résultats ont été de son propre aveux « décevants » en nage libre avec aucun podium et des temps en dessous de ses attentes, il a en revanche signé trois médailles de bronze sur le dos, dont un record personnel sur le 200 mètres. 

« Ce que je retiens des nationaux, c’est qu’il faut que je nage encore plus vite le matin, lors des phases préliminaires. Ce sera important si je veux faire les finales en Australie. » 

Même si ses résultats ont été décevants sur la nage libre, pour l’instant, l’athlète n’envisage pas la spécialisation sur le dos pour une simple et bonne raison. 

« Pour l’instant, je suis capable de faire les deux, nage libre et dos. Mon dos est un peu meilleur, mais l’avantage de pouvoir faire la nage libre c’est que dans le futur, lorsque j’essaierai d’intégrer l’équipe sénior, il y aura des places à prendre en relais. Pour le dos, seuls deux nageurs sont sélectionnés alors que pour les relais sur 100 mètres ou 200 mètres, il y a quatre ou cinq places à prendre. »

À Canberra, Benjamin Winterborn va faire face à une vraie concurrence et un niveau très relevé. Avant même de défier ses adversaires internationaux, il devra faire face à ses propres coéquipiers, notamment sur le dos. 

« C’était assez drôle car nous étions exactement les mêmes sur le podium sur les trois courses de dos aux Nationaux, et c’était aussi nous trois sur le podium du 100 m dos aux Essais olympiques. C’est contre eux que je vais devoir me battre pour aller en finale aux pan-pacifique parce qu’on peut seulement qualifier deux Canadiens par course dans cette compétition. »

De Dairy Queen à Queen’s Park, l’ascension éclair du nouveau ministre des Collèges et Universités

CORNWALL – Le député de Stormont-Dundas-South Glengarry a été nommé ministre des Collèges et Universités vendredi. Depuis son entrée à Queen’s Park en 2022, Nolan Quinn a connu une rapide évolution. Zoom sur ce personnage discret mais déjà incontournable de l’Est ontarien.

Ancien employé en ressources humaines dans le secteur de la santé, Nolan Quinn était également propriétaire du restaurant Dairy Queen à Cornwall avant d’avoir été élu dans la circonscription de Stormont-Dundas-South Glengarry avec 57,5 % des voix en juin 2022.

Deux ans plus tard, un remaniement ministériel lui a ouvert les portes du cabinet au sein duquel il a fait son entrée en tant que ministre associé des Forêts, alors intégré au ministère des Ressources naturelles.

Depuis son élection, M. Quinn a été adjoint parlementaire de trois ministres dans deux portefeuilles : le ministère des Services à l’enfance, des Services communautaires et sociaux et, plus récemment, le ministère de la Santé.

La lieutenante-gouverneure de l’Ontario Edith Dumont et le premier ministre Doug Ford lors de l’assermentation de Nolan Quinn comme ministre associé des Forêts. Compte Facebook de Nolan Quinn

À quelques semaines de la rentrée, l’agenda de Nolan Quinn est déjà bien rempli. Au niveau des établissements francophones, il devra gérer le dossier de l’Université de Sudbury – qui a annoncé un partenariat avec l’Université d’Ottawa – dont le financement provincial se fait toujours attendre pour les 25 programmes qui seront offerts en septembre 2025.

Du côté de l’Université d’Ottawa, le recteur révélait un manque à gagner de 80 millions de dollars pour sa mission francophone. En novembre 2023, le rapport Harrison mettait en lumière un écart important entre l’Ontario et le reste du Canada en ce qui concerne le financement des collèges et universités et questionnait la viabilité de l’Université de l’Ontario français (UOF) et celle de l’Université de Hearst.

L’éducation, déjà une priorité

Déjà, durant sa campagne, le père de famille considérait la réintégration dans le marché du travail comme une priorité, y compris les métiers spécialisés. M. Quinn attribuait la crise du logement à la pénurie dans les métiers de la construction.

Il avançait alors que l’élargissement des programmes du campus de Cornwall du Collège St. Lawrence pourrait aider à résoudre la crise du logement.

Après avoir obtenu son diplôme de l’école secondaire St. Joseph’s, il a poursuivi ses études au Collège St. Lawrence, où il a obtenu un diplôme en gestion d’entreprise et en ressources humaines. Son épouse est enseignante au Upper Canada District School Board.

En mai et juin dernier, Nolan Quinn avait effectué des visites éducatives dans des écoles de l’Est. Compte Facebook de Nolan Quinn

Le Collège Boréal de Sudbury, ayant des campus un peu partout en Ontario, dit se réjouir de cette nouvelle nomination. « Diplômé du secteur collégial, Nolan Quinn connaît l’apport important de nos formations professionnelles et saura certainement contribuer à l’essor de nos établissements pluridisciplinaires grâce à son expérience dans des domaines essentiels pour la population ontarienne tels que la santé, les services sociaux et le développement communautaire », est convaincu Daniel Giroux, président du Collège Boréal.

Un francophile et philanthrope

Le député et nouveau ministre avait aussi déclaré que l’éducation rurale était une de ses préoccupations et que les programmes d’immersion française jouaient un grand rôle à cet égard.

« Pour moi, la force et le succès d’une école c’est l’immersion française », avait-il lancé. « Si une école n’en a pas, ses inscriptions diminueront et ça aura un impact sur son avenir. »

Selon l’Association des communautés francophones de l’Ontario, Stormont, Dundas et Glengarry (ACFO-SDG), la nomination du député de l’Est est « une opportunité précieuse pour adresser les besoins des jeunes dans notre région rurale et semi-rurale. »

Nolan Quinn était présent aux côtés du député de Timmins-Baie James, George Pirie, et de Michelle Boileau, mairesse de Timmins, pour la première pelletée de terre du centre de santé communautaire de Timmins le 24 mai dernier. Source : Compte Facebook de Nolan Quinn

« Il est essentiel pour notre communauté francophone que nos jeunes aient accès à des programmes éducatifs de qualité près de chez eux, afin de pouvoir poursuivre leurs études et contribuer activement au dynamisme de notre région », souligne Sonia Behilil, directrice générale de l’association qui ajoute que M. Nolan a « toujours répondu présent et a toujours été avenant ».

En 2019, Nolan a remporté le prix Miracle Maker, décerné chaque année à un franchisé canadien de Dairy Quinn qui va au-delà de ses capacités pour contribuer à des organismes caritatifs, en l’occurrence le Centre hospitalier pour enfants de l’Est de l’Ontario.

Il a été bénévole auprès de Centraide, le Centre de traitement pour enfants, Big Brother Big Sister et la fondation de l’hôpital communautaire de Cornwall.

La Nouvelle-Écosse en fête : retour en images sur le Congrès mondial acadien

BAIE SAINTE-MARIE – Le Congrès mondial acadien (CMA) s’est conclu dimanche après une dizaine de jours de festivités dans les régions de Clare et d’Argyle, dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse. ONFR était sur place pour vivre l’événement qui revient une fois aux cinq ans.

Les sourires étaient sur toutes les lèvres au CMA, alors que des Acadiens de partout se réunissaient pour célébrer leur culture et la vitalité de leur peuple. La résilience, la langue française et ses dialectes, les traditions culinaires (quoi qu’absentes des événements majeurs), l’économie ainsi que le ralliement des communautés et des générations ont fait partie des discussions, parfois formelles, mais souvent spontanées.

Les gens

Du début à la fin, les visiteurs du CMA ne se sont pas gênés pour arborer les couleurs du drapeau acadien. Simples accessoires, costumes complets ou vêtements ornés de leur nom, créés pour l’une ou l’autre des nombreuses réunions de famille ayant lieu pendant le congrès, étaient tous portés avec fierté.

Photo : Rachel Crustin / ONFR

Photo : Rachel Crustin / ONFR

Photo : Rachel Crustin / ONFR

Photo : Rachel Crustin / ONFR

Photo : Rachel Crustin / ONFR

Photo : Rachel Crustin / ONFR

Photo : Rachel Crustin / ONFR

Photo : Rachel Crustin / ONFR

Photo : Rachel Crustin / ONFR

Les spectacles

De nombreux artistes acadiens ont eu l’occasion de monter sur scène pendant le CMA. La foule était déjà nombreuse au Festival d’ouverture, le 10 août, alors que la Baie Sainte-Marie accueillait en tête d’affiche son enfant chouchou, P’tit Belliveau. Les artistes émergents, locaux ou vétérans se sont succédés sur la scène installée à l’extérieur de l’Université Sainte-Anne.

Tout au long du CMA, des spectacles, gratuits ou payants, ont fait résonner le parlé acadien dans toute la région. Certains se sont déroulés à guichets fermés, comme ceux de 1755 et de Radio Radio. De l’authentique Marie-Jo Thério au punk de Peanut Butter Sunday, en passant par le Rockin Fiddler de Louisiane, Waylon Thibodeau, ces événements témoignaient de l’éventail de possibilités de la musique acadienne d’aujourd’hui.

Deux géants de la chanson acadienne : la Néo-Brunswickoise Edith Butler et le Louisianais Zachary Richard. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Jacques Surette est le fils du musicien Éric Surette et est déjà bien connu dans sa région de Yarmouth. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Lisa Leblanc et Edith Butler ont développé une belle complicité depuis plusieurs années. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Lisa Leblanc lors du spectacle de la Fête nationale de l’Acadie. Photo : Rachel Crustin / ONFR

P’tit Belliveau jouait dans son patelin lors du Festival d’ouverture. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Les Hay Babies sont un trio féminin issu du Nouveau-Brunswick. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Katrine Noël est membre du groupe Les Hay Babies. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Radio Radio a donné un concert à guichet fermé, en plus de participer au spectacle d’ouverture comme invités de P’tit Belliveau. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Waylon Thibodaux est l’un des artistes cajuns les plus connus de la Louisiane. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Edit Butler a participé à tous les Congrès mondiaux acadiens depuis 30 ans. Photo : Rachel Crustin / ONFR

P’tit Belliveau a ouvert le bal comme tête d’affiche de la soirée d’ouverture. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Le spectacle de la Fête nationale de l’Acadie, le 15 août, réunissait les incontournables : Edith Butler, Zachary Richard, Kenneth Saulnier (1755), Lisa Leblanc, etc. Ils étaient joints par des artistes plus en émergence, mais déjà bien connus de la foule acadienne. Pensons à Jacques Surette, dont le nom revenait souvent pendant ce CMA qui se déroulait chez lui. À 24 ans, l’artiste de Yarmouth compte déjà trois albums à son actif.

Le grand spectacle s’est ouvert sur l’ensemble des artistes qui ont interprété la puissante Réveille de Zachary Richard. Le numéro final les a ramenés pour chanter, cette fois, Vivre à la Baie de 1755, une chanson particulièrement de circonstances alors que la Baie Sainte-Marie faisait partie de la région d’accueil du CMA 2024.

Le Tintamarre

La particularité du tintamarre du CMA était d’avoir lieu à Yarmouth, une ville plutôt anglophone. On aurait pu croire le contraire le 15 août, à 17 h 55. Plusieurs commerces affichaient le drapeau acadien sur leur devanture. Si quelques anglophones regardaient le bruyant convoi avec curiosité et sourire en coin, c’est la langue de Richard et de Butler qui résonnait le plus aux oreilles. Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, est venu faire un tour.

Photo : Rachel Crustin / ONFR

Photo : Fabien Guay-Crustin

Photo : Rachel Crustin / ONFR

Photo : Rachel Crustin / ONFR

Photo : Rachel Crustin / ONFR

Photo : Rachel Crustin / ONFR

Photo : Rachel Crustin / ONFR

Photo : Rachel Crustin / ONFR

Les autres activités

Le nombre et la variété des activités, environ 300 au total, donnait presque le vertige tant il y avait de choix. Les discussions de Quoisse t’en penses? pour établir des États généraux de l’Acadie, le Forum des jeunes ambassadeurs de la francophonie des Amériques, le Sommet des femmes, les conférences et causeries sur des sujets variés, les activités familiales et les grandes réunions de famille ont fait partie de l’ADN du CMA.

Lors de son spectacle, Art Richard a souligné l’importance des rencontres de jeunes familles pour donner envie à la prochaine génération de continuer d’habiter sa région. C’est ce qui le motive à faire de la musique pour enfants depuis 1998. Photo : Hubert Guay-Crustin

Anne Godin est une autrice, conférencière et conteuse originaire du Nouveau-Brunswick. Photo : Rachel Crustin / ONFR

La région de Clare offre un décor pittoresque avec vue sur la Baie Sainte-Marie. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Philip Comeau est un sociolinguiste originaire de la Baie Sainte-Marie. Il a donné une conférence sur l’évolution du français dans sa région natale, qui a suscité plusieurs discussions. Photo : Rachel Crustin / ONFR

La magicien Nil Doucet a diverti les enfants présents au CMA. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Plusieurs artistes connus sont originaires de la Baie Sainte-Marie, comme Marcel Aymar, Jacobus et P’tit Belliveau. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Les enfants ont fabriqué des cartes postales et des objets bruyants, en vue du tintamarre de Yarmouth. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Le prochain Congrès mondial acadien se tiendra en 2029 dans une autre région, qui n’a pas encore été dévoilée. On sait tout de même que les candidatures à l’étude sont le Grand-Bouctouche, au Nouveau-Brunswick, et la Baie des Chaleurs, un partenariat Nouveau-Brunswick/Québec.

« La libération queer ne se fait pas dans un silo » pour Fierté dans la capitale

OTTAWA – Le Festival de Fierté dans la capitale a débuté samedi et se déroule jusqu’au 25 août, sous le thème Écoute. Apprends. Agis. L’événement débute pourtant avec une controverse, alors que des regroupements juifs, le maire de la ville et d’autres organisations se retirent des activités, accusant le conseil d’administration d’antisémitisme et de détourner le défilé de la Fierté en manifestation propalestinienne.

C’est une déclaration émise le 6 août par Fierté dans la capitale qui est à l’origine de cette vague de réactions. L’organisme y dénonçait autant l’antisémitisme que l’islamophobie, puis critiquait vivement les actions du gouvernement israélien dans la Bande de Gaza et en Cisjordanie.

L’organisme accusait aussi Israël de faire du « maquillage en rose », ou pink-washing, une pratique qui consiste à adopter une position alliée à la communauté LGBTQ+ en surface, pour faire passer des messages (souvent commerciaux, mais ici politiques) qui n’ont en fait rien à voir avec la lutte contre l’homophobie.

Le défilé de Fierté dans la capitale aura lieu le dimanche 25 août, sans la participation du maire Mark Sutcliffe. Photo : Gracieuseté de Fierté dans la capitale

Fierté dans la capitale annonçait du même souffle une série de mesures, incluant de « reconnaître le génocide en cours en Palestine dans notre mot d’ouverture aux événements phares du Festival de la Fierté dans la Capitale. »

En poste à la co-présidence du conseil d’administration, Francesco MacAllister-Caruso a réaffirmé la position de l’organisme ce samedi, suite à une demande de précision d’ONFR.

« Il est important de ne pas oublier que la Fierté, à la base, se veut un mouvement de libération et de défense des droits de la personne. Les demandes énoncées dans notre déclaration – soit la protection des civils, le retour des otages pris par le Hamas, le respect du droit international et une fin à cette guerre horrible – n’enlèvent rien à notre solidarité envers les communautés juives, qui elles aussi vivent une hausse des crimes haineux. Nous réitérons que nous ne tolérons aucune forme de discrimination ou de haine à nos événements, y compris l’antisémitisme. »

De vives réactions

Au lendemain de la déclaration du 6 août, la Fédération juive d’Ottawa s’est dite choquée. Une semaine plus tard, l’organisme a annoncé se retirer du défilé de la Fierté prévu plus tard ce mois-ci, « suite au refus de Fierté dans la capitale d’ajuster sa position ».

Le maire d’Ottawa, Mark Sutcliffe, a ensuite déclaré sur X (anciennement Twitter) qu’il ne participerait pas aux activités de Fierté dans la capitale, tout en réitérant sa présence à des événements tiers pour souligner la période de la fierté dans sa ville.

« Je suis déçu qu’en dépit des conversations avec la communauté juive, le conseil d’administration de la Fierté de la capitale ait choisi de s’en tenir à sa déclaration originale qui a causé beaucoup de peine et de détresse à de nombreux membres de la communauté juive. »

Depuis, le Centre hospitalier pour enfants de l’Est de l’Ontario (CHEO) et l’hôpital d’Ottawa ont aussi retiré leur participation officielle au défilé, selon des notes internes obtenues par certains médias, dont CTV.

Les communautés LGBTQ+ subissent aussi une montée de la haine qui a récemment été dénoncée par différents organismes de la région. Photo : Gracieuseté de Fierté dans la capitale

De son côté, la conseillère municipale du quartier Somerset d’Ottawa, Ariel Troster, a adopté une position plus modérée. Elle-même membre des communautés juive et LGBTQ+, elle affirme sur sa page Facebook être profondément déçue de la décision de la Fédération juive d’Ottawa.

« Avoir à choisir entre d’où l’on vient et ce que l’on est, c’est extrêmement douloureux », écrit-elle avant de confirmer sa présence aux activités de Fierté dans la capitale.

Dans sa déclaration, Ariel Troster indique aussi ne pas avoir été surprise de la déclaration du 6 août. « Je veux réitérer que la Fierté est, et a toujours été politique. (…) Critiquer les actions du gouvernement israélien n’est pas antisémite et je n’en ai pas personnellement été offensée », indique-t-elle tout en reconnaissant que certains juifs se sont sentis effacés par la façon dont la déclaration était écrite.

Pas de lutte en silo

Dans une entrevue accordée à ONFR avant les récents événements, Francesco MacAllister-Caruso expliquait sa vision d’inclusion.

« Avec le moment dans lequel on vit, qui est très instable et inquiétant pour plusieurs personnes marginalisées, c’est encore plus important pour nous de se montrer solidaire d’autres causes, de ne pas tenter de rester dans notre silo. Parce qu’on sait que la libération queer ne se fait pas dans un silo. »

Francesco MacAllister-Caruso occupe la coprésidence du conseil d’administration de Fierté dans la capitale. Photo : Gracieuseté de Fierté dans la capitale

Iel citait en exemple Zaffa : Une vitrine arabe et queer comme un événement phare du festival pour discuter des enjeux vécus par les personnes LGBTQ+ arabes, ici et à travers le monde. Zaffa aura lieu le 21 août, à la Quatrième salle du Centre national des arts (CNA), et inclura également des performances de drag.

La programmation du festival de Fierté dans la capitale inclut aussi des collaborations, comme l’événement Kiki Ball Réveillez-vous Ottawa!, organisé avec le Réseau des hommes gais noirs de l’Ontario.

Francesco MacAllister-Caruso indiquait également que la rétroaction de la communauté, du comité jeunesse et des autres organismes communautaires de la ville était importante pour améliorer le festival et le garder inclusif d’année en année.

Une programmation variée

Rien ne semble changer du côté de la programmation. Le lever de drapeau à l’hôtel de ville d’Ottawa aura lieu comme prévu ce lundi.

Plusieurs spectacles se dérouleront jusqu’à la journée du défilé, le 25 août. Quelques artistes francophones, dont Sarahmée, Jessy Lindsay et Makhena prendront part à la fête.

Makhena Rankin-Guérin, danseuse de cerceaux et artiste anichinabée et franco-ontarienne. Photo : Grancieuseté de Fierté dans la capitale

Les curieux qui voudraient participer pour la première fois à des événements de la Fierté peuvent commencer par le pique-nique familial (18 août) ou la foire communautaire (24 et 25 août).

Le 22 août, au théâtre du Musée des beaux-arts du Canada, se tiendra Accent queer : panel francophone sur la rédaction inclusive. En tant que francophone, Francesco MacAllister-Caruso a particulièrement hâte d’entendre les discussions.

« La langue française est une valeur qui tient à cœur à beaucoup de francophones. Certains perçoivent des attentes de la moderniser comme étant des attaques ou des menaces. On essaie de se positionner dans ce discours politique pour montrer qu’on peut respecter la langue française et qu’on peut bien la parler, tout en étant plus inclusif. »

Le festival de Fierté dans la capitale se déroule jusqu’au 25 août, jour du défilé de la Fierté. Les organisateurs s’attendent à recevoir 100 000 visiteurs pour l’ensemble des activités du festival.

Jules Chiasson : pour que l’Acadie grandisse unie

HALIFAX – Directeur général de la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse (FANE) depuis 2023, ce natif du Cap-Breton y avait fait ses débuts 50 ans plus tôt. Acteur clé de la francophonie en Nouvelle-Écosse, il a aussi œuvré auprès des communautés francophones de plusieurs provinces de la côte Est canadienne, lui conférant une vision solide pour imaginer le futur d’une Acadie néo-écossaise contemporaine, fière de son patrimoine, mais qui se renouvelle.

« Prendre la direction de la Fédération acadienne en 2023 constituait finalement un retour aux sources pour vous…

La FANE a été fondée en 1968 et j’ai en effet été le premier jeune au conseil d’administration dès ses débuts. D’ailleurs, après mes études à l’Université de Moncton, tout jeune, j’ai eu mon premier poste permanent au sein de la fédération en tant que coordonnateur culturel quelques années.

Elle est le porte-parole principal de la population acadienne et francophone de la Nouvelle-Écosse et regroupe maintenant 12 organismes régionaux, 15 organismes provinciaux et sectoriels et deux institutions.

La Maison acadienne, locaux de la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse. Photo : Sandra Padovani/ONFR

Vous avez évolué dans le monde des médias et de la radio pendant longtemps. Quelles en ont été les principales étapes ?

J’ai en effet travaillé pendant 28 ans en tout chez Radio-Canada Acadie et ce jusqu’en 2008.

D’abord en tant que réalisateur radio pour la première émission de radio francophone pour la Nouvelle-Écosse depuis Moncton, puis, en tant que producteur radio à Halifax, en Ontario à Toronto et Sudbury, et au Québec à Trois-Rivières.

Je me suis bien promené en faisant le tour des stations régionales ce qui m’a permis de connaitre la francophonie un peu partout.

Vous avez également dirigé un certain nombre d’organismes francophones dans différentes provinces ?

Par la suite, j’ai évolué dans la francophonie pour des organismes communautaires, notamment dans la santé, en tant que directeur général d’Égalité Santé en français au Nouveau-Brunswick, puis directeur général du Conseil communautaire du Grand-Havre à Halifax.

En parallèle, mon épouse et moi avions acheté une auberge au Québec, à Val-Morin dans les Laurentides. Sur place, j’ai eu l’occasion de travailler pendant deux ans auprès d’un député fédéral comme agent de circonscription, au plus près des communautés québécoises.

Je suis par la suite devenu directeur général de l’Association francophone des aînés du Nouveau-Brunswick pendant deux ans. Puis, on est venu me trouver pour le poste de directeur général de la FANE dès 2023. J’ai comme bouclé la boucle !

Lors de la visite récente du ministre des Langues officielles Randy Boissonneault (au centre), avec des membres de la FANE, dont Jules Chiasson et Denise Comeau-Desautels, la présidente (à gauche au premier plan). La rencontre, à l’Acadie de Chezzetcook, site historique et musée acadien membre de la FANE, visait à discuter d’enjeux importants pour la communauté francophone et acadienne en Nouvelle-Écosse. Photo : Gracieuseté de la FANE

Photo : Gracieuseté de la FANE

Est-ce que l’identité acadienne était fondamentalement ancrée dans le milieu dans lequel vous avez grandi en Nouvelle-Écosse?

J’ai baigné dans cet univers. Mon père était très impliqué dans les organismes communautaires acadiens, donc ça a commencé par la famille. Ce qu’il est intéressant de noter par rapport à l’école à l’époque, c’est que les professeurs nous parlaient en français, mais les manuels étaient en anglais (sauf pour le cours de français).

L’école acadienne ne date que des années 70. C’est en 1996 seulement que nous avons eu un conseil scolaire acadien. Certains enseignants nous racontaient cependant notre histoire acadienne, même si ce n’était pas dans les programmes. Donc ça a toujours été présent pour moi.

Mon Chéticamp natif, qui a toujours été fier de son héritage, avait la Société Saint-Pierre qui visait à promouvoir la langue française et la culture avant même que l’infrastructure ne se développe en ce sens.

Si vous deviez résumer les principaux symboles de la culture acadienne ?

Le drapeau acadien bien sûr, le phare, toutes les communautés acadiennes se trouvant sur les côtes, et, de plus en plus, la musique, la danse, l’artisanat, la culture promue dans les écoles (Nous en avons 23 maintenant !).

Je dirais aussi que l’accent français acadien, qui est différent d’une région à l’autre, fait partie de ces symboles. C’est pareil pour les autres provinces des Maritimes, dont l’accent change même parfois d’un village à l’autre !

Jules Chiasson a été le maître de cérémonie lors du lancement historique du mois d’août comme premier Mois du patrimoine acadien en Nouvelle-Écosse, le 1e août à Province House, Halifax. Photo : Gracieuseté de la FANE

Y a-t-il un sentiment d’appartenance acadien commun à toutes les provinces de l’Atlantique?

De plus en plus. Au niveau institutionnel, il y a un certain rapprochement : on a la Société nationale de l’Acadie qui regroupe la FANE, la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick, de l’Île-du-Prince-Édouard, de Terre-Neuve. Mais, de façon générale, il y a un certain lien de famille, de solidarité entre les Acadiens des 4 provinces de l’Atlantique, je le ressens. En remontant le temps, on vient de la même souche.

Quels sont les plus grands défis que vous identifiez et sur lesquels vous aimeriez œuvrer dans le cadre de votre nouveau rôle à la FANE ?

En faisant le tour de la province, je me rends compte qu’il y a eu de nombreux progrès structurels, mais que la francophonie en Nouvelle-Écosse a encore du chemin à faire sur certains aspects.

Il y a de plus en plus d’immigration francophone qui arrive et nous y sommes ouverts, car elle est importante pour le poids démographique. On était 5 % en 1971, en 2021 on ne représente plus que 2,9 % de la population.

Mais j’entends objecter : « Oui, mais est-on prêts à être dirigés par des personnes de l’étranger ? ». C’est ce « mais » qui m’inquiète. De la même façon, si on n’amène pas les nouveaux arrivants à connaitre la communauté, ils risquent de se créer un ghetto et il n’y aura pas les échanges qu’il devrait y avoir entre les communautés.

Quelles solutions envisagez-vous ?

Ces nouveaux venus doivent comprendre que la Nouvelle-Écosse est une province anglophone certes, mais avec des communautés acadiennes présentes depuis 400 ans (il y a 12 communautés francophones autour de la province), comprendre et respecter leur histoire.

Mais il faut les intégrer nous aussi. Nous avons maintenant des immigrants à la tête d’organismes provinciaux donc ça commence un peu, mais on peut aller plus loin, travailler ensemble et développer un projet de société qui bénéficie à tous.

On n’a pas à nier notre culture et notre patrimoine, on a juste à recréer et bâtir avec la société d’aujourd’hui. C’est le moment de faire l’évaluation de la situation actuelle au niveau démographique, économique et socioculturel de l’ensemble de la communauté acadienne de la Nouvelle-Écosse. C’est mon gros projet pour lequel je me donne deux ans pour avoir un plan de développement global pour les prochaines dix années ! Après ça, je serai prêt à tirer ma révérence ! »

1953 : Naissance le 21 décembre à Chéticamp, sur l’Île du Cap-Breton de la Nouvelle-Écosse.

1968 : Siège très jeune au conseil d’administration dès les débuts de la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse (FANE).

1979-80 : Débute chez Radio-Canada Acadie en tant que réalisateur radio à Moncton, avant de devenir producteur à Halifax, puis directeur de la radio à Moncton, Toronto, Sudbury et Trois-Rivières.

2008 : Après 28 ans dans les médias, il devient directeur général de plusieurs organismes francophones, tour à tour au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse.

2023 : Devient directeur général de la FANE en juin.

Changement à la barre du ministère de l’Éducation : Smith démissionne, Dunlop lui succède

TORONTO – Pas de rentrée scolaire pour Todd Smith. Le ministre de l’Éducation a annoncé ce vendredi sa démission après seulement dix semaines à la tête du ministère. C’est dans un communiqué que le ministre a fait part de son intention de rejoindre le secteur privé. Jill Dunlop lui succède, tandis que Nolan Quinn reprend le portefeuille des Collèges et Universités.

Nommé ministre de l’Éducation lors d’un remaniement en juin dernier, Todd Smith a qualifié sa décision de difficile, tout en remerciant sa famille pour le soutien constant durant ses 13 années de carrière à l’Assemblée législative.

Élu pour la première fois en 2011, alors que les progressistes-conservateurs étaient dans l’opposition, Todd Smith représente depuis lors la circonscription de Bay of Quinte. Vétéran du gouvernement Ford depuis 2018, il a occupé plusieurs postes ministériels (Services gouvernementaux et des consommateurs, Développement économique, Services à l’enfance, sociaux et communautaires, Énergie, Éducation) et a également servi comme leader parlementaire du gouvernement.

Après l’annonce de sa démission, le premier ministre Ford a déclaré dans un communiqué que Todd Smith quittait la politique avec « un bilan dont il peut être extrêmement fier ».

« Du fond du cœur, je tiens à remercier Todd pour ses nombreuses années de service au sein de notre gouvernement, de notre province et de notre parti », a écrit le premier ministre dans un message publié sur X (anciennement Twitter).

Départ soudain et nomination de Jill Dunlop

Un peu plus tard dans la journée, le bureau du premier ministre a officialisé la nomination de la ministre Jill Dunlop à l’Education, elle-même remplacée par Nolan Quinn aux Collèges et Universités. Le député de Stormont-Dundas-Glenngarry était jusqu’ici ministre associé des Forêts.

Rejoignent en outre le Conseil des ministres Kevin Holland en tant que ministre associé des Forêts et des Produits forestiers, relevant du ministère des Richesses naturelles et Graham McGregor en tant que nouveau ministre associé de la Lutte contre le vol d’automobiles et de la Réforme relative aux mises en liberté sous caution, au sein du ministère du Solliciteur général.

En entrevue avec ONFR, Stéphane Sarrazin, député de la circonscription de Glengarry-Prescott-Russell s’est dit étonné d’apprendre ce départ.

« Honnêtement, je ne m’y attendais pas du tout. Ça fait quelques semaines que je n’ai pas parlé directement avec Todd, mais c’est vraiment une grosse surprise. »

Jill Dunlop quitte le ministère des Collèges et Universités pour prendre en charge l’Education. Archives ONFR

Stéphane Sarrazin a été l’assistant parlementaire du ministre Smith pendant près de deux ans, lorsqu’il était ministre à l’Énergie.

Comme ancien collègue de travail, le député de l’Est ontarien se souvient d’un ministre « très dévoué et un membre clé de notre gouvernement, quelqu’un qui a vraiment apporté beaucoup. Il a même été leader parlementaire, donc je n’ai vraiment pas vu ça venir. Je compte bien entrer en contact avec lui dans les prochains jours. »

Le député franco-ontarien souligne aussi le travail majeur effectué dans l’énergie pour la province. « Je lui lève mon chapeau. Il a fait un travail incroyable », ajoute-t-il.

De son côté, la cheffe de l’opposition, Marit Stiles, a critiqué la démission soudaine du ministre Smith, affirmant que les secteurs de l’éducation et des services de garde sont en crise.

« Après moins de trois mois en poste et à peine quelques semaines avant le début de l’année scolaire, le ministre de l’Éducation de Ford jette l’éponge et se dirige vers le secteur privé. Les familles méritent un gouvernement qui investit dans les écoles, réduit les tailles de classes et place les élèves en priorité. Au lieu de cela, c’est davantage de chaos et d’incertitude de la part d’un gouvernement qui considère toujours les enfants comme une préoccupation secondaire », a-t-elle écrit.

La présidente de l’AEFO espère que la personne qui succédera à Todd Smith aura une volonté réelle de collaborer avec eux et les autres acteurs du système d’éducation en Ontario pour soutenir l’avenir de l’éducation en langue française dans la province. Photo : Archives ONFR

Enfin, la présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), Anne Vinet-Roy, a déclaré : « Le départ soudain du ministre de l’Éducation, Todd Smith, seulement quelques semaines après son entrée en fonction, soulève de sérieuses préoccupations quant à la stabilité et à la continuité des politiques éducatives en Ontario. »

Dans sa déclaration envoyée à ONFR, la présidente réaffirme que « les travailleuses et les travailleurs en éducation, les élèves et leurs familles ont besoin d’un leadership solide et engagé pour répondre aux défis actuels. »

Feux de forêt dans le Nord ontarien : ces pompiers volontaires qui risquent tout pour protéger leur communauté

À Chelmsford dans le Nord ontarien, 24 pompiers volontaires œuvrent à protéger la communauté contre les feux de forêt, de plus en plus fréquents dans la région depuis les dernières années. Qu’est-ce qui motive ces bénévoles à affronter les flammes? Le capitaine Claude Daoust, qui compte plus de 50 ans de service, nous accompagne durant un entraînement de feu de forêt pour nous parler de son équipe, des dangers potentiels qui la guettent et des précautions à prendre.

Casselman demande un financement pour une nouvelle source d’eau potable

CASSELMAN – La saga de l’eau brune contaminée au manganèse à Casselman, village franco-ontarien de l’Est de l’Ontario, touche-t-elle à sa fin? Alors que les résidents redoutaient de voir, une fois de plus cet été, de l’eau brune et nauséabonde couler de leurs robinets, la municipalité se veut rassurante : la situation serait désormais sous contrôle.

Au printemps dernier, la municipalité a eu l’idée d’acheter de l’eau à sa voisine Clarence-Rockland. Pour ce faire, il suffira de se connecter à son système d’eau municipale puisée dans la rivière des Outaouais.

« Il est maintenant évident que la rivière de la Nation Sud ne fournit pas de débit suffisant en été, et les problèmes que nous rencontrons à Casselman pourraient s’aggraver avec le temps », croit Geneviève Lajoie, mairesse de la ville.

« Avec le temps et les changements climatiques, nous risquons de manquer d’eau un jour »
— Geneviève Lajoie, mairesse de Casselman

Pour démarrer les travaux de construction, la municipalité sollicite un investissement de 75 millions de dollars des gouvernements provincial et fédéral.

« Nous ne nous attendons pas à ce qu’un seul des deux finance la totalité du montant, mais nous avons besoin de ces 75 millions pour sécuriser un pipeline reliant Clarence-Rockland à Casselman. C’est une nécessité. Nous n’avons pas d’autre choix. »

Lajoie
Geneviève Lajoie, mairesse de Casselman rejoindra le 20 août une délégation à la rencontre de la ministre ontarienne de l’Infrastructure pour lui soumettre un plan afin d’obtenir une nouvelle source d’eau potable. Photo : ONFR/Stéphane Bédard

Mme Lajoie insiste : « Le gouvernement doit nous accorder ce financement, car l’eau à Casselman n’est pas une solution viable à long terme. Elle ne provient même pas d’une grande source, mais de plusieurs ruisseaux qui se rejoignent. Avec le temps et les changements climatiques, nous risquons de manquer d’eau un jour. »

D’après la mairesse, Clarence-Rockland et La Nation ont récemment sollicité des fonds auprès du gouvernement provincial pour démarrer la construction des conduites d’eau. « Si le ministère choisit de financer ces projets, il serait logique qu’ils approuvent également le nôtre. »

La ville de Casselman se trouve enclavée dans la ville de La Nation. Pour atteindre les conduites d’eau de Clarence-Rockland, elle devra traverser ces deux municipalités. Photo : Capture d’écran/ Google Map

En entrevue avec ONFR, le maire de Clarence-Rockland, Mario Zanth, s’est dit prêt à aider la municipalité, mais prévient que rien n’est encore décidé. « Ce sera au conseil de prendre la décision, mais nous n’avons encore rien signé. Ma priorité reste Clarence-Rockland et, si nous le pouvons, nous sommes toujours ouverts à aider nos voisins. »

D’une longueur de 1271 km2, l’Outaouais prend sa source principale dans le lac des Outaouais. Cette grande rivière approvisionne de nombreux villages de l’Est ontarien, dont Ottawa et Clarence-Rockland. Photo : Canva

Un partenariat similaire existe déjà avec le village de La Nation, mais M. Zanth veut éviter tout quiproquo : « Nous avons eu une bonne délégation à Toronto, au mois de janvier, incluant Clarence-Rockland, La Nation et Casselman. Nous avons fait des demandes et attendons des réponses, mais pour l’instant, tout est hypothétique. »

Mario Zanth
Mario Zanth est le maire de Clarence-Rockland. Ce dernier s’inquiète des changements climatiques qui affectent de nombreuses municipalités dans la région de Prescott et Russell. Photo : Stéphane Bédard

Des fonds disponibles pouvant soutenir Casselman dans sa transition

En début août, le gouvernement provincial a annoncé un investissement de 970 millions de dollars dans les infrastructures d’eau potable et d’eaux usées, dans le cadre de la première phase du Fonds pour les systèmes d’eau favorisant le logement. Cette première phase financera 54 projets répartis sur 60 municipalités, visant à « développer, réparer, réhabiliter et étendre les infrastructures d’eau potable, d’eaux usées et d’eaux pluviales ».

Dans un échange de courriels, le porte-parole du ministère de l’Infrastructure a confirmé que « les municipalités et les députés provinciaux sont encore en train d’annoncer les projets retenus, et la liste complète sera publiée au début de l’automne. » Pour l’instant, seuls 11 sont retenus pour l’Est ontarien.

Répartition des 54 projets du ministère de l’Infrastructure. Photo : Capture d’écran/ Gouvernement de l’Ontario

Un été plus calme pour les résidents de Casselman

Les pluies abondantes de juin et juillet auraient contribué à diluer les concentrations de manganèse dans la Rivière de la Nation Sud, même si Mme Lajoie attribue également ce succès au projet pilote lancé en mai dernier.

Pour réduire les taux de manganèse, la municipalité a mis en place une solution temporaire : l’installation d’un générateur de dioxyde de chlore pour désinfecter l’eau et réduire la turbidité.

Le manque d’eau dans la rivière avait été identifié comme étant la cause principale d’un taux historique de manganèse dans l’eau potable du village l’été dernier. Jusqu’à 0,45mg/L de manganèse avait été retrouvé alors que la concentration maximale acceptée par Santé Canada est fixée à 0,12 mg/L.

« Il y a eu du progrès. Maintenant, il ne nous reste à obtenir l’aide du gouvernement et un financement pour aller de l’avant avec le projet d’une nouvelle source d’eau. »

Quant à lui, le projet pilote devra tenir, le temps de rejoindre le plan d’eau voisin. Selon les estimations municipales, le raccordement avec Clarence-Rockland pourrait prendre entre six et sept ans avant d’être pleinement opérationnel.

Depuis mai, les résidents de Casselman sont également invités à économiser l’eau afin de respecter la capacité hydraulique de l’usine de traitement. « Le système de traitement ne peut pas répondre à la demande, explique Mme Lajoie. Si nous pouvions réduire notre consommation, nous pourrions traiter davantage. »

Cependant, cette restriction est perçue par certains comme une privation supplémentaire, comme en témoignent les commentaires sur le groupe Facebook « Casselman and area – I NEED TO KNOW », qui regroupe plus de 4800 habitants du village.

Sous une question posée par ONFR sur la situation de l’eau à Casselman, plusieurs commentaires font état d’une situation plutôt stable. Photo : Capture d’écran/ Facebook

Actuellement, Mme Lajoie cherche à recueillir des témoignages pour dresser un portrait de la situation vécue par Casselman. Le 20 août prochain, lors des conférences de l’Association des municipalités de l’Ontario (AMO), elle rencontrera la ministre de l’Infrastructure, Kinga Surma, pour lui présenter ces témoignages et espérer conclure un accord de principe.

À ce jour, seulement deux personnes ont répondu à cet appel, malgré le grand nombre de membres actifs sur le groupe Facebook.

La publication de la mairesse sollicitant des témoignages n’a pas encore attiré suffisamment de participants. Photo : Capture d’écran/ Facebook

Le maire de Clarence-Rockland et collègue de Mme Lajoie aux Comtés unis de Prescott et Russell n’a pas obtenu de délégation pour les conférences de l’AMO, mais il se réjouit que sa collègue ait pu en avoir une auprès de la ministre de l’Infrastructure. « J’espère qu’elle obtiendra bientôt un nouveau système d’eau. La question n’est plus de savoir si elle doit l’avoir, mais plutôt quand elle pourra l’obtenir », affirme-t-il.

Si Casselman doit attendre jusqu’à l’automne prochain pour savoir si la province lui accordera un financement, il pourrait encore falloir patienter davantage avant de confirmer que Clarence-Rockland lui vendra effectivement de l’eau.

Pour Geneviève Lajoie, « les préoccupations et les peurs ressenties l’été dernier étaient fondées. Les habitants avaient toutes les raisons de s’inquiéter », déclare-t-elle, avant d’ajouter : « Nous avons mis en place une technologie qui, espérons-le, résoudra le problème du manganèse. C’est quelque chose que nous avons réalisé en moins d’un an, et je travaille jour et nuit pour eux. »

Le Québec montre le mauvais exemple dans sa gestion des minorités linguistiques, selon l’AFO

QUÉBECLe ministère de la Santé du Québec a publié une directive de 31 pages définissant les circonstances exceptionnelles dans lesquelles l’anglais peut être utilisé dans les hôpitaux et autres établissements médicaux. Jugées dangereuses par la communauté anglophone du Québec, ces mesures suscitent des inquiétudes aussi en Ontario. L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) exhorte le premier ministre du Québec, François Legault, à ne pas donner un mauvais exemple en matière de soins dans la langue maternelle, soulignant le risque que cela pourrait représenter pour la minorité francophone à travers le Canada.

Dans une lettre envoyée au premier ministre québécois, l’AFO écrit : « Nous craignons que cette directive, bien que motivée par de bonnes intentions, ne crée un précédent susceptible de nuire aux minorités francophones hors Québec, en imposant des barrières à l’accès aux services de santé et aux services sociaux dans la langue minoritaire : le français. »

Dans cette missive, l’association porte-parole des Franco-Ontariens tente de sensibiliser le premier ministre à la pratique ontarienne en matière de droit linguistique dans le milieu de la santé, indiquant qu’« en Ontario, nous avons récemment obtenu une avancée significative avec la Loi modernisée sur les services en français, dont le règlement sur l’offre active est entré en vigueur en avril 2023 et impose aux organismes assujettis de faire de l’offre active de services en français. »

L’organisme ajoute : « Cela va au-delà de simplement donner des services en français lorsque la compréhension est impossible en anglais (…). Cela signifie que les fournisseurs de services doivent offrir au client le choix de se faire servir en anglais ou en français. »

Dans la directive du ministère de la Santé du Québec, c’est l’inverse qui est proposé. Par exemple, « l’intervenant (en santé) doit d’abord communiquer avec l’usager en français. En effet, l’existence de la faculté d’utiliser une autre langue ne doit pas entraîner une utilisation systématique d’une autre langue que le français. »

Des directives qui touchent les droits de la minorité

C’est un sujet qui résonne en Ontario. Depuis longtemps, les organismes francophones de la province rappellent l’importance de recevoir des soins dans la langue maternelle.

C’est aussi ce que plusieurs députés dénoncent, comme le ministre des Langues officielles, Randy Boissonnault, via une publication sur le réseau social X.

Le ministre des Langues officielles, Randy Boissonnault a partagé son opinion concernant la nouvelle directive la semaine dernière sur la plateforme X. Photo : capture d’écran/ X

La députée de Notre-Dame-de-Grâce-Westmount, à Montréal, Anna Gainey, a de son côté fait appel au ministre fédéral de la Santé, Mark Holland, pour qu’il intervienne en vertu de la Loi canadienne sur la santé.

Dans une déclaration officielle publiée sur X mercredi soir, la députée libérale a exprimé ses « préoccupations sérieuses » au sujet de la directive, qui restreint l’utilisation des langues autres que le français dans le secteur de la santé.

Cette directive de 31 pages du ministère de la Santé exige notamment que les « anglophones historiques » obtiennent un certificat d’admissibilité du ministère de l’Éducation pour pouvoir demander et recevoir des services médicaux uniquement en anglais.

La députée Anna Gainey a partagé sur X l’inquiétude de ses commettants dans sa circonscription de Montréal, en grande partie anglophone. Photo : capture d’écran/ X

Bris de confiance entre la communauté et le gouvernement

La directrice générale du Quebec Community Groups Network QCGN (équivalent de l’AFO au Québec), Sylvia Martin-Laforge, au micro d’ONFR, admet que « bien avant l’adoption du projet de loi 96, qui a renforcé le projet de loi 101, nous étions inquiets des impacts sur la communauté d’expression anglaise. »

« Le certificat d’admissibilité qui est demandé existe déjà dans le système de l’Éducation pour les ayants droit, mais d’utiliser ce certificat pour d’autres services du gouvernement est un terrain glissant », exprime-t-elle.

Parmi les circonstances exceptionnelles dans lesquelles il sera autorisé de parler anglais, nous pouvons lire que si un opérateur de la ligne de santé 811 reçoit un appel d’un adolescent en état de psychose qui parle en anglais, l’opérateur pourra également communiquer en anglais.

De plus, si un patient présente des signes indiquant que sa santé et sa sécurité pourraient être compromises à court terme « en raison de signes suicidaires, d’attitudes ou de comportements inquiétants ou menaçants », le personnel pourra utiliser l’anglais « pour assurer des soins rapides et appropriés. »

Sylvia Martin-Laforge est la directrice générale du QCGN, un organisme qui se bat pour les droits et la vitalité des communautés de langue officielle en situation minoritaire du Québec. Photo : Gracieuseté de Sylvia Martin-Laforge

Pour Sylvia Martin-Laforge, « lorsque vous allez à l’hôpital, vous cherchez à faire une prise de sang, pas un test de langue. »

Si les groupes anglo-québécois se sentent trahis par cette nouvelle directive, c’est aussi parce que le premier ministre François Legault, en mai 2022, affirmait qu’il n’y avait pas de raisons de s’inquiéter quant à l’accès aux services de santé en anglais pour les Québécois, précisant que la loi ne modifierait pas les garanties inscrites à l’article 15 de la Loi sur les services de santé et les services sociaux du Québec, qui stipule que « les personnes d’expression anglaise ont droit de recevoir des services de santé et des services sociaux en anglais. »

« Maintenant, on se méfie de tout ce que le gouvernement nous dit, affirme Mme Martin-Laforge. Ce n’est pas une question d’aménagement linguistique, mais de santé. Il est inacceptable que les politiques linguistiques influent sur l’accès aux services de santé et aux services sociaux. C’est inconcevable. »

Et l’AFO d’espérer de son côté « une mise à jour de cette directive, avec une stratégie pour soutenir une approche qui vise l’équité d’accès, la sécurité et la qualité des services », ce qui représenterait « une aide précieuse pour les communautés francophones en situation minoritaire à travers le pays ».

Quand l’art et l’activisme s’allient

Certains des événements culturels de cette semaine semblent mettre l’accent sur la communauté et le pouvoir qu’a l’art de faire avancer les causes. On le voit notamment dans la visite guidée du quartier de Kensington Market qui permettra de découvrir son passé militant et le festival artistique et culturel le plus attendu du Nord de l’Ontario, Up Here, rappelle que les ambitions de Sudbury de revitaliser son centre-ville sont en plein essor.

Visite à pied du quartier de Kensington Market

La co-présidente de la Fiducie foncière de Kensington Market Dominique Russel organise une visite guidée en collaboration avec la Société d’histoire de Toronto pour faire découvrir aux curieux l’histoire qui a façonné ce quartier prisé des Torontois. L’un des quartiers les plus connus de Toronto se distingue par son dynamisme et son sens de communauté, mais a connu un certain nombre d’épreuves face à l’impact de l’embourgeoisement, de l’influence corporative et de la hausse des coûts des logements. Bien que ses habitants soient toujours confrontés à ces enjeux, la communauté s’est montrée résiliente et a remporté des succès contre Loblaws et Walmart, notamment. Dominique Russel fera visiter le quartier tout en relatant victoires et combats passés qui font de Kensington ce qu’il est aujourd’hui.

Crédit image : Mikeinlondon/istock

Toronto, le 17 août. Détails de la visite guidée sur le site de la Société de l’histoire de Toronto.

Mimi O’Bonsawin sur scène du Festival des amateurs du méga mondial

L’auteur-compositrice-interprète autochtone Mimi O’Bonsawin se trouvera sur scène à donner vie aux chansons de ses deux derniers albums Willow et Boréale au Festival des amateurs du méga mondial au parc Rennie de St. Catharines. Ce festival gratuit de quatre jours proposera toute une série d’activités, d’événements et de concerts pour ceux et celles dans la région du Niagara. Sur le plan musical, les genres country et folk s’emparent majoritairement de la fin de semaine.

Crédit image : Jen Squires

St. Catharines, le 22 août. Accès gratuit. Détails et programmation sur le site du Festival des amateurs du méga mondial.

L’exposition phare Chats sauvages au Musée royal de l’Ontario

Des activités interactives, des objets culturels et bien d’autres choses encore sont au cœur de cette exposition minutieusement conçue au Musée royal de l’Ontario. Une occasion pour découvrir de plus près ces prédateurs exceptionnels, l’évolution des félins à travers les âges et les continents sera présentée dans le cadre de cette exposition temporaire. Les propriétaires de chats domestiqués apprécieront encore plus leur ami poilu. Pour ceux qui souhaitent faire des économies, le Musée royal de l’Ontario ouvre gratuitement les portes de ses galeries et de toutes ses expositions le troisième mardi de chaque mois entre 16h30 et 20h30.

Gracieuseté du Musée royal de l’Ontario

Toronto, jusqu’au 20 octobre. Détails et billets sur le site du Musée royal de l’Ontario.

Sudbury brille à l’occasion du festival Up Here 

Le festival de Sudbury est de retour pour sa 10e édition et mettra encore une fois la scène artistique et culturelle de Sudbury à l’avant-plan. À partir d’aujourd’hui, des dizaines d’artistes, de muralistes et de musiciens se rassembleront pour faire ressortir le meilleur de la ville de Sudbury. Des artistes francophones, autochtones et anglophones seront présents pour rappeler que la ville du Nord a beaucoup à offrir. En plus d’une programmation musicale éclectique, des visites guidées seront organisées pour ceux et celles souhaitant apprendre davantage sur les murales qui égayent le centre-ville.

Gracieuseté du festival Up Here

Sudbury, du 15 au 18 août. Billets et programmation sur le site de Up Here



Plus de spectacles et de festivaliers que jamais prévus pour le 10e festival Up Here

SUDBURY – Le festival We live Up Here est de retour ce jeudi pour une dixième édition avec plus de spectacles que jamais. Une conférence de presse suivie d’une célébration autour d’un gâteau a permis de lancer officiellement les quatre jours de festivités.

Quatre jours, une cinquantaine de spectacles et près de 160 de bénévoles : cette année le festival sudburois a vu les choses en grand pour marquer son 10e anniversaire.

Selon le cofondateur d’Up Here, Christian Pelletier, entre 12 000 à 15 000 festivaliers seraient attendus d’après les préventes de billet. Il s’agirait d’un nouveau record pour ce festival célébrant l’art urbain et la musique émergente.

« Ce qui m’émeut c’est de voir, qu’année après année, ce sont les mêmes personnes qui sont là, les mêmes partenaires qui nous soutiennent depuis le début, l’équipe ne cesse de grandir », lance-t-il la voix tremblante.

Christian Pelletier est co-directeur artistique et co-fondateur du Festival Up Here, ainsi que président de l’organisme sans but lucratif qui organise le festival, We Live Up Here. Crédit image : Tennille Heinonen

Avec comme thème « Sommes-nous encore là? », les organisateurs souhaitent faire un clin d’œil au 10e du festival qui a connu des moments d’incertitude l’an passé. « C’est devenu un ancrage dans la communauté, les commerces se sont appropriés le festival, c’est un rendez-vous incontournable dans le calendrier culturel », se félicite le Franco-Ontarien de Sudbury.

À trois semaines de l’événement, l’organisme avait appris que la subvention du programme Expérience Ontario lui était refusée pour l’édition 2023, mais, grâce à des dons privés et des commanditaires de dernière minute, le festival a pu rajouter des éléments de programmation qui avaient été retirés.

Cette année, le financement est arrivé plus tôt, suite à une demande groupée de plusieurs festivals, ce qui a permit d’avoir cette programmation très étendue. « Je suis vraiment très fier de notre programmation », lance M. Pelletier.

De belles prises cette année

C’est aussi le retour, cette année, des doubles scènes musicales c’est-à-dire des spectacles qui ont lieu en simultané à deux endroits différents. Ce procédé mis sur pause durant la pandémie permet d’offrir encore plus de scènes musicales au public aux goûts éclectiques.

Autre nouveauté, la fête durera quatre jours, soit une journée de plus que d’habitude. Cet ajout permettra de recevoir l’artiste au son électro Beverly Glenn-Copeland qui ouvre le festival jeudi soir et que l’organisateur dit essayer de faire venir à Sudbury depuis 2018.

Le groupe PUP se produira sur la scène principale samedi soir. Source : Up Here

Autre highlight de cette édition, la formation punk torontoise Bad Waitress vendredi soir et le groupe rock PUP le samedi soir, qui réunira la plus grande foule selon les estimations des ventes de billets.

Autre tête d’affiche, l’auteur-compositrice et chanteuse Allie X qui a écrit des chansons pour Dual Lipa ou encore Charli X et qui clôturera le festival dimanche soir.

Knox Hall, Place des Arts, TownEhouse Tavern, le traditionnel Up Here Square et Knowhere Public House, Reffetorio : les arts seront partout au centre-ville.

Cinq nouvelles murales

Comme chaque année, le festival est aussi l’occasion d’ajouter des couleurs aux ruelles du centre-ville. Au total, ce seront cinq peintures murales qui s’ajouteront au paysage, incluant une œuvre de l’artiste émergente de North Bay Corbin Elliot sur le mur du pont Ste-Anne-McKenzie-Elgin.

Elle remplacera, le Héron Bleu, fresque produite en 2017 par l’artiste franco-ontarienne Michelle Mique et dont l’état se détériorait selon le cofondateur du festival.

Aux critiques, Christian Pelletier répond qu’il s’agit d’une fin naturelle pour les murales du festival : « Ça fait partie du game, Michelle Mique me l’a dit elle-même, le street art c’est éphémère mais la beauté d’avoir un festival qui a dix ans c’est qu’on peut faire une rotation pour les murales les plus anciennes. »

La fresque de Michelle Mique est très appréciée des internautes qui regrettent sa disparition. Source : Up Here

Six boîtes électriques seront également peintes dans le cadre du projet annuel Power Up du festival.

Des activités pour les plus jeunes sont aussi prévues, dont des visites guidées des murales, une journée familiale samedi, un portail virtuel pour les enfants et un marché organisé par le festival.

Grâce à un partenariat avec la zone d’amélioration du centre-ville de Sudbury, l’espace alloué au festival s’étendra, cette année, jusqu’à la rue Larch pour accueillir plus d’activités extérieures.

Le prix d’un passeport pour avoir accès aux quatre jours d’activité est de 160 $. Il reste des places pour certains spectacles dont les billets sont en vente individuelle, d’autres sont gratuitement accessibles.

Préservation du français : la Nouvelle-Écosse et le Manitoba signent un accord

HALIFAX – Les ministres des Affaires francophones de la Nouvelle-Écosse et du Manitoba se sont rencontrés pour signer un accord de quatre ans. Rendu officiel cette semaine, celui-ci vise à appuyer la préservation et la promotion de la langue française et de la culture francophone dans les deux provinces.

Le ministre des Affaires acadiennes et de la Francophonie de la Nouvelle-Écosse Colton LeBlanc et le ministre responsable des Affaires francophones du Manitoba Glen Simard étaient réunis à Halifax dans le cadre du 30e Conseil des ministres sur la francophonie canadienne (CMFC).

L’accord de coopération Nouvelle-Écosse/Manitoba, signé à huis clos dans l’enceinte de l’Assemblée législative néo-écossaise, a trait à la francophonie en plein Mois du patrimoine acadien, le tout premier de la province atlantique.

« Les gouvernements de la Nouvelle-Écosse et du Manitoba collaboreront pour appuyer la préservation et la promotion de la langue française et de la culture francophone dans les deux provinces », peut-on lire dans le communiqué officiel.

En entrevue avec ONFR, le ministre manitobain Glen Simard explique les objectifs visés : « C’est un esprit de collaboration et c’est en discutant ensemble des enjeux que nous allons être capables d’améliorer nos services en français et la vitalité de nos communautés francophones. »

« Les personnes francophones jouent un rôle essentiel dans la prospérité sociale, culturelle et économique des deux provinces. Ce nouvel accord offre des occasions pour les gens de la Nouvelle-Écosse et du Manitoba de travailler ensemble de façons novatrices afin de promouvoir, de protéger et de préserver la langue française », a quant à lui déclaré le ministre néo-écossais LeBlanc.

Lors de l’ouverture du Congrès mondial acadien, celui-ci indiquait « chercher à renforcer nos liens avec différentes provinces, différents territoires et même des états pour faire avancer le français dans nos juridictions respectives. Il s’agit du troisième que je signe, le premier étant avec la Louisiane, puis le Québec et maintenant le Manitoba. Nous voulons que nos communautés francophones et acadiennes s’épanouissent. »

L’accord appuie la création d’un plan d’action bilatéral visant à cerner les initiatives dans les deux provinces. Les deux provinces commenceront par échanger des renseignements sur des sujets tels que les services en français, l’éducation, l’immigration, les services gouvernementaux provinciaux et municipaux, le développement économique, les soins de santé, le tourisme et la culture.

Acadie : une fête nationale en plein congrès mondial

YARMOUTH – Le 15 août, Fête nationale de l’Acadie, est toujours significatif dans les provinces maritimes. Mais une fois tous les cinq ans, les Acadiens fêtent encore plus fort. Ce soir, des gens de partout convergeront vers Yarmouth, dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, pour ce point culminant du Congrès mondial acadien (CMA).

« On n’a pas de pays, pas de territoire officiel. La dernière fois que Acadie a été écrit sur une carte, c’était en 1713 », explique Martin Théberge, le président de la Société nationale de l’Acadie (SNA), dans une entrevue accordée à ONFR.

« Le CMA nous permet de faire semblant qu’on a un pays, pendant dix jours. On est entre Acadiens, de partout dans le monde, et on vit ça ensemble. Il y a un élément de fierté, de rencontres, de nouvelles et de vieilles amitiés, et l’on crie ensemble qu’on est encore là. »

Les Acadiens ne se font pas prier pour afficher leurs couleurs à la Fête nationale et pendant le CMA. Photo : Rachel Crustin / ONFR

En effet, depuis le début du CMA, on entend les gens se raconter leur pedigree. En plus des francophones de la Baie Sainte-Marie (Clare) et de Par-en-bas (Argylle), la région hôtesse, et ceux de la Nouvelle-Écosse en général, beaucoup de Louisianais sont présents. On croise évidemment de nombreux Néo-Brunswickois, quelques Québécois, notamment des Îles-de-la-Madeleine, et même des Franco-Ontariens et des gens de l’Ouest canadien qui ont un lien ou un autre avec l’Acadie.

Croisée lors d’une activité familiale du CMA, Dominique Leblanc, de Fredericton, au Nouveau-Brunswick, souhaite en profiter pour transmettre sa culture à ses enfants. « Le 15 août, c’est la communauté, c’est la musique, les traditions, l’Histoire, la culture qui m’habite, creux dans mon cœur. »

Pour sa part, Skylar Saulnier n’a pas eu à voyager pour le CMA, car elle habite la région de Clare. Si nombre de ses concitoyens comparent 2024 à leur expérience de 2004, lorsque la province au complet avait accueilli le CMA, elle était trop jeune pour s’en souvenir clairement. « C’est vraiment beau. Les spectacles sont amazing. Je suis fière de voir tout le monde participer », exprime celle qui se prépare pour son premier tintamarre.

Faire du bruit

Le tintamarre est un élément important dans la tradition du 15 août. Il s’agit d’une marche durant laquelle les Acadiens font le plus de bruit possible afin de souligner que leur peuple est encore là bien vivant, malgré le Grand dérangement de 1755, année de la déportation des Acadiens par les Anglais.

Les organisateurs du CMA attendent entre 8000 et 12 000 personnes pour le spectacle de la Fête nationale jeudi soir, mais Martin Théberge croit que ce nombre pourrait grimper jusqu’à 15 000 pendant le Tintamarre, qui se tiendra au centre-ville de Yarmouth à 17 h 55.

Le lieu choisi revêt également une signification supplémentaire. « Dans la plupart des CMA, nous étions des francophones en milieu relativement francophone. Alors que là, Yarmouth est une ville anglophone. On dit aux autres qu’on est encore là, on n’est pas juste en train de se le dire à nous », sourit le président de la SNA.

La veille du tintamarre, le CMA avait organisé une activité pour que les enfants fabriquent des objets bruyants. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Bien sûr, même si les Acadiens sont nombreux à se rassembler dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse cette année, la Fête nationale de l’Acadie continue d’être célébrée un peu partout. Le Festival acadien de Caraquet, au Nouveau-Brunswick, est traditionnellement l’endroit où se déroule le Grand Tintamarre le plus connu.

Joint au téléphone, son directeur général et artistique, Matthieu Girard, souligne que son événement connaît aussi une année faste, citant des raisons comme la programmation de qualité, le beau temps, la promotion, etc. Il ne voit pas le CMA comme une compétition, bien au contraire. « Tout ce que ça fait, c’est que ça ajoute du momentum et que ça met l’Acadie à l’avant-plan, explique Matthieu Girard. Ça fait qu’on occupe un espace médiatique plus important, et ça ne fait qu’aider notre festival encore plus. »

Bon an mal an, environ 15 000 personnes se rassemblent pour le Grand Tintamarre dans les rues de Caraquet, une ville de plus ou moins 4500 habitants. « Cette densité soudaine donne un moment toujours unique. Comme dans l’idée du CMA, c’est un rassemblement intensif d’Acadiens et d’Acadiennes et d’Acadiens d’adoption, par alliance ou par amour… ça galvanise tout le monde. Ça nous donne le sentiment de la force du nombre, d’être ensemble, alors qu’on peut parfois se sentir éloignés, parsemés dans nos communautés. »

Dans un tintamarre, on suggère d’apporter beaucoup de couleurs et, bien sûr, des objets pour faire du bruit. En poste depuis avril, Matthieu Girard souhaite trouver une façon d’augmenter l’excentricité, pour ajouter un côté carnavalesque au rassemblement de Caraquet. « C’est un spectacle populaire. Ce ne sont pas des professionnels. C’est tout le monde qui s’habille, tout le monde qui fait du bruit. C’est ça qui est beau », conclut-il.

Le spectacle

Si des célébrations ont lieu un peu partout en Acadie, c’est évidemment au CMA que se trouvera la grosse gomme des artistes acadiens, pour le spectacle qui sera diffusé sur les ondes de Radio-Canada.

L’organisation a choisi l’aéroport de Yarmouth comme lieu de « décollage ». Coanimé par l’humoriste Ryan Doucet et la femme de théâtre et de cinéma Anika Lirette, le spectacle mettra en vedette des monuments comme Edith Butler et Zachary Richard.

La foule à l’ouverture du CMA, le 10 août. Les gens seront encore plus nombreux ce soir pour le spectacle de la Fête nationale. Photo : Rachel Crustin / ONFR

« Je suis très heureuse d’être au Congrès mondial acadien. Je pense que je les ai tous faits », lance Edith Butler, rencontrée entre deux répétitions.

Zachary Richard se dit pour sa part « étonné » d’être au Congrès mondial acadien encore cette année. « Je suis très reconnaissant de cette expérience et je suis étonné d’en faire partie. Il y a 30 ans, à Shediac (au Nouveau-Brunswick), lors du premier congrès mondial de l’époque moderne, je n’avais pas d’idée de l’élan que ça allait donner. »

Le vétéran de la musique louisianaise évoque « des hauts et des bas dans notre aventure. Il y a un énorme défi de s’adresser aux nouvelles générations, surtout pour renforcer la langue française. »

Un défi qui sera relevé grâce à des artistes particulièrement en vogue qui seront également du spectacle de la fête nationale, comme Lisa Leblanc et P’tit Belliveau. Ce dernier vient d’ailleurs de recevoir le prix Acadie-Québec des mains du ministre québécois de la Langue française et des Relations franco-canadiennes, Jean-François Roberge, qui était de passage au CMA dans les derniers jours. Cette reconnaissance est remise en collaboration avec la SNA et souligne « l’apport remarquable de personnes et d’organismes de l’Acadie et du Québec à l’établissement et à la consolidation des relations entre les deux peuples. »

P’tit Belliveau est un artiste originaire de la Baie Sainte-Marie de plus en plus connu à l’échelle nationale. Il chante fièrement en acadjonne, le dialecte acadien typique de la Nouvelle-Écosse. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Sur la scène de Yarmouth ce soir, on retrouvera également la formation Salebarbes, bien connue au Québec, et l’influenceur et musicien louisianais, Jourdan Thibodeaux, avec son groupe les Rôdailleurs.

Des artistes de la région comme Jacques Surette, Vickie Deveau et Sylvie Boulianne seront également de la partie, tout comme lors du Festival d’ouverture.

Si le 15 août est probablement la journée la plus attendue de la programmation, le CMA se déroule encore jusqu’à dimanche.

Cochrane, Cornwall et London sélectionnés pour l’accueil de nouveaux arrivants francophones

Cornwall, London et plusieurs villes du Nord de l’Ontario comme Hearst et Timmins ont été sélectionnées par le gouvernement fédéral comme les nouvelles villes ontariennes s’ajoutant au programme des communautés francophones accueillantes.

Mercredi, le ministère de l’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) a dévoilé l’identité de dix nouveaux endroits dans le cadre du programme des communautés francophones accueillantes. Parmi celles-ci, trois sont en Ontario, soit London, le district de Cochrane et Cornwall, qui s’ajoutent à Hawkesbury, Sudbury et Hamilton qui font partie du programme depuis quelques années.

Le district de Cochrane est en fait une compilation de l’ensemble des villes qui se situent le long de la Route 11 comme Hearst, Kapuskasing, Timmins Geraldton, Smooth Rock Falls, Moonbeam, etc.

Ce programme vise à appuyer l’accueil et l’établissement des nouveaux arrivants d’expression française dans ces communautés. L’accueil est géré par des organisations francophones locales, le but étant de favoriser la création de liens et le développement d’un sentiment d’appartenance des nouveaux arrivants à leur communauté d’accueil. Pour ce faire, chaque communauté reçoit un financement annuel de la part d’IRCC qui varie en général entre 100 000 et 500 000 $.

« La promotion du français est primordiale pour nous. En accueillant des immigrants francophones et en les appuyant dans leur processus d’intégration, nous contribuons à la revitalisation de ces communautés, tout en comblant leurs besoins en matière de main-d’œuvre qualifiée », a indiqué par voie de communiqué le ministre de l’Immigration Marc Miller.

Marc Miller
Le ministre de l’Immigration Marc Miller. Photo : Stéphane Bédard

Ce dernier était d’ailleurs à Chéticamp en Nouvelle-Écosse mercredi pour faire cette annonce, la région acadienne de l’Atlantique ayant été choisie parmi les dix nouvelles communautés francophones accueillantes. Cela porte leur total à 24 à travers le pays, dans le cadre de ce programme d’accueil et d’établissement de nouveaux arrivants francophones existant depuis 2018.

Outre en Ontario et Chéticamp, les nouvelles régions désignées sont au Nouveau-Brunswick (Belle-Baie, Caraquet, Restigouche-Ouest), Manitoba (Rivière-Rouge), Colombie-Britannique (Nanaimo) et Saskatchewan (Prince Albert).

Politique en immigration francophone

Cette annonce est liée à la nouvelle Politique en immigration francophone adoptée par le gouvernement Trudeau au début de 2024. Dans celle-ci, le fédéral se donne comme objectif d’accueillir 6 % d’immigrants francophones hors Québec en 2024, 7 % en 2025 et 8 % en 2026.

Jusqu’à présent en 2024, c’est 5,43 % des nouveaux arrivants d’expression française qui se sont établis dans une province canadienne hors du Québec, selon les données de IRCC.

Avec sa politique, le gouvernement affirme vouloir mettre l’accent sur le recrutement à l’étranger, notamment par la venue de travailleurs en provenance de secteurs d’activités spécifiques, afin de pallier des pénuries de main-d’œuvre. La politique a justement une composante économique, elle qui comporte un programme dédié à l’immigration économique francophone.

Derrière cette politique, intégrée dans la modernisation de la Loi sur les langues officielles en juin 2023, l’idée est de rétablir le poids démographique des francophones hors Québec à 6,1 %, comme c’était le cas en 1971, et qui est à 3,3 % aujourd’hui, selon les plus récentes données du recensement de 2021. Seul à deux reprises depuis 2001, le fédéral a atteint son objectif d’immigration francophone de 4,4 %, soit en 2022 et 2023. 

Une étude menée par le Commissariat aux langues officielles estimait que les échecs consécutifs de cette cible en immigration francophone hors Québec ont contribué au déclin du français au pays. Au pays, le poids des francophones est passé de 22,2 % en 2016 à 21,4 % en 2021. 

Ottawa exemptera des étudiants étrangers francophones de son plafond des permis d’études

OTTAWA – Le gouvernement fédéral a annoncé ce mercredi qu’il allégerait certaines règles pour favoriser la venue de 2300 étudiants francophones dans les institutions postsecondaires à l’extérieur du Québec.

Le ministre de l’Immigration Marc Miller a dévoilé un nouveau programme qui exemptera 2300 francophones du plafond des permis d’études imposé aux étudiants internationaux. Cela représente près de 20 % de la clientèle internationale francophone dans les institutions postsecondaires en milieu minoritaire, car, selon l’Association des collèges et universités de la francophonie canadienne (ACUFC), près de 11 500 nouveaux permis d’études ont été délivrés en septembre 2023 par ses établissements.

Un plafond de 2300 étudiants sera accepté dans le cadre de ce programme pour la rentrée de 2024, « ce qui est la limite légale permise » pour un projet-pilote, a précisé le ministre Miller. Le plafond de 2025 sera déterminé l’an prochain, mais Marc Miller a expliqué en conférence de presse qu’il serait prêt à bonifier le programme en 2025 s’il y voit un succès.

Le Programme pilote pour les étudiants dans les communautés francophones en situation minoritaire, qui sera lancé le 26 août, dispensera aussi les futurs étudiants et leurs familles de démontrer qu’ils quitteront le Canada à la fin de leur séjour temporaire. 

Dans les dernières années, le taux de refus des étudiants étrangers africains, majoritairement francophones, avait fait la manchette alors que les étudiants en provenance de pays anglophones avaient un taux d’acceptation parfois deux fois plus élevé.

La majorité des refus pour les étudiants concernait la double intention, qui signifie que quelqu’un vient au Canada pour étudier et qu’il a aussi l’intention de devenir un résident permanent par la suite. Les employés du ministère ont souvent refusé de possibles étudiants, craignant qu’il ne retourne pas dans leur pays d’origine par la suite. Un comité parlementaire avait recommandé de retirer cette obligation pour les étudiants francophones, estimant qu’elle freinait la venue de francophones au pays.

L’ensemble des étudiants internationaux qui proviennent d’un pays membre de l’Organisation internationale de la Francophonie en Afrique, au Moyen-Orient et dans les Amériques seront éligibles. Au total, c’est les étudiants d’une trentaine de pays qui seront admissibles à ce programme.

Au printemps dernier, les établissements francophones hors du Québec avaient vivement dénoncé la décision d’Ottawa de leur imposer un plafond sur les permis d’études à l’instar de leurs collègues anglophones. Estimant que le gouvernement Trudeau avait violé la Loi sur les langues officielles, l’ACUFC avait porté plainte auprès du Commissariat aux langues officielles.

« Bien que l’annonce d’aujourd’hui se fasse alors que l’ACUFC ne dispose pas de tous les détails concernant la forme finale du projet pilote, ce dernier reprend certaines idées qu’elle a proposées au fil des derniers mois », a réagi dans une déclaration l’ACUFC qui représente les 22 universités et collèges de la francophonie canadienne.

« Il pourrait avoir des effets locaux concrets dans les communautés où se situent les établissements qui participeront au projet, ajoute le président-directeur général par intérim de l’organisme Martin Normand. L’Association poursuivra néanmoins ses discussions avec IRCC afin de veiller à un déploiement équitable à travers le pays et à une promotion adéquate du projet pilote. »

Allégement du seuil financier requis

Marc Miller a aussi annoncé que les critères financiers reliés à une demande de permis d’étude, soit démontrer avoir suffisamment d’argent pour subvenir à ses besoins au Canada, seront modifiés pour ces 2300 francophones. Le seuil financier requis sera ajusté pour refléter 75 % du seuil de faible revenu associé à la municipalité où se trouve le campus principal de l’établissement. 

À titre d’exemple, un étudiant de ce programme vivant dans une université où la ville comporte entre 100 000 et 499 999 habitants devra démontrer des moyens financiers au-delà de 17 772 dollars, soit près de 3000 dollars de moins qu’un autre étudiant international au même endroit.

De plus, après avoir gradué, les étudiants francophones hors du Québec de ce programme seront éligibles à une voie d’accès direct pour le statut de résident permanent. Les futurs étudiants n’auront pas besoin d’une attestation provinciale, seulement une lettre d’acceptation d’un établissement postsecondaire. Le fédéral conclura des ententes avec les institutions francophones pour l’accueil et l’intégration de ces nouveaux arrivants.

Vers un premier programme dédié aux réfugiés francophones à Sudbury

SUDBURY – Le Contact interculturel francophone de Sudbury (CIFS) a déposé une demande afin d’importer le premier programme de prise en charge des réfugiés francophones dans la ville du Nickel. Si le financement lui est accordé, le programme pourrait être implanté dès avril 2025.

L’organisme de Sudbury a fait une demande en janvier dernier après un appel de proposition lancé par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) a appris ONFR. Connu sous le nom de Programme d’Aide au Réinstallation (PAR), ce dernier vise à accompagner l’installation de nouveaux arrivants avec le statut de réfugiés.

Il s’agit de la première fois que le ministère décide d’ajouter Sudbury aux territoires couverts par ce programme, qui existe notamment à Toronto et Ottawa. La différence étant que le CIFS étant un organisme desservant les francophones, ce programme leur sera entièrement dédié.

« C’est important d’avoir ce programme-là qui fonctionne en bonne et due forme ici dans la région », estime Gouled Hassan, coordonnateur du CIFS qui précise que jusqu’ici l’organisme fonctionnait surtout avec une liste de bénévoles pour aider les nouveaux arrivants.

Gouled Hassan estime que ce programme viendrait combler un besoin avec la hausse de l’immigration francophone à Sudbury. Gracieuseté

« Malheureusement, puisqu’il n’y avait pas de programme, ni d’entente formelle, ni de personne dédiée sur le terrain, on se débrouillait ici et là. »

Embauche de personnel dédié

Si la demande de financement est acceptée, l’organisme obtiendra des fonds qui lui permettront, notamment d’embaucher deux personnes à temps plein affectées au programme.

« On pourra faire des ententes avec des hôtels, avec des propriétaires de maisons déjà dans la région pour avoir quelques maisons toujours prêtes, qu’on peut rapidement aménager. »

« La grande majorité de nos immigrants francophones, je dirai 90 %, proviennent de l’Afrique que ce soit des réfugiés et migrants et plus précisément du bassin d’Afrique de l’Ouest », note-t-il en citant le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Congo ou encore le Cameroun.

Celui qui est à la tête de l’organisme ayant fêté ses 25 années d’existence espère obtenir près de 350 000 $ pour le projet dont l’approbation devrait arriver cet automne.

Communauté francophone accueillante

Selon le Réseau de soutien à l’immigration francophone du Nord (RSIFNO), un des atouts majeurs de Sudbury pour l’implémentation de ce programme reste le programme de Communauté francophone accueillante (CFA).

« Nous ne devons pas oublier que Sudbury est une communauté francophone accueillante et les objectifs du projet permettent de consolider les capacités de la communauté francophone afin d’accueillir des réfugiés et les intégrer selon leurs besoins », insiste Ines Bouguerra, agente de développement socio-économique au RSIFNO pour la région de Sudbury.

Ines Bouguerra juge que le CIFS saura offrir aux réfugiés des services essentiels immédiats dans les quatre à six
semaines suivant leur arrivée. Gracieuseté

La nouvelle CFA a d’ailleurs été annoncée ce mercredi matin, il s’agira du district de Cochrane incluant les villes de Hearst, Kapuskasing, Timmins, Geraldton, Smooth Rock Falls, ou encore Moonbeam.

Selon le rapport 2023 sur les résultats en matière d’établissement d’IRCC, le Canada a reçu, entre 2021 et 2022, 17 900 réfugiés réinstallés et ayant reçu de l’assistance. Les cinq principales nationalités des clients du PAR sont l’Afghanistan, la Syrie, l’Érythrée, l’Iraq et la Somalie.

Dans le Nord ontarien, le PAR existe à Sault Ste. Marie et à Thunder Bay, mais il ne vise pas l’accueil de réfugiés francophones.

L’Acadie hôte du 7e Forum des jeunes ambassadeurs de la francophonie des Amériques

HALIFAX – Cinquante jeunes francophones venus de 22 pays différents prennent part au 7e Forum organisé par le Centre de la francophonie des Amériques jusqu’au 15 août, en marge du Congrès mondial acadien en Nouvelle-Écosse. Une formation intensive sur le leadership, l’engagement et l’identité francophone pour permettre à cette cohorte d’apprendre à valoriser la langue française dans ses communautés.

L’ouverture de cette 7e édition s’est déroulée à l’Université Dalhousie d’Halifax vendredi dernier en présence de René Cormier, sénateur du Nouveau-Brunswick, du ministre de la Langue française du Québec, Jean-François Roberge, du ministre des Affaires acadiennes et de la Francophonie de la Nouvelle-Écosse, Colton LeBlanc et du président de la Société Nationale de l’Acadie, Martin Théberge.

Réunie pour la première fois, cette nouvelle cohorte de 50 professionnels de 19 à 35 ans, sélectionnée sur les 600 candidatures reçues, vient de 22 pays et territoires francophones différents tels que l’Argentine, du Brésil, du Canada, des États-Unis, d’Haïti, de la Colombie, du Mexique et du Honduras, etc.  

Des profils variés issus, entre autres, du milieu de l’enseignement, des médias, de la politique, des affaires internationales, de la santé et du droit.

« La francophonie est vaste en Amérique et il s’agit aussi de briser l’isolement, de rassembler et de créer des ponts entre les 33 millions de francophones et francophiles du continent, ce qui est fondamentalement notre mandat », souligne Sylvain Lavoie, le PDG du Centre de la francophonie des Amériques.

« Cette formation intensive repose sur quatre volets, le savoir-être, le savoir-penser, le savoir-faire et le savoir partager. Nous souhaitons leur donner les outils pour devenir des leaders de changement et être des porteurs dans leurs communautés francophones », explique celui-ci.

« On entend de nos participants qu’il s’agit d’une « expérience transformatrice » qui leur permet de créer des réseaux. L’engouement est grand car il s’agit d’élargir l’espace francophone pour ces passionnés de la langue française. »

Photo : Gracieuseté/ Centre de la francophonie des Amériques

Cérémonie d’ouverture avec, de gauche à droite : Sylvain Lavoie, président-directeur général du Centre de la francophonie des Amériques, Martin Théberge, président de la Société Nationale de l’Acadie, Flavie-Isabelle Hade, directrice générale adjointe et directrice de la programmation du Centre de la francophonie des Amériques, Colton LeBlanc, ministre des Affaires acadiennes et de la Francophonie de la Nouvelle-Écosse, René Cormier, sénateur, et Jean-François Roberge, ministre de la Langue française du Québec. Photo : Gracieuseté/ Centre de la francophonie des Amériques

Photo : Gracieuseté/ Centre de la francophonie des Amériques

Participants lors d’un atelier sur le leadership, valeurs et action citoyenne. Photo : Gracieuseté/ Centre de la francophonie des Amériques

C’est entre l’Université Dalhousie à Halifax et l’Université Saint-Anne à Pointe-de-l’Église que le programme comprenait des conférences dont l’une « L’Acadie : une force politique et culturelle francophone au sein des Amériques » faisait écho au Congrès mondial acadien, des panels comme « Citoyens et engagés pour la francophonie », ou encore des ateliers sur des thèmes tels que le leadership, les valeurs et l’action citoyenne.

Des formations auxquelles des professeurs universitaires, des experts d’organisations internationales et personnalités politiques y ont parfois pris part.

« Nous gardons des liens forts avec ce réseau de 350 ambassadeurs maintenant qui sont nos yeux et nos oreilles de cette francophonie internationale », conclut M. Lavoie, qui rappelle que le forum s’était déroulé à Ottawa en 2022, précédent l’Université d’été sur la francophonie des Amériques en 2023 en Louisiane.

Il nous apprend également que la prochaine se déroulera du 16 au 20 juin 2025, pour la 7e édition de la formule Université d’été, à l’Université Simon Fraser à Vancouver, en Colombie-Britannique. « Une formation universitaire d’une semaine portant un regard scientifique sur la francophonie de ce continent et permettant à ce champ d’études de se développer. »

Les appels aux candidatures seront ouverts dès cet automne.

Un nouveau maire élu à Black River-Matheson

BLACK RIVER-MATHESON – Les résidents de la municipalité de Black River Matheson, dans le Nord de l’Ontario, ont élu l’ex-conseiller Dave Dyment lundi soir. C’est un conseil municipal partiellement renouvelé qui a été plébiscité, quelques mois après sa dissolution par la province.

Les résultats, publiés 45 minutes après la clôture des votes, à 20 h, démontraient une très claire avance des voix, 728, pour Dave Dyment, tandis que le second candidat, John MacKenzie en a récolté 269, et le dernier, Albert Royer, seulement cinq.

Au total, 26 candidats, étaient en lice dont sept pour la candidature à la mairie de la ville de 2 500 habitants. Le maire déchu, Doug Bender,ne se représentait pas, de même que les conseillers sortants Keith Neil, Chantal Rondeau et Allana Schmidt.

Près de la moitié des habitants de la ville ont pris part au vote qui a eu lieu en ligne pendant 11 jours.

Les chefs de file de la contestation réélus

Né à North Bay, Dave Dyment a déménagé à Matheson il y a 13 ans. Il travaille à Agnico Eagle Mines comme mineur souterrain et gère une entreprise de construction dont il est le propriétaire.

Nommé au conseil pour le mandat 2018-2022, il était le seul candidat à ne pas avoir été élu par acclamation lors des dernières élections municipales de 2022.

Interrogé durant la campagne, celui-ci avançait que ses priorités comprenaient l’examen des exigences en matière de dotation, la transparence et l’ouverture ainsi que la création d’un environnement positif « pour travailler, vivre et jouer. »

Les conseillers élus sont :

  • Quartier 1 – Bree Allen
  • Quartier 2 – Dan Charbonneau
  • Quartier 3 – Steve Campsall
  • Quartier 4 – Scott McCutcheon
  • Quartier 5 – Louise Gadoury
  • Quartier 6 – Alain Bouchard

Lousie Gadoury et Steve Campsall étaient les conseillers qui avaient décidé, avec Dave Dyment, de ne plus se rendre aux séances du conseil municipal dont ils dénonçaient le chaos.

La municipalité de Black River-Matheson compte près de 22 % d’habitants dont le français est la première langue officielle parlée. Source : Municipalité de Black River-Matheson

Des mois de bisbilles

En effet, la tenue de l’élection partielle a été déclenchée par le ministre des Affaires municipales et du Logement, qui a déclaré tous les sièges vacants au conseil municipal de Matheson après que celui-ci n’ait pas atteint le quorum pour ses réunions pendant 60 jours plus tôt cette année.

En toile de fond, une hausse vertigineuse des taxes de 34 % votée par le conseil et qui avait également provoqué un conflit de travail de plusieurs mois des employés syndiqués de la municipalité, qui réclamaient de meilleures conditions salariales.

Postes Canada sonde les minorités linguistiques concernant ses bureaux de poste

Postes Canada est présentement en train d’effectuer une consultation auprès des Canadiens à travers le pays concernant ses bureaux de poste bilingues.

Jusqu’au 16 août, l’agence fédérale sonde la population des régions spécifiques afin d’évaluer l’accès actuel et futur aux services bilingues. Des habitants du Grand Toronto, à Etobicoke, ont ainsi pu recevoir des cartes postales à leur domicile au cours des dernières semaines, les invitant à remplir un sondage en ligne. Celui-ci invite les membres des minorités francophones hors du Québec et anglophones au Québec à fournir des commentaires sur le réseau existant de bureaux de poste bilingues et unilingues dans leur région.

Postes Canada doit examiner son réseau de bureaux de poste bilingues tous les dix ans en vertu d’une obligation de la Loi sur les langues officielles. L’agence n’a pas précisé quelles régions en question étaient mises en cause dans le cadre de cette révision.

« Dans le cadre de cet exercice sur l’application du Règlement sur les langues officielles, il a été déterminé que certains bureaux de poste unilingues doivent devenir bilingues. Dans les régions identifiées, tous les services postaux devront être offerts dans les deux langues officielles », explique dans une déclaration à ONFR, un porte-parole de Postes Canada.

Dans d’autres communautés, des bureaux de poste supplémentaires devront devenir bilingues, précise-t-on. Cet exercice survient à la suite des nouvelles données apportées par le Recensement de 2021 concernant les deux langues officielles.

« Nous consultons la population pour obtenir son opinion afin d’évaluer l’accès actuel et futur aux services bilingues », ajoute l’institution fédérale.

Par le passé, cette révision a toutefois aussi donné lieu à la perte de statut bilingue pour des bureaux de poste.

Les dépliants de Postes Canada invitant à son sondage numérique auprès des minorités linguistiques. Crédit image : Abigail Alves Murta

Cette campagne résulte en l’envoi de 4,4 millions de cartes postales aux ménages touchés, ainsi que dans les journaux locaux, les canaux en ligne et les médias sociaux, signale Postes Canada.

Selon la Loi sur les langues officielles, Postes Canada se doit d’avoir au moins un bureau bilingue dans les régions où les personnes parlant la langue minoritaire sont au-dessus de 5000. Pour les régions en deçà de 5000 membres de la minorité linguistique, il existe des exceptions qui obligent Postes Canada à avoir des succursales bilingues. Par exemple, l’institution fédérale se doit parfois d’avoir un établissement bilingue, notamment s’il s’agit du seul bureau de l’agence fédérale dans la région.

C’est le Conseil du Trésor qui coordonne l’Exercice de révision de l’application du Règlement sur les langues officielles, lui qui est notamment obligé de consulter les minorités linguistiques en milieu minoritaire dans le cadre de ce règlement.

États généraux : des discussions pour l’Acadie de demain

POINTE-DE-L’ÉGLISE – Versant plus politique et idéologique, durant ce Congrès mondial acadien, la Société nationale de l’Acadie (SNA) organise des États généraux pour réfléchir à l’avenir et à la pérennité de la communauté acadienne. Un projet de développement commun aux quatre provinces de l’Atlantique pourrait en émerger, pour définir les contours de l’Acadie de demain. Retour sur les débats organisés par plusieurs personnalités acadiennes et francophones emblématiques.

La Société nationale de l’Acadie (SNA), a organisé la tenue d’« États généraux », un état des lieux consultatif de la situation pour « nourrir les grandes orientations du peuple acadien ».

« Porte-parole du peuple acadien depuis 1881 », elle regroupe des organismes clés de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick, de Terre-Neuve-et-Labrador et de l’Ile-du-Prince-Édouard. La SNA est également le seul organisme hors gouvernement qui a une entente bilatérale avec la France et elle entretient des liens forts avec la Belgique, le Québec, La Louisiane, le Maine, etc.

« Ces États généraux s’inscrivent dans une suite de consultations précédentes entre 150 acteurs de la francophonie, dont les provinces du Canada, les États-Unis, la France pour choisir là où l’on va pour l’avenir de l’Acadie », a expliqué son président Martin Théberge.

« Le réel objectif de ces deux jours de discussions est de se doter d’une vision d’avenir : que le peuple acadien exprime ce qu’il veut et que chacun puisse y contribuer à sa façon », à l’issue desquelles, un rapport final de recommandations sera publié.

C’est le renommé auteur-compositeur-interprète acadien louisianais Zachary Richard qui a présenté la conférence d’ouverture, « Réveil » de la langue et de l’identité acadienne et francophone, « pour éveiller le public à défendre leur langue et leur identité acadienne et francophone ».

Il a été acclamé à maintes reprises sous les tonnerres d’applaudissements d’un public admiratif.

Photo : Rachel Crustin/ONFR

Celui-ci, qui a raconté l’histoire de la déportation de sa famille acadienne francophone unilingue en Louisiane au moment du Grand dérangement (la déportation du peuple acadien par les Anglais au 18e siècle), s’est exprimé sur sa vision du français.

« La langue française est en danger, il faut qu’on se donne nos propres moyens. Il faut miser sur l’inclusion, partager aux immigrants cette fierté qui nous fait vibrer », évoquant la diversité de la jeunesse francophone en Louisiane à qui « il faut inculquer ce sens d’appartenance féroce ».

Quête d’identité et enjeu de la langue

L’artiste a également pris part à un panel de discussion sur cette thématique aux côtés de Raymond Théberge, le commissaire aux langues officielles du Canada, Jean-François Roberge, le ministre de la Langue française du Québec et Mathieu Gingras, le directeur du développement au bureau du recrutement étudiant à l’Université de Moncton.

Pour ce dernier, l’Acadie se distingue par une quête d’identité profonde, tandis que Raymond Théberge a souligné « la langue française qui nous rassemble ».

Parmi les axes majeurs : la culture communautaire commune, mais aussi la reconnaissance officielle de l’Acadie au niveau gouvernemental.

Il est nécessaire de renforcer les postures linguistiques
— Zachary Richard

« Les Acadiens sont très semblables aux Québécois, a notamment comparé le ministre Roberge. On a l’aspiration commune de pouvoir exister sans devoir s’excuser pour ce que nous sommes. Une aspiration de prospérer et de se projeter en avant avec confiance. »

Zachary Richard a pointé comme défis majeurs l’assimilation et le déclin de la langue française, vecteur primordial de la culture acadienne.

« Il faut faire un lien direct entre la langue française et l’identité acadienne et c’est le grand défi. Il est nécessaire de renforcer les postures linguistiques. »

« En somme, c’est une réflexion sur l’identité, la fierté, l’attachement à un héritage et la réflexion sur l’avenir de cette identité, a résumé Zachary Richard en entrevue avec ONFR. Des défis communs, des solutions communes et des opportunités de collaboration pour renforcer la grande Acadie par la ténacité des différentes communautés ».

Article réalisé avec la collaboration de Rachel Crustin.

Le bilan des Jeux olympiques des athlètes franco-ontariens 

PARIS – Les Jeux olympiques de Paris se terminent ce dimanche avec les dernières épreuves et la cérémonie de clôture. Jessica Gaudreault et l’équipe de water-polo ont conclu 20 jours de compétition samedi 10 août. Satisfactions, surprises, records, déceptions et désillusions, ONFR fait le bilan, d’un point de vue franco-ontarien.

LA médaille franco-ontarienne : Brandie Wilkerson 

Avec sa coéquipière Melissa Humaña-Paredes, la Franco-Torontoise Brandie Wilkerson avait annoncé la couleur avant les Jeux olympiques, l’objectif était d’offrir au Canada sa première médaille en volley de plage féminin. La dernière dans la discipline pour le Canada avait été remportée en 1996 chez les hommes par le duo John Child-Mark Heese, entraîné à l’époque par Hernán Humaña, qui n’est autre que le père de Melissa Humaña-Paredes.

Le smash de Brandie Wilkerson en demi-finale face à la Suisse. Photo : Mark Blinch/COC

La mission a été accomplie, malgré un parcours compliqué au début, avec une médaille d’argent à la clé, après une défaite en finale face à la doublette brésilienne Ana Patricia-Duda.

Les Jeux de tous les records : Jacqueline Madogo 

Même si elle n’a pas été en mesure d’atteindre une finale en individuel en raison du niveau de compétition exceptionnel des épreuves reines de l’athlétisme aux Jeux olympiques, les 100 et 200 mètres, Jacqueline Madogo a bel et bien réussi ses Jeux. La sprinteuse d’Ottawa a battu son record personnel à deux reprises sur le 200 mètres, d’abord lors du tour préliminaire puis lors du repêchage où son temps de 22’’ 58 lui a permis d’atteindre le stade des demi-finales. 

L’équipe de relais 4×100 mètres canadien avec de gauche à droite : Marie-Éloise Leclair, Audrey Leduc, Sade McCreath et Jacqueline Madogo. Photo : Instagram de Jacqueline Madogo, Kyle Llamas/Athletics Canada.

Cerise sur le gâteau, elle a vécu une finale par équipe sur le relais 4×100 mètres. Avec ses coéquipières Audrey Leduc, Sade McCreath et Marie-Éloise Leclair, elle a signé une sixième place et un record national enregistré lors des qualifications avec un temps de 42’’ 50.

Le retour collectif marquant : Samuel Zakutney 

Samuel Zakutney a participé à un moment historique au sein de l’équipe de gymnastique canadienne masculine qui envoyait une équipe au complet aux Jeux pour la première fois depuis 20 ans.

Samuel Zakutney a apporté sa pierre à l’édifice dans le beau parcours collectif de l’équipe masculine de gymnastique. Photo : Antoine Saito/Gymnastique Canada

S’il n’a pas réussi à se qualifier pour une finale dans les épreuves individuelles, il l’a fait par équipe, où il a signé, avec William Émard, René Cournoyer, Felix Dolci et Zachary Clay, une belle huitième place. 

Le scénario cruel : Linda Morais 

Si certaines disciplines offrent de nombreuses chances de se rattraper comme les sports collectifs, par exemple, avec une phase de groupe où l’on dispute plusieurs rencontres, en lutte, en revanche, Linda Morais n’a pas eu le droit à l’erreur. Défaite lors de son premier combat face à la Nigériane Blessing Oborududu, la native de Tecumseh n’a pas eu de seconde chance.

Espérant une qualification en demi-finales de l’adversaire qui l’avait vaincue lors du premier tour pour être repêchée, elle n’a pas bénéficié de ce repêchage du fait de la défaite d’Oborududu. Le scénario est cruel pour Linda Morais qui a attendu toute une carrière pour participer à ses premiers Jeux et ne disputer qu’un seul combat. 

La grosse désillusion : R.J. Barrett 

Après avoir signé trois victoires en trois matches dans le groupe le plus difficile de la compétition composé de la Grèce, l’Australie et l’Espagne, R.J. Barrett et les basketteurs canadiens sont arrivés en grands favoris face à une équipe de France, qui n’avait pas convaincu en poule et que beaucoup d’observateurs voyaient quitter la compétition face au Canada. 

R.J. Barrett et Shai Gilgeous-Alexander n’ont pas résisté à l’équipe de France de Victor Wembanyama. Photo : Darren Calabrese/COC

Malheureusement pour les Canadiens, les Français ont eu un sursaut d’orgueil collectif et ont joué un mauvais tour tactiquement à leurs adversaires pour les sortir de la compétition prématurément. On attendait une finale Canada-États-Unis, mais c’est finalement la France qui a réalisé ce parcours avec une médaille d’argent, tandis que Barrett et ses coéquipiers sont rentrés bredouilles. 

On attendait mieux : Jessica Gaudreault et Michael Woods 

Jessica Gaudreault et l’équipe de water-polo rentrent de Paris avec une seule petite victoire contre la Chine et une huitième place, après un énième match de classement perdu face à la Grèce, ce samedi 10 août. Si elles n’étaient pas attendues sur le podium, les Canadiennes espéraient tout de même faire mieux que leur septième place à Tokyo. Elles n’y sont finalement pas parvenues.

Malgré un résultat décevant, Michael Woods a confié avoir grandement apprécié le parcours de l’épreuve de cyclisme en ligne à Paris. Photo : Candice Ward/COC

On attendait mieux également du cycliste ottavien Michael Woods. Sa 42e place sur l’épreuve en ligne de cyclisme est très loin de ses ambitions de podium ou de sa cinquième place à Tokyo. Il a pourtant réussi à bien se placer dans la course, puisqu’il a fait partie du groupe de poursuivants à 50 kilomètres de l’arrivée dans lequel se trouvaient les futurs premier et deuxième de l’épreuve. Malheureusement, Michael Woods n’a pas eu les jambes pour suivre le rythme et s’est écroulé sur la fin. Dommage. 

Les déceptions : Danny Demyanenko, Laeticia Amihere et Syla Swords 

Les équipes de volleyball masculine et de basketball féminine sont rentrées de Paris sans avoir gagné le moindre match. Le volleyeur Danny Demyanenko et ses coéquipiers étaient loin d’être favoris, mais espéraient tout de même sortir de la phase de groupe. Ils n’en sont pas passés loin avec un dernier match face à la Serbie dans lequel ils menaient deux sets à zéro. Ils se sont malheureusement écroulés par la suite en perdant les trois sets suivants…

L’expérience de Danny Demyanenko n’a pas suffi pour que le Canada sorte de la phase de groupe. Photo : Volleyball world.

Du côté du basket féminin, c’est une énorme surprise de voir Laeticia Amihere, Syla Swords et leurs coéquipières rentrer prématurément à la maison après des défaites face à la France, l’Australie et le Nigéria. Le groupe demeure jeune et devra s’appuyer sur cette malheureuse expérience pour revenir plus fort dans quatre ans à Los Angeles. 

Le parcours mouvementé : Vanessa Gilles et Cloé Lacasse 

L’équipe féminine de soccer a animé les débats lors des dix premiers jours de compétition avec un scandale qui a éclaté suite à la plainte de son premier adversaire, la Nouvelle-Zélande, pour un espionnage de son entraînement par le camp canadien à l’aide d’un drone. Trois membres du staff technique ont été remerciés dont la sélectionneuse Bev Priestman, qui avait dans un premier temps menti au Comité olympique canadien, indiquant qu’elle n’était pas au courant de la pratique. 

Une fois cette tempête – dont les joueuses se sont dit victimes et non complices – passée, Vanessa Gilles, Cloé Lacasse et leurs coéquipières ont été en mesure d’assurer sur le terrain malgré une pénalité de 6 points qui leur avait été donnée. Dans l’obligation de gagner tous leurs matchs pour se qualifier, elles y sont parvenues avant de chuter en phase finale dès les quarts face à l’Allemagne

Une foule déjà nombreuse au lancement du Congrès mondial acadien

POINTE-DE-L’ÉGLISE – C’est à quelques heures d’Halifax, dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, que le festival d’ouverture du quinquennal Congrès mondial acadien (CMA) a été officiellement lancé. Du 10 au 18 août se tient cette septième édition du rassemblement qui célèbre depuis 30 ans la présence et la culture acadienne des Maritimes. Musique, histoire, folklore et saveurs locales seront mis à l’honneur pour ses quelque 30 000 visiteurs, « Acadiens, amis d’Acadiens, francophones et francophiles ».

Trente ans plus tôt, le premier Congrès mondial acadien (CMA) était célébré pour la première fois dans neuf municipalités du sud-est du Nouveau-Brunswick. Depuis, l’occasion se présente tous les cinq ans pour les Acadiens du monde entier de se réunir pour célébrer leur culture et leur histoire.

Pour cette édition néo-écossaise, les organisateurs estiment que 30 000 personnes prendront part aux 300 activités qui se tiendront dans plusieurs localités des régions de Clare et d’Argyle.

Pour le premier jour à l’Université Sainte-Anne à la Pointe-de-l’Église, si les vents forts et le brouillard ont retardé la programmation, la météo n’a pas entamé la ferveur ambiante.  

Comme plusieurs autres, ces spectatrices étaient fières d’afficher leurs couleurs pour l’ouverture du Congrès mondial acadien. Photo : Rachel Crustin/ONFR

Ainsi, ce samedi, artistes et artisans ont exposé au marché spécial le Baz’art, organisé avec le Conseil des arts de la Baie. Des concerts étaient prévus durant la journée et en soirée avec des artistes venus de loin, tels que Les Amis du Tech, groupe de fête cajun louisianais, et d’autres venant de tout près, comme Vickie Deveau et Sylvie Boulianne, de la Baie Sainte-Marie, ou Jacques Surette, surnommée « le troubadour de Par-en-Bas, du nom donné à sa région natale située à l’extrême sud de la province.

Les têtes d’affiche de ce festival d’ouverture étaient le trio féminin néo-brunswickois Les Hay Babies ainsi que l’un des artistes qui fait résonner le parlé acajun bien au-delà de la Nouvelle-Écosse, P’tit Belliveau. L’enfant chéri de la Baie Sainte-Marie a invité plusieurs vétérans sur scène tout au long de sa performance, au plus grand plaisir de la foule qui chantait leurs grands succès en chœur.

Les Hay Babies, trio d’amies et de musiciennes composé de Julie Aubé, Katrine Noël et Vivianne Roy, ont été découvertes en 2012. Photo : Rachel Crustin/ONFR

P’tit Belliveau jouait à la maison pour l’ouverture du Congrès mondial acadien. L’un des artistes acadiens les plus en vogue est en effet originaire de la Baie Sainte-Marie. Photo : Rachel Crustin/ONFR

P’tit Belliveau a invité plusieurs artistes lors de son spectacle en ouverture du Congrès mondial acadien, dont Waylon Thibodeaux, surnommé « le Rockin Fiddler de Louisiane » Photo : Rachel Crustin/ONFR

Les vétérans de Radio Radio ont rejoint l’étoile montante P’tit Belliveau sur scène. Jacobus (à gauche) et GABIO (à droite) présenteront leur spectacle complet le 14 août dans le cadre du Congrès mondial acadien. Photo : Rachel Crustin/ONFR

« Nous voulions vraiment mettre en lumière ce qui se passe actuellement en Acadie et démontrer à quel point notre culture, notre musique et notre communauté sont tellement dynamiques », a souligné Julie Frigault, codirectrice artistique du Festival d’ouverture.

« Nous nous sommes concentrés sur la présentation d’un mélange remarquable d’artistes émergents pour montrer comment – à travers le monde – une jeune génération d’artistes promeut et préserve la culture acadienne à sa manière », a ajouté Jacques Blinn, également codirecteur. 

« C’est l’Acadie qui est à l’honneur »

Tout au long du CMA, des réunions de familles acadiennes d’envergure sont organisées, de même que des causeries, lectures et récits sur l’histoire. Les concerts, spectacles et expositions d’art et d’artisanat seront également légion.

L’artiste Zachary Richard présentera notamment la conférence d’ouverture des États généraux « Réveil » de la langue et de l’identité acadienne et francophone, « pour éveiller le public à défendre leur langue et leur identité acadienne et francophone », suivie d’un panel.

Un Sommet des femmes organisé sur trois jours portera la thématique « La force est dans nos racines : de l’épuisement à l’épanouissement », en partenariat avec la Fédération des femmes acadiennes de la Nouvelle-Écosse (FFANE).

Certains spectateurs affichaient aussi des chandails à l’effigie des différentes réunions de famille qui ont lieu pendant le Congrès mondial acadien. Photo : Rachel Crustin/ONFR

La Fête nationale de l’Acadie sera célébrée le 15 août avec de grands noms de la musique acadienne tels que Salebarbes, Zachary Richard, Edith Butler, Lisa Leblanc et beaucoup d’autres, ainsi qu’avec le Tintamarre du CMA.

Un élément symbolique fort pour les Acadiens, du bruit pour représenter la vitalité de la communauté et sa présence malgré la période sombre du Grand Dérangement, la déportation du peuple acadien par les Anglais au 18e siècle.

« Le CMA est très attendu et les gens viennent du monde entier pour y assister, de partout au Canada, des États-Unis, de la France », rappelle la présidente de la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse (FANE) Denise Comeau-Desautels.

« Les gens acadiens se sentent très unis quelle que soit la province dont ils viennent et, durant le CMA, c’est l’Acadie qui est à l’honneur », conclut celle-ci, se réjouissant de la récente reconnaissance par la Nouvelle-Écosse du mois d’août comme Mois du patrimoine acadien.

Volley de plage : Brandie Wilkerson et Melissa Humana-Paredes décrochent une médaille historique 

PARIS – Le Canada n’avait jamais fait mieux que cinquième aux Jeux olympiques en volley de plage féminin. Malgré une défaite en finale contre les Brésiliennes Ana Patricia et Duda, ce qu’ont réalisé les Canadiennes est historique et restera gravé dans les mémoires. 

La Franco-Torontoise Brandie Wilkerson et sa coéquipière Melissa Humana-Paredes ont poussé les numéros 1 mondiales brésiliennes dans leurs derniers retranchements, ce vendredi soir, lors d’une finale olympique de volley de plage exaltante et indécise jusqu’au bout. 

« C’est historique et il n’y avait personne d’autre que Mel avec qui je voulais partager ce moment, a réagi Brandie Wilkerson. C’est tellement gratifiant et c’est la raison pour laquelle nous pouvons sortir la tête haute et être fières même après une défaite. Nous étions venues pour rentrer dans l’histoire du Canada et nous l’avons fait, c’est très enthousiasmant. Nous allons garder le positif et apprendre de nos erreurs, je suis vraiment excitée par rapport à notre avenir! »

Le premier set a été le plus serré avec une période qui s’est étendue jusqu’au score de 24-26 en faveur des Brésiliennes. Les Canadiennes ont réussi à sauver trois balles de match avant de s’en procurer trois à leur tour, sans parvenir à concrétiser. Ce sont finalement Ana Patricia et Duda qui ont empoché la manche, en validant leur quatrième opportunité de remporter le set (0-1). 

Brandie Wilkerson et Melissa Humana-Paredes, ici en défense, ont tout tenté face à Ana Patricia et sa coéquipière, les meileures au monde. Photo : Kevin Light/COC

Les Canadiennes auraient pu craquer sous la pression, mais c’est à l’inverse avec force, à l’image des contres de Brandie Wilkerson – la meilleure dans ce domaine sur le circuit – et de ses smashs ravageurs, qu’elles ont largement dominé la deuxième manche, remportée sur le score sans appel de 21-12. 

Le dernier mot est finalement revenu à l’équipe favorite. Les Brésiliennes se sont reprises, dominant la dernière période en 15 points, sur le score de 10-15. 

Récompense d’un tournoi mémorable

Cette médaille d’argent vient récompenser un chemin semé d’embûches pour la native de Lausanne d’une mère Suissesse danseuse professionnelle et d’un père américain joueur de basketball professionnel, qui a grandi du côté de Toronto. 

En effet, Brandie Wilkerson et sa coéquipière, qui avaient des aspirations de podium après avoir fait 5e toutes les deux à Tokyo, mais avec des partenaires différentes, n’ont pas débuté les Jeux de la manière dont elles l’espèraient. Avec deux défaites en trois matchs dans un groupe relevé, elles ont dû passer par un match de repêchage pour accéder aux phases finales. 

C’est à ce moment-là que ce duo dynamique s’est réellement mis en route, révélant son plein potentiel. Dos au mur contre les Tchèques Barbora Hermanova et Marie-Sara Stochlova, elles l’ont emporté sans trembler 2-0 (21-15, 21-12) dans ce match bien nommé en anglais par l’expression « lucky losers », traduite littéralement « les perdantes chanceuses ».

La joie après la qualification pour la finale. Photo : Mark Blinch/COC

En revanche, la suite du parcours du duo formé en 2022 n’a rien eu à voir avec la chance. Lancées par cette performance de haut niveau aux repêchages, elles ont ensuite éliminé en huitième de finale la doublette américaine Kristen Nuss/ Tary Kloss, une des favorites de la compétition, en deux sets (21-19, 21-18). 

A partir de là, ni les Espagnoles en quart (2-0; 21-18, 21-18), ni les Suissesses en demi, ne sont parvenues à faire vaciller le bateau canadien qui voguait droit vers la finale.

Malgré un premier set perdu face à Huberli/ Brunner (14-21), Wilkerson et Humana-Paredes, en mission, ont remporté les deux périodes suivantes de leur demi-finale (22-20 puis 15-12), pour entrer dans l’histoire en se garantissant au moins une médaille d’argent – qui leur est finalement revenue – la première en volley de plage féminin dans l’histoire olympique du Canada!

Les ministres de la francophonie souhaitent renforcer la collaboration interprovinciale

HALIFAX – Les ministres des Affaires francophones des provinces et territoires canadiens se sont réunis à Halifax dans le cadre du 30e Conseil des ministres sur la francophonie canadienne (CMFC). En marge du lancement ce même jour de leur première Agora économique, ceux-ci ont affirmé leur volonté de renforcer la coopération interprovinciale franco-canadienne.  

Sept des 13 ministres des Affaires francophones des provinces et territoires étaient rassemblés en conférence de presse, à quelques heures de début de la toute première édition de l’Agora économique du CMFC, intitulée La francophonie au service du développement économique : le rôle des gouvernements. 

« Nos rencontres de ces derniers jours nous ont permis de discuter ensemble des dossiers clés pour contribuer à la vitalité de la francophonie canadienne, dont le développement économique, la visibilité de la francophonie, la communication en français et l’immigration francophone », a déclaré Colton LeBlanc, le ministre des Affaires acadiennes et de la Francophonie de la Nouvelle-Écosse.

Également présent, le ministre des Langues officielles du Canada, Randy Boissonnault, a quant à lui évoqué la pénurie de main-d’œuvre comme point d’étude clé du groupe ministériel : « Parmi les solutions, nous avons échangé sur notre travail au fédéral sur un corridor d’immigration pour les enseignants francophones et on suivra ce travail important ».

Colton LeBlanc, ministre des Affaires acadiennes et de la Francophonie de Nouvelle-Écosse, et Randy Boissonnault, le ministre des Langues officielles du Canada, ont mis l’accent sur les défis notamment du recrutement des enseignants. Photo : Sandra Padovani/ONFR

Jean-François Roberge, ministre responsable des Relation canadiennes et de la Francophonie canadienne du Québec. Photo : Sandra Padovani/ONFR

Celui-ci a affirmé vouloir créer des réseaux économiques forts entre entrepreneurs franco-canadiens avec cette agora économique, confirmant que davantage de financements par province seront dédiés au développement économique francophone via le Réseau de développement économique et d’employabilité (RDÉE Canada).

« Je suis fier d’avoir reçu mes homologues provinciaux et territoriaux avec un esprit de collaboration renouvelée », a conclu le ministre LeBlanc, se réjouissant du contexte de cette rencontre précédent le Congrès mondial acadien (CMA), durant le mois d’août, déclaré pour la première fois Mois du patrimoine acadien en Nouvelle-Écosse.

La première rencontre du Conseil des ministres sur la francophonie canadienne (CMFC) avait eu lieu en 1994 à Moncton, au Nouveau-Brunswick, dans le cadre du premier CMA également. La prochaine se tiendra en 2025 dans les Territoires du Nord-Ouest, a annoncé le ministre Boissonneault.

Les thèmes de l’Agora économique

Ces 9 et 10 août, des centaines de participants des milieux gouvernementaux, du milieu des affaires ou encore d’organisations en situation minoritaire à travers le pays prennent part aux conférences de l’Agora qui font la part belle aux échanges d’expériences concrètes liées à la francophonie.

Après les discours d’introduction des ministres Boissonnault et LeBlanc, trois panels se sont enchainés, notamment sur la rentabilité du bilinguisme, sur le français comme axe de développement stratégique du tourisme, avec des acteurs économiques de Louisiane, du Manitoba et du Nouveau-Brunswick, et enfin sur l’impact du secteur du tourisme sur le PIB, avec des organismes culturels tels que le Conseil des arts et des lettres du Québec ou encore la Fédération culturelle canadienne-française.

La seconde journée de l’Agora traitera de sujets tels que : les moyens d’attirer une main-d’œuvre qualifiée et possédant les compétences linguistiques nécessaires à la prospérité des communautés francophones en situation minoritaire, la francophonie au féminin ou encore les façons de favoriser l’entrepreneuriat.

Panel « Le français, une langue qui voyage » avec, de gauche à droite : le journaliste économiste René Vézina, Isabelle de Bruyn, vice-présidente de RH Tourisme Canada, Monique Poirier, directrice générale et artistique, Le Pays de la Sagouine, Nouveau-Brunswick, Peggy Somers Feehan, directrice, Codofil, Louisiane, et Angela Cassie, directrice des opérations de Voyage Manitoba. Photo : Sandra Padovani/ONFR

Panel « La culture et le PIB » avec, de gauche à droite : Glen Simard, ministre du Sport, de la Culture, du Patrimoine et du Tourisme du Manitoba, Marie-Christine Morin, directrice générale de la Fédération culturelle canadienne-française, Anne-Marie Jean, présidente-directrice générale du Conseil des arts et des lettres du Québec, Blanche Israël, directrice générale de l’Association de la musique de la Côte Est et Darrel Nadeau, vice-président expérience visiteur du Musée canadien pour les droits de la personne. Photo : Sandra Padovani/ONFR

Colton LeBlanc, ministre des Affaires acadiennes et de la Francophonie de la Nouvelle-Écosse. Photo : Sandra Padovani/ONFR

Les gouvernements injectent 61 millions de dollars pour planter des arbres en Ontario

SUDBURY – Les gouvernements du Canada et de l’Ontario ont annoncé un financement de 61 millions de dollars pour la plantation d’arbres en Ontario via le programme « 2 milliards d’arbres ».

L’annonce, qui a eu lieu jeudi après-midi à Hanmer, à Sudbury, a été faite par Marc G. Serré, secrétaire parlementaire du ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles et député de Nickel Belt.

« Les arbres plantés dans le cadre du programme 2 milliards d’arbres vont non seulement contribuer à la lutte contre les changements climatiques, mais aussi à l’expansion des forêts du Canada et à la restauration d’importants habitats, en plus d’assainir l’air et de fournir des emplois durables d’un bout à l’autre du pays », a déclaré M. Serré dans un communiqué.

Dans le cadre du programme, l’Ontario et le Canada financeront à parts égales des activités de sylviculture – y compris la préparation de sites et la plantation d’arbres – pour renforcer les écosystèmes dans des zones au couvert arboré faible ou nul, notamment les zones touchées par des feux de forêt. 

Plus de 4500 arbres sur la propriété de la ferme Maple Hill Farms à Sudbury avec du soutien gouvernemental et un partenariat avec Conservation Sudbury. Page Facebook de Marc Serré

Ce travail de plantation vient compléter celui qu’effectuent les gestionnaires forestiers pour régénérer des forêts après des activités de récolte et devrait permettre la plantation d’environ 60 millions d’arbres d’ici la fin du programme en 2026, dépendamment de la disponibilité de terres forestières de la Couronne exploitables et de la portée des projets retenus par les gestionnaires forestiers de l’Ontario. 

La plantation d’arbres à Sudbury

À Sudbury, le programme de reverdissement a commencé en 1978. Depuis, 80 000 hectares de terres ont été récupérés écologiquement.

La ville a reçu 200 000 dollars du gouvernement fédéral, via le même programme, en juin dernier pour appuyer la plantation de 200 000 arbres d’ici 2027.

En 1994, le premier ministre de l’époque, Jean Chretien, s’était rendu à Sudbury pour célébrer la plantation du millionième arbre.

Vingt-huit ans plus tard, en 2022, le premier ministre Justin Trudeau et la primatologue de renommée mondiale Jane Goodall ont planté le 10 millionième arbre dans le parc Bell.

L’activiste avait souligné, à l’époque, à quel point le paysage de Sudbury avait changé depuis la dernière fois qu’elle s’y était rendue vingt ans plus tôt. Il reste aujourd’hui plus de 30 000 hectares de terres non restaurées dans la ville du nickel.

En 2020, le fédéral annonçait le lancement du programme 2 milliards d’arbres indiquant que l’initiative visait « à planter deux milliards d’arbres sur 10 ans grâce à un investissement de 3,16 milliards de dollars ». 

Le breaking fait ses débuts aux JO de Paris : quels impacts pour les B-Boys et B-Girls canadiens?

Le breaking fait son entrée aux Jeux olympiques de Paris. Pour l’occasion, 16 B-Boys et 16 B-Girls s’affrontent aujourd’hui et demain au son de la musique hip-hop pour obtenir les premières médailles olympiques de ce sport, dans un lieu tout aussi marqué par l’histoire, la place de la Concorde. On vous explique en quoi consiste cette discipline sportive avec l’aide de l’enthousiaste David Chan, B-Boy et coach chez Flava Dance Studios à Ottawa.

Architecture, musique et arts : une coexistence harmonieuse en Ontario

Alors que la saison estivale et le beau temps se poursuivent, l’Ontario français continue de regorger d’événements artistiques et culturels. Les coups de coeur de cette semaine comprennent une visite guidée qui permettra de découvrir le répertoire d’une architectes renommée de Toronto. Des festivals de musique à Toronto et dans le Sud-Ouest de l’Ontario battent leur plein, ainsi qu’une occasion de découvrir en avant-première certaines des œuvres qui seront présentées dans l’une des expositions les plus attendues d’Ottawa.

Les sons de l’Afrique s’emparent de la Ville Reine

Les sons des quatre coins du continent africain résonneront dans le quartier Queens Quay de Toronto grâce au Festival Habari Africa, organisé par le Batuki Music Society. Pendant trois jours, les festivaliers auront accès à un programme varié comprenant des ateliers musicaux, des films, des concerts, et même un spectacle de cirque. Des artistes francophones figurent également sur la liste de ce festival se déroulant au Centre Harbourfront. Nackjo Backo, musicien camerounais et torontois connu sur la scène musicale de Toronto, viendra équipé de sa kalimba pour animer un atelier autour de cet instrument africain. Du côté de la culture malienne, l’artiste et musicien basé à Montréal Adama Daou animera un atelier sur les sons apaisants du balafon et des percussions africaines. 

Gracieuseté de Njacko Backo

Toronto, jusqu’au 11 août. Détails et programmation complète sur le site du Batuki Music Society.

Moonfruits poursuit sa tournée ontarienne à vélo

Kaitlin Milroy et Alex Millaire parcourent l’Ontario à vélo avec leur fils de deux ans qui les accompagne tranquillement sur son siège-remorque. Le couple ottavien qui forme le duo folk Moofruits adopte cette nouvelle approche de tournée dans le cadre du projet pilote Slow Touring lancé par Ontario Presents. Ce projet est inspiré par le mouvement Slow, une philosophie qui promeut la décélération du rythme dans tous les aspects de la vie. L’idée ici est de faire de même dans le domaine musical en renforçant l’engagement communautaire entre l’artiste et ses communautés locales. En route pour son spectacle à Oshawa, le couple ne manquera pas d’être repéré à vélo, transportant banjo, kalimba, guitare et fiston.

Crédit image : Andrew Robillard

Oshawa, 9 août. Détails et programmation sur le site de Moonfruits.

Valérie Ékoumè au Festival de musique de Kingsville

Trois jours de musique et de célébrations attendent le Sud-Ouest de l’Ontario à l’occasion du Festival de musique de Kingsville, qui se tient ce week-end. Bien que majoritairement anglophone comme programmation, la chanteuse Afro-Pop franco-camerounaise Valérie Ékoumè débarque de Paris pour occuper le devant de la scène le premier et le dernier jour du festival pour son spectacle et son atelier de voix et de musique percussive qu’elle compte animer. Ce festival présentera un mélange éclectique de talents nationaux et internationaux qui afflueront au parc Mettawas de Kingsville.

Gracieuseté de Valérie Ékoumè

Kingsville, du 9 au 11 août. Programmation complète et billets sur le site du Kingsville Music Society.

Les oeuvres de l’artiste Carole Gagné Ince en exposition

Alors que huit artistes francophones se préparent pour l’exposition NFT : Passages qui sera lancée le 8 septembre à la Galerie d’art de l’Ontario par le Bureau des regroupements des artistes visuels de l’Ontario (BRAVO), certaines de leurs œuvres seront déjà accessibles. Carole Gagné Ince, l’une des huit artistes francophones faisant partie de cette toute première exposition de ce genre dans la capitale, verra certaines de ses œuvres exposées en avance au café Alice’s Village à Carp, en Ontario. NFT Passage est une exposition sur cette nouvelle forme d’art digital née de la chaîne de blocs. L’exposition illustrera  le « passage » entre les œuvres physiques au digital : le « phygital ».

La pièce La Voix de Carole Gagné Ince. Gracieuseté de l’artiste

Carp, On, jusqu’au 30 septembre. Entrée gratuite.

Découvrir l’empreinte architecturale de Uno Prii

Uno Prii était un architecte canadien d’origine estonienne qui a conçu environ 250 bâtiments, dont beaucoup à Toronto, mais aussi dans le sud de l’Ontario et aux États-Unis dans les années 60 et 70. Certaines des œuvres les plus connues de Prii sont des immeubles d’appartements situés dans le quartier Annex de Toronto, dont les contours présentent des courbes arrondies. Son répertoire méprisé par certains et admiré par d’autres, sera au coeur des discussions au cours de la visite guidée du quartier de l’Annex organisé par la Société d’histoire de Toronto.

(Gauche) Brazil Towers –  Arthur Rozumek, travail personnel via Wikimédia Commons CC BY 3.0 (Droite) The Vincennes – Arthur Rozumek, travail personnel via Wikimédia Commons CC BY 3.0

Toronto, 9 août. Détails et informations sur le site de la Société d’histoire de Toronto.

Le conseil d’administration de la Franco-Fête ajoute sa voix au cri du cœur

TORONTO – Le conseil d’administration (CA) de la Franco-Fête de Toronto souhaite ajouter de l’eau au moulin dans l’histoire de l’arrêt potentiel du festival après l’édition 2024. Dans une lettre ouverte transmise à ONFR ce mercredi matin, les membres du CA parlent d’une situation « insoutenable » et d’un possible « effet domino » sur la culture francophone de la ville reine si leur événement n’est pas sauvé.

Le texte, intitulé La mobilisation ou la disparition, a plus tard été rendu public et s’inscrit dans le thème Cri du coeur, adopté pour l’édition 2024.

Les signataires y stipulent : « Bien que le festival fasse partie du paysage culturel de la métropole depuis plus de 40 ans, les bailleurs de fonds publics et privés font la sourde oreille à la crise de financement que traverse l’événement et qui menace son existence. »

La Franco-Fête de Toronto est l’une des principales composantes du ciment social de nos communautés francophones.
— Extrait de la lettre ouverte du CA

« Pourquoi sortir de la douce langueur de l’été pour prendre part à ce mouvement de mobilisation? Parce qu’il en va de la préservation de Notre place. La Franco-Fête de Toronto est l’une des principales composantes du ciment social de nos communautés francophones. C’est la célébration par la musique, la danse et les arts de notre identité et de notre rôle historique, présent et à venir dans la composition et l’avancement de notre pays. C’est un événement unique dans le paysage torontois. Il permet de tisser la fibre du vivre ensemble qui est essentielle à la composition de la mosaïque culturelle de notre métropole. »

Le CA, présidé depuis peu par l’auteur-compositeur-interprète Abel Maxwell, enjoint la population à démontrer son appui à la Franco-Fête, en se présentant à l’événement en grand nombre, mais aussi en utilisant les mots-clics #francofetetoronto et #crisducoeurfranco sur les réseaux sociaux. Il demande également à la population francophone et francophile d’interpeller les différents paliers de gouvernement, ainsi que les « acteurs privés qui devraient saisir l’occasion de se rapprocher de communautés aussi nombreuses que diversifiées. »

Abel Maxwell est le nouveau président du CA de la Franco-Fête de Toronto. Photo : Rachel Crustin / ONFR

« Pourquoi encore et toujours monter au créneau pour garantir notre place? Parce que nous sommes des battants… et des gagnants. Aussi, parce que c’est la seule manière par laquelle nous avons obtenu gain de cause dans le passé, en préservant certaines de nos institutions ou en faisant reculer les pouvoirs publics pour corriger les injustices qui nous accablent trop souvent. »

La lettre ouverte mentionne aussi que d’autres événements culturels à travers le pays souffrent d’un manque de financement semblable. « On ne compte plus les institutions ou événements francophones aux finances fragiles au point d’être menacés de disparition. Faisons cause commune. Ce pays compte aussi un large nombre de francophiles conscients de la richesse qu’apporte la francophonie à cette nation. »

Ce sont donc les francophones, mais aussi les francophiles de Toronto que le CA tente d’interpeller. La Franco-Fête de Toronto est un événement gratuit, qui dépend donc des subventions pour sa survie. La 42e édition se tiendra les 24 et 25 août au Stackt Market.

Rappelons que le financement de la Franco-Fête a fondu de 73 % depuis la pandémie, une situation dénoncée depuis le début de l’été, principalement par José Bertrand, directeur général de Groupe Simoncic. Cette entreprise privée est chargée de l’organisation de la Franco-Fête de Toronto, mais aussi du Festival franco-ontarien, à Ottawa, et du Festival de la Curd, à St-Albert. Ce dernier événement n’a pas connu d’édition régulière depuis 2019.

Un des seuls refuges animaliers du Nord annonce devoir fermer

TEMISKAMING SHORES – Le principal refuge pour animaux du Nord-Est ontarien est sur le point de mettre la clé sous la porte. Faute de financement et complètement débordée, l’équipe de bénévoles a lancé un cri du cœur sur les réseaux sociaux.

« Avec l’inflation, le prix du loyer, l’électricité, l’essence, le chauffage, la nourriture et tout le reste, nous ne savons pas combien de temps nous pouvons tenir avec le volume actuel élevé d’animaux », explique Shannon Mason, bénévole au refuge Northern Ontario Animals Rescue and Sanctuary depuis 2019.

Depuis la pandémie, le volume d’animaux abandonnés est très élevé. Comme il s’agit du seul refuge de la région, il s’agit bien souvent de la seule solution pour de plus en plus d’ex-propriétaires du Nord.

« Si quelqu’un trouve un chien ou un chat, ou n’importe quel animal, c’est nous qu’il appelle. »

Présentement, ce sont près de 80 chats et plus de 100 chiens qui sont pris en charge au refuge, déposés par des personnes de partout en province, y compris le sud de l’Ontario.

« On est le seul refuge qui ne dit jamais non et accepte les animaux d’autres refuges qui sont dépassés », fait savoir Mme Mason.

Puisqu’il faut aussi vacciner et soigner ces animaux, les factures de vétérinaires atteignent désormais près de 30 000 $ par mois, indique-t-elle. Une situation qui est devenue hors de contrôle pour cet organisme qui survit seulement grâce aux dons.

Vague de réactions en ligne

Un message, publié sur la page Facebook du refuge vendredi, a été partagé près de 700 fois et a généré de nombreux commentaires et réactions sous la publication.

« C’est une vraie leçon d’humilité de recevoir autant de messages de soutien de la communauté », se félicite celle qui est chargée de l’adoption des chiens du refuge. Depuis, le téléphone ne cesse de sonner et le refuge a reçu plusieurs demandes d’adoption et de candidatures pour du bénévolat.

« On a des personnes qui veulent venir d’Ottawa, Toronto et même Huntsville pour récupérer des chiens et on a reçu de la nourriture pour chatons dont on avait cruellement besoin. »

Des levées de fonds ont lieu régulièrement pour alimenter les caisses de l’organisme. Gracieuseté

Bien que l’intention derrière la sortie publique fût de faire la lumière sur la situation, l’organisme aurait toutefois reçu près de 5 300 $ rien que le jour de la publication.

« Le but n’était pas de faire un appel aux dons, mais ces fonds nous ont permis de payer le loyer, sans ça on n’aurait tout simplement pas pu le faire », affirme-t-elle en ajoutant que plus de 1000 $ ont suivi les jours d’après.

Appel à la municipalité

Plusieurs internautes ont appelé les différents paliers de gouvernement à apporter de l’aide à l’organisme à but non lucratif.

La bénévole bilingue souhaite, elle aussi, voir une implication financière de la municipalité de Temiskaming Shores : « On ne se sent pas soutenus par la municipalité, on aimerait collaborer beaucoup plus. »

La ville recueille des animaux pour un maximum de 72 h avant de les envoyer au refuge. « Les employés de la ville ne travaillent pas les week-ends et ne prennent aucun animal qui est à l’extérieur de leur périmètre, donc on est coincés avec des animaux qu’ils nous laissent », se plaint-elle.

« Nous faisons aussi des allers-retours de stérilisation et de castration à North Bay, et l’un de nos véhicules est mort et l’autre est sur le point de l’être. Nous ne pouvons pas nous permettre d’acheter un nouveau véhicule. »

L’espace pour chiens est de plus en plus réduit au sein du refuge. Gracieuseté

Mme Mason dit toutefois avoir reçu une demande de communication de la municipalité, sans être trop enthousiaste. Elle considère qu’il faudrait un miracle pour sauver le refuge. Des demandes de subventions et de fonds de programmes gouvernementaux ont étés faites, mais sont restées sans réponse.

Personne ne sait ce qui adviendra des animaux demeurant au refuge lors de la fermeture.

Au moment d’écrire ces lignes, la municipalité n’avait pas répondu à notre demande d’entrevue.

Épuisement des bénévoles

L’équipe de sept bénévoles est épuisée et souhaiterait trouver une solution permettant de recruter quelqu’un pour travailler à temps plein durant la semaine.

Mme Mason travaille dans l’hôpital de la région, mais dit passer tellement de temps au refuge qu’elle considère qu’il s’agit d’un emploi à temps plein.

« La fondatrice du refuge met chaque centime qu’elle a dans le refuge, on met tous de notre argent là-dedans », raconte la citoyenne de New Liskaerd qui dit même que son implication a eu un impact dans sa relation conjugale.

Le très populaire magasin de vente d’articles de seconde main, Hidden treasures est lui aussi menacé de fermeture. Celui-ci est aussi géré par la fondatrice du refuge et emploie aussi des bénévoles.

La boutique Hidden treasures est très appréciée de la communauté. Gracieuseté

Tous les profits sont utilisés pour alimenter les caisses du refuge, mais avec les ventes de garage estivales, les ventes ont chuté.

« Si le refuge ferme, la boutique ferme aussi malheureusement », termine Mme Mason.

Un peu plus tôt, en juillet dernier, le refuge Pets need love 2, situé à Verner, à une heure et demie de Northern Animal Rescue and Sanctuary, a aussi annoncé devoir fermer ses portes pour les mêmes raisons, après 15 ans d’opération.

Nord de l’Ontario : des centaines de messages sur X vantent le passage de Pierre Poilievre

Le NPD estime que le Parti conservateur doit s’expliquer, après que des centaines de messages quasi identiques, vantant la visite de Pierre Poilievre dans le Nord de l’Ontario, soient apparus sur X au cours des derniers jours.

Des captures d’écrans d’internautes sur X (anciennement Twitter) soulevaient l’apparition de centaines de messages identiques de comptes créés en juillet 2024 et qui provenaient parfois d’autres pays comme la France et les États-Unis. ONFR a tenté de vérifier certains de ces messages, mais ils avaient disparu de la plateforme, tout comme des comptes reliés à ces gazouillis.

La majorité des messages, en anglais, affirmaient revenir tout juste d’un rassemblement de Pierre Poilievre à Kirkland Lake. Des gazouillis encensaient le message du chef conservateur, le qualifiant de « rafraîchissant » ou vantant l’atmosphère « électrisante ». Plusieurs des comptes robotiques se définissaient aussi comme « Nord-Ontariens » alors que certains profils montraient une localisation hors de l’Ontario, selon des captures d’écrans d’utilisateurs de X.

Le chef conservateur était de passage dans le Nord de l’Ontario lors d’une tournée de quelques jours la semaine précédente. Il a notamment tenu des rassemblements à Hearst, Sudbury, Elliot Lake ainsi qu’à Kirkland Lake, mercredi soir dernier. Cet événement s’est tenu au Heritage North Conference & Events Centre et, selon des images de médias locaux, autour d’une centaine de personnes étaient présentes à l’événement.

« Pierre Poilievre doit s’expliquer. Les conservateurs utilisent-ils des fermes de trolls étrangères pour créer un faux élan au Canada? », a questionné le député de Timmins-Baie James, Charlie Angus, dans un communiqué accusant les conservateurs.

« Incapable de générer un quelconque élan, il semble que Pierre Poilievre ait dû se tourner vers des fermes de trolls étrangères et des comptes bidon », accuse le représentant néo-démocrate.

En conférence de presse, le chef du NPD, Jagmeet Singh, a demandé à ce qu’Élections Canada ouvre une enquête après « ces messages inquiétants sur les réseaux sociaux », afin de savoir notamment s’il s’agit d’ingérence étrangère. Il a aussi souligné qu’il écrirait une lettre à la juge Marie-Josée Hogue, de la Commission sur l’ingérence étrangère, pour qu’elle aborde cet événement.

Jagmeet Singh. Crédit image : Stéphane Bédard.
Le chef du NPD, Jagmeet Singh, estime qu’une enquête d’Élections Canada est nécessaire. Photo : Stéphane Bédard / TFO

Une « théorie du complot », selon les conservateurs

Le chef adjoint au Parti conservateur Luc Berthold a répondu que son chef, « partout où il passe, n’a pas besoin de robots pour attirer des foules ».

« C’est complètement ridicule. C’est une théorie du complot qui n’a pas sa place. Je peux vous dire que Pierre Poilievre est le chef qui répond actuellement le plus aux aspirations des Canadiens (…) Pierre Poilievre suffit amplement pour attirer les gens », a-t-il soutenu lors d’une conférence de presse à Ottawa.

Dans un rapport de 2023 sur les cybermenaces contre le processus démocratique du Canada, le Centre canadien pour la cybersécurité affirmait que des campagnes d’influence par « des États étrangers représentent presque certainement une menace constante et persistante pour la population canadienne ».

« Des états étrangers utilisent des réseaux de zombies afin d’amplifier certains messages en ligne et d’acheminer du contenu aux électrices et électeurs ayant les mêmes opinions politiques, ce qui a pour effet d’accentuer les répercussions des chambres d’écho politiques et la polarisation politique avant des élections », est-il écrit dans ce rapport.

Le Groupe de travail sur les menaces en matière de sécurité et de renseignements visant les élections soutenait de son côté que l’utilisation des médias sociaux par des acteurs étatiques pour mener des campagnes de désinformation s’est intensifiée dans les dernières années

« Cette tendance se répercute probablement dans le contexte électoral, bien qu’il demeure difficile d’attribuer de telles activités à des acteurs étrangers », est-il noté dans des documents de ce groupe, présentés dans le rapport de la juge Hogue de la Commission sur l’ingérence étrangère.

Ce groupe de travail, créé en 2019, se compose de représentants du Service canadien du renseignement de sécurité, de la Gendarmerie royale du Canada, d’Affaires mondiales Canada et du Centre de la sécurité des télécommunications, l’agence canadienne de cyberespionnage.

Expansion des services d’accueil en français à l’aéroport Pearson

TORONTO – En cinq ans depuis sa création, le point d’accueil francophone de l’Aéroport international Pearson est passé de 2500 nouveaux résidents permanents francophones pris en charge en 2019 à 3500 en 2023-2024. Mandaté par le ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration du Canada (IRCC), le Centre francophone du Grand Toronto (CFGT), qui offre désormais des services pré-départ et post-arrivée, s’est également vu confier l’accueil des anglophones et des allophones. Parmi eux, 19 % sont en fait francophones.

Situés aux terminaux 1 et 3, ces kiosques de services d’aiguillage en français à l’Aéroport Pearson s’adressent aux nouveaux résidents permanents, fraichement sortis de l’avion.

De quatre agents d’accueil en 2019, l’équipe est passée à 17 membres bilingues et plurilingues en cinq ans.

Nombre de résidents permanents francophones accueillis à l’aéroport Pearson de Toronto par année, incluant la baisse significative de 2021-2022 due à la pandémie de COVID-19. Photo : gracieuseté du CFGT

Sollicitée par l’IRCC en 2022, l’expansion de leurs services d’accueil aux nouveaux résidents permanents anglophones et allophones, à travers des équipes bilingues, a été une opportunité pour le Centre francophone du Grand Toronto (CFGT) de toucher plus de francophones.

« Avant ça, c’est Malton Neighbourhood Services qui assumait la charge du mandat anglophone, et ce durant une vingtaine d’années. Ceux-ci maintenaient qu’ils n’accueillaient peu ou pas de francophones, explique Aïssa Bibi Nauthoo, en charge du programme au CFGT. Or, nous avons tout de même enregistré 19 % de francophones (parmi les groupes considérés comme anglophones ou allophones) cette dernière année. »

« Cette nouvelle offre active nous a en effet permis d’observer que, souvent, il y a certains membres de familles qui parlent français. On est alors capable de les diriger vers des organismes et services francophones », illustre celle-ci.

« Les travailleurs temporaires ou les étudiants internationaux qui arrivent et qui ont besoin de services en français n’ont malheureusement pas accès à ce service », déplore-t-elle toutefois, espérant une mise à jour plus exhaustive du mandat. « Ils finissent par s’assimiler dans des environnements anglophones, et ça a un impact sur le poids démographique à long terme. »

Répartition des résidents permanents francophones par pays de provenance et villes de destination depuis 2019-2020. Photo : Gracieuseté du CFGT

Quant aux pays de provenance des nouveaux arrivants, ils varient, selon Aïssa Bibi Nauthoo. « Le Cameroun a toujours été le premier pays en tête de classement, mais pour ce qui est des autres pays, ça change. Le Liban apparait maintenant dans le top 3 mais, avant 2019, c’était la France. »

« Les données dépendent aussi de l’aéroport d’arrivée, ajoute Meryem Taleb, également en charge du programme. Certains francophones arrivent à Montréal, par exemple. Par ailleurs, de nombreux résidents temporaires comme les PVTistes arrivent d’Europe, mais ce ne sont pas les profils pour lesquels nous sommes mandatés. »

Le processus à la sortie de l’avion

« Dès l’atterrissage et après être passées par les services d’immigration, les personnes sont référées à nos services d’information. Une fois arrivées au kiosque, elles sont prises en charge par un des agents », décrit Mme Taleb.  

La documentation présentée aux nouveaux résidents permanents explique entre autres comment se procurer un Numéro d’assurance sociale (NAS), la carte Assurance-santé (OHIP), la Prestation ontarienne pour enfants ou encore comment s’orienter dans les études primaires, secondaires et postsecondaires au besoin.

Mme Taleb ajoute : : « Nous donnons également un passeport d’accueil et d’établissement qui référence les fournisseurs des services d’établissement, en fonction de la destination finale de résidence. »

« Recueillir leurs données fait également partie du processus pour nous permettre par la suite de mettre en lien ces nouveaux arrivants, via une base de données en ligne, avec les organismes partenaires avec lesquels nous travaillons et qui offrent des divers services : le Collège Boréal à Toronto par exemple, le Point d’accueil francophone (PAF) à Ottawa, l’Association canadienne-française de l’Ontario, etc. »

Quelques-uns des 17 membres de l’équipe d’accueil du Centre francophone du Grand Toronto à l’aéroport Pearson. Photo : Gracieuseté du CFGT

Photo : Gracieuseté du CFGT

Photo : Gracieuseté du CFGT

Des services pré-départ et post-arrivée uniquement pour les francophones depuis un an

Un suivi d’intégration a été mis en place pour les francophones uniquement. Les organismes référents dans la ville d’établissement contactent alors ces nouveaux venus.

« Pour les francophones qui choisissent de s’établir à Toronto par exemple, le Centre francophone offre des services post-arrivée avec des conseillers à l’établissement qui prennent contact avec les nouveaux arrivants dans les 24 à 48h », ajoute Mme Taleb.

Une évaluation individuelle des besoins permet alors la mise place d’un plan d’intégration : emploi, logement, aide juridique, services de famille, santé primaire, santé mentale et éducation.

Depuis juillet 2023, le CFGT a instauré des Services pré-départ pour l’Ontario, incluant un contact avec le nouveau résident permanent francophone avant son arrivée au Canada.

Aissa Bibi Nauthoo nous informe que la lettre d’acceptation de visa de l’IRCC contient désormais l’information sur ces prestations pré-départ : « Les francophones sont invités à s’inscrire sur une plateforme ‘Connexion francophone’ pour bénéficier de services, notamment une sensibilisation sur le mode de fonctionnement canadien (scolaire, bancaire, marché du travail, etc.) »

« Les nouveaux inscrits à destination de l’Ontario sont contactés par les conseillers de pré-départ pour préparer la personne à la vie ici au Canada et l’orienter sur la meilleure ville d’établissement. La meilleure façon de prendre une décision éclairée », conclut celle-ci.

À quelques mois d’élections, Blaine Higgs peine à trouver des candidats dans les régions francophones

Alors que les Néo-Brunswickois sont attendus aux urnes dans quelques mois, le Parti progressiste-conservateur de Blaine Higgs n’a pour le moment qu’une poignée de candidats confirmés publiquement dans près d’une dizaine de comtés du Nord, majoritairement francophones.

Blaine Higgs, qui pourrait déclencher des élections d’ici le 21 octobre, est au pouvoir depuis 2018. Il a souvent été critiqué par le passé par les groupes de défenses acadiens ou encore par les représentants des régions du Nord de la province, où réside une bonne part des francophones.

Au cours des dernières années, Blaine Higgs s’est souvent fait reprocher d’investir davantage dans les communautés du Sud, où sont la majorité des députés progressistes-conservateurs, plutôt que dans les régions du Nord, majoritairement libérales. En mai, les libéraux avaient accusé Fredericton de favoriser les régions du Sud après avoir révélé que seuls 7 % des dépenses d’un programme d’infrastructures avaient été réservées au Nord, alors que la région représente plus du quart de la population néo-brunswickoise.

À l’heure actuelle, quelques comtés du Nord-Est de la province ont déjà des candidats progressistes-conservateurs confirmés, dont un maire actuellement en poste. Il s’agit de Normand Pelletier dans Restigouche-Est, qui est maire de la municipalité de Baie-des-Hérons. La mairesse de Bathurst, Kim Chamberlain, serait aussi une candidate, selon Acadie Nouvelle. Ces deux candidatures pourraient aider, car il s’agit de personnalités locales connues, note Mario Lévesque, politologue de l’Université Mount Allison.

« Je pense qu’ils ont un peu de la misère à se trouver des candidats et ceux qu’ils trouvent, ils attendent à la dernière minute pour se déclarer comme candidat », fait-il comme analyse.

« C’est une indication que le monde a peur d’être attaché avec les politiques publiques du gouvernement du Blaine Higgs. Plus ils attendent, mieux c’est pour les candidats, car il y a moins de personnes qui peuvent essayer de les attaquer pour leurs politiques », souligne le professeur.

Mais plusieurs circonscriptions francophones, près d’une dizaine, n’ont toujours pas de candidats bleus. C’est le cas entre autres à Shédiac, Tracadie et Caraquet.

« Ça arrive de temps en temps, mais jamais à ce niveau-là, analyse Mario Levesque. C’est quelque chose qui est différent. »

Celui-ci n’est pas surpris du peu d’attention portée par Blaine Higgs au Nord de la province, car les sièges progressistes-conservateurs au Sud dans des régions comme Fredericton et Saint-Jean lui sont suffisants pour obtenir une majorité à l’Assemblée législative.

La carte électorale au lendemain des élections de 2020 montre une division entre le Nord et le Sud de la province. Crédit image : DrRandomFactor, travail personnel via Wikimédia Commons CC BY-SA 4.0

Il y a présentement 49 sièges dans la province et les troupes de Blaine Higgs en détiennent 25. Deux d’entre eux se sont ajoutés en 2022. Deux députés du People’s Alliance, un parti souvent hostile au bilinguisme officiel dans la province, ont quitté les rangs pour se joindre au gouvernement. Cette nouvelle et la nomination de l’ancien leader du People’s Alliance, Kris Austin, au cabinet quelques mois plus tard, avait choqué la communauté acadienne.

« Le parti conservateur ne s’occupe pas des francophones et du Nord de la province, ils ne sont pas intéressés », observe le politologue.

« M. Higgs ne s’emballe pas non plus, car il se dit qu’il peut avoir un gouvernement majoritaire sans prendre des circonscriptions dans le Nord et Nord-Est. Mais pour ça, il doit gagner les circonscriptions dans les grosses villes », dit-il, citant Fredericton et Saint-Jean comme des villes clés lors du prochain scrutin.

Le Parti libéral, opposition officielle à Fredericton avec 16 sièges, a à l’heure actuelle 42 candidats sélectionnés sur les 49 possibles.

Jeux olympiques : le point sur les Franco-Ontariens avant la dernière semaine 

PARIS – Condensé intense de sport sur un petit peu plus de deux semaines, les Jeux olympiques entrent déjà, lundi 5 août, dans la dernière semaine de compétition. Pour y voir plus clair sur ce qui s’est passé et ce qui reste à venir pour les athlètes franco-ontariens présents à Paris, ONFR fait le point.

Les satisfactions 

Placés dans le groupe dit « de la mort » avec la Grèce, l’Australie et l’Espagne, l’équipe masculine de basketball a brillamment relevé le défi. Avec un RJ Barrett meilleur marqueur de l’équipe, les Canadiens ont remporté leurs trois matchs.

Ils affronteront en quart de finale, mardi 6 août (12 h), une équipe de France qui n’a pas brillé jusque-là. Même s’il faut se méfier de l’hôte de la compétition, qui pourrait avoir un sursaut d’orgueil et un avantage de taille conséquent à l’intérieur, les Canadiens seront favoris pour accéder aux demi-finales et affronter le vainqueur du match Grèce-Allemagne. On rêve déjà d’une finale Canada-États-Unis! 

Samuel Zakutney a grandement participé au beau parcours en équipe des gymnastes canadiens qui ont obtenu la huitième place. Photo : Antoine Saito / Gymnastique Canada

Premier athlète en individuel à rentrer dans les Jeux, Samuel Zakutney a réalisé un beau parcours… par équipe, avec ses coéquipiers de la gymnastique. La participation olympique du Franco-Ontarien avec le groupe masculin canadien était déjà historique, puisque c’était la première fois depuis 20 ans que le Canada envoyait une équipe masculine complète aux Jeux.

Les Canadiens ont fait honneur à cette participation en se qualifiant pour la finale et en terminant à une belle huitième place. Individuellement, en revanche, l’Ottavien n’a pas réussi à se qualifier pour une finale, mais nul doute que ce parcours collectif lui a suffi pour considérer ses Jeux comme une réussite. 

Les ratés 

Trois matchs, trois défaites dont une dernière crève-cœur contre la Serbie après avoir mené 2-0, Danny Demyanenko et l’équipe de volleyball n’ont pas connu les Jeux qu’ils espéraient. Bien qu’ils n’étaient pas favoris, l’objectif était, au minimum, de sortir de la phase de groupe, ce qui n’a malheureusement pas été le cas. Le Torontois n’a pas pris part à la rencontre d’ouverture contre la Slovénie perdue 3-1, puis il a fait des entrées en jeu face à la France (défaite 3-0) et la Serbie (défaite 3-2).

Non-titulaire sur les trois matchs, Danny Demyanenko a tenté d’apporter sa contribution sur ses entrées en jeu contre la France et la Serbie, mais cela s’est avéré insuffisant pour obtenir une victoire. Photo : Steve Kingsman / Volleyball Canada

Même scénario pour l’équipe féminine de basketball, qui n’a pas réussi à suivre l’exemple des hommes. Laeticia Amihere, Syla Swords et leurs coéquipières se sont inclinées lourdement contre la France en ouverture 75 à 54, avant de tomber contre l’Australie par cinq points (70-65) et contre le Nigéria, ce dimanche, dans le match de la dernière chance (79-70). Les Canadiennes ont eu de gros problèmes offensifs dans l’un des quarts de chaque match. Elles n’ont inscrit que deux points dans le deuxième quart contre la France, puis 12 et 5 points dans les troisièmes périodes face à l’Australie et au Nigéria.

Les déceptions 

Souhaitant faire mieux que sa cinquième place acquise à Tokyo, Michael Woods a raté le coche avec une 42e place sur l’épreuve de cyclisme en ligne. A 50 kilomètres de l’arrivée, le Franco-Ontarien s’était pourtant intégré au groupe de poursuivants dans lequel se trouvait le futur vainqueur de l’épreuve, Remco Evenepoel, et le futur deuxième, Valentin Madouas. La tactique était la bonne, les jambes n’ont malheureusement pas suivi. 

« C’était excitant d’être dans le groupe qui est allé jusqu’au bout, je n’ai juste pas eu les jambes pour les suivre. Je suis vraiment déçu par rapport à cela, mais ma préparation n’a pas été idéale pour cette course, a-t-il déclaré. Bien sûr, ce n’est pas le genre de courses qui favorisent mon profil, non plus. J’ai fait de mon mieux. »

Éliminées en quart de finale, Vanessa Gilles, à gauche et Janine Beckie, à droite, ne connaitront pas de nouveau la joie d’une victoire olympique. Photo : Mark Blinch / COC

Pour finir, il est difficile de les mettre dans la catégorie des déceptions tant leur qualification en quart de finale tenait du miracle, mais il est clair que l’équipe de soccer canadienne visait mieux qu’une élimination en quart, aux tirs au but face à l’Allemagne (0-0, 4-2 t.a.b.).

Aucune équipe n’a été en mesure de marquer, malgré des occasions de part et d’autre, et c’est la loterie des tirs au but qui a décidé du sort des championnes olympiques en titre. Après le match, malgré sa déception, Cloé Lacasse a reconnu le caractère exceptionnel de leur parcours au micro de Radio-Canada

« Honnêtement, j’ai de la fierté par rapport à ce que ce groupe à réussi à accomplir, considérant ce qui nous est arrivé. C’était incroyable, on n’a pas arrêté, jusqu’à la fin. Ce match n’est pas la fin pour ce groupe, on va continuer et on veut rendre le Canada fier. »

Tout reste encore à faire 

Malgré un bilan d’une seule victoire en quatre matchs, Jessica Gaudreault et ses coéquipières de l’équipe féminine de water-polo ont obtenu la quatrième place de leur groupe de cinq. Elles disputeront les quarts de finale face à l’Espagne, le mardi 6 août à 8 heures. 

En volleyball de plage, le duo composé de Brandie Wilkerson et Melissa Humana-Paredes a dû passer par la phase de repêchage, après avoir perdu deux de ses trois matchs dans la phase de groupe. Malgré tout, elles ont su gagner le match qu’il fallait contre les Tchèques, pour s’assurer une participation en phase finale. Elles affronteront en huitièmes de finale la paire américaine composée de Kristen Nuss et Taryn Kloth, ce lundi 5 août à midi. 

Brandie Wilkerson, de face, et Malissa Humana-Paredes ont dû passer par un match de barrage, mais elles seront bien en phase finale de la compétition de volleyball de plage pour tenter d’atteindre leur objectif de podium olympique. Photo : Darren Calabrese / COC

En athlétisme, après son élimination au premier tour du 100 mètres, en terminant quatrième de sa série vendredi, Jacqueline Madogo a offert une belle réaction sur le 200 mètres ce dimanche. Même si elle a de nouveau terminé quatrième et qu’elle devra passer par les repêchages lundi, elle a signé son meilleur temps en carrière en 22 secondes 78, soit le 15e meilleur temps des qualifications.

Elle a seulement eu la malchance de tomber dans une série rapide et aurait été qualifiée dans quatre autres séries, où elle a un meilleur chrono que la troisième. Avec la meilleure performance pour une non qualifiée, on peut, avec optimisme, espérer voir l’Ottavienne sortir des repêchages lundi et disputer les demi-finales. 

« C’est un record personnel que j’ai poursuivi toute la saison, a-t-elle posté sur Instagram, et je suis contente que ça ait cliqué sur la plus grande scène. Je suis vraiment heureuse. »

Deux athlètes franco-ontariens ne sont toujours pas entrés en lice dans ces Jeux, il s’agit de la lutteuse Linda Morais, qui sera en compétition lundi et mardi, et du sprinteur Eliezer Adjibi, qui participera au relais 4 x 100 mètres le 8 août. 

Alexandre Landry : « Je suis satisfait, j’ai fait trois fois la cinquième place » aux nationaux de natation

[ENTREVUE EXPRESS]

QUI

Alexandre Landry est un nageur de brasse franco-ontarien originaire de Sudbury. Il s’était révélé lors des Championnats nationaux 2023, où il avait remporté une médaille de bronze sur 200 mètres. 

LE CONTEXTE

Un an après son moment de gloire, le Sudburois a de nouveau disputé les Championnats nationaux, qui se déroulaient à Scarborough du 24 au 30 juillet. 

L’ENJEU

Le spécialiste de brasse revient sur ses performances lors de l’événement et glisse un mot sur la natation aux Jeux olympiques, qu’il suit avec attention. 

« Dans quelle dynamique étiez-vous avant ces Championnats nationaux de natation? 

J’ai fait deux compétitions entre les Essais olympiques et ces Championnats nationaux. La première, c’était une compétition à Etobicoke. Je n’ai pas participé à beaucoup de courses de brasse, je n’ai fait que le 50 m. J’ai très bien réussi avec une médaille d’or, même si j’ai dû faire cette course cinq minutes après ma précédente. J’ai réussi à améliorer mes temps sur d’autres nages, donc ça faisait du bien de savoir que je pouvais être compétitif sur d’autres disciplines que la brasse. C’était amusant. 

Ensuite, j’avais les provinciaux début juillet. Là, je me suis fait mal au dos donc j’ai eu des difficultés. J’ai quand même pu me reposer et me préparer pour les nationaux, même si ma préparation a quand même été dérangée. 

Avant de revenir sur chaque épreuve aux nationaux, quel est le sentiment général cette année? 

Les Championnats nationaux ont quand même bien été. Comme l’année dernière, j’ai été capable de faire les trois courses : 50 m, 100 m et 200 m. Je suis satisfait, j’ai fait trois fois la cinquième place. 

Alexandre Landry, au départ d’une épreuve de brasse. Photo : Daniel Landry

Vous avez terminé cinquième sur le 50 m en 29’’ 32, quel est votre sentiment sur cette performance? 

J’ai fini septième lors de la préliminaire, puis cinquième en finale. Je suis content de cette course, je suis passé très proche de mon meilleur temps dans la finale et j’ai bien amélioré le temps des préliminaires (29’’ 42). Je crois que c’est mon troisième temps le plus rapide de ma carrière. Je n’avais pas fait cette course aux Essais olympiques, car elle n’y était pas, mais je suis très content d’avoir pu me mesurer aux meilleurs de la discipline comme Brayden Taivassalo ou Justice Migneault, et voir que je n’étais pas si loin d’eux. Ça me montre que je suis capable de me rapprocher d’eux.

Même place sur le 100 mètres, cinquième, cette fois en 1’ 03’’ 27, comment s’est passé votre finale? 

Ce n’est pas le chrono que je voulais faire. J’ai été plus lent que lors des Essais olympiques, j’aurais voulu battre ce temps. Je suis quand même content . Je pense que j’ai été moins rapide sur le premier 50 mètres que ce que je voulais faire, mais le deuxième 50 a vraiment été plus vite que ce que j’avais fait aux Essais. Je suis quand même content de voir que je peux avoir la force pour revenir. Pour l’année prochaine, je sais que je dois travailler sur cela, au niveau technique et au niveau de la force, pour me permettre d’atteindre le niveau supérieur. 

Enfin, l’année dernière, vous aviez remporté le bronze sur le 200 mètres, et c’est seulement une cinquième place pour vous cette fois-ci. Comment l’expliquez-vous? 

Dans la course préliminaire, on avait mis en place un plan avec mon entraîneur, de pousser plus dans le dernier 100 mètres de la course. J’ai été capable de le faire sur les deux courses, je suis content d’avoir pu le reproduire sur la finale et d’avoir beaucoup de vitesse pour la fin de la course. Ça a bien fonctionné puisque j’ai réussi à faire un temps meilleur (2’14’’14) que lors des nationaux l’année dernière (2’18’’55). La différence avec l’année dernière c’est que la compétition était plus féroce. Cette année, il n’y a que les deux meilleurs nageurs de brasse qui sont partis aux Jeux tandis que l’année dernière, il y en avait plus qui étaient absents en raison des Championnats du monde, les quatre meilleurs n’étaient pas là. La différence se fait là mais aussi par rapport à d’autres jeunes qui ont progressé, comme Nathan Thomas d’Etobicoke (3e de la course). 

Summer McIntosh a impressionné Alexandre Landry par ses performances exceptionnelles aux Jeux olympiques. Depuis cet entretien, elle a gagné une médaille d’or supplémentaire, jeudi 1 août sur 200 m papillon, avec en plus un record olympique à la clé. Photo : Leah Hennel/COC

Pour terminer, parlons un peu des Jeux olympiques. Qu’est ce qui a retenu votre attention côté canadien jusqu’à présent? 

Côté Canadien, c’est bien sûr les performances de Summer McIntosh. Elle a été impressionnante sur les courses qu’elle a disputées jusque-là, avec une médaille d’or sur le 400 m 4 nages individuel et l’argent sur le 400 m nage libre.

Et chez les autres nageurs?  

Celui qui m’a vraiment marqué, c’est Léon Marchand pour la France, avec ses deux médailles d’or, mercredi. Je trouve que c’est fou d’avoir deux médailles d’or dans la même journée. Je sais que Léon Marchand a le même coach que Michael Phelps et ce dernier a dit qu’ils étaient très semblables. On a l’impression que Marchand est meilleur, mais c’est très intéressant de voir s’il va rattraper Phelps dans les prochaines années au niveau des records et des médailles d’or. » 

Arts, musique et cinéma : les essentiels pour lancer le mois d’août 

L’été se poursuit dans toute sa ferveur culturelle à travers l’Ontario français. Pour débuter le mois d’août, de nombreuses activités attendent ceux qui souhaitent se divertir en ce long week-end du congé civique. Qu’il s’agisse de cinéma, d’art ou même d’humour, il y en a pour tous les goûts. 

Se libérer aux rythmes du compas et de l’Afrozouk

Les sons du compas et de l’Afrozouk s’emparent du long week-end à Toronto, alors que deux événements mettent ces sons des Antilles en vedette. La soirée Konpa de samedi, au 95 rue King Est, promet de faire danser les spectateurs avec la musique de DJ Trickey, de Montréal, et celle de DJ Gold, de Toronto. Elle est organisée par Afrozouk.

Le Festival Konpa Zouk de l’Ontario se tiendra pour sa part de vendredi à lundi. Il inclut entre autres une conférence virtuelle pour parler d’investissements en culture au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire et un brunch d’après-midi mettant en vedette la cuisine haïtienne et différents DJs et musiciens.

La foule était nombreuse à Dundas Square l’an dernier pour le Festival Konpa Zouk de l’Ontario. Photo : page Facebook Festival Konpa Zouk Toronto

Toronto, le 3 août pour la soirée Konpa et du 2 au 5 août pour le Festival Konpa Zouk de l’Ontario. Détails et billets sur le site d’Afrozouk et sur la page Facebook du festival.

Chamberfest fête ses 30 ans

C’est grâce aux nombreux mécènes que le Festival de chambre d’Ottawa (Chamberfest) a pu atteindre sa 30eme édition. Depuis 30 ans, le Chamberfest offre une tribune aux artistes émergents ou sous-estimés au Canada et à l’international. Le festival d’été du Chamberfest se poursuit jusqu’au 8 août avec sa programmation dans laquelle ces musiciens de grand talent peuvent se permettre à prendre de la place.

Caiaimage/Martin Barraud via Getty Images

Ottawa, du 25 juillet au 8 août. Détails et billets sur le site du Chamberfest

Don Juan au Centre national des arts

Les thèmes de l’amour, de la passion et de la trahison sont au cœur de la comédie musicale Don Juan. La musique du français Félix Gray est mise en scène par Gilles Maheu, dramaturge montréalais qui a donné vie à Notre-Dame de Paris en 1998. L’histoire, qui se déroule en Espagne, est une tragédie qui a attiré plus de 600 000 spectateurs à travers le monde depuis sa création, il y a 20 ans.

Cette semaine, le Centre national des arts (CNA) accueille cette pièce sur scène pour marquer son 20e anniversaire et l’impact qu’elle continue d’exercer dans le monde du théâtre. Au Québec, la première mouture avait fait exploser la popularité de Jean-François Breau et de Marie-Ève Janvier, qui campaient les rôles de Don Juan et de Maria. Ces personnages sont cette fois interprétés par Gianmarco Schiaretti et Cindy Daniel.

La musique de Don Juan est signée Félix Gray. Photo : Gracieuseté du Centre national des art

Ottawa, du 31 juillet au 3 août. Détails et billets sur le site du Centre national des arts.

L’été dernier de Catherine Breillat au Sudbury Indie Cinema

L’été dernier est un film érotique français réalisé par Catherine Breillat en 2023. Le film a été sélectionné pour concourir à la Palme d’or du 76e Festival de Cannes et a reçu quatre nominations à la 49e cérémonie des César. L’intrigue controversée du film tourne autour le personnage d’Anne, une avocate respectée qui vit à Paris avec son mari Pierre et leurs deux jeunes filles. Lorsque le fils de son mari, âgé de 17 ans, emménage chez eux, Anne entame une relation intime avec lui. C’est à partir de ce moment que le film prend une tournure déchirante en illustrant les conséquences psychologiques des abus sexuels subis pendant l’enfance.

L’affiche du film L’été dernier, le 15e film de Catherine Breillat. Crédit : SBS Productions

Sudbury, le 2 août. Détails et billets sur le site du Sudbury Indie Cinema.

Soirée stand-up avec l’humoriste Tanael Joachim 

L’humoriste d’origine haïtienne qui vit actuellement à New York clôture sa tournée « Colonizing America » avec deux spectacles à Toronto au bar Rivoli, sur la rue Queen. Trilingue (français, anglais et créole haïtien), TJ apporte son esprit critique et léger par rapport à son parcours d’immigration aux États-Unis, à la religion et aux langues, tout en remettant en question le statut de l’Amérique en tant que puissance mondiale.

Tanael Joachim est mieux connu sous ses initiales, TJ. Crédit : Jordan Ashleigh

Toronto, le 2 août. Détails et billets sur la plateforme Eventbrite.

Demandeurs d’asile à Cornwall : « un rendez-vous manqué » pour « un processus d’immigration déficient »

CORNWALL –  Annoncée au début du mois de juillet, la fermeture du plus grand centre d’hébergement fédéral pour demandeurs d’asile de l’est de l’Ontario a été officialisée ce mercredi 31 juillet. Elle laisse son directeur et plus de 500 demandeurs d’asile dans l’incompréhension totale.

Dans une lettre d’opinion partagée mercredi, Jean-Pierre Poulin, le directeur du Centre Dev, qui hébergeait ces demandeurs d’asile, a fait part de son incompréhension et de sa colère face à ce qu’il qualifie « d’échec du processus d’immigration ».

« Hier, nous avons vu les premiers bus partir, soit pour Niagara ou Windsor, conduisant les demandeurs d’asile vers un avenir incertain. C’était déchirant à voir. Cela ressemble à un rendez-vous manqué pour les secteurs privé et public de collaborer et d’améliorer, voire de révolutionner, le processus d’immigration actuel et déficient, a-t-il écrit. Le Centre Dev était un incubateur d’idées innovantes, et sa fermeture abrupte représente une perte significative pour tous. »

L’annonce de la fermeture du centre au début du mois, suite à un simple appel téléphonique d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) « était une nouvelle particulièrement choquante » souligne Jean-Pierre Poulin dans sa missive vantant les mérites de son organisation. Il déplore aussi que la façon de procéder du fédéral n’ait laissé que moins d’un mois aux réfugiés pour trouver un logement avant la fermeture de l’établissement, en contexte de pénurie de logements dans la région.

« Notre solution intégrée a été saluée par de nombreuses personnalités politiques, des fonctionnaires, des pairs de l’industrie, et la très respectée Agence des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR). Tous avaient un point commun : ils se demandaient pourquoi plusieurs centres de ce type n’étaient pas reproduits dans le monde entier », argumente-t-il.

Des services inégalés dans l’est de l’Ontario

Le Centre Dev offrait un loyer gratuit (1 $) ainsi que des services d’éducation, de soins de santé et un programme de formation qui a fait ses preuves, selon Jean-Pierre Poulin . Sur l’ensemble des résidents du centre, 225 personnes, soit 50 %, avaient trouvé un emploi à Cornwall. Cette délocalisation représente un nouveau bouleversement dans la vie de ces réfugiés en quête de stabilité, soutient M. Poulin. Ce dernier critique la méconnaissance des réalités du terrain par les instances dirigeantes, dont le gouvernement fédéral.

« J’ai une question : si le Centre Dev offrait de tels avantages réels, pourquoi le fermer tout en gardant d’autres hôtels offrant un service minimum ouverts? Le Centre Dev est le seul centre de l’Est du Canada capable d’accueillir jusqu’à 1000 personnes, ce qui pourrait offrir des économies d’échelle se traduisant directement par des coûts inférieurs par personne et une plus grande efficacité », vante M. Poulin.

Le ministère fédéral a expliqué sa décision de fermer le centre en signalant que la solution du Centre Dev à Cornwall était toujours soulignée auprès des demandeurs d’asile comme une solution de « nature temporaire ».

« Ainsi, on attend des demandeurs d’asile qu’ils cherchent un logement permanent pendant qu’ils sont hébergés par IRCC, et on les aide à le faire. Les demandeurs d’asile bénéficient de ressources et d’une assistance pour trouver un logement, un emploi, pour inscrire leurs enfants à l’école et d’autres nécessités, et sont censés devenir autonomes dès que possible », avait indiqué IRCC dans une déclaration à ONFR.

La fermeture du Centre Dev comme place d’accueil pour les demandeurs d’asile entraînera la perte de 70 emplois au sein du centre.

« Bien que nous acceptions et respections la décision du gouvernement, nous percevons un écart entre leurs politiques proposées et les réalités actuelles sur le terrain », reproche de son côté Jean-Pierre Poulin.

« Nous sommes sincèrement préoccupés par l’avenir de l’immigration dans notre pays. L’histoire a montré que lorsque l’immigration n’est pas gérée efficacement, cela peut conduire à une augmentation de l’itinérance, un autre problème pressant qui afflige nos villes », ajoute-t-il.

Soccer : Vanessa Gilles propulse le Canada en quart de finale des Jeux olympiques

NICE – Elles l’ont fait. Malgré un déficit de 6 points, retirés en raison du scandale lié à l’espionnage de la Nouvelle Zélande, les Canadiennes ont su rester concentrées sur leur compétition. En remportant leur troisième match contre la Colombie 1-0 grâce à un but de Vanessa Gilles, les Rouges ont validé leur billet pour les quarts de finale des Jeux olympiques. 

Les Championnes en titre n’ont pas dit leur dernier mot. Après avoir reçu une réponse négative à l’appel fait par le Comité olympique Canadien au comité spécial du Tribunal Arbitral du Sport pour tenter de réduire la sanction de 6 points de pénalité, les Canadiennes étaient condamnées à la victoire face à la Colombie.

En bénéficiant d’un avantage au niveau de la différence de but, puisqu’elles avaient tout de même remporté leurs deux matchs jusque-là (2-1 contre la Nouvelle Zélande et 2-1 contre la France), une victoire face aux Colombiennes, peu importe le score, leur assurait au minimum la deuxième place du groupe A, synonyme de qualification pour la phase finale. 

Le classement du groupe A au terme de la phase de groupes. Photo : capture d’écran Google

La tête de Vanessa Gilles

Au terme d’un match serré, où les deux équipes n’ont pas eu beaucoup d’occasions, c’est la défenseure franco-ontarienne Vanessa Gilles qui est venue débloquer la situation pour les Rouges, comme souvent dans ce genre de rencontres, sur un coup de pied arrêté. Servie par Jessie Flemming sur un coup franc excentré sur la gauche, la joueuse de l’Olympique lyonnais a propulsé le ballon de la tête, hors de portée de Katherine Tapia, au fond des filets colombiens (1-0, 61e). 

Il a ensuite fallu tenir ce résultat pendant une grosse demi-heure. Chose que les joueuses désormais dirigées par Andy Spence sont parvenues à faire, même après la sortie de l’héroïne du jour à la 85e minute, Vanessa Gilles étant blessée au mollet. 

Vanessa Gilles durant le match contre la Colombie. La défenseure Franco-Ontarienne est la meilleure buteuse du Canada depuis le début des Jeux olympiques. Photo : AP Photo / Julio Cortez

Interrogée par CBC à la fin du match, la buteuse a tenu à souligner le soutien reçu par l’équipe. Depuis le scandale de la tricherie, dans lequel les joueuses sembleraient être plus victimes d’un personnel mal intentionné que complices, c’est un peu « le Canada face au reste du monde ».

« Nous restons des Canadiennes. Nous avons toujours senti ce soutien. Je pense que je n’ai jamais reçu autant de messages provenant de Canadiens qui croient en nous et qui nous supportent. Des Canadiens qui nous ont dit à quel point nous étions une inspiration après le match contre la France. En fin de compte, c’est pour ça que nous jouons », a-t-elle déclaré.

« Je crois que j’ai reçu plus de messages durant cette phase de groupes que j’en ai reçus après avoir gagné la médaille d’or. Le monde est contre nous, mais le Canada reste soudé. Quand la pression et l’adversité arrivent, nous sommes capables de compter les unes sur les autres, ainsi que sur nos partisans, nos familles et nos amis. »

Il ne reste plus qu’à espérer que la Franco-Ontarienne, pilier de la défense et désormais meilleure buteuse de l’équipe dans la compétition avec deux réalisations, sera à 100 % de ses moyens samedi, pour affronter l’Allemagne en quart de finale à Marseille. 

Bilinguisme de Mary Simon : le fédéral échoue à faire arrêter une procédure judiciaire

Les avocats du gouvernement fédéral ne sont pas parvenus à convaincre un tribunal québécois de juger comme irrecevable une procédure judiciaire visant à annuler la nomination de Mary Simon comme gouverneure générale, car elle ne parle pas français.

Dans une décision rendue lundi, la juge de la Cour supérieure de justice Marie-Hélène Dubé a rejeté une requête du Procureur général du Canada (PGC) qui demandait la fin des procédures, estimant que les demandeurs n’ont pas l’intérêt requis pour agir. Le PGC était aussi d’avis que la demande présentée par les demandeurs, Droits collectifs Québec, Justice pour le Québec et l’Association de défense des droits individuels et collectifs du Québec, était « infondée en droit », car il n’y existe pas d’exigence constitutionnelle de maîtriser l’anglais et le français pour ce poste.

Le groupe de demandeurs réclame l’annulation de la nomination de la gouverneure générale Mary Simon, car le fait qu’elle ne puisse pas communiquer en français contrevient aux droits linguistiques prévus dans la Charte des droits et libertés, soutiennent-ils.

Sans statuer sur le fond ou sur les motifs des différentes parties concernant les capacités linguistiques de Mary Simon, la juge Dubé n’a pas accepté les arguments du gouvernement fédéral concernant la mise en arrêt des procédures. Elle écrit dans son jugement que « l’absence de fondements juridiques n’est pas suffisamment manifeste » et qu’il serait « prématuré de conclure que la demande en jugement déclaratoire est vouée à l’échec ».

Il s’agit d’un deuxième échec pour le fédéral, qui avait échoué l’an dernier lorsqu’il avait demandé à ce que le dossier soit transféré vers une cour fédérale. Les représentants du gouvernement arguaient que la Cour supérieure de justice du Québec n’avait pas les compétences nécessaires pour statuer sur les questions dans cette cause, ce qui avait été rejeté par la juge Catherine Piché dans une décision rendue en juin 2023.

Mary Simon a été nommée gouverneure générale du Canada en juillet 2021, à la suite d’un avis du premier ministre et d’un processus de sélection basé sur les travaux du Groupe consultatif sur la sélection du gouverneur général.

Dans son verdict, la juge Dubé donne aussi raison aux trois groupes québécois, qui demandent à ce que soient présentés le rapport du groupe consultatif et l’avis du premier ministre sur la nomination de Mary Simon. Le fédéral jugeait que ces deux éléments sont « des actes politiques qui ne produisent aucun effet juridique » et donc ne peuvent pas faire l’objet d’une réparation judiciaire. La juge Dubé conclut plutôt qu’il ne « serait pas prudent » de mettre un terme à la démarche juridique en lien avec ces deux éléments.

La cause devrait maintenant pouvoir aller de l’avant, à moins que le PGC ne tente de porter la décision de la juge Dubé en appel.

Inspiré du Nouveau-Brunswick

La cause a été introduite pour la première fois en juin 2022, suite à une décision de la Cour du Banc de la Reine du Nouveau-Brunswick qui avait jugé inconstitutionnelle la nomination par Justin Trudeau d’une lieutenante-gouverneure ne parlant pas français au Nouveau-Brunswick, Brenda Murphy. La décision a toutefois été infirmée en mai dernier par la Cour d’appel du Nouveau-Brunswick, qui a validé à nouveau cette nomination.

Les demandeurs québécois calquent leurs arguments sur la décision rendue par la juge en chef Tracy Deware, qui avait invalidé la nomination de Brenda Murphy au départ. Ils prétendent que, comme l’institution que représente la gouverneure générale doit être bilingue, la personne qui représente l’institution se doit aussi de pouvoir communiquer en français et en anglais.

« Le bilinguisme de la personne du Gouverneur général est ici tout simplement indissociable des garanties linguistiques constitutionnelles conférées aux citoyens canadiens par les articles 16 et 20 de la Charte canadienne », argumentent-ils.

Deux ans après sa nomination, Mary Simon, qui est devenue la première personne autochtone à être gouverneur général, ne parle toujours pas français. Elle suit des cours de français.

Inclusive mais inaccessible, l’expérience MYÜZ affiche déjà complet

OTTAWA – Les billets pour MYÜZ, le nouveau parcours immersif du Centre national des arts (CNA), ont tous trouvé preneur dans les premières heures de mise en vente. Le concept est d’offrir une expérience accessible pour tous les publics, dont les personnes qui vivent avec un handicap ou une neurodivergence. L’initiative, acclamée par la communauté des personnes handicapées, affichait déjà complet au moment où les médias ont pu y accéder, mardi après-midi.

L’idée est venue de Sarah MacKinnon, employée du CNA depuis deux ans et demi comme dirigeante principale de l’information. Dans ses temps libres, elle est conceptrice de jeux d’évasion. Elle est aussi la mère de trois enfants entre 11 et 17 ans. Graeme et Rowan vivent avec un trouble du spectre de l’autisme, tandis que leur grande sœur Téa vit avec une paralysie cérébrale.

« C’est un grand défi de trouver les spectacles ou les événements auxquels ma famille peut assister », explique Sarah MacKinnon en entrevue avec ONFR. Elle a donc voulu créer une expérience artistique qui pourrait être vécue sans compromis.

« J’ai eu l’idée de créer une exposition interactive, pour que les gens assistent aux arts de la scène d’une façon différente. », explique Sarah MacKinnon. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Le résultat est un parcours immersif divisé en quatre pièces, qui représentent les quatre zones du cerveau d’un artiste.

L’idéatrice explique. « Le concept est un peu ‘meta’. Il fallait que je trouve un thème ou une histoire. En y réfléchissant, je me suis dit que ça pourrait justement être ça le thème, le concept de créer une idée. L’expérience, c’est d’entrer dans le cerveau d’un artiste, de voir les rêves d’un artiste et de générer l’énergie créatrice pour créer une idée. »

En équipe, les participants doivent explorer leur environnement et résoudre des énigmes, à la manière d’un jeu d’évasion, mais sans le stress qui y est habituellement associé. Le décor est directement inspiré des salles sensorielles qui sont parfois élaborées pour les personnes autistes.

L’une des installations intrigantes et interactives à découvrir dans le parcours de MYÜZ. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Les barrières physiques sont celles que l’on rencontre en premier au quotidien, mais ce sont aussi les plus évidentes, explique Sarah MacKinnon. « Pour les personnes avec des handicaps invisibles, c’est rare qu’il y a des accommodements. »

Bien sûr, l’équipe s’est aussi assurée de l’accessibilité physique des lieux. Les portes sont larges, il n’y a pas d’escaliers et même les objets à l’intérieur des pièces ont été mesurés « pour s’assurer que tous les besoins étaient pris en compte », peut-on lire sur le site du CNA.

L’expérience affiche complet

La vente très rapide des billets a surpris les organisateurs. Alors qu’une campagne de promotion avait eu lieu pour viser une clientèle de 15 à 35 ans avant la mise en vente, il est difficile de dire si la communauté handicapée a réellement pu avoir accès aux places limitées. L’expérience MYÜZ est en effet conçue pour se vivre en petits groupes.

 « On ne sait pas, admet Sarah MacKinnon. Mais on a travaillé avec la communauté handicapée pendant les deux dernières années. Je sais que la communauté attendait la vente. »

Le directeur artistique du Théâtre français du CNA, Mani Soleymanlou, incarne le guide qui donnera quelques indications aux explorateurs. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Dans un échange de courriels avec ONFR, Dominique Chabot, gestionnaire du soutien familial à Autisme Canada, affirme voir d’un bon oeil le fait que l’événement affiche complet. « Je ne vois pas cela comme un problème du tout. Honnêtement, je ne pense pas que le Centre national des arts ait anticipé une réponse aussi rapide de la communauté. C’est un développement positif. »

Celle qui est aussi mère de deux garçons vivant avec un trouble du spectre de l’autisme encense le concept.

« Je suis fière du CNA et de l’initiative MYÜZ, pour avoir veillé à ce que l’accessibilité soit au cœur de ce projet. Je crois que la communauté neurodivergente était tout aussi enthousiaste à l’idée d’assister à un événement adapté aux sensibilités. Avec la Loi canadienne sur l’accessibilité, axée sur un pays exempt d’obstacles, le CNA a tout fait correctement. »

Le décor de MYÜZ, installé au Studio Azrieli jusqu’au 17 août, devra rapidement être démonté pour laisser la place à une autre production. Est-ce que l’engouement pourrait le faire revenir par la suite? Rien n’est prévu pour l’instant, mais Sarah MacKinnon se permet d’en rêver.

Les bonnes pratiques

L’expérience a été bénéfique de façon plus large, puisque les employés et dirigeants du CNA ont appris à être plus vigilants en matière d’accessibilité. Selon Sarah MacKinnon, ses collègues ont pris « le réflexe de questionner, de se demander : est-ce que c’est accessible ou pas? Je trouve qu’on a appris beaucoup avec la communauté. »

L’équipe a en effet travaillé de pair avec différentes associations pour personnes handicapées, entre autres en organisant des groupes tests tout au long de l’élaboration du projet. « Je pense qu’on pourra avoir de meilleurs spectacles (à l’avenir) grâce à ces apprentissages », exprime la conceptrice.

Un élément qui est déjà récupéré par d’autres productions du CNA est la boîte d’objets que l’on retrouve à l’entrée de chacune des salles de MYÜZ. Écouteurs pour limiter le bruit, balles antistress et autres objets sensoriels sont à la disposition des spectateurs, notamment des personnes autistes. Depuis quelques semaines, l’orchestre du CNA propose des coussins lourds, efficaces pour l’apaisement et la concentration.

On retrouve dans chaque salle une boîte qui contient des objets pouvant aider les participants avec des enjeux de sensibilité sensorielle. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Sarah MacKinnon est reconnaissante de l’ouverture du président et chef de la direction du CNA à sa cause. « Christopher Deacon appuie les événements comme ça, qui ont un esprit d’accessibilité. Il pose des questions sur ce qu’on peut faire pour chaque spectacle. »

Une sensibilité que partage Heather Gibson, productrice générale du volet Musique populaire et variétés, qui a recruté l’équipe de création à la suggestion de Sarah MacKinnon. Elle affirme : « C’est important de repousser les limites pour permettre à tous les publics d’assister aux spectacles du CNA, mais aussi d’y participer pleinement. »

Le CNA dispose d’un plan d’accessibilité 2022-2025 qu’il est possible de consulter sur son site web.

Elliot Lake, Hearst, Sudbury : Poilievre en tournée dans le Nord de l’Ontario

Le chef conservateur Pierre Poilievre est dans le Nord de l’Ontario cette semaine dans le cadre d’une tournée qui l’amènera au cours des prochains jours à Hearst, Kirkland Lake et Sudbury.

Mardi soir, le chef tiendra un rassemblement à Hearst, où près de 90 % de la population est francophone. Il poursuivra sa route le long de la Route 11 alors qu’il sera à Kirkland Lake mercredi soir. Le chef conservateur, qui trône au sommet dans les sondages, sera aussi à Sudbury jeudi pour une levée de fonds avant de terminer son trajet à Elliot Lake vendredi. Un peu plus tôt dans la semaine, il a tenu des rassemblements à Wawa et à Fort Frances dans le Nord Ouest de l’Ontario.

Ce n’est pas la première fois qu’il se rend dans des villes comme Timmins et Sudbury depuis son élection à la chefferie conservatrice en septembre 2022. L’automne dernier, lui et ses députés avaient multiplié les déplacements dans le Nord et les attaques dans les médias, notamment dans les radios locales, contre les députés libéraux concernant l’abolition de la taxe carbone.

« Disons que ça (les visites) a un effet » ne cache pas le député libéral de Nickel-Belt, Marc Serré. Sa circonscription est située dans la ruralité du Grand Sudbury et représente les électeurs de villes comme Nippising-Ouest, Rivière des Français et Saint-Charles, entre autres.

« Je comprends pourquoi il vient, c’est probablement la région rurale où Poilievre et le Parti conservateur n’ont jamais vraiment eu de succès », convient en entrevue celui qui a été élu en 2015.

Pour le leader conservateur, les habitants du Nord de l’Ontario sont pénalisés par la taxe carbone « car les gens d’ici doivent utiliser leur camion pour aller au travail, chauffer leur maison, acheter de la nourriture transportée de loin », affirmait-il l’an dernier en entrevue avec ONFR.

Un autre de ses slogans forts dans le Nord est de mettre fin à la criminalité. « Stoppez le crime » répète-t-il dans ses discours et conférences de presse. Le leader conservateur promet de ramener des peines minimales de prison pour les crimes graves, accusant les libéraux de laisser en liberté des criminels récidivistes avec la libération sous caution.

« La souffrance que je vois à travers le Nord de l’Ontario, je n’aurais jamais imaginé ça. J’ai rencontré des gens à Timmins qui veulent déménager parce qu’il y a trop de criminalité (…) À Sudbury, la criminalité est encore pire », dénonçait-il en entrevue.

Pierre Poilievre lors d’un rassemblement à Sudburey en 2023. Photo : Inès Rebei / ONFR

La semaine dernière, c’était le chef néo-démocrate Jagmeet Singh qui était dans le Nord de l’Ontario, lui qui perdra deux députés dans la région. Carol Hughes et Charlie Angus ont décidé de ne pas se présenter aux prochaines élections. La Franco-Ontarienne est députée de Algoma-Manitoulin-Kapuskasing depuis 2008 alors que Charlie Angus représente Timmins-Baie-James depuis 2004.

Pour Jagmeet Singh, les gens doivent regarder les actions de Doug Ford, qui « a coupé dans les services, coupé dans l’éducation pour favoriser ses riches amis », avant de regarder vers son homologue conservateur au fédéral.

« Pierre Poilievre va faire exactement la même chose. Il va couper dans les soins de santé, il va couper dans votre pension, il va couper dans l’assurance-emploi et ça va faire mal. Les conservateurs blessent les gens pour aider leurs riches amis », dénonçait-il en conférence de presse.

Pour Marc Serré, Pierre Poilievre « a toujours le même message, mais les gens commencent à me dire ‘où sont les solutions de Poilievre?’ ».

« Moi, mon message est que dans le Nord, avec le manque d’infrastructures et de services, on a besoin de l’intervention du gouvernement encore plus. Le message de Poilievre, c’est d’Axe the tax (abolir la taxe), de couper dans les subventions, dans les services, et que la fonction publique est trop grosse, alors que le monde dans le Nord, on a besoin du support du gouvernement », soutient le député de Nickel-Belt.

Des habitations préfabriquées conçues pour des autochtones et le Nord de l’Ontario

STURGEON FALLS – Au milieu de la crise du logement, une entreprise québécoise ouvrira une usine permettant de fabriquer des bâtiments en kit, facilement assemblables par les communautés éloignées.

La compagnie, basée à Alma, dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, souhaite se lancer sur le marché ontarien après avoir connu un certain succès au Québec. C’est dans un parc industriel de Sturgeon Falls, dans le nord de l’Ontario, que la compagnie Boréal bâtira d’ici le mois de septembre l’usine qui devrait commencer ses opérations en 2025.

Ce choix d’emplacement est stratégique puisque des usines de scierie de bois sont situées aux alentours, dont Sturgeon Falls Brush and Contracting, qui vient de recevoir un investissement fédéral de 500 000 $ pour étendre ses activités.

Une quinzaine de maisons préfabriquées ont été vendues en Ontario. Photo : Gracieuseté de Boréal.

« C’est très bien positionné, c’est facile de s’y rendre depuis Toronto et Ottawa, mais aussi pour rejoindre les routes plus difficiles du Grand Nord », fait savoir Pascal Tremblay, vice-président développement des affaires pour Boréal.

Employés et service en français

L’entreprise prévoit l’embauche de 7 à 10 employés en usine pour la première année et près de 80 à terme. Non seulement les clients pourront être servis dans les deux langues, mais le recrutement de main-d’œuvre francophone sera une priorité.

« On a très peu de personnes anglophones dans l’organisation. D’avoir justement une ville comme Sturgeon Falls, qui a une bonne partie francophone, c’était un facteur décisionnel », renchérit M. Tremblay.

Établie en 2012, Boréal a produit 219 bâtiments préfabriqués au Québec pour l’année 2022 et a pour objectif d’en vendre autant en Ontario d’ici trois à cinq ans.

Réduire la pénurie de logements

Qu’est-ce qu’une maison préfabriquée ? « C’est une maison en blocs Lego, comme Ikea, assemblée avec un manuel d’assemblage. C’est de l’autoconstruction et on fait de la plus petite maison à la plus grosse maison  », explique Patrick Girard, président de Boréal.

Les trois usines de Boréal ont permis de fabriquer plus de 1200 bâtiments à ce jour, principalement au Québec. Gracieuseté de Boréal.

Selon le Québécois, dans un contexte de pénurie de logements et avec la hausse des coûts de matériaux dans le Nord depuis la pandémie, il est essentiel de changer les méthodes de construction.

Avec cette méthode, les clients peuvent espérer faire des économies de 30 à 40 %, comparativement aux coûts de construction d’une maison traditionnelle.

La compagnie dit « faire le plus possible en usine, le moins possible en chantier », puisque l’assemblage d’une maison préfabriquée est rendu très simple et ne nécessite que de trois à quatre personnes.

Une technologie adaptée au Nord

Le recourt à la technologie ThermologMD est ce qui différencie Boréal des autres options de maisons préfabriquées sur le marché.

Le Thermolog est fabriqué à partir de quatre planches de pin blanc séchées, qui sont utilisées comme revêtement intérieur et extérieur, avec du polystyrène expansé haute densité au centre pour fournir l’isolation nécessaire.

Le ThermologMD possède un facteur d’isolation d’une efficacité de R30 et la finition intérieure en pin en une seule étape. Photo : Gracieuseté de Boréal.

Une isolation parfaitement adaptée au Nord ontarien, selon l’entreprise qui exporte ses maisons au Yukon, dans le nord de l’Alberta et dans les Territoires du Nord-Ouest, en plus de vendre principalement localement, dans le nord du Québec.

« Le marché du nord de l’Ontario est très semblable à celui du Québec au niveau des habitations secondaires, surtout au niveau du secteur villégiature », rappelle M. Tremblay. « C’est idéal pour tous les gens qui apprécient le côté nordique et ce genre de bâtiments très chaleureux. »

Collaboration avec des membres des Premières Nations

Ces maisons préfabriquées ont aussi la particularité d’être facilement entreposables et transportables sur des routes de glace en conditions hivernales, ce qui s’est avéré très utile cet hiver lorsque l’entreprise a reçu une commande spéciale.

One Bowl, un organisme entièrement opéré par des membres des Premières nations, basé à Chapleau, a demandé à Boréal de faire acheminer cinq duplex capables de résister aux conditions météorologiques extrêmes du Grand Nord.

Les duplex sont composés chacun de trois chambres capables de résister aux conditions climatiques extrêmes du nord. Gracieuseté de Boréal.

« On a tout chargé dans des contenants 53 pieds fermés, que nous avons livrés à Cochrane. Ils sont ensuite partis en train vers Matheson pour continuer sur des routes de glace, avance M. Girard. Il ne restait plus que 72 h avant que la route de glace ne ferme. »

Fabriquées en un temps record, en moins de 5 semaines, ces habitations de 30 pieds sur 80 pieds seront capables d’accueillir 10 familles. L’assemblage a lieu en ce moment même dans les réserves de Fort Albany, Kashechewan, and Attawapiskat.

Alors que la pénurie de logements touche plus sévèrement les communautés autochtones, cette initiative pourrait être une solution permanente dans le Grand Nord de l’Ontario. « Certaines communautés ont déjà exprimé le besoin de plus de 50 bâtiments dans les trois à cinq prochaines années, et nous sommes impatients de réaliser ces projets avec eux », conclut M. Girard.

La Franco-Fête de Toronto survit… pour l’instant

TORONTO – La Franco-Fête aura bel et bien lieu en 2024, mais cette édition pourrait être la dernière si les organisateurs ne réussissent pas à combler un fossé financier de 25 000 $. Des artistes bien connus de la francophonie canadienne comme Pierre Kwenders, Céleste Lévis et les Rats d’Swompe seront de la programmation au Stackt Market les 24 et 25 août. Reste à savoir si la population répondra à l’appel pour se joindre au « cri du cœur », le thème de cette année.

« Les dernières semaines ont été très compliquées » lance d’entrée de jeu José Bertrand, le directeur général de Groupe Simoncic, qui organise la Franco-Fête. En entrevue avec ONFR, il explique que l’événement a vu son financement diminuer de 73 % depuis la pandémie.

En juin dernier, le refus du programme Ma rue principale d’accorder une subvention à la Franco-Fête a bien failli sceller le sort de la 42e édition.

« Il fallait d’abord se poser la question : est-ce qu’on refait une Franco-Fête ou pas? On ne pouvait pas laisser les gens sans festival, exprime José Bertrand. Il fallait vraiment se regrouper pour faire en sorte que ça ait lieu et en faire une mobilisation. »

José Bertrand est directeur général de Groupe Simoncic depuis août 2023. Crédit image : Rachel Crustin

Selon l’organisateur, une grande participation à l’événement gratuit des 24 et 25 août pourrait attirer l’attention des politiciens et bailleurs de fonds, afin d’aller chercher le financement manquant, par le biais de subventions ou même de commandites tardives.

25 000 $ sont encore nécessaires pour assurer la survie du festival à court terme. Si ce montant n’est pas atteint, « c’est malheureusement la fin, parce qu’il n’y aura plus de fonds. »

Une programmation bien remplie

Après avoir évoqué l’idée d’une Franco-Fête drastiquement réduite, Groupe Simoncic a finalement réussi à programmer des artistes bien connus de la francophonie ontarienne et canadienne.

Le collectif Moonshine, avec Pierre Kwenders et Paul Beaubrun, débutera la fête le 24 août. Ce même spectacle avait été interrompu par la menace d’orages lors du Festival franco-ontarien, à Ottawa, le 13 juin dernier.

La présence des artistes à cet autre événement de Groupe Simoncic n’est pas un prix de consolation, mais bien le fruit d’une bonne collaboration, selon José Bertrand, qui affirme que la décision d’organiser une 42e Franco-Fête a été prise le 15 juillet dernier.

« Il fallait qu’on se trouve une programmation de qualité en peu de temps, explique-t-il. On se retourne vers des concepts où l’on sait que la qualité sera au rendez-vous. »

José Bertrand rappelle que les Torontois n’ont pas vécu ce spectacle thématique, mais qu’ils connaissent bien le collectif, qui se produit dans la ville reine « au moins deux fois l’an ».

Pierre Kwenders n’avait pas pu monter sur scène lors du Festival franco-ontarien, en raison des orages. Photo : Daniele Fummo

Un autre concept déjà tout prêt est le spectacle Des lacs à l’océan, porté par la Franco-Ontarienne Céleste Lévis, la Néo-Brunswickoise Émilie Landry et la Québécoise Véronique Bilodeau. Les trois femmes joignent leurs forces pour proposer des chansons de leur répertoire respectif, tout en s’accompagnant les unes les autres. Le concept élaboré par la Tournée Escale de Productions Flèche veut faire découvrir la musique de la francophonie canadienne et du Québec.  

Les Rats d’Swompe viendront ensuite clôturer la 42e Franco-Fête. Groupe Simoncic mise ainsi sur une valeur sûre franco-ontarienne. En plus de sillonner les routes de la province, le groupe de Yan Leduc, Patrick Pharand, Brandon Girouard, Simon Joly et Martin Rocheleau a passé une partie de la dernière année au sud de la frontière, à faire danser les touristes du parc thématique EPCOT du Walt Disney World Resort.

De gauche à droite : Céleste Lévis, Véronique Bilodeau et Émilie Landry. Elles montent ensemble sur scène pour un plateau triple intitulé Des lacs à l’océan. Photo : Gracieuseté de la Franco-Fête de Toronto

Ce sont cette fois les Torontois qui devront danser, mais surtout crier, pour que le rendez-vous francophone de la ville reine se poursuive l’an prochain.

 « La Franco-Fête, depuis 42 ans, joue un rôle central dans la vitalité culturelle de Toronto », affirme José Bertrand. Le directeur général de Groupe Simoncic souhaite « que les francophones de la ville se rassemblent et lancent un appel pour que ce cri du cœur ne soit pas notre chant du cygne. »

Les Jeux canadiens des greffés ont « encore besoin de 30 à 40 bénévoles »

[ENTREVUE EXPRESS]

QUI  :

Sylvie Charbonneau est la directrice de l’Association canadienne des greffés et donneuse vivante de rein. Créée en 1987, l’association a pour but de sensibiliser le public au don d’organes et de célébrer le succès des greffes qui sauvent des vies. Il s’agit d’un organisme enregistré à but non lucratif composé de greffés, d’athlètes et de bénévoles qui se consacrent à la promotion du don d’organes par le biais de l’engagement du public et d’événements tels que les Jeux canadiens des greffés et les Jeux mondiaux des greffés.

LE CONTEXTE :

Du 3 au 9 août prochain, l’Association canadienne des greffés organise la dixième édition des Jeux canadiens des greffés. La compétition se déroulera à Ottawa, à l’université Carleton et dans d’autres centres sportifs de la ville. Les sports qui y seront pratiqués seront le cyclisme, la course à pied, le triathlon, l’athlétisme, le pickleball, le golf, le jeu de quilles, le tennis de table, la natation, le boulingrin et la pétanque.

L’ENJEU :

Compétition organisée à 100 % par des bénévoles, les Jeux sont encore à la recherche de personnes pouvant venir contribuer à la réussite de l’événement.

« Pouvez-vous nous en dire plus sur cet événement qui existe depuis maintenant 10 ans? 

D’abord, il existe une organisation internationale qui s’appelle World Transplant Games Federation, et nous avons le pendant canadien qui s’appelle l’Association nationale des greffés. L’association internationale organise des Jeux tous les deux ans. Intercalés entre ces années-là, nous organisons nos Jeux au Canada. Le but, au départ, était de réunir autour d’un événement sportif  des gens qui avaient eu des greffes, que ce soit des transplantations de cœur, de poumon, de rein, de foi, de pancréas… L’objectif étant d’encourager les greffés à maintenir un niveau de santé et de forme, après leur greffe, pour reconnaître le don, la seconde chance à la vie qu’ils ont eu. 

Aujourd’hui, qui peut y participer?

Depuis 2017, l’organisation internationale a élargi le bassin de participants et aujourd’hui, on a aussi des représentants des familles de donneurs décédés et des donneurs vivants qui peuvent participer. 

Comment s’organisent les compétitions? 

Il y a 14 disciplines. Le niveau se fait par catégorie d’âge donc, bien évidemment, l’objectif premier est de regrouper cette communauté pour se faire du bien, s’encourager et rester en forme, mais il y a aussi des gens qui sont très compétitifs et veulent à tout prix aller chercher la médaille d’or, ou être sur le podium. 

Quels sont les profils des participants? 

On peut dire que ce sont des survivants, parce que quand on attend une greffe de poumon ou de cœur, si on n’a pas la greffe c’est la mort assurée. Je pense qu’on peut faire un parallèle avec les paralympiques, qui sont des Jeux où les participants ont un handicap. Les Jeux des greffés sont aussi sous la gouverne du Comité international olympique, on suit les mêmes règles. On a une cérémonie d’ouverture, une de fermeture, des médailles et les mêmes protocoles. Mais la différence c’est que les gens qui participent ne sont pas ‘invalides’, ce sont des gens qui ont survécu à une greffe et qui se sont remis en forme pour performer. 

Vous avez fait un appel aux bénévoles pour aider à l’organisation. Où en êtes-vous à ce niveau-là? 

Ces Jeux sont gérés et gouvernés par des bénévoles. Le Conseil d’administration de l’Association nationale des greffés en est composé à 100 %. On a besoin encore de 30 à 40 bénévoles de la région d’Ottawa, idéalement. On cherche aussi bien des gens qui peuvent aider à la piscine dans les compétitions de natation que des gens qui peuvent faire le guide sur place pour donner de l’information, où trouver tel ou tel site, par exemple. 

Je voudrais aussi ajouter qu’on cherche également des entreprises qui seraient prêtes à nous donner des prix ou des commandites, parce qu’on va avoir un encan silencieux pour pouvoir amasser des fonds. Comme nous sommes un organisme entièrement bénévole, les participants paient leurs hébergements, leur nourriture pour aller aux Jeux. Plus on pourra avoir de commanditaires ou d’organismes qui sont prêts à donner des prix qu’on peut mettre à l’encan, plus ça nous aidera pour les prochaines éditions à charger moins cher pour les participants.

Y a-t-il une date limite pour se manifester? 

C’est sûr que le plus tôt serait le mieux pour nous car cela nous permet de nous organiser au mieux, le plus vite possible par rapport à la logistique autour de l’événement. Il n’y a pas de date limite, c’est jusqu’à ce qu’on ait notre nombre de bénévoles. Que vous ayez une seule journée ou quatre, peu importe, on est ouvert à cela. 

Quelle est la place du français dans ces Jeux? 

On est une équipe d’une vingtaine de personnes qui arrive du Québec. Il y a 75 % de personnes de cette équipe qui vont participer aux Jeux, il y a des greffés et une donneuse vivante, c’est moi. Le reste des provinces c’est vrai que c’est très anglophone. On a quelques personnes qui viennent des Maritimes qui parlent un peu français. 

Doit-on s’attendre à quelque chose de particulier pour fêter les dix ans des Jeux? 

On a toujours un gala et une belle cérémonie d’ouverture. On a aussi une petite soirée avant la cérémonie d’ouverture avec des gens VIP qu’on invite. S’il y a quelque chose de prévu par rapport à la dixième, ce sera une surprise, même pour moi, je ne suis au courant de rien… » (rires)

Quand l’Inde redessine le visage du Nord de l’Ontario

Portrait du temple en hiver.
« Nous avons vu débarquer au temple entre 100 et 150 étudiants qui n’avaient nulle part où dormir. »
— Daisy Bains

À l’étage, Daisy nous fait découvrir six chambres, toujours occupées, mais aussi une cuisine communautaire et un salon occupant une grande part de l’espace. Au sous-sol, on trouve des matériaux et matelas supplémentaires, transportés du Sud de l’Ontario où il est plus facile de s’approvisionner, selon Daisy.

Des logements de fortune, mais très utiles pour de jeunes nouveaux arrivants qui font face à une crise du logement. « Tout le monde peut dormir gratuitement dans notre refuge. Il n’y a pas besoin d’être indien ni sikh, du moment qu’on n’y consomme pas d’alcool ou de drogue. »

Photo de l'affiche du Collège Northern en hiver.

Recrutement massif des collèges

Les inscriptions des Indiens dans les universités canadiennes sont passées de 2181 en 2000 à 128 928 en 2021, soit un bond de 5811 %.

Si le Sud de l’Ontario reste un foyer d’accueil toujours très important du bassin des immigrants de l’Inde, le Nord semble être un nouveau lieu d’établissement de choix, surtout pour les étudiants. 

De plus en plus d’entre eux répondent à l’appel des campagnes de recrutement des collèges privés de langue anglaise dont ils constituent, aujourd’hui, la principale clientèle. À Sudbury, plus de 61 % des étudiants du Collège Cambrian étaient originaires de l’Inde en 2023.

Dans la plus petite des grandes villes du Nord, Timmins, le nombre de nouveaux permis d’études délivrés à des Indiens a évolué de 30 à 1625 entre 2015 et 2023. Parmi eux, on compte Meher Deep, qui officie comme adjoint au granthi, gardien du temple, durant son temps libre depuis son arrivée en 2022.

Portrait d'un homme d'origine indienne portant un turban orange.

Meher Deep a choisi de venir s’installer à Timmins en raison de son acceptation très rapide dans le programme de soins en santé mentale offert au Collège Northern.

Arrivé en plein hiver à seulement 20 ans, le jeune homme originaire du Pendjab a vécu deux mois au temple sikh au milieu d’une période financièrement éprouvante. 

« J’ai eu du mal à trouver un emploi, car beaucoup d’autres étudiants en cherchaient au même moment », lance-t-il avant d’ajouter qu’il a fini par être embauché dans un Canadian Tire.

Malgré les embûches et le froid, il n’a pas l’intention de partir après ses études. « Je veux redonner à la communauté, et c’est un peu ce que je fais en aidant à mon tour les jeunes qui arrivent ici », termine-t-il, tout en se dirigeant vers l’autel du temple.

Photo aérienne de Timmins en hiver avec titre: Du sud au nord de l'ontario

Là pour rester?

Que ce soit à Timmins ou Sudbury, impossible de ne pas remarquer le nombre de commerces, hôtels, restaurants, dépanneurs dans lesquels un grand nombre de travailleurs sont originaires de l’Inde.

Avec le lancement du Programme d’immigration dans les communautés rurales et du Nord en 2021, de nombreuses familles de l’Inde ont choisi de s’installer dans la région.

Photo de la devanture d'un hôtel avec un drapeau indien et canadien.

Selon Luisa Veronis,  professeure agrégée et titulaire de la Chaire de recherche sur l’immigration et les communautés franco-ontariennes à l’Université d’Ottawa, il est difficile d’imaginer que ceux-ci décident de quitter la région d’accueil.

« En général, une fois que les gens s’établissent dans les communautés plus petites, l’intégration est plus facile et il y a peu de probabilité qu’ils veuillent s’en aller », assure-t-elle.

Exode de la jeunesse, population vieillissante, pénurie d’employés : pour plusieurs intervenants, cette nouvelle main-d’œuvre est inestimable pour le Nord.

À l’hôtel de ville de Timmins, on saisit toute l’ampleur de cette réalité. « Plusieurs employeurs m’ont dit que s’il n’y avait pas cette main-d’œuvre, ils seraient obligés de fermer », explique Michelle Boileau, la mairesse de la ville.

Photo de deux employés dans un hôtel.

Échange culturel

À l’hôtel Cedar Meadows de Timmins, Nathalie Labonté forme le jeune Anwar Singh pour faire les trois quarts de travail.

La Franco-Ontarienne se dit très soulagée de l’arrivée du jeune homme originaire du Penjab, lequel a demandé à apprendre quelques mots en français.

« Ça apporte une autre perspective, renchérit Anwar Singh, parce qu’ici, je peux apprendre une autre culture, une autre langue qui est l’autre langue officielle du Canada. »

Photo d'un homme indien devant des rayons d'épicerie.

Une première épicerie indienne à Sudbury

Peu après son arrivée au Canada, Ankit Patel a fait le pari d’ouvrir la première épicerie indienne de Sudbury en 2020 pour répondre aux besoins de la communauté grandissante d’Indiens.

« Avant, c’était un vrai casse-tête, on devait aller jusqu’à Toronto pour avoir des épices ou des aliments de l’Inde », se rappelle-t-il.

Il explique avoir fait le choix de déménager de Toronto vers Sudbury où il espérait saisir de meilleures opportunités, et profiter d’un coût de la vie moins élevé

photo d'employés indiens dans un fast food.

Des millions de dollars investis

Suketu Patel, président sortant de l’Association India-Canada Sudbury, a répertorié 100 nouveaux commerces, 20 franchises de restauration rapide Subway et 80 % des dépanneurs Kwik-Ways appartenant à des personnes de l’Inde dans le Grand Sudbury.

« On le voit avec les gens du Sud, beaucoup d’Indiens ont injecté des millions de dollars dans l’achat de propriétés pour eux ou pour louer à d’autres. »

Des villes prises au dépourvu

À quelques kilomètres du temple sikh, attentif aux mouvements de migration de sa ville, Sylvin Lacroix n’avait  jamais vu autant d’arrivées sur une si petite période.

« Ça a été une surprise », glisse le directeur de l’Alliance Franco-Timmins. « Du jour au lendemain, on commençait à croiser beaucoup de personnes de l’Inde au coin de la rue. »

Celui qui est connu pour son franc-parler affirme qu’il y a eu un manque de leadership des instances décisionnelles : « Comment ça se fait qu’il n’y a pas eu de préparation, que les organismes n’aient pas été contactés pour dire qu’il y a ça qui va se passer. »

« La problématique continue, il y en a toujours de plus en plus qui arrivent puis on est toujours à la case départ où il n’y a plus d’intégration et on n’a pas de place où les installer. »
— Sylvin Lacroix

Des solutions existent, martèle-t-il le poing sur la table, comme le recours à des dizaines de maisons mobiles, pouvant comprendre plusieurs appartements.

La mairesse francophone dit être consciente des défis, surtout en matière de logement. Avant son entrée en politique municipale, Michelle Boileau travaillait pour les services d’établissement du Collège Boréal sur le campus de Timmins.

« Il y a certainement des pressions au niveau du logement, car très peu de disponibilités en ce moment, mais nous y travaillons », assure-t-elle entre deux rendez-vous à son bureau de la municipalité.

Des cas de racisme

L’autre problème, plutôt tabou, est la question de la montée du racisme envers ces nouveaux venus. Toutes les personnes interrogées ont démontré un certain inconfort devant le sujet. Bien que certains reconnaissent en avoir vu ou subi, ils n’accepteront pas d’en témoigner à visage découvert.

Sylvin Lacroix n’aura de cesse de le répéter : il en a vu sous ses yeux, plusieurs fois.

« Certains blancs ont décidé de quitter leur emploi en raison du fait que des collègues de l’Inde parlent leur langue natale », rapporte-t-il, se souvenant avoir vécu ce même genre de réaction de la part d’anglophones lorsque lui-même parlait français.

« La communauté francophone a un rôle dans l’accueil de ces gens-là aussi », considère-t-il en ajoutant que la jeune génération est plus ouverte.

« J’ai entendu des histoires, c’est sûr que ça existe toujours », lâche de son côté la mairesse Boileau qui conte que certaines personnes refusent de se faire servir par des personnes de l’Inde. Une situation exacerbée durant la pandémie, alors qu’un grand nombre d’Indiens travaillaient dans des commerces de proximité.

Néanmoins, l’élue croit qu’il y a une amélioration au niveau de l’intégration de ces arrivants, même si « on peut toujours mieux faire. Le problème, c’est qu’il y a un manque de ressources. » La Ville a notamment mené une campagne de sensibilisation antiracisme auprès des commerçants.

Des risques pour la francophonie?

Une autre question que soulèvent ces arrivées massives est celle de possibles conséquences sur le poids des francophones locaux. Comme partout ailleurs au pays, mais plus particulièrement dans le Nord, les données du recensement de 2021 ont révélé un recul du nombre de francophones.

Pour l’ensemble des personnes interrogées, si la tendance se maintient, il y a un risque de voir la proportion francophone diminuer.

« Malheureusement, je l’observe au niveau de ma vie quotidienne, malgré que l’on soit tous contents qu’il y ait des gens qui travaillent dans certains emplois », répond la mairesse franco-ontarienne.

Photo de la journaliste de l'article discutant avec la mairesse Boileau.
« Personnellement, je vois que le niveau d’offre de services en français diminue », explique Michelle Boileau.

Coordonnateur du Réseau de soutien à l’immigration francophone du Nord, Thomas Mercier ne cache pas son inquiétude. Il note, sur le terrain, que « l’Inde, le principal bassin d’émigration d’Asie, n’est pas le pays avec le plus gros taux de francophilie. »

« Ça peut avoir un impact conséquent si les collèges recrutent uniquement dans un seul pays qui n’est pas francophone et, en plus, n’offre pas d’outils pour apprendre le français une fois sur place. »

Selon lui, ce phénomène, bien qu’il soit récent, pourrait aussi avoir un impact néfaste sur les nouveaux arrivants francophones.

« C’est beaucoup plus difficile pour les étudiants de l’Université de Hearst, les nouveaux arrivants francophones, de se trouver des postes parce qu’il y a une masse de milliers d’étudiants anglophones unilingues qui dérèglent le marché, offrant une main-d’œuvre à bas coût. »
— Thomas Mercier

Il rappelle que le sous-financement des établissements postsecondaires en Ontario est directement à blâmer, puisque les collèges dépendent des frais de scolarité plus élevés des étudiants internationaux pour leur survie.

En filigrane, un autre enjeu se dessine, celui de l’atteinte des cibles pour maintenir le poids des francophones hors Québec que le gouvernement fédéral a revu à la hausse. M. Mercier explique qu’à Timmins, le Programme d’immigration dans les communautés rurales et du Nord n’a attiré que très peu de francophones, malgré les efforts de la ville.

« Tout ça fait en sorte que c’est beaucoup plus difficile d’atteindre nos cibles. »

Vidéo en boucle d'un drapeau indien qui flotte.

Bilinguisme, un potentiel peu exploité

Les Indiens sont souvent présentés comme des unilingues anglophones, un raccourci inexact selon la spécialiste en immigration franco-ontarienne Luisa Veronis. Ces derniers parlent l’anglais, certes, mais aussi l’hindi, souvent, la langue de leur État et parfois même le dialecte local, ce qui pourrait faire d’eux de bons candidats au bilinguisme canadien.

« Le fait qu’ils parlent plusieurs langues déjà en arrivant peut porter à croire qu’ils pourraient être intéressés à parler d’autres langues comme le français. »
— Luisa Veronis

Suketu Patel de l’Association Inde-Canada Sudbury estime que la communauté indienne est ouverte à apprendre le français puisque l’Inde est un pays multiculturel, à l’image du Canada.

Celui qui est installé depuis 16 ans dans la ville du nickel considère l’apport d’immigrants indiens encore trop récent pour que les ressources d’apprentissage suivent les besoins : « On trouve parfois de l’aide à la bibliothèque, mais on n’a pas accès à des ressources facilement, surtout pour que nos enfants apprennent cette langue. »

Le Collège Boréal ne compte, pour le moment, qu’une seule personne originaire de l’Inde inscrite au Cours de langue pour les immigrants au Canada dans le Nord, alors que plus d’une quarantaine suivent ce cours de français dans le Centre-Sud-Ouest.

Photo au Collège Boréal.

Apprendre le français… grâce à Netflix

Si les exemples sont encore rares dans le Nord, celui de Premkumar Mohana Selvam témoigne de l’intérêt des jeunes immigrés indiens pour le français.

Fraîchement diplômé du Collège de Sault Ste. Marie et détenteur d’un permis de travail post-diplôme, le jeune homme a décidé de rester dans la ville et de consacrer toute une année à l’apprentissage de la langue de Molière.

Un choix qui pourrait surprendre quand on sait que la ville compte à peine 3 % de locuteurs francophones selon les données du recensement de 2021.

Photo d'un jeune indien devant un mur.

« Je voulais apprendre le français, d’abord pour faciliter les démarches d’immigration,  mais j’ai rapidement oublié ça parce que je suis tombé amoureux de la langue », confie-t-il tout sourire, dans un café de la ville.

Après avoir commencé des cours de débutant à raison de deux heures par jour pendant trois mois, le timide jeune homme a appris de manière plus intensive et autodidacte sur internet. 

« Netflix m’a beaucoup aidé. Je regardais des films, des séries et des documentaires en français avec les sous-titres en français. »
— Premkumar Mohana Selvam

En outre, le livre Le français pour les nuls de Véronique Mazet, des vidéos de tutorat sur YouTube et quelques cours particuliers avec une artiste francophone locale ont aussi été des ressources clés pour son voyage vers le français.

Le pouvoir de l’immersion

En seulement huit mois, Premkumar Mohana Selvam a déjà atteint le niveau intermédiaire en français, si bien qu’il travaille désormais comme coordonnateur en marketing au Centre d’éducation et de formation pour adultes, seul centre francophone d’apprentissage pour adultes à Sault Ste. Marie.

Depuis notre rencontre, le jeune homme a accumulé six mois de travail au centre : « Je suis toujours reconnaissant pour ce travail parce que mon français a connu une amélioration exponentielle. »

« Maintenant, je suis complètement immergé dans le français au travail. L’effet d’immersion de l’apprentissage des langues est fortement sous-estimé. »

Photo d'un jeune indien avec la directrice du centre francophone de Sault Ste. Marie.

Séduit par la tranquillité et les opportunités bilingues dans le Nord, il confie avoir l’intention ferme d’y rester et passer le test de connaissance de français pour obtenir plus de points pour ses démarches d’immigration.

Respect pour les peuples fondateurs

De retour à Timmins, près des livres saints disposés sur les étagères à l’entrée du temple Gurdwara, se trouve un babillard où se chevauchent des textes de prières, un certificat de reconnaissance du temple par la ville de Timmins et quelques annonces de logement. 

Tout est en anglais ou en sanskrit, pas de trace de français… Pour l’instant.

Car après quelques mots prononcés en français, Daisy Bains nous apprend qu’elle souhaite, elle aussi, que des efforts soient entrepris pour aider les jeunes à se familiariser avec le français. 

L’objectif : leur offrir plus de choix pour leur futur emploi dans une région avec près de 32 % de francophones.

Pour ce faire, elle compte mettre sur pied des cours de français, mais aussi de langue crie, appuyée par des personnes de la communauté. Elle dit aussi travailler sur la traduction du Guru Granth Sahib, livre saint de la religion des Sikhs.

« Nous sommes dans le Nord de l’Ontario, nous voyons beaucoup de francophones, c’est l’autre langue officielle du pays, et nous sommes aussi sur le territoire des Premières Nations, c’est essentiel de respecter ça. » 
— Daisy Bains

Et pour l’entrepreneure, il s’agit aussi d’un engagement personnel puisque deux de ses trois enfants sont aujourd’hui francophones.

« C’est plus facile d’apprendre quand on est jeune, les enfants qui vont grandir ici pourront l’apprendre et le transmettre à leurs enfants. »

Journaliste : Inès Rebei
Recherche : Jacques-Normand Sauvé & Inès Rebei
Rédaction en chef : Andréanne Baribeau & Rudy Chabannes
Édimestre : Mickael Fellice
Directrice artistique : Kennedy Zielke
Photographies : Dominique Demers & Inès Rebei
Autres sources : iStock, CÉFA

Entre compétition et communion

La communauté franco-ontarienne continue de profiter de l’été, et plusieurs occasions de se rassembler se présentent. Avec de petites incursions dans les cultures québécoises et suisses, voici quelques idées d’activités auxquelles participer en français en Ontario.

Le Pub Royal se déplace à Ottawa

La comédie musicale des Cowboys fringants, Pub Royal, s’installe au Centre national des arts (CNA) de jeudi à samedi. Cette production de La Tribu et des 7 doigts de la main met en scène une vingtaine d’artistes, qu’ils soient chanteurs, acteurs, danseurs ou artistes de cirque. L’histoire est campée dans « le bar le plus disjoncté du Québec » et la trame sonore est composée de grands succès des Cowboys fringants ainsi que de cinq nouvelles chansons. Ces dernières se retrouvent aussi sur l’album Pub Royal, sorti en avril, quelques mois après le décès de Karl Tremblay.

Même si l’histoire est fictive, les spectateurs penseront inévitablement au chanteur du groupe en entendant La fin du show, interprétée par le personnage du vieux rocker Johnny Flash (Martin Giroux). Karl Tremblay est décédé en novembre, une semaine avant les toutes premières représentations de la comédie musicale Pub Royal.

Scène de la comédie musicale Pub Royal, inspirée de l’univers des Cowboys fringants. Photo : Jean-François Savaria

Ottawa, du 25 au 27 juillet. Détails sur le site du CNA.

La bataille des arts en direct

Certains des meilleurs artistes au pays se mesureront les uns aux autres à Toronto jeudi soir. Le Championnat national canadien d’Art Battle se déroulera dès 19 h 30 au Great Hall, sur la rue Queen Ouest. Les participants devront user de créativité, mais aussi de rapidité dans trois épreuves chronométrées. C’est le public qui choisira qui avancera dans la compétition. Parmi la douzaine d’aspirants champions, on retrouve la muraliste franco-ontarienne Monique Legault, de Sudbury. Issus du Québec, Marjorie Taillefer, Florence Lemay et Michel-Antoine Renaud seront aussi actifs lors de cette finale. 

Le Gatinois Michel-Antoine Renaud fait partie des artistes francophones présents à cette finale canadienne d’Art Battle. Photo : Krull Photography 2024

Toronto, 25 juillet. Détails sur le site d’Art Battle.

Bonne fête aux Suisses

La fête nationale suisse est officiellement le 1er août, mais le Swiss Club Toronto profite de la fin de semaine pour célébrer. Une journée d’activités est organisée ce dimanche de 12 h à 17 h, à la ferme Willowgrove, à Whitchurch-Stouffville. De la musique, des jeux, de la nourriture et, surtout, une occasion de se retrouver pour la diaspora suisse de l’Ontario. Les organisateurs s’attendent à recevoir plus ou moins 500 personnes, dont les membres de l’Amicale Romande, la section francophone du Swiss Club Toronto.

La culture suisse sera célébrée cette fin de semaine. Photo : Gabriel Hilty

Whitchurch-Stouffv, le 28 juillet. Détails sur le site du Swiss Club Toronto.

Illuminer le ciel de la capitale

Les Grands feux du Casino Lac-Leamy sont sur la rampe de lancement pour une 27e édition. Tous les mercredis et samedis soir, du 31 juillet au 17 août, le ciel de la région d’Ottawa-Gatineau s’illuminera pour cette compétition majeure de feux d’artifice. La soirée d’ouverture aura pour thème Un ciel d’ici et « mettra en valeur le génie musical du Québec à travers les décennies », dans une production de Royale pyrotechnie. La firme québécoise signera aussi la soirée de fermeture, portant le titre Champions. Entre-temps, la Chine, l’Espagne, la Barbade et le Royaume-Uni s’affronteront pour gagner le trophée Zeus. Le site officiel des Grands feux du Casino Lac-Leamy est le terrain du Musée canadien de l’histoire. Situé du côté Gatinois de la rivière des Outaouais, il offre une vue imprenable sur le Parlement canadien.

Le Parlement canadien donne une allure de carte postale aux Grands feux du Casino Lac-Leamy. Photo : Gracieuseté des Grands feux du Casino Lac-Leamy

Gatineau-Ottawa, du 31 juillet au 17 août. Détails sur le site des Grands feux du Casino Lac-Leamy.

Soccer : les Canadiennes réussissent leur entrée dans les Jeux olympiques 

SAINT-ÉTIENNE – Malgré la polémique qui a secoué la sélection de soccer féminine canadienne dans les 48 heures avant sa rencontre face à la Nouvelle-Zélande, Vanessa Gilles, Cloé Lacasse et leurs coéquipières ont su rester concentrées sur le sport pour s’imposer 2-1 lors leur match d’ouverture des Jeux olympiques. 

Tout n’a pas commencé de la meilleure des manières pour les joueuses de Bev Priestman, qui s’était autosuspendue pour la rencontre suite à l’affaire d’espionnage de l’adversaire par drone. Très passives sur un coup de pied de coin néo-zélandais, les Rouges ont encaissé l’ouverture du score par Mackenzie Barry d’une frappe bien placée sous la barre, dès la 13e minute (0-1). 

Peu inspirées dans les 20 derniers mètres, à l’image d’une Adriana Léon étonnamment maladroite, les Canadiennes ont tout de même réussi à égaliser dans les arrêts de jeu de la première mi-temps. Sur un centre qui semblait anodin d’Ashley Lawrence, la Sudburoise Cloé Lacasse a profité d’une hésitation de la défenseure néo-zélandaise au premier poteau pour hériter du ballon et le propulser dans les buts (1-1, 45e +4). 

Deuxième mi-temps plus convaincante

Les changements apportés au 11 de départ en deuxième mi-temps, avec notamment les entrées de Jordyn Huitema et Évelyne Viens, ont fait beaucoup de bien au Canada, qui a montré un meilleur visage. Viens est venue conclure une deuxième mi-temps maîtrisée par un but d’un tir croisé, sur une passe lumineuse de la capitaine Jessie Flemming (2-1, 79e). 

De jeunes télespectateurs regardant la rencontre au Centre national des Arts d’Ottawa, qui ouvre ses portes pour des diffusions publiques des Jeux dans le cadre d’un partenariat avec Radio-Canada. Photo : Rachel Crustin / ONFR

De manière générale, la rencontre a été maîtrisée, comme en témoignent les statistiques de tirs au but et de possession de balle largement en faveur des Rouges : 15 tirs à 4 et 60 % de possession de balle. 

Les Franco-Ontariennes ont réalisé un match solide. Vanessa Gilles a disputé les 90 minutes au sein d’une défense centrale peu mise à contribution, en dehors du but et des 10 dernières minutes de jeu où les Néo-Zélandaises ont poussé pour égaliser. Cloé Lacasse a réalisé un match intéressant avec beaucoup d’efforts sur le front de l’attaque, récompensés par son but plein d’opportunisme dans les arrêts de jeu de la première mi-temps. 

Trois points, pour l’instant

Les Canadiennes débutent la compétition avec 3 points, en attendant les résultats de l’enquête du CIO, suite à la plainte néo-zélandaise pour espionnage. Pour rappel, la Nouvelle-Zélande avait réclamé que les Canadiennes n’obtiennent pas de point, peu importe l’issue du match suite à la tentative de triche. 

De son côté, le Comité olympique canadien, par l’intermédiaire de David Shoemaker, son chef de la direction, avait, dans un premier temps assuré, que les images des entraînements prises par drones n’avaient pas été utilisées par Bev Priestman, demeurant en possession du pilote du drone Joseph Lombardi, qui a été congédié et renvoyé immédiatement au Canada. Mais l’annonce, ce jeudi soir, de la suspension de la sélectionneuse jusqu’à la fin de la compétition tendent à faire penser le contraire.

Dans son communiqué transmis par le COC, Canada Soccer par l’intermédiaire de Kevin Blue, son chef de la direction et secrétaire général inque que « au cours des dernières 24 heures, des informations supplémentaires ont été portées à notre attention concernant l’utilisation antérieure de drones contre des adversaires, avant les Jeux olympiques de 2024 à Paris. À la lumière de ces nouvelles révélations, Canada Soccer a pris la décision de suspendre l’entraîneure-chef de l’équipe nationale féminine de soccer, Bev Priestman, pour l’entièreté des Jeux olympiques de 2024 à Paris et jusqu’à la fin de l’examen externe indépendant que nous avons récemment annoncé. »

Le média anglophone TSN révèle même que les pratiques d’espionnage par drone sont courantes au sein des équipes de soccer canadiennes féminines et masculines depuis 2022…

C’est l’assistant Andy Spence qui sera à la tête de l’équipe jusqu’à la fin de la compétition.

Pour l’instant, c’est avec une victoire que les Canadiennes aborderont le prochain match, qui pourrait déjà les propulser en quart de finale. Elles feront face à l’hôte de la compétition, la France, dimanche 28 juillet, toujours au stade Geoffroy Guichard de Saint-Étienne. 

Article mis à jour le 25 juillet à 20 h 42.

La cheffe de l’opposition officielle à la rencontre des francophones

OTTAWA – La cheffe du NPD de l’Ontario, Marit Stiles, s’est rendue dans la capitale pour trois jours cette semaine, à la rencontre de quelques-uns des principaux organismes francophones. Un gage d’engagement envers la communauté, pour échanger sur les enjeux importants sur les services en français, l’accès à l’éducation et aux soins de santé. 

Cette tournée est un moyen pour la cheffe de l’opposition officielle à Queen’s Park de se concentrer sur la communauté francophone d’Ottawa et de s’asseoir avec des organisations francophones pour entendre les objectifs et besoins uniques qu’elles ont, selon Erica Wallis, une porte-parole du parti.

Accompagnée par les députés Guy Bourgouin (Mushkegowuk-Baie James), porte-parole des Affaires francophones, Chandra Pasma (Ottawa-Ouest-Nepean) et Joel Harden (Ottawa-Centre), Marit Stiles s’est notamment réunie avec les membres de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO).

« La culture francophone est essentielle à notre histoire et à notre avenir. Lors de notre rencontre avec l’AFO, nous avons discuté des défis auxquels les Franco-Ontariens font face et réaffirmé notre engagement à renforcer les services en français et à collaborer pour préserver la culture franco-ontarienne », a déclaré celle-ci.

« Une rencontre très positive, s’est réjoui Fabien Hébert, président de l’AFO. La perception qu’a le parti de nos enjeux est très sensiblement similaire à la nôtre, identifiant les mêmes priorités. Nous avons pu échanger sur nos deux récentes études, celle de l’Université de Sudbury et celle du rapport en santé qui sortira à l’automne lors de notre sommet. »

« Ils ont réitéré leur support absolu pour une université par et pour (les francophones) à Sudbury, le partenariat avec l’Université d’Ottawa étant une transition », a-t-il précisé.

De gauche à droite : Guy Bourgouin député de Mushkegowuk-Baie James et porte-parole en Affaires francophones, Marit Stiles, cheffe du NPD de l’Ontario, Julienne Kotto, coordinatrice du PAF, Chandra Pasma, députée d’Ottawa-Ouest-Nepean et Joel Harden, député d’Ottawa-Centre. Photo : Gracieuseté du NPD de l’Ontario

Comprendre la réalité de ces communautés

Ce passage dans les bureaux de l’AFO a aussi été l’occasion de rencontrer d’autres organisations dans les mêmes locaux, dont la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO) ou encore l’Association française des municipalités de l’Ontario (AFMO).

Au programme de la tournée ottavienne, la leader néo-démocrate a rencontré les parents de la Société franco-ontarienne de l’autisme (SFOA) et a rendu visite au Point D’Accueil Francophone (PAF) et à la Maison de la francophonie.

Après s’être entretenue avec des étudiants de la région d’Ottawa, elle a participé à la ligne de piquetage de la Société d’aide à l’enfance d’Ottawa et s’est rendue au Mouvement d’implication francophone d’Orléans (MIFO).

Selon Marie-Claude Doucet, consultante en projet de construction au MIFO, l’intérêt des élus pour « comprendre la réalité de ces communautés » est « déjà un excellent point de départ ».

« Les communautés francophones à travers l’Ontario contribuent activement à la vitalité économique, sociale et culturelle de la province, celles d’Ottawa n’y font pas exception (…) Rien ne se compare au fait d’échanger avec les citoyens sur leurs besoins et leurs succès en étant directement sur le terrain, avec les gens, dans leur communauté. »

Marit Stiles, au centre, en rencontre avec la Société franco-ontarienne de l’autisme (SFOA). Photo : Gracieuseté du NPD de l’Ontario

Celle-ci rapporte des discussions portant sur des questions de financement, « principalement sur l’accès à des infrastructures adéquates, inclusives et modernes en lien avec notre projet de construction d’un nouvel édifice ».

« Le financement du gouvernement fédéral et de la Ville d’Ottawa pour cette nouvelle construction permettra au MIFO de répondre aux besoins des citoyens francophones et francophiles de la région de l’Est ontarien. Une contribution financière de la province envers ce projet est donc également espérée et attendue. »

Elle rapporte également avoir fait part de la nécessité de révision de la formule de financement pour les services de garde afin d’augmenter la capacité d’accueil pour les familles francophones, l’importance du financement adéquat pour les Centres de vie active pour les aînés et les besoins des personnes aux besoins spéciaux par rapport au manque actuel de programmes et services répondant à ces besoins.

Le député de l’Est ontarien Francis Drouin ne sera pas candidat aux prochaines élections

OTTAWA — Le député libéral de l’Est ontarien Francis Drouin ne sera pas de retour comme candidat aux prochaines élections fédérales en octobre 2025, a-t-il annoncé.

L’information, d’abord annoncée par Radio-Canada jeudi matin, a été confirmée par le principal intéressé dans une entrevue à ONFR. L’élu de Glengarry-Prescott-Russell, la seule circonscription à majorité francophone en Ontario, terminera son présent mandat.

« Ça n’a aucun rapport avec les sondages et tout ça, explique-t-il lors d’un entretien téléphonique. Ma passion et ma patience et ma famille sont un trio qui doit fonctionner à 100 %. Ma famille a mangé le coup pendant les huit derniers ans. Tous les politiciens disent ça, mais c’est vrai. C’est dur pour le couple, car tu n’es jamais à la maison et c’est ça qui a fait pencher la décision », confie-t-il.

« En ce moment, je n’ai plus d’énergie et les gens de chez nous méritent quelqu’un qui va être là à 100 % et je ne serais pas la bonne personne », admet-il, ajoutant que « sa décision était déjà prise à 80 % après l’élection de 2021 ».

« Ma femme me disait, l’année passée, j’étais parti quatre mois de temps. Même si je suis un député de la région de la capitale nationale, je ne suis pas souvent à la maison, j’ai des événements. Les dernières années, j’étais parti à l’international avec l’Assemblée parlementaire de la francophonie (APF) et j’avais des semaines de circonscriptions alors je n’étais plus souvent à la maison. »

Francis Drouin s’est retrouvé dans une tempête médiatique au printemps dernier. Au Comité des langues officielles, il avait traité de « pleins de marde » et d’« extrémistes » deux chercheurs québécois qui exposaient des données de Statistique Canada portant sur le lien entre faire des études postsecondaires en anglais au Québec et l’anglicisation. Cette saga n’a pas joué dans sa décision, assure-t-il, car il avait déjà annoncé son départ au premier ministre Justin Trudeau lors d’un dîner quelques semaines auparavant.

« Ça se voit clairement que c’était un manque de patience que j’avais eu », soutient celui qui regrette, avec cet événement, d’avoir « mal compris la réalité québécoise ».

Le représentant libéral de l’Est ontarien avait par la suite, après quelques jours de tergiversations, présenté ses excuses aux témoins. Les oppositions avaient aussi tenté sans succès de destituer Francis Drouin de la présidence de l’APF lors d’un vote spécial où les libéraux étaient venus à la rescousse de leur collègue.

Francis Drouin était le président de l’APF jusqu’en juin dernier. Crédit image : Gracieuseté Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF)

Un mea-culpa nécessaire au bureau de Justin Trudeau

Francis Drouin a été élu pour la première fois en 2015 dans Glengarry-Prescott-Russell, une circonscription qui compte les villes de Clarence-Rockland, Russell, Hawkesbury et Embrun entre autres. Il a été élu à nouveau en 2019 et 2021. Mais aujourd’hui, les libéraux se retrouvent à la traîne dans les sondages avec près de 20 % de retard sur les conservateurs au niveau national. Le comté de l’Est ontarien pourrait bien passer dans les mains des conservateurs.

Depuis plusieurs semaines, des députés libéraux appellent à une révision du leadership de Justin Trudeau. « Changer de chef n’est pas la solution magique », mais « il faut avoir une conversation », convient Francis Drouin.

« Il est encore debout et performe très bien quand son dos est accoté au mur. Je crois encore qu’il a le meilleur plan (…) Mais je dois l’avouer, les libéraux vont avoir de la misère à la prochaine élection. Ça fait neuf ans qu’on est là et l’usure, ça fait mal à n’importe qui au pouvoir. Oui après neuf ans, il y a des gens qui ne sont plus capables de le sentir pour x nombres de raisons », souligne le député franco-ontarien.

Selon le membre libéral, l’équipe du premier ministre « a beaucoup de travail à faire ».

« Il faut que son équipe se réveille. Il doit avoir un mea-culpa pour dire ‘tout ce qu’on a fait depuis les huit derniers ans ne fonctionne plus’. Les gens ont perdu un attachement émotionnel au premier ministre. En 2015, les gens se souvenaient de qui il était. »

Justin Trudeau
Selon Francis Drouin, la démission de Justin Trudeau « n’est pas la solution magique », prônant plutôt une remise en question au sein du bureau du premier ministre. Crédit image : Sean Gallup/Getty Images

Il critique notamment une des mesures phares du dernier budget, le gain en capital. Depuis le 25 juin, le taux d’inclusion de l’impôt sur les gains en capital réalisés par les particuliers est passé de 50 % à 66,67 %, pour la tranche dépassant 250 000 $.

« En tout respect, il n’y a personne qui comprend ça. Même si ça pourrait être la bonne chose à faire, il n’y a pas un chat qui comprend ça. »

À chacun des trois scrutins, Francis Drouin avait obtenu au-delà de 45 % des voix, en plus de devancer à chaque reprise son plus proche adversaire de 8000 voix et plus. Mais selon le site de projections électorales 338 Canada, les conservateurs auraient aujourd’hui 81 % des chances de l’emporter dans cette circonscription au nom changé de Prescott-Russell-Cumberland.

Soccer : la sélection canadienne dans la tourmente après l’espionnage de son adversaire

SAINT-ETIENNE – À la veille de rentrer dans ses Jeux olympiques face à la Nouvelle Zélande, l’équipe de soccer féminine canadienne a créé la polémique. Deux membres du personnel technique ont été renvoyés et la sélectionneuse Bev Priestman s’est autosuspendue pour un match, après avoir été pris la main dans le sac en train d’espionner l’entraînement des Néo-Zélandaises avec un drone 

Vanessa Gilles et ses coéquipières n’avaient certainement pas besoin de ça, à moins de 24 heures de leur entrée en lice dans la compétition, qui va les voir défendre leur titre de championnes olympiques. La défenseure franco-ontarienne, interrogée par Radio-Canada Sports, a réagi à la nouvelle, ne cachant pas sa déception et sa honte.

« C’est décevant. Nous sommes toutes frustrées, humiliées d’un certain point de vue. Ce ne sont pas les valeurs de notre pays, de notre équipe. C’est frustrant », a-t-elle déclaré au média national avant l’entraînement du jour. 

Huit mois de prison avec sursis

Les deux membres du staff renvoyés sont Joseph Lombardi, un analyste non accrédité et Jasmine Mander ,une assistante de Bev Priestman de qui monsieur Lombardi dépendait. L’homme a été reconnu comme étant le pilote du drone qui a été repéré par la sélectionneuse néo-zélandaise. Celle-ci avait alors arrêté sa séance d’entraînement et reporté l’incident auprès de la police française. 

Placé en garde à vue, Joseph Lombardi a reconnu avoir espionné l’équipe néo-zélandaise à deux reprises pour analyser leurs tactiques. L’homme « qui a été jugé mercredi après-midi dans le cadre d’une audience de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), a accepté sa condamnation  » , selon le parquet de Saint-Étienne. Renvoyé au Canada immédiatement, il a été condamné à huit mois de prison avec sursis.

Du côté sportif, Bev Priestman la sélectionneuse a présenté ses excuses et s’est exclue de la rencontre qui aura lieu jeudi à 11 h dans un souci de transparence et de prise de responsabilité. 

« Premièrement, j’aimerais m’excuser de la part de toute l’organisation, a-t-elle dit interrogée, par Radio-Canada Sports. Je prends la responsabilité de ce qui est arrivé. C’est important pour moi de faire preuve de leadership dans cette situation et de représenter mes valeurs, ainsi que celles de l’équipe et du pays. »

Des sanctions plus lourdes à venir?

L’histoire pourrait ne pas en rester là puisque la Commission de discipline de la FIFA, l’organisme qui gère le football international, a ouvert une procédure de discipline à l’encontre de l’équipe canadienne et de sa sélectionneuse. La sélection néo-zélandaise a posé une plainte et aurait fait la demande que le Canada ne reçoive pas de point sur cette rencontre, peu importe le résultat du match.

Le Comité olympique canadien a, de son côté, tenu une conférence de presse exceptionnelle cet après-midi par l’intermédiaire de David Shoemaker, le chef de la direction. S’il a condamné avec fermeté les actions d’espionnage, il a également indiqué avoir eu un échange avec Bev Priestman. En collaboration avec Soccer Canada, il aurait été déterminé que les images prises par le drone auraient été seulement en possession du pilote et n’auraient pas été utilisées par la sélectionneuse.

C’est pour cette raison qu’il soutient son maintien à la tête de l’équipe et que le COC estime que les sanctions qui ont été données sont «  justes et assurent que la rencontre face à la Nouvelle-Zélande sera équitable. La suite de l’enquête sera gérée par Soccer Canada ».

Malgré cette agitation dont les Canadiennes se seraient bien passée, les joueuses se dites prêtes pour le match et compteront sur leur expérience et leur professionnalisme pour faire fit de la situation et débuter leurs Jeux de la meilleure des manières.

Les athlètes franco-ontariens à suivre aux Jeux olympiques en sports individuels

PARIS – Dans deux jours aura lieu la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024, qui ont débuté de manière anticipée ce mercredi avec les tournois de soccer et rugby à sept. Pour ne rien rater de la compétition d’un point de vue franco-ontarien, ONFR fait pour vous le tour des athlètes à suivre. Après les sports collectifs hier, on vous présente les quatre athlètes à suivre en sports individuels.

Linda Morais va lutter pour le podium

La lutteuse de Tecumseh va disputer ses premiers Jeux olympiques à l’âge de 31 ans, après avoir obtenu sa qualification sur le fil, lors d’un tournoi de la dernière chance qu’elle avait su aborder sans pression. Comme elle l’avait confié à ONFR, c’est cet état d’esprit qu’elle va tenter de conserver à Paris, où elle combattra dans la catégorie 68 kg. Ne craignant pas ses adversaires, qu’elle a déjà battues par le passé, c’est avec de grandes ambitions que la Franco-Ontarienne aborde le plus grand tournoi de sa carrière.

Linda Morais fêtant sa qualification obtenue lors du dernier tournoi de qualification olympique en mai dernier en Turquie. Photo : WCL

La compétition se déroule sur deux jours les 5 et 6 août. Linda Morais devra gagner quatre combats pour accéder au Graal.

Quand la voir? 
Lundi 5 août : 8e de finale (9 H), quart de finale (si qualifiée 10 h 20) puis demi-finale (si qualifiée 15 h)
Mardi 6 août : combat de repêchage (si nécessaire 5 h) puis finale pour le bronzeou l’or (si qualifiée 15 h / 15 h 15)

Michael Woods veut toujours une médaille

Le cycliste d’Ottawa Michael Woods avait terminé cinquième de l’épreuve sur route en ligne lors des Jeux de Tokyo. Cela représentait une déception, lui qui visait le podium. Cette année, le parcours plus plat ne le favorisera pas forcément, mais il pense avoir une carte à jouer avec une épreuve réduite à 90 coureurs (deux par nation), qui réduira les possibilités de travail d’équipe et de contrôler la course pour les grosse nations de cyclisme.

Michael Woods lors des Jeux olympiques de Tokyo en 2021. Photo : Mark Blinch/COC

Michael Woods espère qu’il pourra en profiter pour se glisser dans le trio de tête, qui franchira la ligne d’arrivée après avoir effectué le parcours long de 273 kilomètres. Ce dernier partira du Trocadéro et arrivera au pied de la Tour Eiffel au Pont d’Iéna.

Quand le voir? 
Samedi 3 août : cyclise sur route, course en ligne (5 h)

Madogo, invitée surprise sur 100 et 200 m

Si elle comptait bien se rendre à Paris en tant que membre du relais 4 x 100 m, la sprinteuse ottavienne Jacqueline Madogo n’avait même pas imaginé pouvoir se qualifier en individuel sur les épreuves reines de l’athlétisme, les 100 et 200 m. Elle sera pourtant bel et bien présente pour se mesurer aux meilleures du monde sur ces deux distances pour ses premiers Olympiques. L’objectif dans les deux disciplines sera d’aller le plus loin possible et, pourquoi pas, d’être de retour lors des deuxièmes jours de compétition, synonymes de demi-finales. Ce serait déjà un exploit monumental!

Jacqueline Madogo (à gauche) sur le podium lors des essais canadiens olympiques d’athlétisme, où elle a obtenu sa qualification pour les Jeux. Photo : gracieuseté de Jacqueline Madogo

Jacqueline Madogo a démontré qu’elle pouvait déjouer tous les pronostics, alors pourquoi ne pas continuer de le faire à Paris?

Quand la voir? 
Vendredi 2 août : 100 m femmes tour préliminaire (4 h 35), puis 100 m femmes premier tour (5 h 50 si qualifiée)
Samedi 3 août : 100 m femmes demi-finale (13 h 30 si qualifiée), puis 100 m femmes finale (15 h 20 si qualifiée)
Dimanche 4 août : 200 m femmes premier tour (4 h 55)
Lundi 5 août : 200 m femmes repêchage (6 h 50 si nécessaire), 200 m femmes demi-finale (14 h 45 si qualifiée)
Mardi 6 août : 200 m femmes finale (15 h 40 si qualifiée)
Jeudi 8 août : relais 4 x 100 m femmes premier tour (5 h 10)
Vendredi 9 août : relais 4 x 100 m femmes finale (13 h 30 si qualification)

Zakutney revient de loin et vise haut

Le gymnaste qui a débuté dans ce sport à l’âge de huit ans dans le secteur Nepean d’Ottawa a connu des hauts et des bas dans sa carrière avant de disputer, à 25 ans, ses premiers Jeux olympiques. Samuel Zakutney a connu de graves blessures depuis 2021, mais elles ne l’ont pas empêché d’atteindre son rêve. Le plus dur reste à faire, puisque le natif de Saint John au Nouveau Brunswick, qui a grandi du côté d’Ottawa, ne vise rien d’autre que le titre!

Samuel Zakutney s’est qualifié pour Paris en terminant troisième du concours multiple aux Championnats canadiens 2024. Photo : Antoine Saito/Gymnastique Canada

Il sera le premier à lancer les hostilités en entrant en compétition dès ce samedi. Pour la première fois depuis 2008, le Canada envoie aux Jeux une équipe complète de gymnastique masculine. L’histoire est en marche et Samuel Zakutney compte bien graver la sienne dans l’or.

Quand le voir? 
Samedi 27 juillet : gymnastique artistique hommes qualifications subdivision 1 (5 h), subdivision 2 (9 h 30) puis subdivision 3 (14 h)
Lundi 29 juillet : compétition par équipe hommes finale (11 h 30 si qualification)
Mercredi 31 juillet : concours général hommes finale (11 h 30 si qualifié)
Samedi 3 août : exercices au sol hommes finale (9 h 30 si qualifié), cheval d’arçons hommes finale (11 h 16 si qualifié)
Dimanche 4 août : anneaux hommes finale (9 h si qualifié), saut hommes finale (10 h 24 si qualifié)
Lundi 5 août : barres parallèles hommes finale (5 h 45 si qualifié), barre fixe hommes finale (7 h 33 si qualifié)

Demandeurs d’asile : la fermeture d’un centre d’hébergement inquiète à Cornwall

CORNWALL – La fermeture, d’ici la fin du mois, d’un centre d’hébergement fédéral pour demandeurs d’asile préoccupe la communauté. Cette dernière demande un prolongement de deux mois avant d’aller de l’avant.

L’hôtel Dev, à Cornwall, sert de centre de transition pour 533 demandeurs d’asile, dont font partie des francophones, notamment venus d’Haïti. Depuis plus d’un an, ville de l’Est ontarien accueille plusieurs immigrants qui sont arrivés par voie terrestre depuis les États-Unis.

Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) a toutefois indiqué au début du mois, dans un préavis, qu’elle mettait fin à son contrat avec l’hôtel le 31 juillet. Les demandeurs d’asile devront donc quitter les lieux d’ici quelques jours.

Le DEV Hotel & Conference Centre accueillent des demandeurs d’asile depuis plus d’un an. Crédit image : photo tirée du site internet du Dev Hotel

Des organismes communautaires qui s’occupent de l’accompagnement et de l’intégration de ces nouveaux arrivants, dont l’Association des communautés francophones de l’Ontario, Stormont, Dundas et Glengarry (ACFO-SDG), demandent à IRCC une prolongation de 60 jours.

Dans un communiqué, des acteurs locaux affirment que plus de 200 de ces demandeurs d’asile occupent des emplois, ce qui « inquiète les employeurs locaux d’une perte rapide d’emplois dans la communauté ». Certains ont des enfants qui se sont intégrés au système scolaire. L’avis de 30 jours représente une trop courte période pour ces personnes pour pouvoir trouver un logement, estiment-ils.

« Cette expulsion aura un impact significatif et, sans ressources supplémentaires, la communauté ne peut pas aider les demandeurs d’asile. Les prestataires de services d’immigration sont limités et les agences communautaires sont débordées et sous-financées. Cette situation pourrait augmenter la précarité, l’isolement et les tensions sociales à Cornwall », indique la directrice générale de l’ACFO SDG, Sonia Behilil.

L’ancienne mairesse de Cornwall et sénatrice Bernadette Clément déplore le manque de renseignements autour du dossier de la part d’IRCC et que le préavis d’un mois est « très abrupt ».

« Ça fait plusieurs fins de semaine que je suis à Cornwall, dans le parc Lamoureux, pour des festivals d’été. Quand je parle à monsieur et madame tout le monde, ils sont comme ‘so, what’s happening?’ (qu’est qui ce passe) », relate-t-elle.

Dans une déclaration transmise à ONFR, le ministère fédéral explique avoir été clair avec les nouveaux arrivants « sur la nature temporaire des séjours ».

« Ainsi, on attend des demandeurs d’asile qu’ils cherchent un logement permanent pendant qu’ils sont hébergés par IRCC, et on les aide à le faire. Les demandeurs d’asile bénéficient de ressources et d’une assistance pour trouver un logement, un emploi, pour inscrire leurs enfants à l’école et d’autres nécessités, et sont censés devenir autonomes dès que possible », explique une porte-parole du ministère de l’Immigration.

IRCC a réservé des autobus pour d’autres villes ontariennes comme Niagara Falls, expliquant « évaluer actuellement la capacité d’autres hôtels gérés par IRCC en Ontario dans le cadre d’un plan d’urgence » pour transporter ceux qui ne parviendraient pas à trouver du logement.

« Quand on dit à 200 personnes qui ont des familles et un emploi, ‘allez vous trouver quelque chose’, ce n’est pas évident, rétorque Bernadette Clément. Alors qu’est-ce que vous offrez comme appui à part de dire, ‘si vous n’avez pas de logement, on vous amène à Niagara Falls ou Windsor’ », demande-t-elle.

IRCC assure travailler avec la municipalité de l’Est ontarien « pour veiller à ce qu’aucun demandeur d’asile ne se retrouve sans abri dans le cadre de ce processus ». Mais selon la sénatrice Clément, le ministère ne communique pas avec les acteurs communautaires à Cornwall, qui ne savent pas dans quelle mesure ils peuvent agir.

« Il y a combien de personnes qui ont besoin d’aide? Comment les agences locales peuvent-elles aider? Combien de gens vont avoir besoin de logement? Comment et quand va se passer le départ », énumère comme interrogations Bernadette Clément.

« Donc, les gens ne savent pas. Donc, IRCC donne des informations à des agences alors que d’autres n’en ont pas, mais (ils n’en donnent) surtout pas à la communauté », dénonce l’ancienne mairesse.

Un million en plus pour le Programme d’appui à la francophonie ontarienne

TORONTO – Le budget 2024-2025 du Programme d’appui à la francophonie ontarienne (PAFO) passe de deux à trois millions de dollars, bénéficiant pour la première fois d’un financement fédéral. 74 projets d’organismes et d’entreprises offrant des produits et des services en français pourront ainsi être soutenus, contre 51 l’année précédente.

Programme phare de la Stratégie de développement économique francophone, le budget du PAFO pour l’année 2023-2024 s’élevait déjà à deux millions de dollars, le gouvernement ontarien ayant doublé le budget en 2021.

Les nouveaux fonds fédéraux, d’un montant d’un million de dollars par an, s’ajouteront au budget du PAFO, soit trois millions de dollars pendant quatre ans. Une participation qui s’inscrit dans le cadre de la nouvelle entente Canada-Ontario en matière de services dans la langue de la minorité et qui appuiera des projets de services en français.

« Notre gouvernement renforce la capacité des organismes et des entreprises francophones à contribuer à la prospérité culturelle et économique de l’Ontario et à améliorer la vie quotidienne des francophones et des francophiles de la province », a déclaré la ministre des Affaires francophones Caroline Mulroney.

« Le statut bilingue du Canada est une source de fierté et d’identité nationales », s’est exprimé Randy Boissonnault, ministre fédéral de l’Emploi, du Développement de la main-d’œuvre et des Langues officielles. « Cet investissement souligne l’engagement de notre gouvernement à soutenir les communautés linguistiques en situation minoritaire et le rôle important qu’elles jouent dans l’apport de vitalité culturelle et économique à l’Ontario et à toutes les provinces du pays. »

Cette année, le PAFO appuie 74 projets, dont 68 dans le cadre du volet Communauté et culture et six projets dans le cadre du volet Développement économique, avec des financements allant de 8 896 à 50 000 $.

Concernant la répartition géographique des organisations et entreprises bénéficiaires, 43 % sont situées dans l’Est de l’Ontario, 29 % dans le Centre de l’Ontario, 12 % dans l’Ouest de l’Ontario et 16 % dans le Nord de l’Ontario.

Les athlètes franco-ontariens à suivre aux Jeux olympiques en sports collectifs 

PARIS – Dans trois jours aura lieu la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024, qui vont débuter de manière anticipée mercredi 24 juillet avec les tournois de soccer et rugby à sept. Pour ne rien rater de la compétition d’un point de vue franco-ontarien, ONFR fait pour vous le tour des athlètes à suivre. Aujourd’hui, on vous présente celles et ceux qui prennent part aux sports d’équipe.

Soccer : un titre à défendre 

Le soccer fait partie des sports collectifs qui anticipent leur entrée dans la compétition pour pouvoir terminer dans les temps. Les Canadiennes, avec Vanessa Gilles d’Ottawa et Cloé Lacasse de Sudbury, ont pour mission de conserver le titre olympique obtenu en 2021 par les Rouges. Si l’attaquante sudburoise ne faisait pas partie de l’équipe à Tokyo, Gilles en défense centrale avait pris part à la conquête du premier titre olympique du soccer canadien. 

Vanessa Gilles (à gauche) espère retrouver la joie de remporter un titre olympique, comme en 2021 avec sa coéquipière Jeannine Beckie (à droite). Photo : Mark Blinch/COC

Les Canadiennes sont dans le groupe A avec la Nouvelle-Zélande, la France et la Colombie. Les deux premiers de chaque groupe et les deux meilleurs troisièmes se qualifient pour les quarts de finale. 

Quand les voir? 
Jeudi 25 juillet : Canada – Nouvelle-Zélande (11h)
Dimanche 28 juillet : Canada – France (15 h) 
Mercredi 31 juillet : Canada – Colombie (15h) 
Samedi 3 août : quart de finale (si qualification) 
Mardi 6 août : demi finale (si qualification)
Vendredi 9 août : Finale pour l’or ou médaille de bronze (si qualification)

Le basketball vise les sommets 

Que ce soit chez les filles avec Laeticia Amihere (Mississauga) et Syla Swords (Sudbury) ou chez les garçons avec RJ Barrett (Mississauga), les équipes de basketball canadiennes ont de très grandes ambitions pour ces Jeux olympiques. Tout autre résultat qu’un podium serait considéré comme un échec. 

Malgré son jeune âge, Laeticia Amihere a déjà connu une campagne olympique avec l’équipe canadienne en 2021 à Tokyo. Photo : Leah Hennel/COC

Les Canadiennes sont dans le groupe B avec la France, le Nigéria et l’Australie. Les Canadiens sont dans la « poule de la mort » avec la Grèce, l’Australie et l’Espagne. Les deux premiers de chaque groupe et les deux meilleurs troisièmes se qualifient pour les quarts de finale.

Quand les voir? 
Tournoi féminin :
Lundi 29 juillet : Canada – France (11 h 15)
Jeudi 1 août : Canada – Australie (7 h 30)
Dimanche 4 août : Canada – Nigéria (7 h 30)
Mercredi 7 août : quarts de finale (si qualification) 
Vendredi 9 août : demi-finale (si qualification)
Dimanche 11 août : finale pour l’or ou médaille de bronze (si qualification)

Tournoi masculin : 
Samedi 27 juillet : Canada – Grèce (15 h)
Mardi 30 juillet : Canada – Australie (7 h 30)
Vendredi 2 août : Canada – Espagne (11 h 15) 
Mardi 6 août : quart de finale (si qualification) 
Jeudi 8 août : demi-finale (si qualification)
Samedi 10 août : finale pour l’or ou médaille de bronze (si qualification)

Volleyball : prêts à créer la surprise? 

Les volleyeurs canadiens, avec Danny Demyanenko (Toronto), ne seront pas favoris à Paris. Malgré tout, avec un groupe à l’état d’esprit collectif irréprochable, les neuvièmes au classement mondial, qui disputent leur troisième tournoi olympique consécutif, tenteront de faire aussi bien que lors de ces deux éditions précédentes, où ils avaient atteint les quarts de finales. Ils auront dans un coin de leur tête l’idée de faire aussi bien, voire mieux, que l’équipe de 1984, qui avait terminé quatrième à Los Angeles. C’est tout ce qu’on peut souhaiter à Danny Demyanenko, qui vivra ses premiers Jeux en France, où il réside depuis 7 ans. 

Même si ce sont ses premiers Jeux, Danny Demyanenko fait partie des joueurs expérimentés sur qui l’équipe canadienne pourra compter. Photo : Volleyball World

Le Canada est dans le groupe A avec le champion en titre, la France, ainsi que la Slovénie et la Serbie. Les deux premiers de chaque groupe et les deux meilleurs troisièmes se qualifient pour les quarts de finale.

Quand le voir? 
Dimanche 28 juillet : Canada – Slovénie (15 h)
Mardi 30 juillet : Canada – France (15 h)
Samedi 3 août : Canada – Serbie (15 h)
Lundi 5 août : quart de finale (si qualification)
Mercredi 7 août : demi-finale (si qualification)
Vendredi 9 août : finale pour le bronze (si qualification) 
Samedi 10 août : finale pour l’or (si qualification)

Volleyball de plage : Brandie Wilkerson en embuscade pour un podium 

Dans son duo avec Melissa Humana-Paredes formé il y a moins de deux ans, la native de Suisse, Brandie Wilkerson, fait partie des espoirs de médailles franco-ontariennes lors de ces Jeux, en volleyball de plage. Classées sixièmes au classement mondial, elles vont tenter d’atteindre des sommets et de faire mieux que ce qu’avait réalisé la Torontoise à Tokyo, une 5e place avec sa coéquipière de l’époque Heather Bansley. 

Le duo de Canadiennes se trouve dans le groupe D en compagnie de doublettes suisse, lettone et paraguayenne. Il faudra finir dans les deux premières places du groupe pour se qualifier directement en phase finale, sans passer par le tournoi de repêchage. 

Quand la voir? 
Lundi 29 juillet : Wilkerson-Humana-Paredes (Canada) – Poletti-Valiente Amarilla (Paraguay) (9 h) 
Mercredi 31 juillet : Wilkerson-Humana-Paredes (Canada) – Vergé-Depré-Boebner (Suisse) (15 h)
Samedi 3 août : Wilkerson-Humana-Paredes (Canada) – Graudina-Samoilova (Lettonie) (11 h) + match de repêchage si nécessaire 
Mardi 6 août ou mercredi 7 août : quart de finale (si qualification) 
Jeudi 8 août : demi-finale (si qualification)
Vendredi 9 août : finale pour l’or ou médaille de bronze (si qualification)

Water-polo : faire mieux qu’à Tokyo 

Jessica Gaudreault gardera le filet de la sélection canadienne aux Jeux olympiques pour la première fois de sa carrière. La native de Mississauga, qui a grandi du côté d’Ottawa, avait raconté à ONFR la qualification miraculeuse des Canadiennes pour leurs deuxièmes Jeux consécutifs. Septièmes à Tokyo, elles tenteront de faire mieux et pourquoi pas aussi bien que leur meilleure performance de l’histoire, une cinquième place à Sydney en 2000. 

Après avoir connu une qualification miraculeuse, Jessica Gaudreault et ses coéquipières n’ont rien à perdre à Paris. Photo : Craig Bisacre/Indiana Athletics

Il faudra pour cela finir dans les quatre premiers d’un groupe de cinq nations avec les Pays-Bas, la Hongrie, l’Australie et la Chine. Une victoire en quart de finale, ensuite, assurerait un top 4 historique. Sinon, il faudra remporter les deux matchs de classement qui détermineront les places 5 à 8.

Quand la voir?
Lundi 29 juillet : Canada – Hongrie (14 h 05)
Mercredi 31 juillet : Canada – Chine (9 h 35)
Vendredi 2 août : Canada – Australie (8 h)
Dimanche 4 août : Canada – Pays-Bas (12 h 30)
Mardi 6 août : quart de finale (si qualification) 
Jeudi 8 août : demi-finale ou match de classement (si qualification)
Samedi 10 août : finale pour le bronze ou finale pour l’or ou match de classement (si qualification)

60e du Big Nickel : 5 faits méconnus sur l’iconique structure de Sudbury

SUDBURY – Impossible de passer par Sudbury sans visiter un de ses lieux les plus emblématiques, sur le terrain de Terre dynamique. En l’honneur de son 60e anniversaire, voici cinq faits méconnus sur le gros cinq sous, aussi connu sous le nom de Big Nickel.

Le projet de cœur d’un pompier

Peu de personnes le savent, mais la personne derrière le projet du gros cinq sous était Ted Szilva, un pompier de la ville de Sudbury. En 1963, il répondait à l’appel de proposition lancé par le comité du centenaire de Sudbury Canada pour commémorer le centenaire du Canada.

Son idée : mettre sur pied une attraction touristique liée à l’exploitation minière, laquelle comprendrait un projet éducatif au sujet de l’industrie principale de la ville, un centre des sciences et une réplique de pièce géante.

Après avoir acheté et loué des terrains et créé la route du Big Nickel, le jeune pompier a réussi à amasser plus de 35 000 $ pour son projet et a réussi à l’ériger en juillet 1964, à temps pour le centenaire du Canada.

Le Big Nickel reçoit en moyenne 10 000 visiteurs par années. Gracieuseté de Terre Dynamique

Aussi lourde qu’un autobus

Les dimensions de la pièce ont de quoi impressionner. S’élevant à une hauteur de 30 pieds, le gros cinq sous est aussi haut qu’une maison de trois étages. La base ajoute encore 12 pieds de hauteur si bien qu’il est possible de marcher juste en dessous.

Niveau poids, elle n’est pas en reste puisque la pièce pèse 13 000 kilogrammes, soit autant qu’un autobus moyen. Le Big Nickel est environ 64 millions de fois plus grand que le nickel canadien moyen et il s’agit aussi de la pièce la plus grosse du monde.

Autant dire que pour la nettoyer, il faut tout un dispositif. Lorsque la pièce a besoin d’être polie, c’est près de onze heures qu’il faut consacrer pour le nettoyer de manière écologique. Pour ce faire, du bicarbonate de soude est utilisé comme un abrasif doux pour enlever la saleté sans endommager la surface.

Il arrive que le gros cinq sous soit utilisé pour projeter des vidéos. Gracieuseté de Terre dynamique

Le gros cinq sous n’était pas seul

La pièce du gros cinq sous était la première du parc numismatique érigé pour le centenaire du Canada à Sudbury.

Le sou noir canadien (Fantasy penny), une pièce de un cent américain Lincoln (Lincoln penny), une pièce d’un demi-dollar américain Kennedy (Kennedy half dollar en anglais) et une pièce en or de vingt dollars (Twenty dollars gold piece) l’ont rejoint au cours des années 1960.

Selon des informations du livre du parc numismatique du centenaire canadien écrit par Jeff Fournier, Ted Szilva envisageait initialement un parc avec 18 monuments. Les autres pièces avaient étés détruites et recyclées lorsque Science Nord a pris possession du parc par souci de sécurité.

Les pièces temporaires dans les années 60. Gracieuseté de Terre dynamique

Le Big nickel…en acier

Autre fait inusité, le gros cinq sous a été construit à partir de feuilles d’acier inoxydable soudées avec de l’argent et fixées à une gaine d’acier. L’objectif ayant été de la protéger des intempéries du climat sudburois.

Le nickel moderne, qui comporte un castor sur le devant, a des bords arrondis, tandis que le Big Nickel a, quant à lui, 12 côtés. Ceci s’explique en raison du fait que la pièce du gros cinq sous est une réplique de la pièce de 1951 de cinq cents, qui était de 12 côtés. L’année 1951 marquait, aussi, le 200e anniversaire de la désignation du nickel comme élément.

Alors que les pièces de cinq cents originales du Canada, lancées en 1922, étaient à 99,9 % de nickel, les pièces d’aujourd’hui sont composées d’un acier nickelé.

La pièce a déménagé

Le gros cinq sous se trouvait initialement sur la colline de Copper Cliff. En 2001, la pièce a été retirée pour être remise en état puis déplacée sur le terrain de Science Nord, à quelques kilomètres du site initial, pendant la reconstruction du musée Terre dynamique.

En mai 2003, il a été remis sur le terrain d’origine pour l’ouverture officielle de Terre dynamique.

Il a fallu un gros camion pour transporter le gros nickel dans les années 2000. Gracieuseté de Terre dynamique.

Décès de Marc-Yvain Giroux, défenseur de la radio franco-ontarienne

WELLAND – Marc-Yvain Giroux, connu comme étant l’un des bâtisseurs de la radio franco-ontarienne, est décédé à l’âge de 91 ans au Foyer Richelieu de Welland.

Né à Bourget, village francophone en périphérie d’Ottawa, Marc-Yvain Giroux a enseigné le français à Marionville et Casselman avant de poser ses valises dans le sud de la province en 1964.

Il fut alors tour à tour enseignant, directeur d’école et surintendant dans des conseils scolaires de Welland et de Niagara Sud.

Par ailleurs, il a largement œuvré pour la création d’une station francophone dans le sud de l’Ontario et a présidé le comité qui a convaincu Radio-Canada de faire de CJBC une station entièrement francophone.

Bâtisseur culturel

En 1994, M. Giroux et une poignée d’autres résidents ont fondé le Cinefest Niagara, un festival de films lié au Festival international du film de Toronto qui célèbre chaque année les films français et anglais au Seaway Mall.

Parmi ses autres combats figurent le Club Richelieu de Welland et le Centre de santé Niagara/Hamilton dont il fut un membre fondateur. En outre, il a initié le mouvement scout à Welland comme Maître scout.

On lui doit aussi la fondation de la Maison de la culture francophone de Niagara dont il a été le président du conseil d’administration jusqu’en 2018.

Grâce à son implication des dernières années, des élèves de deux écoles secondaires de langue française à Welland avaient pu être initiés à la radio.

LCBO : Fin de la grève confirmée et réouverture des succursales mardi

ONTARIO – Après une volte-face vendredi, la Régie des alcools de l’Ontario (LCBO) confirme finalement la fin de la grève et le retour de ses employés pour ce mardi.

Alors que l’entente de principe annoncée vendredi entre la LCBO et le Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario (SEFPO) avait été mise sur la glace, manque de signature du protocole de retour au travail par la partie patronale.

En cause, des demandes monétaires qui ont été ajoutées par les membres de la SEFPO et qui auraient été refusées par la LCBO, menaçant la fin effective de la grève.

On apprend ce samedi que la LCBO et le SEFPO ont trouvé un terrain d’entente et signé un protocole de retour au travail qui n’inclut pas de nouveaux éléments financiers.

L’entente de principe a été votée dimanche par les membres entre l’unité de négociation et l’employeur.

« Nous avons hâte d’accueillir nos quelque 10 000 employés et employées syndiqués de retour au travail lundi et d’ouvrir nos succursales à la clientèle mardi », pouvait-on ainsi lire dans le communiqué transmis en matinée par la LCBO.

Ceux-ci débrayaient depuis le 5 juillet la première grève de l’histoire de l’établissement, forçant la fermeture de près de 670 succursales à travers la province.

LCBO : la grève continue alors que l’entente de principe est sur la glace

Dans une volte-face, quelques heures après avoir annoncé une entente de principe, le syndicat représentant les employés de la LCBO a annoncé que la grève se poursuivrait après que l’employeur ait refusé de signer l’accord.

C’est ce qu’a affirmé le Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario (SEFPO) dans une courte conférence de presse ce vendredi en milieu d’après-midi. Quelques heures auparavant, la LCBO avait pourtant annoncé qu’un accord avait été conclu. Selon le SEFPO, cette entente qui prévoit un retour au travail lundi avec réouverture des magasins le lendemain nécessite la signature de l’employeur, ce qui aurait été refusé.

« Sans ce document qui est signé, nous n’avons pas d’entente et la grève continuera. Nous restons à la table des négociations et nous allons parler de l’entente dès que l’employeur signera », a déclaré une porte-parole du syndicat lors de cette disponibilité média de moins de deux minutes.

L’employeur affirme plutôt que le SEFPO « a introduit de nouvelles exigences financières importantes qui auraient dû être traitées à la table des négociations ». La LCBO a aussi indiqué qu’elle prévoyait déposer une plainte « pour pratique déloyale de travail », car « introduire une nouvelle série de revendications après avoir conclu un accord de principe revient à négocier de mauvaise foi ».

Les quelque 9000 employés de la Régie des alcools de l’Ontario (LCBO) débrayent depuis le 5 juillet ce qui a forcé la fermeture de près de 670 succursales à travers la province

« La LCBO s’emploie à présent à préparer son personnel et ses activités à un retour à la normale… Nous avons hâte d’accueillir notre personnel syndiqué de retour au travail au service des Ontariens et des Ontariennes », indiquait la LCBO dans un communiqué en début d’après-midi.

Deux semaines de grève

Il s’agissait de la première fois de l’histoire que les employés de la LCBO déclenchaient une grève. Dans les jours qui ont suivi son déclenchement, le gouvernement a sorti une carte interactive pour permettre à la population de trouver les magasins privés qui vendaient de l’alcool, en plus de devancer son plan d’étendre la vente d’alcool hors des établissements de la LCBO. Le syndicat a émis des craintes vis-à-vis du plan du gouvernement d’étendre la vente de vins, bières, et prêts-à-boire dans les magasins et épiceries de la province, estimant que ça aurait pour effet de générer des pertes de revenus et d’emplois pour la société d’État.

Depuis jeudi, 450 magasins à grande surface, épiceries et dépanneurs de l’Ontario, qui possèdent un permis de vente d’alcool, ont le feu vert pour vendre des boissons et cocktails de type prêt-à-boire dans leurs établissements, ce qui était originalement prévu pour le 1er août. Au total, c’est près de 8500 succursales qui seraient éligibles pour vendre ces types de boissons.

Les Ontariens près du Québec avaient justement profité de la proximité avec la province voisine pour y acheter leur alcool, la Société des alcools du Québec (SAQ) dénotant depuis plusieurs jours « un achalandage accru » pour une vingtaine de ses établissements près de l’Ontario.

Le Festival du loup célèbre fièrement sa vingtième édition

LAFONTAINE – Le Festival du loup aura lieu ce samedi. Créé en 2002, ce petit événement communautaire francophone du canton de Tiny a su grandir au fil des ans jusqu’à devenir un événement incontournable de la région de la Baie Georgienne.

Joëlle Roy, directrice générale du festival, est fière du chemin parcouru depuis la première édition en 2002. 

« Une vingtième édition, plus de 20 ans que le festival existe, cela signifie vraiment qu’on est là pour durer, se réjouit-elle dans un entretien accordé à ONFR. C’est un vrai accomplissement, surtout que ça n’a pas toujours été évident, car c’est un mouvement communautaire. On a eu des hauts et des bas. Ça a été porté à bout de bras par des bénévoles. Et pour être honnête, on ne pensait pas que ça allait marcher à ce point. »

Un projet de musée au départ

Madame Roy explique même que le projet de festival n’aurait jamais pu avoir lieu. « C’était au départ un musée que la communauté voulait, mais faute d’une acceptation du dossier de financement, l’idée d’un festival reprenant la légende du loup de Lafontaine est née. »

Conservant l’idée de musée qui accompagnera le festival durant les 13-14 premières éditions, ce dernier est ensuite devenu un événement à part entière placé à une autre date du calendrier, jusqu’à ce que la pandémie de la COVID-19 vienne y mettre fin. 

« Le musée a disparu parce que le comité – ceux qui s’en occupaient- avait pas mal vieilli. On a poursuivi leur œuvre en faisant le musée à un autre temps de l’année, parce que c’était trop pour nous de devoir gérer le festival et le musée en même temps. On l’a fait pendant quelques années à l’automne, puis la pandémie est venue briser cette organisation. » 

La parade des tracteurs est devenue incontournable en ouverture du festival depuis sept ans. Photo : Gracieuseté de Joëlle Roy

Plus de 20 ans d’existence

Le Festival du loup a perduré malgré les obstacles. S’il n’y a pas eu d’édition en 2020, il s’est fait de manière virtuelle sur Facebook et YouTube dès l’année suivante. Il est de retour en personne depuis 2022 avec des changements dans la population qui le fréquente.

« On est encore à s’ajuster post-pandémie, confie Joëlle Roy. On a perdu pas mal de personnes âgées qui avaient l’habitude de venir, mais qui ne fréquentent plus trop les lieux publics. C’est comme si la population avait vieilli de 10 ans en deux ans. »

« On avait aussi beaucoup de groupes qui venaient ensemble, des familles ou des clans. On ne les voit plus, c’est comme si cette habitude-là avait disparu, ce n’est pas revenu. On est en train de développer une autre clientèle qui remplace ceux qui n’y sont plus. Le changement est assez marquant », constate-t-elle.

« Cette année, on devrait avoir assez de réponses pour se réajuster complètement, mais on en est encore à douter de ce qu’on fait », ajoute-t-elle.

Malgré ces défis de taille, le Festival du loup a su s’implanter dans la région grâce à son caractère unique et une perception des francophones de la région qui ont évolué dans le bon sens au sein de la population.

« Il y a un stigma face à la francophonie qui a disparu. Dans les années 80, il y a eu une crise scolaire très virulente. Dès lors, la francophonie a été associée à la revendication, à chialer, à ne pas être content. Maintenant (avec le festival) l’image a changé, c’est plus ‘venez, on a du fun, vous ne parlez pas français? Ce n’est pas grave!’ C’est le caractère unique et j’ose le dire la qualité de ce qu’on fait qui en font la réussite. »

Une qualité qui a toujours été souhaitée et mise en avant par l’organisation, qui doit faire preuve d’ingéniosité et de créativité pour sans cesse se renouveler, du fait de la petite taille du festival.

« Après la pandémie, nous avons eu un débordement, nous étions 2000 », se souvient sourire aux lèvres la directrice générale.

Cette année encore, la qualité sera au rendez-vous pour les petits comme les grands, avec la présence du groupe Bon Débarras qui viendra non seulement offrir un spectacle en clôture de l’événement, mais qui proposera, aussi, des ateliers de danse pour les enfants en début d’après-midi.

Des activités variées pour les enfants

Après la désormais incontournable parade des tracteurs, mise en place depuis sept ans sur une demande de la communauté, les enfants pourront profiter d’un spectacle théâtral avec la pièce Amandine et Rosalie issue de l’émission de TFO.

L’après-midi laissera place aux activités physiques avec des courses d’obstacles et des jeux d’antan, suivi d’un retour au calme avec un conte en quatre temps lu et interprété par Nadine Lalonde.

Viendra, enfin, pour conclure les activités réservées aux enfants, le moment tant attendu par tous. Celui du hurlement du loup, où les enfants monteront sur la grande scène pour démontrer leur meilleur hurlement.

« Le conte est la motivation du festival. C’est un conte qui a à peu près 120 ans. C’est une légende et, comme toute légende, la base est vraie. On a une photo du loup. C’est vrai qu’il y a eu un loup qui terrorisait le village. C’est vrai qu’il a été abattu par un dénommé Théophile Brunel. Après ça, on en a ajouté pour en faire un conte », précise Mme Roy.

« Cela remonte aux années 50, raconte-t-elle. Un curé qui était très influent dans la région a écrit le conte et l’a monté avec des élèves pour le 100e anniversaire de la paroisse en 1955. La vraie histoire s’était déroulée 50 ans plus tôt, au début du siècle. Le curé était enfant quand c’est arrivé. »

Le souper du soir représente un moment convivial de partage avant la clôture du festival assuré par le groupe phare. Photo : Gracieuseté de Joëlle Roy

L’accent mis sur la qualité des spectacles

Au-delà du volet pour les enfants, c’est bel et bien celui pour les adultes qui fait la renommée du Festival du loup. En plus de Bon Débarras en fin de journée, des artistes émergents se succéderont sous la grande tente durant toute l’après-midi.

Le soir, lors d’un souper métis, « du bon doré de la Baie Georgienne offert par les Lepage », une famille de poissonniers de la région, un collectif local qui porte bien son nom Le collectif du loup présentera son spectacle pour égayer le repas.

L’un des facteurs de réussite du festival a toujours été le fait de choisir des prestations de grande qualité.

« On a toujours cherché à élargir les choix d’artistes. Il y a une place pour les artistes émergents, il y a toujours eu cette place et elle y sera toujours. Au niveau des spectacles, on a toujours eu des professionnels qui sont à la fois franco-ontariens, mais aussi plus largement franco-canadiens. »

Cela rend le festival unique en son genre dans la région et assure sa pérennité. « Du fait que c’est francophone, il y a une énergie qu’on ne retrouve pas dans tous les autres festivals anglophones. »

Le Festival du loup 2024 se déroulera ce samedi 20 juillet au parc de Lafontaine. Les billets sont en vente sur le site du Festival du loup.

Trio d’activités estivales

L’été se poursuit en musique, en humour et en arts, et l’on peut en profiter sans gratter ses fonds de tiroir. Voici trois activités qui auront lieu en Ontario francophone dans les prochains jours.

LeFLOFRANCO sur le canal

La série d’événements Musique sur le canal à Ottawa se poursuit ce samedi. L’artiste à la musique urbaine multicolore LeFLOFRANCO se produira sur le bateau-théâtre du Centre national des arts (CNA). Le principe de cette série est de pouvoir assister au spectacle de façon partielle, en profitant d’une marche ou d’une pause aux abords du Canal Rideau. Les spectateurs les plus assidus et actifs peuvent également en profiter pour faire une sortie à vélo et suivre le bateau tout au long de son parcours.

Le parcours est un aller-retour entre les quais de la Paul’s Boat Line, à l’extérieur du CNA, sous le pont de la rue Rideau, et le parc Lansdowne. Le tout dure environ une heure et demie. Une façon originale de profiter de l’été ou de découvrir la musique du FLOFRANCO, dont les chansons de son album DiViNES iNTERVENTiONS, paru en mai dernier.

LeFLOFRANCO au Gala Trille Or 2023. Photo : TFO / Maxime Delaquis

Ottawa, le 20 juillet. Détails sur le site du CNA.

Art & Snack au Labo

Le centre d’arts médiatiques Le Labo invite les familles franco-torontoises à découvrir l’exposition Tracés de voyage dans un événement spécial Art & Snack ce samedi à 10 h. L’exposition interactive et immersive exploite bien sûr le thème du voyage, chaque œuvre faisant découvrir un pays différent, mais aussi celui de la mémoire, à travers les souvenirs de voyage. Tracés de voyage a été créé par Ugo Monticone, Isabelle Gagné et Marc Sauvageau. Les familles peuvent la visiter jusqu’au 1er août, munies de leurs tablettes ou téléphones intelligents pour accéder à l’expérience de réalité augmentée.

L’exposition Tracés de voyage utilise la réalité augmentée au moyen de l’application Artivive. Photo : Gracieuseté du Labo

Exposition jusqu’au 1er août, activité Art & Snak le 20 juillet à 10 h. Détails sur le site du Labo.

Les Roy-Molgat de retour à la grange.

Évelyne Roy-Molgat en répétitions pour l’émission Lendemain de veille TFO, en 2023. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Pour une quatrième année, l’humoriste Évelyne Roy-Molgat organise un spectacle d’humour dans la grange de son père, à l’Orignal. Maintenant établie à Montréal, la Franco-Ontarienne ne rate pas une occasion de parler de ses origines de l’Est de la province. Elle animera l’événement où elle recevra différents humoristes invités. Après l’humour, place à la musique! Le groupe Young Veterans offrira des classiques rock. La formation est composée du frère de l’organisatrice, Raphaël Roy-Molgat, ainsi que de Sacha Goyette, Zachary Villeneuve, Cedric Bertrand, Nicholas Campbell et Jonathan Campbell.

L’Orignal, le 20 juillet. Billets sur la plateforme Eventbrite.

Le Festival du loup de Lafontaine aura aussi lieu ce samedi 20 juillet alors que l’on célèbre pour l’occasion sa vingtième édition. Vous pouvez lire notre article sur l’événement.

Un DG intérimaire nommé à la Place des Arts de Sudbury

La Place des Arts du Grand Sudbury (PdA), sans direction générale depuis le mois d’avril dernier, a annoncé la nomination de Denis J. Bertrand à ce poste, de façon intérimaire.

Dans un communiqué, publié jeudi matin, la salle de spectacles du Nord de l’Ontario a indiqué qu’il sera en fonction dès le 6 août. Ce dernier avait déjà assuré la codirection générale de l’organisme, lors de son ouverture officielle au mois d’avril 2022, en plus d’occuper divers rôles — notamment celui de responsable des communications, entre 2021 et 2022.

L’ancien directeur général, Jean-Gilles Pelletier, a quitté son poste à la fin du mois d’avril 2024.

Denis J. Bertrand est un expert-conseil dans le milieu culturel depuis 2004, en plus d’avoir résidé à Sudbury de 2004 à 2019.

« Nous avons choisi Denis en raison de ses expertises en gestion et en relations publiques, de même que ses expériences passées avec la PdA et plusieurs membres fondateurs des lieux, a déclaré, par communiqué, le président du conseil d’administration, René Lapierre. Il préparera le terrain en prévision de l’embauche d’une nouvelle direction générale à temps plein à la Place des Arts. »

Denis J. Bertrand
Denis J. Bertrand. Image tirée de X.

Les dossiers sur la table du directeur général seront la gouvernance, la gestion quotidienne et la diversification des sources de revenus de la Place des Arts, précise le communiqué. L’organisme se retrouve dans une situation difficile financièrement alors qu’elle accuse un manque à gagner important. L’ancien directeur général estimait qu’il manquait entre 415 000 $ et 500 000 $ à la Place des Arts pour arriver à un équilibre budgétaire annuel.

Denis J. Bertrand bénéficiera aussi de l’appui de Lisa Breton, une Sudburoise d’origine, comme directrice générale adjointe, bien connue dans le monde culturel; elle qui a notamment travaillé pour l’entreprise de consultation 49e Parallèle.

« Ensemble, Lisa et Denis mettront à profit leurs connaissances pour contribuer à l’épanouissement et au rayonnement de la Place des Arts », est-il indiqué dans le communiqué de presse.

Grève à la LCBO : des Ontariens affluent au Québec pour acheter leur alcool

En raison de la grève à la LCBO, nombre d’Ontariens affluent vers le Québec pour acheter leur alcool, profitant de leur proximité avec la province voisine.

Les succursales de la Société des alcools du Québec (SAQ), notamment en Outaouais, à quelques pas d’Ottawa, ont vu leurs ventes augmenter, depuis le début de la grève déclenchée par les employés de la Régie des alcools de l’Ontario (LCBO).

« Entre 20 et 25 succursales SAQ à proximité de l’Ontario connaissent un achalandage accru depuis la semaine dernière et le rythme se maintient », a indiqué à ONFR, Linda Bouchard, agente d’information à la SAQ.

Les prêts-à-boire et les spiritueux sont principalement prisés, alors que « les tablettes se vident rapidement », ajoute la société d’État québécoise.

Le gouvernement ontarien a annoncé, lundi, qu’il devançait à aujourd’hui la vente des boissons et cocktails de type prêt-à boire dans les 450 magasins à grande surface, épiceries et dépanneurs de l’Ontario qui possèdent un permis de vente d’alcool. Au total, c’est près de 8500 succursales qui seraient éligibles à l’avenir pour vendre ces types de breuvages.

Depuis l’arrivée plus nombreuse des Ontariens dans ses succursales, la SAQ dit qu’elle « a dû ajuster ses opérations et approvisionner plus fréquemment ses succursales pour répondre à la demande ». Sans oublier les épiceries et dépanneurs québécois, à proximité de l’Ontario, qui vendent du vin et de la bière dans leurs établissements.

La grève du Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario (SEFPO), qui représente les quelque 9000 travailleurs de la LCBO, a forcé la fermeture de plus de 670 succursales à travers la province. Quelques jours plus tard, Doug Ford publiait une carte interactive permettant aux Ontariens de savoir où aller acheter leur alcool pendant le débrayage.

Les négociations ont repris, Ford est optimiste

Mardi, le SEFPO a indiqué qu’il retournait à la table des négociations, pour la première fois depuis le déclenchement de la première grève de l’histoire de la LCBO. Le syndicat craint le plan du gouvernement d’étendre la vente de vins, bières, et prêts-à-boire dans les magasins et épiceries de la province, estimant que cela va engendrer des pertes de revenus et d’emplois pour la société d’État. Mercredi, Doug Ford s’est dit « assez enthousiaste » face à la reprise des négociations entre les deux parties.

« J’ai parlé à des centaines et des centaines de travailleurs de première ligne, ils veulent juste retourner au travail. Les Ontariens veulent travailler, la LCBO veut travailler », a commenté Doug Ford, en direct d’Halifax, où il était en réunion avec les autres premiers ministres provinciaux et territoriaux, pour une rencontre du Conseil de la fédération.

« Ils (les travailleurs) me racontent leurs histoires et ça me frappe en plein cœur », a-t-il ajouté.

Ce dernier est confiant que le retour des deux camps à la table des négociations pourrait signifier la signature d’une entente rapidement.

« C’est bon d’avoir tout le monde à la table des négociations », a commenté Doug Ford.

« Nous allons à table en toute bonne foi et en espérant conclure un accord équitable, affirme de son côté la présidente du comité de négociation du SEFPO, Colleen MacLeod. Ce que nous mettons de l’avant, ce sont des idées qui sont bonnes pour les travailleurs et pour l’Ontario. »

« Nous avons toujours dit clairement que nous étions prêts à discuter, mais que nous ne reculerions pas sur nos revendications fondamentales qui visent à protéger les bons emplois et les recettes publiques. »

Retour au calme à Toronto, après près de 100 mm de pluie et des pannes de courant

TORONTO – La majorité des pannes d’électricité et fermetures de routes qui ont affecté Toronto, dans les dernières 24 heures, à la suite de fortes intempéries, étaient rétablies mercredi matin.

Au total, près de 700 foyers étaient toujours sans électricité, mercredi matin, principalement dans la région de Brampton, alors que plus de 167 000 résidences et commerces avaient été originalement touchés à Toronto hier.

Selon Environnement Canada, entre 30 et 86 mm de pluie sont tombés dans la majorité des secteurs de la grande région de Toronto, dans la journée de mardi, alors que certaines parties de Toronto ont même vu jusqu’à 100 mm de pluie, selon l’Office de protection de la nature de Toronto et de la région.

La situation a forcé la fermeture, pendant plusieurs heures, de l’autoroute Gardiner et de la promenade Don Valley (DVP) qui étaient inondées, forcant même des automoblistes à abandonner leur voiture au milieu de la route. Les deux importantes artères routières ont été rouvertes, mercredi matin, aux alentours de 6 h 30, a indiqué la Ville de Toronto.

Les deux principales lignes de métro de la Commission de transport (CTT) ont été fermées pendant plusieurs heures, mais étaient de nouveau en service mercredi matin. Hier, des entrées de stations de la CTT étaient inaccessibles, en raison de l’eau qui s’y était accumulée à l’intérieur. Mercredi, selon le site de la CTT, les stations étaient toutes accessibles, mais plusieurs ascenseurs étaient hors service, en raison d’une perte de courant.

De nombreux sous-sols ont d’ailleurs été inondés, en raison de la forte pluie, ce qui a généré un nombre important d’appels au 311 à la Ville de Toronto, mais aussi au 911, forçant la Police de Toronto à rappeler au public d’utiliser cette ligne seulement pour des situations d’urgence.

Plusieurs parcs et cours d’eau du Grand Toronto affichaient toujours, mercredi matin, un volume d’eau fortement élevé, mais « la plupart d’entre eux sont presque dans des conditions normales », a indiqué l’Office de protection de la nature de Toronto et de la région.

De légères averses sont attendues dans la journée de mercredi et la nuit suivante, signale cependant Environnement Canada.

« Jusqu’au bout du monde » de Viggo Mortensen : un western romantique et féministe

Avez-vous déjà réfléchi au travail qui se cache derrière la confection des costumes dans un film? La cheffe costumière canadienne Anne Dixon nous plonge dans l’univers du récent western de Viggo Mortensen : Jusqu’au bout du monde (The Dead Don’t Hurt), révélant ses inspirations et ses anecdotes de coulisse!

Jusqu’au bout du monde : Disponible sur les principales plateformes numériques au Canada à partir du 16 juillet.

Les prêts-à-boire en vente dès cette semaine dans les magasins ontariens

Les cocktails et boissons de type prêt-à-boire ainsi que les caisses de bière à grand format pourront, dès ce jeudi 18 juillet, être vendus dans les épiceries, magasins à grande surface et dépanneurs de l’Ontario, a annoncé le gouvernement Ford, ce lundi, en pleine grève de la LCBO.

Dans un communiqué, lundi matin, le ministre des Finances Peter Bethlenfalvy a annoncé que ces boissons pourront être vendues dans les quelque 450 magasins possédant une licence pour vendre de la bière, du vin et du cidre, dès cette semaine, au lieu du 1er août, comme prévu au départ. Les magasins pourront aussi vendre de grands formats d’emballages de bière.

« Notre gouvernement tient sa promesse d’offrir aux consommateurs, choix et commodité, tout en appuyant les producteurs ontariens de boissons, y compris les entreprises de l’Ontario qui produisent plus de 80 % des boissons prêtes-à-boire vendues, ici même, dans notre province », a déclaré Peter Bethlenfalvy.

En mai, le gouvernement Ford avait annoncé son intention d’étendre la vente d’alcool à l’ensemble des dépanneurs et épiceries, d’ici octobre 2024. Les prêts-à-boire étaient prévus pour le début août.

Cette annonce survient alors que les employés de la LCBO sont en grève depuis le 5 juillet, forçant la fermeture de près de 670 succursales à travers la province. Les quelque 10 000 employés demandent au gouvernement de suspendre son plan d’étendre la vente d’alcool aux grandes surfaces; plan dont les coûts sont évalués à au moins 225 millions de dollars. Le syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario (SEFPO) craint que ce plan entraîne des pertes d’emplois chez ses membres. 

Le gouvernement Ford a promis, au cours des dernières années, d’étendre à l’ensemble des épiceries et magasins à grande surface, la vente de bière, cidre, vin et prêt-à-boire. Quelques jours après le déclenchement de la grève de la LCBO, le gouvernement a publié une carte interactive en ligne permettant aux consommateurs de localiser les quelque 1000 détaillants d’alcool, à l’échelle de l’Ontario, qui peuvent actuellement vendre des boissons alcoolisées.

Des travailleurs de la LCBO lors d’un piquet de grève. Photo : OPSEU-SEFPO/Compte officiel X

Le ministre des Finances a aussi annoncé, dans son communiqué, que les épiceries auront la possibilité d’aménager des étalages d’alcool, à plusieurs endroits dans chaque magasin, sous réserve de certaines restrictions.

Le gouvernement permet aussi temporairement aux bars et restaurants de transférer des vins et spiritueux entre établissements appartenant au même propriétaire ou entre titulaires de permis affiliés.

Soccer : cinq enseignements pour le Canada après la Copa América 

Jonathan David et ses coéquipiers de la sélection nationale canadienne de soccer ont dépassé toutes les attentes pour leur première participation à la Copa América. À deux ans de la Coupe du monde qui se déroulera en partie sur le sol canadien, voici cinq points majeurs à retenir après ce parcours historique dans la compétition sud-américaine. 

Tous unis derrière Jesse Marsch 

Pour ses débuts à la tête de la sélection, seulement trois mois après sa nomination, l’entraîneur américain Jesse Marsch a convaincu tout le monde. En très peu de temps, il a réussi à obtenir l’adhésion de tout son groupe à son projet de jeu. Si tout est loin d’être parfait et des interrogations subsistent comme nous allons le voir ci-dessous, les résultats obtenus parlent en sa faveur. Éliminés en demi-finale face à l’Argentine, futur vainqueur de la compétition, les Canadiens sont passés tout proches d’obtenir la troisième place lors de la petite finale face à l’Uruguay. 

Après avoir subi rapidement l’ouverture du score par Rodrigo Bentancur à la huitième minute, les Rouges ont parfaitement réagi avec une superbe égalisation d’Ismaël Koné d’un retourné à la 22e minute. L’attaquant franco-ontarien Jonathan David a même cru offrir cette troisième place à son équipe avec un but à dix minutes de la fin, mais le manque d’expérience pour conserver le score et la naïveté défensive canadienne, ont coûté un but à la 93e minute de l’expérimenté Suarez, qui a envoyé les deux équipes aux tirs au but remportés par les sud-américains. 

Quoiqu’il en soit, la performance est historique et Jesse Marsch, au-delà des résultats, a brillé par sa capacité à créer un groupe pour lequel il s’est battu corps et âme, dénonçant notamment les injustices arbitrales subies lors de ce tournoi, où les équipes sud-américaines usant de tous les vices ont clairement été favorisées. Il n’a pas hésité non plus à prendre la défense de son défenseur central Moïse Bombito publiquement, suite à des injures racistes dont il a été victime sur les réseaux sociaux, après le premier match face à l’Argentine où le jeune Québécois avait taclé la supervedette Lionel Messi de manière un peu trop virulente. 

Une défense révélée 

La prise de fonction de Jesse Marsch, succédant à John Herdman, marque un tournant défensif pour la sélection. L’Américain a décidé de faire peau neuve en défense centrale. Terminé le trio Johnston-Vitoria-Miller, place à la jeunesse avec le duo Moïse Bombito (24 ans)-Derek Cornelius (26 ans) accompagné sur les côtés dans une défense à quatre d’Alistair Johnston, à droite, et d’Alphonso Davies à gauche, qui retrouve son poste naturel en sélection. 

Si ce jeune duo de centraux offre de belles promesses d’avenir, l’objectif dans les deux ans à venir sera de gagner en expérience, afin d’éviter les sauts de concentration et des buts encaissés en raison d’erreurs qui ne sont pas acceptables au plus haut niveau et qui peuvent couter cher. Le fait que ce tournoi ait réussi à mettre en lumière ces deux joueurs qui sont pressentis pour rejoindre le Championnat de France est une très bonne chose. Cela devrait leur permettre de passer un palier en club et ainsi se répercuter en sélection. 

La bonne formule en attaque avec Jonathan David? 

Si la bonne formule semble avoir été trouvée en défense avec des progrès à réaliser bien identifiés, l’attaque demeure une énigme. Le duo Jonathan David-Cyle Larin est-il réellement la solution qui fonctionne pour Jesse Marsch? Sur le papier, le rôle de David de neuf et demi, derrière Larin, pur avant-centre capable de finir les actions, a du sens. Sauf que dans le jeu, cela ne s’est que peu traduit. En dehors de la rencontre face au Venezuela, probablement la meilleure prestation du tournoi de Jonathan David, le duo n’a pas vraiment fonctionné.

Les interrogations autour du fait de passer à un système avec un seul attaquant et d’ajouter un milieu de terrain subsistent. Le problème : y a-t-il un joueur au milieu de terrain capable de prendre ce rôle derrière l’attaquant de pointe – qui serait on l’imagine David, avec Larin sur le banc – et faire mieux que l’attaquant de Lille? La réponse à cette question aujourd’hui n’est pas si simple. Il faudra suivre dans les mois à venir lors des matchs amicaux la décision que prendra le sélectionneur vis-à-vis de son duo d’attaque.

Comment maximiser Alphonso Davies? 

C’est la grande question de la sélection canadienne. Comment faire en sorte que son meilleur joueur soit dans les meilleures conditions possibles pour donner son meilleur en sélection? Longtemps trimballé à différents postes par John Herdman, sans grand succès, Jesse Marsch a pris la décision de lui faire occuper son poste de prédilection sur le côté gauche de la défense avec un joueur offensif de couloir devant lui. 

Si défensivement, le latéral gauche du Bayern de Munich est apparu solide, on en attend plus offensivement d’Alphonso Davies qui devrait être capable de faire des différences pour la sélection. Ses associations avec Liam Millar et Jacob Shaffelburg nécessiteront du temps pour être perfectionnées et il sera intéressant sur le long terme de voir si le sélectionneur décide de garder son meilleur joueur en défense, ou s’il sera tenté, comme son prédécesseur, de le faire monter d’un cran pour le voir participer plus au jeu offensif et apporter ses qualités de percussion et de centre. 

Plus de grosse compétition d’ici la Coupe du monde 

Jesse Marsch va faire face à un gros défi jusqu’en 2026. Celui de devoir préparer une équipe pour un événement majeur, sans avoir énormément de matchs à enjeu face à des adversaires relevés, comme ça a pu être le cas lors de cette Copa América.

Il y aura, certes, la Gold Cup en 2025, où les Canadiens pourront se mesurer à leurs co-organisateurs de la Coupe du monde 2026 le Mexique et les États-Unis, pour se disputer la suprématie régionale de la CONCACAF. Mais au-delà de cela, les Canadiens devront se contenter de matchs amicaux et espérer que les joueurs continuent de progresser dans leurs clubs respectifs ou même de poursuivre ces mouvements vers des équipes de plus en plus relevées à l’image du milieu de terrain Ismaël Koné qui a rejoint pendant la compétition, l’Olympique de Marseille dans la ligue 1 française.

Malgré tout, le soccer Canada est promis à de beaux jours et on ne peut qu’être optimiste sur la projection de l’équipe dans deux ans. Avec une Coupe du monde à domicile, Jonathan David et ses coéquipiers viseront de faire mieux qu’en 2022 au Qatar, où ils n’avaient pas remporté le moindre match dans une poule très relevée en compagnie de la Belgique, du Maroc et de la Croatie. 

Ulrich Chomche, son parcours de Bafang au Cameroun jusqu’à la NBA

Sélectionné en 57e position du repêchage NBA en juin dernier par les Raptors de Toronto, le jeune camerounais de 18 ans, Urlrich Chomche est devenu le premier joueur passé par l’Académie NBA Afrique à rejoindre la grande ligue. Joe Touomou, l’entraîneur qui l’a découvert au pays et l’a développé au sein de l’académie au Sénégal, revient sur son parcours et sur ce qui fait de lui un jeune joueur spécial, destiné à suivre les pas glorieux de ses aînés Pascal Siakam et Joël Embiid dans la NBA. 

Les Raptors de Toronto font leur entrée dans la ligue d’été de Las Vegas, ce samedi 13 juin. Point de départ officiel de la première année de la phase de reconstruction de l’équipe, selon l’entraîneur en chef Darko Rajakovic, ce tournoi estival offre l’opportunité aux nouvelles recrues de donner un premier aperçu de leur potentiel, mais aussi d’évoluer pour la première fois dans un environnement de la NBA. 

Ce sera bien évidemment le cas pour le jeune Camerounais Ulrich Chomche, pour qui, Masai Ujiri, le président de la franchise torontoise, a fait un effort financier pour obtenir le 57e choix qu’il ne possédait pas, par l’intermédiaire d’un échange avec les Timberwolves du Minnesota.

Historiquement, ces joueurs sélectionnés en toute fin de repêchage ne sont pas destinés à connaître une grande carrière dans la ligue. Mais dans le cas du jeune Camerounais originaire du village de Bafang dans l’ouest du pays, l’histoire pourrait être bien différente…

Premiers contacts

Joe Toumou était le directeur de l’académie NBA Afrique à Saly de 2017 à juin 2024. Disposant d’un réseau d’entraîneurs bien développé, c’est par l’intermédiaire d’un ami qu’il a eu vent de ce jeune talent en 2018.

Joe Touomou et Ulrich Chomche lors de leur première rencontre à Bafang en 2018. Photo : Gracieuseté de Joe Touomou

Il n’a pas pris longtemps pour sauter dans avion et aller le voir. 

« En Afrique, l’aspect culturel est très important. Dès qu’on m’a dit qu’il était de l’ouest du Cameroun, je n’ai pas hésité. Pascal Siakam vient de là, Francis Ngannou vient de là, Christian Koloko aussi. C’est une région où on trouve une tribu spéciale, les Bamilékés dans laquelle les enfants ont beaucoup de détermination, ce sont des travailleurs. C’est pour cela que je suis allé le voir. »

Tout n’a pas été simple. Convaincu par l’observation du potentiel basket, mais aussi, et surtout par l’état d’esprit et la personnalité du jeune athlète, l’étape suivante était de convaincre la famille de laisser leur enfant quitter le Cameroun. 

« La première fois que je suis allé le voir, je dois avouer que ce n’était pas facile. Sa famille, notamment son oncle avait du mal à comprendre pourquoi je voulais l’emmener au Sénégal. Il y avait déjà des gens qui l’approchaient pour le faire venir en France ou aux États-Unis », confie Joe Touomou.

« J’y suis retourné une deuxième fois, poursuit-il. Cette fois, je lui ai demandé de faire un essai avec moi. Je ne l’avais pas rencontré jusque-là. J’ai pu voir à travers les exercices que je lui ai fait faire qu’il apprenait très vite. J’ai ainsi constaté que l’intelligence que j’avais observée à l’école se traduisait dans le basket. Ça devenait de plus en plus intéressant. »

Revenu avec des arguments solides, deux mois après le premier contact infructueux, le technicien a réussi à convaincre l’oncle d’Urlrich Chomche de lui confier son enfant, avec un petit coup de pouce de sa grand-mère. 

« Les mamans ont toujours ce sixième sens. Je crois qu’elle a vu en moi une personne de confiance. Elle a convaincu son fils de me le confier. Mais, ils m’ont vraiment dit qu’ils comptaient sur moi pour m’en occuper, car ce petit n’était jamais sorti de Bafang, il ne connaissait rien de la ville. Je leur ai dit de ne pas s’inquiéter, que j’allais m’en occuper et c’est comme ça que tout a commencé. »

Un développement éclair

Ulrich Chomche sous la bienveillance et l’expertise de Joe Touomou et des entraîneurs de l’académie a passé cinq ans à se développer physiquement et techniquement. En 2022, il a connu une première expérience professionnelle, âgé seulement de 16 ans, dans la Ligue africaine de basket-ball (BAL) avec l’équipe de Yaoundé (FAP). 

C’est avec la répétition des matchs qu’Ulrich Chomche va dévoiler l’étendue de son talent. Photo : Gracieuseté de Joe Touomou

Après une autre participation à la BAL avec l’équipe représentant le Rwanda en 2023, puis une apparition au Nike Hoop Summit, une rencontre annuelle opposant les meilleurs jeunes joueurs américains aux meilleurs jeunes joueurs du reste du monde, en 2024, le jeune Camerounais est entré dans l’histoire en tant que premier joueur issu de l’Académie NBA Afrique sélectionné au repêchage de la NBA. 

« Ça a été très important pour nous à l’académie de le développer comme un joueur complet qui peut tout faire et qu’il ne soit pas cantonné dans un rôle réduit. D’année en année, il a progressé à une vitesse impressionnante. Chaque saison, on apportait quelque chose de nouveau à son jeu, c’était ma priorité. C’est un jeune joueur qui va continuer à progresser, sa marge de progression est très grande, car il a commencé le basket tard et il est très intelligent et travailleur. Voir où il est aujourd’hui, c’est énorme, mais ce n’est pas la fin. »

« Un feu qui brûle en lui »

Pour son mentor, c’est par un nombre de matchs plus important que le jeune joueur va continuer à progresser. En signant un contrat à deux volets avec les Raptors, qui lui permettra de jouer dans la ligue de développement (G League) avec les Raptors 905, il aura l’opportunité de disputer près d’une cinquantaine de rencontres. 

« L’expérience de match est une phase du développement qui est irremplaçable. Malheureusement, à l’académie, on ne jouait pas assez. Il a beaucoup de choses en lui qu’il veut faire, mais pour lesquelles il a besoin de répétition en match pour être à l’aise. La clé pour lui sera de développer sa capacité à prendre les bonnes décisions rapidement. Il va continuer à développer son tir et son dribble, il peut devenir plus percutant avec le ballon en main, car c’est un bon passeur. 

Pour poursuivre son développement, Joe Touomou, estime que le Camerounais devra « s’adapter au vocabulaire et aux styles de défense en NBA ».

« Mais il défend déjà mieux que la moitié des joueurs en NBA. Il peut défendre tous les postes, protéger le cercle, prendre des rebonds. Avec la répétition des matchs, il va aussi gagner en endurance et apprendre à jouer avec la fatigue », juge-t-il.

Godlove Cham, aujourd’hui entraîneur à la NBA school de Dubai, est l’ami de Joe Touomou qui lui a parlé d’Ulrich Chomche pour la première fois. Photo : Gracieuseté de Joe Touomou

Ce dernier voit grand pour son protégé qu’il imagine pouvoir devenir un joueur dominant en NBA. Ce diamant brut nécessitera du temps pour être poli, un temps que les Raptors semblent être prêts à lui donner. 

« D’ici quatre ans, je pense que ce sera une bête. Les gens vont découvrir le vrai Ulrich. Il a en lui un feu qui brûle parce qu’il a envie de faire la fierté de sa maman et de sa grand-mère. Je pense que ces deux choses-là vont le motiver pour atteindre des sommets incroyables. Il sait où il veut aller.

Dès le soir de la draft, il m’a dit en anglais ‘je vais rendre Masai fier’. Il n’en a pas dit plus. Je n’avais jamais vu autant de détermination sur son visage. Pour moi, si tout est mis en place, il n’y a pas de raison pour qu’il ne devienne pas un joueur très dominant », projette son ancien mentor.

L’aventure professionnelle d’Ulrich Chomche en Amérique du Nord commence ce samedi avec une rencontre de Ligue d’été face au Thunder d’Oklahoma City (20h30). 

LSF : des manquements systématiques de l’Ontario sur l’affichage extérieur en français

TORONTO – Le commissaire aux services en français a révélé un manquement systématique du gouvernement de l’Ontario quant à l’affichage de la publicité extérieure dans les deux langues officielles durant la pandémie. Dans un rapport d’enquête, celui-ci exhorte la province à rendre tout affichage public bilingue et à respecter ses obligations envers la Loi sur les services en français (LSF).

L’enquête a été lancée par le commissaire Carl Bouchard suite aux constats de l’Unité des services en français concernant la publicité gouvernementale extérieure unilingue dans des lieux publics – comme les panneaux sur le bord des routes et dans les transports en commun.

L’analyse de 17 campagnes publicitaires de la province entre le 1er avril 2020 et le 31 mars 2023, concernant la COVID-19, révèle que seulement trois comportaient une version française.

Photos : Captures d’écran du rapport d’enquête Messages manqués/Bureau du commissaire aux services en français

« Par conséquent, la plupart des messages dans les espaces publics concernant des questions de la plus haute importance pour la population ontarienne durant les trois années de COVID-19 – y compris l’information sur la façon de rester en sécurité et en bonne santé pendant la crise sanitaire – n’étaient communiqués qu’en anglais, laissant les francophones sans l’information cruciale dont ils avaient besoin pour leur santé », relève Carl Bouchard dans son rapport « Messages manqués ».

Autre campagne de publicité extérieure du ministère de la Santé, diffusée en anglais uniquement. Photo : Capture d’écran du rapport d’enquête Messages manqués/Bureau du commissaire aux services en français

Selon une série d’entrevues conduites avec des parties prenantes du Bureau du conseil de ministres, il s’avérerait que seulement 5 % du budget de la publicité générale sont consacrés au français, cela restant toutefois « une règle informelle ».

Plusieurs fonctionnaires interrogés ont souligné l’absence de règles claires sur les messages en français. Aucune politique gouvernementale n’est en place pour guider le personnel qui élabore ces publicités extérieures au sujet de leurs obligations en vertu de la LSF.

« Il en résulte un manquement systématique aux obligations de la Loi, a déclaré le commissaire. L’application de la Loi sur les services en français n’est pas limitée à 5 % de la population ontarienne ni à 5 % du territoire de l’Ontario. »

Des recommandations pour un changement d’approche radical

Celui-ci exhorte le gouvernement à rendre toute campagne publicitaire bilingue, « une pratique courante pour la publicité du gouvernement fédéral partout au Canada, ainsi que dans de nombreuses autres juridictions, comme au Nouveau-Brunswick ».

Le rapport liste sept recommandations pour améliorer la manière dont le Bureau du Conseil des ministres et les ministères communiquent en français, tout en respectant la LSF :

  • Le Bureau du Conseil des ministres doit s’assurer que toutes les publicités extérieures gouvernementales soient créées en format bilingue, en anglais et en français, et de façon simultanée.
  • Le ministère des Affaires francophones, en collaboration avec le Bureau du Conseil des ministres, se doit d’inclure des normes précises dans la Directive sur les communications en français et les Lignes directrices relatives aux communications en français « à l’égard des publicités extérieures pour que celles-ci communiquent en anglais et en français le même message, d’une qualité égale, diffusé en même temps ».
  • Le ministère des Affaires francophones prépare et dispense une formation sur ces nouvelles normes aux membres de la fonction publique en charge des publicités extérieures, en particulier au personnel du Bureau du Conseil des ministres.
  • Le ministère des Affaires francophones rend également cette nouvelle version facilement accessible au public.
  • Le Bureau du Conseil des ministres communique ces normes à toute agence de publicité et de placement média en charge des communications du gouvernement, et s’assure de leur bonne compréhension de celles-ci ainsi que des obligations imposées par la LSF.
  • Le ministère de la Santé doit prendre acte de ses obligations en matière de communication en français et doit s’assurer que ses publicités extérieures s’y conforment.
  • Le Bureau du Conseil des ministres, le ministère de la Santé et le ministère des Affaires francophones font individuellement rapport au commissaire, dans six mois, sur les progrès réalisés dans la mise en œuvre de ces recommandations, puis à intervalles de six mois, jusqu’à la satisfaction du commissaire.

Toutes les recommandations visant à améliorer la sensibilisation et la formation aux directives sur la publicité en français ont été acceptées. Cependant, les deux principales recommandations – rendre bilingue toute la publicité extérieure du gouvernement et mettre à jour les Lignes directrices en conséquence – sont toujours « en cours d’examen », a indiqué le commissaire.

Un manque de moyens, déplore le NPD

« Notre gouvernement procède à un examen rigoureux de toutes les recommandations qui y sont formulées. Notre gouvernement maintient le cap dans son engagement de veiller à l’amélioration continue de la livraison des services en français, laquelle comprend la diffusion en français et en anglais de publicités payées », assure Liz Tuomi, la porte-parole de la ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney.

Celle-ci nuance toutefois en ajoutant que « les publicités que l’on retrouve sur des panneaux d’affichage s’inscrivent toujours dans le cadre d’une campagne de sensibilisation élargie, articulée simultanément en anglais et en français ».

« Un panneau d’affichage n’est jamais un élément isolé. Les campagnes d’annonces payées sont rendues accessibles dans les deux langues et ont pour objectif de correspondre aux besoins des publics francophones », défend-elle.

Pour le député et porte-parole de l’opposition en Affaires francophones, Guy Bourgoin, qui craint le statu quo, ce sont toujours les mêmes sujets qui restent problématiques.

« Ça reflète exactement le manque de communication en français et le manque de moyens qui y sont mis. Ce rapport reflète exactement ce qui se passe dans la province. Pourtant, c’est un droit constitutionnel que nous avons », rappelle le député néo-démocrate.

« Dans nos régions du Nord, je connais des francophones qui devaient se connecter aux plateformes gouvernementales québécoises pour être informés de la situation sanitaire de la COVID. Les discours de Ford n’étaient pas sous-titrés en français à la télévision à ce que je sache. »

« Ce rapport démontre bien les lacunes des communications unilingues », conclut celui-ci.

Jacqueline Madogo n’aurait « jamais envisagé être en route pour les Olympiques en 2024 »

[ENTREVUE EXPRESS]

QUI  :

Jacqueline Madogo est une sprinteuse de 100 m et 200 m originaire d’Ottawa. Parmi les athlètes les plus rapides du pays sur ces deux distances, elle a déjà représenté le Canada sur la scène internationale en 2022 en participant au relais lors des Championnats du monde à Eugene aux États-Unis.

LE CONTEXTE :

Au terme d’une belle saison en extérieur, la Franco-Ontarienne a obtenu sa qualification pour les Jeux olympiques de Paris lors des essais olympiques canadiens d’athlétisme à Montréal le 30 juin dernier. Lors de cet événement, elle a battu son record individuel sur 200 m avec un temps de 22,97 s . Deux semaines plus tôt à Edmonton, c’est sur 100 m qu’elle avait signé un record personnel en 11,14 s. 

L’ENJEU :

Après un retour sur sa saison, Jacqueline Madogo revient sur le moment où elle a officiellement appris sa sélection olympique pour les épreuves individuelles sur 100 m et 200 m, ainsi que sur le relais 4 x 100 m. Elle se projette ensuite sur ce qu’elle attend de son expérience à Paris, sur et en dehors de la piste. 

« Comment s’est passée votre saison jusqu’à la qualification olympique, quel était votre état d’esprit par rapport à cette possibilité d’aller à Paris?

La qualification olympique était un objectif, mais c’est vrai que je pensais surtout au relais, je ne pensais pas pouvoir me qualifier pour un événement individuel, encore moins pour deux. Ce n’était pas quelque chose que j’envisageais, mais au fur et à mesure que la saison progressait, je me suis rendu compte que c’était atteignable. Je me sentais capable d’y aller en individuel et mon ambition a grandi.

J’ai réussi à atteindre un niveau qui m’a permis de rivaliser avec les filles les plus rapides du monde. Il fallait que je rêve plus grand, même si c’est vrai qu’au final c’est une belle surprise d’avoir obtenu ces deux qualifications individuelles. 

Il y a-t-il eu un moment où vous avez eu ce déclic de vous dire que vous pouviez rivaliser avec les meilleures? 

Je pense que c’était dès le début, à ma première compétition à Florida State. J’ai réalisé mes meilleurs chronos pour une ouverture de la saison (11,46 s sur 100 m et 23,20 s sur 200). Là, ça a marqué le début de saison, ça a vraiment mis l’emphase sur le fait que j’étais en forme, que je me sentais bien et que je pouvais le faire. 

Comment avez-vous abordez les essais olympiques, point d’orgue de votre saison? 

Deux mois avant, j’ai eu un petit problème au pied. Je n’ai pas eu la chance de courir aux Championnats du monde de relais à cause de cela, je ne voulais pas prendre de risque, mais dès le retour de cette compétition, on s’est concentré sur ma réhabilitation. Cela m’a permis de me sentir mieux et de faire un record personnel sur 100 m à Edmonton, ce qui m’a vraiment mis en confiance.

Aux essais je me sentais bien. J’étais en forme. Tout ce que je devais faire, c’était me placer sur le podium. On savait avec mon entraîneur que si je me plaçais sur le podium, j’avais une chance de me qualifier pour les deux épreuves individuelles. C’était définitivement mes objectifs. J’ai finalement réussi à obtenir ces deux podiums.

Malgré ces objectifs atteints, vous n’étiez pas encore certaine, à ce moment-là, d’aller aux Jeux…

N’ayant pas atteint les minimas, je devais me qualifier par l’intermédiaire du système de points, en faisant partie des 48 meilleures sur chacune des épreuves. J’ai finalement réussi à récolter assez de points pour en faire partie en allant toute la saison dans des compétitions qui sont à haut niveau. Je n’ai pas su directement le jour des essais que j’étais qualifiée. J’ai reçu le courriel, trois jours après. Le jour même, mon entraîneur me disait que c’était bon, que j’allais y aller. Mais comme je suis quelqu’un qui a besoin de la confirmation que c’est réel, avant de ressentir toutes les émotions, j’ai donc attendu de recevoir le courriel officiel.

Jacqueline Madogo arborant fièrement les couleurs de la sélection nationale canadienne. Photo : capture d’écran de l’entretien.

Quelle a été votre réaction? 

Quand je l’ai reçu, j’étais en route pour ma pratique. J’ai ouvert le courriel, mais j’ai éteint mon téléphone pour m’entraîner. Je ne voulais pas déranger la pratique et éclater de joie. J’ai vraiment attendu de pouvoir partager cela avec mes parents. J’étais vraiment contente, c’était un beau moment. Je voulais partager ça avec eux. Ils ont été là avec moi depuis le début de mon cheminement. Ce sont eux qui m’ont poussée à me mettre à 100 % sur l’athlétisme en mettant de côté le soccer.

Je ne pensais pas, lorsque j’ai commencé l’athlétisme, que je pouvais imaginer que je serais en route vers les Olympiques en 2024. C’est une belle surprise et le résultat d’une belle progression.

Quel est votre programme jusqu’aux Jeux? 

Avec l’équipe canadienne d’athlétisme, on va partir en camp d’entraînement en Espagne à Sant Cugat du 23 au 31 juillet. Ça va être vraiment le gros de la préparation. On va partir ensuite pour Paris par vagues. Je suis chanceuse, je suis dans la première vague. On va manquer la cérémonie d’ouverture, mais ce n’est pas grave, car on sera là pour la clôture. 

Qu’est-ce que cela représente pour vous de participer à ces Jeux olympiques en France? 

Participer à mes premiers Jeux olympiques, ce sera un moment inoubliable. J’ai la chance de faire partie de cette équipe et je pense vraiment que cette année on a beaucoup de talent. Il y a une bonne dynamique entre des athlètes jeunes et d’autres, plus expérimentés. On a fait beaucoup de bons chronos cette année, le relais féminin 4 x 100 m est remonté dans les classements. J’ai vraiment hâte de voir comment les Jeux vont se dérouler.

J’ai aussi hâte d’aller voir les autres disciplines, je suis une vraie fanatique de sport. Je suis aussi et surtout très heureuse de pouvoir vivre cette expérience avec ma famille, qu’ils puissent me voir dans ce grand championnat. Ils étaient là aux Championnats du monde en 2022, mais j’étais juste dans le relais, cette fois-ci, j’ai la chance d’être dans deux événements individuels, c’est différent. Je suis également impatiente d’aller à Paris, la dernière fois que j’y ai été, j’avais 11 ans. »

« Un million de personnes d’origine francophone dans le Michigan » – John Cooper

John Cooper, le plus « francophonophile » des Américains, est passionné par la langue française et par l’héritage francophone de Détroit. Membre de la Société historique canadienne-française du Michigan, de la chambre de commerce franco-américaine de Michigan et du CA de l’Alliance française de Détroit pendant 10 ans, il est le créateur des Rendez-vous Détroit et de la visite guidée bilingue The Detroit French History Cruise.

Cette croisière autour de l’histoire de France de Détroit, en anglais et en français, créée en 2014 par John Cooper, revient le 21 juillet prochain. Récits historiques et visite guidée des lieux clés entre Windsor et Détroit qui ont mené à la création de la ville américaine sont au programme de ce tour sur la rivière Détroit, à bord du Diamant Belle.

Sous l’égide du French Heritage Society, qui se consacre à la protection du patrimoine architectural et culturel français, Rendez-vous Détroit a pour vocation de valoriser le patrimoine francophone « du détroit » des deux bords de la rivière canadienne et américaine.

« Vous êtes Américain et vous parlez français parfaitement, ce qui est atypique. De quelle façon vous êtes-vous épris de la langue française?

Je n’ai pas le moindre sang français ou canadien dans les veines. Quand je faisais mes études d’ingénieur aux États-Unis, il y a plus de quarante ans, je suis tombé dans un programme d’échange à Lausanne en Suisse de façon complètement immersive, ce qui a bouleversé ma vie pour toujours.

De retour chez moi, j’ai accepté une offre d’emploi dans une firme pétrolière à Montréal, plus qu’intrigué par ce peuple parlant français, sur le même continent que moi. J’ai plus tard fait carrière dans l’automobile à Détroit.

Mais j’ai tout de même travaillé pendant 22 ans avec des sociétés françaises, mes deux enfants parlent français, de même que ma femme, avec qui j’ai exploré tous les départements français, etc. J’ai beaucoup d’amis québécois et franco-ontariens. Alors, plutôt que francophile, je préfère qu’on m’appelle « francophonophile ».

Comment cette promotion du patrimoine francophone de la région Windsor/Détroit a-t-elle commencé pour vous ?

En 2006, j’ai découvert les Franco-Ontariens de Windsor au Canada, à quelques minutes de Détroit, ce qui était extraordinaire. Je me suis passionné pour la culture franco-canadienne. Mordu d’histoire, j’ai découvert le passé français de Windsor et de Détroit, son fondateur Antoine de Lamothe-Cadillac, ce patrimoine riche de la France dans la région des Grands Lacs. Au fur et à mesure du temps, je suis donc devenu Monsieur Detroit’s French history.

Photo : Gracieuseté de John Cooper

Photo : Gracieuseté de John Cooper

Photo : Gracieuseté de John Cooper

Photo : Gracieuseté de John Cooper

Le patrimoine français de Détroit et la francophonie n’avaient-ils pas été laissés à l’abandon par la Ville?

Ce qui me motive le plus, c’est que la ville de Détroit ne fasse pas plus pour ce patrimoine français. Depuis 15 ans je suis actif sur le côté canadien et depuis dix ans j’essaye de tisser des liens via la rivière qui définit la limite entre Détroit et Windsor.

Il faut savoir que le français était la langue majoritaire de Détroit jusqu’en 1840. De fait, y a plus d’un million d’habitants dans l’État du Michigan venant de Détroit, qui ont des origines francophones et franco-canadiennes qui ont perdu la langue il y a 3-4 générations.

Nous organisons quelques évènements dans l’année comme des visites scolaires et j’essaye de lier ces communautés avec les francophones de Windsor à travers diverses rencontres, comme par exemple le Festival du Nain Rouge depuis 2015.

Carte de la Rivière du détroit de 1752. Photo : Gracieuseté de Rendez-vous Détroit

Fort Pontchartrain en 1701. Photo : Gracieuseté de Rendez-vous Détroit

Vue de Windsor et de Détroit et du site originel du Fort Pontchartrain fondé par Antoine de Lamothe-Cadillac. Photo : Gracieuseté de Rendez-vous Détroit

Quels sont les sites français historiques que l’on peut apercevoir durant la croisière?
Seuls sont visibles les derniers trois bâtiments majeurs construits par les communautés françaises des deux bords de la rivière, soit les trois églises, Sainte-Anne de Detroit de 1887, Notre-Dame de l’Assomption à Windsor, de 1842, et Notre-Dame-du-Lac à Windsor également, datant de 1884. J’explique aussi l’histoire et l’emplacement des sites comme le Fort Pontchartrain, aujourd’hui au beau milieu des gratte-ciel, Belle Isle, La Cote de Misère, etc.

J’explique les liens francophones entre Windsor et Détroit. Je raconte par exemple que les Français qui faisaient du commerce sur les rives habitant les Ribbon Farms (les fermes en ruban) ont donné leurs noms aux rues perpendiculaires à la rivière, des noms comme « Saint-Aubin ».

C’est donc l’occasion pour vous de distiller quelques faits et anecdotes historiques, notamment généalogiques?

Beaucoup d’Américains du Michigan sont très étonnés d’apprendre qu’il y a une grande communauté franco-ontarienne de l’autre côté de la rivière à Windsor.

Nous expliquons notamment que seuls 10 000 Français étaient venus de France dans la région de 1609 à 1760. Les francophones étaient 20 fois moins nombreux que les anglophones des colonies anglaises.

Ce qui est intéressant, c’est de voir que dès le 19e siècle, entre 1840 et 1940, plus de la moitié de la population canadienne a émigré aux États-Unis, dont 900 000 Franco-Canadiens. Nous avons donc beaucoup de sang francophone aussi en général aux États-Unis.

Que reste-t-il de la population francophone de Détroit ?

On compte actuellement plus de 4000 francophones transplantés de France, notamment de par le marché de l’automobile. Concernant le million de personnes dans l’État du Michigan de souche franco-canadienne, souvent les grands-parents ou arrières grands-parents ont perdu la langue au début du 20e siècle ou même avant. Pour ceux qui s’intéressent à leurs racines francophones, je leur dis : vous n’avez pas besoin d’aller à Montréal ou à Paris pour aller trouver vos racines, vous n’avez qu’à traverser la rivière! »

Université d’Ottawa : les manifestants propalestiniens lèvent leur campement

OTTAWA – Les manifestants propalestiniens qui occupaient le terrain à l’avant du Pavillon Tabaret sur le campus de l’Université d’Ottawa ont quitté leur campement mercredi après plus de deux mois d’occupation.

Dans une publication sur Instagram, les organisateurs derrière le mouvement ont indiqué qu’à la lumière d’autres mouvements similaires sur d’autres campus universitaires au pays, ils ont décidé de partir. Certains campements ont notamment été visés par des avis juridiques pouvant mener à des poursuites judiciaires.

La semaine dernière, les manifestants à l’Université de Toronto ont quitté le leur après que la Cour ait tranché en faveur de l’Université dans une injonction permettant à la police d’arrêter ceux qui n’auraient pas quitté les lieux. À l’Université de York, la Police était intervenue pour démanteler un campement installé sur le terrain de l’établissement.

Les étudiants de l’Université d’Ottawa avaient commencé leur occupation à la fin du mois d’avril en réponse à la guerre entre Israël et le Hamas. Ils demandent notamment à l’Université d’Ottawa de dévoiler ses investissements reliés à Israël, qu’elle retire ses investissements et coupe ses liens avec les établissements sionistes.

« L’Université a réagi en tergiversant, en nous parlant dans un jargon bureaucratique et en rejetant complètement nos demandes très raisonnables », affirment les organisateurs, INSAF uOttawa dans une publication sur Instagram, assurant qu’ils « seront de retour ».

La carte des points de vente d’alcool de Ford fait polémique

TORONTO – Le gouvernement provincial a annoncé le lancement d’une carte interactive en ligne permettant de trouver les détaillants d’alcool à l’échelle de l’Ontario par type de boissons alcoolisées. Cette promotion deux jours après le début de la grève historique de la Régie des alcools de l’Ontario (LCBO) a suscité la colère du syndicat et de vives réactions de l’opposition et d’Ontariens.

La promotion d’une carte interactive deux jours après la fermeture des succursales LCBO « pour aider les consommateurs à trouver des détaillants et producteurs locaux près de chez eux pendant la grève du SEFPO » n’a pas manqué de faire réagir.

« Malgré le conflit de travail en cours à la LCBO, il y a encore des milliers d’endroits dans la province où vous pouvez acheter des boissons alcoolisées, y compris des produits artisanaux, locaux et faits en Ontario », peut-on lire sur la page web provinciale officielle de la carte.

Celle-ci documente et géolocalise en effet avec précision plus de 2300 détaillants ontariens qui vendent des boissons alcoolisées, vin, bière, et spiritueux.

Carte interactive géolocalisant les points de vente d’alcool, disponible sur le page web du gouvernement ontarien « Où acheter des boissons alcoolisées ». Photo : Capture d’écran/Gouvernement Ontario

« Cette nouvelle carte est un excellent moyen pour les consommateurs de la province de trouver des produits locaux et de soutenir des centaines d’entreprises ontariennes et des milliers de travailleurs ontariens qui fabriquent ces produits et servent les consommateurs tous les jours de la semaine », a déclaré le premier ministre ontarien via communiqué.

 « Cela est aussi en accord avec notre plan d’offrir aux consommateurs plus tard cet été le choix et la commodité », a-t-il ajouté, faisant référence à l’annonce en mai dernier sur la généralisation de la vente d’alcool aux grandes surfaces et dépanneurs.  

Une porte-parole du bureau de Doug Ford a démenti la corrélation entre la grève anticipée et le lancement de la carte.

De vives réactions

Une vidéo promotionnelle de l’outil en ligne mettant en scène Doug Ford faisant un barbecue avec plusieurs choix de bières et autres boissons alcoolisées a fait réagir sur la plateforme X.

Photo : Capture d’écran de la vidéo promotionnelle/Bureau de Doug Ford

Parmi les réponses des Ontariens à la publication, certains ont remis en question les priorités du gouvernement. Certains demandant par exemple pourquoi une telle géolocalisation n’a pas été réalisée pendant la pandémie avec les centres de vaccination, d’autres ironisant sur une carte pointant les services d’urgences encore ouverts ou encore les stations de métro de la ligne Eglinton Crosstown qui ne sont pas opérationnelles.

« Ça me met hors de moi que Doug Ford puisse publier une carte interactive pour trouver de la bière après seulement un week-end (de grève), mais qu’il ne fasse pas la même chose pour aider les 2,3 millions d’Ontariens qui ne trouvent pas de médecin de famille », a publié le député libéral de Don Valley-Est Adil Shamji sur son compte X.

« Au lieu d’utiliser la carte de Ford qui mine les grévistes et les services publics, utilisez cette carte pour montrer votre solidarité. Rejoignez une ligne de piquetage. Aidez-nous à lutter pour que la LCBO reste publique », a partagé le syndicat SEFPO sur son compte X avec le lien d’une carte interactive géolocalisant les piquets de grève en Ontario.

Carte interactive montrant les piquets de grève des travailleurs de la LCBO en Ontario. Photo : Capture d’écran/SEFPO

Le chef du Parti Vert Mike Schreiner estime que la « précipitation du gouvernement d’amener la bière dans les dépanneurs » est en train de « bouleverser l’ensemble du secteur et attise les craintes quant à la sécurité de l’emploi ».

« Maintenant qu’une grève est en cours, son gouvernement déploie des cartes de détaillants alternatifs et jette le doute sur l’avenir de la LCBO au lieu de se concentrer sur le retour de tout le monde à la table de négociation », a-t-il réagi via communiqué en exhortant le gouvernement à négocier un accord.

La cheffe du Parti libéral, Bonnie Crombie, était en conférence de presse ce mardi avec le syndicat, qui a quant à lui déclaré que les travailleurs resteraient en grève de façon indéterminée jusqu’à ce qu’ils soient rappelés à la table des négociations.

Celui-ci demande l’annulation des ventes de boissons alcoolisées toutes prêtes dans les dépanneurs ou la compensation financière du manque à gagner par LCBO, soit « 900 millions de dollars », menaçant la sécurité des emplois selon JP Hornick, la présidente du SEFPO.

Retour en images : ONFR visite le Festival fransaskois

PIKE LAKE – Le 41e festival fransaskois s’est tenu la fin de semaine dernière au parc provincial de Pike Lake, en Saskatchewan. ONFR était sur place pour discuter avec la communauté francophone de cette province des prairies.

Si 1,2 % de la population saskatchewanaise déclare le français comme première langue parlée, ici, « tout le monde parle français », nous lance un homme à l’entrée du terrain réservé pour le Festival fransaskois, dans le parc provincial de Pike Lake.

L’événement donne l’impression d’un rassemblement de famille. C’est d’ailleurs ce que nous mentionnent spontanément les personnes interrogées. La fransaskoisie étant dispersée à travers la province, le Festival fransaskois est le prétexte par excellence pour se retrouver au même endroit une fois par année.

Certains viennent aussi du Manitoba, de l’Ontario, du Québec ou des Maritimes pour renouer avec leurs cousins, de sang ou de coeur.

C’est le cas du musicien Michel Lalonde. Membre du groupe la Raquette à claquettes, en tête d’affiche du festival, et mieux connu en Ontario pour l’époque Garolou, il est établi à l’Île-du-Prince-Édouard depuis quelques années. Il profite de l’occasion pour monter sur scène, mais aussi pour voir sa fille, ses petites-filles et ses amis.

Michel Lalonde a vécu en Saskatchewan pendant une trentaine d’années. Photo : Rachel Crustin / TFO

« Je me suis occupé de la programmation du festival pendant quelques années. Je le regarde maintenant d’un œil plus distant, mais c’est le fun d’être là comme participant et comme musicien », explique-t-il au micro d’ONFR.

De la relève

Même si le festival a connu des années plus achalandées, Michel Lalonde est optimiste. « Quand je regarde la communauté, ce qui m’encourage, c’est qu’on voit beaucoup de nouveaux visages et de jeunes familles. Je sens une espèce de relent, alors que certaines années ont été plus difficiles. »

Parmi ces nouveaux visages, il y a ceux des curieux qui viennent simplement vivre une expérience fransaskoise. C’est le cas de Joanne Lussier-Demers et Marc Demers. Le couple venu de Winnipeg avait l’habitude d’assister au festival Terre Ferme, organisé par la famille Campagne, qui s’est terminé l’an dernier. « On connaît déjà plusieurs des artistes, comme Andrina Turenne ou Fire & Smoke, du Manitoba, et bien sûr, la famille Campagne. »

Sylvie Clairefond, à gauche, et Samblo Marseille, à droite, viennent tous deux de France et ont choisi de s’établir en Saskatchewan. Photo : Rachel Crustin / ONFR

De son côté, Samblo Marseille vit pleinement sa nouvelle identité fransaskoise. Arrivé à Saskatoon au mois de mars, il s’est senti particulièrement accueilli dans la communauté. C’est aussi ce qu’a vécu Sylvie Clairefond, il y a près de trois ans. Ces deux Français d’origine s’impliquent activement parmi les bénévoles de l’événement.

Une grande partie de la relève de la communauté fransaskoise est aussi formée de ses enfants, nombreux à accompagner leurs parents jusqu’à tard en soirée. La disco silencieuse, menée par Shawn Jobin, les a particulièrement fait danser.

En plus d’animer l’événement, Shawn Jobin était responsable de la fin de soirée du samedi. Photo : Rachel Crustin.

Pour tous les âges

De la zone jeunesse en journée aux feux de camp pour les couche-tard, le Festival fransaskois tente de rejoindre l’ensemble de sa communauté. La soirée du samedi était la plus remplie au niveau musical. Marie-Véronique Bourque s’est produite en fin d’après-midi, suivi plus tard par Flora Luna. Nommée par Francopresse comme l’une des dix personnalités influentes de la francophonie canadienne, Alexis Normand a touché le public avec ses chansons qui traitent d’insécurité linguistique de façon intime.

Le duo C’est ma cousine, composé de Sylvie Walker et Liz Tkachuk, a fait rire la foule avec ses « invités prestigieux, » c’est-à-dire d’autres artistes fransaskois venus personnifier de grands noms de la chanson. On a ainsi pu voir Isabelle Mercier en Isabelle Boulay ou Anique Granger en Neil Young.

Andrina Turenne et le duo de Claire Morrison et Daniel Péloquin-Hopfner, Fire & Smoke, ont poursuivi la soirée avant l’arrivée du clou du spectacle, le groupe fransaskois la Raquette à claquettes.

Alexis Normand a récemment lancé Empreintes, une compilation des chansons francophones qui ont jalonné sa carrière. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Le Festival fransaskois avait adopté le thème « Ouest’ern » pour la 41e édition. Photo : Rachel Crustin / ONFR

De gauche à droite, Liz Tkachuk, Sylvie Walker et Isabelle Mercier, qui arborait une grande perruque rousse pour interpréter une chanson d’Isabelle Boulay. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Certains festivaliers ont répondu à l’appel de danser en couple durant une chanson d’amour de Neil Young, interprétée par Anique Granger et le duo C’est ma cousine. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Plusieurs musiciens, dont Alexis Normand, sont retournés dans la foule pour regarder les autres prestations. Photo : Rachel Crustin / ONFR

La Raquette à claquette profitait d’une tournée de six dates en Saskatchewan pour s’arrêter au Festival fransaskois. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Un effort d’inclusion

Plusieurs personnes rencontrées souhaitent que la communauté fransaskoise continue d’être plus inclusive et diversifiée. Parmi les partenaires sur place, on retrouvait entre autres le Réseau en immigration francophone, l’Association des parents fransaskois. Il y a aussi l’Association jeunesse fransaskoise, qui a créé l’événement il y a 41 éditions et qui s’implique toujours dans une partie de la programmation.

L’organisme En toute fierté était aussi sur place. L’initiative de Denis Rouleau, avec l’Assemblée communautaire fransaskoise, souhaite accompagner la communauté LGBTQ+ francophone de la Saskatchewan. La soirée du samedi s’est terminée avec un petit spectacle d’art de la drag, mettant en vedette le drag king Ford Ranjer.

Denis Rouleau est le fondateur du projet En toute fierté et Coordonnateur Concertation et renforcement communautaire à l’Assemblée communautaire Fransaskoise. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Le drag king Ford Ranjer s’est entre autres déhanché sur la chanson Saskatchewan du groupe québécois les Trois accords. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Les festivaliers ont bien apprécié le disco silencieux de Shawn Jobin, samedi soir. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Les festivaliers ont bien apprécié le disco silencieux de Shawn Jobin, samedi soir. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Mais c’est l’activité du dimanche qui a été particulièrement touchante. La religion catholique prend encore une grande place dans la communauté francophone de la Saskatchewan et la messe du dimanche qui s’est fait sur le site du festival a été officiée par le père Daniel Louh de la paroisse Saints-Martyrs-Canadiens. Juste avant, deux membres de la paroisse Saint-Jean-Baptiste de Régina, Roger Lepage et Francine Proulx-Kenzle, se sont adressés à l’assemblée pour partager leur expérience en tant que parents de membres de la communauté LGBTQ+.

Ils ont monté une conférence intitulée « L’accueil de la communauté LGBTQ+ au sein de l’église » afin d’ouvrir le dialogue auprès des fidèles, particulièrement attentifs à leur présentation. Alors que leurs enfants ne se sentaient pas acceptés au sein de l’Église, ils ont choisi d’agir en alliés et parcourent la province avec cette présentation. Ils ont même indiqué avoir reçu des demandes pour la présenter en anglais.

Mission accomplie

La présidente du Conseil culturel fransaskois (CCF), qui organise le Festival fransaskois, s’est dite satisfaite de cette 41e édition. Anne Brochu Lambert s’est entretenue avec ONFR ce dimanche.

« Les gens avaient l’air contents de leur expérience. C’est ce qui est important. C’est à eux et elles de devenir des ambassadeurs pour les prochaines éditions. »

Anne Brochu Lambert est présidente du Conseil culturel fransaskois depuis 2019. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Celle qui s’implique au CCF depuis 10 ans explique que le nombre de billets vendus était satisfaisant avant même que le festival débute, selon les attentes de l’organisme pour cette année.

Anne Brochu Lambert conclut : « On va se donner le temps de laisser la poussière retomber et, comme chaque année, on aura une conversation sur le bilan. Moi, je trouve que c’est mission accomplie. Je nous souhaite du succès comme ça encore longtemps, et de la place pour grandir. »

Le chef adjoint du Parti vert du Canada quitte son poste

OTTAWA – Le chef adjoint du Parti vert du Canada, Jonathan Pedneault, a annoncé mardi qu’il démissionnerait de son poste de la formation écologiste.

Celui qui a été élu à ce rôle à l’automne 2022 pour œuvrer auprès de la cheffe Elizabeth May a cité des raisons personnelles pour expliquer son départ, ajoutant que les conditions actuelles ont rendu sa décision « inévitable ». Il n’a pas voulu s’étendre davantage sur ses motifs de départ, mais a précisé que ça faisait plusieurs semaines qu’il y pensait.

Jonathan Pedneault n’était pas un député au Parlement, les verts ayant deux sièges sur 338 avec Mike Morrice (Kitchener-Centre) et Elizabeth May (Saanich-Gulf Islands). Mme May et Jonathan Pedneault avaient fait campagne ensemble en 2022 pour être élus comme duo à la chefferie du Parti vert. La formule de cheffe et chef adjoint (ou co-chef) n’avait toutefois pas encore été approuvée par les membres en vertu de la constitution du Parti vert.

La formation écologiste avait connu une fin tumultueuse lors de l’élection de 2021 avec Annamie Paul en raison des conflits internes qui sévissent au sein du groupe politique au sujet de sa propre capacité de diriger. Elle avait démissionné quelques semaines après l’élection.

« On a pris les rênes d’un parti qui était dans une situation difficile que ce soit au niveau du financement ou de notre image. On a travaillé très fort avec nos membres pour stabiliser le parti après un moment difficile », a dit Jonathan Pedneault lors d’une conférence de presse à Ottawa avec Elizabeth May.

Les appuis envers la formation écologiste ont fondu de moitié au niveau national entre les deux dernières élections générales de 2021 et 2019, passant de 6,6 % à 3,2 %.

« Être vert au Canada, ce n’est pas une job facile. Si on veut la voie facile, on va chez les libéraux ou les néo-démocrates. Être vert, c’est un acte de courage chaque jour », a-t-il soutenu.

Le Québécois avait tenté d’obtenir un siège dans Notre-Dame-de-Grâce–Westmount lors d’une élection partielle en juin 2023, mais avait fini au 4e rang avec 13,4 % des voix. C’est la libérale Anna Gainey qui l’avait emporté.

Français : le chien de garde de la police ontarienne réprimandé par un tribunal

TORONTO – Un tribunal torontois a réprimandé l’organisme chargé d’évaluer les plaintes contre les policiers et le Service de police de Toronto concernant un possible non-respect des droits linguistiques d’une francophone à la suite d’une enquête portant sur une intervention policière.

Dans une décision rendue en avril, la Cour supérieure de justice de l’Ontario a conclu que le Bureau du directeur indépendant de l’examen de la police – maintenant connu sous le nom d’Agence des plaintes contre les forces de l’ordre (APFO) – avait commis une erreur reliée à la question linguistique dans l’une de ses enquêtes. L’APFO est l’organisme chargé de recevoir, de gérer et de superviser les plaintes du public au sujet de l’inconduite d’un agent de police.

Une plaignante francophone de Toronto, Irénée Boua, a obtenu gain de cause après que trois juges de la Cour supérieure aient conclu que l’APFO avait omis de prendre en compte le fait qu’elle a été traitée inéquitablement lors d’une enquête, car elle parlait français.

Le tout commence en août 2012 alors que la plaignante est arrêtée au domicile de son ancien petit ami pour être rentrée chez lui après minuit. Elle se plaint par la suite au Bureau du directeur indépendant de l’examen de la police au sujet du comportement de deux policiers du Service de police de Toronto (SPT) cette nuit-là. 

Elle allègue notamment qu’elle n’a pas pu comprendre les motifs de son arrestation et les propos des deux policiers qui parlaient anglais malgré le fait qu’elle aurait signalé qu’elle ne comprenait pas car elle était francophone. Elle a invoqué, entre autres, que ses droits linguistiques et son droit à un avocat avaient été violés par les policiers qui ont procédé à son arrestation en plus d’accuser le SPT de ne pas l’avoir interrogée par la suite.

Dans sa décision, l’APFO conclut que la plainte d’Irénée Boua n’a pas besoin d’être renvoyée à la Police de Toronto pour une nouvelle enquête. Le SPT « avait rassemblé les preuves pertinentes nécessaires » et « a pu bénéficier de sa plainte détaillée et de ses arguments lors de l’examen, ainsi que de l’enregistrement du système de caméra dans la voiture la nuit en question », jugeait l’organisme chien de garde des policiers dans son verdict. Insatisfaite de ce verdict, Irénée Boua a alors porté ce dossier devant la Cour supérieure de justice de l’Ontario.

Un « manquement à l’obligation de tenir compte d’un élément clé du dossier »

Dans sa décision, la Cour a infirmé la décision du directeur du Bureau de ne pas renvoyer la plainte à la police torontoise comme le demandait la plaignante, celui-ci jugeant avoir suffisamment d’éléments pour prendre une décision. Les trois juges dans l’affaire, Sandra Nishikawa, Shaun O’Brien et Janet Leiper, écrivent que le directeur n’a pas lu, compris ni « examiné les arguments (de la plaignante) parce qu’ils avaient été présentés en français » et cela « constitue un manquement à l’obligation de tenir compte d’un élément clé du dossier qui lui a été soumis », tranchent-ils.

De plus, le verdict écorche l’APFO de ne jamais avoir pris en considération les barrières linguistiques encourues par le fait que Mme Boua est une francophone.

« Il y avait une préoccupation sérieuse que Mme Boua n’avait pas été comprise au cours de la procédure d’enquête. Ceci est la première raison pour laquelle nous estimons que la décision du directeur est déraisonnable, parce qu’il n’a pas tenu compte de cette préoccupation », écrivent les trois juges de la Cour supérieure dans leur décision.

La plaignante a « soulevé à plusieurs reprises des préoccupations concernant le fait qu’elle parlait une autre langue que celle de la police, à la fois pendant l’incident en question et pendant la procédure d’enquête ». Elle indique avoir soulevé ce point avec l’enquêteur et dossier, mais elle a tout de même dû utiliser des applications de traduction pour pouvoir communiquer avec lui. Le tribunal a conclu que le fait de ne pas avoir pris en compte la langue de Mme Boua signifiait qu’elle avait été injustement traitée.

« Dans ces circonstances, il est particulièrement approprié de renvoyer l’affaire au directeur afin que la question de l’équité procédurale puisse être examinée et traitée de manière exhaustive », statuent les trois juges dans leur décision.

La cour n’a toutefois pas statué sur l’éventualité d’une violation des droits linguistiques de la francophone, car ils n’ont pas été soulevés durant le processus judiciaire. Bien que la plaignante se soit représentée elle-même, le tribunal a ordonné à l’APFO de lui payer 5000 $ notamment pour des frais juridiques et des dépenses autres que ceux associés aux frais d’experts.

Soccer : Jonathan David et le Canada marquent l’histoire 

ARLINGTON, TEXAS – Pour leur première participation à la Copa América, les Canadiens se sont qualifiés pour les demi-finales de la compétition, en disposant du Vénézuela aux tirs au but après un match nul 1-1. L’attaquant franco-ontarien Jonathan David a livré sa prestation la plus aboutie du tournoi. 

« Dominer n’est pas gagner », cette expression résume à elle seule la prestation des Canadiens, vendredi soir face au Vénézuela. Si la fin a été heureuse avec une victoire lors de la séance de tirs au but (4-3), Jonathan David et ses coéquipiers auraient dû remporter ce match, qu’ils ont dominé la majorité du temps, avant le coup de sifflet final. 

Se créant un nombre incalculable d’occasions, les Rouges ont manqué de réussite devant le but. Tout a pourtant très bien commencé, avec une passe décisive de l’attaquant franco-ontarien pour Jacob Shaffelburg, qui a ouvert le score dès la 13e minute (1-0). David avait déjà eu une occasion quelques minutes plus tôt sur une passe magnifique pour Larin, qui a vu son tir repoussé par la sortie de Romo lui revenir directement dans les pieds. Sa tentative de lob a échoué, mais le ton a été rapidement donné par les Canadiens. 

Malheureusement, comme souvent en soccer lorsqu’une équipe se crée plusieurs occasions de prendre le large, mais ne fait pas mouche, à l’image de ce face-à-face avec Romo manqué par David à la demi-heure de jeu, un moment ou un autre, cela se paie. 

Les francophones en évidence 

L’égalisation vénézuélienne est arrivée en seconde mi-temps, sur une terrible contre-attaque et une erreur de Maxime Crépeau trop avancé, qui s’est fait lober par l’opportuniste Solomón Rondon (1-1, 64e). Les Canadiens ont continué à pousser, toujours sans réussite et n’ont pu éviter la loterie des tirs au but. 

Une séance qui a vu les joueurs francophones se mettre en évidence puisque David a inscrit le premier tir et les jeunes Québécois Moïse Bombito et Ismaël Koné ont aussi marqué. C’est d’ailleurs ce dernier qui a inscrit le tir vainqueur après le dernier tir vénézuélien de Wilker Ángel stoppé par Maxime Crépeau. Le gardien a été impérial sur la séance et s’est rattrapé de son erreur en arrêtant deux tirs au but. 

Côté canadien, ce sont Liam Miller et Stephen Eustáquio qui ont manqué la cible, mais cela n’a pas empêché les Rouges de l’emporter 4-3 et de filer en demi-finale. Ils retrouveront l’Argentine de Lionel Messi, mardi prochain au stade MetLife dans le New Jersey. Les deux équipes s’étaient déjà affrontées lors de la phase de groupe. Les champions du monde l’avaient emporté sur le score de 2-0, après un match maîtrisé. 

Sortant de leur meilleure prestation du tournoi, les Canadiens du nouveau sélectionneur Jesse Marsch auront l’occasion de démontrer tous les progrès effectués depuis le premier match de la compétition face aux Argentins. Décomplexés et n’ayant rien à perdre, Jonathan David et ses coéquipiers rêvent de réaliser un exploit qui serait monumental, en obtenant une qualification historique en finale. Ils y affronteraient le vainqueur de la demi-finale qui opposera les gagnants de Brésil-Uruguay et Colombie-Panama. Ces deux derniers quarts de finale se jouent ce samedi. 

Linda Morais : « Hâte de représenter le Canada aux Jeux olympiques »

[ENTREVUE EXPRESS]

QUI  

Linda Morais est une lutteuse franco-ontarienne. Originaire de Tecumseh dans le nord de l’Ontario, elle a combattu dans les catégories allant de 57 à 68 kg au fil de sa carrière. 

LE CONTEXTE 

Engagée dans la catégorie 68 kg cette année, la lutteuse franco-ontarienne a obtenu sa qualification pour les Jeux olympiques de Paris lors de la dernière compétition qualificative pour l’événement, en mai dernier, en Turquie. Un moment de bonheur qui est venu conclure un début de saison difficile. Revenue d’une période de huit mois de récupération suite à une blessure au cou, Linda Morais avait vu une première opportunité de se qualifier pour les JO s’envoler lors des Championnats panaméricains au Mexique en février dernier. C’est finalement trois mois plus tard qu’elle y est parvenue.

L’ENJEU 

Linda Morais revient sur sa saison et ce tourbillon d’émotions qui l’a traversée en trois mois entre sa qualification ratée et celle obtenue, avant de se projeter sur sa préparation et les Jeux olympiques qui arrivent dans maintenant moins d’un mois. 

« Comment s’est passé votre début de saison jusqu’à la qualification olympique? 

Ce n’était pas une saison très facile pour moi. C’est la dernière année où je pensais pouvoir me qualifier du fait que j’ai déjà 30 ans et je vais en avoir 31 lorsque je serai à Paris. Historiquement, les Canadiens se qualifient lors des Championnats panaméricains. De mon côté, je me sentais très bien dans la compétition, mais j’ai fait une erreur qui m’a coûté mon tournoi. C’était une défaite difficile à accepter, parce que c’était ma meilleure chance de me qualifier. J’ai vraiment cru à ce moment-là que j’avais perdu mon rêve. Il me restait ensuite deux mois avant d’aller en Turquie pour avoir une dernière chance. 

Comment la compétition s’est déroulée en Turquie? 

Pour aborder la compétition en Turquie, j’ai changé ma mentalité. Comme j’avais eu une grosse déception au Mexique, je me suis dit que j’allais aller en Turquie dans le but de m’amuser, car les chances de me qualifier étaient minces, c’était une compétition très difficile. Il y avait déjà 13 pays qualifiés et tous les autres pays non qualifiés étaient présents pour essayer de prendre les trois dernières places dans ma catégorie de poids. 

Au lieu de me dire qu’il fallait absolument que je gagne, je me suis dit que c’était une très belle opportunité de représenter le Canada. C’était possible que ce soit mon dernier combat, donc autant rentrer sur le tapis, lutter pendant six minutes et m’amuser. Ce changement de mentalité m’a totalement enlevé la pression. Au lieu de faire des petites erreurs liées au stress, j’ai été capable de performer. Au final, c’était le meilleur tournoi de ma carrière.

Pouvez-vous revenir sur votre dernier combat contre Alexandra Nicoleta Anghel qui a déterminé la qualification olympique? 

J’avais marqué des points assez tôt dans le combat et le reste du match j’essayais juste de défendre, puisque j’avais l’avantage. Sur les 45 dernières secondes, c’était super intense. Elle faisait vraiment tout ce qu’elle pouvait pour marquer un dernier point, car il y avait 4-3. Lorsque le match s’est fini, j’ai réalisé que j’avais gagné.

C’était vraiment un sentiment incroyable, du fait que j’avais déjà vu l’autre côté, son côté à elle. Il y a une photo où je suis les bras levés et elle a les mains sur la tête et elle pleure. Je comprends vraiment ces émotions-là, parce que je les ai vécues en 2016 et en 2020, puis au Mexique. Je n’ai même pas les mots pour expliquer les sentiments procurés par cette qualification, cette fierté de pouvoir représenter son pays aux Olympiques, une chose que je n’ai jamais connue. Je suis encore très émue en y repensant. 

Linda Morais au moment où elle réalise qu’elle s’est qualifiée pour les JO 2024 à Paris. Photo : WCL photo

Quel est votre programme d’ici les Jeux? 

Je vais partir en Espagne pour une petite compétition, un tournoi pour me préparer et ensuite nous avons un stage à Saint Catharines en Ontario fin juillet avec l’équipe canadienne, puis nous partons pour Paris le 1er août. 

Quels sont les défis pour vous dans votre préparation d’un point de vue financier, devez-vous combiner le sport de haut niveau et un emploi? 

Ici au Canada, on est quand même assez chanceux, on a du support de la part du gouvernement. Par contre, ce n’est pas tant que ça. Il y en a plusieurs qui doivent travailler en même temps. Ce que je faisais l’an dernier et dans le passé, c’est de la suppléance à temps partiel. Cette année, j’ai pris la décision de ne plus travailler pour me concentrer sur les qualifications, parce que je me suis rendu compte qu’en faisant pas mal d’heures de travail l’année dernière, mes performances en ont souffert. 

Je voulais vraiment me concentrer sur ma préparation pour me dire, quoi qu’il arrive j’aurais vraiment tout fait pour me qualifier. Après ma qualification, j’ai commencé à vendre des gilets pour participer au financement de ma préparation. Ça me fait bizarre de demander de l’aide. 

Cette vente vous a permis de vous rendre compte du soutien que vous aviez…

Oui, j’ai vendu 345 gilets. C’est vraiment cool de voir tout ce monde qui veut me supporter, qui veut m’encourager. Souvent, quand on se prépare pour les tournois, on ne réalise pas vraiment combien de personnes sont en train de suivre notre carrière. Pour les Jeux olympiques, c’est vraiment important de sentir cette énergie positive venant de tout ce monde. 

Quel sentiment vous procure le fait de pouvoir représenter le Canada aux Jeux olympiques, en plus à Paris? 

C’est vraiment de la fierté. J’ai hâte d’avoir une dernière opportunité de représenter le Canada. C’est quelque chose de spécial d’être sur le tapis, c’est comme une plateforme. C’est encore plus spécial que ce soit en France, comme je parle français, c’est différent d’un autre pays où je ne parle pas la langue et où il peut y avoir une barrière. J’en discutais avec un coéquipier, qui lui aussi a raté la qualification il y a quatre ans, et on se disait que c’était presque une bonne chose d’avoir raté la dernière et d’avoir réussi celle-ci. Paris va vraiment être spécial comparé à Tokyo, où malheureusement, avec la pandémie, il y avait beaucoup de restrictions. 

Comment jugez-vous vos chances de médaille? 

J’ai déjà battu des filles qui ont eu des médailles aux Championnats du monde. La fille qui a obtenu le bronze à Tokyo, je l’ai battue en 2022. J’ai confiance en mes habiletés, j’ai déjà lutté contre les meilleures du monde et c’était des combats très proches, donc je sais que je peux viser une médaille aux Jeux. Tout dépendra de ma mentalité. Si je suis capable d’entrer sur le tapis pour m’amuser et que je ne laisse pas la pression et le stress m’envahir, je peux le faire. »

La Régie des alcools de l’Ontario (LCBO) en grève

TORONTO – Les employés de la LCBO sont entrés en grève dès ce vendredi à minuit, faute d’un accord avec l’enseigne. Une conséquence directe de l’annonce en mai dernier du premier ministre ontarien Doug Ford quant à la vente d’alcool dans les grandes surfaces et des craintes de perte d’emplois. La LCBO avait déclaré qu’en cas de grève les magasins fermeraient durant 14 jours.

La Régie des alcools de l’Ontario, mieux connue sous l’acronyme de LCBO (Liquor Control Board of Ontario) et le syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario (SEFPO) ne sont pas parvenus à un accord dans la nuit de jeudi à vendredi, entrainant la fermeture de 600 magasins pendant 14 jours.

« Les travailleurs de la LCBO ripostent – pour de bons emplois dans chaque communauté et pour protéger les services publics et empêcher Ford de donner l’argent de l’Ontario aux PDG des chaînes d’épicerie », a légitimé le SEFPO qui représente 10 000 des employés.

L’annonce de la généralisation de la vente d’alcool aux épiceries et dépanneurs a fait monter les craintes de perte d’emplois. Les revendications des employés ont également trait à des augmentations de salaire et plus de contrats à temps plein.

Quelques minutes après minuit, heure limite fixée pour parvenir à un accord, l’employeur a manifesté sa déception. « Au cours des derniers mois, nous avons mené des négociations collectives dans l’espoir de parvenir à un accord juste et équitable qui tienne compte des demandes du syndicat tout en garantissant la viabilité à long terme de nos activités. Malgré tous nos efforts, nous n’y sommes pas encore parvenus », a regretté la direction par voie de communiqué.

« Des plans d’urgence sont en place pour minimiser les perturbations autant que possible et garantir que nos produits restent disponibles pour notre précieuse clientèle, tant pour la vente au détail que pour la vente en gros », a assuré la LCBO.

Première grève dans l’histoire de la LCBO

Il s’agit de la première grève de toute l’histoire de la régie. Les succursales de la LCBO sont désormais fermées pendant 14 jours, tandis que le service de commandes en ligne reste disponible. Si aucun accord n’est trouvé à l’issue des 14 jours, 30 magasins LCBO seront de nouveau opérationnels, mais avec horaires limités.

« Nous comprenons que la grève soit perturbatrice. Nous encourageons tous ceux qui sont frustrés à appeler Ford et à lui demander de ne pas gâcher l’été et de retourner à la table de négociation de la LCBO avec un engagement significatif pour un avenir solide pour la LCBO, a déclaré Colleen MacLeod, présidente de l’équipe de négociation du SEFPO. Nous sommes certains que si nous avions négocié avec notre employeur et non avec le premier ministre, nous aurions conclu un accord et cette grève aurait pu être évitée. »

« Nous considérons cela comme une crise existentielle pour la LCBO, a exprimé JP Hornick, présidente du SEFPO. Voulons-nous avoir un fournisseur public d’alcool comme nous l’avons eu au cours des 100 dernières années? Ou allons-nous simplement vers un modèle privé à la Wild West ? »

Un peu plus tôt, avant l’heure butoir, l’opposition avait dénoncé l’obstination du gouvernement dans les négociations.

« Au lieu de négocier un accord équitable qui protège les bons emplois, Doug Ford est prêt à risquer un été sec et des milliards de revenus pour les services dont vous dépendez », avait accusé la cheffe de l’opposition Marit Stiles.

« Les travailleurs de la LCBO méritent la sécurité d’emploi, des salaires décents et un traitement équitable. Doug Ford doit faire ce qui s’impose et parvenir à une entente équitable qui respecte les travailleurs, permette à l’Ontario de continuer à travailler et ne perturbe pas la vie des Ontariens qui travaillent dur », avait plaidé Stephen Blais, député provincial d’Orléans et porte-parole libéral de l’Ontario en matière de travail et de formation professionnelle.

Article écrit avec la collaboration de Mickaël Laviolle.

Les sons de l’été à ne pas manquer

Comme on peut s’y attendre, les bonnes vibrations du mois de juillet battent leur plein. La première semaine de juillet est remplie de musique et de concerts en plein air pour le plaisir de tous. À Toronto, l’Afrofest prend son envol et dans le Nord, de Lafontaine à Sturgeon Falls en passant par Sudbury, les festivals de musique sont au premier plan. Un spectacle inspirant et drôle attend également Sturgeon Falls alors que l’humoriste Jay Du Temple achève sa traversée du Canada. 

Au rythme de l’Afrofest

L’un des plus importants événements culturels africains au Canada est de retour et prêt à faire briller l’Afrique et ses cultures sur scène par le biais de la musique, de la mode et de la gastronomie. C’est la première fois que cette organisation à but non lucratif étend sa programmation sur trois jours. Les spectacles et les festivités se déroulent à Woodbine Park, où le public aura accès à plus de 55 spectacles. Il aura l’occasion d’apprécier les chants rythmés de nombreux genres importants pour la culture noire : Afrobeat, Afropop, Amapiano, Soukous, Makossa…

La programmation met cette année l’accent sur les talents locaux, mais elle comprend également des artistes internationaux. Du Canada, les artistes francophones Abel Maxwell, Alpha Yaya Diallo et Clo Clo Claudel figurent parmi la brochette d’artistes.

Photo (gauche) : Wikimedia Commons. Photo (droite) : Guy Lafleur

Toronto, du 5 au 7 juillet. Détails de la programmation sur le site AFROFEST

Irvin Blais passe par l’Ontario

Les sons de la musique country d’Irvin Blais débarquent dans le Nord de l’Ontario, à Sturgeon Falls. Après cet arrêt rapide en Ontario, le chanteur québécois poursuit sa tournée dans la belle province. Cette force de l’industrie musicale québécoise a atteint une popularité pancanadienne, en particulier au Nouveau-Brunswick où les Acadiens apprécient sa chanson Le Chantier, sur l’album Chérie je t’aime, un hymne pour ceux qui ont quitté la province pour aller travailler à Fort McMurray en Alberta.

Irvin Blais débarquent dans le Nord. Photo : Claude Dufresne

Sturgeon Falls, 13 juillet. Marcel Noël Community Hall. Pour vous renseigner sur les détails et vente de billets appelez le 705-492-5268 ou écrire à dgmlabelle@yahoo.ca

Le Festival Boréal s’empare du Nord

L’été, la scène musicale de Sudbury regorge de talents locaux prêts à célébrer et à accueillir la saison des festivals. Parmi les festivals les plus importants du Nord, se trouve le Festival Boréal qui commence aujourd’hui. Cette programmation de quatre jours met en vedette des talents de l’ensemble de l’Ontario et du Canada, sans oublier ses artistes autochtones, francophones et noirs. Sur le plan ontarien, des grands noms comme July Talk et Jully Black prendront vie sur scène. Au niveau local, il y aura les artistes Dayv Poulin et Edouard Landry, noms incontournables de la scène musicale sudburoise qui font partie de la programmation.

L’artiste Dayv Poulin. Photo : Harriet Carlson

Sudbury, du 4 au 7 juillet. Détails et billets sur le site du Festival Boréal.

Le Festival du Loup souffle 20 chandelles

Le petit mais fier festival de Lafontaine continue de célébrer ses racines et son patrimoine francophones. À l’Occasion de sa 20e édition, le festival propose comme d’habitude ses événements phares tels que le défilé de tracteurs. Cet événement familial divertissant auquel tout le monde peut participer comprendra des ateliers pour enfants, un souper métis et un spectacle du groupe Bon Débarras, le trio de musique folk-traditionnelle québécoise.

Lafontaine, 20 juillet. Détails de la programmation sur le site du Festival du Loup.

Tournée Fin de Jay Du Temple

Entre le 7 mai et le 22 juillet prochain, Jay Du temple aura couru environ 750 km et parcouru 6000 km à vélo à travers le Canada, tout cela pour faire des spectacles et faire rire les gens. Une idée qui lui est venue soudainement l’hiver dernier après avoir écouté de nombreux podcasts d’athlètes ayant parcouru les États-Unis et l’Australie, Jay Du Temple s’est soudainement senti inspiré de fusionner ses deux choses préférées : le sport et l’humour. Et mieux encore, tout en collectant des fonds pour la recherche en santé mentale. Au cours de son voyage à travers le Canada, Jay Du Temple s’arrêtera dans plusieurs villes notamment à Moncton, Vancouver, Calgary, Saskatoon, Sudbury, Toronto et Montréal. 

Sudbury, 6 juillets. Détails et billets sur le site de La Slague.

La Cour d’appel tranche en défaveur d’un Ontarien réclamant une justice en français moins lente

TORONTO – Ce Franco-Ontarien alertait sur un nombre inadapté de membres bilingues pour rendre la justice en français dans des délais raisonnables au sein du Tribunal des droits de la personne de l’Ontario (TDPO). La Cour d’appel a statué en sa défaveur. Explications.

Abdelmajid Rahmouni, un enseignant de Barrie, attend depuis quatre ans d’être entendu par un membre du TDPO dans une affaire l’opposant à l’Association des enseignantes et enseignants franco-ontariens (AEFO) et n’a toujours aucune garantie d’avoir une décision sur le fond avant plusieurs années.

Face à ces délais d’attente liés aux capacités linguistiques du tribunal, il s’est retourné contre le procureur général, responsable des nominations, pour le contraindre à instaurer un quorum minimum de décideurs bilingues.

Rejetée une première fois par la Cour supérieure de l’Ontario, sa requête a aussi reçu une fin de non-recevoir de la Cour d’appel il y a quelques jours, au motif qu’il ne se serait pas adressé à la bonne Cour.

« En l’absence d’une situation d’urgence, une requête en révision judiciaire en Ontario relève de la compétence exclusive de la Cour divisionnaire », a tranché la Cour d’appel dans son verdict du 28 juin dernier, confirmant la décision rendue en première instance par le juge de motion.

La Cour a rendu ses conclusions à la lumière de la Loi sur les services en français et du protocole d’entente signé par le procureur général de l’Ontario et le président exécutif de tribunaux décisionnels en septembre 2020 (dont dépend le TDPO), deux textes censés assurer l’accès à une justice raisonnable pour les Franco-Ontariens.

« Injustice systémique » pour les francophones

Toutefois, pour Me Pierre Lermusieaux, qui représente M. Rahmouni, cette décision est réductrice. « Nous respectons la décision de la Cour d’appel, réagit-il, mais nous sommes déçus du résultat car il érige des obstacles procéduraux supplémentaires à la contestation d’injustices systémiques qui affectent les droits linguistiques de la communauté franco-ontarienne. »

L’avocat estime que cette décision ne tient compte que de considérations techniques de compétence, alors que le Protocle d’entente de 2020 régit tous les tribunaux administratifs, pas seulement le TDPO. « C’est une question bien plus large qu’on soulève » et « entretemps, les enjeux systémiques ne font que s’aggraver », insiste-t-il.

Derrière cette action, il souhaitait préciser les contours de la nomination des membres de Tribunaux décisionnels Ontario (TDO) nommés par le lieutenant-gouverneur sur l’avis du procureur général de l’Ontario, alléguant que le manque de nominations de membres d’expression française au TDPO allait à l’encontre du Protocle d’entente de 2020, de la Loi sur les services en français et de la Charte des droits et libertés.

Il évalue maintenant avec son client tous les recours possibles, y compris devant la Cour suprême du Canada, pour faire entendre le combat de son client.

Double école secondaire de Hamilton : des parents soulagés

HAMILTON – Des parents d’élèves francophones expriment leur soulagement depuis l’annonce de l’acquisition du terrain dans l’est de la ville pour la construction de l’établissement accueillant la double école secondaire francophone, l’une publique et l’autre catholique. « Une avancée » selon les deux conseils scolaires, après une décennie de rebondissements dans la réalisation du projet.

Les conseils scolaires francophones MonAvenir et Viamonde ont révélé en juin l’adresse du nouveau terrain qui accueillera les deux écoles secondaires, respectivement l’Académie catholique Mère-Teresa (ACMT) et l’École secondaire Georges-P.-Vanier, au sein d’un même bâtiment conçu autour d’un centre scolaire communautaire.

Une « avancée » après une quasi-décennie de désaccords et négociations avec le gouvernement et de retards avec la Ville de Hamilton, aux exigences pointues quant à la recherche d’un terrain capable de répondre aux besoins requis.

Le site qui accueillera les écoles secondaires dans un même édifice, l’Académie catholique Mère-Teresa (ACMT) et l’École secondaire Georges-P.-Vanier. Photo : Gracieuseté

Le 31 mai dernier, le ministère de l’Éducation a donné l’autorisation finale pour l’achat des 14 acres situés au 700 chemin Garner Est à Hamilton, pour la construction de l’établissement scolaire, dont chacune des deux écoles accueillera 400 élèves.

« Il y aura une vraie continuité dans l’éducation de notre fille »
— Thomas Chataignier, parent délève

 « C’est une très bonne nouvelle pour la communauté francophone », exprime Thomas Chataignier, parent d’une élève de troisième année qui bénéficiera probablement de ces installations dans quelques années.

« Cela va grandement nous arranger et nous évitera d’aller jusqu’à Stoney Creek. Ce sera parfait, car nous vivons près du nouvel emplacement. Il y aura une vraie continuité dans l’éducation de notre fille. »

Thomas Chataignier, parent hamiltonien d’une troisième année. Photo : Gracieuseté de Thomas Chataignier

Pour Sylvie Laure Kouami, mère quant à elle de trois enfants de 9, 10 et 14 ans, tous scolarisés dans le système catholique, « cela viendra combler des manques au niveau de l’enseignement et de l’apprentissage des élèves ».

« Mon aîné va rentrer au secondaire. C’est une très bonne nouvelle et j’espère que ça se fera dans les plus brefs délais. On a attendu des années pour en arriver là, mais je suis optimiste. J’espère que d’ici deux à trois ans ce sera effectif. »

Joanne Bouchard, mère et présidente d’Action ACMT, très impliquée dans le projet dès ses débuts, revient sur quelques-uns des écueils rencontrés : « Quand tout ça a commencé, j’avais un enfant en 8e année et deux au secondaire à l’ACMT, mais on savait que c’était une école provisoire. En 2016 quand on a reçu le financement, l’emplacement qu’on avait acheté ne convenait pas. Pendant cinq ans, on en a cherché un nouveau, mais de tous les côtés on se faisait retarder sans arrêt. »

Présidente d’Action ACMT, Joanne Bouchard, résidant à Caledonia, est mère de trois enfants. Photo : Gracieuseté de Joanne Bouchard.

« J’habite personnellement à Caledonia et depuis 2016, 13 écoles anglophones se sont construites. C’est frustrant de voir que, nous, on doit toujours attendre. Cela fait trois ans que mon enfant a gradué et il n’y a toujours pas d’école! »

« On nous dit qu’en 2026 l’école verra le jour mais la somme de 25 millions de dollars qu’on a eue en 2016, on le sait, n’est plus adaptée à la réalité des coûts actuels. J’espère que ça va être pris en considération par le ministère de l’Éducation et la Ville de Hamilton. »

« Les enfants francophones méritent tellement mieux », conclut celle-ci, déplorant les inégalités entre le système anglophone et francophone.

Une avancée mais encore de nombreuses étapes à franchir

Le directeur exécutif, communications du Conseil scolaire Viamonde Steve Lapierre, qui parle prudemment d’une « avancée » plus que d’un aboutissement à ce stade, explique que « la prochaine étape sera de soumettre un nouveau plan de site à la ville pour approbation cet automne. Par la suite, les étapes normales de construction d’une école seront enclenchées : recherche d’une firme de construction et mise en chantier. »

« Il y aura aussi un besoin de solliciter à nouveau le ministère pour un ajustement financier », précise-t-il, ajoutant qu’il n’y a pas encore de calendrier précis quant à une date d’ouverture.

« Avec le temps et l’inflation, le financement ne sera certainement pas suffisant pour achever ce projet. Nous attendrons le rapport du consultant en coûts avant de faire une demande de financement supplémentaire au ministère de l’Éducation », indique également Virginie Oger, la porte-parole du Conseil scolaire MonAvenir. 

Quant au fonctionnement logistique des deux écoles, celle-ci explique que « le design préliminaire prévoit une entrée distincte pour chaque école et des espaces propres à chacune, incluant leur propre gymnase. »

Quelques locaux seront partagés, tels que les ateliers de menuiserie et transport (métiers spécialisés), les conseils ayant également obtenu un financement pour un espace communautaire commun.

« Il s’agira de deux écoles partageant un même toit et un certain pourcentage des locaux (…), chacune des deux écoles administrées séparément par son conseil scolaire respectif », résume M. Lapierre.

Article écrit avec la collaboration de Rachel Crustin.

Six Franco-Ontariens sélectionnés au repêchage de la LNH 2024

Événement majeur de la fin de saison dans tous les sports professionnels américains, le repêchage de la LNH avait lieu vendredi et samedi dernier. Il a vu un total de six Franco-Ontariens sélectionnés, dont deux lors de la première ronde. 

Première ronde : des histoires de papas 

Michael Hage, né le 14 avril 2006 (18 ans), à Oakville
Position : centre 
Taille : 6’0 / 1m 83 
Poids : 190 livres / 86 kg 
Club : Steel de Chicago (USLH)

Sélectionné en première ronde à la 21e position par les Canadiens de Montréal, Michael Hage a réalisé un rêve, celui de son père décédé il y a de cela un an, qui était un grand fan de la franchise de Montréal. Devenu à son tour partisan des Canadiens à l’âge de 5 ans en suivant la passion de son paternel, le jeune centre, qui a réalisé une saison impressionnante avec le Steel de Chicago dans la USLH (33 buts et 52 aides en 54 matchs), ne pouvait espérer une meilleure destination lors de ce repêchage de la LNH. 

Pour la suite de sa carrière, le natif d’Oakville compte bien se servir de ces obstacles terribles rencontrés si jeune pour en faire une force : 

« Dans le hockey et dans la vie, tu auras à surmonter de l’adversité et je peux dire que j’ai composé avec beaucoup d’adversité avec ma blessure également. Ça va m’aider dans les matchs et dans la vie. Tu regardes les choses avec une perspective différente », a-t-il confié au média RDS.

Cole Baudoin, né le 24 avril 2006 (18 ans), à Kanata
Position :  centre
Taille : 6’2 / 1m 88
Poids : 209 livres / 95 kg
Club : Colts de Barrie (OHL)

Avec le choix 24, la toute nouvelle franchise de l’Utah a sélectionné Cole Baudoin des Colts de Barrie en Ligue de Hockey de l’Ontario. Francophone du côté de son père Éric, un Franco-Ontarien de la région d’Ottawa, il a grandi en Suisse, ce qui l’a aidé à parfaire sa maîtrise de la langue française. Brillant par ses qualités de travailleur acharné, démontrées lors de ses deux saisons à Barrie et lors de la Séance d’évaluation des espoirs de la LNH (Combine) à Buffalo, le natif de Kanata espère marcher dans les pas de son papa qui a évolué en LNH. Sélectionné au quatrième tour (92e au total) du repêchage de 1998 par le Lightning de Tampa Bay, Éric Baudoin avait disputé 53 parties sous l’uniforme des Panthers de la Floride entre 2001 et 2004.

« Je suis quelqu’un qui va donner tout ce qu’il a peu importe la situation, que ce soit au gym, à l’entraînement ou en match. Je veux aider l’équipe en défense et en attaque. Je veux marquer beaucoup de buts mais aussi défendre notre filet », a-t-il déclaré suite à sa sélection. 

Deuxième ronde : repêché malgré une suspension

Nathan Villeneuve, né le 13 avril 2006 (18 ans), à Ottawa
Position : centre
Taille : 6′ / 1m 83
Poids : 199 livres / 90 kg

Club : Wolves de Sudbury

Évoluant du côté des Wolves de Sudbury, Nathan Villeneuve a connu une mésaventure cette saison avec une suspension de 15 matchs reçue pour « violation de la politique des médias sociaux de la Ligue de hockey de l’Ontario (OHL), d’une manière préjudiciable au bien-être de la ligue, compromettant grandement la sécurité des joueurs et l’intégrité globale du jeu », selon un communiqué de l’OHL. Cela ne l’a pas empêché de briller cette saison avec 51 points (23 buts et 28 aides) en 56 matchs et d’obtenir sa sélection en 63e position lors de la deuxième ronde par les Krakens de Seattle.

« Je suis soulagé, c’était un moment stressant de ne pas savoir où j’allais aller. Je suis très honoré d’être sélectionné par Seattle », a déclaré le natif d’Ottawa après son repêchage.

Troisième ronde : glissade pour Henry Mews 

Henry Mews, né le 9 mars 2006 à Ottawa
Position : défenseur 
Taille : 6’ / 1m 83
Poids : 183 livres / 83 kg 
Club : 67 d’Ottawa (OHL)

Attendu en fin de première ronde par les experts, Henry Mews a finalement dû attendre la troisième de ce repêchage 2024 pour entendre son nom. Choisi en 74e position par les Flames de Calgary, le natif d’Ottawa rêvait de rejoindre l’équipe de sa ville natale. Fils de parents aux origines italiennes et polonaises, c’est par sa mère qui a grandi à Sault Ste-Marie, que le jeune défenseur à développer sa maîtrise du français, en faisant ses études à l’école secondaire catholique Pierre-Savard dans le quartier Barrhaven d’Ottawa. Sur la glace, Henry Mews sort d’une saison solide en OHL, avec Ottawa, où il s’est classé au septième rang en termes de production offensive parmi les défenseurs de la ligue. 

« Ça reste quelque chose d’incroyable d’être repêché en LNH, a indiqué Henry Mews. C’est un rêve qui devient réalité, peu importe l’équipe qui m’a choisi et qui m’a apprécié. Calgary est une super équipe et une ville géniale, j’ai regardé beaucoup de leurs matchs. Ils ont en plus des partisans géniaux, je suis très excité par cette opportunité. »

Cinquième ronde : la troisième fois c’est la bonne pour Owen Allard

Owen Allard né le 13 janvier 2004 (20 ans) à Renfrew 
Position : Centre
Taille : 6’2 / 1m 88

Poids : 201 livres / 91 kg 
Club : Soo Greyhounds (OHL)

Après deux repêchages sans sélection en 2022 et 2023, Owen Allard tient enfin son ticket d’entrée dans la LNH. Sélectionné par le Hockey Club d’Utah en 135e position, le centre, natif de Renfrew, qui a représenté le Canada aux derniers Championnats du monde junior, a su s’armer de patience et ne pas se décourager. 

Quoi de plus motivant que d’avoir un père entraîneur en LNH du côté de l’Avalanche du Colorado, champion en 2022. Cette saison a été prolifique pour lui en OHL avec les Greyhounds de Sault St-Marie où il a signé 18 buts et un total de 44 points en 55 matchs de saison régulière, puis quatre buts de plus dans les séries éliminatoires. Pour ajouter des arguments à son dossier, il a fait partie des bonnes surprises de l’équipe canadienne aux Championnats du monde junior avec une contribution de deux buts et une aide en trois matchs. 

Septième ronde : une ultime histoire de famille 

Antoine Dorion né le 2 novembre 2005 (18 ans) à Orléans. 
Position : attaquant 
Taille : 6’ / 1m 83
Poids : 190 livres / 86 kg 
Club : Remparts de Québec (LHJMQ)

Être guidé par un père ancien Directeur Général des Sénateurs d’Ottawa, cela peut s’avérer être un plus pour tout jeune joueur de hockey. Profitant des conseils de Pierre Dorion, le fils Antoine, décrit comme un bourreau de travail et un perfectionniste par ses coéquipiers et ses entraîneurs, a été choisi en 209e position lors de la ronde 7 des repêchages par les Blues de Saint-Louis. Il s’en est fallu d’une place pour qu’il puisse appartenir aux Canadiens de Montréal qui disposaient du choix 210. 
En 2023-2034, le natif d’Orléans effectuait sa première saison dans la Ligue de hockey junior Maritimes Québec. Une année couronnée de succès avec 11 buts et 15 mentions d’aide en 68 rencontres avec les Diables Rouges, qui l’a donc mené à cette sélection en fin de repêchage.

Cet article a été mis à jour le 2 juillet à 16 h pour ajouter le profil de Nathan Villeneuve.

LGS, 25 ans à faire danser l’Ontario français

OTTAWA – La formation franco-ontarienne LGS fête ses 25 ans cette année. Sans sortir les canons à confettis, le duo formé de Michel Bénac et Jean-Philippe Goulet compte lancer plusieurs nouvelles chansons dans les prochains mois. L’EP 25 est d’ailleurs disponible depuis le 21 juin. ONFR s’est entretenu avec Michel Bénac pour parler de la démarche actuelle de LGS.

« C’est vraiment pour commémorer notre carrière qui perdure. Le fait qu’on est encore présents. On n’a pas disparu, malgré que, parfois, ça nous prend du temps », explique le chanteur en commentant le titre du nouvel EP.

Le dernier album complet de LGS date de 2021. Depuis, quelques extraits (souvent des reprises des chansons de l’album LGS) et le EP Le Gas Stop (avec des chansons tirées de la tournée Libre service) ont été déposés sur les plateformes numériques.

C’est en mars que la formation franco-ontarienne a annoncé son retour avec la chanson VIP. Tellement O.G. et À l’envers – remix ont suivi.

Michel Bénac est le chanteur de LGS en plus d’être le fondateur de la maison de disques LaFab Musique. Photo : Gracieuseté de LaFab Musique

L’idée de rendre disponibles les chansons au compte-goutte, puis de les regrouper sur un EP vient d’une volonté de s’adapter à l’industrie musicale. « Si tu sors dix chansons en même temps, les gens vont les écouter cette semaine-là, puis les oublier. La nouvelle façon d’opérer, c’est de donner de la musique régulièrement aux gens, un peu de la façon dont on partage nos histoires sur les médias sociaux », explique Michel Bénac.

En même temps, un extrait seul ne « fait pas sérieux », donc les EPs permettent d’ajouter une certaine ligne directrice.

Des chansons qui attendaient

All I want C être avec toi a été écrite par Michel Bénac avant même de former Le Groupe Swing (ancien nom de LGS). L’artiste commençait à vouloir faire de la musique plus populaire, pour jouer pour les autres et non seulement pour lui. Mais l’air ne l’a jamais quitté.

« Ça doit faire 30 ans qu’elle traine dans ma tête et qu’elle ne s’en va pas. Je me suis donné le droit de l’enregistrer pour ce disque-ci. J’ai fait une version francophone, car l’originale était uniquement en anglais. Je suis fier de ça. »

La pochette du EP 25 de LGS. Photo : Gracieuseté de LaFab Musique

Un autre air qui le suivait depuis plusieurs années était celui de la chanson It’s possible, écrite par Benoit Babin. Ce dernier a réalisé plusieurs extraits du groupe par le passé, comme La goutte (2008) ou Au nom du père, du fils et du set carré (2004). Il avait fait entendre sa composition à Michel Bénac, qui l’écoute régulièrement avec sa conjointe depuis cette époque.

« C’est un message d’amour. C’est l’espoir de pouvoir dire qu’on va passer le reste de notre vie ensemble, même si c’est difficile, même s’il y a des embûches, même si ça a l’air impossible. Cette chanson est importante pour moi. »

La musicienne gatinoise Laurence Nerbonne a été recrutée pour jouer et réaliser la version LGS de It’s possible, première chanson complètement anglophone de la formation.

It’s possible est un peu la fusion entre l’intelligence artificielle et le boys band, avec une petite touche de Barbie Girl, méga succès du groupe scandinave Aqua en 1997.

La chanson est interprétée par Adam et Lisa, deux personnages créés par un générateur de voix. Au premier degré, c’est l’histoire de deux intelligences artificielles qui tombent amoureuses l’une de l’autre. Mais le message derrière est simplement celui de l’amour.

« L’intelligence artificielle, on a très peur de ça, et avec raison. Je pense que les humains ont la responsabilité de s’assurer que ça se passe bien, de mettre des paramètres, explique Michel Bénac. Par contre, je voulais apporter un autre côté. Oui, il y a la peur, mais il y a aussi l’amour. Et chaque fois, l’amour finit par gagner. »

Encourager la relève

Une autre collaboration est celle avec le DJ de Windsor, Tunasi. C’est ce dernier qui a abordé LGS après un concert. Michel Bénac a trouvé le geste « brave, d’une bonne façon » et l’a encouragé à lui envoyer des exemples de la musique qu’il produit.

Après avoir constaté le talent de Tunasi, Michel Bénac avait envie d’encourager ce « jeune Franco-Ontarien, comme moi je l’étais. »

La chanson À l’envers, tirée de l’album précédent, a donc connu une nouvelle version qui s’inscrit parfaitement dans l’univers de 25, un album particulièrement pop et dansant.

« C’est une belle relation qui va continuer, on est en train de travailler sur un deuxième remix ensemble », confie-t-il en nous suggérant de garder l’oreille ouverte en septembre.

Michel Bénac et Jean-Philippe Goulet sont les membres officiels de LGS. Ils sont accompagnés d’un DJ et d’un danseur sur scène, qui varient selon les spectacles. Photo : bParth Photography

LGS a bien évolué depuis ses débuts, alors que le groupe s’appelait Le Groupe Swing et donnait dans le techno-trad. « Tu pourrais presque dire que ce n’est pas le même band. Mais c’est correct. On évolue, dans la vie », commente Michel Bénac, qui soutient que le côté déstabilisant des changements de style le rend plus créatif.

Il promet de la créativité pour le reste de 2024, pour souligner la longévité « inimaginable » de LGS.

Le groupe avait annoncé sa dissolution en 2018, avant de se raviser devant le succès de la chanson On perd la tête, composée avec John Nathaniel, qui met aussi sa touche sur trois des titres de 25. Aujourd’hui, Michel Bénac affirme vouloir continuer tant qu’il y aura une demande.

« Jusqu’à présent, on a été très chanceux. Les gens continuent à cogner à notre porte, à nous inviter chez eux et à consommer notre nouvelle musique. »

Retour en images : la Marche de la Fierté à Toronto, côté franco

TORONTO – Ce 30 juin, la parade de la Fierté 2024, organisée par Pride Toronto, a rassemblé plus de 250 groupes défilant devant plusieurs milliers de personnes, dont le convoi francophone, regroupant quelques organismes clés de la communauté franco-torontoise. Retour en images immersif au cœur du défilé franco, infiltré par ONFR.

Des nuées d’arcs-en-ciel et de drapeaux franco-ontariens flottant au vent ont pris possession ce dimanche après-midi de la rue Bloor, au croisement de la rue Church, où le défilé a commencé.

FrancoQueer, l’organisation dédiée aux personnes 2SLGBTQIA+ francophones de la province, a ouvert la marche francophone, point de mire clôturant son mois de la Franco Fierté.  

Photo : Sandra Padovani/ONFR

Photo : Sandra Padovani/ONFR

Photo : Sandra Padovani/ONFR

Photo : Sandra Padovani/ONFR

Photo : Sandra Padovani/ONFR

Photo : Sandra Padovani/ONFR

Photo : Sandra Padovani/ONFR

Des membres du Conseil scolaire Viamonde étaient présents pour défiler, accompagnés de parents et de leurs enfants, arborant leur bannière multicolore « Fièrement exemplaire ».

Le groupe média TFO faisait également partie du cortège, suivi du groupe de l’Université de l’Ontario français, qui rassemblait professeurs et étudiants.

Photo : Sandra Padovani/ONFR

Photo : Sandra Padovani/ONFR

Photo : Sandra Padovani/ONFR

Photo : Sandra Padovani/ONFR

Photo : Sandra Padovani/ONFR

De chaque côté des barrières en fer, des francophones présents dans le public ont acclamé la procession dans la langue de Molière.

Photo : Sandra Padovani/ONFR
Constant Bernard, un Franco-Ontarien du public, au micro d’ONFR. Photo : Victoire Giraudet/ONFR

Au micro d’ONFR, Constant Bernard, un Franco-Ontarien venu célébrer la Fierté, a exprimé l’importance d’être présent et de se sentir représenté : « C’est très important pour moi en tant que personne gaie d’être là et c’est très important pour que la communauté puisse se rassembler et célébrer ensemble. Je suis chanceux de pouvoir le faire avec mes amis et ma famille, mais je pense que cette visibilité est nécessaire aussi pour les autres personnes de la communauté qui n’ont pas cette chance là. »

« C’est pour ça qu’on est là, on est fiers et c’est si beau de voir tous ces gens qui sont là ensemble. C’est une de mes journées favorites de l’année », s’est-il réjoui.

Le thème de cette édition 2024, « Être », avait été dévoilé en amont de la Marche de la Fierté par l’organisme Pride Toronto, créé en 1981. Il se voulait porteur du message : « Être, c’est proclamer notre existence. Pour dire : nous sommes là et nous le serons toujours. Notre appel à être simplement. Unis, nous luttons pour exister sans adversité ».

Photo : Sandra Padovani/ONFR

Photo : Sandra Padovani/ONFR

Photo : Sandra Padovani/ONFR

Photo : Sandra Padovani/ONFR

Photo : Sandra Padovani/ONFR

 « Avoir une représentation est très important, car il y a encore beaucoup de travail à faire dans la communauté en termes d’inclusion, en l’occurrence pour les francophones. On manque de représentation quant à nos enjeux aussi. Le défilé est l’occasion de montrer qu’on est là, qu’on est diversifié, qu’on représente la francophonie dans son intégralité, avec des francophones qui viennent du monde entier », a expliqué Arnaud Baudry, directeur général de FrancoQueer.

D’ajouter : « Encore aujourd’hui, il y a beaucoup d’homophobie et de transphobie dans nos communautés donc c’est donc une opportunité de demander le respect ».

« Durant le mois de juin, nous avons fait une programmation qui vise à parler de différents enjeux à travers différentes activités. On a par exemple abordé des sujets tels que le VIH, les enjeux des aînés LGBTQ+ ou encore les enjeux des nouveaux arrivants et des demandeurs d’asile. On va continuer durant toute l’année à faire de la sensibilisation, mais le mois de juin est vraiment le mois qui met en vedette la diversité de la communauté arc-en-ciel », a-t-il conclu.

Le directeur général de FrancoQueer Arnaud Baudry, à gauche, en compagnie de quelques membres et employés de l’organisation, après la fin du défilé. Photo : Sandra Padovani/ONFR

Reportage réalisé avec la collaboration de Victoire Giraudet.

Histoires de coming out en Ontario francophone

L’expérience du coming out est à la fois collective et personnelle. Chaque personne le vit de façon unique, selon son parcours. Durant le Mois de la fierté, ONFR s’est entretenu avec des Franco-Ontariens qui ont accepté de nous raconter leur histoire.

Renée-Anne et Stéphanie : un premier amour qui dure

Renée-Anne et Stéphanie se sont rencontrées en 12e année, à Timmins.

Renée-Anne se rappelle : « Ça m’a pris plus de trois ans pour faire mon coming out à ma famille et mes amis. Pourquoi? La peur de ne pas se faire accepter, de ne pas être la bienvenue chez moi. »

Renée-Anne et Stéphanie vivent aujourd’hui à Sturgeon Fallls. Photo : Gracieuseté de Renée-Anne

Renée-Anne avait préparé son sac, convaincue que ses parents la rejetteraient. Elle leur a laissé une lettre, leur demandant de communiquer avec elle s’ils voulaient la chasser de la maison. Si elle ne recevait pas de nouvelles, c’est qu’elle pouvait rentrer normalement. Et c’est la deuxième option qui s’est avérée.

Le lendemain, « ma mère entre dans ma chambre et s’assoit sur le bord de mon lit. Elle dit : on fait quoi avec ça, qu’est-ce que tu attends de moi? Penses-tu que je vais porter un t-shirt pour dire que je suis fière de toi? Je suis restée bouche bée. »

« Ma mère était un peu froide avec moi, car elle sentait que je lui cachais des choses. »
— Stéphanie

De leur côté, les parents de Stéphanie se doutaient bien que leur fille entretenait une relation amoureuse.

« Ma mère a demandé à Renée-Anne directement si elle était en amour avec moi. Et Renée-Anne a répondu oui. »

Son père a déclaré : « Je l’ai toujours su, j’attendais juste que tu sois prête à nous le dire. »

Ensemble depuis 24 ans, Renée-Anne et Stéphanie sont mariées et mères de deux enfants. Photo : Gracieuseté de Renée-Anne

24 ans plus tard, Renée-Anne et Stéphanie sont mamans de deux garçons, âgés de 14 et 12 ans.

Ils ont dû faire face à des railleries homophobes par le passé. Leurs mères se sont impliquées à l’école, apportant des livres éducatifs et communiquant souvent avec l’établissement, par exemple pour le Mois de la fierté ou la fête des Pères.

Elles constatent tout de même l’évolution de la société. Une génération plus tard, Renée-Anne raconte que sa nièce a également fait son coming out à Timmins. « Ce qu’elle a vécu était tellement plus beau à voir que ce que nous, on a vécu. (…) Ma mère a mis son t-shirt, finalement. J’ai une photo d’elle et de ma nièce avec des T-shirts de la fierté de Nippissing Ouest! »

Philippe et Frédéric : mêmes parents, deux expériences

Philippe vit à Toronto et Frédéric, à Montréal. Ils sont jumeaux. Ils sont aussi homosexuels, un fait qu’ils ont avoué à un mois d’intervalle, lorsqu’ils avaient 17 ans.

Originaires de Brossard, au Québec, les jumeaux Philippe et Frédéric ont fait leur coming out en secondaire cinq. Photo : Gracieuseté

Si la nouvelle est bien passée auprès de leurs amis et de leur sœur, l’histoire fut toute autre avec leurs parents.

Frédéric avoue avoir été « un peu surpris de la réaction. Pourquoi ils pleurent? Pourquoi ils sont fâchés? Moi, ça n’a rien changé, dans ma vie, d’être gai. »  

Leur père mit 10 ans à accepter que ses fils soient homosexuels. Parti en appartement, Frédéric était plus détaché que Philippe, qui devait subir les insultes lancées régulièrement par son « pire ennemi. »

Son père filtrait et surveillait ses appels. « Il venait s’asseoir au bout de mon lit et il m’écoutait parler. »

Durant ces années, Philippe a forgé son caractère « pour lui montrer que j’allais être le meilleur. »

« C’était très inconfortable. Ma mère était au milieu. Mon père et moi étions comme chien et chat. »
— Philippe

Un mois après le coming out de son frère, Frédéric s’est décidé à faire de même. « Je n’étais pas certain, car je me disais que si un deuxième jumeau s’affirmait aussi, ça risquait de faire des problèmes. »

Son père l’a envoyé voir un psychologue, qu’il a abandonné après deux séances. « Même le psychologue était gai, ça paraissait », rigole-t-il.

Philippe et Frédéric à l’adolescence. Photo : Gracieuseté

C’est 10 ans plus tard que le père a confirmé qu’il acceptait désormais leur orientation sexuelle. « On s’est pris dans nos bras, raconte Philippe. Ce n’était pas un moment super émotif, c’était plutôt un : bon, enfin! Et j’ai senti que c’était du passé. »

Les jumeaux croient que le refus venait d’un manque d’éducation et, ironiquement, de la crainte de les voir affronter l’adversité.

L’expérience à la fois commune et différente a solidifié la relation fraternelle. Philippe affirme : « C’est la beauté d’être jumeaux. On a pu l’affronter ensemble. »

Nathan : un processus en trois temps

Nathan est une personne non binaire transmasculine. Il vit à Ottawa. Son coming out s’est fait en trois phases : polyamour, bisexualité et transidentité.

Il l’avoue d’emblée, le polyamour est entré dans sa vie de façon malsaine. « Mon ex avait découvert le concept et l’a employé comme excuse pour me tromper. »

Sa famille s’est donc un peu inquiétée pour Nathan. Mais il s’est mis à s’informer sur le sujet, à aller dans des rencontres de la communauté, et a découvert un monde beaucoup plus éthique que ce qu’il vivait dans sa relation.

« Ça m’a aussi apporté plus de connexions avec des gens de la diversité sexuelle et de la diversité de genre, parce qu’il y a un grand chevauchement entre la communauté polyamoureuse et la communauté queer. »

Nathan explique que le polyamour lui a donné des outils qui auraient été tout aussi utiles en monogamie. Photo : Rachel Crustin/ONFR

Pour lui, le polyamour ne fait pas partie de son identité queer, mais c’est un mode de vie qui l’a aidé à se trouver.

« Je pense juste que le polyamour donne plus de liberté pour qu’on puisse explorer les gens de la façon dont ils nous arrivent dans la vie, explique-t-il. Ça m’a donné beaucoup d’outils pour discuter de ce qu’on veut. »

Plus tard, Nathan était prêt à avouer à sa famille sa bisexualité, une nouvelle très bien accueillie. À cette époque, son ex-conjoint l’annonçait régulièrement à leurs amis sans son consentement, comme si c’était « la nouvelle de la semaine ».

« Je me suis fâché contre lui. C’est à moi de dire ça. C’est quelque chose de très privé. »
— Nathan

Heureusement, Nathan a rencontré sa conjointe actuelle, Erin, une femme trans qui a pu l’accompagner sainement dans le polyamour et la découverte de son identité de genre.

Nathan affirme que les services de santé pour les personnes transgenres sont plus accessibles en Ontario qu’au Québec, où il a déjà vécu. Photo : Rachel Crustin/ONFR

Il était nerveux d’annoncer sa transmasculinité à sa famille, entre autres parce que son frère a tendance à faire des blagues non politiquement correctes.

« (Ma famille) me posait des questions, tous en même temps. Et ce que j’ai trouvé touchant, c’est que c’est mon plus jeune frère qui a dit : Wô minute, avant qu’on pose des questions, tu es quand même de la famille et on t’aime. Ça a été très rassurant. »

Les blagues, encore sexistes, l’incluaient désormais du côté des garçons, ce qui lui faisait plaisir.

Mais sa nouvelle position sociale ne le réconcilie pas avec le patriarcat. « Maintenant que je le vis du côté plus masculin, je réalise à quel point ce ne sont pas que les femmes qui sont touchées. »

Michel : Réappropriation culturelle

Michel est un homme bispirituel d’ascendance francophone et ojibwée. Ces deux cultures étaient violemment rabrouées à la maison par sa mère, une survivante des pensionnats autochtones. « Elle nous battait pour que notre anglais soit parfait. »

Michel dans son « capteur de rêve inversé », une oeuvre installée dans son garage. C’est aussi au décès de sa mère qu’il s’est permis de développer sa carrière artistique. Photo : Rachel Crustin/ONFR

La découverte du concept de traumatisme intergénérationnel a grandement aidé Michel à se comprendre, tout comme celui de la bispritualité.

« J’ai un dialogue intérieur entre une pensée masculine et une pensée féminine. Je questionnais ma santé mentale, jusqu’à ce qu’un ami me dise : tu es bispirituel, Michel, c’est normal. »
— Michel

La bispiritualité est une identité spirituelle et de genre indissociable de la culture et est donc réservée aux personnes autochtones.

Le terme a été introduit par l’aînée crie Myra Laramee, et adopté comme un concept généralement compris chez les communautés autochtones, en 1990.

Traditionnellement, plusieurs nations valorisaient les personnes qui avaient à la fois un esprit féminin et un esprit masculin. Par contre, Michel croit que la colonisation a occulté cette acceptation.

Michel crée des vêtements qui s’inspirent du monde de la mode et de sa culture autochtone. Photo : Gracieuseté

« Le trauma intergénérationnel est une raison pour laquelle je ne l’ai pas dit à mes parents. (…) Mes cousins leur ont dit que j’étais gai quand j’avais 29 ans, pour me faire du mal. Ça a coupé ma relation avec mes parents. Mais j’avais besoin de me protéger. »

Michel croit que son père l’a rejeté pour protéger sa mère, mais qu’il aurait fini par l’accepter. Malheureusement, il est décédé quelques mois plus tard.

Ce n’est qu’après le décès de sa mère que Michel s’est senti libre de se réapproprier la culture ojibwée. « Accepter les deux côtés de ma personnalité était un cadeau. »

Georgelie : Fuir pour être soi

Georgelie est arrivée au Canada en tant que demandeuse d’asile, en 2019. « Je fuyais les persécutions liées à mon orientation sexuelle. »

Si certains organismes offrent des services à la communauté LGBTQ+ en Haïti, il est difficile de s’associer à eux sans craindre pour sa sécurité. Les discussions se font plutôt « entre amis, dans des espaces assez réservés qui n’étaient pas ouverts au public ».

Née en Haïti, Georgelie est arrivée au Canada comme demandeuse d’asile, en 2019. Photo : Gracieuseté

Georgelie n’a pas fait de coming out. « Ma famille n’était pas ouverte à la diversité sexuelle et de genre. Par conséquent, ce n’est pas quelque chose que j’ai avoué, sauf avec les filles avec qui je suis sortie. Mes proches l’ont simplement constaté, vu mon expression de genre, car je suis plutôt masculine. »

Aux questions, elle répondait : « Pensez tout ce que vous voulez. Je n’ai pas d’explications à donner. »

Georgelie a vécu une longue relation avec une femme qu’elle a toujours présentée comme sa sœur. Sa partenaire actuelle n’avait pas envie de vivre avec un mensonge semblable.

« C’est ma partenaire qui m’a mise dehors (du placard). Elle a commencé à m’identifier dans ses photos sur les réseaux sociaux » pour se réapproprier le narratif alors qu’une personne les menaçait de les dénoncer.

Le geste a engendré « un moment très compliqué pour nous deux », indique Georgelie. Elle attend maintenant la venue de sa conjointe, réfugiée en République dominicaine, et de leurs fils respectifs, restés en Haïti. Elle espère les voir au Canada très prochainement.

« C’est très compliqué avec l’immigration. C’est une situation qui m’a donné beaucoup de casse-têtes par rapport à l’insécurité en Haïti. »
— Georgelie

Les deux femmes comptent informer leurs fils de la nature de leur relation une fois la famille réunie. « Ce n’est pas, comme les gens pensent, de les exposer ou de faire la promotion de l’homosexualité. C’est pour leur faire voir que chacun a le droit d’être qui il veut. »

Cette année, Georgelie a été nommée comme ambassadrice francophone du Mois de la fierté de Toronto. Photo : Gracieuseté

Georgelie travaille chez FrancoQueer. « Le milieu dans lequel j’évolue est vraiment un milieu de la communauté. Alors, je n’ai pas vraiment vécu d’homophobie (au Canada), mais plus de la discrimination et du racisme. Ce n’est pas facile, toute cette intersectionnalité en tant que francophone, femme et personne noire. »

Des similitudes

Malgré la diversité des histoires, il est facile de trouver des points communs. Les gens qui ont témoigné ont entre autres mentionné que le coming out n’est pas un événement isolé et précis.

« C’est un processus continu, et c’est fatigant, c’est drainant. On dit toujours LE coming out, comme s’il y avait juste une fois et qu’après, c’est fait, tout est beau. Mais en fait, c’est plein de petits coming out continus », indique Nathan.

Les enfants de parents LGBTQ+ subissent encore de la stigmatisation, même en Ontario. Pour enrayer ce phénomène, l’éducation est primordiale. « On doit inculquer à nos enfants l’amour et pas la haine. Et ne pas cesser de leur dire que les droits de la communauté LGBTQ+, ce sont les droits humains », explique Georgelie.

Si nos enfants se confient à nous, il faut absolument être à l’écoute. Renée-Anne conseille : « Prend un pas de recul et réfléchit avant de parler. Parce que les premiers mots qui vont sortir de ta bouche, c’est de ça dont ton jeune va se rappeler. »

L’accès à des modèles queers positifs est aussi primordial. Pour Nathan, il manque encore beaucoup de représentations crédibles des personnes transmasculines. « J’ai toujours ressenti que j’étais différent, mais je n’avais pas les outils pour me questionner », avoue-t-il.

Renée-Anne se rappelle la première fois où elle et Stéphanie sont allées au défilé de la fierté de Toronto. « On n’avait jamais vu des couples (homosexuels) se tenir la main. (…) Même si tu t’identifies comme eux, tu te sens étranger en même temps, parce que tu ne vis pas ta vie comme ce que l’on voit le jour de la fierté à Toronto. »

Heureusement, la société évolue, constate Michel. « Je n’ai pas besoin d’éduquer les gens aussi souvent qu’avant. »

Philippe souhaite rassurer les jeunes qui pensent faire un coming out. « Ne te sens pas inférieur. Tu es une merveilleuse personne. Ce n’est pas parce que tu es gai que ta vie est finie, au contraire. Je trouve la vie des gais plus intéressante que celle des hétéros, en passant! C’est une culture de fun. Happy Pride! »

Yvon Malette, militer en rêvant

Yvon Malette est le fondateur des Éditions David. À 81 ans, sa passion est toujours aussi contagieuse lorsqu’il parle de sa communauté franco-ontarienne. Après avoir lancé Marcher vers le matin en mai, l’auteur s’est entretenu avec ONFR pour revisiter son parcours.

« Votre livre est un florilège de réflexions sur la vie, les œuvres et les gens qui vous ont marqué. Quel a été votre processus?

Il y a trois ans, j’ai reçu un courriel d’un cousin que je n’avais pas vu depuis une vingtaine d’années. Il m’invitait à commenter un livre.

Nous avons échangé pendant deux ans. Nos discussions portaient surtout sur des souvenirs et des suggestions de lectures.

Je me livrais au jeu avec un réel plaisir. Je lui ai proposé de faire un livre sous forme de correspondance. Ça l’intéressait assez peu, alors j’ai pris l’initiative.

Le fil d’Ariane était une volonté de vivre debout. Je voyais trois tiroirs se dessiner, comme dans un grand meuble. Il y avait définitivement une pièce centrale : la situation et l’avenir des Franco-Ontariens.

Ensuite se dégageait une réflexion sur le plan religieux. Est-ce que le prie-Dieu est nécessaire?

Je viens des études classiques des années 50. J’ai fait le petit séminaire d’Ottawa, où est le collège La Cité maintenant.

J’ai saboté mes examens d’entrée de façon délibérée. Mais le curé est revenu à la maison et m’a dit : « tu te penses bien fin? Tu vas quand même aller au collège. »

Ça coûtait 500 $ par année. On n’avait pas d’argent, mais il avait tout arrangé. Entre autres, je devais laver la vaisselle pour gagner une partie du coût.

C’était un bon milieu, même si je n’étais pas un bon étudiant. On m’a mis à la porte après la rhétorique. C’était évident que je ne n’avais pas la vocation. Je trouve qu’ils ont mis du temps à comprendre. 

J’ai éventuellement quitté tout ce que l’Église m’avait enseigné. Mais je pense qu’il ne suffit pas d’être non-croyant.

Puis-je devenir un être priant, sans la religion et sans Dieu? Si je réussis à être plus humain, je pourrai davantage donner la main à l’autre.

Yvon Malette lors du lancement de son livre Marcher vers le matin, le 23 mai 2024, à La Nouvelle Scène Gilles Desjardins. Photo : Rachel Crustin/ONFR

J’ai ensuite développé le troisième tiroir du meuble, car je me disais que ce n’était pas facile de réussir dans le présent contexte mondial. Chez nos voisins du Sud, où je passe mes hivers, la démocratie est violée presque tous les jours.

Même au Canada, on se croit protégés, mais il y a quand même un vent qui souffle…

Est-ce que je peux encore espérer? Dans La peste d’Albert Camus, on dit qu’il y a dans l’homme plus de choses à admirer que de choses à mépriser.

Ça ne veut pas dire que tout va s’améliorer du jour au lendemain, il ne faut pas se bercer de chimères.

La sagesse ne s’apprend pas dans les livres, c’est ton vécu qui va te l’enseigner.

Que signifie le titre Marcher vers le matin?

Il faut vivre debout, avoir foi dans nos convictions.

J’avais pensé au mot avancer, mais marcher était plus fort. J’avais le mot lumière avant matin, mais c’était trop explicite. Il faut trouver un titre accrocheur où l’on sent l’action et aussi une sorte de poésie.

La couverture du livre Marcher vers le matin, d’Yvon Malette, est une peinture de Gernot Lebel. Photo : Rachel Crustin/ONFR

La couverture d’un livre est vraiment importante pour moi. Celle-ci est une peinture de mon ami, le peintre Gernot Lebel. Je la trouvais à la fois minimaliste et explicite.

Maintenant que les paroisses n’ont plus la même influence, quels sont les remparts pour garder le fait français en Ontario?

J’aimerais avoir la réponse. Le profil des villages franco-ontariens a beaucoup changé.

On a quand même obtenu des choses intéressantes, comme des écoles secondaires publiques de langue française. Elles sont arrivées tard, on a d’abord eu des écoles bilingues et ça, c’était une grave erreur.

J’ai encore des doutes… je circule autour de différentes écoles comme De La Salle, et j’ai le regret de dire qu’un très grand nombre de Franco-Ontariens parlent anglais entre eux.

C’est la langue des affaires, de la réussite. Il y a peut-être une pression des parents. Mais je me demande si nos adolescents ne sont pas davantage des Ontariens bilingues que des Franco-Ontariens…

Yvon Malette avec une caricature de lui dessinée par Bado, en 2015. Photo : Gracieuseté des Éditions David

Est-ce que l’Université va être la réponse? Si on regarde ce qui s’est passé à la Laurentienne, ou les 27 % de francophones à l’Université d’Ottawa, il y a lieu de s’inquiéter.

Il ne faut pas trop blâmer les jeunes. Les médias sociaux viennent les chercher immédiatement. On suit les tendances et celle-là est très lourde.

J’ai reçu quelques messages fort encourageants, dont un de ma petite-fille de 22 ans qui a une plume d’une élégance pas possible. Par contre, il y a aussi des gens qui ne sont pas contents. Cette prise de position laisse des traces.

Vous êtes par exemple très critique de l’Université de l’Ontario français…

Je trouve que c’est une erreur. On a manqué le bateau à la fin des années 1960, à la suite de la Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme.

Ça aurait été une belle occasion d’établir des campus francophones ici et là qui auraient relevé de l’Université d’Ottawa. L’université bilingue n’a pas donné les rapprochements linguistiques prévus.

Les gens sont venus nombreux au lancement du livre d’Yvon Malette, à la Nouvelle Scène Gilles Desjardins. Photo : Gracieuseté des Éditions David

Les milieux universitaires des États-Unis nous font aussi très mal. On y voit la société dans une perspective manichéenne. Le méchant, c’est l’homme blanc hétérosexuel qui continue d’exercer sa domination.

Les bons sont les groupes invisibilisés qui veulent, avec raison, déconstruire ce rapport de force.

Malheureusement, quand tu pousses trop la machine, ça peut devenir racialisé.

Dans le cas du mot en N à l’Université d’Ottawa, on a vu les groupes anglophones prendre position pour le recteur, alors que les professeurs francophones et du Québec étaient d’accord avec Verushka Lieutenant-Duval, croyant que l’université est une institution de haut savoir et qu’il devrait y avoir une liberté d’expression, pourvu que ça demeure inclusif.

Les anglophones aiment projeter une image de tolérance, mais ils perdent rapidement leur sang-froid dès qu’il est question de langue, de culture et de nation.

Pour eux, tout repose sur le multiculturalisme, qui, lui, est fondé sur un fédéralisme centralisateur.

C’est une autre explication de pourquoi il y a un tel clivage.

Trouvez-vous qu’on oublie les francophones quand on parle de communautés marginalisées?

C’est quand même curieux qu’on ait eu à demander au juge Bastarache d’étudier la situation des francophones à travers le Canada.

Il a écrit un très beau livre, Ce que je voudrais dire à mes enfants. Ça rejoint un peu votre question. Comment se fait-il que toutes ces provinces canadiennes n’aient pas respecté les droits constitutionnels d’offrir l’enseignement du français à nos jeunes?

Comment un gouvernement ontarien a-t-il pu imposer le Règlement 17, de 1916 à 1944?

Si les Québécois peuvent se voter des lois et écrire leur histoire, tant mieux.

Nous, on n’est pas dans cette position, on est minoritaires. Alors, on livre un combat, non pas pour écrire l’histoire, mais pour ne pas la subir.

Photo d’auteur d’Yvon Malette. Photo : Gracieuseté des Éditions David

Dans mon livre, je veux sensibiliser mes enfants et mes petits-enfants à une réalité qui devient, hélas, une sorte de peau de chagrin.

Je suis arrivé à un âge où je me demande si d’autres vont vouloir partager le même discours.

Je ne suis plus enseignant, alors l’écriture est une façon d’être présent dans la société.

Si vous pouviez recroiser le jeune Yvon Malette, qu’aimeriez-vous lui dire?

De se lever plus vite. Mais c’est un peu normal. À 20, 30 ans, on a des responsabilités familiales, une carrière, etc. on est pris dans un tourbillon constant.

Je n’avais pas autant lu, autant vécu. Je prenais plus difficilement la parole.

J’ai eu ma famille, j’ai joué mon rôle. J’ai aimé enseigner à la folie.

Pourquoi être passé de professeur à éditeur?

J’avais terminé une thèse sur Gabrielle Roy, qu’une maison d’édition de Montréal tardait à publier.

C’était le début des années 1990. Claude Ryan, alors ministre de l’Éducation du Québec, a demandé aux professeurs de cégep et d’université d’écrire une grammaire pour améliorer le français écrit.

Alors j’ai écrit Grand-mère racontait. Le projet a été retenu.

On m’a donné 15 000 $, puis le gouvernement du Québec a vendu les droits de reproduction à six provinces, ce qui m’a donné 21 000 $.

J’ai dit à mon épouse : laisse-moi rêver, je fonde une maison d’édition. J’ai déjà mes deux premiers livres (L’autoportrait mythique de Gabrielle Roy et Grand-mère racontait…)

J’ai trouvé des collaborateurs exceptionnels. La plupart étaient des professeurs d’université et ont travaillé bénévolement.

Après deux ans, mon comptable m’a dit que je m’en allais dans le mur. Je lui ai répondu de me laisser rêver encore.

J’avais certains contacts dans le milieu des affaires. Une fois, j’ai appelé six bons copains pour leur demander 2500 $ chacun. Le plus fortuné a dit non, les cinq autres ont dit oui. Je venais de ramasser plus de 10 000 $.

Couverture du livre Le pays dans le pays. Yvon Malette raconte que l’historien Serge Bouchard lui a envoyé la préface à peine quelques heures avant de devoir envoyer le livre à l’imprimeur. Photo : Les Éditions David

Quand on a fait le beau livre sur la Côte-Nord, Le pays dans le pays de Francine Chicoine, avec les photos de Serge Jauvin, la graphiste Anne-Marie Berthiaume a accepté de me faire un prototype d’une valeur de 12 000 $, que j’allais lui payer seulement si je réussissais.

Le livre paraissait en juin et, au mois de mars, on avait prévendu 750 exemplaires. Alcoa nous a donné 60 000 $ et a promis d’acheter 40 exemplaires de l’édition de luxe, qui valaient 137 $, et une centaine d’exemplaires réguliers.

Au lancement, je n’ai jamais vu autant de fierté d’appartenir à un territoire. Les gens sortaient avec sept ou huit exemplaires pour les donner à leur entourage.

Après ce succès, c’était le temps de partir, car je laissais la maison d’édition en santé. J’avais très bien préparé ma succession avec Marc Haentjens.

Les fameuses bibliothèques en bois faisaient la signature des Éditions David dans les salons du livre. Photo : Gracieuseté des Éditions David

Je lui ai tout laissé. Le compte en banque, les ordinateurs, les belles bibliothèques qui faisaient partie de l’image des Éditions David. Quand j’allais à des salons du livre, je trouvais que les petites tables aux kiosques manquaient de mordant. J’ai fait faire 13 bibliothèques en bois, qu’on trainait partout. Ce n’était pas rentable, mais ça projetait toute une image!

Je ne me suis jamais versé de salaire. J’avais mon enseignement, j’en avais un peu de côté et j’étais prudent.

Comment vous sentez-vous lorsque vous regardez les Éditions David aujourd’hui?

Je suis très heureux. J’ai toujours cru en l’esprit d’équipe. Je pense que c’est ce qui a fait le succès de la maison d’édition.

J’ai aussi toujours eu la main heureuse pour les employés.

Une fois, je parlais avec un jeune employé du bureau de poste et il me disait qu’il était bon en informatique. Je lui ai demandé son salaire : 8 $ de l’heure. Je lui ai dit : pour 12 $, viendrais-tu travailler pour moi? Il a commencé la semaine suivante. Il était exceptionnel.

Mon mérite, c’est d’avoir su m’entourer.

Yvon Malette en 2007. Photo : Gracieuseté des Éditions David

Peut-être qu’une autre de mes forces était de ne pas accepter le refus.

Par exemple, j’ai fait une demande pour une subvention de la fondation Trillium. Le représentant m’a dit qu’il ne me donnerait rien. Il cherchait des programmes qui susciteraient un intérêt dans la communauté.

L’échéance était quelques jours plus tard. Alors, on a travaillé et on a déposé le projet Mordu des mots, pour faire écrire des élèves du secondaire. Nous allions choisir les 50 meilleurs textes et en faire un livre, trois ans de suite.

Nous avons obtenu 280 000 $.

Tout ça pour dire qu’il ne faut pas plier le genou trop vite.

Comment vivez-vous le processus d’édition dans l’autre sens, en tant qu’auteur?

Ça va de soi que je vais soumettre mon manuscrit aux Éditions David.

Pour Marcher vers le matin, ils m’ont dit que le format de correspondance ne pouvait pas fonctionner. Il y avait un déséquilibre, mon cousin écrivait six lignes et je répondais huit pages.

Une autre fois, je croyais que j’avais ce que je voulais et ils m’ont dit que ça ne passait pas. Je leur ai fait une crise, c’était un peu embarrassant.

Yvon Malette avec Marc Haentjens et Marc Pelletier, vers 2011. Photo : Gracieuseté des Éditions David

Le soir, j’ai réfléchi. C’est là qu’on a trouvé les trois thèmes : le prie-Dieu, les Franco-Ontariens et la politique. J’ai déplacé des textes, j’en ai ajouté, et je voyais que ça prenait beaucoup plus de muscles, mon affaire.

Un éditeur a besoin d’être là, mais il faut que l’auteur ait l’humilité d’apporter les changements nécessaires.

Vous avez aussi été président du Regroupement des éditeurs franco-canadiens (REFC)…

J’y ai été pendant cinq ans. Quand je suis arrivé, ça n’allait pas. On a fait le ménage.

On allait embaucher un directeur général et à la dernière minute, j’ai dit au comité de sélection que le choix ne passait pas. Lise Leblanc, la conjointe de Marc Haentjens, était sur le comité. Elle a dit qu’il serait peut-être intéressé… Les autres m’ont dit : tu n’as pas le droit de faire ça comme ça, Yvon. J’ai répondu : ne me causez pas de problèmes, c’est Marc Haentjens que ça nous prend.  

Vous aviez le bras long…

J’aime plutôt croire que je peux réussir à sensibiliser les gens à une cause valable. Si elle te tient à cœur, tu vas trouver les mots pour en parler avec conviction et passion.

Pourquoi ce nom, les Éditions David?

J’ai un fils qui s’appelle David, et j’aimais beaucoup le logo dans la bible. Après trois ou quatre livres, j’ai recruté l’ancien oblat Réjean Robidoux comme directeur littéraire. Il m’a fait savoir qu’il aurait préféré le David de Michel-Ange. On a changé le logo et, plus tard, Marc Haentjens a simplement gardé le gros D.

Qu’est-ce que ça prend pour se définir comme un auteur franco-ontarien?

Je pense que tout auteur a un besoin fondamental de fouiller dans son passé pour bien raconter. En étant Franco-Ontarien, je traine avec moi tout un bagage.

Je ne suis pas un auteur québécois ni français. La fierté est dans mon combat. »


1943 : Naissance à Lefaivre.

1993 : Fondation des Éditions David.

2007 : Lancement du livre Le pays dans le pays, qui est un franc succès et lui permet de laisser la maison d’édition en bonne santé.

2018 : Lancement du livre Entre le rêve et le risque, qui témoigne de son parcours et de celui de la maison d’édition.

2024 : Lancement de Marcher vers le matin, un florilège de réflexions sur la vie et des oeuvres qui l’ont marqué.

Chaque fin de semaine, ONFR rencontre un acteur des enjeux francophones ou politiques en Ontario, au Canada et à l’étranger.

Élections législatives françaises : entre incompréhension et inquiétude

Ce samedi, les Français de l’étranger, qui n’ont pas voté en ligne ente le 25 et 27 juin, pourront le faire en personne pour le premier tour des élections législatives qui se tiendra ce dimanche dans l’Hexagone. ONFR est allé prendre la température auprès des Français de l’Ontario pour cette élection qui pourrait voir le Rassemblement National de Jordan Bardella obtenir une majorité à l’Assemblée Nationale. 

Retour en arrière le 9 juin dernier, après la victoire du Rassemblement National (RN) aux élections européennes avec un score de 31,4 % pour le parti mené par Jordan Bardella. Le président de la République Emmanuel Macron a alors créé la surprise générale en annonçant la dissolution de l’Assemblée nationale, précipitant des élections législatives, qui se tiendront en cette fin de semaine, ce dimanche 30 juin, pour le premier tour. 

Une décision qui a également surpris de l’autre côté de l’Atlantique. Joël Etienne est un avocat dans divers domaines, né au canada mais de nationalité française par sa mère. Il est très intéressé par la politique française, même s’il avoue ne pas être actif, ne votant pas toujours pour les diverses élections françaises, se concentrant sur ses engagements politiques au Canada. Pour lui, la décision d’Emmanuel Macron est très difficile à comprendre. 

« Pour moi, c’était un coup de tête instinctif pas nécessairement calculé et je pense qu’il va payer le prix fort pour ça. » 

Un avis partagé par un autre citoyen français vivant au Canada depuis 2020, et qui a souhaité conserver l’anonymat. Ce dernier résume bien un sentiment général partagé par beaucoup de Français en métropole mais aussi à l’étranger. 

« C’était une grande surprise. Je dirais que c’était un choc, comme pour beaucoup. Je ne m’y attendais pas du tout, cela m’a pris un peu de cours. C’est une décision que j’ai un peu de mal à comprendre stratégiquement et politiquement. »

Sous la Cinquième République, il s’agit seulement de la sixième fois qu’un président a recours à la dissolution de l’Assemblée nationale. La dernière en date remonte au 21 avril 1997 sous la présidence de Jacques Chirac. Il s’en était suivi à l’époque une cohabitation entre un président de droite et un gouvernement de gauche.

« Je n’aurais jamais imaginé voir ça »

Cette fois, la situation pourrait se répéter avec le RN, anciennement Front National (FN), parti politique dirigé par la famille Le Pen. Si le parti fait tout pour se moderniser en travaillant sur une image plus lisse, notamment à travers les efforts de sa nouvelle tête d’affiche Jordan Bardella, il n’a pas non plus totalement fait oublier ses racines d’extrême droite. 

Marcelle Lean dit s’être replongée de plus près dans les actualités françaises depuis la guerre en Ukraine et suivre de près les élections législatives. Photo : gracieuseté de Marcelle Lean

L’idée qu’un tel parti puisse arriver au pouvoir inquiète énormément Marcelle Lean. La directrice et fondatrice de Cinéfranco a quitté la France depuis plus de 50 ans mais conserve de la famille et de nombreux amis en métropole, notamment en région parisienne où elle a grandi, du côté de Sarcelles, mais aussi à Strasbourg. 

Si elle confie ne plus être en mesure de pouvoir voter du fait qu’elle n’ait pas renouvelé ses papiers français, ces derniers événements l’ont poussée à se mobiliser et à vouloir faire les démarches pour redevenir active dans sa participation citoyenne. Madame Lean a d’ailleurs suivi la campagne pour les législatives de près, notamment à travers les débats organisés entre les différents représentants des partis. 

« Je suis très inquiète parce que le débat que j’ai suivi mardi m’a montré un Jordan Bardella arrogant qui était sûr de devenir le premier ministre à Matignon. Il se posait déjà comme gagnant. Alors que ce débat a démontré l’incompétence totale et l’ignorance du RN et de la gauche par rapport à tout ce qui touche aux finances en France. »

Entretenant une relation particulière avec la France, du fait des ses origines haïtiennes du côté de son père, et française du côté de sa mère, avec un grand-père maternel héros de guerre décoré par Charles De Gaulle, Joël Etienne apporte une perspective historique sur l’évolution des idées politiques en France. 

« J’ai toujours eu ce regard sur la politique française entre la droite, les socialistes et les descendants de la France de Vichy, depuis que je suis jeune. Ce que je trouve intéressant aujourd’hui, c’est cette fluidité idéologique et politique sans précédent. Pour moi, Mitterrand et De Gaulle doivent se retourner dans leurs tombes. Voir que le RN, les descendants de Vichy, puissent prendre les législatives, c’est une chose qui était impossible dans ma tête. Je n’aurais jamais imaginé voir ça », déclare celui-ci.  

Il poursuit : « Le vote pour le FN a toujours été un vote de contestation, mais personne ne voyait cela comme une possibilité réelle d’accéder au pouvoir pour ces gens-là. Qu’un parti avec cette histoire pro-Vichy, puisse accéder au pouvoir à l’Assemblée nationale, c’est quelque chose… » 

Vu du Canada, Joël Etienne trouve la situation politique actuelle en France totalement incompréhensible. Photo : Gracieuseté de Joël Etienne

Faire barrage?

Historiquement, lors des grandes élections, les Français ont fait barrage à l’extrême droite en se mobilisant pour empêcher le FN d’accéder au pouvoir, comme lors des élections présidentielles de 2002 et de 2017.

Le citoyen français témoignant anonymement n’imagine quant à lui pas le RN être en mesure de prendre le pouvoir. 

D’expliquer : « J’ai confiance dans le fait que le RN aura du mal à avoir plus de 40 % des voix et que les autres votant se rabattront sur les opposants. Donc, ça fera barrage. Après, je ne suis pas sûr qu’une force politique se dégage de ces élections. Honnêtement, le vote Front Populaire je n’y crois pas vraiment parce qu’il y a beaucoup de divisions en interne et je ne suis pas sûr qu’ils arrivent à former un gouvernement. Je pense qu’on va avoir un beau bazar après ces élections sans forcément avoir de vainqueur clair. On verra et j’espère me tromper. » 

Cette absence de force politique adverse pour faire front ne rassure pas non plus M. Etienne. 

« Mais où est le barrage cette fois? Jean-Luc Mélenchon? Ironise-t-il. Je ne vois pas, si ce n’est Emmanuel Macron lui-même, d’où le blocage au RN pourrait venir. Ma perspective est la suivante : je me demande si la France, le pays des droits et des libertés, le pays des droits de l’homme, de la Révolution française, pourrait vraiment basculer », questionne l’avocat.

Un sentiment partagé par Mme Lean qui craint une bataille des extrêmes au second tour.

« Au deuxième tour on va se retrouver avec quoi? Un choix entre le RN et la France Insoumise? Je ne dis même pas la gauche, mais la France Insoumise, ajoute la fondatrice de Cinéfranco. Selon moi, la France se dirige vers une catastrophe, à la fois politique, économique et humaine, où les ambitions vont instrumentaliser les fractures qu’il y a dans la société française. Mélenchon utilise les musulmans pour arriver à ses fins alors que le RN utilise les nationalistes, il faut le dire, pour combattre l’immigration. Ils vont vraiment exploiter ces fractures. »

« Il y a un ras le bol des Français, poursuit-elle, mais cette montée de l’extrême droite un peu partout en Europe, c’est vraiment inquiétant. »

Tous les regards seront rivés vers les résultats ce dimanche en attendant le deuxième tour qui est programmé pour le 7 juillet prochain.

Le français autant menacé que l’anglais au Canada, estiment les Ontariens

Les Ontariens sont moins en accord avec la moyenne canadienne sur l’importance du bilinguisme au Canada et jugent que le français et l’anglais sont sur le même pied d’égalité en termes de précarité. Toutefois, les habitants de la plus grosse province au pays sont légèrement plus en faveur des deux langues officielles que le Canada lorsqu’on enlève le Québec de l’équation.

C’est ce que révèlent des données d’un sondage effectué par la firme Léger qui a été effectué auprès de 1536 Canadiens, dont 605 Ontariens. On y apprend qu’un Ontarien sur deux considère important que le Canada reste bilingue alors que 43 % estiment que ce ne l’est pas. Par contre, l’Ontario a un plus grand appui pour le bilinguisme officiel que l’ensemble des provinces hors du Québec alors que 51 % ne trouvent pas ça important contre 43 % qui disent le contraire.

53 % des Ontariens se disent d’ailleurs en désaccord avec l’idée que leur province devienne officiellement bilingue. De plus, davantage d’Ontariens sont d’accord avec l’énoncé que le bilinguisme officiel « existe uniquement pour satisfaire une minorité » (46 %) qu’il « est au cœur de l’identité canadienne » (37 %).

« La véritable surprise est le faible appui envers le bilinguisme et la faible proportion d’individus qui trouvent que c’est important dans l’identité canadienne », note le doctorant en sociologie à l’Université de Waterloo Jacob Legault-Leclair, qui étudie la question de la francophonie en contexte canadien et québécois.

Pour ce dernier, ces chiffres démontrent une certaine méconnaissance du bilinguisme et une indifférence vis-à-vis de la francophonie, pointant vers le fait que seuls 32 % des personnes vivant à l’extérieur du Québec croient que le nombre de francophones a baissé comparativement à 50 ans passés.

« Alors que les figures sont hyper claires. Au Canada, de 1971 à 2021, la proportion de francophones est passée de 27,5 % à 22 %. Hors du Québec, ça l’a diminué de presque moitié, de 6,1 % à 3,5 % », présente-le chercheur.

« Mais les gens, eux, les (chiffres) sous-estiment et ça, c’est une méconnaissance du phénomène démographique francophone au Canada. Cette méconnaissance peut influencer sur les opinions relatives au bilinguisme. Si on ne sait pas ce qu’il se passe avec le fait français chez soi, on peut s’attendre à ce que l’on ait une certaine méconnaissance des opinions sur le bilinguisme », observe-t-il.

Concernant la précarité du français au Canada, 21 % des répondants de l’Ontario considèrent que la langue de Molière est en danger alors qu’un nombre identique estime que l’anglais est menacé. À l’échelle canadienne, 31 % jugent le français en danger, mais ce nombre monte à 82 % lorsque l’on prend juste en compte les réponses des francophones. Plus d’anglophones considèrent que l’anglais (23 %) est plus en danger que le français (18 %) au Canada.

« Il y a un décalage entre les perceptions des individus sur les enjeux de langue et le réel. Il y a vraiment un gouffre », note le chercheur Jacob-Legault Leclair.

Avec l’arrivée nombreuse d’immigrants qui ne parlent ni le français ni l’anglais, Léger a demandé s’il était toujours pertinent d’avoir deux langues officielles. 44 % des Ontariens affirment que oui (contre 49 % des Canadiens) tandis que 37 % estiment que non.

Le sondage a été réalisé entre le 14 et le 17 juin en ligne. La marge d’erreur est d’au plus ±2.50 %, (19 fois sur 20) pour l’échantillon canadien.

La Fête du Canada en films et musique

Les activités du long weekend pour l’Ontario français s’avèrent incontournables pour ceux et celles souhaitant célébrer notamment la Fête du Canada. Concerts et films sont au programme et tout est fait par et pour les francophones de l’Ontario.

Brise glace (Broken Waters) de Karolyne Natasha au Sudbury Indie Cinema

Le Sudbury Indie Cinema offre l’occasion à ses cinéphiles de regarder le film indépendant Brise Glace/Broken Waters, le tout premier long-métrage bilingue de la réalisatrice franco-ontarienne Karolyne Natasha. Ce drame féministe qui est inspiré par la pièce J’ai beaucoup changé de la dramaturge québécoise Jocelyne Beaulieu, se déroule dans les années 1980 à Ottawa et met en lumière la lenteur de l’évolution des thérapies en santé mentale.

Un clin d’œil au vécu de celle qui a grandi à Ottawa avec une mère francophone et un père anglophone. Karolyne Natasha a voulu refléter une part de sa réalité linguistique dans la réalisation de son film. Il faut donc s’attendre à voir une oeuvre où les personnages principaux alternent entre le français et l’anglais selon le contexte dans lequel ils se trouvent.

Source : Believe Films Inc.

Sudbury, le 29 juin. Détails et billets sur le site du Sudbury Indie Cinema.

LGS célèbre la Fête du Canada

Le groupe festif néo-trad débarque dans la région de Prescott-Russell pour célébrer la Fête du Canada à Lefaivre au parc Riverain. C’est le premier arrêt pour le duo dynamique qui entame sa tournée estivale à travers le Canada. Fier de ses racines francophones, le duo se rendra ensuite en Alberta où il diffusera son énergie dans le cadre de la Fête Franco-Albertaine. De l’Alberta, les deux complices à la scène repartiront vers la côte est en passant par le Québec et la Nouvelle-Écosse pour finir dans leur chère province de l’Ontario.

Photo : bParthphotography

Lefaivre, le 1er juillet. Concert gratuit. Détails ici.

YAO anime la Fête du Canada au Centre national des arts

Du côté d’Ottawa, le poète et slammeur YAO anime une programmation spéciale au CNA dans le cadre de la Fête du Canada. Les Ottaviens auront l’occasion de profiter d’un concert gratuit dont le répertoire couvre près de 100 ans de création musicale de compositeurs canadiens tels que François Dompierre, Keiko Deveaux, Jean Coulthard et bien plus.

Gracieuseté de l’artiste.

Ottawa, le 1er juillet. Concert gratuit. Détails sur le site du CNA.

Les sons éphémères de Marianne Trudel

La compositrice et pianiste québécoise Marianne Trudel révèle son tout nouveau répertoire intitulé Time Poem aux côtés du batteur renommé John Hollenbeck, maintes fois nominé aux Grammy, et du bassiste, Rémi-Jean Leblanc, sur scène. Ce trio de mélomanes conjuguera leurs talents pour faire briller les 9 compositions de Trudel.

Crédit image : Charles Bélisle

Ottawa, le 28 juin. Détails et billets sur le site du CNA.

Trois jours de musique : Hawkesbury fête son multiculturalisme

Trois jours de musique sont prévus dans l’Est ontarien où se tient le Festival multiculturel de Hawkesbury. La Scène Desjardins sera emparée, lors de l’ouverture, par les vedettes de la musique canadienne : Paul Piché, Mélissa Ouimet, Kim Richardson et Jonas. Les deuxième et troisième soirées consisteront d’une brochette d’artistes provenant de tous les genres musicaux. Il y aura notamment le baryton franco-torontois Tobias Mbarga, l’artiste autochtone auteur-compositeur-interprète de la communauté atikamekw de Manawan, la chanteuse country Valérie Cormier parmi les joyaux de cette programmation.

Dimensions via Getty Images

Hawkesbury, du 28 au 30 juin. Détails et programmation sur le site du Festival multiculturel de Hawkesbury.

« C’est extrêmement difficile de faire perdurer » la Franco-Fête, confie José Bertrand

José Bertrand est le directeur général de Groupe Simoncic, entreprise privée responsable de la Franco-Fête de Toronto, mais aussi du Festival de la curd de St-Albert et du Festival franco-ontarien, à Ottawa.

La Franco-Fête de Toronto est un événement gratuit qui existe depuis 1983. D’abord tenu autour de la Saint-Jean-Baptiste, le festival s’est déplacé quelques fois dans le calendrier et dans la ville pour atterrir dans les dernières années à la fin juillet, dans le quartier Trinity-Bellwoods.

La Franco-Fête peine à se remettre de la pandémie. L’édition 2024 pourrait bien ne pas avoir lieu, faute de subventions. Le plus récent refus oblige Groupe Simoncic à choisir entre une annulation totale et une édition fortement réduite. La décision devrait être annoncée dans les deux prochaines semaines.

« Quelle est cette subvention qui vous a été refusée dans les derniers jours?

Ça s’appelle Ma rue principale. C’est un programme de l’Agence fédérale de développement économique, pour le Sud de l’Ontario. C’était la dernière qu’on attendait pour savoir à quelle ampleur on faisait le festival. C’était une grosse demande et on se l’est vue refusée, mais ce n’est pas la seule.

On a eu une subvention du Conseil des arts de l’Ontario. On a reçu du financement sur trois ans du programme Développement des communautés de langues officielles (de Patrimoine canadien), ce qui est bien et nous donne de l’espoir pour rebâtir la Franco-Fête, parce qu’on a de la difficulté depuis le retour de la pandémie.

On a aussi de l’appui de la Ville de Toronto. Mais on attendait une subvention de la Fondation Trillium et celle de Ma rue principale, qu’on n’a pas eues, ce qui fait qu’on a à peine 70 000 dollars en subventions.

C’est un événement gratuit, donc on n’a pas de revenus autonomes autres que ceux des commanditaires. C’est extrêmement difficile de faire perdurer un événement gratuit, dont ça aurait été la 42e édition cette année.

Vous dites ‘ça aurait été’… L’édition 2024 est-elle annulée?

On se questionne. Ce sont des nouvelles fraiches. Bien qu’on ait anticipé cette possibilité, on ne s’est pas vraiment penchés à savoir comment on va le faire exactement. Si on fait quelque chose, ça va être très modeste, probablement en salle, car les infrastructures pour faire un spectacle extérieur sont trop coûteuses.

Est-ce que les subventions qui ont été refusées sont des montants que recevez habituellement?

Pour Ma rue principale, non, effectivement. La Fondation Trillium, ce sont des programmes de deux ou trois ans. Ça fait environ six ans qu’on ne l’a pas. À la Ville de Toronto, on a changé de programme, ce qui a diminué nos fonds. C’était dans le but de pouvoir ramener ça à plus gros, plus tard.

Est-ce un effet d’accumulation ou bien c’est cette année que le bât blesse?

C’est vraiment cette année que ça donne un gros coup. C’est surtout le délai d’attente. L’an dernier, on a pris la décision au début juin pour faire l’édition de la fin juillet. On a pris le risque de le faire quand même, sans savoir si on allait avoir une subvention qui nous a été confirmée au mois de septembre. On a fait un déficit pour l’année 2023. Donc, cette année, on ne veut pas mettre l’organisme à risque.

La Franco-Fête de Toronto a à l’origine été créée par le Comité français de la Ville de Toronto. Photo : Rudy Chabannes / TFO

Combien de festivaliers visitent la Franco-Fête annuellement?

C’est difficile à évaluer. Ça aurait été notre troisième année dans le quartier Trinity-Bellwoods, dans l’Ouest de Toronto, où l’on essaie de redévelopper une clientèle. Avant la pandémie, on était sur Dundas Square, où il y avait 8000 passants à l’heure. Avant ça, on était à Harbourfront et l’on pouvait calculer facilement 6000 festivaliers par édition. On aimerait tranquillement revenir à 3 ou 4000 festivaliers par année.

Une version payante pourrait-elle être envisagée?

La Franco-Fête a toujours été gratuite. Ce n’est pas le but d’avoir une billetterie, comme on le vit avec le Festival franco-ontarien (FFO) d’Ottawa. On se pose même la question inverse : est-ce qu’on enlève la billetterie au FFO? Les bailleurs de fonds ne regardent pas les festivals du même œil dans ces formules-là.

Si un mécène vous arrivait avec un super montant pour répondre à votre cri du cœur, auriez-vous le temps d’organiser une Franco-Fête en juillet?

Tout s’organise en deux semaines, mais personne ne va venir. Il faut au moins quatre semaines pour attirer les communautés, et ce n’est vraiment pas beaucoup. Si ça arrivait, ça pourrait se faire autour de la mi-août.

Le Festival de la curd est aussi à la croisée des chemins. Comment va Groupe Simoncic en général?

Ça va… C’est presque officiel qu’on aura un Festival de la curd à la fin septembre. Ce sera encore au centre communautaire, car il y a des défis au niveau des gros terrains dans la région. Ce n’est pas le souhait du conseil d’administration de retourner dans une édition à grand déploiement pour l’instant.

C’est une nouvelle cuvée des événements chez Simoncic. Il faut les repenser, les remanier, les revoir. Le FFO va très bien, on est très contents de l’édition qui vient de se dérouler. On a eu plus de 6000 visiteurs pendant la fin de semaine, malgré une soirée annulée. Les gens semblent avoir aimé les changements qu’on a apportés. »

Soccer : l’Euro vu par trois joueurs francophones évoluant en Ontario

La Suisse, la France et la Belgique ont toutes les trois validé leurs qualifications pour les huitièmes de finale du Championnat d’Europe de soccer qui se déroule en Allemagne. Trois joueurs professionnels de la Première Ligue canadienne, évoluant en Ontario, décryptent pour ONFR, le parcours de leurs pays respectifs dans la compétition.

Ruben Del Campo et Abou Sacko évoluent à l’Atlético Ottawa. Le premier est très représenté dans la compétition puisqu’il a la double nationalité suisse et espagnole, en plus d’avoir une mère portugaise. Le second est Français. Enfin, pour parler de la Belgique, c’est l’attaquant de Forge Hamilton, Beni Badibanga qui s’est prêté au jeu de l’entrevue. 

L’accès à la diffusion des matchs 

Être joueur de soccer professionnel, c’est s’entraîner tous les jours, parfois même jusqu’à deux fois dans la même journée. Les trois joueurs ont tout de même été en mesure de suivre le parcours de leurs équipes de cœur et même plus. 

« C’est un peu la fête du foot pendant un mois : j’essaie de suivre un maximum de matchs en fonction de mes entraînements; c’est à moi de m’adapter. Quand je ne peux pas voir les matchs, je regarde des résumés », explique Ruben Del Campo qui confie avoir, malgré tout, pu regarder tous les matchs de la Suisse. 

Même situation pour Abou Sacko et Beni Badibanga qui ont pu voir tous les matchs de l’équipe de France et de Belgique, grâce à des entraînements en début de matinée ou en fin d’après-midi à Ottawa et à Hamilton, notamment en raison des fortes chaleurs en Ontario au mois de juin. 

Le parcours lors de la phase de groupe 

Dans le groupe E avec la Slovaquie, la Slovénie et l’Ukraine, la Belgique a dû attendre la dernière rencontre face à l’Ukraine pour valider son billet pour les phases finales. C’est au terme d’un match nul 0-0, que les Belges ont obtenu leur qualification, en se faisant peur dans les derniers instants du match. 

« C’est un peu un parcours en dent de scie, analyse Beni Badibanga; ils ont un peu tout fait : une victoire, un match nul et une défaite. Ils sont passés par toutes les issues possibles dans un match de soccer, mais après, le principal dans ce genre de compétitions, c’est la qualification. Ils l’ont obtenue. Maintenant, on va voir pour la suite. »

L’équipe de France, de son côté, a également obtenu sa qualification, sans se montrer flamboyante. Les Bleus ont remporté leur premier match face à l’Autriche, avant de signer deux matchs nuls contre les Pays-Bas et la Pologne. 

«  C’est vrai qu’on attendait mieux de la France, confie Abou Sacko, mais en tant que joueur, je comprends aussi la difficulté pour les joueurs de disputer ce genre de compétitions, en fin de saison, après avoir joué pas loin de 50 matchs chacun. Physiquement, c’est difficile, surtout avec la chaleur. En plus, la France nous a habitués à ne pas réaliser des phases de groupes tonitruantes, mais elle réussit ensuite, en général, à élever son niveau de jeu. On espère qu’ils vont pouvoir le faire encore cette fois-ci. »

Deuxième du groupe B derrière l’hôte de la compétition, l’Allemagne, la Suisse a réalisé un parcours similaire à la France avec une victoire en ouverture face à la Hongrie, puis deux nuls contre l’Ecosse et l’Allemagne. 

« Le soccer suisse a beaucoup évolué, ils ont de très bon joueurs, explique Del Campo. Ce que j’ai bien aimé sur ces premiers matchs, c’est leur dynamisme et leur formation qu’il peuvent changer en cours de match et qui les rend assez imprévisibles. Ils ont, en plus, des joueurs polyvalents; ça les aide beaucoup dans la création. 

Ils n’avaient pas un groupe facile, il y avait de très bonnes nations. La Suisse a toujours eu ce petit problème de bien jouer contre les grandes équipes et de se rabaisser un peu au niveau de l’adversaire contre les plus petites, mais cette année, j’ai l’impression que la mentalité a changé. On peut faire partie des grandes nations. J’ai même été un peu déçu, après le résultat contre l’Allemagne; j’aurais voulu la première place. »

Les phases finales

La Suisse va avoir une formidable occasion de démontrer qu’elle peut rivaliser avec les plus grandes nations de soccer d’Europe. Elle va, en effet, affronter l’Italie, en huitième de finale. 

« On a vu que l’Italie a plutôt souffert dans son groupe, mais on sait aussi que les équipes qui souffrent dans la phase de groupe sont souvent celles, aussi, qui ensuite, arrivent très loin. C’est ça le plus grand danger, analyse l’attaquant suisse-espagnol d’Ottawa. Après, comme je l’ai dit avant, la Suisse répond toujours présente contre les grosses équipes, elle fait toujours de bons matchs. Je pense que c’est une bonne opportunité de passer en quart de finale. »

Ruben Del Campo a, en plus, suivi de près le parcours de ses trois équipes de coeur puisqu’il possède la nationalité espagnole et sa mère est Portugaise. 

« S’il y a un Suisse-Espagne, c’est très compliqué pour moi. C’est encore pire s’il y a le Portugal », plaisante-t-il. 

De l’autre côté du tableau final, la France et la Belgique vont se rencontrer dans un match qui sent la poudre. Malheur au vaincu pour ces deux équipes qui aspirent à aller au bout de la compétition. 

«  Je pense qu’on pourra considérer cela clairement comme un échec si la France est éliminée à ce stade de la compétition, souligne le défenseur français d’Ottawa. J’espère que Mbappe sera à 100 % de ses moyens, après son nez cassé au premier match. On va avoir besoin de lui. »

Pour Beni Badibanga, le parcours poussif des deux équipes n’est pas à prendre en compte, à ce stade de la compétition. 

« Une compétition comme celle-ci avec deux phases, les joueurs l’abordent d’une manière différente d’un championnat, comme on en voit sur toute une saison. Mentalement, les staffs techniques et les joueurs se préparent pour cela. Arrivé à ce moment-là, tu dois gagner; il n’y a plus à calculer comme ça peut être le cas en poule. C’est ça l’élimination directe : tu dois jouer pour passer. C’est tout. »

On devrait donc assister à une belle partie qui aura lieu lundi 1 juillet à 12 h. La Suisse, de son côté, jouera contre l’Italie, deux jours avant, le samedi 29 juin, selon le même horaire. Il y aura au minimum une des trois équipes qui disputera les quarts de finale qui se dérouleront les 5 et 6 juillet. 

Plus de 40 % des minorités francophones estiment que leur situation économique empire

OTTAWA – 41 % des francophones vivant en milieu minoritaire au Canada estiment que leur situation financière s’est détériorée depuis un an et très peu croient qu’elle ira en s’améliorant.

C’est ce que révèle un sondage publié par l’organisme économique, RDÉE Canada auprès de 501 francophones vivant à l’extérieur du Québec

Si un francophone hors Québec sur quatre estime que l’état de ses finances est allé dans la bonne direction dans la dernière année, 35 % considèrent qu’elle est restée stable tandis que 41 % affirment qu’elle est pire qu’avant. Cette précarité financière atteint 67 % pour les plus de 75 ans, 56 % pour ceux âgés de 55 à 75 ans et 45 % parmi les femmes.

Le portrait est très similaire pour la prochaine année alors que 70 % des francophones prévoient que leur conjoncture financière sera pire (35 %) ou stable (35 %) et 31 % meilleure. À l’image des Canadiens, les francophones en contexte minoritaire placent l’inflation comme le principal enjeu le plus préoccupant en ce moment. Le deux tiers (67 %) placent le coût de la vie comme l’enjeu numéro un à l’heure actuelle, suivi par l’accessibilité à des soins de santé (46 %) alors que l’accès à un logement (26 %) et les changements climatiques (26 %) complètent le podium. Les minorités francophones considèrent d’ailleurs l’inflation comme l’impact le plus important de la pandémie de la COVID-19.

Toujours au niveau économique, 64 % considèrent qu’il y a une pénurie de main-d’œuvre francophone dans leur communauté. Les domaines de la santé (56 %) et de l’éducation (43 %) sont identifiés comme les deux principaux secteurs, et de loin, par les répondants.

« Les résultats de ce sondage montrent clairement que les francophones en situation minoritaire font face à des défis économiques significatifs, notamment le coût de la vie élevé, l’accès limité aux entreprises francophones et la pénurie de main-d’œuvre. Nous continuerons de promouvoir des initiatives innovantes et à soutenir les entreprises francophones pour assurer la survie et l’épanouissement de notre langue et de notre culture », a souligné le président du RDÉE Canada, Yan Plante.

En meilleure position depuis 5 ans

Si les minorités francophones estiment que leur situation est pire depuis 12 mois, la majorité d’entre elles indiquent que leur situation en générale est meilleure aujourd’hui qu’elle ne l’était il y a cinq ans. C’est 57 % qui considèrent qu’ils sont mieux protégés aujourd’hui qu’il y a une demi-décennie alors que 60 % signalent qu’ils sont bien protégés dans leur région. Pour l’avenir, 51 % perçoivent un avenir positif pour les francophones en contexte minoritaire alors que 37 % restent neutres contre 24 % qui estiment que ça ira en s’empirant.

Le sondage a été effectué au mois d’avril en ligne par la firme Pollara Strategic Insights. 51 % des répondants provenaient de l’Ontario.

On démystifie le français… d’un Acadien

Tournons-nous finalement vers l’est canadien, au pays de la Sagouine et de nos chers Acadiens. Dans ce dernier épisode de la saison, la phonologue Marie-Hélène Côté, professeure à l’Université de Lausanne, explique les particularités de prononciation du français acadien. Que ce soit à cause des « r » roulés ou de ses emprunts à l’anglais, on ne peut dénier que cette variété de français a aujourd’hui une saveur bien distincte.

Des services en français plus accessibles pour les entrepreneurs ontariens

TORONTO – Les francophones de l’Ontario qui veulent créer leur entreprise pourront à terme s’adresser à n’importe quel Centre d’encadrement des petits entrepreneurs (CEPE) qui les orientera vers des services dans leur langue.

C’est en tout cas le sens d’un financement de 500 000 dollars sur deux ans qui a été détaillé ce mercredi par la ministre des Affaires francophones de l’Ontario. Concrètement, les entrepreneurs qui le souhaitent seront dirigés par leur CEPE vers la Fédération des gens d’affaires francophones de l’Ontario (FGA) pour obtenir un accompagnement en français.

Répartis dans les principales villes de la province, on compte une cinquantaine de ces centres qui offrent majoritairement une aide en anglais, notamment des outils pour démarrer et faire prospérer une affaire, comme des consultations gratuites avec des conseillers commerciaux ou des avocats ou bien encore des renseignements sur les licences, permis et autres cadres réglementaires.

La FGA s’imagine ainsi en « guichet unique » pour les entrepreneurs comme l’explique Dominic Mailloux, président de la FGA : « Ils vont être capables d’obtenir des services dans leur langue dès la prise de contact avec un centre. »

Dominic Mailloux, président de la FGA. Photo ONFR / Rudy Chabannes

Mais ces services ne seront pas immédiatement opérationnels prévient-il. Leur déploiement devrait se réaliser progressivement. « On va démarcher chaque centre pour travailler ensemble mais aussi aller de l’avant avec les entrepreneurs pour leur expliquer quels outils sont à leur disposition. On devrait voir les premiers résultats à partir de cet automne. »

« La francophonie économique représente un atout pour la province toute entière et la FGA joue ce rôle essentiel de relier et nourrir l’écosystème francophone et de bien nous représenter à l’échelle nationale et internationale », a mis en relief la ministre Caroline Mulroney, en déplacement dans les locaux de la FGA.

« Ce soutien accordé à la FGA fait partie d’un plan de 6,8 millions de dollars annoncé dans le budget 2024, a précisé à ses côtés le député Stéphane Sarrazin. Notre rôle est de créer les meilleures conditions possibles pour que nos entreprises aient du succès. »

Cette enveloppe globale comprend également une somme de 4,8 millions de dollars pour l’élargissement du programme Entreprise en démarrage Plus.

Quelle aide peut-on recevoir dans un CEPE?

  •  Consultations avec un conseiller commercial qualifié
  • Renseignements sur les licences, permis, brevets et règlements
  •  Accès à internet et des ordinateurs
  •  Services d’examen de plan d’affaires
  •  Consultations avec un avocat ou un comptable
  •  Accès à des répertoires, index et livres sur le commerce
  •  Ateliers et des séminaires

Ombudsman : 73 % de hausse des plaintes sur les services en français

TORONTO – Le dernier rapport annuel de l’Ombudsman fait état d’un nombre record de plaintes concernant la conformité à la Loi sur les services en français, une hausse de 73 %, la plus élevée en cinq ans. Les 115 plaintes qui ont trait au non-financement de l’Université de Sudbury pourraient notamment donner lieu à l’ouverture d’une enquête du commissaire aux services en français.

En décembre dernier, le commissaire aux services en français Carl Bouchard faisait déjà état d’une hausse de 40 % des plaintes avec 386 cas, soit le total le plus élevé reçu par l’Unité des services en français (USEF) du Bureau de l’ombudsman depuis 2019.

C’est cette fois une hausse de 73 % des plaintes à l’USEF que l’Ombudsman rapporte, par rapport à l’exercice financier précédent, entre le 1er avril 2023 et le 31 mars 2024. Un total de 511 plaintes et demandes de renseignements, « le volume de cas le plus élevé concernant la conformité la Loi sur les services en français (LSF) » en cinq ans, indique le rapport.

Le commissariat chiffrait déjà une augmentation des plaintes envers le ministère des Collèges et Universités de 35,8 %, notamment due à une recrudescence des plaintes liées à l’Université de Sudbury : un total de 115 plaintes et demandes de renseignements reçues suite à l’annonce du ministère du non-financement de l’université du Nord de l’Ontario.

Parmi les cas cités sur lesquels se penchera le commissaire dans les prochains mois pour déterminer s’il y a eu un manquement à la LSF : le non-financement de l’Université de Sudbury « pour en faire une université autonome de langue française », le risque de fermeture d’une garderie de Toronto et les services d’un centre pour la santé mentale et la lutte contre les dépendances à destination des francophones.

Le prochain rapport annuel du Commissaire aux services en français sera publié en décembre prochain et examinera les cas reçus entre le 1er octobre 2023 et le 31 septembre 2024.

De façon générale, le Bureau de l’ombudsman rapporte avoir reçu 27 030 cas, plaintes et demandes, une hausse de 10 % qui en fait l’un des chiffres les plus élevés « depuis des décennies ».

En parallèle des plaintes pour les services en français en augmentation de 73 %, les grands domaines enregistrant des records de cas concernent les droits des enfants vulnérables, les personnes en situation de handicap et des détenus.

Fait notoire, le 1er avril 2024, la compétence de l’Ombudsman s’est élargie et englobe désormais également la supervision des organismes de surveillance de la police, « une avancée attendue depuis longtemps en matière de surveillance civile ».