Jean Turmel, son nom ne vous dit probablement rien. Et pourtant, ce francophone est un champion du monde, et plutôt deux fois qu’une. Selon le livre Guinness des records, il est l’être humain qui a participé le plus aux élections dans le monde et qui, aussi, en a perdu le plus. Toutes. Rien qui puisse le décourager cependant, puisqu’il se représente pour les municipales ontariennes cette année. Insolite.
Ne lui parlez jamais d’abandon. Jean Turmel est entêté : il a fait l’affiche de pancartes électorales de toute sorte, plus que n’importe qui dans le monde.
En effet, qu’elles soient fédérales, provinciales ou municipales, ce natif de Rouyn-Noranda compte depuis 1979, année de sa première candidature, 105 participations à son tableau de chasse, pour presque autant de défaites.
Une pugnace « prouesse » faite dans le moule de l’échec donc et qui s’est soldée par une inscription dans le livre Guinness des records, livre où on peut lire que « Sa seule non-défaite s’est produite lorsque l’élection partielle de Guelph a été devancée par une élection fédérale en 2008 », et donc annulée.
Il était alors impensable pour ce résident de Brantford dans le Sud-Ouest de l’Ontario de rater le scrutin municipal qui s’en vient. Cette fois-ci, il a jeté son dévolu sur Brantford dans l’espoir d’en devenir le maire.
Une histoire d’intérêt
Mais quel est donc le programme de ce candidat atypique qui est derrière tant de défaites? Eh bien, il est question tout bonnement d’abolir les intérêts dans le système bancaire, ni plus, ni moins.
« Supprimer l’intérêt bancaire, c’est la mission que je me suis donnée il y a 42 ans, et je ne cesserai pas de me présenter à toutes les élections tant que nous n’aurons pas nos crédits sans intérêt. On doit payer seulement ce qu’on doit, les intérêts bancaires sont l’arnaque du siècle », explique-t-il le plus sérieusement du monde.
Supprimer l’intérêt bancaire est le programme de Jean Turmel. Gracieuseté
Et comment compte-t-il faire cela? C’est simple : « Je veux reprogrammer les ordinateurs des banques pour qu’ils nous donnent des cartes de crédit sans intérêt. Je suis ingénieur et, en tant que tel, mon devoir est de sauver la planète de l’intérêt bancaire », affirme-t-il.
Une réforme et une refonte donc du système monétaire du pays au complet, voilà ce que propose l’éternel candidat.
Un mathématicien de génie
Hormis sa formation en génie électronique de l’Université de Carleton, M. Turmel a passé quatre années dans les mathématiques appliquées aux jeux dits du hasard.
À l’époque, ce cours est le seul du genre à être dispensé dans tout le Canada et l’étudiant en est sorti majeur de promotion avec un A+ attribué par une pointure mondiale des mathématiques, le professeur Walter Schneider dont il deviendra l’assistant personnel en 1975.
Jean Turmel est également ingénieur et joueur professionnel. Gracieuseté
Et, puisque Jean Turmel ne fait rien comme le commun des mortels, il met naturellement à profit son don et ses connaissances pour embrasser une carrière de joueur professionnel de blackjack et de poker.
Le mathématicien compte parmi les plus grands joueurs mondiaux de blackjack et de poker. Sa capacité à compter les cartes dans ces jeux lui a valu le surnom du « Professeur » dans les plus prestigieux tournois de poker de Las Vegas.
Banni des médias… et des casinos
Toutefois, ce don a aussi entraîné des expulsions manu militari et des interdictions des plus grands casinos américains, notamment du célèbre Sands hôtel sur le Strip de Las Vegas.
Persona non grata, M. Turmel l’est aussi vis-à-vis des débats politiques, du moins selon lui. « Je n’ai jamais gagné une élection parce que mon message et mon programme n’arrivent pas aux électeurs. Les médias ont toujours exclu mon programme des débats. Big Brother ne veut pas que mon message passe. Mais tant pis. Je vais aux débats même si je n’y suis pas invité et je campe là jusqu’à ce que la police vienne me chercher. »
Et le joueur ne bluffe pas : il a été arrêté une vingtaine de fois par la police durant ses campagnes électorales. Une situation qui risque de se reproduire d’ici le 24 octobre prochain, date à laquelle Jean Turmel saura, pour la 105e fois, s’il est élu ou pas.
Un pari qu’il n’est pas prêt de gagner, puisque, d’un point de vue probabiliste, ses chances de l’emporter avoisinent le zéro et, en bon mathématicien, il est bel et bien conscient de cela.
Robert Kirby est maire de Hawkesbury-Est, un mandat qu’il occupe depuis bientôt 20 ans. Il a été élu pour la première fois en 2003. Depuis 2007, le natif d’Hawkesbury ne cesse d’être élu par acclamation. À 74 ans, il entend continuer son rôle aussi longtemps que les habitants le voudront.
LE CONTEXTE :
Hawkesbury-Est se situe dans les Comtés unis de Prescott et Russell. À mi-chemin entre Montréal et Ottawa, ce territoire principalement agricole et ruralcompte près de 3500 habitants et trois villages : Chute-à-Blondeau, Saint-Eugène et Sainte-Anne-de-Prescott.
L‘ENJEU :
Maire avec la plus longue carrière dans la région de Prescott-Russell, Robert Kirby se bat pour l’accès au gaz naturel. Hawkesbury-Est est la seule municipalité à ne pas l’avoir dans la région de Prescott-Russell.
« Comment fait-on pour se renouveler quand on est maire depuis plus de 20 ans?
Le conseil est avec moi-même. Nous travaillons comme un groupe, alors ce n’est pas si pire. Tout le monde est investi pour étudier toutes les idées. Il y a plusieurs postes de conseillers ouverts pour ces élections municipales. Alors, nous allons voir certainement des nouvelles personnes dans l’équipe. Mon travail est beaucoup plus simple ainsi.
En 2003, quand je me suis proposé pour le poste, il y avait des projets que je voulais voir finir et j’avais de nouvelles idées. Par exemple, je travaille depuis longtemps afin que la municipalité ait le gaz naturel. Hawkesbury-Est est la seule municipalité de Prescott-Russell qui n’en a pas. Depuis peu, le gouvernement a commencé à faire des plans. L’an prochain, on pourra espérer voir arriver cela.
Quels sont vos intérêts pour le canton d’Hawkesbury-Est?
J’aime vraiment améliorer les routes, je pense que c’est important de maintenir des infrastructures en bonne santé. Une de mes priorités et sans aucun doute l’accès au gaz naturel mais, chaque année, on découvre des nouvelles choses qui n’étaient pas là avant et il faut s’en occuper. Il s’agit d’être ouvert à toutes les possibilités. Il y a toujours quelque chose à améliorer.
Nous avons levé des fonds depuis près de deux ans, pour avoir un centre communautaire à Saint-Eugène. Là aussi, c’est le seul village du canton à ne pas en avoir. Puis mes intérêts, ce sont les gens. Si quelqu’un a besoin de quelque chose et que nous pouvons le mettre en place, ça va nous faire très plaisir de répondre à la demande. C’est ça nos projets!
Ce qui est très important aussi, ce sont nos écoles. Si nos écoles sont à 25 000 km au large, ce n’est pas intéressant. Puis la santé, ça me touche aussi, c’est très important à mes yeux.
Le canton de Hawkesbury-Est se trouve à mi-chemin entre Ottawa et Montréal. Source : Facebook/The Township of East Hawkesbury
Comment définiriez-vous la francophonie à Hawkesbury-Est?
Comme je suis bilingue, je trouve facile de travailler en français. Puis, toute l’administration est francophone d’ailleurs. En somme, le canton est à majorité francophone. Il y a des anglophones aussi et ça me fait très plaisir de parler en anglais avec eux. Après, vous savez, ce n’est pas étonnant de parler français ici, puisque nous sommes très proches de la frontière avec le Québec. Donc Hawkesbury-Est c’est définitivement franco-ontarien. Je n’ai pas les pourcentages et statistiques, par contre je peux vous dire qu’il y a une belle harmonie ici. Puis, nous sommes beaucoup d’agriculteurs : nous avons ça en commun.
Que signifie cette réélection sans opposition pour vous?
Je me dis quand même que je fais du bon travail. Il y a toujours du travail et je suis vraiment allé chercher de l’argent pour mettre à bien des projets. J’ai travaillé avec plusieurs niveaux de gouvernances et ça aide beaucoup. Alors, je n’ai personne en face de moi, encore une fois. Et vous savez, j’espère que c’est parce que je travaille fort.
J’aime réellement quand il y a des résultats positifs et qu’on me dit que j’ai fait une belle job, c’est certain. Ce n’est pas toujours de même, mais je fais de mon mieux. J’ai été à Hawkesbury-Est toute ma vie et je serai ici probablement tout le reste. Donc faire en sorte d’offrir une meilleure qualité de vie aux gens, ça me rend heureux.
Qu’aimez-vous dans ce rôle de maire?
J’ai rencontré bien du monde différent dans ma carrière et on se rend compte qu’on apprend toujours. Avant d’être maire, je pensais que je connaissais un peu le monde de la politique, mais j’apprends tous les jours. Il faut une bonne relation avec les différents paliers du gouvernement et il se trouve que j’ai cette facilité. Dans ce sens, je pense que c’est important.
J’ai hâte de voir ce nouveau conseil et nous allons établir ensemble une nouvelle direction. Les nouvelles idées sont toujours bienvenues. Une municipalité n’avance pas si le conseil n’avance pas. J’ai vraiment beaucoup de chance, car tous mes conseillers m’ont donné beaucoup de soutien durant mes années de maire. Puis, on y va un mandat à la fois et je fais ce métier-là pour la communauté, pas pour l’argent, je suis très attaché à la communauté.
Robert Kirby, lorsqu’il était président des Comtés unis de Prescott et Russell. Source : Facebook Prescott et Russell
Quels sont les défis d’une municipalité comme Hawkesbury-Est?
Ici, il y a quelques affaires commerciales et des industries, mais nos revenus commerciaux et industriels sont très bas comparés à d’autres municipalités. Nous sommes résidentiels et agricoles en majeure partie alors ça, c’est un peu dur. Il faut faire très attention à nos dépenses. Puis moi, j’ai une ferme sur laquelle je travaille avec des employés et mon fils. Je ne suis pas uniquement le maire, je ne pourrais pas vivre uniquement de ça.
Que dites-vous aux gens pour les convaincre de s’installer dans Hawkesbury-Est?
Ici, on connaît nos voisins : ce sont des relations uniques. Ce n’est pas une grosse ville. Puis, nous avons une population diversifiée. Toutes les fins de semaine, il se passe des événements dans notre centre communautaire. C’est un endroit où il fait bon vivre, entre Montréal et Ottawa. C’est la porte de l’Ontario. »
OTTAWA – Suite à trois ans d’anticipation, la compagnie In Vivo présentait hier l’un des premiers « broadway franco-ontarien » VACHES, the musical visible jusqu’au 8 octobre au Centre des Arts Shenkman. La pièce, qui prend place à Casselman lors de la tempête de verglas de 1998, porte un regard comique et touchant sur la réalité des fermiers et sur l’entraide en temps de crise.
Pour répondre à la question « Pourquoi un Broadway franco-ontarien? », le metteur en scène Dillon Orr s’est empressé de parler d’accessibilité. « Ça passe par la musique qui est une langue universelle », remarque-t-il.
Outre les chansons au rythme contagieux signées Brian St-Pierre, le metteur en scène de Windsor (Ontario) soulève aussi les multiples référents dans le texte, humoristiquement réfléchis par les auteurs Stéphane Guertin et Olivier Nadon, qui ne sont à son avis pas inconnus pour le public franco-ontarien.
« La pièce commence avec Julie (Geneviève Roberge-Bouchard) qui ne veut pas reprendre la ferme familiale depuis 200 ans. Le père fermier (Constant Bernard) doit faire un deuil de son mode de vie rural. […] J’ai moi-même vécu ça. Mes parents ont vendu notre ferme familiale, j’étais la quatrième génération mais personne chez nous ne voulait reprendre ça », conte-t-il.
« La façon dont les personnages communiquent est intrinsèquement franco-ontarienne », renchérit-il, faisant référence à une certaine « pauvreté linguistique » présente dans le dialecte de la pièce. M. Orr donne pour exemple l’une des scènes finales, où un fermier franco-ontarien et une restauratrice anglophone (Emma Ferrante) ne trouvent plus les mots pour décrire l’amour qu’ils ressentent l’un pour l’autre.
Il s’agit donc d’un choix conscient d’avoir conservé en anglais le musical présent dans le titre. « Oui, oui! On parle anglais même si on ne vit que pour la francophonie canadienne », insiste le metteur en scène.
Crise toujours d’actualité
L’histoire s’inspire de faits réels du passé. Elle met toutefois l’accent sur un sujet universel toujours d’actualité, à son avis : « l’entraide dans des moments de crise ».
« Ça va juste durer trois semaines », s’écrient les personnages en début de pièce, suite à l’annonce de la panne d’électricité qui s’avèrera dévastatrice. Ils ne sont pas les seuls qui seront soumis à l’arrêt forcé de leurs activités, puisque les acteurs les interprétant devront eux aussi cesser les répétitions en 2020, en raison de la pandémie.
Sur les planches : Casselman pour décor, la crise de verglas et une vache nommée Caramel. Gracieuseté
Trois ans passeront avant que VACHES, the musical puisse enfin être présenté : « J’avoue que c’est très spécial d’avoir pratiqué un show aussi longtemps sans l’avoir présenté devant un public. Il y a évidemment une certaine pression qui vient avec ça », confie Geneviève Roberge-Bouchard, qui interprète entre autres Julie.
Celle qui fait partie du groupe ottavien Geneviève et Alain souligne malgré tout sa reconnaissance : « Je suis tellement en amour avec ce projet-là depuis le jour un de nos répétitions. On a tellement ri. [..] J’ai pleuré de rire à chaque jour de répétition. »
Francophonie et théâtre musical
« La grande majorité des comédies musicales qu’on voit, c’est des traductions », confirme Dillon Orr.
Le style, qui appartient davantage à la culture anglophone, connaît beaucoup moins de création originale dans la langue de Molière. Un fait confirmé par Geneviève, formée en Théâtre musical à l’Artishow de Gatineau puis au Collège Lionel-Groulx : « C’est rare qu’il y a une création de comédie musicale francophone qui se rend jusqu’au bout parce que ce sont d’énormes productions qui demandent beaucoup de budget. […] Faut que ça te tente! »
« Il y a une recette pour faire du broadway », remarque Dillon Orr, qui n’avait pas d’expérience avec ledit style avant VACHES. Celui qui a travaillé de concert avec la chorégraphe sudburoise Janie Pinard soulève les réflexes et conventions divergents en français comparativement à l’anglais dans les arts de la scène.
« La force du théâtre francophone, c’est qu’il repose beaucoup plus sur l’imagination et l’intelligence des spectateurs », ce qui explique notamment le choix du metteur en scène de faire interpréter à cinq acteurs un total de 27 personnages. « En français, on dit qu’on « assiste à une pièce de théâtre », parce que le public fait une grande partie du travail avec les acteurs sur scène », continue-t-il.
Dans cette optique, Dillon Orr entend qu’il a dû faire un travail constant avec son équipe pour jauger les propos de la comédie musicale : « Ça enlève la partition du public, qui doit toujours un peu compléter les scènes. Selon moi, c’est une grande tradition francophone qui n’existe pas vraiment en anglais, où on doit toujours tout dire cinq fois. »
VACHES the musical commencera sa tournée ontarienne après ses prestations au Centre des Arts Shenkman. Des vitrines et spectacles sont potentiellement à venir en Acadie puis dans l’Est ainsi que dans l’Ouest du Québec.
Reconduit avec une majorité écrasante, à peine mieux que son homologue ontarien Doug Ford, le premier ministre québécois François Legault semble, à tout égard, partager une vision similaire pour sa province. Les deux premiers ministres entretiennent une relation stable, voire solide sur de nombreux sujets. Comment se traduit cette « bromance » qui paraît jouer en leur faveur?
L’Ontario et le Québec partagent de nombreux défis géopolitiques et géoéconomiques. L’été dernier, François Legault se félicitait d’avoir réduit l’écart de richesse avec l’Ontario.
Les deux hommes envisagent la politique de la même façon et s’inspireraient peut-être l’un de l’autre. Pour la politologue est professeure à l’Université d’Ottawa, Geneviève Tellier, « François Legault et Doug Ford sont en phase avec leurs électeurs. Les deux hommes se disent pour les travailleurs et les familles qui ont de la difficulté à joindre les deux bouts ».
Proches du peuple, mais utilisant des moyens de communication – et en faisant une politique – parfois considérés comme obsolètes et traditionnels, ils ont fait campagne « à l’ancienne ».
Pour Jean-François Daoust, chercheur en comportement politique et professeur adjoint à l’Université de Sherbrooke, « les deux hommes projettent la même image de « gentilshommes », ce qui attire une certaine sympathie ».
« Comme Doug Ford, M. Legault est très populaire chez les 50-60 ans, mais pas que », nuance le chercheur. « Legault a un soutien un peu plus large et ne représente pas que le parti des boomers. »
L’anti-jeu démocratique
C’est le style Ford et le style Legault. Alors que les autres leaders performent sur les réseaux sociaux à coup de chorégraphies Tik-Tok et d’immersion façon Poilièvre, les premiers ministres du Québec et de l’Ontario sont des hommes politiques avant tout.
« C’est surtout une question de génération », déduit Mme Tellier. « Au Québec, cela est très visible : on voit bien la différence entre centre-ville et région. Legault et Ford ont des méthodes de vieilles campagnes. »
Jean-François Daoust, chercheur en comportement politique et professeur adjoint à l’Université de Sherbrooke. Gracieuseté
Ces méthodes traditionnelles sont aussi un jeu conservateur. Pour M. Daoust, « François Legault n’a pas trop cherché les médias. Il a refusé des entrevues et été critiqué pour ça ».
« Pourtant, il ne s’est pas caché des médias », reprend-il, « il a fait plus que le strict minimum », a contrario de M. Ford.
François Legault n’a donc pas tout à fait appliqué la méthode Ford, au contraire. « Le premier ministre du Québec a pris des risques », constate Mme Tellier. « J’ai été surprise par cette stratégie. Selon moi, il a multiplié les points presse. »
En effet, comme cette dernière a si bien fonctionné pour Doug Ford, François Legault aurait pu s’en inspirer. « Mais cela n’a pas été le cas et visiblement cela a marché pour lui. »
Qui dit méthode, dit médias sociaux. C’est un bel exemple, puisque c’est là où les autres partis ont un terrain de jeu à exploiter.
Doug Ford et François Legault en novembre 2018. Archive ONFR+
MM. Ford et Legault ont rarement surfé sur cette tendance. Pourtant, les quelques fois où les deux hommes ont communiqué sur les réseaux, ils affichaient leur relation bonne enfant.
Une relation parsemée de blagues, de challenges et de mots affectifs, comme le montre la vidéo de M. Ford en 2021, suite à l’élimination des Maple Leafs de Toronto par les Canadiens de Montréal. Le premier ministre ontarien déclarait à son ami François : « I love you my friend. You’re the best. »
Compétition ou convoitise
Les deux hommes politiques se rejoignent sur des projets communs et veulent mettre l’accent sur l’économie.
Pour Geneviève Tellier, chacun d’eux voit l’économie comme primordiale. « Les deux veulent cette croissance économique avant tout. Même si François Legault n’est pas autant à droite que Doug Ford, les deux hommes ont une bonne compréhension du secteur privé. »
Comme le dit aussi M. Daoust : « Doug Ford et François Legault veulent parler des vraies affaires. Ce ne sont pas des débats d’intellectuels. Pour eux, l’important, c’est l’économie et ce qui touche le vrai monde. »
C’est aussi deux hommes qui viennent du milieu des affaires. « Ford a une grande admiration pour François Legault qui a créé Air Transat, une entreprise de plus grande envergure que la boîte familiale de Ford », explique Mme Tellier, « Doug Ford respecte ça ».
« Une compétition saine », analyse M. Daoust, « ce sont deux politiciens qui se respectent et donc, ont une réelle implication politique ».
Une relation d’unité
Pour le chercheur, quand il s’agit de faire front commun au gouvernement fédéral et notamment sur le sujet des transferts en santé, leur relation est un atout.
Avoir une image unie des deux plus grandes provinces, cela donne inévitablement du poids.
« Il n’y a que des avantages à cette relation entre les deux et ils le savent », explique Jean-François Daoust, « ils sont tous les deux très pragmatiques ».
« Dans son premier mandat, François Legault parlait beaucoup de l’Ontario », explique le chercheur québécois. « Il était quasiment obsédé par l’Ontario, par rapport au niveau de richesse entre les deux provinces. Son projet de société était de rattraper l’Ontario. »
M. Ford se garde de dire ce qu’il pense de la Loi 96 et n’entre pas dans le débat. En effet, « le premier ministre ontarien comprend que ce n’est pas important ce qu’il en pense. Il veut respecter l’autonomie des provinces » en déduit, M. Daoust.
« C’est quelque chose de conservateur, on ne se mêle pas ça, alors que les libéraux ont tendance à être plus interventionnistes. »
Dans la même veine, Doug Ford est assez prudent sur ce qu’il pense de sa province voisine. « Il ne veut peut-être pas froisser le Québec », pense Geneviève Tellier.
Une « bromance » qui politiquement devrait leur servir, même si, en attendant, le premier ministre ontarien veut l’immigration du Québec et le premier ministre québécois veut le produit intérieur brut (PIB) de l’Ontario.
Que ce soit de la comédie, du théâtre, ou que vous cherchiez à vous lancer dans une nouveauté littéraire, chacun peut profiter de la diversité artistique qui est à venir.
Théâtre
Un. Deux. Trois., la grande création pancanadienne de Mani Soleymanlou
Les représentations à Toronto s’entament bientôt pour ce grand projet pancanadien réalisé par Mani Soleymanlou. Quelque 36 interprètes francophones originaires de différentes régions du Canada se réunissent sur scène pour revisiter leur héritage et s’interroger sur des questions à la fois inconfortables et optimistes sur la thématique de l’identité plurielle.
La pièce, qui a été lancée à Ottawa le 19 septembre, se poursuit à Sudbury, avant de boucler sa tournée ontarienne à Toronto.
La pièce Un. Deux. Trois. Crédit image : Jonathan Lorange.
Assistez à la pièce Un. Deux. Trois. du 13 au 16 octobre au Théâtre français de Toronto. Achetez vos billets ici pour réserver vos places.
Littérature
Un premier roman pour l’autrice franco-torontoise Mélanie Guillaume
Conceptrice web le jour, Mélanie Guillaume se lance maintenant dans le monde de la littérature avec son tout premier roman, Plurielle. Originaire de France, l’écrivaine basée à Toronto raconte avec humour l’histoire de femme(s) millénariales vivant en pleine ère du mouvement #MeToo.
Plurielle de Mélanie Guillaume. Crédit image : Les Éditions David
Plurielle de Mélanie Guillaume est disponible dès maintenant. Achetez votre copie sur le site de Les libraires.
Comédie
Tournée nord-ontarienne pour l’humoriste Mike Ward
Que vous aimiez son style grossier ou non, il est indéniable que l’humoriste québécois Mike Ward est gagnant de nombreux admirateurs autant sur le terrain francophone qu’anglophone. Dans le cadre de sa tournée intitulée Noir, Mike Ward a l’intention de provoquer des rires à travers le nord de l’Ontario en passant par Chapleau, Hearst, Kapuskasing et Timmins.
L’humoriste québécois Mike Ward. Crédit image : Michel Grenier
Assistez au spectacle de Mike Ward au Centre régional de Loisirs culturels de Kapuskasing. Les billets seront en vente aux portes à 50 $ (public) et 40 $ (membres).Pour toutes les dates, consultez le site web de Mike Ward.
Concerts
Louis-Jean Cormier en concert intime à Toronto
Anciennement connu en association avec son groupe Karkwa, Louis-Jean Cormier a su faire sa marque en tant qu’artiste solo avec quatre albums, dont le troisième (Quand la nuit tombe) ayant remporté le prix Juno dans la catégorie de l’Album francophone de l’année en 2021.
D’un ton doux et à la fois vulnérable, les mots de Louis-Jean Cormier sont des fenêtres dans lesquelles il vous invite intimement à y entrer.
Le chanteur Louis-Jean Cormier. Crédit image : Ville de pluie
Assistez au concert de Louis-Jean Cormier le vendredi 7 octobre à 20h au Paradise Theatre. Achetez vos billets ici pour réserver vos places.
De Mozart à Haydn, le pianiste virtuose, Jan Lisiecki fait à nouveau preuve d’un incroyable talent
Un enfant prodige à l’âge de 15 ans, Jan Lisiecki est rapidement devenu l’un des plus grands pianistes de notre génération et, au cours de la dernière décennie, a fait preuve d’une maturité et rigueur musicale.
À tout juste 27 ans, il a déjà réussi à remporter un prix Juno et d’innombrables accolades internationales, jouant même devant la reine Elizabeth II sur la colline du Parlement en 2011. Une chose est certaine, son talent lui emmènera à de plus hauts sommets.
Originaire de Calgary, Jan Lisiecki maîtrise la langue de Molière autant que l’anglais et sera en compagnie de L’Orpheus Chamber Orchestra à Toronto où il interprètera les grandes symphonies de Joseph Haydn et Wolfgang Amadeus Mozart.
Le pianiste Jan Lisiecki. Crédit image : Christoph Köstlin/Deutsche Grammophon
Assistez au concert de Jan Lisiecki au Conservatoire royal de musique, le samedi 15 octobre à 20h. Achetez vos billets ici pour réserve vos places.
LONDON – Après 16 ans passés aux commandes du Carrefour des femmes du Sud-Ouest de l’Ontario, la directrice générale sortante, Émilie Crakondji, passe le relais à Aimée Joséphine Utuza, une autre actrice de la francophonie qui a fait carrière dans le secteur social.
La directrice générale du Carrefour des Femmes du Sud-Ouest de l’Ontario, Émilie Crakondji, vient de passer le flambeau après 16 années passées à la tête de l’organisme, autrement dit depuis sa création.
Le mandat de ce dernier est axé sur les services de soutien aux femmes francophones victimes de toutes sortes de violence, y compris sexuelles, ainsi que d’outiller celles-ci afin qu’elles puissent s’épanouir et être autonomes.
« Tout le monde a été surpris par mon départ, mais il ne faut pas comprendre que c’est une décision brusque. C’était prévu de longue date. Je pense que dans toute mission ou chose, à un moment donné, il faut laisser la place à la relève et donner l’opportunité à d’autres personnes qui ont d’autres choses à apporter pour contribuer au combat de la francophonie ontarienne », se résigne l’ancienne directrice.
C’est un secret qui a bien été gardé dans les coulisses du Carrefour des femmes jusqu’à l’annonce faite lors de la dernière assemblée générale annuelle de l’organisme.
Les votes de cette assemblée ont désigné Aimée Joséphine Utuza comme future directrice, une activiste qui a plus de 15 ans d’expérience dans les secteurs de la santé, du sociale et de l’éducation au Rwanda, avant de venir s’installer au Canada en 2018.
Aimée Joséphine Utuza, nouvelle directrice du Carrefour des femmes du Sud-Ouest de l’Ontario. Gracieuseté
« J’ai ressenti de la joie, de la gratitude, et de la détermination lorsque j’ai appris que j’étais élue. La joie d’avoir été la candidate qui a réussi, la gratitude d’obtenir une opportunité de travail qui m’inspire personnellement et la détermination de continuer à renforcer ce que l’organisation a déjà atteint durant 16 années et de faire plus avec des institutions et personnes collaboratrices », confie celle qui a pris ses fonctions en début de semaine.
Les défis à venir
La tâche s’annonce bien ardue pour la nouvelle directrice. Et pour cause, de l’avis même de l’équipe sortante, l’année qui s’achève n’a pas été de tout repos pour les femmes de la région.
En effet, le phénomène de la violence conjugale y a explosé à cause de la pandémie et du confinement qui va avec, ainsi que des mesures sanitaires qui sont pour rendre difficile le travail sur le terrain.
L’autre défi auquel Mme Utuza devrait s’attendre a des allures de menaces dans le sens où il faudrait garantir une continuité des services en français dans cette région, et cela va de leur propre existence!
La directrice générale de Carrefour des femmes du Sud-Ouest, Émilie Crakondji. Gracieuseté
« À mon sens, l’un des plus grands challenges de la nouvelle direction est de maintenir le niveau dans lequel se trouve l’organisme et de pouvoir le surpasser. Parce que la précarité qui existe au niveau des services en français fait qu’il y a toujours une épée Damoclès au-dessus de nos têtes. Il faut donc poursuivre le travail, surtout celui du terrain et innover, sinon, on risque de tomber », conseille l’ex-directrice.
Pour rappel, le Carrefour des femmes du Sud-Ouest de l’Ontario a été désigné en vertu de la Loi sur les services en français de l’Ontario en 2010.
TORONTO – La romancière, nouvelliste, poète et essayiste Marguerite Andersen est décédée à l’âge de 97 ans. Autrice d’une vingtaine d’ouvrages et double lauréate du prix Trillium, cette Franco-Ontarienne d’origine allemande s’est largement inspirée de son parcours d’immigrante pour nourrir une écriture moderne et féministe.
Sa maison d’édition, Prise de parole, la qualifie de « doyenne des lettres franco-ontariennes » et de « précurseure de l’autofiction » qui s’est « donné comme projet littéraire de témoigner, en puisant dans les matériaux de son existence hors de l’ordinaire, de la condition des femmes, et d’en aborder sans détour toutes les dimensions.
L’un de ses romans les plus populaires, De mémoire de femme (1982) est une ode au féminisme, dans laquelle elle retrace son parcours de vie et qui lui a valu le prix du Journal de Montréal pour les jeunes écrivains.
Elle est aussi l’autrice du récit traduit en plusieurs langues La Mauvaise mère, prix littéraire Trillium et prix Émile-Ollivier en 2014. Le figuier sur le toit, qui mêle fiction et autobiographie, a quant a lui raflé le prix littéraire Trillium et le prix des Lecteurs Radio-Canada en 2009. La soupe s’est adjugé de son côté le grand prix du Salon du livre de Toronto. Elle a été finaliste du Prix du Gouverneur général en 2004 pour Parallèles.
Mme Andersen invitée de l’émission Carte de visite. Crédit image : TFO
Membre de l’Ordre du Canada depuis 2016, Mme Andersen a enseigné la littérature française et les études féministes en Europe, en Afrique et en Amérique du Nord. De 1973 à 1980, elle a été directrice du Département d’études françaises de l’Université de Guelph. Puis, de 1987 à 1988, elle a occupé la Chaire d’Études sur les femmes à l’Université Mount Saint Vincent.
« C’est avec une infinie tristesse que les membres, le conseil d’administration et l’équipe ont appris le décès de l’autrice, Marguerite Andersen. Nous présentons à sa famille et à ses proches nos plus sincères condoléances », a déclaré l’Association des auteures et auteurs de l’Ontario français (AAOF).
« Une grande perte » pour la francophonie
« Marguerite Andersen était une autrice accomplie qui livrait des manuscrits toujours minutieusement travaillés… J’ai eu le bonheur de la rencontrer à mes débuts à Prise de parole, en 1990. Le premier ouvrage qu’elle nous a confié, le recueil de nouvelles Courts métrages et instantanés, m’a révélé la générosité et l’intelligence du regard que portait cette femme sur ceux et celles qu’elle observait dans la vie de tous les jours », a réagi Denise Truax, codirectrice générale et directrice de l’édition, à Prise de parole.
« C’est une grande perte », affirme Kim Thuy, présidente du jury du prix Radio-Canada. « Elle m’a touchée. Je ne la connaissais pas du tout avant ce concours. Son livre était marquant et remarquable. Le jury était conquis dès la première lecture. J’étais très heureuse de découvrir son écriture, son point de vue et surtout sa langue, sa vision, son interprétation du monde. Je trouvais que c’était une femme courageuse et déterminée. Au-delà de l’écriture, j’ai aimé la personne. »
« Elle a marqué la littérature franco-ontarienne », estime l’écrivain nord-ontarien Doric Germain, frappé par le parcours singulier de Mme Andersen. « Une Allemande qui adopte le Canada et le français comme sa langue principale, c’est quand même particulier. »
La ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney, a rendu hommage à « une icône de la littérature franco-ontarienne ».
Marguerite Andersen en dix œuvres
Romans De mémoire de femme (1982) – Quinze – Prix du Journal de Montréal (Jeunes écrivains) La Soupe (1995) – Prise de Parole – Grand Prix du Salon du livre de Toronto, Parallèles (2004) – Prise de Parole – Finaliste au Prix du Gouverneur général et au Prix Trillium Doucement le bonheur (2006) – Prise de Parole – Finaliste au prix Trillium Le Figuier sur le toit (2009) – L’Interligne – Prix des lecteurs Radio-Canada et prix Trillium La mauvaise mère (2014) – Prise de Parole- Prix Trillium Récits poétiques L’Autrement pareille (1984) – Prise de Parole Bleu sur blanc (2000) – Prise de Parole – finaliste du Prix Trillium et du Prix du Consulat général de France à Toronto Nouvelles Courts métrages et instantanés (1991) – Prise de Parole Les Crus de l’Esplanade (1998) – Prise de Parole- finaliste prix Trillium
OTTAWA – Alors que le Canada est touché présentement par une pénurie de Tylenol, d’Advil et de médicaments pour enfants, le fédéral ne ferme pas la porte à en allouer certains réglementés dans des langues étrangères sur les tablettes.
C’est ce qu’ont proposé les conservateurs mercredi matin pour faire face à cette pénurie alors qu’arrive la saison de la grippe. Le critique en Santé conservateur Michael Barrett demande au gouvernement d’autoriser la venue de médicaments en langue étrangère en plus de donner des directives aux médecins et aux pharmaciens sur la façon de les administrer.
« L’importation de médicaments aurait des exigences similaires à celles d’autres produits qui nécessitent des conformités linguistiques spécifiques. Les instructions au professionnel de la santé, au pharmacien et au médecin de famille à l’étiquetage temporaire donneraient la possibilité pour le pharmacien de transférer d’une bouteille à une autre l’étiquetage en pharmacie », a affirmé mercredi le député donnant l’exemple d’inhalateurs en espagnol offert durant la pandémie.
Ce dernier déposera une motion en Comité jeudi pour que Santé Canada procède à la venue de médicaments étrangers. En réponse à cette proposition, le ministre de la Santé Jean-Yves Duclos dit ne pas fermer aucune porte à lever l’exigence de l’anglais et du français.
« L’objectif principal est la santé des gens. Donc, s’il faut le faire et s’il faut faire d’autres choses, ça va être fait, mais il faut juste le faire correctement parce que lorsque des médicaments arrivent dans un format qui n’est pas habituel, ces médicaments doivent aussi venir avec des précautions pour protéger la santé des gens », a dit le ministre Duclos avant de faire son entrée à la période des questions.
Le ministre de la Santé, Jean-Yves Duclos. Archives ONFR+
Un projet de loi dit le contraire
Sa collègue, la ministre des Langues officielles Ginette Petitpas Taylor n’a pas souhaité faire de commentaires.
Pourtant, dans son propre projet de loi C-13, c’est écrit noir sur blanc que « les obligations juridiques relatives aux langues officielles s’appliquent en tout temps, notamment lors de situations d’urgence ». Cette affirmation avait été ajoutée lors de la deuxième version du projet de loi en mars 2022 après des ratés en termes d’exigences linguistiques durant la pandémie.
En mars 2020, alors que la pandémie de la COVID-19 frappait de plein fouet le pays, Santé Canada avait levé pendant quelques mois l’exigence du bilinguisme pour des étiquettes des contenants de désinfectants et antiseptiques ainsi que des produits nettoyants. Le commissaire aux langues officielles Raymond Théberge avait vivement critiqué ce type de mesures prises durant la pandémie, les qualifiant de « lacunes flagrantes et récurrentes qui peuvent avoir des conséquences néfastes, voire mettre la vie du public en danger ».
Le commissaire aux langues officielles avait dénoncé la décision de Santé Canada sur l’étiquettage au début de la pandémie. Capture d’écran ONFR+
Le conservateur Michael Barrett a justement pris l’exemple du début de la pandémie pour justifier sa demande ajoutant qu’il compte aussi envoyer une lettre à M. Duclos à ce sujet.
« Jusqu’à présent, nous avons entendu dire que le ministre envoie des pensées et des prières. Et pour les mamans et les papas, cela n’est pas suffisant lorsque leurs enfants ont de la fièvre et qu’ils cherchent à les garder à l’aise », a-t-il dit.
Depuis le début de la pandémie
En août dernier, sur Twitter, Santé Canada avait rappelé aux Canadiens de ne pas faire des réserves de médicaments pendant la pandémie. À l’heure actuelle, ce manque touche particulièrement les ingrédients pour analgésiques sous forme liquide tels que les Advil et les Tylenol pour enfants.
Jean-Yves Duclos ne cache pas que le besoin est présent avec l’hiver qui approche et que « dans les derniers mois, la quantité offerte était très proche de la quantité demandée ».
« Donc, on évalue toutes les possibilités. Évidemment l’enjeu de faire venir des médicaments de l’étranger qui ne sont pas correctement étiquetés dans les deux langues officielles doit être traité correctement pour protéger la santé et la sécurité des gens », a-t-il renchéri.
Le NPD et le Bloc en désaccord
Le député du Nouveau Parti démocratique (NPD) Alexandre Boulerice s’est dit en désaccord avec cette proposition des conservateurs soutenant les erreurs commis par Santé Canada sur l’étiquetage au début de la pandémie.
« C’était une erreur et il ne faut pas répéter cette erreur-là. Il faut respecter la minorité francophone. C’est aussi une question de santé et de sécurité. Si on n’est pas capable de lire les instructions sur une bouteille, on peut mal prendre une posologie et se rendre plus malade. »
Le député Alexandre Boulerice. Crédit image : Bernard Thibodeau, House of Commons Photo Services
Pour le chef du Bloc Québécois, Yves-François Blanchet se dit aussi en faveur de l’accélération du processus, mais à condition qu’on « comprenne ce qui est écrit sur une petite bouteille de pilules ».
« S’il faut que ça devienne un prétexte à renoncer à des formes de maintien de l’application de ce que sont en théorie les langues officielles, je pense qu’il va juste falloir accélérer l’impression de petits papiers dans la bonne langue. »
OTTAWA – Créée en 2005, les Zones Théâtrales est un événement biennal des arts de la scène faisant rayonner les artistes des communautés francophones canadiennes et des régions du Québec. Du 5 au 7 octobre, les Zones, pour la première fois sous format OFF, présentera gratuitement des textes inédits ainsi qu’une rencontre dramaturgique d’artistes pan francophones canadiens et de l’international, à La Nouvelle Scène Gilles Desjardins.
Au programme à partir de ce mercredi soir, des mises en lecture aux paroles brutes, qui questionnent, résonnent et qui écorchent parfois, signés Alain Doom (Ottawa), Anaïs Pellin (Vancouver), Charlotte L’Orage (Ottawa) et Art Babayant (Sherbrooke), dans une traduction de Mishka Lavigne.
Outre la présentation de ces quatre textes, une rencontre publique avec des auteurs en résidence croisée entre le Burkina Faso, la Martinique et le Canada viendra conclure les trois jours.
« C’est un partenariat qui cherche à créer des liens entre les différents territoires francophones internationaux (…). Il s’agit d’une opportunité de découvrir la francophonie canadienne et vice-versa », explique Gilles Poulin-Denis, directeur artistique des Zones Théâtrales.
Suite à un échange en 2019 entre directeurs artistiques et leaders culturels de la francophonie internationale aux Zones, a découlé l’initiative des Transfrontaliers.
Ce partenariat entre les Zones Théâtrales avec le Centre des auteurs dramatiques (CEAD Montréal), Écritures Théâtrales Contemporaine Caraïbe (ETC Martinique) et les Récréatrales (Burkina Faso) a notamment permis d’accueillir en résidence Adéline Flaun et Cédric Mabudu à Ottawa et les auteurs canadiens André Gélineau et Marie-Claire Marcotte en Martinique.
Des droits jamais acquis
« Tous les textes sont très différents et viennent d’endroits divers », remarque Gilles Poulin-Denis. Cette diversité de paroles et d’histoires soulève souvent une même réflexion : « Les droits ne sont jamais acquis ». Celui qui dirige artistiquement les Zones depuis six ans fait notamment référence à l’un des textes qui seront présentés : Bros/Les Gars d’Art Babayan L’auteur y aborde les droits des personnes LGTBQ2+ en apparence protégés au Canada alors qu’il en est tout autre dans d’autres pays.
Ligne d’Écoute de Charlotte L’Orage, est de son côté « très imagé et poétique » tout en étant porteur d’« une urgence de communiquer », explique-t-il. L’autrice originaire de l’Ontario français y commente notamment la violence systémique dont elle a l’impression que plus personne ne porte attention.
La pièce La Befana d’Anaïs Pellin, qui s’adresse à un jeune public, porte sur un droit éphémère : la vie. « On parle d’une jeune fille courageuse et d’une belle relation entre une grand-mère et sa petite fille, qui aborde la mort mais d’une façon très poétique », comme le décrit Gilles Poulin-Denis.
Avec son texte Thomas Lortie, Alain Doom amène quant à lui le public dans un huis clos mystérieux où des personnages vieillissants enfermés dans leur propre histoire s’expriment dans une langue orale fantasmée qui aurait pu être, mais qui n’a jamais été.
La lecture de Thomas Lortie et la rencontre avec les auteurs précéderont la représentation du spectacle Pacific Palisade, présenté par le Théâtre du Trillium.
Une suite de l’édition 2021
« C’est comme l’édition 2021 qui se poursuit en 2022 », affirme Gilles Poulin-Denis. Celui qui dirige la compagnie théâtrale 2PAR4 à Vancouver soulève que le climat pandémique de l’année dernière a provoqué l’annulation de ces mises en lectures.
« J’avais décidé de ne pas programmer de lecture publique pendant cette édition parce qu’on ne savait pas avant dernière minute si on pouvait maintenir le tout en présentiel. Je trouvais que le format virtuel ne servait pas les textes », explique-t-il
Il s’agit aussi d’une façon pour la biennale, dont la prochaine édition aura lieu en septembre 2023, de renouer avec le public en proposant une vitrine privilégiée sur des œuvres inédites.
OTTAWA – Les organismes de la francophonie minoritaire demandent au gouvernement Trudeau 300 millions de dollars supplémentaires pour assurer leur survie financière alors qu’un organisme sur six se dit en situation précaire.
C’est ce qu’avance la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada qui affirme avoir consulté 188 organismes de la francophonie minoritaire pour en arriver à cette conclusion. Dans ce lot, 63 % soutiennent ne pas disposer d’un budget suffisant pour répondre à leur mission de base, et près des deux tiers disent subir une pénurie de personnel. 90 % avancent par ailleurs être forcés d’offrir un salaire moyen inférieur au salaire moyen au Canada.
« On peut voir à l’horizon des scénarios très plausibles de fermetures d’organismes francophones, car ils ne seront plus en mesure de recruter pour pourvoir des postes ou d’offrir des salaires décents pour les employés », rapporte la présidente de la FCFA, Liane Roy.
En Ontario, la situation est encore pire d’après la consultation effectuée par la FCFA. Selon les chiffres de 2020-2021, la plus grosse province au pays comportait 92 organismes bénéficiaires des enveloppes fédérales pour une moyenne de 63 600 $ par organisme. Dans les autres provinces et territoires, les organismes disposent au minimum chacun, en moyenne, 108 000 $ en dépenses.
Le portrait par province et territoire des dépenses des organismes francophones en situation minoritaire. Source :FCFA
Vers un plus gros montant?
La FCFA souhaite que 280 des 300 millions de dollars sur cinq ans servent à bonifier le financement des organismes pour une augmentation totale de 66 % et d’accroître de moitié le bassin des bénéficiaires.
« Il y a plusieurs organisations depuis des années qui vont chercher des enveloppes de projets ici et là, mais ce n’est pas suffisant pour assurer la santé globale de l’organisme et ça les maintient dans un esprit de précarité perpétuelle et souvent ils ont un roulement de personnel très élevé », souligne le directeur général de la FCFA Alain Dupuis.
L’organisme des francophones du Canada souhaite que ce montant soit inclus dans le prochain Plan d’action pour les langues officielles qui sera en vigueur du 1er avril 2023 jusqu’en 2028. Ce plan est le document qui guide le gouvernement durant cinq ans sur sa façon de gérer les enjeux relatifs aux communautés en milieu minoritaire. S’il est plutôt inconnu pour les Canadiens, il constitue un guide de référence pour les organismes communautaires en milieu minoritaire, dont le fédéral a recueilli leurs doléances cet été lors des consultations de ce Plan.
Lors du dernier Plan d’action, le fédéral avait investi un montant record de 500 millions de dollars, mais seuls 10 % de ce montant était destiné aux organismes soutien la FCFA.
« Dans le dernier Plan d’action, on est juste revenu sur des montants qui étaient vraiment inacceptables, car ça faisait des décennies qu’il n’y avait pas eu d’augmentation. C’est juste de rendre le verre au tiers, car avant, il était complètement vide. Là, c’est juste de rétablir la situation pour arriver à quelque chose de plus viable et de plus acceptable pour nos organisations », espère Mme Roy.
La ministre des Langues officielles Ginette Petitpas Taylor dit « entendre le cri du cœur des organismes qui demandent des ressources additionnelles pour qu’ils puissent continuer à bien faire leur travail ».
« Le rapport déposé aujourd’hui par la FCFA réitère l’urgence d’agir pour renverser le déclin du français et assurer la vitalité des communautés francophones et acadienne au pays », a-t-elle ajoutée dans une déclaration par courriel.
La FCFA soutient que sa demande va main dans la main avec l’essor du français dans les milieux minoritaires.
« Les organisations communautaires sont celles qui font vivre le français au quotidien à l’extérieur de nos écoles et je pense qu’il ne faut pas le sous-estimer. Le milieu communautaire est le poumon qui fait vivre le français au quotidien et si on perd ça, on perdra énormément la capacité de faire croître le français pour la prochaine décennie », estime Alain Dupuis.
SUDBURY – Il s’agissait de la dernière étape dans le dossier de la crise de la Laurentienne : la Cour supérieure de l’Ontario a approuvé ce mercredi matin le plan d’arrangement de l’établissement dans le cadre de sa restructuration. L’Université Laurentienne sortira officiellement du processus de la Loi sur les arrangements avec les créanciers (LACC) et de son insolvabilité le 30 novembre prochain.
« Dans des circonstances très difficiles, j’espère que cela donnera une solution au passé et une feuille de route pour l’avenir, pour l’Université Laurentienne, pour ses étudiants, pour tous ses professeurs et pour la ville de Sudbury », a déclaré le juge en chef à la tête de la Cour de justice de l’Ontario, Geoffrey B. Morawetz en fin d’audience.
L’audience de la Cour supérieure de l’Ontario n’a pas connu de remous et l’appui au plan d’arrangement s’est fait sans obstacle, aucune question n’a été posée durant la séance.
« La motion visant à sanctionner le plan d’arrangement est accordée et, ce faisant, je conclus qu’il y a eu un respect strict des prévisions. Le plan est juste et raisonnable », a conclu le juge en chef Morawetz.
L’Université Laurentienne obtient donc gain de cause dans sa demande d’une ordonnance de sanction concernant le plan d’arrangement.
Le 14 septembre dernier, les créanciers à qui La Laurentienne devait plus de 180 millions de dollars ont approuvé, de justesse, un plan qui leur permettra de recouvrer une partie de ce qui leur est dû.
Celui-ci peut donc officiellement être mis en œuvre, et les créanciers pourront obtenir la part de remboursement qui leur a été promise avec ce plan, soit entre 14 et 24 % de la dette d’ici les trois prochaines années.
Les fonds proviendront de la vente de biens immobiliers à la province estimée à près de 45 millions de dollars.
Prolongation de la période de protection
La Laurentienne en a profité pour demander une extension de la période de la protection contre ses créanciers qui prenait fin le 30 septembre dernier. Prolongation qui lui a été également accordée, avec une nouvelle période de fin maintenant fixée au 30 novembre prochain.
La représentante juridique de l’établissement, l’avocate D.J Miller, a tenu à souligner que la crise traversée par la Laurentienne s’est déroulée durant la pandémie ce qui a doublement affecté le processus.
« Cette étape importante devrait donner confiance aux candidats à l’Université Laurentienne qu’ils pourront commencer et terminer leurs études ici », a indiqué de son côté l’Université dans un communiqué.
L’institution a également annoncé que sa journée portes ouvertes d’automne aura lieu le 22 octobre prochain.
En rappel, il s’agit du premier établissement public à se placer sous une protection contre l’insolvabilité par le biais de la LACC en février 2021, ce qui servira de précédent selon Me Miller.
Au total, la crise aura duré près de 21 mois, et poussé à la fermeture de 72 programmes, dont 29 programmes en français en avril 2021.
« Ce fut une période difficile, espérons qu’il y aura de meilleurs jours », espère le juge Morawetz en toute fin de séance.
ALFRED – Voilà pas moins de 3000 hectares, soit 7500 terrains de football, que couvrent la tourbière d’Alfred et sa promenade. C’est la plus grande tourbière à l’Est de l’Ontario et dans le bassin Sud du Canada. C’est une source de carbone âgée de 10 000 ans et c’est pourquoi cet espace de verdure est un endroit exceptionnel pour la faune et la flore locale. C’est aussi l’habitat de nombreuses espèces, dont des orignaux, oiseaux, moustiques et animaux que l’on ne retrouve nulle part ailleurs.
Le gouvernement de l’Ontario lancera prochainement un projet de conservation qui fera l’objet de futures consultations. Pour l’instant, il n’y a pas de plan d’aménagement prévu.
La tourbière d’Alfred deviendra un parc provincial non opérationnel, il n’y aura donc pas d’aires de camping. Cependant, il existe déjà un sentier : le Bog Walk Trail, une passerelle de 273 mètres qui passe au-dessus de la tourbière offrant aux visiteurs la possibilité d’observer cet incroyable écosystème.
« Les intérêts de la tourbière, je les ai à cœur », affirme René Beaulne, habitant d’Alfred, très impliqué dans sa communauté. « Il y a 20 ans, nous avions, avec Don Boudria (ancien député fédéral), travaillé sur un comité de citoyens passionnés de la tourbière. Déjà en 1994, nous demandions à ce que la tourbière devienne un parc fédéral. »
Préservation de la tourbière
Le gouvernement de l’Ontario sera donc à l’initiative de cette nouvelle désignation. L’Ontario possède 115 parcs opérationnels et 225 parcs non opérationnels, en plus de 295 réserves de conservation, soit 9,2 millions d’hectares auxquels s’ajouteront les 3300 hectares de la tourbière d’Alfred.
Il s’agit de la plus grande tourbière à l’Est d’Ottawa. Depuis 10 000 ans, cette tourbière abrite de nombreuses espèces. « Il y a vraiment des tas d’animaux et de plantes différentes », explique M. Beaulne. « Il y a une tortue et des oiseaux assez rares, une fleur carnivore et une sorte d’orchidée qu’on ne voit nulle part. Il faut absolument protéger leur habitat. »
Une tortue mouchetée dans la tourbière d’Alfred. Crédit image : Ryan M. Bolton
Selon le porte-parole de Conservation de la nature Canada (CNC), Jensen Edwards, « il y a des recensements d’espèces et un plan de gestion et en ce qui concerne la tourbière d’Alfred qui constitue un habitat essentiel pour un oiseau particulièrement menacé : l’engoulevent bois-pourri ».
« Il y a aussi de nombreux orignaux et ce qui est intéressant, c’est qu’ils sont connectés aux orignaux de la tourbière Mer bleue située tout près d’Ottawa. »
Pour CNC, la protection de la tourbière d’Alfred permet de relier entre eux des habitats de l’orignal qui s’étendent de la tourbière Mer bleue à la forêt Larose. « Cela va créer un ruban de verdure entre Ottawa et Vankleek Hill. C’est très important de protéger ce corridor écologique pour permettre aux espèces de se rencontrer et pour diversifier leur génome, pour leur survie. »
Un engoulevent bois-pourri. Crédit image : Lee Ellsworth / 500px via Getty Images
La tourbière d’Alfred, c’est un lieu pour les amoureux de la nature, raconte René Beaulne. « Cet endroit est extraordinaire, lorsque j’étais enfant, mon père m’amenait souvent dans la tourbière pour ramasser des bleuets tout en faisant attention de ne pas détruire la diversité, tant de la faune que de la flore. »
« Il faut faire attention où on met les pieds et on peut y observer des insectes, libellules, des amphibiens, des grenouilles. Nous, on allait voir les orignaux au bout de la concession 10 », se rappelle-t-il.
Vieille de 10 000 ans
Au départ, la tourbière s’étendait sur 10 000 hectares, René Beaulne dit avoir sonné l’alarme à plusieurs reprises, mais « elle a perdu du terrain ».
Pour le porte-parole de CNC, « au cours des derniers 200 ans, le développement humain a réduit les tourbières de la région. Celle d’Alfred a perdu un tiers de sa taille d’origine ».
« On a réussi à protéger environ 3300 hectares de la tourbière. À peu près 1700 hectares de cette tourbière nous appartiennent et 1200 hectares ont été transférés à la province. »
M. Edwards, rappelle que depuis 40 ans, CNC tente de préserver cet espace. La tourbière a aussi déjà eu quelques améliorations comme avec la passerelle de la Conservation de la Nation Sud, longue de 273 mètres.
Un enjeu pour l’environnement
« Il y a beaucoup de citoyens pour qui l’environnement est un enjeu sérieux et, en faisant du porte-à-porte pour les élections municipales, ces questions sont très souvent revenues. »
Le porte-parole de CNC se dit très heureux d’entendre que ce projet aille de l’avant. « On a confiance pour cette tourbière puisque le surintendant des parcs provinciaux de cette région nous a donné des assurances que son équipe surveillera de plus près la tourbière afin de s’assurer que les visiteurs s’alignent sur nos valeurs de conservation. »
Il rappelle aussi que les tourbières ont des écosystèmes qui stockent le carbone dans la mousse et qui améliore l’eau. « Elle fonctionne comme une éponge géante qui filtre lorsque l’eau passe à travers les plantes et les racines. »
Une tourbière en aussi bonne santé et bonne condition semble rare dans le sud dans cette région en l’Ontario. M. Edwards explique que c’est plus souvent un système boréal et donc du Nord.
Pour CNC, la priorité est de surveiller la tourbière et de la protéger contre les espèces envahissantes. « Il faut protéger cet espace face aux grandes menaces dont le changement climatique et le roseau commun, très menaçant en milieux humides. »
Jean Saint-Pierre, vice-président de Boisés Est, une association pour les propriétaires de boisés dans l’Est ontarien, considère que la protection de cet environnement devrait s’étendre aux forêts et boisés qui entourent la tourbière. « Ce sont des services écosystémiques. Les arbres absorbent les polluants et réduisent les incidents liés aux inondations. »
Il rappelle que la région tente toujours de sauver et récupérer ce qui a été détruit durant la tempête de mai 2022.
Pour le porte-parole, « tant que nous en prenons bien soin, la tourbière suivra son processus naturel ». En effet, la tourbière d’Alfred assure sa subsistance depuis 10 000 ans.
Le roseau commun est une espèce endémique près des tourbières. Crédit image : LeliaSpb / Moment via Getty Images
Les quatre dernières années avec François Legault au pouvoir au Québec auront permis, aux dires des organismes francophones, un rapprochement avec la francophonie canadienne. Le second mandat qu’il entame après sa victoire aux élections provinciales est donc vu avec optimisme, d’autant que les récents chiffres du déclin du français forment un point de convergence.
L’un des moments phares du dernier mandat de la Coalition avenir Québec (CAQ) est l’adoption du projet de Loi 96 adopté avant les élections visant à renforcer la place du français au Québec. La mouture inclut des passages sur la francophonie canadienne comme celle de permettre aux étudiants francophones canadiens de venir étudier au Québec au même prix qu’un Québécois si son programme n’est pas offert en français dans sa province.
On s’engage aussi à la « responsabilité particulière » que doit jouer la Belle Province dans son rôle de premier plan au sein de la francophonie ainsi qu’à la contribution du Québec à « l’essor » des communautés francophones du Canada.
« C’est un bilan somme toute positif », analyse Martin Meunier, professeur et titulaire de la Chaire de recherche Québec, francophonie canadienne et mutations culturelles à l’Université d’Ottawa. « C’est le premier gouvernement à avoir réalisé son plan avec la francophonie canadienne. Même le Parti libéral avant n’avait pas été aussi loin dans sa volonté de rapprochement avec les francophonies canadiennes que la CAQ. »
Il y a aussi la Politique en matière de francophonie canadienne comportant 80 mesures concrètes autour de cinq grandes orientations dans le cadre d’un plan sur trois ans. Après l’avoir adoptée en mars à l’initiative de la ministre Sonia Lebel, Québec avait promis la tenue d’un sommet de la francophonie canadienne en plus de tripler son aide destinée à la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada.
« Pour nous, cette politique-là était très positive », rappelle Liane Roy, la présidente de la FCFA. « Donc, on espère que cette continuité va faire en sorte qu’on va être en mesure de poursuivre tout ce qui a été commencé (…). C’est le même parti, donc ça augure bien pour la poursuite du rapprochement avec le Québec. »
La ministre sortante québécoise responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne, Sonia LeBel. Archives ONFR+
Plus spécifiquement en Ontario, la ministre des Affaires francophones Caroline Mulroney et son homologue Sonia Lebel avaient annoncé, en septembre 2021, un financement de 500 000 $ pour 19 projets élaborés conjointement par des organisations francophones des deux provinces.
« C’est évident qu’on veut que ça se poursuive. Ça donne une bonne idée de ce que le Québec entend faire comme leader en tant que province francophone et je pense que c’est de bon augure », estime le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) Carol Jolin.
Dans l’autre province voisine, le Nouveau-Brunswick, on espère voir ce type d’entente se développer avec le gouvernement de Blaine Higgs. La Société de L’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) aimerait voir la province bilingue prendre le taureau par les cornes dans le dossier.
« Il y a un lien naturel entre le Québec et le Nouveau-Brunswick, deux seules provinces où il y a une spécificité linguistique. Lorsqu’on va en Gaspésie ou aux Îles-de-la-Madeleine, c’est assez similaire au nord du Nouveau-Brunswick (…). Le gouvernement du Québec peut financer directement des projets de façon très concrète entre l’Acadie et le Québec », donne en exemple son président Alexandre Cédric Doucet.
Déclin du français
La question du déclin du français et de la francisation des immigrants est revenue dans les plateformes de tous les partis québécois lors des élections provinciales, notamment de la CAQ. Le dossier risque encore de revenir dans les prochaines années, notamment en raison de la marée bleue caquiste qui a frappé les régions du Québec, croit le politologue Martin Meunier.
« C’est central et on arrive à un point névralgique. On voit bien que, par le résultat électoral, le Québec est plus que divisé en deux entre Montréal et le reste du Québec. Montréal a une configuration bien à elle et si la CAQ ne veut pas perdre à tout jamais Montréal, elle va devoir agir, car les chiffres sont inquiétants en termes de francisation. »
François Legault a justement mentionné en conférence de presse mardi après sa victoire qu’arrêter le déclin du français était l’un des sujets de discussion avec Justin Trudeau. Sur ce dossier, le premier ministre québécois dit espérer de son homologue fédéral « une ouverture, qu’on se rencontre et qu’on en parle ».
« Même s’il y a un déclin au Québec, c’est quand même l’endroit où il y a le plus de francophones alors s’ils prennent des mesures, c’est toujours salué des francophones ailleurs au pays », souligne Liane Roy. « Surtout si ce sont des mesures qui sont là pour valoriser le français, freiner le déclin et qui ont la lentille de la francophonie en milieu minoritaire. »
La présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA), Liane Roy. Gracieuseté
De telles politiques renforcées pourraient bénéficier aux francophones du reste du Canada, estime M. Meunier.
« Je ne pense pas que les mauvaises statistiques radicalisent le discours de la CAQ face aux francophonies. Je pense plutôt que l’aide du Québec va être accrue et on va concrétiser encore plus rapidement ce qui a été mis lors des quatre premières années. »
SUDBURY – Coup de théâtre à Sudbury : le maire sortant Brian Bigger vient d’annoncer ce mardi après-midi son retrait de la course électorale municipale à seulement 20 jours du scrutin.
Le maire a annoncé vouloir se retirer de la course pour raison familiale et prendre soin de sa mère souffrante dans une lettre envoyée aux médias en après-midi.
« Ce que je sais, c’est que la famille est la chose la plus importante dans ma vie. J’ai une femme que j’aime profondément, deux merveilleux enfants, cinq beaux petits enfants et une mère, qui ont tous besoin de moi en ce moment », a-t-il laissé savoir.
Il venait pourtant d’assister à une discussion avec sept des neuf candidats à la course hier en soirée, lors d’une causerie sur des enjeux environnementaux et sociaux organisée par plusieurs organismes de la ville au théâtre indépendant Indie Sudbury cinema.
Le maire Brian Bigger est resté relativement discret durant un événement réunissant les candidats à la mairie de Sudbury hier en soirée. Crédit image : Inès Rebei.
Il avait, cependant, quitté la salle directement à la fin après avoir réitéré sa volonté d’être réélu dans son mot de la fin.
Le maire sortant a travaillé pendant 13 ans au sein de la municipalité comme maire et comme premier vérificateur général de la ville du nickel. Il est le seul maire à avoir remporté un second mandat depuis la fusion de la ville en 2001.
Il reste donc huit candidats en lice pour les élections municipales qui se tiendront le 24 octobre.
Après des élections ontariennes sans grand suspens, c’est autour de celles de la voisine québécoise de délivrer leur verdict et, sans grande surprise également, c’est bien le premier ministre sortant, François Legault qui a été reconduit haut la main. Quel écho cela a-t-il chez les responsables franco-ontariens?
Les électeurs québécois ont accordé encore une fois leur confiance à leur premier ministre, François Legault, pour un deuxième mandat consécutif afin de gérer les affaires provinciales.
Avec 90 sièges remportés confortablement sur les 125 disponibles et loin devant la débâcle du Parti libéral du Québec qui concède une défaite historique dans cette province, la Coalition Avenir Québec de François Legault est reportée au pouvoir pour un second mandat consécutif et encore plus majoritaire que le précédent, ce qui est en soi une première au Québec depuis 1998.
« Ces résultats ne sont pas vraiment une surprise pour nous. Les sondages les prédisaient amplement », réagit Carol Jolin. Le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) qui se satisfait du dénouement de ces élections dans la mesure où cela va permettre une continuité dans le travail déjà entamé par les deux provinces concernant la francophonie.
Un rapprochement interprovincial « pérennisé »
« Avec les résultats de ces élections, le rapprochement observé entre les deux provinces sur la chose francophone va se pérenniser et ça, c’est une très bonne chose pour nous. Par exemple, le gouvernement du Québec et la société civile du Québec ont appuyé le dossier de l’Université de l’Ontario français, c’est quelque chose qu’on a beaucoup apprécié », rappelle-t-il.
Toutefois, s’agissant du dossier du postsecondaire, le président de l’AFO aimerait bien voir un réseau d’universités franco-ontariennes ayant un poids considérable sur la scène nationale, voire internationale.
Carol Jolin, président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario. Archives ONFR+
« Ce qu’on essaie de faire avec les universités de l’UOF, de Sudbury et de celle de Hearst. On verra si l’Université d’Ottawa veut s’y greffer pour construire un réseau universitaire fort de partenariats avec différentes universités de la francophonie canadienne et internationale. Dans cette optique, on aimerait bien voir quelle sorte de partenariat on pourrait avoir avec les collèges et universités du Québec », confie M. Jolin.
Plus de partenariats économiques et culturels
Sur le plan économique, le milieu entrepreneurial franco-ontarien semble tout aussi satisfait de ces résultats. « On se réjouit à l’idée de continuer à développer et à approfondir les relations et l’économie qu’on a mis en place avec le Québec depuis quatre années, car il y a eu un réel changement dans l’état d’esprit du Québec depuis ce temps-là », observe Richard Kempler, directeur général de la Fédération des gens d’affaires francophones de l’Ontario (FGA).
« Le gouvernement du Québec parle maintenant de francophonie canadienne et non plus simplement de la défense du français hors Québec », constate-t-il.
Richard Kempler, directeur général de la FGA. Archives ONFR+
Et d’ajouter : « C’est un paradigme qui s’est opéré au sein du gouvernement du Québec qui a une volonté manifeste d’appuyer l’économie francophone partout dans le pays, notamment et surtout en Ontario. »
Le président de la FGA en veut pour preuve le volume des échanges économiques et commerciaux entre les deux provinces, ainsi qu’au fait que la moitié des francophones hors Québec se trouve en Ontario,
En effet, selon Catherine Tadros, cheffe du Bureau du Québec à Toronto, « faute de données plus récentes, les échanges commerciaux de biens et de services entre le Québec et l’Ontario se chiffraient à 92,6 milliards de dollars en 2018 ». Pour rappel, à elles seules, ces deux provinces représentent plus des trois quarts du PIB du pays.
Quant aux défis économiques et aux opportunités d’affaires attendues de ce « nouveau » gouvernement québécois, Mme Tadros ne veut point se prononcer là-dessus tant que le premier conseil des ministres n’a pas eu lieu.
Catherine Tadros, Cheffe du Bureau du Québec à Toronto. Gracieuseté
« Nous pourrions peut-être discuter des priorités du prochain gouvernement québécois dans sa relation avec l’Ontario lorsque le prochain conseil des ministres sera assermenté? Nous aurons certainement plus à dire à ce moment », s’abstient-elle.
Échanges culturelles : peut mieux faire
Enfin, si le pan économique peut s’attendre à de beaux jours devant lui, les avis des acteurs franco-ontariens à propos du sort du secteur culturel sont mitigés, à l’instar du président de l’AFO.
« Dans le domaine de la culture, il y a des choses qui sont encourageantes dans le sens où les montants alloués aux projets culturels ont été bonifiés et des projets de collaboration francophone entre les deux provinces ont été mis en place. Cela dit, on aimerait bien voir nos artistes franco-ontariens performer plus souvent au Québec et jouir ainsi de la même mobilité qu’ont les artistes québécois à venir se produire en Ontario, je pense qu’on a du travail à faire de ce côté-là », observe M. Jolin.
Les deux provinces ont notamment signé en début d’année un accord de coopération et d’échanges en matière de francophonie qui les engagent à soutenir jusqu’à 500 000 $ de projets communs qui contribuent à la vie en français au Canada, que ce soit dans la culture, le développement économique, l’éducation ou encore le tourisme.
HAMILTON – Si elle est élue maire de Hamilton aux prochaines élections municipales, l’ex-cheffe du Nouveau Parti démocratique affirme qu’elle fera du drapeau franco-ontarien un drapeau permanent devant l’hôtel de ville. Dans une longue entrevue accordée à ONFR+, elle dévoile ses autres priorités pour la ville de l’acier.
« Je suis en faveur de faire flotter en permanence le drapeau franco-ontarien à l’hôtel de ville toute l’année et, en tant que maire, c’est exactement ce que je ferai. »
Cette déclaration au micro d’ONFR+ fait suite à la cérémonie du lever de drapeau à Hamilton, le 22 septembre dernier, qui a failli tourner au fiasco après une mésentente entre l’ACFO Régionale Hamilton et l’équipe municipale en place. L’événement a été avancé d’un jour au dernier moment et le drapeau permanent retiré, selon les organisateurs. Une affirmation démentie par la mairie.
Si elle succède à Fred Eisenberger, l’ex-cheffe du NPD qui s’est lancée dans la course à la mairie en juillet dernier, s’engage en outre à « travailler avec les Franco-Ontariens de Hamilton pour assurer que tous les événements et commémorations officielles de la ville soient planifiés en consultation et en coordination avec la communauté franco-ontarienne ».
Andrea Horwath au moment du lever de drapeau franco-ontarien à Hamilton le 22 septembre dernier. Gracieuseté
Dans la course à la mairie, l’actuelle députée provinciale de Hamilton-Centre est aux prises avec huit autres candidats, dont le libéral Bob Bratina, ancien maire, député fédéral et conseiller du quartier 2, Keanin Loomis, ancien président et chef de la direction de la Chambre de commerce de Hamilton, ainsi que Ejaz Butt, vétéran de l’industrie du taxi et immigrant pakistanais.
Priorité au logement abordable
La priorité numéro un d’Andrea Horwath, si elle conquiert le fauteuil de mairesse, sera le logement. Pour faire baisser les prix du marché, elle affirme être en mesure d’accroître le nombre de logements sans étendre les limites de la ville. « C’est possible et nécessaire, car on doit intensifier les options de logement abordable tout en faisant attention de préserver les espaces naturels et agricoles. Et ça ne se fera pas sans une collaboration étroite avec les gouvernements provincial et fédéral. »
Mais travailler avec la province et le premier ministre sera-t-il compliqué pour l’ancienne cheffe de l’opposition face à Doug Ford ? « Pas du tout », affirme-t-elle. « Je suis absolument confiante que ça fonctionnera avec la province et le premier ministre lui-même m’a envoyé une note pour me souhaiter la victoire, au moment où je me suis lancée dans la course. »
Elle entend aussi mener un combat sans merci contre la crise des opioïdes et des dépendances, « une tragédie qui dévaste nos rues et nos familles. Ça fauche des vies et on doit prendre cela très au sérieux en s’assurant de fournir des endroits sécuritaires où les gens peuvent consommer car, qu’on le veuille ou non, ils vont les consommer, mais aussi faire un partenariat avec des agences régulatrices au niveau fédéral ».
Et de tacler la passivité des gouvernements dans ce domaine comme dans celui de la santé mentale.
Favorable au train léger
« Le train léger est quelque chose que je défends depuis le début des années 2000 quand j’étais conseillère municipale et je vais continuer à me battre pour ce projet et le mettre en place car les Hamiltoniens en ont besoin. »
Critiqué pour son coût, ce projet a connu de multiples rebondissements ces dernières, avant d’être soutenu par la province et le fédéral à hauteur de 3,4 milliards de dollars, et d’être adopté par le conseil municipal l’année dernière.
« On peut être fier de cette opportunité d’étendre les services de transports dans des parties de notre ville qui ont un faible accès aux transports. Je veux améliorer ça pour que les commerçants, les travailleurs et les familles puissent se déplacer. C’est un impératif environnemental et économique. »
« Hamilton est une ville où le coût de la vie dépasse celui de Los Angeles » – Andrea Horwath
Plus de transports et plus de services sociaux, cela signifie-t-il plus de taxes pour les Hamiltoniens? « Je suis consciente que la capacité budgétaire de la ville est très précaire. La solution est de ramener les industries et le commerce à Hamilton, afin d’avoir plus de taxes industrielles et commerciales pour enlever de la pression sur la taille des taxes résidentielles, car la vie devient vraiment inabordable. Hamilton est une ville où le coût de la vie dépasse celui de Los Angeles. Ça, c’est un gros problème. »
Mme Horwath compte créer des lieux supervisés pour les toxicomanes et adapter le train léger aux besoins des usagers. Crédit image : Jackson Ho
Attirer les industries et entreprises
Pour la candidate, il est essentiel de rééquilibrer la répartition des taxes en misant sur le développement économique, l’industrie verte, les biotechnologies, la recherche universitaire et médicale. « Il y a tant de possibilités, on a tant de travailleurs qualifiés et d’institutions pour développer les petites et moyennes entreprises, d’autant qu’on peut s’appuyer sur un port en eaux profondes, un aéroport et un réseau ferroviaire. »
Alors que le manque de transparence publique est régulièrement soulevé par les résidents de la ville de l’acier, elle promet un comité de la transparence. « Oui il y a un problème d’imputabilité et de confiance. La meilleure réponse que je puisse apporter est d’inciter les gens à se réengager pour le développement de leur ville. »
Criminalité : pas de réponse simple
Pour lutter contre criminalité, « on doit s’attaquer à la fin des armes à feu sur notre territoire mais aussi aider les gens sans toit en proie aux dépendances qui commettent des crimes pour survivre », croit-elle. « Il faut les enlever du système judiciaire. La police a déjà ce réflexe. Il faut le poursuivre en impliquant encore davantage les travailleurs sociaux et en santé mentale, y compris lors des appels au 911. »
Après son échec à devenir première ministre de l’Ontario, elle affirme que sa candidature n’est pas une issue de secours mais que c’est sa passion pour les gens qui l’a poussée à se lancer dans la course à la mairie.
« Avant même d’être élue, j’ai servi les Hamiltoniens durant toute ma vie en travaillant dans une clinique juridique, puis dans le logement social. C’est ma ville, ce sont les gens que j’aime. Aucun autre candidat n’a ce leadership et cette expérience. Or, c’est exactement ce dont on besoin les Hamiltoniens. »
TORONTO – Le premier ministre ontarien, Doug Ford, a sorti ses leçons de français dans un message écrit dans la langue de Molière pour féliciter son homologue québécois François Legault, réélu hier à la tête d’un gouvernement majoritaire.
Dans un message Twitter quelques minutes après la victoire de ce dernier, le premier ministre ontarien s’est dit « ravi de voir que mon ami François Legault reçoit un autre mandat fort de la population du Québec ».
« Continuons à tisser des liens plus profonds entre nos deux provinces et renforçons les liens économiques entre nous qui créent des emplois bien rémunérés », a écrit le chef des progressistes-conservateurs.
I’m thrilled to see my friend, Premier @francoislegault, receive another strong mandate from the people of #Quebec. Let’s keep building deeper ties between our two provinces and strengthen the economic bonds between us that create good-paying jobs.
Les parcours électoraux des deux hommes se ressemblent beaucoup alors qu’ils ont tous deux étés élus avec une majorité en 2018. Ils ont communément traversé la pandémie en étant réélus avec un mandat plus fort. Doug Ford est passé de 76 députés (au moment de la résolution de l’Assemblée législative) à 83 lors des élections de juin tandis que la troupe de François Legault est partie aussi de 76, mais pour aboutir à 90 (41 % des voix).
La pandémie a semblé rapprocher les deux hommes, alors que le politicien québécois, à la tête du Conseil de la fédération, a pu compter sur Doug Ford comme principal allié pour demander à maintes reprises une hausse des transferts en santé du fédéral.
Justin Trudeau a aussi félicité François Legault pour sa victoire. Dans un communiqué, le premier ministre canadien s’est dit « impatient de continuer à travailler (…) pour relever les défis qui comptent pour les Québécois et tous les Canadiens ».
« Il s’agit notamment de favoriser la croissance de l’économie verte, de lutter contre les changements climatiques, de trouver des solutions à la pénurie de main-d’œuvre, de rendre la vie plus abordable, de favoriser la création de logements abordables, d’investir dans les infrastructures et de bâtir un avenir propre et prospère », a-t-il indiqué.
La relation entre le chef de la Coalition Avenir Québec (CAQ) et Justin Trudeau a connu plusieurs différends depuis quatre ans, notamment sur la question de la langue française avec la Loi 96. Le fédéral, affirmant se porter à la défense des minorités francophones, a d’ailleurs exprimé un penchant favorable à contester cette loi, si elle se rend jusqu’en Cour suprême. Le principal architecte de cette loi et ministre sortant de la Langue française, Simon Jolin-Barrette, a été réélu dans son comté de Borduas.
Le chef conservateur Pierre Poilievre a aussi souligné le mandat décisif du chef de la CAQ, indiquant avoir « hâte de poursuivre notre travail ensemble pour le peuple du Québec et du Canada ».
La ministre sortante des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne Sonia Lebel a été réélue facilement dans son comté de Champlain avec 56 % des voix.
La ministre québécoise Sonia Lebel. Gracieuseté : gouvernement du Québec
C’est notamment sous sa gouverne que le Québec a déposé une nouvelle Politique en matière de francophonie canadienne en mars qui comportait un engagement de tenir une rencontre annuelle de la francophonie canadienne.
Son gouvernement avait aussi annoncé tripler son aide financière à la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) en plus de conclure un accord de coopération avec l’Ontario pour mettre de l’avant des projets de partenariat francophone.
SUDBURY – L’hôpital Horizon Santé-Nord (HSN) a reçu ce matin un don privé de 10 millions de dollars, soit la plus grosse donation privée jamais accordée à un hôpital du Nord de l’Ontario. Ces fonds seront mobilisés dans le cadre de la première phase d’un projet majeur de réaménagement des immobilisations proposéàl’établissement.
C’est ce lundi dans une salle de conférence de l’hôpital que l’annonce s’est faite en présence de plusieurs membres du personnel et des familles de donateurs.
Le don provient des familles Fielding et Perdue, d’importants entrepreneurs de la région, dont deux membres sont décédés dans l’hôpital.
« Pour honorer ce don historique, le centre de cancérologie est renommé Shirley and Jim Fielding Northeast Cancer Centre », a indiqué Tom Laughren, membre du conseil d’administration de HSN.
Le président-directeur général d’HSN, Dominic Giroux, a déclaré de son côté que la somme sera redirigée vers l’ajout de lits pour les patients souffrant de cancers au cours des 10 à 20 prochaines années, d’Enfants Nord-Est de l’Ontario et de ses services de santé mentale et de toxicomanie.
Le centre de cancérologie est renommé Centre de cancérologie du Nord-Est Shirley et Jim Fielding. Crédit image : Inès Rebei.
« Lorsque nous avons entendu dire qu’HSN prévoyait augmenter le nombre de lits et élargir les services offerts aux enfants et aux patients ayant besoin de services de santé mentale et de toxicomanie, nous savions que nous devions absolument aider », explique Gerry Perdue, un des donateurs présents lors de l’événement.
« Les gens du Nord savent qu’HSN a été construit trop petit et c’est un gros problème. Nous vieillissons tous, ce qui exercera encore plus de pression sur HSN », continue-t-il.
La population âgée de 70 ans et plus dans le Nord-Est de l’Ontario augmentera de 35 % d’ici 2030 et de 20 % de plus de 2030 à 2038 selon les données de HSN.
Un don salué par la classe politique
Plusieurs personnalités publiques absentes ont laissé un message vidéo remerciant les donateurs telles que le premier ministre Doug Ford. « Il va sans dire que cette contribution améliorera grandement la qualité des soins offerts aux patients des communautés de la région », a-t-il déclaré.
Un message de Doug Ford a été diffusé au cours de l’événement. Crédit image : Inès Rebei
« Tous les ans, plus de 1500 enfants du district de Cochrane doivent quitter le Nord pour obtenir des soins spécialisés. Les patients de notre région ont besoin d’être admis en temps opportun à HSN et ne devraient pas avoir à voyager dans le sud de l’Ontario pour recevoir des soins spécialisés », a laissé savoir dans une vidéo, George Pirie, ministre des Mines et député provincial de Timmins.
Quelque 23 % des patients de l’établissement sont francophones selon les informations transmises dans le communiqué de l’établissement.
Quelque 30 % des patients d’HSN, 50 % des patients du Centre de cancérologie du Nord-Est Shirley et Jim Fielding et 60 % des patients cardiaques d’HSN viennent de l’extérieur du Grand Sudbury.
HAMILTON – Le traditionnel de lever du drapeau vert et blanc a failli tourner au vinaigre dans la ville de l’acier suite à une mésentente entre les organisateurs et la municipalité. La ville a avancé de 24 heures la cérémonie et gelé les discussions autour d’un drapeau permanent. Retour sur un incident qui laisse un goût amer à la communauté.
Si au final, tout s’est bien déroulé, le 22 septembre dernier, un refus de la Ville de Hamilton d’utiliser son parvis le vendredi précédant le 25 septembre, comme le fait chaque année la communauté depuis près d’une décennie, a bien failli tout faire déraper.
En quelques jours, l’Association canadienne-française de l’Ontario (ACFO) Régionale Hamilton, qui coordonne l’événement, a dû réviser de fond en comble son dispositif et alerter du changement de date ses partenaires, dont les conseils scolaires. Ces derniers faisaient revenir en autobus les élèves pour la première fois depuis trois ans à cause de la pandémie, un déploiement lourd qui demandait plusieurs jours de préparation.
Le président de l’ACFO Régionale Hamilton, Jérôme Pommier, qualifie le comportement de la Ville d’« action injustifiée » en dépit d’un « permis soumis avec trois mois d’anticipation et de planification ».
Il soutient avoir fait une demande officielle à la fin du mois de juin. Sans nouvelle par la suite, son organisation a fait un suivi en juillet, août et septembre, avant de recevoir une réponse lui indiquant de remplir un autre formulaire, puis que la date était réservée pour un autre événement, un couperet tombé le 13 septembre dernier.
Jérôme Pommier (au centre), président de l’ACFO Régionale Hamilton au moment du lever de drapeau à Hamilton. Gracieuseté : ACFO Régionale Hamilton
« Ça nous a obligés à prendre la décision difficile d’avancer d’un jour la cérémonie et cela a créé des défis logistiques dont on se serait passés. En neuf jours, on a réussi à tout retourner avec le soutien de l’ensemble de nos partenaires », relate M. Pommier qui déplore la distance prise par la ville et son maire, Fred Einserberger, vis-à-vis de la francophonie locale.
« En période d’élection, on nous dit que la francophonie c’est important et quand il s’agit d’avoir une action aussi faible en termes de coût – le drapeau a été fourni par l’ACFO – mais forte en termes de symbole, ils n’ont pas la chose à cœur. »
Bisbille autour du drapeau permanent
Il dénonce du même souffle le retrait du drapeau permanent, un droit acquis selon lui en 2021, à l’issue de discussions avec le bureau du maire et d’un accord scellé par l’intermédiaire de Christopher Cutler, conseiller du maire et ancien conseiller de Flamborough, décédé en début d’année.
« Le drapeau ne flotte plus sur le toit de l’hôtel de ville depuis plusieurs jours malgré la décision prise par la ville de Hamilton en 2021 de le laisser flotter en permanence en signe de reconnaissance et respect vis-à-vis de notre communauté », dit-il à propos de qu’il désigne comme « acte malheureux » et une « injustice ».
« Non seulement, on nous a retiré notre permis au dernier moment, mais en plus ils reviennent sur leur engagement de drapeau permanent. Dire qu’on va faire les choses et qu’on ne les fait pas, non seulement ça attaque leur légitimité mais ça attaque aussi la volonté d’une communauté de s’investir dans la croissance d’une ville. »
Lever du drapeau franco-ontarien précoce à Hamilton, le 22 septembre dernier. Gracieuseté ACFO Régionale Hamilton
Joint par ONFR+, le bureau du maire dément : « Cette ville n’a jamais eu ce drapeau en permanence, mais est fière de le hisser pour la Journée des Franco-Ontariens, ou à la demande de la communauté, comme avec la FrancoFest, la Journée internationale de la francophonie et toute autre occasion où nous pourrions recevoir cette demande », indique Alia Khan, conseillère en communication et relations médias à la Ville de Hamilton.
« La mairie est à l’image de ce qui se passe dans la province » – Jérôme Pommier, président de l’ACFO Régionale Hamilton
Faux, selon M. Pommier : « Le maire s’était engagé lors du lever de drapeau en 2021 à le rendre permanent. On nous a ensuite demandé les dimensions auxquelles il devait répondre et on a fait le nécessaire. Ça arrive à tout le monde de faire une erreur mais ici, ce qui me dérange, c’est la mauvaise foi de la ville. »
Et de lâcher : « Ça résume comment les francophones sont traités à travers la province. La mairie est à l’image de ce qui se passe dans la province. Chacun essaye de surfer sur la vague de la communauté. »
« La dernière fois que le drapeau franco-ontarien a été hissé sur le toit de l’hôtel de ville, c’était pour la FrancoFest le 22 juin et il est resté levé pendant un certain temps par la suite », justifie la porte-parole de la Ville pour expliquer la présence du drapeau durant plusieurs jours auparavant. « On enlève les drapeaux au fur et à mesure pour répondre aux nouvelles demandes. »
Au-delà de l’ACFO Régionale Hamilton, plusieurs membres de la table interagence locale, qui réunit les différents acteurs de la francophonie hamiltonienne, ont été déçus. Alain Dobi, directeur du Réseau en immigration francophone du Centre-Sud-Ouest de l’Ontario, indique que tout le monde a été « surpris et choqué » des agissements de la mairie.
L’année dernière déjà, la mairie avait annulé le permis de l’ACFO Régionale Hamilton, mais en raison de la crise sanitaire.
La francophilie du maire Eisenberger critiquée
Pascale Marchand, membre du comité sur les services en français de la Clinique juridique de Hamilton, a été également abasourdie. « C’est une chance que la communauté ait été capable de changer l’horaire et de tout refaire pour le jeudi », confie-t-elle, ajoutant trouver « louche que tout se passe en même temps car on a enlevé le drapeau permanent alors que ça faisait des années qu’on demander à l’avoir ».
Ce différend intervient alors que Hamilton est une ville désignée en vertu de la Loi sur les services en français et a été choisie en tant que communauté francophone accueillante dans le cadre du Plan d’action pour les langues officielles du gouvernement du Canada.
Les élèves participaient au lever de drapeau pour la première fois depuis trois ans. Gracieuseté ACFO Régionale Hamilton
Par ailleurs, le maire – qui ne se représente pas aux prochaines élections municipales – a toujours clamé son attachement à la francophonie, sa femme étant elle-même francophone, son fils enseignant dans une école francophone et sa fille formant les agents de bord pour Air Canada dans les deux langues officielles.
« Oui il est francophile mais, en même temps, les actes rendent plus fort que les belles paroles », réagit Mme Marchand qui a décidé de se porter candidate comme conseillère municipale du quartier 4 afin que les francophones soient représentés à la table du conseil. « On pousse aussi pour qu’il y ait un poste ou un département au sein de la mairie qui fasse la liaison entre la Ville et la communauté pour prévenir des affaires dans ce genre », insiste-t-elle.
Des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes de l’Ontario près de deux semaines après la mort de Mahsa Amini en Iran qui se répercute aussi sur la scène internationale. L’assassinat de la jeune femme de 22 ans par la police des mœurs iranienne le 14 septembre dernier a mis le feu aux poudres.
À Toronto où on dénombrait près de 50 000 personnes, Ottawa et Sudbury, plusieurs manifestants se dont déplacés faisant écho aux manifestations sans précèdent qui déchirent l’Iran et l’écho se fait sentir dans le monde entier.
« Ce qui est arrivé à Mahsa Amini nous est probablement arrivé à tous. On a tous vécu du harcèlement ou une détention par le gouvernement. Je peux facilement dire que 80 % des gens ici ont déjà eu une expérience similaire », relatait avec compassion une Irano-Canadienne présente à la manifestation à Richmond Hill près de Toronto.
À Ottawa, entre 2500 et 3000 personnes étaient réunies pour la cause.GracieusetéLa manifestation en soutien à Mahsa Amini à Richmond Hill. Crédit image : Abigail Alves Murta
Le pays subit depuis quarante ans une répression menée par un gouvernement islamiste. Ce n’est pas la première fois que les Iraniens et Iraniennes se battent pour leur liberté. Ces dix dernières années, le pays s’est soulevé à plusieurs reprises.
Pour Haideh Moghissi, ces manifestations en Iran ne sont pas nouvelles, mais ce mouvement est sans précédent et d’une ampleur internationale. Cette dernière est fondatrice de l’Union nationale des femmes iraniennes ainsi qu’une auteure et analyste sur les questions concernant les femmes dans les sociétés musulmanes, au Moyen-Orient et en Iran.
« Ce qui est frappant, c’est que c’est un mouvement initié par des femmes. Elles ont un leadership qui est suivi par des millions de personnes, dont des hommes. »
« C’est remarquable », ajoute-t-elle. « Cela démontre aussi que les femmes du Moyen-Orient ne sont pas des femmes soumises comme la légende le raconte ».
La mort de Mahsa Amini a déclenché la révolte du peuple iranien sur la question du port du voile, mais pas seulement. La jeunesse iranienne est particulièrement visible et pour cause, la répression du gouvernement touche de nombreux fondements, là où les hommes et les femmes voient leur liberté toujours plus limiter.
« Les gens ne peuvent pas écouter de la musique, s’habiller comme ils veulent », s’insurge Mme Moghissi. « C’est l’islamisation et les gens n’en veulent plus. Aujourd’hui, ils répondent à toutes ces années d’humiliation et de colère. »
Haideh Moghissi, professeure retraitée de sociologie et d’études des femmes à l’Université York (Toronto) et fondatrice de l’Union nationale des femmes iraniennes. Gracieuseté
Survivante face à la tyrannie religieuse
Aida Bahramian a vécu en Iran jusqu’à ses 33 ans, elle a quitté le pays il y a sept ans. Cette chercheuse et enseignante à l’Université d’Ottawa s’est installée dans la région depuis tout juste un an.
Aida Bahramian connaît bien la répression, son père était avocat pour les prisonniers politiques en Iran. « Notre vie a toujours été menacée », explique-t-elle. « Mon père a été emprisonné de nombreuses fois. On nous a déjà appelés pour que je le dépose moi-même en prison », se souvient-elle.
« Un peu avant mon départ pour la France, j’étais doctorante à l’université en Iran et, un soir, des personnes du gouvernement sont venues chercher mon père devant son bureau. Ils l’ont bâillonné et emmené dans un endroit secret. »
« J’ai négocié pour qu’ils me prennent à sa place », poursuit-elle. « Je voulais qu’ils laissent mon père tranquille, car il est âgé et malade. Mais, ils l’ont battu et laissé presque pour mort, puis l’ont balancé au bord d’une autoroute ».
Mme Bahramian raconte les horreurs que le gouvernement islamiste a fait vivre à elle et sa famille. « Mon père a porté plainte face aux meurtres de nombreux jeunes dans les prisons ainsi que des prisonniers politiques dont il s’occupait », explique-t-elle visiblement émue. « C’est alors qu’on m’a menacée avec une arme sur la tempe pour que je dise où étaient les documents de mon père. Je préférais qu’ils me tuent ».
Aujourd’hui, la jeune femme se dit en paix au Canada et dans son travail à Ottawa et même si son père vit toujours en Iran, elle croit qu’un jour « ça ira mieux ». « Mon cœur est brisé, je ne dors plus quand je vois ce qui se passe », s’indigne Aida Bahramian.
L’impact de la révolte
Haideh Moghissi qui a quitté l’Iran il y a 37 ans, considère que ce mouvement est immense et que l’impact sur la scène internationale est notable.
« Il y a du soutien de la part des communautés, des célébrités, mais il faut que les gouvernements prennent part, je ne suis pas sûre que seuls les Iraniens arriveront à bout de ce gouvernement. »
« Le gouvernement est armé », dit Mme Bahramian. « Nous avons besoin d’une intervention internationale, plus importante que juste des sanctions ».
Haideh Moghissi rappelle aussi à ne pas oublier que l’État possède l’armée, la police et des milices « les basijis » qui exécutent les lois islamistes. « L’an dernier, une loi est passée indiquant que si les manifestants se faisaient tuer, la police ne sera pas tenue responsable, puisque cela sera dû à une décision personnelle d’aller manifester. »
« Ils ont des capacités cruelles », poursuit-elle, « plus les manifestations augmentent, plus leur colère et la répression est dure ».
Le gouvernement fait face à une population en colère, mais également une crise de gouvernance au sein même de leurs rangs, selon Mme Moghassi. « Même si les gens retournent chez eux et que le gouvernement arrive à atteindre le feu, le pays ne sera plus jamais le même. »
L’auteure iranienne perçoit « une nouvelle façon de s’émanciper et nos jeunes savent qu’ils vont peut-être mourir, mais ils manifestent pour la liberté. »
Aida Bahramian est fière de son peuple : « Quand je vois les jeunes qui sont très courageux, et les femmes qui retirent leur voile, je suis impressionnée. »
« Aujourd’hui, j’ai peur que nos jeunes et nos élites meurent », s’inquiète la jeune enseignante. « La population est très jeune et dans les universités, c’est 60 % de la population qui sont des femmes, elles sont très éduquées. »
Le voile symbole de la domination
Le voile est un symbole de peur et de cette répression qui empoisonne les femmes iraniennes. « Nous avoir forcées à le porter, c’est nous avoir volé notre identité et sacrifier notre personnalité au nom d’une idéologie obsolète », indique l’enseignante.
« Le voile en lui-même n’est pas un problème et nous respectons celles qui veulent le porter. Avant 1979, en Iran, nous étions libres et en quarante ans, nous avons subi cette morale. »
Pour Aida Bahramian, c’est la domination masculine, comme le raconte Pierre Bourdieu dans son œuvre éponyme. « Mon passeport iranien ne me représente pas, je le déteste. Il faut que je mette quelque chose sur ma tête pour qu’on me reconnaisse. Ce n’est pas mon identité, ce n’est pas notre histoire perse, ce n’est pas notre culture », clame-t-elle.
Avec la collaboration d’Abigail Alves Murta et Pascal Vachon
Obligation vaccinale, port du masque, test de dépistage, quarantaine… À partir de demain, fini les tracas liés aux mesures sanitaires dans les avions et tous les aéroports canadiens, lesquelles ont régi la vie des voyageurs et des transporteurs pendant plus de deux ans. Toutefois, alors que les morts liés à la COVID-19 se comptent encore par centaine dans le pays et le nombre de contaminations repart à la hausse à l’approche de l’hiver, est-ce le bon moment pour lever les restrictions?
« À compter du 1er octobre 2022, tous les voyageurs arrivant au Canada n’auront plus à fournir une preuve de vaccination contre la COVID-19 pour entrer au pays ni à répondre aux exigences en matière de dépistage, de quarantaine ou d’isolement. Tous les voyageurs seront également exempts de l’obligation d’entrer des renseignements liés à la santé publique dans ArriveCAN », c’est-ce qu’on peut lire dans le dernier communiqué de l’Agence de la santé publique du Canada.
Le dernier rempart contre la COVID-19 vient donc de tomber et avec lui, logiquement, une situation sanitaire en nette amélioration. Du moins, c’est ce que pourrait dicter la logique commune.
Il n’en est rien, à en croire les dernières données disponibles émanent de la Santé publique de l’Ontario, sur les deux semaines s’étalent du 4 au 17 septembre, 113 personnes ont perdu la vie pour cause de COVID-19, soit huit morts par jour en moyenne, et un taux de positivité aux tests de 11,6 % sur la même période. À titre comparatif, pour moins que cela, la province était plongée dans le confinement.
De plus, les auteurs de ce jeu de données font remarquer que « les tests et la gestion des cas, des contacts et des éclosions en Ontario ont été limités aux populations et aux milieux à haut risque en janvier 2022. Ainsi, les dénombrements sous-estiment l’étendue de l’activité de la COVID-19 en Ontario ».
À l’échelle du pays, la situation n’est guère plus rutilante. Les derniers chiffres en date parlent de 17 325 cas de contaminations et 196 décès pour la semaine du 11 septembre au 17 septembre, soit six fois plus que le nombre moyen hebdomadaire relatif aux morts causés par les accidents de la route dans le pays.
Dr Santiago Perez Patrigeon, spécialiste des maladies infectieuses à l’Hôpital général de Kingston et professeur associé au département de médecine de l’Université Queens.Gracieuseté
Plus que cela, « on est à peine au mois d’octobre, c’est-à-dire qu’on entre à peine dans la saison des virus respiratoires. Le nombre d’hospitalisations et de cas qui augmente en Ontario ne fait que commencer malheureusement, notamment à cause des rassemblements du mois d’octobre et surtout de ceux des fêtes de fin d’année. Il est donc probable qu’on soit face au début d’une huitième vague », prévient le Dr Santiago Perez Patrigeon, spécialiste des maladies infectieuses à l’Hôpital général de Kingston et professeur associé au département de médecine de l’Université Queens.
Alors, la levée des restrictions aux frontières est-elle judicieuse à pareil moment, surtout avant la vague de l’hiver qui annonce déjà ses froides couleurs?
Des mesures qui n’ont « jamais eu de sens » selon des experts
Dans les faits, la question est mal dirigée dans la mesure où il semblerait que le caractère pour le moins peu efficace de ces restrictions ait plus pesé sur la décision fédérale que les bilans chiffrés de la COVID-19.
« Après avoir étudié les données historiques de transmission du virus de la COVID-19 au Canada et les avoir comparées à plusieurs autres pays, les chercheurs ont conclu que les mesures sanitaires à la frontière n’ont pas été efficaces pour empêcher les variants d’entrer et de se propager au Canada. De plus, ces chercheurs estiment qu’il est peu probable que ces mesures le soient à l’avenir. Au mieux, ils ont remarqué que les restrictions de voyage ne font que retarder de quelques jours l’impact d’un variant », explique la Dre Annie Bourdeau, PDG de l’entreprise de consultation en soins de santé Amplius Business Design.
Cette ancienne maître de conférence en immunologie à l’Université de Toronto en veut pour preuve le rapport intitulé Évaluer les politiques frontalières et de voyage du Canada en cas de pandémie : leçons apprises et dont ONFR+ détient copie.
C’est en s’appuyant sur ce rapport, dont trois des quatre auteurs ont leur pratique médicale en Ontario, que le gouvernement fédéral à pris la décision de supprimer les restrictions aux frontières, les laissant ainsi sujets au bon vouloir de chacun.
« Les mesures aux frontières ont été inefficaces pour empêcher les variants préoccupante d’entrer et se propager à travers le Canada », peut-on y lire.
« Je suis très heureux que le gouvernement ait finalement arrêté de punir les Canadiens. La durée des restrictions a causé des problèmes sociaux et économiques qui ont affecté la santé psychologique des Canadiens », commente pour sa part le Dr Jean-Marc Benoît, médecin généraliste exerçant à Brantford, en Ontario.
Et de trancher : « De mon point de vue, la plupart des mesures liées au secteur du transport étaient sans justification scientifique et relevaient plutôt de la politique et/ou du commercial, et cela pour la simple raison qu’après qu’une maladie devient endémique, c’est inutile et un non-sens que d’imposer des restrictions. »
Pas de conséquences sur la situation sanitaire, cependant
Troisième spécialiste, troisième même sentence : « La suppression des restrictions aux frontières ne va rien changer parce qu’en réalité, ces restrictions n’ont jamais eu de sens. Elles en avaient peut-être au tout début de la pandémie, mais maintenant que presque tous les variants circulent et que les mesures sanitaires ont toutes été levées, c’est tout à fait inutile », constate le Dr Perez Patrigeon.
De par donc même le constat se voulant ces mesures aux frontières peu ou pas efficaces, il en va du bon sens que leur abolition n’aurait pas une incidence significative sur la situation pandémique actuelle.
Dre Annie Bourdeau, PDG de l’entreprise de consultation en soins de santé Amplius Business Design. Gracieuseté
« Je ne pense pas qu’il y aura un lien direct entre la fin des mesures à la frontière et le nombre de cas d’infection puisque ces mesures sont inefficaces à stopper la transmission du virus COVID-19 selon la conclusion du rapport des experts », confirme la Dre Bourdeau.
L’argumentaire est en droite ligne avec les propos du ministre fédéral de la Santé, Jean-Yves Duclos, lors de la conférence de presse annonçant « ces changements importants » : « Les niveaux élevés de cas et d’hospitalisations sont largement expliqués par la transmission intérieure du virus, y compris par les taux de vaccination à jour. »
Il faut dire que les données de Santé publique Canada lui donnent raison. En effet, durant la semaine du 11 au 17 septembre, le taux de positivité enregistré par les tests de dépistage aux frontières n’était que de 3,7 % alors qu’il est de 10,3 % pour l’ensemble des tests effectués dans le pays.
Ceci écrit, cette levée ferait probablement des heureux, particulièrement en Ontario, car c’est bien la province qui fait office du mauvais élève quant au respect des mesures en vigueur. À titre d’exemple, Santé publique Canada rapporte qu’entre le 14 avril 2020 et le 16 septembre 2022, plus de 60 % des amendes signalées dans le pays pour des infractions à la Loi sur la mise en quarantaine étaient enregistrées en Ontario, alors que la population de celle-ci ne représente que 40 % de la population totale.
OTTAWA – Ce 30 septembre, Journée nationale de la vérité et de la réconciliation au Canada, est à la fois une célébration des richesses autochtones et un jour de deuil, l’occasion de s’interroger sur l’état de ce grand projet de réconciliation qui suscite une certaine incertitude dans sa mise en place.
C’est seulement depuis 2021 que le 30 septembre est considéré comme la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation suite à l’identification de sépultures d’enfants découverts sur les sites d’anciens pensionnats. À Ottawa et Toronto, ce 30 septembre, étaient organisées plusieurs cérémonies en hommage aux disparus et survivants.
Pour Émilie Bourgeault-Tassé, Franco-Ontarienne, experte en affaires autochtones à l’Université Laurentienne, « il faut penser vérité avant réconciliation, même si tout le monde veut sauter les étapes et arriver à la réconciliation ».
« L’histoire des peuples autochtones est toujours mal connue », explique-t-elle. « Il n’y pas que l’histoire des pensionnats et les politiques qui ont séparé les enfants des familles. Il y a aussi les politiques qui nous ont séparés de nos terres et des fractures entre les liens communautaires et culturels. »
Accès à l’éducation
Pour cette experte, l’état du système d’aide à l’enfance continue de séparer les enfants de leurs familles. « C’est via un système légal puisque aujourd’hui pour aller à l’école, dépendamment d’où, certains enfants doivent quitter leurs réserves, leurs villes. »
Mme Bourgeault-Tassé rappelle, à ce sujet, l’histoire de Shannen Koostachin, originaire d’Attawapiskat, qui militait dès l’âge de 10 ans pour avoir une école. La jeune fille et près de 400 enfants ont perdu leur école qui était contaminée et dans un état déplorable. Suite à sa fermeture, la jeune Shannen a été forcée de déménager à 600 km de sa communauté pour se rendre à New Liskeard, en Ontario et loin de sa famille. La jeune fille est décédée à 14 ans sur le chemin de l’école.
« Il y a encore de grosses lacunes dans l’accès à l’éducation. On reçoit moins de fonds en éducation et en santé », affirme-t-elle.
La Sgt. Chantal Larocque, Franco-Ontarienne et Autochtone. Crédit image : Media/Recruitment. Anishinabek Police Service
Il faut « changer la perception des enfants pour changer le futur » – Chantal Larocque
Pour la sergente Larocque, du service de police Anishinabek de la Première Nation Nipissing, « dans le système d’éducation, il a eu des efforts, oui, mais je pense que l’enseignement ne doit pas juste se restreindre à un cours autochtone ou un cours de langue autochtone. On peut incorporer nos sujets dans n’importe quel cours, comme en éducation sportive ou autre ».
La policière en est certaine, il faut « changer la perception des enfants pour changer le futur ».
C’est exactement ce que soutient le député pour Kiiwetinoong, Sol Mamakwa, « il y a beaucoup à faire en éducation, il y a de nombreux enfants issus des Premières Nations qui ont seulement accès à l’école élémentaire, mais pas au secondaire », explique-t-il.
« Ce n’est pas normal de quitter sa communauté quand on a 14 ans pour continuer son enseignement. Cela démontre qu’il faut investir dans des écoles secondaires afin de ne pas avoir à se séparer de la famille, de la culture et de la langue. »
Il ajoute également que les peuples autochtones ont un apprentissage à partager et qu’il serait utile de le reconnaître. Pourtant, « ce n’est pas le cas dans le système normé canadien », déplore-t-il.
Ce 30 septembre à Ottawa, la gouverneure générale Mary Simon déclarait en français, « c’est avec curiosité et générosité que nous pouvons apprendre les uns des autres ».
La gouverneure générale Mary Simon était présente ce 30 septembre sur les plaines LeBreton à Ottawa. Crédit image : Lila Mouch
Le système des réserves
Émilie Bourgeault-Tassé considère qu’il y a encore de nombreuses avancées dans ce projet de réconciliation qui méritent une attention particulière. Notamment le système des réserves. « D’un point de vue historique, les communautés autochtones en Ontario fonctionnent avec les saisons et les territoires. »
« Dépendamment des saisons, les communautés bougeaient et donc étaient mobiles », raconte-t-elle. « Avec le système de réserve, les traités ont enfermé les autochtones dans un territoire nommé. Le système de réserve a brisé le lien avec l’écologie, mais aussi à nos traditions. »
Pour elle, si les peuples autochtones pouvaient voyager et s’installer au gré des saisons, ils vivraient de la terre, dans le respect de leurs racines ancestrales. « Mais on sait que les gouvernements devraient nous chasser pour faire des extractions ici et là, c’est pourquoi on ne pas déplacer nos réserves, le gouvernement veut développer l’extraction minière, la foresterie et l’hydro-électricité qui pollue nos communautés. »
« Sans oublier le manque criant d’infrastructures, telles que les hôpitaux, les cliniques et les écoles. »
Des avancées
Pour la sergente Chantal Larocque, même s’il y a beaucoup de défis, « depuis la première découverte des sépultures d’enfants, on observe des changements qu’on ne pensait pas possibles ».
« Par exemple, pratiquer en public notre culture – et je prendrais l’exemple de mon métier – en tant que policière, nous pouvons maintenant porter un vêtement traditionnel incorporé dans notre habit de policier », se ravit-elle.
« Dans un système paramilitaire parfois difficile de changer, c’est une très bonne nouvelle. »
Pourtant, elle indique qu’il y a encore beaucoup de racisme, notamment au sein des forces de police non autochtones. « On a l’impression qu’ils se pensent être au-dessus de nous. »
Pour la sergente Chantal Larocque, il faut rebâtir le lien dans les communautés, bâtir la confiance. « Le défi en tant qu’agent de police, c’est de ne pas oublier que les policiers ont participé à l’enlèvement des enfants pour les déplacer dans les pensionnats. »
« Les belles choses qu’on voit dans les universités, c’est qu’il y a plus de langues disponibles », ajoute Émilie Bourgeault-Tassé, « l’apprentissage sur les herbes médicinales aussi, alors que c’était illégal dans le passé ».
Émilie Bourgeault-Tassé, experte en Affaires autochtones à l’Université Laurentienne. Source : Université Laurentienne
Dans ce sens, l’experte nous raconte aussi l’histoire de Cindy Blackstock, Première Nation Gitxan et activiste qui a mis en place le Principe de Jordan.
Jordan, un enfant des Premières Nations, est né avec de graves problèmes de santé. Il n’y avait pas de matériel nécessaire pour prendre soin de lui à la maison, donc sa famille a décidé de l’envoyer dans un hôpital pédiatrique hors de leur réserve. Le temps que les gouvernements s’accordent sur un conflit de compétences, soit sur quel ministère (fédéral ou provincial) devait payer pour ses soins, dont les soins à domicile, l’enfant est décédé.
« Cindy Blackstock a créé le Principe de Jordan afin qu’un enfant puisse recevoir d’abord les soins avant de régler la facture. C’est le principe de l’enfant d’abord. Cela fait partie de nos belles avancées. »
Encore tant à faire
Pour arriver à cette réconciliation, « c’est la vérité avant tout ». C’est aussi, travailler pour mettre en place « des infrastructures, des routes, des soins de santé, mettre l’emphase sur le savoir autochtone et comment vivre avec la terre », déclare Mme Bourgeault-Tassé, « là encore, c’est comprendre que l’histoire des mines, de la foresterie, l’hydro-électricité, les extractions, tout ça, a un impact sur les communautés autochtones ».
Pour Sol Mamakwa, le meilleur moyen d’y arriver, c’est de se tourner vers l’éducation et de remonter aux origines du problème. « Il faut transformer le système de santé, travailler avec les municipalités et mettre en place des infrastructures. »
Pour le député, « l’impact du système oppressif colonial est encore trop présent ». Il juge que l’Ontario peut mieux faire. « Les mots ne sont plus suffisants, la réconciliation ne doit pas être un acte de performance, mais être indissociable de la vérité. »
Il faut « améliorer le système », conclut Émilie Bourgeault-Tassé, « qu’on travaille ensemble et que l’on combatte les préjugés ».
Le premier ministre s’est également déplacé aux plaines LeBreton à Ottawa pour assister aux cérémonies du jour. Crédit image : Lila Mouch
OTTAWA – Née dans le Nord de l’Ontario, la Franco-Ontarienne Michelle O’Bonsawin est devenue le mois dernier, la première juge autochtone à être nommée à la Cour suprême. Auparavant, en 2017, elle était la première juge abénakise et la plus jeune à la Cour supérieure de justice de l’Ontario, à l’âge de 43 ans. ONFR+ l’a rencontré cette semaine dans son nouveau bureau à la plus haute cour du pays.
« Vous avez grandi à Hanmer, près de Sudbury, parlez-nous de votre enfance dans le Nord de l’Ontario…
C’est un petit village à l’est de Sudbury, qui est pas mal bilingue, mais autour de Sudbury, il y a les villages de Val Thérèse, Val Caron et Azilda qui sont tous des villages francophones. Je suis allée à l’école élémentaire à Hanmer et ensuite je suis allée au Collège Notre-Dame à Sudbury. C’est la même école secondaire où ma mère est allée quand elle était adolescente. J’ai fait ma 9e et 10e année là et ensuite je suis allée à l’école secondaire catholique Champlain à Chelmsford. J’étais la première diplômée de la 13e année, car c’était une nouvelle école secondaire.
Quand vous étiez jeune, vous dites avoir connu des personnes « intolérantes et insensibles à l’égard de [votre] héritage autochtone et francophone ». Comment avez-vous vécu cela?
Quand on était dans un groupe, les anglophones étaient majoritaires et nous envahissaient, alors on devait parler anglais pour leur plaire. Il y avait beaucoup de ça lorsqu’on était plus jeune. Comme personne bilingue, on parlait en anglais pour les accommoder. Mais, j’ai été dans des écoles francophones où je pouvais vivre comme francophone et parler en français à la maison.
Vous avez dit lors de votre comparution devant les élus et sénateurs qu’avant d’être autochtone et franco-ontarienne, vous êtes d’abord une juge et ensuite une femme. Pourquoi est-ce que c’était important pour vous de dire ça?
Il y en a plusieurs qui m’ont dit que, vu que j’étais autochtone, j’allais avoir des préjugés et toujours tomber d’un certain côté. J’ai fait la distinction, car je me vois comme une juge impartiale. Je me vois pas nécessairement comme une femme bilingue autochtone, mais comme juge en premier. Toutes mes expériences de vie et mon historique comme femme autochtone vont quand même nourrir mes décisions, mais ça ne veut pas dire que mes décisions vont tomber d’une certaine façon à cause de mon historique. C’est primordial en tant que juge que je reste impartiale.
Michelle O’Bonsawin tient à donner une voix aux personnes silencieuses. Archives ONFR+
Vous avez écrit dans votre questionnaire de votre processus de nomination que vous aviez pris conscience en tant qu’avocate « d’offrir une voix forte et une représentativité à ceux qui ne peuvent pas parler pour eux-mêmes ». Sentez-vous que c’est un choix ou un devoir?
Je pense qu’avec les postes que j’ai eus, c’est plus un devoir. Je pense à ceux qui n’ont pas de voix ou qui sont plus silencieux. Quand on atteint un tel niveau, quant à moi, c’est vraiment obligatoire d’en parler et de partager nos expériences de vie. Parler de la francophonie, les personnes autochtones et la santé mentale sont des choses qui me sont très importantes.
Depuis votre rencontre avec Justin Trudeau le 27 août, s’en est suivie l’annonce de votre nomination deux jours plus tard. Ensuite, votre passage en comité parlementaire, votre assermentation le 1er septembre et vous revenez récemment d’une semaine à Québec où la Cour suprême a siégé. Avez-vous eu le temps de souffler dans le dernier mois?
Pas vraiment (Rires). Il y avait toujours quelque chose chaque semaine (…) Mais je me sens totalement choyée de venir chaque matin et je me dis : « Wow, je m’en vais travailler à la Cour suprême. C’est un rêve. »
On a senti vraiment une fierté dans la communauté autochtone et abénakise notamment d’Odanak ainsi que dans la lignée des O’Bonsawin avec votre nomination. Avez-vous eu le temps de parler un peu avec vos proches et ces personnes des communautés?
J’ai beaucoup parlé avec ma famille de la région de Sudbury et c’était comique, car on leur a demandé : « Hey, Michelle O’Bonsawin, la connaissez-vous? » J’ai eu tout plein de commentaires de tantes et de cousines qui étaient vraiment touchées que le monde veuille savoir qui était Michelle O’Bonsawin. En revenant de Québec, mon mari et moi nous sommes justement arrêtés à Odanak pour voir Richard (Richard O’Bonsawin, chef du conseil des Abénakis d’Odanak). C’était important pour nous d’avoir du feedback des gens et ça fait chaud au cœur de savoir qu’ils étaient derrière ma nomination.
La juge abénakise estime que la journée du 30 septembre est capitale. Archives ONFR+
C’est aujourd’hui la deuxième édition au Canada de la Journée nationale de vérité et de réconciliation. Est-ce que ça a une signification particulière pour vous cette journée-là?
Oui absolument. Moi je trouve que ça met de l’avant tout ce qui est arrivé avec les pensionnats. On l’a vu beaucoup plus dans les nouvelles récemment avec les retrouvailles qu’ils ont faites dans l’Ouest et c’est important que les jeunes et la population canadienne puissent comprendre l’impact des pensionnats sur les personnes autochtones et les traumatismes intergénérationnels. Ça met le point sur les séquelles de ce qui est arrivé à nos gens et les familles de ces gens qui ont été à ces écoles-là.
Est-ce que vous entendiez beaucoup parler d’histoires autour des pensionnats quand vous étiez plus jeune?
C’était plus tôt caché. Ce n’était pas quelque chose dont on discutait. Ma cousine m’a dit qu’à Odanak, c’était plus une école de jour et non une école résidentielle (…) Mais c’est quelque chose qui est vraiment ressorti avec les différentes commissions qui ont eu lieu et mis de l’avant par la Commission de vérité et réconciliation avec l’honorable Murray Sinclair. Je recommande à tous de lire le sommaire exécutif de la Commission parce que ça décrit de façon assez brève et claire l’impact des pensionnats.
Michelle O’Bonsawin est l’une des neuf juges bilingues de la Cour suprême. Crédit image : TFO
Est-ce que les échanges avec vos collègues se font en français derrière les portes à la Cour suprême?
Nous sommes maintenant neuf juges bilingues et ma langue première c’est le français alors lorsque je m’adresse à mes collègues, 90 % du temps, je parle en français… Dans mon petit temps limité ici, ça se passe en français. Je parle en français à mon adjointe exécutive et avec mon huissier-audiencier. Je dois dire que lorsque je suis dans un milieu où je peux parler ma langue, je parle ma langue.
Vous dites que vos enfants sont bilingues et que ça se passe en français chez vous. En quoi est-ce important à vos yeux?
Nous sommes minoritaires et notre langue est importante à conserver. C’est comme ma langue abénakise. C’est une langue que peu de gens dans ma communauté Odanak parlent maintenant. C’est pour ça que c’était vraiment important pour moi d’apprendre avec un groupe qui revitalise notre langue. Je veux m’assurer comme francophone que l’on vit dans notre francophonie.
Il existe, notamment dans le Canada anglophone, des gens qui estiment que ce n’est pas possible de concilier la diversité et le bilinguisme à la Cour suprême. Avez-vous l’impression d’avoir percé le plafond de verre?
Il se pourrait, mais je peux juste parler de ma part. Ça a toujours été important pour moi d’être bilingue. Je ne peux pas vraiment rentrer dans la question politique mais, pour moi, ça a toujours été primordial d’être francophone et de parler ma langue. Être bilingue m’a toujours aidé dans ma carrière. »
Mme O’Bonsawin était juge à la Cour supérieure de l’Ontario depuis 2017. Crédit image : TFO
LES DATES-CLÉS DE MICHELLE O’BONSAWIN
1974 : Naissance à Hanmer
1998 : Obtient son baccalauréat en droit (Common law) de l’Université d’Ottawa
2009 : Devient avocate générale au Groupe des services de santé Royal Ottawa
2014 : Obtient sa maîtrise en droit à Osgoode Hall
2017 : Devient juge à la Cour supérieure de l’Ontario
2022 : Nommée juge à la Cour suprême du Canada
Chaque fin de semaine, ONFR rencontre un acteur des enjeux francophones ou politiques en Ontario et au Canada.
SIOUX LOOKOUT – Pour le député de Kiiwetinoong, seul élu membre des Premières Nations siégeant à Queen’s Park, ce 30 septembre doit amener chaque Ontarien à une profonde réflexion sur l’histoire de la province et le vivre-ensemble, mais aussi inciter les gouvernements à joindre les paroles aux actes.
L’homme compare la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation à « la première étape d’un long périple ensemble. C’est un jour pour reconnaître et se souvenir que des enfants ne sont jamais revenus à la maison », dépeint-il avec un mélange de force et de simplicité.
Quoi qu’il arrive, reprend-il, « on doit écrire l’histoire collectivement et comprendre ce qui s’est passé avant, pour avancer, car le passé compte ». Si le mot espoir ponctue régulièrement ses réponses, Sol Mamakwa martèle l’absolue nécessité de regarder le passé en face.
Et cela passe inévitablement par reconnaître l’horreur des pensionnats et du colonialisme. « On ne peut pas avoir de réconciliation sans vérité. Beaucoup de gens parlent de réconciliation. C’est devenu un mot qui fait le buzz, mais les mots ne suffisent plus. »
Kamloops et Marieval, drames déclencheurs
Depuis les découvertes de dépouilles d’enfants à Kamloops en Colombie britannique et Marieval en Saskatchewan, l’Ontario a mis 10 millions de dollars sur la table pour financer une partie des fouilles destinées à localiser des sépultures de ce type à travers la province. Sollicité par ONFR+, le ministère des Affaires autochtones n’a toutefois pas été en mesure de dresser la liste exacte des sites faisant l’objet de telles fouilles.
« On doit commencer à localiser ces enfants qui ne sont jamais rentrés à la maison. Nous avons besoin que le gouvernement nous aide », plaide celui qui est aussi le porte-parole de l’opposition aux Relations avec les Autochtones et Relations découlant des traités.
Difficile d’appréhender, en tant que parlementaire, ce passé colonial quand la loi commande de prêter allégeance à la Couronne. M. Mamakwa n’a pas prêté serment au nouveau roi. « On doit reconnaître et respecter les traités entre la couronne et les peuples des Premières Nations car sans ces traités il n’y aurait pas de Canada. Le roi Charles III devrait commencer par reconnaître que les pensionnats ont existé et faire des excuses pour ce qu’il s’est passé. »
Le député de Kiiwetinoong est le seul élu membre des Premières Nations siégeant à Queen’s Park. Crédit image : Jackson Ho
« Le roi Charles III devrait commencer par reconnaitre que les pensionnats ont existé » – Sol Mamakwa
L’élu du Nord boycotte l’hymne britannique qui introduit chaque session en chambre. Réintroduit par le premier ministre Doug Ford en 2020, God Save The Queen (Que Dieu protège la reine) est devenu, au moment de la succession du roi Charles III à la reine Elizabeth, God Save The King. Il faut dire que Sol Mamakwa ne lutte pas seulement pour une cause mais se bat contre tout un système, une province, un pays, qui « prennent des décisions sans nous ». Il qualifie les politiques en place d’« oppressives et que les gens payent de leur vie. »
Marginalisation, paupérisation, inégalités dans l’accès à l’éducation, à la santé, à la justice sociale ou encore à l’eau potable… Cette « oppression » se retrouve dans le quotidien de ses administrés (à 68 % autochtones), vilipende-t-il.
Il n’y va pas par quatre chemins : l’Ontario se cache derrière le gouvernement fédéral sur la question de l’accès à l’eau potable. « C’est inacceptable. Ce n’est pas un problème de juridiction mais de droits humains », tranche-t-il alors que sa circonscription, qui s’étend sur près de 300 000 km2 au-delà des rives nord du lac Supérieur, fait l’objet de 13 avis d’ébullition à long terme dont la plus longue, à Neskantaga, depuis plus de 27 ans.
Transformer le système
Le député issu de la Première Nation de Kingfisher Lake se heurte également jour après jour aux limites du système de santé, tandis que la crise des opioïdes occasionne de considérables dégâts dans les réserves. L’Ontario a investi plus de 36 millions de dollars dans des services communautaires de santé mentale et de lutte contre les dépendances pour aider ces communautés. Mais le député appelle à transformer le système pour le rapprocher des gens, quitte à le confier aux municipalités.
Confier le pouvoir à la communauté est une recette qu’il voudrait aussi voir appliquée en éducation et dans le système carcéral. Si le taux de diplomation a augmenté ces dernières années, il reste bien deçà de celui des non-autochtones, en partie à cause d’un déficit d’écoles secondaires et d’institutions par et pour les Premières Nations.
Quant à la surreprésentation autochtone dans les prisons, « 80 à 90 % des détenus dans le Nord-Ouest sont autochtones », déplore-t-il. « C’est comme ça que ça marche. Le milieu correctionnel est un système injuste qu’on doit réparer et confier aux communautés. »
« Nous, on ne voit pas ces autoroutes et on n’a que des aéroports pour se déplacer » – Sol Mamakwa
L’élu de Kiiwetinoong qui siège à Queen’s Park depuis 2018 pointe par ailleurs la convoitise autour des ressources naturelles du Cercle de feu. « Un projet minier aussi important devrait engager les gens qui sont impactés dans leur mode de vie, mais ce n’est pas ce qui se passe. C’est une approche cordiale et oppressive qui consiste à diviser (les Premières Nations) pour mieux régner. »
À l’opposé, quand il s’agit d’infrastructures qui bénéficieraient directement aux autochtones, le porte-voix néo-démocrate décrit une population oubliée, exclue des fruits du développement économique. « Je vois ça tous les jours : on investit dans les métros, les autoroutes… des projets qui profitent aux villes. Nous, on ne voit pas ces autoroutes et on n’a que des aéroports pour se déplacer, et ça a des répercussions sur le coût de la vie. »
Pendant ce temps, la crise du logement fait aussi son œuvre parmi les Premières Nations qui connaissent un fort de taux de sans-abrisme dans les villes. « Une souffrance inutile », considère M. Mamakwa. « Une des voies de l’oppression et de maintenir les autochtones hors des réserves. La crise du logement a amené les gens dans la rue. Il est temps de montrer du respect et de les aider. »
Stéphane Lafleur, réalisateur québécois du film Viking, a fait un arrêt dans LA CABINE ONFR+! Suivez notre toute nouvelle série d’entrevues avec des personnalités du cinéma francophone. Viking : sortie en salle au Canada le 30 septembre.
Le redécoupage fédéral n’a pas fini de susciter de l’inquiétude dans le Nord. De récentes données sur la composition linguistique des nouvelles circonscriptions semblent valider une future perte du poids des francophones, passant de cinq à quatre circonscriptions à forte concentrationfrancophones.
Il y a quelques semaines, la Commission de délimitation des circonscriptions électorales fédérales avait publié une proposition de redécoupage de la carte où le Nord perdait un député, passant de dix actuellement à neuf.
La redistribution avait aussi montré que des villes à majorité francophones se retrouveraient mélangées à d’autres, plus anglophones, comme le démontre la nouvelle circonscription de Nickel Belt-Manitoulin.
Les statistiques linguistiques du recensement de 2021 n’ayant été publiées que le 17 août dernier, la Commission dit avoir envisagé une extrapolation des données du recensement de 2016 pour établir la proportion de francophones dans chaque circonscription.
Avec les nouvelles propositions, le comté Cochrane-Timmins-Timiskaming compterait 38 % de francophones, celui de Manitoulin-Nickel Belt 26 % et Nipissing 22 %, Sudbury 19 %.
Quant aux données pour les circonscriptions actuelles, Nickel Belt trône à 38 %, Timmins-Baie James à 29 %, Algoma-Manitoulin-Kapuskasing à 25 %, Nickel Belt à 38 %, Nipissing-Timiskaming à 16 %, Sudbury à 19 % et Timmins-Baie James à 29 %.
Le nombre de circonscriptions à forte concentration francophones va donc baisser, passant de cinq à quatre selon ces données de la Commission.
Cependant, ces données étant tirées du recensement de 2016, ces chiffres pourraient être encore plus bas si l’on se fie aux données du dernier recensement de 2021.
Celui-ci marquait, en effet, une diminution du nombre de personnes dont le français est la première langue. Un recul à l’échelle de toute la province, mais plus particulièrement important dans le Nord.
Manque de transparence selon l’AFO
Dans un mémoire transmis à la commission de délimitation des circonscriptions, l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) s’est plainte de l’absence de partage de ces données linguistiques.
« Si la commission n’a pas fait le travail d’amasser les données des populations francophones avant de soumettre sa proposition, elle ne peut pas prétendre avoir pris en considération « la communauté d’intérêts ou la spécificité d’une circonscription électorale d’une province ou son évolution historique, » tel que le stipule la loi », a commenté le président de l’AFO, Carol Jolin.
Le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, Carol Jolin. Archives ONFR+
L’AFO souhaite également que la commission s’inspire du travail fait en 2016 et en 2017 par la commission ontarienne en ajoutant deux nouvelles circonscriptions, dont une à forte concentration francophone.
« Que la commission s’inspire de la province, qui en 2017, a voulu donner une voix plus forte au Nord, dont aux communautés francophones et autochtones, avec l’ajout de deux nouvelles circonscriptions », conclut le président de l’AFO.
Tenir compte des spécificités du Nord
La Commission a délimité les nouvelles circonscriptions en fonction de son seuil de 10 % de représentation de la population francophone.
Selon le député fédéral de la circonscription de Nickel Belt, Marc Serré, cette délimitation n’est pas adaptée au Nord. « Si on garde la population à 10 ou 15 % comme la Commission veut, on va perdre un autre siège dans le Nord de l’Ontario alors ce n’est pas acceptable », répond le député élu depuis 2015.
Le député de Nickel-Belt Marc Serré. Crédit image : Pascal Vachon
Pour celui qui est aussi le Secrétaire parlementaire de la ministre des Langues officielles, la Commission devrait aller jusqu’à 25 % comme le permet la Cour suprême du Canada, et considérer non seulement la population, mais aussi les communautés.
Il estime qu’il faut que les municipalités et les intervenants puissent s’entretenir et trouver des solutions afin de démontrer et prendre en considération les spécificités du territoire, ses distances, sa population autochtone dans le redécoupage.
Le député a l’intention d’amplifier ce message lors d’une présentation à la Commission le 11 octobre prochain à Timmins.
De Toronto à Ottawa, les amateurs de théâtre vont se régaler, avec de nombreuses pièces au choix cette semaine. Il y aura aussi la Nuit Blanche de Toronto qui mettra de l’avant l’œuvre médiatique de la réalisatrice Nadine Valcin. Mais n’oublions pas non plus de profiter des débuts de la saison automnale avec une belle marche guidée vers l’embouchure de la rivière Rouge.
THÉÂTRE
Vaches the musical fait son retour sur scène
Le « broadway franco-ontarien » qui a reçu le Prix coup de foudre à Contact ontarois en 2020 sera de retour sur scène pour vous offrir cinq représentations en octobre. À la fois comique et touchant, VACHES, the musical raconte l’histoire de Jean, un agriculteur de Casselman qui, face à de nombreux obstacles, tentera de sauver une centaine de vaches en pleine crise du verglas.
VACHES, the musical. Crédit image : Marianne Duval.
Représentations les 5, 6, 7 et 8 octobre au Théâtre Richcraft – Centre des arts Shenkman à Orléans. Achetez vos billets ici.
Le cas étrange de Jeffrey Alan Lash en théâtre documentaire
Dans Pacific Palisades, le scénariste et auteur Guillaume Corbeil décrypte en théâtre documentaire le mystère derrière Jeffrey Alan Lash, un hybride mi-homme, mi-extraterrestre travaillant comme agent secret pour les services secrets américains et retrouvé mort dans le coffre de sa voiture en 2015. À la suite de sa découverte, des millions de dollars et une quantité inexplicablement élevée de munitions et d’armes sont trouvés dans son garage. Alors que Guillaume Corbeil tente de raconter cette histoire intrigante de l’escroc aux multiples identités, il intègre sa version des faits basée sur sa propre enquête menée en Californie.
La pièce Pacific Palisades. Crédit image : Nicolas Descôteaux.
Pacific Palisades : à voir du 6 au 8 octobre à La Nouvelle Scène Gilles Desjardins. Achetez vos billets ici.
Djennie Laguerre rend hommage aux femmes d’Haïti
L’actrice et autrice nous offre Manman la mer, son ode théâtrale qui rend hommage à la spiritualité et à la femme antillaise. Il s’agit de l’histoire de Marjolaine qui, pour satisfaire sa mère, met au placard son don de clairvoyance. Mais 26 ans plus tard, alors qu’elle est atteinte d’une maladie dont la médecine moderne ne semble pas pouvoir guérir, elle décide de se tourner vers les bons soins de sa grand-mère haïtienne.
La pièce Manman, la mer. Crédit image : Sibylle Berger.
Manman la mer au Théâtre français de Toronto du 29 septembre au 2 octobre. Achetez vos billets ici.
ARTS
Emergence de Nadine Valcin à Nuit Blanche de Toronto
L’œuvre Emergence de Nadine Valcin sera présentée à Nuit Blanche 2022 au Labo. Dans cette installation vidéo silencieuse, la réalisatrice aborde la pratique du « blackface » dans la représentation des communautés noires. L’œuvre réaffirme cependant la beauté et la diversité du corps noir malgré les stéréotypes qu’il subit.
Extrait de l’œuvre Emergence de Nadine Valcin. Gracieuseté du Labo.
Vous pouvez retrouver « EMERGENCE » de Nadine Valcin, à partir de 19h, le 1er octobre au Labo, centre d’art médiatique francophone de Toronto.
COMMUNAUTÉ
Marche bilingue vers l’embouchure de la rivière Rouge
En collaboration avec Lost Rivers, la Société d’histoire de Toronto offre une belle marche guidée vers l’embouchure de la rivière Rouge afin de marquer à la fois la Journée internationale d’action pour les rivières et le Jour des Franco-Ontariens. Cette marche vous fera découvrir en plein air automnal la riche histoire des environs de l’embouchure ainsi que de son évolution depuis sa présence autochtone.
La rivière Rouge. Crédit image : jimfeng / E+ via Getty Images
Marche le dimanche 2 octobre de 14h à 15h30. Inscrivez-vousgratuitement pour y participer. Le point de rencontre sera à la station GO de Rouge Hill.
Voué en grande partie à faire connaître l’art et la culture franco-ontariens au grand public québécois, le magazine en ligne Boréal annonce qu’il mettra la clé sous la porte à partir du 10 octobre prochain faute de moyens, et ce après quatre ans de publication.
Qu’on ne s’y méprenne pas, il ne s’agit pas là du collège éponyme ou d’un quelconque support médiatique appartenant à ce dernier, mais bel et bien d’un magazine culturel indépendant répondant au nom de Boréal.
Ce média en ligne basé au Québec a (ou plutôt avait) pour ligne éditoriale de faire connaître au grand public québécois la culture et les artistes francophones hors Québec et particulièrement ceux de l’Ontario.
« Avait » parce que, selon la fondatrice du magazine, Mona Rochon, les 7151 lecteurs de Boréal, dont plus des deux tiers sont franco-ontariens issus des quatre coins de la province, cesseront de recevoir des nouvelles à partir du 10 octobre prochain.
« J’ai des origines franco-ontariennes. J’ai vécu toute mon enfance dans le nord de l’Ontario, donc je connais bien cette scène culturelle et j’avais envie de la faire découvrir au public québécois qui représente le tiers de mon lectorat », relate Mme Rochon.
Et d’ajouter : « Malheureusement, lorsque les artistes d’ailleurs arrivent au Québec pour faire carrière, ils deviennent des artistes québécois aux yeux du public, comme Damien Robitaille qui vient de Lafontaine en Ontario pour ne citer que ce cas. C’est la raison pour laquelle j’ai eu envie de parler de ces artistes et de leur origine. »
Toutefois, si l’idée paraissait de bonne intention et bien campée sur le papier, dans la pratique, c’est une tout autre histoire. En effet, malgré un lectorat au rendez-vous (comparativement à la taille du support) et une richesse dans les sujets traités, la fondatrice n’a pas pu tenir la barre plus de quatre ans.
Manque de temps et surtout d’argent
Et pour cause, Mona Rochon manque d’abord de temps, puisqu’elle travaille actuellement en tant qu’enseignante de français à l’alliance française d’Ottawa tout en résidant au Québec, et c’est bien là où le bât blesse!
« Mon magazine et moi sommes basés au Québec et c’est bien là où réside toute ma difficulté, car je ne peux pas être qualifiée aux subventions pour les médias en milieu minoritaire. Pendant quatre ans, Boréal a fonctionné sans aucun fond ou subvention à part un montant versé au début par une mécène de mon entourage. L’année dernière, j’ai fini par puiser dans mes propres fonds pour maintenir Boréal en vie, mais là ce n’est plus tenable », explique Mme Rochon.
Allez voir ailleurs!
Quant aux annonceurs, l’ancienne journaliste raconte que les entreprises québécoises n’étaient pas du tout intéressées par diffuser leur publicité dans le magazine sous prétexte que celui-ci ne parlait pas des artistes québécois, alors même qu’à l’époque, 50 % des lecteurs étaient aux Québec, d’après la fondatrice du média.
« Les annonceurs et les entreprises québécoises que j’ai démarchés ne voulaient rien savoir. Ils me disaient d’aller voir les entreprises en Ontario, et en Ontario, ils me disaient d’aller voir les firmes du Québec même si, là aussi, il s’agit principalement dans mes publications d’artistes franco-ontariens », se rappelle cette dernière.
Petite consolation, l’ancienne journaliste nourrit toujours l’espoir de trouver les fonds nécessaires afin de faire renaître Boréal de ses cendres, car elle pense toujours, et à juste titre, qu’il existe un vide concernant la médiatisation au Québec des artistes francophones hors Québec en général et ceux appartenant à la francophonie ontarienne en particulier.
OTTAWA – Libéraux et conservateurs ont voté contre un projet de loi sur la protection du français, le premier vote de ce type sous l’ère Poilievre. Les libéraux accusent le Bloc québécois, avec leur mouture, de ne pas prendre en compte la réalité des francophones hors Québec et en n’appuyant pas leur projet de loi C-13.
Le projet de loi C-238 marrainé par la députée Claude DeBellefeuille propose des mesures qui touchent principalement au Québec. La formation souverainiste voulait notamment assujettir à la Charte de la langue française les entreprises de compétence fédérale au Québec et obliger la connaissance du français comme prérequis pour un immigrant (entre 18 et 64 ans) vivant au Québec qui souhaite obtenir la citoyenneté canadienne. Plusieurs autres mesures étaient contenues dans ce projet de loi qui en regroupe deux anciens de la dernière législature et morts au feuilleton, le C-254 et C-223.
Il s’agit d’un changement pour les conservateurs qui avaient voté en faveur des deux projets de loi lors du dernier parlement. Le député conservateur Joël Godin explique qu’ils avaient été déposés avant que le gouvernement dépose C-13 en mars dernier, visant à moderniser la Loi sur les langues officielles.
« À l’époque, c’était peut-être pertinent… On veut travailler avec C-13 en comité pour faire en sorte de l’améliorer et d’avoir plus de mordant pour cette loi-là… Un projet de loi émanant d’un député est beaucoup moins fort qu’un du gouvernement », selon M. Godin sur le point de faire son entrée à la période des questions.
Le critique aux Langues officielles chez le Parti conservateur Joël Godin. Source : Twitter
Il s’agissait d’un premier vote concernant la langue française pour les conservateurs depuis l’élection de Pierre Poilievre comme chef alors que le parti avait voté en faveur sous Erin O’Toole. Le porte-parole en Langues officielles dans l’opposition rejette toutefois du revers de la main un quelconque lien.
« C’est une association très facile. Je peux dire que notre nouveau chef est un défenseur du fait français », a souligné M. Godin.
« Il y a un virage là », pense le député du Bloc Mario Beaulieu après le vote. « On va voir si M. Poilievre va continuer son recul ou se rallier », a ajouté le porte-parole en Langues officielles. Il souligne que certains aspects du projet de loi seront apportés en amendements en comité sur C-13.
Les conservateurs affirment attendre que les amendements soient proposés avant de prendre position.
Pas sans les francophones hors Québec, dit Ottawa
Les libéraux ont dénoncé que le Bloc ne porte pas attention à la réalité des francophones hors du Québec avec cette tentative d’adoption.
« Le Bloc québécois prétend que le vote sur C-238 est un test, mais le véritable test pour la pérennité du français au pays, y compris au Québec, c’est l’adoption d’une nouvelle Loi sur les langues officielles renforcées qui répond à la fois aux défis auxquels fait face le français d’un bout à l’autre du pays et aux préoccupations des communautés de langue officielle en situation minoritaire », a indiqué dans une déclaration la ministre des Langues officielles, Ginette Petitpas Taylor.
Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, refuse l’étiquette collée par le gouvernement.
« Les meilleurs amis que les francophones hors Québec peuvent avoir, c’est le Bloc québécois. C’est nous qui sommes toujours prêts à prendre leur défense », a-t-il dit, réitérant son souhait que la Loi sur les langues officielles s’applique seulement aux francophones en situation minoritaire.
Les libéraux avancent qu’avec C-13 « c’est l’avenir du français et de la francophonie canadienne qui est en jeu et qui va contribuer à l’épanouissement du français au Québec et partout au Canada ».
« Nous sommes d’accord que les belles paroles ne suffisent plus et c’est pourquoi nous espérons avoir la collaboration de tous les partis de l’opposition pour faire adopter C-13 dans les plus brefs délais », renchérit la ministre Petitpas Taylor
Le Nouveau Parti démocratique (NPD) a voté en faveur du projet de loi.
Il est vrai que les critiques envers la politique gouvernementale vis-à-vis de la protection de l’environnement dans la province ne datent pas d’aujourd’hui. Toutefois, avec le procès intenté au gouvernement Ford par sept jeunes ontariennes qui se déroule en ce moment, on est passé des mots à l’action en justice, soit une première historique en Ontario. Pourquoi on est-on arrivé là? Le bilan des progressistes-conservateurs en la matière justifie-t-il ce recours, d’autant plus que l’accusation est des plus graves : hypothéquer l’avenir des jeunes ontariens?
À l’heure de l’écriture de ces lignes, les deux parties en conflit, à savoir le groupe Ecojustice représenté par sept jeunes ontariennes et le gouvernement de Doug Ford, attendent le jugement que devrait rendre sous peu la Cour supérieure de l’Ontario.
« Il s’agit d’une affaire très importante qui, espérons-le, obligera le gouvernement à reconnaître qu’il a la responsabilité d’agir sur les changements climatiques afin de protéger l’avenir des jeunes, y compris de ceux qui n’ont pas encore l’âge de voter », juge Keith Stewart, analyste sénior en énergie chez Greenpeace Canada.
Le chef d’accusation? Le déficit en matière d’intégration du changement climatique dans la gestion des affaires de la province, ce qui a pour effet, selon Ecojustice, « d’hypothéquer » l’avenir des sept plaignantes et par la même, celui de toutes les générations ontariennes à venir.
La démonstration que tente d’établir Ecojustice réside dans le lien entre l’avenir incertain de la santé physique et mentale de ses clientes et l’inaction du gouvernement concernant la diminution de la pollution et des émissions de gaz à effet de serre. Ces dernières étant les principales responsables des catastrophes naturelles telles que les inondations, les feux de forêt ou encore la sécheresse dont la fréquence s’est accélérée dans la province durant la dernière décennie.
Keith Stewart, analyste sénior en énergie chez Greenpeace Canada. Gracieuseté
Accusation non fondée, selon la défense
Contacté au sujet du bien-fondé ou non de cette accusation, le ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et des parcs s’est abstenu de répondre à cette question.
« L’Ontario a réalisé plus de réductions de gaz à effet de serre que toute autre province ou territoire au pays. Sous la direction du premier ministre Ford, l’Ontario a fait des investissements majeurs dans l’énergie verte propre, le transport en commun et les véhicules électriques. Cela comprend une contribution allant jusqu’à 500 millions de dollars à ArcelorMittal, ce qui entraînera des réductions d’émissions de CO2 équivalant à retirer près d’un million de voitures de la circulation », préfère répondre Phillip Robinson du cabinet du ministre de l’Environnement.
Et d’ajouter : « Nous avons également mis en place des mesures ciblées à l’avant-garde du pays, comme l’augmentation de la quantité du carburant renouvelable dans l’essence ordinaire à 15 %, ce qui équivaut à retirer 300 000 voitures supplémentaires de la circulation chaque année. »
Pour connaître la position du gouvernement sur la question, il faut donc assister aux audiences où la position de ce dernier est on ne peut plus claire : cette requête est tout simplement irrecevable et n’a pas sa place devant un tribunal, puisque celui-ci n’a pas les compétences requises pour statuer sur une affaire qui tombe dans l’escarcelle des politiques publiques. C’est, en tout cas, ce qu’a argué la défense dès la deuxième audience.
« Le gouvernement Ford est le plus anti-environnemental de l’histoire de l’Ontario »
De son côté, l’organisation non gouvernementale Greenpeace n’a pas manqué de fustiger l’équipe au gouvernail de la province.
« Le gouvernement Ford est le gouvernement le plus anti-environnemental de l’histoire de l’Ontario. Lorsqu’il a été élu, le premier point de son programme a été de démanteler le plan d’action climatique de l’Ontario. Il a ensuite contesté l’action climatique fédérale devant la Cour suprême et a perdu », rappelle Keith Stewart.
Et de conclure : « Depuis lors, le gouvernement Ford n’a fait que ce que le gouvernement fédéral a pu le forcer à faire, ou ce que le gouvernement fédéral aidera à payer, comme soutenir la fabrication de véhicules électriques ou l’acier vert. »
Même couleur, même accord de violon du côté du Parti vert de l’Ontario qui dresse la liste des « faux pas » du gouvernement depuis son accession au pouvoir.
Mike Schreiner, chef du Parti vert de l’Ontario. Archives ONFR+
« Après son entrée en fonction en 2018, le gouvernement Ford s’est immédiatement mis au travail. Il a supprimé le programme de plafonnement et d’échange de réduction des émissions de l’Ontario, annulé 758 projets d’énergie renouvelable, mis fin aux programmes incitatifs pour les véhicules électriques et à hydrogène, réduit le Fonds pour l’Ontario vert, réduit le financement des infrastructures cyclables, refusé d’adhérer au régime national de taxe sur le carbone et abaissé considérablement les objectifs de réduction des émissions de carbone de la province », recense la communication du parti.
Au-delà des querelles politiciennes, des faits incontestables de par leur caractère scientifique sont là pour témoigner de l’urgence de la situation. Pour ne citer que cette étude, le rapport dit Bush et Lemmen fait état d’un climat au Canada qui se réchauffe à un rythme presque deux fois plus élevé que la moyenne mondiale.
Le même document établit que la température annuelle moyenne de l’Ontario a augmenté de 1,3 °C en seulement 68 ans, période durant laquelle les précipitations annuelles moyennes ont augmenté de 9,7 %. Et cela ne va pas s’arrêter là, car les auteurs du rapport mettent l’accent sur le fait que les risques que représente aujourd’hui le changement climatique au Canada en général et en Ontario en particulier deviendront encore plus importants à court et moyen terme.
Est-il temps à la lumière des récentes données du Recensement de 2021 pour le fédéral de se doter d’un programme en immigration francophone distinct de l’immigration générale? Des experts en francophonie, les organismes francophones et le milieu économique le souhaitent et demandent une réorganisation à Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC).
La semaine dernière, le ministre de l’Immigration Sean Fraser a sorti le plan de son gouvernement pour augmenter l’immigration francophone au pays et atteindre la cible jamais atteinte de 4,4 %. Ce dernier propose d’assouplir Entrée express en élargissant le bassin de candidats francophones disponibles en plus de procéder à une révision du processus actuel pour les nouveaux arrivants francophones.
Mais pour les acteurs économiques francophones, la création d’un programme distinct en immigration francophone qui ne serait pas « mélangé » serait la meilleure solution.
« On a besoin d’un programme qui soit capable d’atteindre cette cible-là et qu’il y ait des mesures spécifiques pour recruter dans des pays francophones où il y a une main-d’œuvre qualifiée et prête à travailler au Canada dans les différentes catégories d’emplois en manque de main-d’œuvre », suggère Roukya Abdi-Aden, gestionnaire au RDÉE Canada, un organisme national qui représente le milieu économique francophone hors Québec.
L’organisme qui se veut comme le bras économique de la francophonie canadienne tient ce mercredi et ce jeudi un sommet sur l’économie francophone, après deux ans marqués par la pandémie. L’échec constant d’Ottawa en matière d’immigration francophone et les données du dernier recensement viennent mettre en lumière la nécessité de rapidement trouver des solutions à la pénurie de main-d’œuvre francophone et bilingue hors Québec.
« On est à un tournant où il est important qu’on fasse les choses autrement. Ça fait 20 ans qu’on essaie d’atteindre la cible et on ne l’a pas atteint. On a une situation qui est très favorable pour recruter à l’international. On a des besoins en main-d’œuvre et le taux de chômage est bas… Il nous faut un programme différent qui va nous permettre d’aller chercher ces travailleurs qualifiés », soutient Mme Abdi-Aden.
En terme économique, ce manque à un énorme impact rappelle Roukya Abdi-Aden.
Selon RDÉE Canada, dans le domaine de la petite enfance, on indique que près de 2450 postes seront à pourvoir dans les prochaines années dans les communautés francophones minoritaires du Canada. En tourisme, on estime que 93 000 postes seront vacants d’ici 2035. En francophonie minoritaire : 178 000 nouveaux emplois seront à pourvoir entre 2019 et 2018 pour des aides-infirmiers, aides-soignants et préposés aux bénéficiaires et 191 000 infirmiers autorisés et infirmiers psychiatriques pour la même période selon les estimations de RDÉE Canada.
Simplifier le processus, plaident des experts
Faire une politique ou un programme spécifiquement pour l’immigration francophone, c’est une bonne idée, estime la professeure Luisa Veronis, titulaire de la Chaire de recherche sur l’immigration et les communautés franco-ontariennes à l’Université d’Ottawa. Selon elle, « l’immigration en général est très complexe » et le processus se doit d’être simplifié.
« Il y a une quantité énorme de catégories et de façon d’immigrer : il y a les candidats des provinces, les programmes temporaires, les étudiants internationaux, la réunification familiale, les réfugiés, etc. Et ça c’est la pointe de l’iceberg, donc c’est très très complexe et ça alourdit la machine alors si on fait un programme, on pourrait simplifier », estime-t-elle.
Une telle nouveauté pourrait notamment permettre aux immigrants francophones des avantages, par rapport aux anglophones, en termes de rapidité, avance Mme Veronis, donnant l’exemple des travailleurs temporaires et des étudiants internationaux déjà au pays.
« Il faut faciliter l’accès à la résidence permanente. Faciliter et accélérer pour l’attraction pourrait avoir un poids énorme et après ça peut faciliter la rétention, car ils ont déjà un statut stable. Plus rapidement on leur offre la permanence, plus la rétention suivra », souligne-t-elle.
Archives ONFR+
C’est aussi l’avis de l’experte en politiques linguistiques de l’Université d’Ottawa Linda Cardinal. Elle propose notamment qu’un tel programme puisse comporter des projets pilotes dans des régions francophones du pays comme à Sudbury, Ottawa ou Saint-Boniface.
« Donc des cibles pancanadiennes avec des cibles très ambitieuses pour certaines régions avec un suivi de ce qui marche et ce qui ne marche pas… Ça permettrait de gérer des programmes dans une optique de par et pour les francophones… Là, ce qu’on a, ce sont des programmes en immigration où on saupoudre les francophones », a témoigné la titulaire de la Chaire de recherche sur la francophonie en comité sénatorial sur le projet de Loi C-13.
Le milieu économique n’est pas seul dans sa demande. La Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) espère aussi qu’IRCC mette en place une telle distinction pour les nouveaux arrivants. La FCFA avait fait cette demande combinée à d’autres comme l’augmentation de la cible à 12 % en 2024.
Le Festival franco-ontarien (FFO) a fait parler de lui cette année. Pour cette 47e édition, et suite à deux ans d’annulation, les organisateurs ont choisi de faire coïncider le festival avec la fin de semaine de la Journée des Franco-Ontariens. La cinquantaine d’artistes venue de tous les horizons a aussi suscité toutes les opinions et émotions. ONFR+ fait le point sur dix moments marquants de cette fin de semaine.
Twin Flames : ne pas choisir une culture
Chelsea June et Jaaji du groupe Twin Flames ont allumé le brasier des festivités, dès le vendredi, avec leur court concert d’ouverture. Accompagnée par sa flûte, son tambour et son âme sœur à la guitare, Chelsey June a invité le public à s’immiscer dans l’univers musical diversifié en langue et en culture du groupe.
« Quand j’étais jeune, je pensais que je devais choisir une culture. Aujourd’hui, je suis fière de dire que je suis anglophone, fière d’être autochtone et fière d’être Franco-Ontarienne », s’est-elle confié.
Crédit image : Emmanuelle Gingras
Éric Lapointe envers et contre tous
Pour conclure la première journée, Éric Lapointe est entré sur scène une cigarette à la main, devant la foule la plus généreuse de toute la fin de semaine du FFO. Quelques centaines de personnes ont accueilli celui dont la venue a été hautement critiquée.
« L’important ce n’est pas la quantité du monde qui est là, mais la qualité du monde qui est là », a exprimé le chanteur acclamé pour un call back.
Crédit image : Emmanuelle Gingras
DJ Unpier et Le Flo Franco duo inséparable
Pour la deuxième journée de festival, DJ Unpier recevait une série d’artistes pan francophones avec qui il travaille de près ou de loin. Le premier sur scène à ses côtés : Le Flo Franco, rappeur et collaborateur régulier depuis 2018. Le duo a présenté quelques-unes de ses dernières compositions, sorties simultanément un jour plus tôt, à travers leurs albums respectifs.
Crédit image : Stéphane Bédard
Une relève musicale en feu
Outre les plus grands noms qui ont accompagné le DJ, ce dernier a aussi invité une série de jeunes chanteurs émergents franco-ontariens rencontrés lors du Festival Quand ça nous chante. Parmi eux : Kaiday, Emma Rose Smith, MAB, Sophie Grenier, etc. ont tout donné lors de leurs courtes apparitions sur la scène du Parc Major’s Hill.
Crédit image : Stéphane Bédard
Des fleurs pour Céleste Lévis
La chanteuse acoustique de Timmins Céleste Lévis a fait une pause dans sa maternité pour apparaître aux côtés de DJ Unpier et des jeunes danseurs sur place. Celle qui vient tout juste d’avoir son premier enfant avec le musicien Marc-Antoine Joly, qui a aussi performé, s’est fait offrir un bouquet de fleurs par le DJ, suite à sa performance. Ce dernier a émis le souhait de faire un album avec elle.
Crédit image : Stéphane Bédard
Nostalgie et changements de costume pour Radio Radio
Les membres du groupe Radio Radio ont sûrement été les plus présents tout au long du concert. Revenu à quelques reprises sur scène pour présenter de nouvelles tout comme d’anciennes compositions, Jacobus ne se présentait jamais de la même façon. Ce dernier s’est changé à trois reprises, en plus d’avoir offert sa casquette portant son nom à un groupe de jeunes situé à l’avant-scène.
Crédit image : Stéphane Bédard
La francophonie pour les petits
Pour célébrer la Journée des Franco-Ontariens, qui coïncidait avec la dernière journée de festivité, le FFO a décidé dimanche de rendre toutes les activités gratuites. La journée du 25 septembre a débuté avec le spectacle pour enfants Amandine & Rosalie. Le duo d’actrice torontoise Bénédicte Mbaididje et Manon Bourgeois a fait danser et instruit une foule de jeunes sur les différentes communautés du Canada et du monde.
Crédit image : Emmanuelle Gingras
Hommage à Gisèle Lalonde et Mariette Carrier-Fraser
Le maire d’Ottawa Jim Watson, aux côtés de la députée provinciale Lucille Collard, du conseiller municipal Mathieu Fleury, de la députée fédérale Mona Fortier, du président de l’ACFO Ottawa Éric Barette ainsi que du président du festival Mathieu Gauthier ont chacun fait un discours pour honorer les contributions de Gisèle Lalonde et Mariette Carrier-Fraser à la cause franco-ontarienne. S’en est suivi un témoignage de la petite-fille de Gisèle Lalonde, venu évoquer des souvenirs de sa grand-mère.
« Notre drapeau est un symbole de fierté, de solidarité, de communauté, mais c’est aussi un symbole de collaboration », a souligné Lucille Collard.
Crédit image : Emmanuelle Gingras
Mon beau drapeau chanté par Brian St-Pierre
Pour accompagner le lever du drapeau franco-ontarien, Brian St-Pierre, compositeur de l’emblématique chanson Mon beau drapeau, accompagné par Mélissa St-Pierre, a chanté sa chanson. Ces derniers y ont apporté une légère modification : « Je suis Franco-Ontarien » devenu « Nous sommes Franco-Ontariens », le temps de ce moment unificateur.
Crédit image : Emmanuelle Gingras
Rigodons avec Hey, Wow!
Pour conclure les hommages hauts en émotions, le groupe ontarien Hey, Wow! , composé de Jean-Marc Lalonde, Kevin Daoust, Martin Newman et Ross Murray a fait danser la foule le temps d’une série de rigodons sur accordéon.
OTTAWA – Organisée sur le campus de l’Université d’Ottawa et animée par Joël Beddows, une table ronde a réuni ce lundi plusieurs experts afin d’émettre des pistes de recherches pour contrer le déclin du français dans la province. Faisant suite aux résultats du recensement 2021 dévoilés en août dernier et face à la baisse du nombre de francophones en Ontario, les panélistes ont soumis plusieurs idées ouvrant le champ des possibles.
Durant cette table ronde, Éric Caron-Malenfant, directeur adjoint du Centre de démographie de Statistique Canada, a évoqué les raisons du déclin. Bien que celles-ci soient multiples, l’expert est d’avis que les prochaines données recensées sur l’immigration par Statistique Canada et prévues en octobre 2022 donneront plus de visibilité sur ce déclin.
Les facteurs de diminution, à ce jour, seraient liés au nombre de naissances : les francophones ne feraient pas assez d’enfants. Il est aussi question d’un échec de la transmission de la langue, incomplète, voire inexistante. L’expert appuie également le fait que la population francophone est plus âgée et donc on observerait, via le décès de ces personnes, la perte de francophones dans la province.
Éric Caron-Malenfant, directeur adjoint du Centre de démographie de Statistique Canada. Crédit image : Lila Mouch
Geneviève Tellier, professeure titulaire en Études politiques à l’Université d’Ottawa, s’est interrogée sur le consensus au sein de la communauté et la nécessité du soutien de la population. Elle met en garde face à l’urgence d’intervenir, de ne pas opposer des groupes de gens.
« Il faut penser long terme et nous avons un devoir de surveillance. » Pour Mme Tellier, la mise en œuvre, c’est le « talon d’Achille ». Il faut des avis et des rappels à l’ordre de la communauté comme nous l’avons constaté au travers des mouvements Monfort ou du jeudi noir. « Il faut des avancées en gouvernance fédérale », ajoute-t-elle.
Geneviève Tellier, politologue et professeure à L’Université d’Ottawa. Crédit image : Lila Mouch
Pour la politologue, il y a des points positifs : « Revisiter la Loi sur les langues officielles périodiquement est un gros acquis. » De plus, selon elle, l’éducation en français est un des bons moyens de régler le problème, « c’est un aspect fondamental ».
L’immigration comme solution
Alain Dupuis, directeur général de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA), propose quant à lui des pistes d’études vers de nouvelles cibles en immigration.
« Les études le démontrent, nous bénéficions moins de l’immigration que la majorité canadienne, en raison des cibles du gouvernement fédéral qui n’ont jamais été atteintes », explique M. Dupuis.
Une tendance démographique qu’il qualifie d’inquiétante, et ce, depuis l’adoption de la Loi sur les langues officielles. « Cela va se poursuivre si on ne fait rien », alerte-t-il.
M. Dupuis rappelle que c’est en 2003 que la première stratégie et donc première cible à atteindre avait été annoncé, soit celle de 4,4 %.
« Cette première cible aurait dû être atteinte dans les cinq premières années et depuis nous ne l’avons toujours pas atteinte », objecte-t-il.
« En 2009, nous avons repoussé de 15 ans l’objectif », poursuit-il, « mais nous avons accumulé un retard important, cette cible n’est plus la bonne ».
L’écart se creuse année après année et selon les chiffres obtenus par le commissaire aux langues officielles, si la cible de 4,4 % avait été atteinte, ce sont 76 000 francophones de plus que nous aurions accueillis.
Alain Dupuis, directeur général de la Fédération des communautés francophones et acadiennes du Canada. Crédit image : Lila Mouch
L’expert indique que la FCFA essaye de réfléchir à cette cible afin de « renverser la vapeur ».
Si on veut croître, il faut des cibles ambitieuses. « On propose à partir de 2024 d’adopter une cible de 12 % en immigration francophone et de la faire évoluer tous les trois ans. »
En plus d’augmenter cette cible, Alain Dupuis insiste sur le fait qu’il faille se doter d’un programme en politique d’immigration. Celle-ci devrait être sur mesure. Il propose pour cela : un volet francophone avec des quotas.
« Il faut lever les barrières pour les étudiants internationaux », poursuit-il, « il faut retenir ces gens ».
Enfin, il ajoute : « Il nous faut une capacité accrue pour traiter les demandes. Le bureau de Dakar traite 16 pays en Afrique subsaharienne, c’est absurde. »
Capacité d’accueil et d’inclusion
« Il faut mobiliser les employeurs qui ont un pouvoir de rétention », réaffirme Alain Dupuis.
Luisa Veronis, professeure, titulaire de la Chaire de recherche sur l’immigration et les communautés franco-ontariennes, à l’Université d’Ottawa, rappelle que l’objectif est différent pour les personnes francophones qui viennent s’installer ici.
« Beaucoup ne parlent pas anglais et viennent avec l’idée qu’ils pourront vivre complètement en français, or ce n’est pas le cas. »
Luisa Veronis, titulaire de la Chaire de recherche sur l’immigration et les communautés franco-ontariennes, à l’Université d’Ottawa. Crédit image : Lila Mouch
Les défis se multiplient et pour Mme Veronis, c’est inévitable de mettre en place une immigration séparée.
« Sur le terrain, les expériences varient et les francophones n’ont pas les mêmes besoins », explique l’experte en immigration.
Les profils à succès comme les étudiants internationaux pourraient bénéficier d’un coup de pouce.
« Pourquoi ne pas retirer les frais de scolarité internationaux des gens qui viennent du Congo ou du Rwanda », suggère-t-elle, « sinon, leur offrir la résidence permanente après leur première année de scolarité ».
« Il faut miser sur les services, faire du jumelage à distance, appuyer l’immersion en français, il faut briser le tabou derrière le français et offrir des programmes récréatifs en français. »
Pour les panélistes, il est nécessaire d’agir. L’idée est d’inclure le français dans la vie de tous les jours et de construire un projet de société ensemble.
SUDBURY – L’Association des étudiants francophones (AEF) a annoncé ce lundi matin, lors du lever du drapeau franco-ontarien à l’Université Laurentienne, une entente de réconciliation avec le journal étudiant francophone L’Orignal déchaîné, après un été de conflit entre les deux instances.
« Je sais que vous attendez tous le moment du lever de drapeau, mais avant ça je vous annonce que nous avons conclu une entente de réconciliation avec le journal étudiant L’Orignal Déchaîné », a lancé le vice-président politique de l’AEF, Nawfal Sbaa, sous les applaudissements de l’assemblée.
« On est définitivement plus puissants quand on s’unit », a confié en entrevue Olivier Bonin-Ducharme, rédacteur en chef du journal créé en 1987.
La nouvelle intervient au lendemain de la journée des Franco-Ontariens, une date symbolique selon M. Sbaa qui a décidé d’un commun accord avec l’équipe du journal d’en faire la médiatisation ce matin.
« La nouvelle qu’on a eue aujourd’hui est formidable. Elle en fait sourire beaucoup », ajoute de son côté le conseiller spécial pour le Bureau des affaires francophones de l’université, Roch Gallien, qui assure ne pas avoir interféré dans le processus et avoir rencontré pour la première fois les membres de l’AEF aujourd’hui.
Il rappelle que les liens entre les deux entités phares des francophones de l’établissement remontent au moment de la création de l’université et que la liberté éditoriale du journal est essentielle.
« Je peux vous dire que l’avenir est très prometteur », affirme Roch Gallien.
Fin d’un conflit de plusieurs mois
Un comité spécial indépendant a été mis sur place et, en fin août dernier, un vote unanime en faveur de la reprise du financement et de futures planifications a été plébiscité par le Conseil des délégués (CDD) de l’AEF au cours d’une réunion spéciale qui s’est tenue à huis-clos.
C’est donc la fin d’un conflit qui opposait les deux organismes de l’établissement depuis cet été, quand on apprenait que l’AEF souhaitait mettre un terme au financement du journal en mai dernier.
Une décision qui avait été prise par la directrice de l’AEF de l’époque, Hemliss Konan, à la grande surprise des membres du journal.
Celle-ci a été congédiée lors d’une réunion du CDD le 29 août dernier au cours de laquelle les membres ont voté à l’unanimité une motion de destitution de la présidente, selon un communiqué envoyé aux membres de l’AEF.
Nawfal Sbaa, vice-président politique de l’AEF. Crédit image : Inès Rebei.
Son renvoi est lié « en partie à cause de ce conflit, mais pas seulement », a confié cependant Nawfal Sbaa.
Le financement du journal provenait des frais afférents payés par les étudiants de l’établissement, une cotisation de 10 $. L’AEF avait justifié le choix de ne plus financer le journal, car elle estimait qu’elle s’éloignait de son mandat de couvrir les actualités du campus en l’élargissant aux nouvelles autour de la ville en général.
Les détails du financement ne sont pas encore connus, selon les informations de l’AEF.
Plusieurs levers de drapeau
Comme la veille à l’Université de Sudbury, la pluie s’était invitée sur la Place des fondateurs de l’Université Laurentienne et une trentaine de personnes étaient réunies pour l’événement organisé par l’AEF.
L’ambiance était bon enfant sur la Place des fondateurs pour fêter, en retard d’une journée, la journée des Franco-Ontariens. Crédit image : Inès Rebei.
Parmi elles des étudiants francophones et francophiles et la directrice par intérim du Bureau des affaires francophones de l’université, Charlotte Primeau.
Précédant celui des Franco-Ontariens, c’est le drapeau des Premières Nations qui a été hissé par Nawfal Sbaa et un représentant anishinabé après quelques mots en anglais de ce dernier. Un choix qui se justifie par la volonté de respecter le mandat triculturel de l’établissement selon Roch Gallien.
S’en est suivi le lever du drapeau canadien sur l’hymne national, dans ses deux versions. Le moment du lever de drapeau franco-ontarien est donc arrivé en dernier sur fond du chant Notre Place, hissé symboliquement par Olivier Bonin-Ducharme et Nawfal Sbaa.
OTTAWA – Le port du masque, la quarantaine obligatoire, l’application ArriveCan et plusieurs autres mesures sanitaires ne seront plus obligatoires dans les aéroports et aux frontières du pays, a annoncé le gouvernement fédéral lundi.
La liste des mesures qui ne seront plus en vigueur à partir du 1er octobre dans les aéroports et les autres types de transports fédéraux :
Entrer des renseignements liés à la santé publique dans l’application ou le site Web ArriveCAN;
Fournir une preuve de vaccination;
Subir un test de dépistage avant ou à l’arrivée;
Se mettre en quarantaine ou à s’isoler en raison de la COVID-19;
Surveiller ou signaler les signes ou les symptômes de COVID-19 qu’ils pourraient présenter à leur arrivée au Canada.
Se soumettre à une vérification de leur état de santé lors de voyage par voie aérienne ou ferroviaire;
Porter un masque à bord des avions et des trains.
L’application ArriveCan sera toujours disponible pour les voyageurs désirant l’utiliser. Il est toutefois toujours interdit de voyager si l’on est positif à la COVID-19 et ainsi de respecter les mesures d’isolement selon les provinces ou territoires. Il n’est toutefois pas écarté de ramener les mesures contre la COVID-19 si jamais la situation venait à empirer, a soutenu le ministre de la Santé Jean-Yves Duclos, lundi matin en conférence de presse.
« Comme on a dû le faire malheureusement avec Omicron en décembre dernier, il peut arriver que de nouveaux variants ou que la situation épidémiologique à l’extérieur du pays nécessite que le gouvernement canadien intervienne (…) Alors s’il fallait le faire à nouveau, on le ferait et c’est pour ça que ces mesures ou d’autres mesures pourraient être utilisées dans le futur si jamais la situation le demandait. »
Pas la fin de la pandémie, dit Ottawa
Le gouvernement fédéral explique que cette décision a été prise en raison du faible taux d’hospitalisation et de décès ainsi que des hauts taux de vaccination présentement au pays. Toutefois, le ministre Jean-Yves-Duclos est clair : la fin des mesures ne signifie pas la fin de la pandémie, comme l’a dit le président des États-Unis Joe Biden la semaine dernière.
« Si on va dans les hôpitaux au Canada, il y a entre 4000 et 5000 personnes qui sont hospitalisées avec la COVID-19. Ça, c’est très proche du record de niveau d’hospitalisations qu’on avait avant Omicron. Donc, la COVID, elle est encore là et elle a malheureusement un impact sévère sur des milliers de Canadiens et entre autres, ceux qui sont hospitalisés, évidemment. »
Pour ce qui est de la fin du port du masque obligatoire, le gouvernement dit avoir entendu les doléances des compagnies de transportations qui jugeaient la mesure de plus en plus dure à mettre en application.
« Des hôtesses de l’air, des agents dans les avions et en dehors des avions font face de plus en plus à des attitudes dures et négatives qui, qui leur rendent la vie difficile », a témoigné Dominic LeBlanc, ministre des Affaires intergouvernementales.
Le docteur Howard Njoo, de l’Agence de la santé publique du Canada, a ajouté qu’il s’agit d’un changement passant seulement d’une obligation à une recommandation.
« J’espère que les Canadiens et les Canadiennes considèrent que c’est un choix, une décision éclairée pour se protéger et protéger les autres. C’est clair que si on est dans un contexte, un endroit bondé aussi, peut-être à l’intérieur avec peut-être pas une bonne ventilation, c’est toujours une bonne idée de toujours continuer de porter le masque », a conseillé le sous-administrateur en chef de l’organisme de santé fédéral.
Hommage à Gisèle Lalonde à Ottawa, lever de drapeau sous la pluie à Sudbury, concert sur les toits à Toronto, Damien Robitaille à Penetanguishene, rassemblements scolaires dans l’Est, le Nord et le Sud-Ouest… La Journée des Franco-Ontariens a tenu toutes ses promesses.
Près d’une trentaine de personnes étaient présentes pour le 47e lever de drapeau à l’Université de Sudbury, ce dimanche matin, à l’endroit même où celui-ci avait été hissé pour la toute première fois en 1975.
Le recteur de l’établissement Serge Miville a évoqué être fier de l’effort accompli jusqu’à présent pour le projet d’autonomisation de l’université, tout en insistant sur le rôle que la jeune génération a joué dans le dossier.
À Sudbury : « Mr Ford, let’s get it done! »
Parmi les autres personnalités présentes, les députés Marc Serré et France Gélinas de Nickel Belt, Jamie West de Sudbury, le maire de Sudbury Brian Bigger ou encore Joanne Gervais de l’ACFO du grand Sudbury.
« La bataille n’est pas finie! » a lancé Marc Serré durant son allocution, faisant référence au recul du français dans la région. France Gélinas a, de son côté, déclaré être confiante que d’ici la prochaine Journée des Franco-Ontariens, l’Université de Sudbury aura acquis sa complète autonomie.
La francophonie du Moyen-Nord rassemblée devant l’Université de Sudbury. Crédit image : Inès Rébéi
Joanne Gervais en a profité pour interpeller le premier ministre ontarien : « Mr Ford, let’s get it done! Ça presse, le moment c’est maintenant! »
Une autre cérémonie aura lieu lundi devant l’Université Laurentienne où le drapeau sera également hissé en matinée.
À Terrace Bay, Collingwood, Thunder Bay, les cérémonies ont eu lieu en présentiel dès le vendredi tandis qu’à Timmins, les francophones ont eu le droit à une dégustation de gâteau et à Kapuskasing des spectacles en ligne.
Vibrant hommage à une pionnière de Red Lake
Deux jours plus tôt dans le Grand Nord, avait eu lieu une cérémonie avec une symbolique particulière du côté de Red Lake. Un hommage particulièrement émouvant a eu lieu après le lever de drapeau pour honorer la mémoire de Yvonne Samson, une des membres fondateurs de l’Association francophone de Red Lake disparue en août dernier.
Crédit image : Association francophone de Red Lake
« Yvonne de là-haut on te demande de veiller sur nous et d’attirer tous les nouveaux francophones à venir s’installer chez nous à Red Lake afin qu’on puisse faire grandir notre communauté francophone », a lancé en pleurant la présidente de l’association, Agathe Breton-Plouffe.
Un arbre a été planté en son honneur au Parc Phillip-Thomas-Vinet Centennial : « Cet arbre symbolise la croissance de la communauté francophone qui a été possible grâce à Yvonne et l’affiche commémorative a aussi été préparée en français parmi toutes les autres en anglais. »
Les pensées tournées vers Gisèle Lalonde à Ottawa
À Ottawa, c’est au cœur du Carré de la Francophonie de Vanier qu’ont eu lieu les célébrations et le lever du drapeau franco-ontarien. Un hommage a été rendu à Gisèle Lalonde, mairesse de Vanier de 1985 à 1991, alors que certains de ses proches étaient présents pour recevoir un prix en son honneur.
« Grâce à elle, la francophonie est devenue plus forte et c’était un pilier de Vanier », a souligné Johanne Leroux de l’Association communautaire de Vanier, devant une cinquantaine de personnes. Le drapeau franco-ontarien a été hissé en présence des députées d’Ottawa-Vanier Mona Fortier (fédéral), Lucille Collard (provincial), députés d’Ottawa-Vanier et le conseiller du quartier Mathieu Fleury. Un spectacle des Rats d’Swompe a conclu l’événement.
Présentation posthume de Gisèle Lalonde avec Carole Lalonde, Richard Lalonde (fils aîné de Gisèle Lalonde), Suzanne Lépine et Chris Greenshields. Crédit image : Guy Thériaut
Ambiance de feu au Festival franco-ontarien
À Ottawa, le Festival franco-ontarien accueillait de son côté près d’une cinquantaine d’artistes de l’Ontario et du reste de la francophonie canadienne au parc Major Hill d’Ottawa, jusqu’à ce dimanche.
La première journée commençait avec une matinée scolaire d’un spectacle de magie de Mystéric puis réunissait en soirée les groupes Twin Flames, Mitch Jean et puis Éric Lapointe. Des centaines de personnes de la foule se sont présentées au fur et à mesure de la soirée, avec un call back pour le chanteur québécois polarisant.
LeFLOFRANCO et DJ UNPIER sur la scène du Festival franco-ontarien. Crédit image : Stéphane Bédard
La deuxième journée enchaînait une vingtaine d’artistes accompagnés par DJ Unpier. Sur scène : Le Flo Franco, Radio Radio, Gros Big, ainsi que quelques apparitions brèves de Céleste Lévis, Marc Antoine Joly, Chloé Doyon ainsi qu’une série d’étudiants que le DJ, qui travaille en Ontario, a admis avoir pour la plupart rencontrés au Festival Quand ça nous chante.
La troisième journée a débuté ce dimanche avec le court spectacle pour enfants Amandine et Rosalie, où le duo d’actrices torontoises Bénédicte Mbaididje et Manon Bourgeois abordaient les différentes communautés francophones du Canada et d’à travers le monde. La journée s’est terminée avec le groupe ottavien Hey Wow.
Plusieurs localités de l’Est ont elles aussi marqué ce 25 septembre à l’image de Kingston, Hawkesbury ou encore St-Albert.
Damien Robitaille fait le plein à Penetanguishene
Du côté de Penetanguishene, la vedette n’était autre que Damien Robitaille. Décidément partout, l’artiste originaire de Lafontaine a ainsi fait un retour dans sa région devant une salle comble qui a pu assister également à la prestation de Twin Flamse.
Damien Robitaille. Crédit image : La Clé de l’la baie
Musique sur les toits de Toronto
Si Toronto avait hissé le drapeau franco-ontarien dès vendredi dernier devant l’hôtel de ville et Queen’s Park, la fête s’est poursuivie ce dimanche dans l’est de la ville. Au cinquième jour du festival, Francophonie en fête s’est déplacé de l’amphithéâtre Bentway, sous l’autoroute Gardiner, au quartier grec de la ville, pour une série de concerts en plein air, sur un toit.
Monsieur Philippe, Tobia le baryton, Philippe Flahaut, deux des sœurs Lefaive du trio Ariko, l’écrivain Gabriel Osson et DJ Unpier se sont succédé sur la scène du Carrot Common Green Roof, offrant des musiques aux antipodes, du folk trad à la musique remixée, en passant par les poèmes chantés contant la tragédie haïtienne.
Le groupe familial de Lafontaine, Ariko. Crédit image : Rudy Chabannes
Article coécrit par Inès Rebei, Lila Mouch, Emmanuelle Gingras, Pascal Vachon et Rudy Chabannes
L’Ontario célèbre aujourd’hui la journée des Franco-Ontariens. Outre des levers de drapeau un peu partout dans la province, la communauté est invitée à encourager la culture en suivant le mouvement J’achète un livre franco-ontarien (#JelisFO). ONFR+ vous propose cinq œuvres littéraires récentes à ajouter à votre répertoire.
Dans la solitude du Terminal 3 d’Éric Mathieu
Roman aux Éditions La Mèche
Nathan Adler est témoin d’un accident de voiture et porte secours au conducteur. Irrésistiblement attiré par ce dernier et tentant de le rencontrer de nouveau, il fera la connaissance d’un groupe qui gravite autour de l’écrivain débonnaire Antoine Dulys.
Résidant à Ottawa depuis 2004, Éric Mathieu est écrivain et enseignant en linguistique à l’Université d’Ottawa. Dans la solitude du Terminal 3 (2021) est son cinquième roman, tout juste annoncé comme finaliste pour le Prix du livre d’Ottawa 2022. Suite aux reconnaissances que ses précédents livres Les suicidés d’Eau-Claire et Le Goupil acclamé ont suscité, Dans la solitude du Terminal 3 continue de plonger les lecteurs dans les univers oniriques dont l’auteur détient le secret.
L’Incendiaire de Sudbury de Chloé Laduchesse
Roman policier aux Éditions Héliotrope
L’auteure sudburoise Chloé Laduchesse n’est pas passée inaperçue dans les dernières années; son recueil Exosquelette (2021) lui a cette année fait remporter le Prix du Trillium, en plus de l’année dernière s’être placé comme finaliste des Prix littéraire du Gouverneur général et aux sélections du Prix des libraires du Québec 2022. La Duchesse écrit pour la première fois de la fiction criminelle avec son plus récent roman L’Incendiaire de Sudbury.
Chloé LaDuchesse décrit un Sudbury semblable à une cour des miracles, où la corruption ronge tout, où la gentrification repousse les classes populaires dans les marges, où personne n’est sans reproche.
Nouveaux contes sudburois d’Antoine Côté Legault, Miriam Cusson, Marie-Thé Morin, Chloé Thériault et Gaston Tremblay
Conte urbain aux Éditions Prise de parole
Contes sudburois a été publié en 2001. Brigitte Haentjens, Michael Gauthier, Paulette Gagnon, Robert Marinier, Jean Marc Dalpé et Robert Dickson nous y plongeaient dans un heureux et vigoureux mélange de styles, où l’humour côtoie le dramatique, où l’émotion brute et la truculence, à l’image de cette ville du Nord, éclatent à pleine page.
Une vingtaine d’années plus tard,Antoine Côté Legault, Miriam Cusson, Marie-Thé Morin, Chloé Thériault et Gaston Tremblay, accompagnés par Maureen Labonté,renouvellent l’imaginaire du Nord de l’Ontario avec Nouveaux contes sudburois (2022). Les auteurs offrent une perspective contemporaine sur l’art millénaire de raconter des histoires tout en incarnant avec finesse les communautés qui les ont inspirés.
Farida de Monia Mazigh
Roman aux Éditions David
Monia Mazigh est enseignante, autrice et militante qui a longtemps travaillé et œuvré à Ottawa. L’auteure d’origine tunisienne est notamment connue pour avoir libéré son époux d’une prison syrienne, ce qui a inspiré la rédaction de son premier livre Les larmes emprisonnées (2008). Elle publiait l’année dernière son quatrième livre, Farida, lui ayant mérité le Prix du livre d’Ottawa en 2021.
À travers le récit d’une femme atypique qui a su défendre son indépendance, Monia Mazigh nous fait voir avec beaucoup de réalisme le modèle patriarcal qui conditionnait la société tunisienne au siècle dernier.
Je suis le courant la vase de Marie-Hélène Larochelle
Roman aux Éditions Leméac
Marie-Hélène Larochelle enseigne la littérature à l’Université de York à Toronto. Ses recherches ainsi que ses créations littéraires portent sur la violence dans la littérature contemporaine. Suite à Daniil et Vanya (2017), Je suis le courant la vase (2021) lui a mérité le Prix littéraire Trillium 2022 et apporte le lecteur aux côtés d’une nageuse de Toronto déterminée à se rendre aux compétitions nationales.
Le lecteur suit l’athlète dans ses entraînements et ses compétitions. On nage avec elle dans toutes sortes d’eaux et on se noie un peu à Arcachon. En sortant de ce roman, et malgré tout le chlore et le sel qu’on respire et avale en cours de lecture, on se sent un peu sale et amoché.
SUDBURY – L’Association canadienne-française de l’Ontario du Grand Sudbury (ACFO de Sudbury) vient de dévoiler le récipiendaire du 40e Prix de la francophonie, en marge des célébrations de la journée de la francophonie. Il s’agit de la professeure et ancienne directrice du département d’études françaises de l’Université Laurentienne, Amélie Hien, qui marque une page de l’histoire en devenant la première personne et femme noire à recevoir ce prix.
Celle qui est originaire du Burkina Faso s’est vue remettre le Prix de la francophonie 2022 au cours d’une cérémonie en direct diffusée sur la page Facebook de l’ACFO ce dimanche matin.
« Les mots me manquent pour vous témoigner toute ma gratitude, je suis vraiment très touchée et honorée de recevoir ce prix », s’est-elle exprimée au début de son allocution.
Amélie Hien est non seulement la première femme noire mais aussi la première personne issue de la diversité à recevoir cette distinction historique : « en étant la première personne issue de l’immigration à obtenir ce prix c’est une lourde responsabilité pour moi parce-que je me suis demandé sur le coup, ce que j’avais fait pour mériter ce prix » a-t-elle confié en entrevevue.
La professeure a tenu à lancer un message aux nouveaux arrivants : « Vous pouvez tous et toutes, à la hauteur de vos moyens et capacités, contribuer à la vitalité socio-culturelle et au développement économique de votre communauté. »
Elle a terminé son discours en invitant à « considérer la diversité comme étant une richesse et non comme une barrière qui empêche de travailler et de vivre ensemble ».
« Nous osons espérer que ce prix nous permet d’inspirer la relève », a déclaré de son côté la directrice générale de l’ACFO du grand Sudbury, Joanne Gervais dans un communiqué.
Un riche parcours
Arrivée en 2005 à Sudbury, Amélie Hien a enseigné la linguistique à l’Université Laurentienne jusqu’à la suppression du programme en lien avec la crise ayant secoué l’établissement en 2021.
Elle en a profité pour dénoncer la coupe des programmes comme étant « une décision dévastatrice » et incité au transfert de la totalité des programmes de la Laurentienne vers l’Université de Sudbury y compris ceux concernés par les coupes dans son discours.
Amélie Hien s’est également impliquée dans de nombreux comités de la ville tels que la Coalition nord-ontarienne pour une université de langue française et le Comité triculturel pour l’éducation universitaire à Sudbury, le Conseil consultatif de la Communauté francophone accueillante de Sudbury, et le Conseil d’administration du Centre de santé communautaire du Grand Sudbury entre autres.
Habituée des reconnaissances, la professeure émérite fut auparavant nommée parmi les 25 personnalités noires franco-ontariennes en 2019 et classée parmi les « 25 Étoiles du Nord » en 2020, mérite décerné à des Franco-Ontariens qui inspirent par leur travail, leur bénévolat et leur passion pour le patrimoine franco-ontarien.
En janvier dernier, elle est devenue conseillère scolaire dans le Grand Sudbury (quartiers 1 et 4), avant d’accéder en mars au poste de directrice de l’École internationale de français de l’Université du Québec à Trois-Rivières.
« Son départ a laissé un grand vide dans notre communauté », a indiqué Lyse Lamothe, présidente de l’ACFO qui a animé la séance en ligne.
Un prix prestigieux
Anciennement connu sous le titre de Prix de la personnalité de l’année de l’ACFO du grand Sudbury, le Prix de la francophonie de l’ACFO du grand Sudbury récompense une personne franco-ontarienne habitant la région du grand Sudbury « qui a démontré sa capacité et son dévouement à développer et faire épanouir la communauté franco-ontarienne par le biais de son travail et de son engagement communautaire. »
Remis depuis 1983, le Prix a souligné la contribution de plusieurs grandes personnalités clés de la ville du Nickel comme l’historien et co-créateur du drapeau franco-ontarien Gaétan Gervais en 1985, l’ex-député fédéral et actuel candidat à la course municipale de Sudbury Paul Lefebvre en 2012 ou, plus récemment en 2021, l’ancien président du Conseil scolaire public du Grand Nord de l’Ontario et actuel président du Conseil des régents de l’Université de Sudbury, Pierre Riopel.
Ce 25 septembre est la Journée des Franco-Ontariens. On peut en profiter pour lire un livre franco-ontarien, ou pour écouter un album de LGS, ou même pour participer à un lever de drapeau. Mais qu’est-ce que monsieur et madame Tout-le-monde connaissent réellement de la francophonie ontarienne? Pour le découvrir, nous avons interrogé des passants dans les rues d’Ottawa, mais aussi de l’autre côté de la rivière à Gatineau. Bonne Journée des Franco-Ontariens!
OTTAWA – Fraichement élu président de l’ACFO Ottawa, Éric Barette est gestionnaire d’animation culturelle au Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO) mais aussi la voix derrière le balado Assis devant sur l’histoire de l’Ontario français.
Imaginiez-vous, quelques années en arrière, être un jour à la tête d’un organisme francophone?
Non, je n’étais pas prédisposé à m’impliquer dans la communauté franco-ontarienne. C’est venu à la suite d’un changement de carrière, il y a sept ans. Avant, j’œuvrais dans le domaine de l’environnement à Cantley (Québec) puis dans le développement économique en Outaouais, avant de revenir à mon amour premier : la francophonie, à titre d’animateur de l’école De La Salle, pendant deux ans, puis de gestionnaire d’animation culturelle au CEPEO.
Pourquoi ce revirement professionnel?
Je l’ai fait pour redonner à la francophonie ce qu’elle m’a apporté. Depuis ce temps-là, je me suis impliqué dans plusieurs organismes, comme le conseil d’administration de la Nouvelle Scène. Ce changement de carrière porte ses fruits : c’est un amour pour la francophonie que je vis quotidiennement, tant au niveau professionnel que communautaire.
En quoi consiste votre travail de gestionnaire d’animation culturelle?
Je chapote l’équipe des animateurs culturels dans les 13 écoles secondaires du CEPEO. C’est un accès privilégié à la jeunesse franco-ontarienne qui offre la possibilité de transmettre des référents culturels et la beauté de la francophonie à travers des activités en français.
Ce chapeau va-t-il vous servir dans votre nouveau rôle de président de l’ACFO Ottawa?
Ce contact avec la jeunesse franco-ontarienne peut certainement bénéficier à un organisme comme l’ACFO Ottawa. Ça me permet d’avoir le pouls direct de ce qui intéresse les jeunes et comment on peut les rejoindre, car ce sont eux les leaders de demain et les futurs défenseurs de la langue française. L’ACFO travaille par exemple en ce moment sur un projet en collaboration avec Le Réveil pour mettre en valeur des influenceurs via la plateforme TikTok.
Éric Barrette s’est impliquée dans la Ligue d’improvisation du Mouvement d’implication francophone d’Orléans (MIFO). Gracieuseté
Quels autres projets développe votre organisme?
L’ACFO travaille beaucoup par projet selon les financements. On peut parler de l’académie du drag, des activités mode, des murales, etc. qui répondent à des clientèles moins traditionnelles dans une communauté qui évolue rapidement et s’éparpille sur le territoire. Les dernières données statistiques démontrent une grande croissance dans l’ouest de la ville par exemple et une diversification due aux nouveaux arrivants.
Comment s’adapter à cette évolution?
Je crois qu’il est important d’aller a la rencontre de cette francophonie et d’avoir une offre variée qui va chercher la diversité de la communauté. Depuis la levée des restrictions sanitaires, les occasions se refont jour avec le retour de 5-7. On en a organisé à Orléans et à la Maison francophone de l’ouest. On compte aussi sur nos sondages annuels pour repérer les besoins de la communauté.
Le fait d’avoir déjà été administrateur puis trésorier de l’ACFO Ottawa constitue-t-il un avantage?
C’est une continuité logique. Avoir la connaissance de la culture organisationnelle est toujours positif. Sans compter que je suis entouré d’un noyau de gens qui connaissent très bien l’organisme. On a connu une belle croissance tant au niveau du financement que des ressources humaines : on est passé de 200 000 à 800 000 dollars par an et de 1 à 7 employés depuis que je suis ici.
Vous évoquez la continuité mais allez-vous imprimer votre propre marque?
Je ne veux pas réinventer la roue mais comprendre les besoins d’une communauté changeante et amener l’ACFO à être le porte-parole dans les quatre coins de la ville.
Avant d’être président, ce natif de Rockland était trésorier de l’ACFO Ottawa. Gracieuseté
Comment comptez-vous faire entendre la voix des franco-ontariens durant les élections municipales?
On a envoyé un sondage à l’ensemble des candidats à la mairie. On accepte les rencontres avec les candidats qui nous approchent et cherchent à comprendre notre rôle. On découvre ainsi des alliés qui ne parlent pas nécessairement français mais qui ont une influence sur un secteur de la ville qui peut nous aider.
Le statut officielle d’Ottawa bilingue, adopté en 2017, est-il un échec?
Il y a encore des défis. La question n’est pas à 100 % réglée. Oui, la ville est officiellement bilingue mais on doit être à l’affût. Ceci dit, des programmes comme Ottawa bilingue (une subvention de Patrimoine canadien octroyée à l’ACFO pour faire du microfinancement depuis quatre ans) ont permis de tisser lien avec des organismes qui n’étaient pas dans giron de l’ACFO. On a trouvé des façons d’unir francophones et anglophones pour faire la promotion du bilinguisme. Avec la modernisation de la Loi sur les langues officielles, on s’attend à jouer un autre rôle dans cette voie.
L’ACFO ne devrait-elle pas se montrer plus offensive et revendicative vis-à-vis de la Ville pour l’obliger à honorer ce statut?
On prend position dans les cas flagrants, mais le travail se fait surtout en amont, auprès des conseillers municipaux. Le travail de coulisse est la meilleure façon de changer les choses, ce qui n’empêche pas des prises de position claires sur la place publique quand c’est nécessaire.
Mais depuis 2017, peut-on vraiment parler de bilinguisme?
Il y a eu certaines améliorations mais sur le papier ce n’est pas flagrant. La police d’Ottawa et OC Transpo, par exemple, sont exclus, alors que ce sont des services directs aux citoyens. Donc il y a des lacunes mais elles se situent dans la structure de la loi provinciale. On sent qu’on est écouté quand on fait des plaintes jusqu’à un certain point, mais c’est un travail continu face à ce qui n’est pas une volonté claire et précise de la part de la ville.
M. Barrette accorde une place importante à la diversité et l’inclusion. Gracieuseté
Que vous inspirent les chiffres du dernier recensement et le recul du français?
La diminution du poids démographique des francophones vient ajouter un défi supplémentaire. Ce n’est pas rassurant et il ne semble pas y avoir de solution concrète pour renverser la vapeur. On doit continuer de travail avec les gouvernements pour avoir et atteindre des cibles claires, nettes et précises, davantage pour les communautés hors Québec. On doit aussi dynamiser la communauté en Ontario pour qu’elle se sente franco-ontarienne à part entière. Le nouvel arrivant en Ontario doit se sentir inclus et impliqué dans la communauté. Parfois, le frein vient de l’accueil et de l’intégration qui laissent à désirer. On doit faire mieux.
Votre appétit pour l’animation culturelle vous a entraîné dans l’univers du balado et de la radio. Parlez-nous de votre création, Assis devant...
Assis Devant est un balado historique qui présente des histoires méconnues mais qui ont une portée au-delà de l’Ontario français. Jusqu’ici, j’ai diffusé quatre épisodes : l’Affaire Gouzenko (un réseau d’espionnage soviétique démantelé en 1945 au Canada), l’Ordre de Jacques-Cartier que mon arrière-grand-oncle, monseigneur François-Xavier Barrette, a cofondé, le parcours du milliardaire de Chelmsford, Robert Campeau, qui a tout perdu, et enfin Caledonia Spring, village thermal fantôme près d’Hawkesbury. D’autres sont à venir mais, étant père d’une fille de 14 mois, la dernière année a été assez chargée.
Pourriez-vous nous dévoiler le contenu du prochain épisode?
Ça portera sur Reesor Siding, un des conflits de travail les plus meurtriers au pays, qui a eu lieu dans une communauté forestière près de Kapuskasing, dans le Nord. C’est un sujet encore tabou aujourd’hui qui a divisé les fermiers et les forestiers du village Reesor Siding. Trois personnes ont perdu la vie dans un échange de coups de feu en 1963.
Comment avez-vous réagi au décès de Mariette Carrier-Fraser?
Elle a pavé la voie à tout ce qu’on peut vivre dans un conseil scolaire francophone. À titre de sous-ministre adjointe, elle a joué un rôle de premier plan dans la création des 12 conseils scolaires en 1998. Tout au long de sa vie, elle a défendu la francophonie. C’est l’exemple même de dévouement envers la francophonie qui fait qu’on peut vivre en français aujourd’hui et connaître le luxe d’avoir des conseils scolaires francophones. Je lui lève mon chapeau. C’est une triste perte, quelques temps après celle de Gisèle Lalonde. On a perdu, en peu de temps, deux grosses joueuses de la francophonie.
Chaque samedi, ONFR+ propose une chronique sur l’actualité et la culture franco-ontarienne. Cette semaine, l’historien et spécialiste de patrimoine Diego Elizondo.
[CHRONIQUE]
Bien qu’elle ne soit évidemment pas Franco-Ontarienne elle-même, le décès cette année de la reine Elizabeth II, Reine du Canada (constitutionnellement parlant) a également retenu l’attention, particulièrement jusqu’à ses obsèques, lundi dernier. Pendant 70 ans, elle aura typiquement régné symboliquement (sans gouverner) sur l’ensemble du territoire canadien.
Avec son décès surgissent les rappels historiques, les bilans et les anecdotes. Bien que peu évident de prime abord, existerait-il des liens entre la monarchie et la plus grande minorité linguistique de langue française au pays, soit celle qui réside en Ontario?
L’Ontario, province traditionnellement et symboliquement très attachée à la Couronne, comme en font foi sa toponymie routière parsemée partout sur le territoire nommé en l’honneur de monarques, la couronne qui se trouve sur les plaques d’immatriculation (disponibles en version française depuis 2007), dont la devise officielle (et méconnue) est Fidèle elle a commencé, fidèle elle demeure (fidélité en référence à la Couronne) et son Assemblée législative qui se trouve dans Queen’s Park.
Commémorations de Loyalistes en 1984 en Ontario et fête de Dollard au Canada français
ONFR+ a rappelé dans un article la visite de la Reine Elizabeth II dans le Nord de l’Ontario en 1984. Cette année fut chargée en Ontario. Outre la reine, le souverain pontife chef de l’Église catholique, Jean-Paul II, visita la province dans le cadre d’une première grande tournée au Canada. Son voyage avait attiré des foules montres partout sur son passage des Plaines Lebreton et aux abords du canal Rideau à Ottawa en passant par Toronto et Midland.
L’année 1984 fut l’année où l’Ontario décida de marquer en grande pompe son bicentenaire de fondation. Mathématiquement, cela signifierait que la création de l’Ontario remonte à 1784. Pourquoi cette année fut choisie? Pour commémorer les premiers (ils étaient 250) de nombreux réfugiés politiques loyalistes à la Couronne britannique qui fuirent la révolution américaine.
Un lien direct est tracé à l’époque par les décideurs politiques en place dans leur choix commémoratif de rattacher les fondements de l’histoire de l’Ontario à celle de couronne britannique. Comme la fille aînée de la Couronne britannique au Canada.
Évidemment, l’histoire franco-ontarienne, qui remonte elle à 1610 à l’époque de la Nouvelle- France avec Étienne Brûlé, Samuel de Champlain et compagnie est ignorée (de même que celles des peuples autochtones). À l’époque, l’ACFO provinciale (l’actuelle Assemblée de la francophonie de l’Ontario) s’en plaindra publiquement.
Mais ce ne fut pas la première fois que l’histoire franco-ontarienne fut ignorée au profit de la commémoration qui fait de l’arrivée des loyalistes à la Couronne britannique en Ontario le mythe fondateur de la province.
Dès 1961, en conséquence à l’inondation de nombreux villages en bordure du fleuve Saint-Laurent engloutis par les eaux pour faire place à la voie maritime, le gouvernement de l’Ontario crée à Morrisburg le village d’antan Upper Canada Village.
Le professeur, homme de lettres, historien et militant franco-ontarien Séraphin Marion ne manquera pas de dénoncer que le récit officiel historique provincial ignore l’histoire francophone, antérieure à celle de l’arrivée des Loyalistes.
Mentionnons que la voie maritime du Saint-Laurent fut inaugurée par la Reine Elizabeth II aux côtés du président des États-Unis Dwight D. Eisenhower et que c’est le Franco-Ontarien et député fédéral Lionel Chevrier qui assurera la direction de ce vaste chantier.
Elizabeth II est déjà montée sur le trône depuis six ans à l’époque de l’inauguration de la voie maritime du Saint-Laurent. C’est le Canada français comme réalité institutionnelle et identitaire qui est bien portante et les francophones habitant en Ontario s’y identifient. Le mot « Franco-Ontarien », bien qu’existant, n’est guère utilisé. La fidélité des francophones va non pas à la Couronne mais à l’Église catholique encore triomphante et au Canada français, dont l’un des symboles de commémoration annuelle sera la fête de Dollard.
Cette fête nationale est délibérément choisie et popularisée par le chanoine-historien Lionel Groulx dans les années 1920 pour faire ombrage sur celle du congé férié de la fête de la reine au mois de mai afin de commémorer Dollard des Ormeaux, un héros légendaire (mort en martyre en défendant la Nouvelle-France) à la bataille du Long-Sault (situé dans l’actuel territoire ontarien, dans la région d’Hawkesbury).
L’arrivée sur l’actuel territoire ontarien des Loyalistes à la couronne britannique fut choisie donc par l’Ontario n’eut égard de considération pour l’histoire franco-ontarienne, qui elle, se rattachait dans les premières décennies de règne d’Elizabeth II à celle du Canada français dans sa commémoration de la fête de Dollard. S’opposaient sur le plan des commémorations une fête officieuse nationale canadienne-française en marge de la fête officielle étatique dédiée à la reine.
Représentants vice-royaux et toponymie scolaire franco-ontarienne
Indirectement, un lien qui relie la monarchie et les Franco-Ontariens se trouve dans ceux qui ont occupé le poste de gouverneur généraux, les représentants au Canada du souverain. Le premier francophone à occuper ce poste fut le général Georges Vanier de 1959 à son décès en 1967.
Source de fierté et personnalité respectée, le nom Vanier s’est depuis bien enraciné en Ontario français. La Cité d’Eastview devient Cité de Vanier en 1969 et pas moins de quatre écoles de langue française en Ontario porte encore aujourd’hui le nom de Georges-P.-Vanier.
Jules Léger sera le gouverneur général francophone suivant, de 1974 à 1979. Bien que né au Québec, ce Franco-Ontarien d’adoption travaillera au quotidien Le Droit d’Ottawa et enseignera à l’Université d’Ottawa.
Jeanne Sauvé, première femme nommée gouverneur général (en 1984) sera aussi une Franco-Ontarienne d’adoption car diplômée de l’Université d’Ottawa, après des études secondaires dans la capitale fédérale complétées au couvent Notre-Dame-du-Rosaire. Michaëlle Jean (gouverneur général de 2005 à 2010) deviendra quant à elle chancelière de l’Université d’Ottawa de 2012 à 2014.
Comme Vanier, ils ont tous des écoles de langue française en Ontario nommés en leur honneur. Même Julie Payette, dernière gouverneur général francophone, qui a démissionné en 2021 dans la controverse.
Si les francophones qui ont été gouverneurs généraux du Canada pendant le règne d’Elizabeth II sont bien présents dans la toponymie scolaire franco-ontarienne, il faudra du temps pour voir une école porter le nom d’un lieutenant-gouverneur puisqu’aucun francophone n’a jamais été nommé lieutenant-gouverneur de l’Ontario.
Le rapatriement de la constitution en 1982
Le rapatriement de la constitution canadienne au début des années 1980, sans la signature du Québec, a marqué l’histoire politique canadienne contemporaine.
Les photos et la vidéo de la reine Elizabeth II qui, à l’occasion d’une cérémonie extérieure le 17 avril 1982 sur la colline du parlement à Ottawa, appose sa signature sur le précieux document constitutionnel (entourée entre autres du premier ministre du Canada Pierre Elliott Trudeau et du ministre de Justice Jean Chrétien) a marqué la mémoire collective et se trouvent déjà dans les livres d’histoire.
S’il est bien connu que le Québec n’a jamais signé la constitution, le vote contre son rapatriement par Jean-Robert Gauthier (député fédéral d’Ottawa-Vanier et militant franco-ontarien), en raison de l’absence de protections constitutionnelles pour les francophones de l’Ontario, avait aussi à l’époque fait grand bruit. De fait, M. Gauthier avait été courageusement le seul député libéral à voter contre le rapatriement, un projet de son propre parti politique, qui détenait le pouvoir à l’époque. Trudeau père lui en voudra amèrement pour toujours.
Ce jour-là, M. Gauthier boycottera la cérémonie en voyageant à l’étranger pendant qu’Huguette Labelle, une autre fière Franco-Ontarienne originaire de Rockland, en sa qualité de sous-secrétaire d’État, fut choisi pour lire à haute voix au nom de la reine la proclamation royale!
Cet événement historique national canadien hautement protocolaire se déroulera centré autour d’Elizabeth II, cheffe d’État du Canada, avec deux liens franco-ontariens improbables : l’un opposé jusqu’à voter contre au nom de la défense des droits des siens et l’autre qui fut porte-parole royal.
Monarchie et Franco-Ontariens liés symboliquement?
Lors des 70 ans de règne d’Elizabeth II, l’Ontario français aura considérablement changé. Il se reconnaît davantage dans sa journée célébrée le 25 septembre que lors de la fête à Dollard, populairement abandonnée.
Si l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario qui prétend être sa voix politique des Franco-Ontariens et son organisme rassembleur a demandé dans une déclaration publique à ce que les drapeaux franco-ontariens des Monuments de la francophonie de partout en province soit mis en berne « pour rendre hommage à cette reine iconique », la monarchie ne fait tout de même pas l’unanimité chez les Franco-Ontariens comme le rapportait récemment dans un article ONFR+.
On n’a aussi qu’à se souvenir en comparant l’ex-députée provinciale de Glengarry-Prescott-Russell Amanda Simard qui justifiait en 2019 son effacement de la scène politique sous prétexte « qu’on ne dit jamais non à la reine » au refus la même année de prêter allégeance à la reine par le conseiller municipal de Hearst, Gaëtan Baillargeon.
En 2020, le chant God Save The Queen faisait un retour à l’Assemblée législative de l’Ontario alors qu’un an après, le drapeau franco-ontarien devenait un symbole officiel de cette même enceinte parlementaire. Monarchie et Franco-Ontariens finissent toujours par se recroiser comme symboles de l’Ontario.
Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leurs auteur(e)s et ne sauraient refléter la position d’ONFR+ et du Groupe Média TFO.
TORONTO – Après deux ans d’absence, les élèves francophones de la Ville reine ont déferlé devant l’hôtel de ville, ce vendredi, pour célébrer le drapeau franco-ontarien, tandis qu’à Queen’s Park la classe politique a rendu hommage à l’épanouissement et la combativité de la communauté.
C’est débarrassé de toute contrainte sanitaire que le drapeau franco-ontarien a été hissé ce vendredi, 48 heures avant le 25 septembre, Journée des Franco-Ontariens. Plus de 450 personnes ont convergé sur la place Nathan Phillips, selon les organisateurs, en grande majorité des élèves.
Pour ce retour en présentiel, un parterre de dignitaires a répondu présent à la cérémonie, parmi lesquels le maire de la ville, John Tory, la conseillère municipale de Toronto, Jennifer McKelvie, la cheffe du bureau du Québec à Toronto, Catherine Tadros et le consul général de France à Toronto, Tudor Alexis.
Accueilli dès son arrivée par un bain d’une foule jeune, verte et en délire, le maire de la ville s’est adressé à l’assistance en français, un français que les acteurs de la francophonie présents sur place jugent de plus en plus travaillé.
John Tory, maire de Toronto, à quelques minutes de son discours. Crédit image : Soufiane Chakkouche
« Nous sommes rassemblés là pour marquer la journée des francophones de Toronto et hisser le drapeau franco-ontarien. Merci à la communauté francophone de Toronto pour tout ce que vous avez fait et que vous faites pour notre ville », a déclaré M. Tory qui brigue un nouveau mandat aux élections municipales en octobre prochain. »
Et d’ajouter : « Nous reconnaissons aujourd’hui les nombreuses contributions qu’a apporté et que continue d’apporter la communauté francophone à notre province. Ceci est possible grâce à vous tous qui avez travaillé fort pour préserver et protéger cette langue et cette culture. »
Une foule de jeunes Franco-Ontariens massés sur la place Nathan Phillips. Crédit image : Soufiane Chakkouche
Des paroles qui ont été immédiatement suivies par le chant Mon beau drapeau entonné en cœur par les centaines de voix d’enfants.
« Depuis qu’on fête ce drapeau, ça m’a toujours ému de voir autant d’enfants et de personnes de la communauté chanter cet hymne et être fière d’être Franco-Ontariens, encore plus cette année où on peut se réunir pour cette belle fête », a confié Serge Paul, président de l’Association des communautés francophones de l’Ontario (ACFO) de Toronto.
Son organisation est derrière cette initiative en collaboration avec la mairie de Toronto, et ce depuis 2010.
Des hommages et des pics à Queen’s Park
Sur le parvis de l’Assemblée législative, l’ambiance était sensiblement différente, le ton plus solennel et évidemment teinté de politique.
« N’hésitons pas à nous battre pour que nos enfants puissent étudier en français de la maternelle au postsecondaire, au Nord comme l’est et au sud de la province », a clamé au pied du mât protocolaire Carol Jolin, dont c’était le dernier lever de drapeau à titre de président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO). Il a également plaidé pour une communauté plus vivante, plus forte et plurielle « pour que notre langue soit encore plus présente dans notre vie quotidienne ».
Carol Jolin, président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario. Crédit image : Rudy Chabannes
Avant de procéder au lever de drapeau, la ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney a cité l’écrivain et historien Max Gallo, saluant « une communauté historique à l’identité différente et respectable qui doit être maintenue et défendue. Elle suscite en nous cette volonté en nous de faire toujours plus et mieux pour elle. »
Plus et mieux, c’est justement ce qu’a demandé le chef intérimaire de l’opposition officielle, Peter Tabuns, remettant sur la table trois épineux dossiers : « Nous allons continuer à réclamer une université pour et par les francophones à Sudbury, des soins de santé et services publics en français partout dans la province et le retour du Commissariat aux services en français », a-t-il insisté, au côté du porte-parole aux affaires francophones Guy Bourgouin.
La représentante du Parti libéral, la députée Lucille Collard, a quant à elle rendu hommage à Gisèle Lalonde et Mariette Carrier-Fraser : « Le départ de grands piliers de la francophonie a causé une grande tristesse et nous rappelle qu’il est important de continuer de se battre pour les choses auxquelles on croit. »
Carol Jolin, Natalia Kusendova, Peters Tabuns, Lucille Collard, Guy Bourgouin, Caroline Mulroney, Donna Skelly et Peter Hominuk. Crédit image : Rudy Chabannes
En entrevue avec ONFR+, la ministre Mulroney a souligné deux nouvelles dévoilées plus tôt cette semaine : le dévoilement des bénéficiaires du Programme d’appui à la francophonie ontarienne (PAFO) et le lancement de la consultation publique pour l’offre active, un des points fondamentaux de la modernisation de la Loi sur les services en français. « C’est une très grande semaine pour les francophones en Ontario », a-t-elle dit.
Quant aux inquiétudes des aînés francophones concernant l’adoption du projet de loi 7, qui obligera le transfert de patients des hôpitaux vers des foyers de soins de longue durée pour alléger le système hospitalier, elle a affirmé comprendre les préoccupations de la communauté. « Nous avons insisté pour que dans le guide le critère linguistique soit pris en compte et c’est ce que feront les coordonnateurs. »
Soufiane Chakkouche et Rudy Chabannes
Le drapeau franco-ontarien hissé à Queen’s Park ce vendredi. Crédit image : Rudy Chabannes
Hasard ou destin, DJ Unpier et Le Flo Franco sortent leur album respectif le même jour, ce vendredi : Dans la danse 1.5 et Trajectoire divine. Une pure coïncidence qui prend tout son sens, comme l’affirment les deux musiciens et pédagogues qui travaillent principalement en Ontario français.
Leurs champs d’expertise varient, mais se complètent : Le Flo Franco fait du rap, DJ Unpier fait des beats électroniques. Tous deux donnent aussi des ateliers dans les écoles en Ontario et contribuent à leur manière au rayonnement de la culture en y présentant leurs concerts, et ce, même à distance pendant la pandémie.
C’est en 2016 que le duo s’est rencontré pour la première fois, grâce au chanteur franco-ontarien YAO. « Depuis ce temps-là, c’est OG story! », plaisante DJ Unpier, de son vrai nom Pier-Bernard Tremblay.
Leur première collaboration Mista Fya (2018) a été le début d’une série de collaborations. « DJ Unpier fait partie intégrante de Trajectoire divine », comme le confirme Le Flo Franco alias Jeff Homère. Le rappeur et coordinateur du service d’animation à la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO) honore notamment à travers 12 chansons les personnes qui ont marqué son parcours artistique, ce qui comprend son DJ chéri.
L’EP de cinq chansons Dans la danse 1.5 de DJ Unpier se veut quant à lui un pont entre son premier et son troisième album, Dans la danse (2022), qui s’est hier mérité une nomination à l’ADISQ (Association québécoise de l’industrie du disque, du spectacle et de la vidéo) pour l’Album électronique de l’année.
Comme les précédentes créations, Dans la danse 1.5 comporte des sons EDM (musique dance électronique) en collaboration avec des chanteurs panfrancophones. S’y retrouvent les voix de Jacobus (Radio Radio) ainsi que de chanteurs émergents Sophie Grenier, Mab, Emma Rose Smith et Joanie Charron (Sugar Crush), dont il a fait la rencontre pendant le Festival Quand ça nous chante.
Le Flo Franco et DJ Unpier présenteront d’ailleurs quelques-unes de leurs nouveautés en collaboration ce samedi, pendant le Festival franco-ontarien.
Des collaborateurs qui se démarquent
« C’est controversé, mais je le pense humblement, de l’EDM « franco-dansant » qui te rentre dedans puis avec le type de collaboration qu’il fait, tell me somebody else who does that! », commente Le Flo Franco sur le travail de son collaborateur.
Le DJ remarque de son côté qu’il s’inspire beaucoup des « gros beats » underground anglais, alors que la musique électronique en français est souvent plus douce à son avis.
« C’est plus de la musique de cocktail. Ce n’est pas de la musique qui va faire danser les gens à minuit dans une boite de nuit. »
Le Flo Franco établit lui aussi une différence d’approche entre le rap anglophone et francophone. « Quand t’écoutes du rap et du trap américain, c’est relativement toujours la même chose que tu entends en termes de concept, de type de beat et de vibe », explique celui qui souhaite faire voyager avec une multitude des sons, tels qu’entre autres le Kompa et la Pop-Latine.
« On n’est pas beaucoup quand on compare à la scène américaine, c’est normal d’entendre souvent la même chose. Quand on se ramène à la scène franco-canadienne, c’est encore plus rare », conclut DJ Unpier, qui encourage les nouveaux musiciens à se faire entendre.
Dans la danse 1.5 et Trajectoire Divine sont maintenant disponibles sur toutes les plateformes musicales. Leur sortie coïncide également avec celle d’un autre album franco-ontarien : celui de l’artiste hip-hop Le R Premier, intitulé Des Tours.
DJ Unpier semble être partout ces jours-ci! En plus de dévoiler un nouvel EP aujourd’hui intitulé Dans la danse 1.5, il animera le gros party électro du Festival franco-ontarien ce weekend. Né au Québec, le beatmaker a étudié à Toronto et réside maintenant à L’Orignal, petit village ontarien près de Hawkesbury. Il se dévoile dans ce nouvel épisode de Tac au Talk, une série ONFR+ qui vous fait découvrir nos personnalités publiques sous un autre jour, en deux minutes max!
Et de deux pour l’artiste Le Flo Franco qui lève le voile sur son deuxième album le 23 septembre.
Intitulé Trajectoire divine en référence au parcours du musicien dont il dit être « Rempli de rencontres importantes, de moments marquants, de défis et de leçons de vie », ce nouveau cru auditif est en droite ligne avec son premier album Force inhérente.
En effet, s’il faut le classer, ce second opus est à ranger du côté du genre Pop urbaine multicolore comme l’artiste aime appeler son style musical. Pour l’avoir écouté en avant-première, ce dernier est un mélange réussi entre pop, poésie et rap, une combinaison qui fait vibrer les tympans.
Source : LeFlo Franco
Dans les bacs à partir du 23 septembre. Informations supplémentaires dans le site de l’artiste.
Dj Unpier ou le relais musical
Dans la Danse 1.5, c’est le titre du nouvel album de l’énergétique Dj Unpier qui paraîtra le 23 septembre. Mea-culpa, il s’agit plutôt d’une suite de son premier album paru en février dernier et qui est titré Dans la danse.
Dans le fond, il est question de cinq titres qui vont explorer plusieurs genres musicaux à l’instar du Drum N Bass et de la Future House.
Par ailleurs, l’artiste a eu la bonne idée d’inviter cinq jeunes confrères de la relève artistique franco-ontarienne (Emma Rose, Sophee, MAB, Joanie et M. Golden) afin d’écrire les paroles des chansons.
De ce pas, la musique franco-ontarienne n’a pas de souci à se faire quant à son futur et son renouveau, c’est en tout cas ce que désire fortement le DJ.
Petite indiscrétion : Le Flo Franco et Dj Unpier sortent leur album le même jour, d’ailleurs les deux sont de bons amis et le second a participé à l’album du premier. Hasard du calendrier ou complicité d’artistes compères? Allez savoir!
Pochette de l’album « Dans la Danse 1.5 », Gracieuseté
Dans les bacs à partir du 23 septembre. Informations supplémentaires dans la page Facebook de l’artiste.
ARTS ET SPECTACLES
OTTAWA
Le Festival Franco-Ontarien pour petits et grands
Attendu en présentiel de pied ferme par toute la communauté, le Festival Franco-Ontarien est sans conteste le rendez-vous culturel par excellence de la francophonie de l’Ontario.
Pour sa 47e édition qui se déroule du 23 au 25 septembre au parc Major’s Hill à Ottawa, une belle brochette d’artistes est à l’affiche, à l’instar de Twin Flames, Mitch Jean, DJ Unpier ou encore le controversé Éric Lapointe.
Parallèlement, durant les trois matinées du festival, un programme exclusivement dédié à la jeunesse et aux familles est également au menu avec le magicien Mysteric, Les aventures d’Amandine et Rosalie et le groupe Hey, Wow.
Source : Festival franco-ontarien
Du 23 au 25 septembre au parc Major’s Hill à Ottawa. Les billets sont payants pour les spectacles des 23 et 24 septembre. La journée du 25 septembre est gratuite pour toutes et tous. Possibilité d’acquérir les billets en ligne. Billets et informations disponibles sur le site du festival.
CINEMA
SUDBURY
Format hybride pour le Cinéfest cette année
Qui se ressemble s’assemble, c’est le slogan se voulant rassembleur qu’ont choisi les organisateurs de la 34e édition du Festival international du film Cinéfest de Sudbury qui se tient du 17 au 25 septembre.
Bien que cette année, l’événement soit de retour en présentiel et les salles obscures qui vont avec, les planificateurs ont jugé bon de garder un volet virtuel afin de permettre à un public plus large d’assister aux projections.
La bande annonce quant à elle, affiche une trentaine de films allant du triller, à la comédie en passant par le documentaire pour ne citer que ces genres.
Petite nouveauté cette année, un passeport permettant un accès complet au festival est disponible.
Affiche du film « A terre promise ». Source : Cinéfest
Du 17 au 25 septembre au cinéma du Cinéfest au 355, chemin Barrydowne, P3E 5E3 Sudbury et dans d’autres lieux de réception. Les billets sont disponibles en ligne. Informations disponibles sur le site du festival.
La commissaire aux services en français Kelly Burke rappelle au gouvernement Ford que sa Loi 7, qui permet de transférer des patients dans des foyers de soins de longue durée sans leur consentement, doit respecter le droit d’être servi en français.
La Loi qui a obtenu la semaine dernière la sanction royale vise à libérer des lits d’hôpitaux et pourrait permettre des transferts de patients jusqu’à un centre à 70 km dans le sud de l’Ontario et 150 km dans le Nord. Si un tel déplacement est refusé, il pourrait signifier jusqu’à 400 $ d’amende par jour à partir du 20 novembre.
Cela fait craindre aux francophones que des aînés conversant dans la langue de Molière pourrait être forcé de déménager dans un centre anglophone, ce qui irait ainsi contre la Loi sur les services en français, tient à rappeler Kelly Burke.
« En Ontario, les droits linguistiques des francophones ont un statut particulier. En tant que commissaire aux services en français de l’Ontario, je souligne donc l’importance de prendre en compte non seulement les préférences des Franco-Ontariens et Franco-Ontariennes, mais également leurs droits à recevoir des services en français, » indique-t-elle dans un communiqué publié jeudi matin.
L’article 51 de la mouture de loi explique qu’un tel transfert sera fait en fonction « des préférences ethniques, religieuses, spirituelles, linguistiques, familiales et culturelles de la personne ». Mais le ministre des Soins de longue durée Paul Calandra et celle des Affaires francophones Caroline Mulroney n’ont pas offert de garanties que les aînés francophones ne seraient pas transférés dans un centre anglophone.
« Il y aura un certain nombre de considérations qui seront mises en place et qui seront présentées au résident comme étant capables de faire leur choix, mais il y a dans certaines parties de la province où nous pourrions ne pas avoir de lit spécifique disponible qui puisse correspondre à ce critère pour quelqu’un », avait dit en conférence de presse Paul Calandra.
Le ministre des Soins de longue durée Paul Calandra. Archives ONFR+
« Je demande donc au gouvernement de prendre en compte le statut particulier du français en Ontario, et de s’assurer que les francophones qui seront touché(e)s par les nouvelles mesures mises en place par le gouvernement reçoivent des soins en français tout au long du processus, incluant les foyers dans lesquels ils et elles se retrouveront volontairement ou non », met en garde Mme Burke.
Stéphanie Dupuis est directrice artistique de la programmation du French Fest de Sudbury.
LE CONTEXTE :
La sixième édition du French Fest de Sudbury est de retour après plusieurs années d’absence, hébergée pour la première fois à la nouvelle Place des Arts jusqu’au 25 septembre, la Journée des Franco-Ontariens.
L’ENJEU :
Cette année plus que jamais, l’organisme souhaite célébrer la richesse de la francophonie ontarienne avec une programmation inclusive et axée sur le multiculturalisme tout en célébrant la vibrante communauté de la ville.
« Quelle vision de la francophonie souhaitez-vous célébrer avec cette édition?
On veut souligner les échanges interculturels et l’inclusivité de l’identité franco-ontarienne. On a vraiment cette année une belle diversité d’artistes franco-ontariens et on vise à représenter ça dans le mélange des genres, des ateliers d’arts, de la danse, de la musique. Puis, pour le Big Bang on finit avec Stef Paquette Symphonique.
Rendu en Ontario français c’est vraiment une invitation à célébrer notre enfance puis ce qui nous a inspirés parce que là il va y avoir toute une nouvelle dimension avec l’orchestre symphonique! Et aussi, on veut changer le discours autour du centre-ville de Sudbury, on a une belle ville accueillante avec plein d’opportunités.
Le multiculturalisme est donc toujours au centre de la programmation?
C’est sûr qu’en tant qu’organisme qui essaie de développer la capacité pour la francisation, qui veut inviter de nouvelles personnes à participer à une culture qui est ici depuis 400 ans, on est très conscients que le visage de notre communauté est en train d’évoluer. Et ça, c’est une très bonne nouvelle!
On sait qu’on a de nouveaux arrivants, des étudiants internationaux, donc on veut leur présenter notre culture et leur montrer des artistes qui racontent des histoires qui les touchent. Puis comme communauté qui vient d’une langue minoritaire avec chacune sa dimension, on ouvre la porte à l’inclusion d’autres langues minoritaires, d’adresser les problèmes de perte de langues et d’assimilation linguistique.
C’est pour ça qu’il y a une belle place pour les artistes autochtones surtout à quelques jours de la journée nationale de vérité et réconciliation?
Oui, et d’ailleurs on est très fiers cette année d’ouvrir le festival avec un spectacle avec des artistes autochtones qui va métisser le français et l’anglais. On a la chance aussi cette année d’avoir Will Morin qui est un artiste de la Première Nation Anishinaabe qu’on a invité à mettre en valeur sa culture avec son exposition et puis on aura 6 artistes autochtones sur scène. Donc ça, c’est vraiment symbolique, pour reconnaître le territoire sur lequel on est.
Le nom du festival est-il une invitation pour une célébration commune avec les anglophones?
Oui justement, le nom de French Fest c’est un nom bilingue, c’est vraiment pour inviter les francophiles, les francophones et les anglophones.
C’est vrai qu’on a perdu des francophones, mais je pense qu’on a une nouvelle ouverture par rapport à ça. On a une réalité aujourd’hui avec le bilinguisme qui n’est pas nouveau, mais je vois vraiment un futur plus optimiste où les gens changent leur attitude envers la francophonie en Ontario français. On les voit en salle, on les voit comme bénévoles, et même qui postulent pour travailler à la Place des Arts, ils sont prêts à apprendre le français. C’est notre responsabilité aussi, en tant que francophones, de partager cette richesse-là avec eux, et il n’y a pas mieux que l’art pour partager l’amour de la francophonie!
Qu’est-ce que la pandémie a changé pour vous?
Beaucoup de choses, surtout en musique. On a vu beaucoup d’annulations, des gens ont étés mis à pied…ce qu’on voit c’est qu’il y a beaucoup de gens qui étaient au secondaire et qui n’ont jamais vu de spectacle en salle donc vraiment on veut inciter les gens à vivre cette expérience-là. Pendant la pandémie, la Slague a fait un virage en ligne et des projets avec un format numérique, mais on n’a pas tenté de faire les festivals en ligne. Cette année c’est vraiment une relance pour nous. »
OTTAWA – Assouplir le programme Entrée express, réviser les voies d’accès à l’immigration francophone et impliquer de façon plus accrue les municipalités. Voici quelques mesures que propose le fédéral pour augmenter le nombre d’arrivants francophones au Canada.
Le gouvernement a sorti hier son plan qui définit de façon générale ses priorités en matière d’immigration et le mandat d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC). Une motion parlementaire adoptée en mai par le député libéral Randeep Sarai donnait 120 jours au gouvernement pour déposer un tel plan. L’immigration francophone est justement l’un des cinq piliers mentionnés dans le plan.
Le Canada cible la venue de 431 645 immigrants cette année, 447 055 en 2023 et 451 000 en 2024. Dans le cadre de sa stratégie nationale en immigration francophone, le fédéral indique vouloir recevoir au minimum 4,4 % d’immigrants francophones hors Québec.
Entrée express
Le ministre Sean Fraser a souvent répété fonder beaucoup d’espoir sur une modification à la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés. Ce changement, affirme-t-il, lui permettrait d’inviter plus de candidats et d’augmenter le nombre de catégories d’emplois éligibles à Entrée express, favorisant ainsi les candidats notamment bilingues et répondant aux besoins de main-d’œuvre. Cette amélioration est justement mentionnée dans la stratégie d’IRCC.
Dans le rapport, il est question d’élargir le bassin de candidats des catégories C et D dans les voies d’accès à l’immigration économique permanente. Ces deux catégories regroupent des travailleurs ayant fait des études secondaires ou disposant d’une formation propre à l’emploi ou d’un emploi manuel pour lequel la formation est donnée en cours de route.
Archives ONFR+.
« Cette mesure contribuerait à remédier aux pénuries de main-d’œuvre, à promouvoir la vitalité des communautés de langue officielle en situation minoritaire hors Québec… Elle s’accompagnerait d’une solide stratégie de communication visant à accroître la compréhension et la connaissance de ce volet par les employeurs canadiens afin de mieux soutenir l’entrée de travailleurs francophones au Canada », indique le rapport.
Les programmes d’immigration économique, qui favorisent notamment les francophones, sont souvent méconnus ou complètement inconnus aux yeux des employeurs soulignent des experts en immigration.
Révision du processus pour les francophones
Le rapport avance aussi vouloir s’attaquer aux obstacles qui bloqueraient la venue de demandeurs francophones, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du Canada.
« Le ministère effectuera également une analyse de l’ensemble actuel de ses voies d’accès en matière d’immigration, y compris celles qui facilitent la transition des résidents temporaires d’expression française, dans le cadre du travail de soutien à l’immigration francophone », peut-on lire.
Cette analyse portera notamment sur les parcours d’immigration pour les résidents temporaires et cela pourrait inclure des ajustements aux programmes qui ciblent directement les francophones, comme Mobilité francophone, par exemple indique le fédéral. Cet examen du processus visera aussi à trouver des moyens pour augmenter la probabilité que les étudiants internationaux francophones deviennent finalement des résidents permanents.
Étudiants étrangers
IRCC dit présentement revoir son processus qui implique l’obtention d’une résidence temporaire après avoir passé par le Programme des étudiants étrangers.
L’hiver dernier, les taux de refus des étudiants francophones d’Afrique avoisinaient autour de 70 % à 80 % dans les établissements francophones de l’Ontario. Plusieurs institutions avaient dénoncé le principe de double intention qui aurait nui grandement à la venue de ces étudiants dans les établissements postsecondaires. La double intention, qui est illégale, est définie comme un étranger demandant la résidence au Canada demande également à entrer au pays pour une période temporaire comme étudiant par exemple. Plusieurs agents d’IRCC refusaient les étudiants africains les soupçonnant de vouloir rester au Canada après leurs études.
« Le ministère examine l’application des dispositions relatives à la double intention afin de clarifier la façon dont l’intention de demeurer au Canada par l’un des chemins de résidence permanente et l’exigence de quitter à la fin du séjour autorisé sont évaluées. Ceci est afin d’améliorer l’uniformité du processus décisionnel et d’accueillir plus d’étudiants talentueux qui deviendront des résidents permanents à l’avenir », est-il écrit dans le plan.
Impliquer les municipalités
Le fédéral travaille à l’élaboration du Programme de candidats municipaux, ce qui pourrait aider les villes et leurs chambres de commerce a spécifiquement ciblé des candidats francophones.
En août, IRCC a ajouté les villes ontariennes de Timmins, Sudbury, North Bay et Thunder Bay à un autre projet, son Programme pilote d’immigration dans les communautés rurales et du Nord (PPICRN) qui vise à attirer plus d’immigrants dans des régions rurales ou loin des grands centres.
La cible de 4,4 % en immigration francophone hors Québec n’a jamais été atteinte depuis 2003, mais le ministre promet que son gouvernement y parviendra d’ici l’an prochain.
Le ministère des Affaires francophones a dévoilé, ce mercredi, la liste des bénéficiaires du Programme d’appui à la francophonie ontarienne (PAFO) 2022-2023. Cinquante projets de nature culturelle, éducative ou encore économique ont été retenus à travers la province. L’annonce intervient à quelques encablures la Journée des Franco-Ontariens, le 25 septembre prochain.
De nouveaux festivals, des expositions, des ateliers culturels, des formations pour les travailleurs bilingues, des activités pour les femmes, les jeunes, les aînés et les nouveaux arrivants… Le PAFO alimente cette année une cinquantaine d’initiatives.
Objectif : offrir des occasions de célébrer la francophonie et de stimuler la relance économique francophone par le biais d’actions visant spécifiquement les organismes et les entreprises francophones.
40 % des projets retenus se situent dans l’Est de la province. Ainsi, à Cornwall, on célébrera la francophonie ontarienne en créant des murales portables sur le thème de l’inclusion, tandis que Kingston verra émerger la première édition d’un festival gastronomique francophone avec dégustations
28 % des financements ont été attribués aux organisations du Centre de la province. C’est le cas du Centre francophone du Grand Toronto qui créera une plateforme numérisée de recrutement du personnel bilingue en ligne. Citons également « Bonjour Printemps », une nouvelle programmation consacrée à la culture francophone et afro-caribéenne à Toronto les 24 et 25 mars prochain.
18 % des projets pousseront dans le Sud-Ouest, à l’image du Festival hivernal de la communauté francophone plurielle de London. Au programme : une série d’activités culturelles mettant en valeur le patrimoine culturel francophone ethnoculturel. En outre, le Carrefour communautaire francophone de Windsor-Essex pourra mettre en chantier son site web recensant tous les services francophones dans la région de Windsor-Essex-Chatham-Kent.
La plus faible part du gâteau pour le Nord
Le Nord récolte la plus faible part du gâteau : 14 % des projets retenus. Parmi eux, citons à la mise en place d’un plan pour attirer de nouveaux travailleurs francophones dans la région de Témiskaming, ou encore, dans la région de Thunder Bay, des activités en français communes aux communautés d’Ignace, Dryden, Sioux-Lookout, Vermilion Bay, Kenora, Terrace Bay, Marathon et Manitouwadge.
« Le ministère des Affaires francophones a reçu cette année des propositions de projets de très haute qualité de la part d’organismes à but lucratif et non lucratif », soutient Caroline Mulroney, ministre des Affaires francophones. « Grâce aux fonds alloués aujourd’hui, le gouvernement réaffirme son engagement envers la communauté francophone en appuyant son développement culturel, communautaire et entrepreneurial. »
Créé en 2017 et doté à l’origine doté d’un fonds d’1 million de dollars, le PAFO avait été doublé en 2019, passant à 2 millions de dollars, pour répondre à la demande croissante des organisations franco-ontarienne, en particulier depuis son ouverture aux projets d’entreprises dès 2020.
Le programme est constitué de deux volets : communauté et culture, ainsi que développement économique. Il permet de financer jusqu’à 80 % des dépenses des projets culturels et 50 % de celles concernant les projets économiques.
TORONTO – Alors qu’elle fait l’objet d’une contestation judiciaire, la loi qui plafonne les hausses de rémunération des fonctionnaires déchire l’Ontario en deux : d’un côté, un gouvernement largement réélu avec le mandat de réduire le déficit, de l’autre des travailleurs de la santé, de l’éducation et d’autres secteurs névralgiques de la province prêts à en découdre jusqu’au bout.
Adopté par le gouvernement Ford en 2019, le projet de loi 124 impose un plafond de 1 % d’augmentation de salaire par an, pendant trois ans, aux infirmières, enseignants et autres agents de la fonction publique.
La Cour supérieure de l’Ontario doit trancher si, oui ou non, la loi viole le droit à la liberté d’association enchâssé dans la Charte canadienne des droits et libertés.
Pour les syndicats, pas l’ombre d’un doute : le salaire est du ressort des négociations collectives. En se soustrayant au processus habituel, le gouvernement a basculé dans l’illégalité.
« Ce projet de loi contourne le cadre juridique des négociations établi par la Loi sur la négociation collective dans les conseils scolaires, qui oblige les parties à négocier de bonne foi », est convaincue Karen Brown, présidente de la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’élémentaire de l’Ontario (FEEO).
Évidemment, le gouvernement ne l’entend pas de cette oreille, arguant aux premiers jours d’audience la semaine dernière que la loi n’obstrue pas la négociation ni le recours à la grève ou l’arbitrage.
Entrave à la liberté d’association
Au cœur du litige : l’article 2d de la Charte sur la liberté d’association qui assure une protection constitutionnelle au droit à la négociation collective. « Si une loi du gouvernement entrave de manière importante la liberté des syndicats à négocier de façon collective, elle enfreint alors l’article 2d et est considérée comme inconstitutionnelle », décrypte Nicolas Rouleau, avocat en droits constitutionnels et appels.
Ce sera, tout au long des audiences, l’argument principal des requérants. Mais la manœuvre ne s’annonce pas si simple car le gouvernement va s’attacher à démontrer que l’entrave est minime, car elle ne touche pas aux autres éléments de la négociation collective (avantages sociaux, ancienneté, etc.) et limitée dans le temps (trois ans).
Nicolas Rouleau, avocat en droits constitutionnels et appels. Gracieuseté
Cette tactique, déjà à l’œuvre, reste toutefois difficile à appliquer au moment où les travailleurs payent le prix fort de l’inflation et voient leur pouvoir d’achat appauvri. Ils bénéficient en outre d’un large soutien de l’opinion publique qui reconnait en eux les héros de la pandémie, en première ligne pour maintenir à flot écoles et hôpitaux, dans un fragile contexte de pénurie de main-d’œuvre.
Et quand bien même le tribunal jugerait que l’article 2d et le droit à la négociation collective sont enfreints, le gouvernement pourrait plaider que cette infraction est justifiée à travers l’article 1 de la charte qui prévoit qu’on peut faire des écarts raisonnables.
« La province pourrait invoquer le déficit budgétaire comme nécessité de limiter les hausses de salaire », croit Me Rouleau avant de nuancer : « Cet argument reste toutefois difficile à gagner, car il est généralement brandi en cas de crise financière. On n’en est pas là. »
Sexisme, un argument à ne pas sous-estimer
Un autre élément joue en défaveur du gouvernement : des syndicats taxent sa loi de sexisme.
« Le projet de loi bafoue les droits de nos membres et perpétue la discrimination fondée sur le sexe contre notre profession à prédominance féminine », milite Cathryn Hoy, présidente de l’Association des infirmières et infirmiers de l’Ontario (ONA).
La statue « Liberté d’expression » dans les Jardins de la justice McMurtry, à Toronto.
L’article 15 de la charte reconnaît en effet le droit à l’égalité, rappelle le constitutionnaliste. « Si la loi établit une distinction fondée sur le sexe et attaque les femmes de façon discriminatoire, elle enfreint l’article 15. Même si l’intention du gouvernement n’est pas de cibler des professions majoritairement occupées par des femmes, si l’effet de la loi le fait, ça pèse dans la balance », interprète Me Rouleau.
Jusqu’en Cour suprême? Pas impossible
Cette bataille qui se joue sur le fil du rasoir pourrait tout à fait se prolonger jusqu’en appel, voire en Cour suprême, pensent les juristes.
« La dimension de la négociation collective dans l’article 2d est assez récente », contextualise Nicolas Rouleau. « Ça pourrait attirer l’intérêt de la Cour suprême. Évidemment, d’un point de vue tactique, les demandeurs vont tenter de gagner en première instance et espérer que le gouvernement juge la situation politiquement suffisamment intenable pour en rester là. »
Dans une autre affaire du même type, en 2016, la cour supérieure de l’Ontario avait donné gain de cause aux enseignants dans leur bras de fer judiciaire avec le gouvernement McGuinty, contre le projet de loi 115 qui leur enlevait le droit de grève et gelait leur salaire sur deux ans. Le gouvernement avait alors jeté l’éponge.
« Nous riposterons par tous les moyens possibles pour abroger cette loi » – Fred Hahn
Mais la Ford Nation a montré par le passé qu’elle était capable d’aller jusqu’au bout. Le plus haut tribunal du pays avait confirmé en 2021 la validité constitutionnelle de la loi divisant par deux la taille du conseil municipal de Toronto.
Cette même année, le gouvernement du Manitoba avait remporté en appel son droit à légiférer sur le gel des salaires de ses fonctionnaires, de quoi encourager le gouvernement ontarien. Le tribunal avait statué que la loi en cause ne brimait pas la liberté de négociation collective.
En attendant, en Ontario, la colère gronde. « Nous riposterons par tous les moyens possibles pour abroger cette loi, à la fois par les tribunaux et en organisant dans nos communautés, a d’ores et déjà averti Fred Hahn, président du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-Ontario).
« Et nous ne nous arrêterons pas tant que nous n’aurons pas veillé à ce qu’aucun gouvernement n’envisage jamais de défendre et de légiférer à nouveau une violation aussi préjudiciable de nos droits fondamentaux. »
Quelle que soit l’issue de ce bras de fer, il déterminera ce qui constitue une entrave importante à la négociation collective et si un gouvernement peut ou non adopter une telle loi à l’avenir.
Florence Ngenzebuhoro est directrice générale du Centre francophone du grand Toronto (CFGT).
LE CONTEXTE :
Allant à l’encontre des résultats du dernier recensement s’agissant de la francophonie, ceux du CFGT présentés hier lors de son assemblée générale annuelle (AGA) dénotent des chiffres records et une bonne santé du centre.
L’ENJEU :
Cette AGA était aussi l’occasion de présenter le nouveau mandat du CFGT qui a débuté le 1er août dernier : l’accueil à l’aéroport de Pearson à Toronto des nouveaux arrivants francophones, mais aussi anglophones et allophones, une première selon Florence Ngenzebuhoro.
« Pouvez-vous nous en dire plus sur ce kiosque qui s’adresse aussi aux anglophones?
C’est une très grande nouvelle pour la francophonie. Depuis le 1er août 2022, on a un kiosque à l’aéroport de Pearson qui offre des services aux nouveaux arrivants francophones, mais aussi anglophones et allophones. Il faut dire qu’on offrait des services aux francophones dans cet aéroport depuis 2019, puis il y a eu la pandémie et on a dû lever le pied.
Après cette pause, on a reçu le mandat pour accueillir tous les immigrants. À ce titre, nous sommes le seul organisme communautaire à l’aéroport de Pearson qui offre les services d’accueil à la fois aux francophones, aux anglophones et aux allophones dans un volet qui reste celui qu’on avait auparavant.
Mais, il y avait déjà sur place un organisme anglophone, Malton Neighbourhood Services (MNS) qui s’occupait des nouveaux arrivants anglophones. Vous vous êtes donc substitué à lui?
Tout à fait, et ce qui est drôle dans cette histoire, c’est que MNS disait pendant longtemps qu’il n’y avait pas de francophones qui passaient par l’aéroport de Pearson. Ironie du sort, c’est un organisme francophone qui prend sa place.
MNS avait un mandat pour accueillir également les francophones, mais il ne le faisait pas. Beaucoup d’organisations comme l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario ou les réseaux en immigration francophone s’en étaient plaints à maintes reprises. Finalement, avec l’appui d’une trentaine de partenaires, Citoyenneté immigration Canada nous a octroyé ce mandat.
Concrètement comment avez-vous fait pour « chiper » ce « marché » aux anglophones?
On a eu un succès fou pendant la pandémie, notamment grâce à notre stratégie numérique dans le sens où même pendant la pandémie on a pu offrir des services de qualité à l’aéroport de Pearson. Même si on n’était pas sur place, on était capable d’accompagner et de diriger les nouveaux arrivants francophones juste avec un code QR.
Je pense que c’est ce qui a poussé l’autorité de tutelle à retirer le mandat à MNS pour nous le confier.
Est-ce une première fois, d’après vous, qu’une entité francophone s’occupe aussi des affaires anglophones?
Ça fait 30 ans que je suis dans les services sociaux et communautaires, et c’est la première fois que je vois un organisme francophone qui reprend les services d’un organisme anglophone. Habituellement, c’est l’inverse qui se passe. En plus, lorsqu’un organisme francophone s’occupe également des services anglophones, cela veut dire qu’on n’a pas à craindre de perdre les droits et les acquis des francophones, mais si c’était l’inverse, il y a de bonnes raisons d’éprouver cette crainte.
Parmi vos bons résultats figure une augmentation de votre personnel de 50 %, alors que presque tous les secteurs peinent à embaucher à cause de la pénurie de main-d’œuvre. Quel est votre secret?
Nous avons la fierté de dire que les francophones nous font tellement confiance qu’ils disent qu’ils rêvent de travailler pour le CFGT lorsqu’ils arrivent. On est devenu un employeur de choix pour les francophones du Grand Toronto parce qu’on a beaucoup travaillé sur notre milieu de travail et les cultures organisationnelles inclusives et collaboratives, et cela se ressent dans notre embauche. Pour preuve, lorsqu’on a récemment affiché les postes d’agent d’accueil à l’aéroport de Pearson, on a reçu une centaine de candidatures par poste.
En revanche, le problème qu’on rencontre dans les ressources humaines est celui de retenir ces employés parce que le Centre leur ouvre beaucoup de portes et d’opportunités de travail dans d’autres organismes réputés comme les conseils scolaires. Mais bon, c’est la règle du jeu!
Il y a deux ans, vous avez dit à ONFR+ s’agissant de votre projet de logements sociaux que « si on est chanceux, on verra les premiers logements d’ici 2025. » Où en est ce projet?
C’est un projet à long terme. On a un plan d’action sur dix ans et nous sommes en train de travailler sur ce plan. Je peux déjà vous dire que pour la première année, on a acquis du financement pour la région de Peel afin d’aider les sans-abri.
Ce financement va, par exemple, permettre de payer le premier et le dernier mois pour les personnes francophones qui viennent de s’installer dans cette région. De plus, on est en train de négocier dans cette région pour l’achat d’une potentielle propriété. À Toronto, nous sommes sur le point d’acquérir un financement du même genre auprès de la Ville. Sur ce dossier de logement abordable, on fait de petits pas, mais des pas certains. »
OTTAWA – Au premier jour de la session parlementaire, les libéraux ont envoyé leur message arguant que l’heure n’est pas à la joute politique. Le gouvernement demande aux oppositions de collaborer, au regard de la situation avec le coût de la vie et l’inflation, dans un message principalement centré vers les conservateurs.
Avec désormais Pierre Poilievre à la tête du Parti conservateur, l’allure des débats fait craindre le leader du gouvernement en chambre Mark Holland.
« Ce n’est pas le temps de jouer à la politique. Si les conservateurs veulent continuer leur cirque, on verra bien si les gens achètent des billets », a-t-il lancé dans sa conférence de presse marquant le début de la session parlementaire.
Ce dernier devra s’entendre avec son homologue au Parti conservateur, Andrew Scheer.
« J’espère qu’il va y avoir une bonne relation et une opportunité de travailler avec M. Scheer (…). Ce n’est pas le temps pour jouer ou des choses pas sérieuses. Ça demande tous nos efforts afin d’avoir un ton respectueux et j’espère que ça va être le cas pour le Parti conservateur dès aujourd’hui. »
Andrew Scheer, qui était alors le chef du PCC en compagnie du désormais chef Pierre Poilievre. Archives ONFR+
La semaine dernière, Justin Trudeau et Pierre Poilievre, moins de 48 heures après la victoire de ce dernier, avaient donné le ton alors que chacun dirigeait des flèches l’un vers l’autre. Le premier ministre avait dénoncé « des slogans, des phrases creuses et des attaques insouciantes » de la part de son adversaire.
« Je suis prêt à agir de façon respectueuse et avec un ton raisonnable, c’est mon objectif », a soutenu M. Holland. « Ce n’est pas important si l’autre côté (les conservateurs) adopte le même ton. Si oui, je pense que c’est bon pour le pays. Sinon, on va continuer d’agir de la même façon même s’ils ne veulent pas. »
Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh se dit peu confiant, avec l’arrivée de Pierre Poilievre, de voir une bonne collaboration avec les autres partis de l’opposition et le gouvernement. Il affirme ne pas voir de liens entre les enjeux avancés par les deux formations politiques.
« On a plusieurs exemples où ils (les conservateurs) veulent attaquer les autres partis seulement pour l’attaque et la critique sans avoir le but d’améliorer quelque chose pour les gens. C’est une mauvaise approche qui n’aide pas la vie des gens », a-t-il critiqué.
Le gouvernement a d’ailleurs commencé la session en déposant les projets de loi C-30 et C-31. Le premier a pour but de doubler le crédit pour la taxe sur les produits et services (TPS) et permettrait à un couple avec deux enfants de toucher 467 $ supplémentaires et 225 $ en moyenne pour un aîné selon les chiffres du gouvernement. Le second concerne deux mesures : la Prestation dentaire canadienne et le supplément ponctuel au programme d’Allocation canadienne pour le logement. Offert aux enfants de moins de 12 ans pas déjà couverts, l’assurance dentaire pourra permettre de sauver jusqu’à 650 $ par enfant au cours des deux prochaines années.
Le chef néo-démocrate a d’ailleurs réitéré que sans la mise en place d’un programme d’assurance dentaire en 2023, il n’aurait aucune hésitation à rompre l’entente actuelle avec les libéraux.
« Le gouvernement le sait et on a mis cette date et on va rester vigilant pour s’assurer que ça va être accompli (…). Le gouvernement libéral montre souvent une ouverture, mais on doit les forcer à faire des choses. »
Parlement hybride permanent?
En juin dernier, les libéraux ont prolongé de manière temporaire d’un an la tenue du parlement hybride. Un comité doit se pencher sur la question, mais Mark Holland s’est réservé de dire si son parti était d’accord pour le garder de façon permanente.
« Ça va créer une occasion de considérer la continuation du système hybride. Je serais disponible pour parler à ce comité et à ce moment-là, je vais expliquer mes pensées sur cette question-là. »
Le chef du Nouveau Parti démocratique du Canada, Jagmeet Singh. Archives ONFR+
Au NPD, le chef néo-démocrate Jagmeet Singh s’est dit en faveur de conserver le parlement virtuel.
« Ça donne une flexibilité et c’est quelque chose qui aide à la représentation des députés et des régions à travers le pays à la Chambre des communes », a-t-il argumenté.
OTTAWA – C’est jour de rentrée parlementaire marquée par l’arrivée de Pierre Poilievre à la tête des conservateurs alors que les libéraux frôlent leur plus haut taux d’insatisfaction depuis 2015, selon les chiffres de la firme Abacus Data. C’est sans compter les dossiers autour des langues officielles, comme le projet de loi C-13 et l’immigration francophone. Survol des dossiers qui devraient occuper les travaux parlementaires dans les prochaines semaines et mois.
Inflation et coût de la vie
Le dossier est sur toutes les lèvres au sein des partis politiques alors que Justin Trudeau, la vice-première ministre Chrystia Freeland et de nombreux libéraux ne cessent de répéter dans toutes les tribunes qu’il s’agira de la priorité du gouvernement avec le retour des travaux aux Communes.
La semaine dernière, les libéraux ont annoncé que plusieurs projets de loi seraient déposés pour faire face à ce problème. Parmi ceux-ci : la mise en place d’une Prestation dentaire canadienne pour les enfants de moins de 12 ans qui n’ont pas accès à une assurance dentaire. Le second est le doublement du crédit pour la taxe sur les produits et services (TPS et TVH) pendant six mois. Finalement, un supplément de 500 $ dans le cadre de l’Allocation canadienne pour le logement.
Ces trois mesures font partie de l’entente entre les libéraux et néo-démocrates, tandis que les deux dernières mesures avaient été annoncées dans le budget de Mme Freeland au printemps dernier.
Un nouveau joueur
L’annonce de ces mesures visant à aider les Canadiens avec l’inflation coïncide justement avec l’élection de Pierre Poilievre à la tête des conservateurs. Élu avec une importante majorité de 68 %, le nouveau chef a malgré tout vu le député québécois Alain Rayes quitter sa formation politique, dénonçant la direction que prenait le parti. Le Fransaskois a profité de sa première semaine pour nommer sa garde rapprochée a et devrait annoncer son cabinet fantôme prochainement.
Le nouveau chef du Parti conservateur Pierre Poilievre. Crédit image : Stéphane Bédard
Quelle approche prendra le nouveau chef conservateur aux Communes? Ramènera-t-il son parti vers le centre comme le suggèrent plusieurs analystes après avoir passé sa campagne à apporter son soutien au convoi de la liberté ayant occupé le centre-ville d’Ottawa ou encore son appel à congédier le gouverneur de la Banque du Canada? Chose certaine, il devrait continuer à marteler son message économique et anti-inflationniste.
Réforme de la Loi sur les langues officielles
La modernisation de cette loi est promise depuis plusieurs années par les libéraux et le projet de loi presse de plus en plus pour les organismes francophones à l’image des récents chiffres du recensement de 2021. À l’heure actuelle, le projet de loi est à l’étude en comité et une quinzaine de séances doivent se poursuivre jusqu’en décembre ce qui pourrait signifier une sanction royale d’ici Noël, si tous les astres sont alignés.
Jusqu’à présent, les trois partis de l’opposition, en majorité face aux libéraux, ont tous émis des réserves face à l’actuelle mouture. Les néo-démocrates demandent des améliorations en matière d’immigration francophone. Les conservateurs veulent l’ajout de mesures pour renforcer le bilinguisme dans la fonction publique alors que le Bloc Québécois est contre le projet de loi, arguant qu’il ne doit pas avoir préséance sur la Loi 96 (Charte de la langue française) au Québec pour les entreprises de charte fédérale. Reste à voir si les libéraux seront prêts à mettre de l’eau dans leur vin.
L’immigration francophone
C’est l’autre gros dossier qui touche les francophones au niveau fédéral. Ottawa n’a jamais atteint sa cible de 4,4 % depuis son élaboration en 2003. Le ministre responsable du dossier Sean Fraser a promis que son gouvernement atteindrait cette cible dans la prochaine année.
Jusqu’à présent, concordant avec la réouverture du programme Entrée Express au début juillet, les chiffres donnent raison au ministre. En juillet, 5,45 % des immigrants qui avaient choisi le Canada étaient des francophones hors Québec, un chiffre en constante hausse depuis le début de l’année. C’est toutefois encore loin des 12 % que demande la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) dès 2024.
Le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté Sean Fraser. Crédit : Compte Twitter Sean Fraser
La ministre des Langues officielles Ginette Petitpas Taylor avait admis en réaction aux chiffres du recensement que de rattraper le retard devait être une priorité absolue dans les prochaines années. Le prochain Plan d’action sur les langues officielles et, qui sait avec des modifications, la modernisation de la Loi sur les langues officielles devrait contenir des mesures dans ce sens. Il y a aussi l’Ontario qui demande, à l’image du Québec, plus de pouvoir dans ce portfolio, sans compter aussi le problème de visas pour les étudiants francophones d’Afrique.
L’entente avec les néo-démocrates
Signée en mars 2022, cette entente doit maintenir les libéraux au pouvoir jusqu’en 2025. Jagmeet Singh n’a pas hésité à dire dans les derniers jours que le temps pressait, soit d’ici l’an prochain, pour la mise en place d’un régime universel d’assurance dentaire, sans quoi le Nouveau Parti démocratique (NPD) se retirerait.
Selon l’entente signée entre les deux clans, ce programme prévoit un tel régime dès 2023 pour les enfants de familles à faible revenu avant de s’étendre de manière progressive à plus de catégories de la population jusqu’en 2025. L’accord prévoit aussi la mise en place d’un régime public d’assurance médicaments et des mesures pour améliorer le système de santé.
POINTE-AUX-ROCHES – Figure de la francophonie du Sud-Ouest ontarien, la fondatrice du Centre culturel communautaire St-Cyr et du Club de l’âge d’or, Ursule Lebœuf, plus connue sous le pseudonyme de « Tante Ursule », s’est éteinte samedi à 95 ans.
Née à Pointe-aux Roches, sur la rive du lac St. Clair, Mme Lebœuf s’est investie dans de multiples projets depuis les années 1970, à une époque où les associations et institutions franco-ontariennes n’en étaient qu’à leurs balbutiements.
Enseignante de profession, elle est devenue au fil du temps « une figure bien connue, éminemment respectée et aimée en raison de son engagement envers tout ce qui touche la langue et la culture françaises », relatent ses filles Claire, Pauline et Denise Leboeuf qui ont fait part de son décès sur le réseau social Facebook.
« Sa perte nous apporte la tristesse, mais nos souvenirs d’elle et de sa contribution à la francophonie ontarienne nous consolent », poursuivent-elles.
Surnommée « Tante Ursule » dans la communauté, Mme Lebœuf est notamment à l’origine du Centre culturel communautaire St-Cyr qui aurait célébré l’année prochaine ses 50 ans d’existence. Sous sa présidente, de 1973 à 2016, de nombreux artistes francophones se sont produits dans la région.
Jusque dans les dernières années de sa vie, elle continuait à organiser des évènements pour les aînés du centre.
« Tante Ursule », pilier de la communauté
Sa fille Denise évoque « une femme très impliquée dans sa communauté, sa paroisse et la francophonie de Pointe-aux-Roches. C’est pour que les gens puissent vivre autant que possible dans leur langue qu’elle a fondé le centre culturel St-Cyr et qu’elle organisait des activités à travers lesquelles les gens pouvaient de socialiser en français ».
Elle ajoute que Mme Leboeuf a été influencée par la télévision francophone. « J’avais 16 ans quand on a eu la télé francophone en Ontario et ma mère a eu beaucoup d’idée en voyant les festivals organisés au Québec. Elle disait : pourquoi pas chez nous? »
C’est en partant de ce constat que le centre culturel est né.
« Toutes les réunions de comité d’activité avaient lieu chez nous, dans notre maison », se remémore une de ses autres filles, Pauline, évoquant « une personne toujours très occupée et qui prenait beaucoup de plaisir à rendre service aux gens de la région ».
« On hébergeait même les artistes avant leur spectacle. C’était de belles soirées passées avec des chanteurs. Elle écrivait aussi à la main tous les mois pour le journal local, Le Réveil, qu’on imprimait et brochait dans notre sous-sol avant de l’envoyer un peu partout. Une de ses forces est d’avoir su s’entourer de gens aussi convaincus et passionnés qu’elle et les faire travailler ensemble. »
Sa nièce Lisette Rachel Leboeuf pleure, pour sa part, une « femme de grande foi, dévouée et convaincue du fait français qui a toujours milité pour la cause, entre autres pour l’obtention d’une radio française dans le Sud-Ouest de l’Ontario : CBEF ».
« Tante Ursule était un pilier de la communauté francophone dans le Sud-Ouest de l’Ontario », clame Tom Sobocan, vice-président du Club Richelieu Windsor.
Elle a aussi fondé, en 1968, la section de l’Annonciation de la Fédération des femmes canadiennes-françaises, ainsi que le Club d’âge d’or en 1973. Elle a en outre joué un rôle prépondérant dans la création du Festival de la moisson francophone et de la Chorale du tricentenaire du Sud-Ouest.
Au cœur de la lutte pour l’obtention d’une école
Elle a également œuvré au sein de plusieurs comités et organismes tels que celui du centenaire de la paroisse de Pointe-aux-Roches, du journal Le Rempart, du conseil régional de l’ACFO, du Club Richelieu, du comité Saint-Jean Baptiste et de la fondation de Place concorde.
Elle était de surcroît engagée dans la lutte pour l’obtention de la première école secondaire francophone dans la région de Windsor. Ce combat acharné à mener à l’ouverture de l’école l’Essor en 1979, après que l’Assemblée législative de l’Ontario ait voté une loi spéciale obligeant le conseil scolaire d’Essex à la construire.
Son engagement constant et ses années de bénévolat en faveur du rayonnement de langue française dans le Sud-Ouest lui ont valu de nombreuses reconnaissances et résonnent encore dans la communauté.
« Tante Ursule » laisse dans le deuil ses trois filles et leurs conjoints : Claire et Marius Moldovan, Pauline et Francis Kozina, Denise et Calixte Duguay, ainsi que sa petite fille Anne.
Cet article a été mis à jour le mardi 20 septembre 2022.
L’arrivée de Pierre Poilievre à la tête du Parti conservateur doit réveiller Jagmeet Singh et le Nouveau Parti démocratique (NPD), notamment dans le Nord de l’Ontario et Windsor où les bastions néo-démocrates pourraient avoir un attrait pour le chef conservateur, selon des analystes.
Durant les derniers mois, le nouveau chef de l’opposition officielle a multiplié les messages attrayants, notamment auprès de la classe ouvrière comme sur l’inflation, le prix de l’essence ou encore sa position en faveur d’une hausse de l’exploitation des hydrocarbures.
« Il représente la grogne de plusieurs personnes, cette colère qu’on voit un peu partout à cause de l’inflation et du coût de la vie qui est chère », observe Geneviève Tellier, professeure de sciences politiques de l’Université d’Ottawa.
Cette grogne pourrait trouver lieu de manière plus frappante dans des régions plus rurales ou dites ouvrières comme à Windsor et dans le Nord de l’Ontario, à Timmins ou dans Sudbury.
« Ça fait partie de ce message populiste à grande échelle que le nouveau chef du Parti conservateur a embrassé », affirme David Tabachnik, politologue à l’Université Nipissing.
Le nouveau chef du Parti conservateur Pierre Poilievre. Crédit image : Stéphane Bédard
Le Nord de l’Ontario connaît un taux de chômage et un déclin plus élevé que d’autres régions de l’Ontario et du reste du pays note ce dernier, ce qui pourrait encore donner plus de poids au message du leader conservateur.
« Si vous pouviez revigorer cet argument concernant le fait de rapporter des emplois dans le secteur manufacturier, des emplois de cols bleus bien rémunérés, des emplois axés sur les ressources dans des endroits comme le Nord de l’Ontario, ça pourrait être un message avec du succès », analyse M. Tabachnik.
Jagmeet Singh dans le viseur?
Celui qui pourrait payer cher en Ontario, c’est Jagmeet Singh. Ces régions avec un nombre important de cols bleus sont en majorité des bastions néo-démocrates. Le message du NPD en faveur des enjeux des grands centres urbains comme la justice sociale a quelque peu chassé ceux plus rattachés à la classe ouvrière du NPD dans les régions plus éloignées.
C’est là que le message de M. Poilievre rentre en compte, car il profite d’un clivage entre les enjeux urbains et ruraux, note Yan Plante, un ancien stratège conservateur et conseiller sous Stephen Harper.
« Son pain et son beurre, c’est son message économique », définit-il. « Il doit parler au nom des gens qui souffrent et qui se sentent exclus et qui ont de la misère à payer leurs factures. C’est là où il peut réussir à aller chercher des travailleurs (…). Il y a certainement un chemin facile pour aller rejoindre beaucoup de travailleurs, de cols bleus. C’est assez simple avec son discours populiste et économique. »
Mais M. Singh assure que son parti est toujours le « champion » pour défendre les intérêts des gens et des travailleurs, soulignant que le passage du député de Carleton dans le gouvernement Harper démontre qu’il est « contre l’intérêt des travailleurs ».
« Ces propos concernant le fait que les Canadiens ont de la difficulté avec le coût de la vie qui augmente alors qu’il est d’accord avec les grandes banques au lieu de se battre pour les familles montrent ce que l’on savait déjà. Ils ne s’occupent pas des vraies préoccupations des gens », avait-il commenté dans les jours suivant la victoire du nouveau leader conservateur.
Jagmeet Singh lors de la dernière campagne électorale fédérale, lui qui était accompagné de nombreux députés néo-démocrates du Nord de l’Ontario. Crédit : Pascal Vachon
Geneviève Tellier avance un autre problème : le message pro-environnemental du NPD qui n’est parfois pas conciliant avec les réalités des travailleurs du Nord de l’Ontario comme ceux des mines par exemple.
« Les partis de gauche n’ont pas de vraies réponses à ça et ils ne répondent pas à ces préoccupations-là alors que M. Poilievre va dire « Vous n’aller pas perdre votre emploi à cause de nos politiques environnementales ». »
Yan Plante estime aussi que la prochaine élection pourrait bien être celle où les électeurs chercheront « un contraste » à Justin Trudeau, ce qui rendra la tâche difficile au chef néo-démocrate en raison de l’entente avec les libéraux. Pour ce dernier, les néo-démocrates n’offrent pas d’« alternative » aux libéraux et ne génèrent pas « un désir de changement ». Idem pour David Tabachnik qui voit un bon scénario pour le tout nouveau dirigeant conservateur, surtout s’il « recentre son message ».
« On a un nouveau visage en Pierre Poilievre, alors si les gens veulent du changement, il en offre. »
L’exemple Doug Ford
Le nouveau chef conservateur pourrait s’inspirer de son confrère Doug Ford en Ontario. Lors de la dernière élection, les progressistes-conservateurs ont créé une certaine surprise avec la victoire de George Pirie dans Timmins face au néo-démocrate Gilles Bisson, député historique du comté (auparavant nommé Timmins-Baie-James et Cochrane Sud) depuis 1990.
La dernière campagne de Doug Ford pourrait être une bonne inspiration pour le nouveau chef conservateur fédéral. Archives ONFR+
Résultat similaire à Windsor où les troupes de Doug Ford ont réussi à faire élire l’un des leurs pour la première fois en 93 ans dans Windsor-Tecumseh. Dans le comté voisin d’Essex, les néo-démocrates ont aussi subi la défaite aux mains des progressistes-conservateurs, une première depuis 1963.
Ces victoires pourraient être rattachées au fait que le premier ministre ontarien est un « personnage unique en soi », souligne Yan Plante.
« Il y a des gens qui appuient Doug Ford et qui ne l’appuieraient plus s’il part et j’ai l’impression qu’il y a un peu de ce phénomène-là avec un Pierre Poilievre. Bien sûr, c’est un conservateur très idéologique, mais en utilisant une approche populiste très assumée, j’ai l’impression qu’il va ratisser beaucoup plus large que le mouvement conservateur », estime le vice-président de la firme TACT.
Quant à Jagmeet Singh, il voudra peut-être s’inspirer d’Andrea Horwath, mais plutôt pour éviter de perdre des sièges et ultimement son poste, comme son ancienne collègue.
GATINEAU – C’est ce lundi que s’ouvre l’enquête publique ordonnée par le bureau du coroner en chef du Québec sur le décès de Jean Malavoy. Pilier de la francophonie ontarienne, l’ancien directeur général du Muséoparc Vanier et de la Nouvelle Scène est décédé à l’Hôpital de Hull en octobre 2020 des suites d’une chute.
Les audiences présidées par la coroner Me Julie-Kim Godin se poursuivront jusqu’à lundi prochain, au palais de justice de Gatineau (Québec). Objectif : élucider les causes probables et les circonstances entourant ce décès.
La brutale disparition de M. Malavoy, à l’âge de 71 ans, avait surpris et choqué le monde franco-ontarien attaché à ses nombreux services, successivement à la tête de l’Association des auteures et auteurs de l’Ontario français (AAOF), de la Fondation Trillium, du Centre francophone de Toronto, de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) et de la Nouvelle Scène.
Un mois avant le drame, la cabane à sucre du Muséoparc Vanier, dont il était directeur général, partait en fumée dans un incendie d’origine humaine, les autorités n’écartant pas la piste criminelle au moment des faits.
Une semaine, 17 témoins
Parmi les 17 témoins qui seront entendus : Marie-Ève Leclerc, sergente-détective des Services de police de la ville de Gatineau, Isabelle Malavoy-Mundle, fille du défunt, Dre Marie-Hélène Folot, cheffe de l’urgence de l’Hôpital de Hull, ainsi que des urgentologues, médecins-cliniciens, infirmières et techniciens, mais aussi des membres du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS).
Une autopsie, des analyses toxicologiques ou d’autres expertises peuvent être pratiquées dans ce type de procédure.
Au terme de son investigation, le coroner rédigera un rapport détaillé dans lequel il exposera les causes et les circonstances qui ont mené au décès et émettra, si nécessaire, des recommandations pour la protection de la vie humaine. Il ne sera pas apte à statuer sur une responsabilité civile ou criminelle.
« Ces recommandations sont issues de l’analyse des causes et des circonstances des décès par le coroner lors de son investigation ou de son enquête publique », précise sur son site web le coroner du Québec, organisme gouvernemental indépendant qui relève du ministre de la Sécurité publique.
TIMMINS – Impossible de parler de Timmins sans évoquer le nom de Sylvin Lacroix, Franco-Ontarien d’adoption, qui a mené de front plusieurs luttes importantes pour la communauté francophone de cette ville du Nord. Le fidèle directeur général de l’Alliance de la francophonie de Timmins souhaite encourager la relève et se lance en politique municipale.
« Vous êtes de Rouyn-Noranda (Québec). Comment avez-vous vécu votre déménagement vers l’Ontario?
Je restais avec mon oncle et ma tante à Rouyn, mais ensuite je suis retourné vivre chez mes parents qui vivaient dans la région de Temagami. Ça a été un ajustement extrêmement difficile, surtout durant les deux premières années en Ontario, en 7e année : la culture, se faire des amis, m’adapter à plusieurs nouvelles situations. Je parlais pas l’anglais, donc c’était pas facile.
Comment vous retrouvez-vous ensuite à Timmins?
J’ai déménagé à Timmins pour étudier la technique en éducation spécialisée et en service social au Collège Northern qui était bilingue à l’époque. Ça, c’est encore drôle, parce que dans les derniers mois mon éducation secondaire j’avais été refusé par deux collèges et c’est ma conseillère d’orientation, qui était une amie, qui me dit : « Pourquoi tu ne vas pas au Collège Northern en technique de service social? », C’est de même que ça a commencé parce qu’elle faisait partie du comité francophone et puis c’est comme ça que je me suis retrouvé à Timmins. C’était vraiment pas une intention. J’y suis arrivé en 1988, j’étais ici pour deux ans et, 34 ans plus tard, j’y suis encore!
Quel a été votre premier pas dans l’implication pour la francophonie?
Sitôt que je suis arrivé au Collège Northern, j’ai fait partie du comité d’association francophone. Et après en 1989, j’ai été élu membre du conseil d’administration de l’ACFO Timmins et j’y suis resté vraiment longtemps avant de devenir employé là-bas.
On vous doit en grande partie l’aboutissement d’un projet de 30 ans : l’ouverture du centre de santé communautaire de Timmins en 2019. Parlez-nous de ce combat…
J’étais là au départ dans les balbutiements oui. Ensuite, dans les 20-25 dernières années, Pierre Bélanger, père fondateur du projet, et moi avons vraiment fait avancer le dossier. Mais on s’est fait rire de nous autres. On s’est fait pointer du doigt à cause de nos positions politiques. Les gens disaient que ça n’arriverait jamais. On nous a mis des bâtons dans les roues. On a fait plein de présentations, rencontré des dizaines de ministres, demandé plein d’études. La profession médicale était contre nous aussi. J’avais fait une entrevue avec Radio-Canada juste après qu’on m’ait interdit de participer à la deuxième étape d’un projet pour parler des besoins de santé pour les francophones de Timmins. Et là, j’ai sorti la bombe. J’ai dit que le médecin était contre parce que dans son équipe de santé voulait avoir l’argent pour eux et ça s’était prouvé. Je porte encore des bleus un peu partout à cause de ce combat-là, parce que j’ai reçu des coups dans le dos et des menaces de poursuite.
Qu’est-ce qui a permis de débloquer le dossier?
Ce qui a vraiment aidé, c’est dans les quatre dernières années, quand un avocat nous a aidés à aller chercher des sous. On a vu un petit changement parce qu’on commençait à avoir des preuves constitutionnelles qu’on avait le droit d’avoir accès à des services de santé en français. Ça s’est débloqué et le gouvernement libéral de l’époque a annoncé un financement pour le centre, une semaine avant le déclenchement de la campagne électorale en 2018. Ils sentaient que c’était la fin et on sentait qu’ils faisaient ça pour chercher des votes francophones. Donc oui, c’était un long combat mais, quand j’y repense, je crois que j’aurai dû le mener différemment. Je regrette profondément d’avoir attaqué le médecin à l’époque. Ce n’était pas personnel, mais je l’ai fait sous le coup de l’émotion. J’étais trop impliqué dans ma lutte pour la communauté.
Sylvin Lacroix est un grand collectionneur, entre autres des objets de Noël. Crédit image : TimminsToday /photographe Dariya Baiguzhiyeva.
Comment êtes-vous devenu directeur de la francophonie de Timmins?
À l’époque, les gens qui voulaient se lancer comme membre dans le conseil d’administration de l’Alliance, ça ne courait pas les rues. C’est pour ça que j’ai pu y rentrer dès mon arrivée à Timmins. En 30 ans de travail à l’Alliance, on a rarement eu un conseil complet, même si j’ai fait beaucoup de tordage de bras. Mon entrée a été accidentelle. J’ai montré un intérêt et pouf! j’étais au conseil, puis très rapidement à la vice-présidence et ensuite à la direction générale.
L’ACFO (Alliance culturelle francophone de l’Ontario) est devenue l’Alliance de la francophonie de Timmins sous votre leadership en 2006. Pourquoi avoir changé de nom?
C’était la même année que l’ACFO provinciale disparaissait. Comment pouvait-on rester l’ACFO Timmins quand il n’y a plus d’ACFO provinciale? Je trouvais qu’il y avait une déconnexion. On devait chercher un nom plus rassembleur et plus local. Ça a été toute une discussion parce qu’à l’époque il y avait l’Alliance conservatrice que les gens détestaient, mais j’ai dû expliquer que nous on faisait pas de politique. C’est pour ça que je trouvais que l’Alliance était un nom qui pourrait limiter les divisions qui existaient à l’époque entre les différents organismes et inciter les bénévoles à venir s’impliquer. Au début, ça a marché, mais aujourd’hui tout le monde a de la misère à se trouver des bénévoles.
Vous étiez aussi travailleur social pendant très longtemps. Qu’en retenez-vous?
Oui, j’ai été technicien en service social pendant 23 ans. C’était une expérience incroyable, j’ai énormément appris, sur moi-même, sur les communautés. Je travaillais pour un bon conseil scolaire, c’était des années qui m’ont beaucoup apporté. L’an dernier, j’ai pris la décision que c’était le temps de partir. J’avais plus le plaisir de faire la job et c’est quand même une job qui n’est pas facile!
Le Nord se vide de ses jeunes, et des mairies et conseils ont vu un nombre record de candidats élus par acclamation faute de candidature. Comment ça se manifeste à Timmins?
Oui, absolument! À Timmins, je pense qu’on a encore perdu mille personnes. On est sous les 42 000. La population francophone a baissé. C qui maintient l’économie de la ville, c’est l’arrivée des Indiens de l’est, des élèves de l’Inde. On a un gros problème de pénurie de main-d’œuvre. Quasiment tous les commerces se cherchent des employés. On a de grosses difficultés au niveau de l’économie francophone puis pas parce qu’on est pas productifs, mais parce qu’on a personne de disponible. Alors on perd nos jeunes. Souvent la raison pour laquelle ils partent et ne reviennent pas est liée à la culture, la possibilité de faire ci, de faire ça. Mais la chose qu’il faut voir qu’il faut expliquer c’est qu’on a plein de choses à Timmins. Il faut aussi pouvoir leur offrir des incitatifs, et ça, c’est le rôle des gouvernements.
Selon vous, quelle est la solution pour dynamiser le Nord?
C’est l’immigration. Je l’ai souvent dit, mais la communauté francophone de l’Ontario sera préservée par l’immigration francophone, particulièrement celle qui vient du Nord de l’Afrique. L’économie de Timmins sera sauvée, mais par l’immigration générale. Et je pense que c’est possible d’aller chercher des talents. C’est vraiment ça le rôle de la communauté francophone. On a besoin de sang jeune. C’est pour ça que je veux laisser la place à la relève pour l’Alliance.
On sent que vous en parlez avec conviction. Est-ce que c’est ça qui vous a poussé à vous présenter pour la première fois comme conseiller pour les élections municipales?
Oui et ce que les gens ne comprennent pas c’est que la politique municipale est la politique qui affecte le plus la vie des gens. Puis, il y a des difficultés à Timmins présentement et je ne vois pas les solutions. Le monde chiale, mais les solutions ne sont pas là. Je n’ai pas de baguette magique, mais je pense qu’on doit regarder en face la situation de Timmins au niveau économique. On commence à avoir beaucoup de sans-abri à Timmins. On a des maisons abandonnées, des poubelles sales dans les rues. Je veux pouvoir travailler avec les autres conseillers et qu’on fasse quelque chose pour vrai.
Et avez-vous d’autres ambitions, puisque vous êtes visiblement très polyvalent?
Je suis un maniaque de l’Histoire, particulièrement celle de la Seconde Guerre mondiale. C’est certain que dans mes vieux jours, je voudrai aller chercher une maîtrise parce qu’on en parle de moins en moins. Au mois de novembre, je vais chercher mes licences de camionneur. Je veux faire ça depuis l’âge de 18 ans. À 53 ans, je ne suis dis que c’était le temps! Une autre chose que je veux absolument faire : visiter les cimetières de guerre canadiens, remercier ces gens-là qui ont fait du Canada ce qu’il est aujourd’hui. »
Chaque samedi, ONFR+ propose une chronique sur l’actualité et la culture franco-ontarienne. Cette semaine, place à la littérature avec l’autrice Monia Mazigh.
[CHRONIQUE]
Lors de ma visite au salon du livre de Sudbury, le mois de mai dernier, j’ai eu la chance d’écouter Marie-Thé Morin lire son Nouveau conte sudburois à haute voix dans la grande salle de la Place des Arts. Je me rappelle avoir beaucoup ri. Et pourtant, son conte parlait de mort et de morts. Peut-on vraiment rire de la mort et des morts? Ou alors faut-il poser la question : qu’est-ce vraiment la mort?
Marie-Thé Morin, romancière, autrice dramatique et certainement conteuse talentueuse se penche sur ce thème effarant pour certains ou tabou pour d’autres avec beaucoup d’humour et d’imagination. Elle nous raconte l’histoire d’une personne « vivante » qui a cette capacité de « voir » le monde des morts.
Son imagination fertile nous emmène dans une aventure où certains vivants, dotés d’un pouvoir surnaturel, l’est-il vraiment, ont le droit de « regard » sur les morts. Et la rencontre des deux mondes est hilarante, du moins pour moi, l’auditrice.
En cinéma et en littérature, la rencontre entre le monde des vivants et celui des morts est souvent objet d’histoires d’horreur avec bien sûr des exceptions où le surnaturel ou la magie prend le dessus. Assise dans notre salon ou blottie dans notre siège de cinéma, on se sent souvent soulagée de savoir qu’il n’y a ni esprit, ni médium, ni fantôme qui rôde près de nous, pour nous chatouiller les orteils ou le derrière de la nuque. Quelle fut ma surprise de voir que la vie et la mort ne sont pas de nouveaux thèmes pour Morin puisque, même dans son roman Errances publié en 2021, l’autrice nous plonge dans ces deux mondes ou plutôt nous maintient en haleine ne sachant dans lequel des deux mondes les personnages sont issus.
À bien y penser, comment peut-on parler de mort aujourd’hui dans un monde qui a éloigné physiquement et moralement tout ce qui nous rappelle la mort. Pourtant la mort vie parmi nous à chaque instant, à chaque inspiration qui ne se termine pas en expiration. Face à la mort, nous sommes désemparés, démunis, nous n’avons pas les bons mots, ni ne connaissons les gestes appropriés, ni les histoires à raconter. Nous sommes plus vulnérables que jamais. Il faut juste se rappeler que la pandémie vit bel et bien parmi nous.
Il y a quelques jours, en consultant une ancienne carte de la vieille Médina de Tunis, ma fille et moi avons observé combien le grand cimetière El Jellaz était aux abords de l’ancienne ville. Comme quoi les morts côtoient les vivants, pas dans leurs ruelles ou dans leurs magasins mais en les saluant à chaque entrée ou chaque sortie de la ville. Une façon intelligente de dire que nous sommes toujours là et que si vous nous oubliez, on vous le rappellera par notre présence quotidienne.
Aujourd’hui, ce cimetière devenu incapable de recevoir tous les morts en dépit de ses agrandissements successifs faits en grugeant dans les collines avoisinantes et en coupant les eucalyptus centenaires, est devenu trop éloigné des banlieues qui s’étalent à perte de vue comme une nappe de pétrole dans la mer. L’ancienne ville est devenue un point minuscule, la nouvelle ville s’est étirée dans toutes les directions pour chercher plus d’espaces mais aussi une manière de fuir la vision funèbre et macabre de ce cimetière et de regarder vers les belles tours à bureaux ou les somptueux cafés bâtis sur les rives artificielles du lac de Tunis.
La mort est mise de côté, on ne pense qu’à la vie et au bonheur qu’on croit y gouter. Et pourtant dans Errances, Morin est capable de créer des lieux de rencontres entre ces deux mondes qui s’épient. La création de personnages qui naviguent entre ces deux mondes est géniale, pour ne pas dire brillante. L’humour peut servir de véhicule mais aussi l’imaginaire, les histoires et les mots.
Dans la tradition musulmane, il y a un mot pour cette phase « transitoire » ou ce « passage » qui relie les deux mondes. C’est un mot un peu bizarre, d’origine persane, et franchement difficile à prononcer. Barzakh, qui littéralement veut dire barrière, partition ou obstacle, est ce lieu de passage. Un lieu de séparation entre l’ici et l’Au-delà. Un lieu où les esprits une fois séparés de leur corps peuvent avoir une autre vie en attendant celle de l’Au-delà.
Et ce n’est pas pour rien que parfois dans nos rêves, nous revoyons des personnes chères que nous avons perdues. Selon cette vision religieuse, nos esprits qui s’échappent de nos corps, lors de notre sommeil, se retrouvent avec ceux qui sont déjà morts et « vivent » dans ce passage appelé Barzakh.
J’ai presque envie de dire que certains personnages de Morin sont directement sortis du Barzakh et que dans leurs quêtes ou aventures, ils essaient de nous faire comprendre, nous les humains en chair et en os, des choses qui nous échappent ou que nous nous entêtons à comprendre de travers comme par exemple le sens de la vie et bien sûr celui de la mort.
Dans Errances, les personnages de l’autrice se cherchent aussi bien dans la vie que dans la mort. Leur voyage, au sens propre et figuré est crucial. Nous voyageons tous d’un endroit à un autre pour apprendre, pour voir ceux qu’on aime mais aussi nous avons besoin de « voyage » pour comprendre, pour évoluer et pour apprécier ce que nous vivons.
Le voyage n’est-il pas une petite mort. Quelqu’un n’avait pas justement dit « partir, c’est mourir un peu » et pourtant nous persistons à aseptiser nos vies de la présence de la mort dont nous avons tous peur mais dont nous devons apprivoiser comme l’a fait Morin dans ses Nouveaux contes sudburois ou alors inventer une manière de réconcilier la vie avec la mort comme elle le fait dans Errances.
Heureusement que nous avons la littérature pour nous explorer ces thèmes sans peur ni tabou. Certes parfois la frousse prend le dessus mais jamais devrions-nous laisser tomber la mort et les morts. Sans la mort, la vie ne serait jamais ce qu’elle est.
Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leurs auteur(e)s et ne sauraient refléter la position d’ONFR+ et du Groupe Média TFO.
HEARST – C’est soir de célébration dans le Nord, où la communauté franco-ontarienne s’est donné rendez-vous à Hearst afin de célébrer la récente autonomie complète de l’Université de Hearst. L’occasion rêvée de dévoiler la nouvelle identité visuelle de l’établissement qui souhaite faire peau neuve.
« Finalement, avec le recul, ce rêve n’était pas si fou que ça! Ce rêve était en fait tout autant un besoin, une aspiration de toute une région à se donner les outils pour assurer son avenir. »
C’est ce qu’a déclaré le recteur Luc Bussières dans son allocution vendredi en fin d’après-midi à l’Université de Hearst faisant référence au rêve fou que représentait l’établissement à ses débuts.
Il en a profité pour rappeler dans son discours que l’université fêtera ses 70 ans d’existence en 2023, et que l’université a enregistré un bond important de 174 % d’augmentation du nombre d’inscriptions depuis 2014, permis en très grande partie par les étudiants internationaux.
« Encore une fois, l’air de rien, l’Université de Hearst est devenue pour le Nord de l’Ontario le meilleur véhicule pour faire la démonstration qu’il est tout à fait possible d’attirer, d’accueillir et d’intégrer une immigration francophone internationale qui vient renforcer nos communautés, notre économie et participer à la diversité et à la solidarité culturelles qui constituent, selon moi, l’avenir de notre planète! »
Année charnière où l’université obtient du gouvernement ontarien le droit de signer sa propre entente de mandat stratégique, une première, et opère un virage dans ses méthodes d’enseignement.
« Pas si mal pour la petite université nordique sympathique! » s’exclame-t-il.
Daniel Giroux, Luc Bussières, Serge Miville et Pierre Ouellette ont célébré ensemble l’autonomie de l’Université de Hearst. Crédit image : Martine Laberge.
Les ministres absentes
Près de 200 personnes étaient présentes à la soirée événement qui a marqué le début d’une nouvelle ère à l’Université de Hearst qui a obtenu son autonomie complète le vendredi 1er avril dernier.
Parmi elles, Pierre Ouellette, recteur de l’Université de l’Ontario français (et ancien recteur de l’Université de Hearst), Serge Miville, recteur de l’Université de Sudbury et Daniel Giroux, président du Collège Boréal entre autres.
« Vous étiez la première université francophone et vous nous avez inspirés! » – Caroline Mulroney
Jill Dunlop, ministre des Collèges et des Universités, et Caroline Mulroney, ministre des Affaires francophones, avaient prévu venir aux célébrations, mais ont du annuler leur présence en raison de la période de deuil dans laquelle se trouve le gouvernement ontarien à la suite du décès de la reine Élizabeth II le 8 septembre dernier.
Celles-ci ont néanmoins tenu à envoyer chacune une vidéo qui a été projetée durant la période d’allocution.
« Vous étiez la première université francophone et vous nous avez inspirés! » pouvait-on entendre dans la vidéo de la Mme Mulroney.
Celle-ci a également tenu à souligner le centenaire de la ville, souhaiter en avance une bonne Journée des Franco-Ontariens et salué la clientèle internationale de l’institution : « Nous comptons sur ces jeunes en provenance de 25 pays, de la francophonie internationale, pour contribuer à l’essor économique de la ville de Hearst. »
Ailleurs sur le banc des absents, le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, Carol Jolin, qui a vu son vol annulé l’empêchant de se rendre à l’événement. Un regret qu’il a pu exprimer, lui aussi, dans une vidéo projetée au moment des messages.
Une nouvelle identité visuelle
Après un réseautage et des allocutions d’ouverture, les invités ont pu remonter dans le temps grâce à une présentation de la genèse de celle qui fut la première université ontarienne désignée sous la Loi sur les services en français en juillet 2013.
Puis, un aperçu de l’avenir avec le moment tant attendu du dévoilement officiel de la nouvelle identité visuelle de l’université qui a droit à un nouveau slogan, logo, et de nouvelles couleurs.
« Repenser son univers », voilà le slogan choisi pour l’établissement qui en dit long sur la volonté d’ouverture sur le monde que souhaite incarner l’établissement dont la clientèle est majoritairement internationale.
Pour le logo, un choix sobre et épuré avec la lettre H en trois couleurs : vert, bleu et jaune. Le H est tracé avec un espace placé en haut, au niveau de la barre de droite de manière à y voir une silhouette tenant un livre, non sans faire allusion à un étudiant.
La rentrée a eu lieu en présentiel pour la première fois depuis la pandémie le 29 août dernier sur les bancs de l’université qui offre également un nouveau et le premier programme de deuxième cycle, un diplôme d’études supérieures en psychothérapie (DÉSP) et à distance.
Les membres de la communauté franco-ontarienne du Nord se sont rendus en grand nombre à Hearst. Crédit image : Martine Laberge.
Un long combat
Après des années de discussions, l’Assemblée législative ontarienne a accordé une charte autonome de l’Université de Hearst le 3 juin 2021, juste après les coupures de programmes survenues à l’Université Laurentienne à Sudbury, marquant une crise sans précédent dans le nord de la province.
Une autonomie surtout financière pour l’établissement qui « entre dans l’âge adulte » selon les mots du recteur, et qui lance un message d’espoir pour l’Université de Sudbury dont plusieurs membres de la communauté du Nord demandent également l’autonomie depuis plusieurs mois.
L’ancienne présidente de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) et véritable pionnière du monde de l’éducation en français en Ontario Mariette Carrier-Fraser est décédée jeudi, à l’âge de 78 ans.
Née à Hearst, elle a travaillé pendant plus de 36 ans au sein du système d’éducation de l’Ontario. Elle a commencé sa carrière comme enseignante en 1961 à Hearst à l’âge de 18 ans. Pendant 14 ans (1983-1997), elle a été sous-ministre adjointe à l’éducation en langue française au ministère de l’Éducation. On lui doit notamment la création du Collège Boréal, du Collège des Grands Lacs, mais surtout celle des 12 conseils scolaires de langue française en Ontario.
En entrevue avec ONFR+ dans la foulée des compressions du gouvernement Ford en 2018, elle se disait fière de voir l’allure des conseils scolaires de langue française dans la province.
« Ils sont de plus en plus solides! Si on regarde les résultats des tests provinciaux, nos jeunes dans les écoles francophones se portent bien. Il y a des choses qui ont peut-être besoin d’être améliorées, comme la coopération inter-conseils. Nous sommes trop petits, il faut une compétition, mais saine, pour mieux coopérer. Entre les publics et les catholiques, pourquoi ne pas mieux partager les ressources, ça ne nuirait à personne et profiterait aux élèves. »
Mariette Carrier-Fraser, ancienne présidente de l’AFO. Archives ONFR+
Dans une autre entrevue en mai 2017, elle expliquait que c’est son déménagement dans le Sud de la province qui l’a conduite à se battre pour l’éducation de langue française.
« Je suis originaire de Hearst et là-bas, je tenais pour acquis qu’en Ontario tout le monde parlait français. Quand je suis arrivée dans le Sud de la province, je me suis rendu compte que les francophones n’avaient aucun droit. J’ai alors travaillé en anglais, mais rapidement j’ai réalisé que je commençais à perdre ma propre langue maternelle. Je me suis dit : « Mes deux filles ne passeront pas leur vie sans avoir une éducation de langue française! » Et c’est de là qu’est parti mon engagement. »
Elle faisait ces commentaires alors qu’elle venait de recevoir l’Ordre du Canada, honneur qui lui avait été décerné pour sa contribution à la francophonie au cours de sa carrière.
L’ancienne présidente de l’AFO, Mariette Carrier-Fraser avec l’ancien gouverneur général du Canada, David Johnson. Archives ONFR+
Dans les dernières années, elle s’est notamment impliquée dans l’accès aux soins de santé en français en Ontario. Présidente du Conseil consultatif des services de santé en français du ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l’Ontario, elle a aussi siégé au conseil d’administration de l’Hôpital Montfort en plus d’être membre de celui du Centre psychosocial d’Ottawa.
En 2015, le gouvernement lui a décerné le Prix de la francophonie de l’Ontario.
À la tête de l’AFO
En 2006, quelques années après avoir pris sa retraite en 1997, elle devient la première présidente de l’AFO, rôle qu’elle occupera pendant quatre ans.
« Au nom de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, je tiens à offrir mes sincères condoléances à la famille et aux proches de Mariette Carrier-Fraser », a réagi le président Carol Jolin. « Sa longue feuille de route a amené une crédibilité automatique à l’AFO. C’est une lourde perte pour notre communauté. Son impact sur la communauté franco-ontarienne va continuer à se faire sentir pour plusieurs années à venir. Si nous sommes toujours là et toujours fort, c’est à cause de gens comme Mariette. »
Autres réactions
La ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney a salué une « figure de proue de la communauté franco-ontarienne. Que son dévouement soit une source d’inspiration pour les générations présentes et à venir ».
« Une grande dame nous a quittés », s’est exprimée Ginette Petitpas Taylor, ministre des Langues officielles. « Mariette Carrier-Fraser a fortement contribué au rayonnement de la communauté franco-ontarienne. Elle était une force rassembleuse qui a grandement fait progresser l’éducation en français dans la province. »
La Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) a rendu hommage à celle qui siégeait au sein de son organisation alors qu’elle était à la tête de l’AFO. « La francophonie canadienne perd une voix de sagesse et d’expérience. »
« Une grande dame de l’Ontario français qui a lutté toute sa vie pour une éducation de qualité en français nous a quittés », a souligné de son côté le Collège Boréal.
L’Hôpital Montfort est en deuil a commenté son président Bernard Leduc. « Sa bonne humeur et sa détermination vont me manquer. La Francophonie ontarienne perd un de ses piliers », a-t-il écrit dans un message sur Twitter.
« Merci Mme Carrier-Fraser pour votre engagement exemplaire », a réagi pour sa part Anne Vinet-Roy, présidente de l’Association des enseignantes et enseignants franco-ontarien (AEFO), qualifiant la militante franco-ontarienne de « femme de cœur et visionnaire, (qui) aura consacré sa vie dans le domaine de l’éducation et y aura laissé un leg important ».
Cet article a été mis à jour le vendredi 16 septembre à 8h30.
À l’approche du jour des Franco-Ontariens, les événements culturels dans la province se suivent, mais ne se ressemblent pas. De la Francophonie en fête et ses 31 concerts, au Salon du livre de l’Est ontarien qui écrit sa première page, en passant par le French Fest et sa formule d’un spectacle par jour, il y en a pour tous les goûts. Petit avant-goût.
Musique
Toronto
31 concerts gratuits offerts par le festival Francophonie en fête
L’organisme à but non lucratif, Francophonie en fête est de retour cette année avec un programme chargé. Pas moins de 31 concerts gratuits sont au menu de cette 17e édition, et ce durant les quatre premiers jours seulement (du 15 au 18 septembre).
En effet, la programmation est scindée en deux. Une partie des événements se déroule en extérieur et une autre en salle. Il s’agit pour cette dernière de deux spectacles, le premier est de l’auteur, compositeur et interprète, Luc De Larochelière qui jouera le 24 septembre à 20h00 au Gould Studio 250 Front St W. Cette performance sera axée sur le 30e anniversaire de son album, « Sauver mon âme ».
La seconde interprétation sera signée Louis-Jean Cormier, auteur, compositeur et interprète également, et se déroulera au Paradise Theatre 1006 Bloor St W le vendredi 7 octobre à 20h00.
Quant au 25 septembre qui, pour rappel, est le jour officiel des Franco-Ontariens, les organisateurs ont jeté leur dévolu sur le toit du Carrot Common Green Roof, au 348 Danforth Ave pour marquer l’occasion et où les participants pourront faire ripaille tout en assistant à une scène de spectacles. Reste à croiser les doigts pour que le soleil soit lui aussi au rendez-vous.
Source : Francophonie en fête
Du 15 septembre au 7 octobre en extérieur et en salle. Les concerts sont gratuits. Les spectacles en salle sont payants. Possibilité d’acheter les billets en ligne. Billets et informations disponibles sur le site de Francophonie en fête.
Littérature
Limoges
Le salon du livre de l’Est ontarien fait ses débuts
C’est un livre aux pages vierges qui s’ouvre pour le Salon de l’Est ontarien qui aura lieu le samedi 17 septembre à Limoges.
Pour une première édition, les deux autrices et organisatrices franco-ontariennes de Limoges, Valérie Saad et Marie-Claude Dubé ont visé haut. En effet, ce sont 43 autrices et auteurs dont 15 Franco-Ontariens qui ont répondu présent à leur appel.
La caractéristique de ce Salon repose sur le fait qu’il soit dédié aux auteurs indépendants, c’est-à-dire à ceux qui font la promotion de leurs livres par leurs propres moyens. Les visiteurs pourront, à titre gracieux, aller à leur rencontre pour une dédicace et/ou une petite causerie.
Petite conciergerie : les 250 premiers visiteurs auront droit à un sac gratuit.
Marie-Claude Dubé, autrice et co-organisatrice du Salon. Gracieuseté
Le samedi 17 septembre de 10h00 à 16h00 à la salle communautaire de Limoges, soit au 205 rue Limoges. Entrée gratuite. Possibilité d’acheter des livres in situ. Plus de détails sur la page Facebook du Salon.
Arts et spectacles
Sudbury
French Fest, à chaque jour suffit son spectacle!
Un spectacle par jour, c’est la formule qu’ont choisie les organisateurs du festival French Fest qui se déroulera du 22 au 25 septembreà la toute nouvelle Place des Arts du Grand Sudbury.
C’est la chanteuse du nord-est de l’Ontario, Mimi O’Bonsawin qui ouvrira le bal le jeudi 22 septembre à 19h. Elle sera suivie le vendredi à 19h par la musicienne Malika Tirolien –déjà nominée aux Grammy Awards- et le samedi à 20h par le groupe Danse Lhasa Danse.
Quant à savoir qui ferme le bal, ce n’est nul autre que le chanteur, comédien et animateur radio, Stef Paquette. Celui-ci sera accompagné de huit musiciens du Sudbury Symphony Orchestra et du chef d’orchestre, Joshua Woods.
En marge de ces événements, d’autres activités et « surprises » jalousement gardées sont également au programme. Elles seront annoncées progressivement d’ici le 22 septembre. Restez donc à l’écoute.
Source : French Fest
Du 22 au 25 septembre à la nouvelle Place des Arts du Grand Sudbury. Possibilité d’acquérir les billets en ligne. Billets et informations disponibles sur le site de la Slague.
Littérature
Depuis son canapé
L’AAOF croise les mots avec Elena Martinez
L’événement « Croisée des mots » organisé régulièrement par L’Association des auteures et auteurs de l’Ontario français (AAOF) est de retour pour la saison 2022/2023.
Pour cette première rencontre littéraire qui se déroule le mardi 20 septembre à 19h, c’est l’autrice jeunesse et poète, Elena Martinez qui s’y colle, au micro de l’animateur Hugues Beaudoin-Dumouchel.
À l’ordre du jour, séance de lecture, entrevue et discussion ouverte entre le public et l’autrice à propos de son univers, son processus d’écriture et ce qui l’anime. Et tout cela depuis votre salon, puisque l’événement demeure en mode virtuel.
Source : AAOF
Le mardi 20 septembre à 19h en mode virtuel. L’accès est gratuit. Plus de détails sur la page Facebook de l’AAOF.
OTTAWA – Les membres de l’Association des communautés francophones d’Ottawa (ACFO) ont porté Éric Barrette à sa présidence, mercredi soir, lors de 53e assemblée générale annuelle de l’organisme.
Titulaire d’une maîtrise en gestion de l’environnement et de la biodiversité intégrée à la gestion des territoires et d’un Baccalauréat en Sciences sociales spécialisé en développement international et mondialisation, M. Barrette occupait jusqu’ici la fonction de trésorier au sein de l’ACFO Ottawa.
Actuellement gestionnaire de l’animation culturelle au Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO), il a auparavant été agent d’animation culturelle à l’école secondaire publique De La Salle, et conseiller au développement local et écoresponsable pour le Centre local de développement des Collines-de-l’Outaouais.
Il produit et anime le balado Assis Devant, sur l’histoire de l’Ontario.
M. Barrette succède à Soukaina Boutiyeb, élue en 2017, puis réélue en 2020. La présidente sortante est revenue sur une année charnière marquée par des changements internes, notamment l’arrivée d’un nouveau directeur général, Louis-Alexandre Pen, ainsi que la poursuite du programme Ottawa bilingue, qui a pour objectif de renforcer le caractère bilingue d’Ottawa.
« L’année dernière, grâce au renouvellement à Ottawa bilingue, nous avons réussi à subventionner 38 nouveaux projets d’activation et de propulsion qui visent 39 % de la population ottavienne soit 555 000 personnes », a-t-elle souligné dans son bilan d’activité.
« Cette année également, nous sommes heureux d’avoir pu bénéficier du renouvellement du programme Ottawa bilingue par Patrimoine canadien une fois de plus, avec un financement à hauteur de 480 000 $ qui permettra de réunir près de 42 298 personnes, participant à 505 activités organisées dans la capitale nationale entre juillet et décembre 2022. »
L’ACFO Ottawa a par ailleurs lancé plusieurs initiatives, dont une série d’ateliers en mode et design depuis l’été dernier et un concours TikTok en partenariat avec Le Réveil, débuté ce mois-ci. Un projet de podcast intergénérationnel est par ailleurs sur les rails.
TORONTO – Treize , c’est le nombre d’établissements culinaires qui ont été couronnés par le fameuxGuide Michelin pour sa première exploration à Toronto et au Canada. Parmi les heureux lauréats, il y a un Franco-Torontois, Christopher Sealy, sommelier de profession.
« Tout le monde passe un bon moment à l’Alo bien-aimé du chef Patrick Kriss. Vous pouvez le ressentir au bar animé, où les clients sans rendez-vous sont traités comme des VIP par des serveurs sympathiques. Baignant dans la lumière de la cuisine ouverte, la salle à manger confortable voit tout autant d’excitation, et la talentueuse équipe de boissons propose des suggestions parfaites de la carte des vins bien choisie. »
Voilà, en partie, ce que l’on peut lire désormais sur le site du Guide Michelin à propos du restaurant torontois, Alo. Et pour cause, l’établissement gastronomique vient de décrocher une étoile Michelin pour le prix du meilleur sommelier de l’année lors de la cérémonie qui s’est déroulée à Evergreen Brick Works mardi soir à Toronto. Le sommelier en question n’est autre que le Franco-Ontarien, Christopher Sealy.
Photo de groupe des lauréats du Guide Michelin 2022. Source : compte YouTuble du Guide Michelincompte YouTuble du Guide Michelin
Il ne s’y attendait pas du tout
Quoi de plus naturel pour un sommelier que de monter en scène pour recevoir son prix avec une bouteille de vin blanc à la main! En effet, lorsque le directeur international des Guides Michelin, Gwendal Poullennec qui s’est déplacé en personne pour l’occasion a annoncé le nom du vainqueur, c’est un Christopher tout sourire, bob vissé sur la tête et bouteille et verre de vin à la main qui s’est présenté, à la fois surpris et ému.
« Je suis désolé, mais je ne m’attendais pas à ça. Merci beaucoup », a-t-il balbutié en français.
Un restaurant torontois rafle deux étoiles
En tout, ce sont 12 établissements qui se sont vus décerner l’étoile la plus convoitée de la scène culinaire mondiale.
Toutefois, le grand gagnant de la soirée fut le chef Masaki Saito et son restaurant éponyme ayant pignon sur rue dans le quartier Yorkville à la Ville reine. L’établissement est, dorénavant, le seul en Ontario et au Canada à arborer deux étoiles Michelin sur son tablier.
Le chef Masaki Saito arborant ses deux étoiles. Source : compte YouTuble du Guide Michelin
Voilà qui risque d’allonger la liste d’attente des réservations, et ce malgré un prix moyen des repas qui oscille actuellement autour de 700 dollars par personne.
Il est à noter que sur les 13 primés, 40 % sont spécialisés dans la gastronomie japonaise.
L’arrivée du guide Michelin appréciée
L’irruption du guide Michelin dans le paysage culinaire de la Ville reine est loin d’être passée inaperçue par les restaurateurs, étoilés ou pas. Plus que cela, il est salué par les acteurs du secteur, à l’image de Pascal Geffroy, propriétaire du bistrot Batifole dans l’Est torontois.
« L’arrivée du Guide Michelin vient combler un manque en matière de notation des restaurants. Jusqu’ici, les clients allaient sur Google et sélectionnaient leur restaurant en fonction de notes et de commentaires aléatoires. Maintenant, les gens vont prendre la référence du Michelin. Il y avait un vide total en Ontario, mais aussi dans tout le Canada », exalte celui-ci.
Pascal Geffroy, propriétaire du bistrot Batifole, dans l’Est de la ville. Archives ONFR+
Le restaurateur estime que le client à tout à y gagner. Il ne croit pas que ces récompenses pousseront les vainqueurs à augmenter leur prix mais les inciteront par contre à garder un standard élevé dans la qualité. « Une étoile c’est la récompense de ce que tu es en train de faire, avec tes prix actuels, donc j’espère que les prix ne vont pas augmenter » dans ces établissements.
« Ça va les encourager en revanche à être constant dans la qualité des produits et des services, car l’étoile est acquise pour la première année, mais la suivante on peut la perdre », prévient-il.
C’est pour cette raison qu’il est de coutume de dire dans le jargon gastronomique qu’il est plus difficile de préserver l’étoile Michelin que de la gagner.
SUDBURY –Une nouvelle étape importante de l’histoire vient d’être franchie à la Laurentienne qui tourne une page douloureuse de son histoire, quelques semaines après que le recteur Robert Hâché ait annoncé son départ de l’établissement.Lors d’une réunion virtuelle à huis clos, les créanciers de l’établissementont voté majoritairement en faveur du plan d’arrangement visant à la sortir de son insolvabilité.
« Aujourd’hui, c’est le début d’un nouveau chapitre pour l’Université Laurentienne », a déclaré Fabrice Colin, président de l’Association des professeures et professeurs de l’Université Laurentienne (APPUL) dans un communiqué.
Les créanciers présents lors de la réunion virtuelle ce mercredi matin ont, en effet, adopté le plan d’arrangement en vertu de la Loi sur les arrangements avec les créanciers de compagnies (LACC) d’après un communiqué transmis par l’établissement aux alentours de midi.
Pour que le plan puisse être adopté, il devait recevoir une majorité de votes favorables de la part des créanciers présents et représentant au moins deux tiers de la somme totale que leur doit collectivement l’Université Laurentienne.
Cependant, selon des données fournies par l’APPUL, le plan a bien failli ne pas être approuvé car bien que 87 % des votants aient appuyé le plan, soit 522 créanciers au total, ceux-ci ne représentaient que 68,9 % de la somme due Le seuil était, effectivement, fixé à 66,7 % soit seulement 2,2 % de plus que celui demandé pour éviter le rejet du plan.
« Même s’il y a encore du travail à faire, cette grande étape envoie un solide message à la population étudiante actuelle et future, à notre personnel et à notre corps professoral dévoués, à tous les membres de la communauté de la Laurentienne et à la population du Nord. Nous sommes persuadés que nous émergerons prochainement de la restructuration plus forts que jamais et avec un regain d’optimisme », indique de son côté Jeff Bangs, président du Conseil des gouverneurs de l’Université Laurentienne.
« Nous pouvons enfin commencer le travail de restauration de l’intégrité de notre université ainsi que des programmes et des emplois supprimés à cause d’une mauvaise gestion et d’un gouvernement provincial irresponsable », ajoute quant à lui Fabrice Colin.
La nouvelle de l’approbation du Plan de restructuration intervient à quelques jours de la rentrée à l’Université Laurentienne. Crédit image : Inès Rebei.
Des avancées récentes dans le dossier
Selon le plan adopté, les créanciers non garantis recevront entre 14 et 24 cents pour chaque dollar qui leur est dû. L’établissement accumule une dette totale avoisinant les 360 millions de dollars.
Celui-ci avait été approuvé par l’APPUL et le Syndicat des employés de l’Université Laurentienne (SEUL) qui avaient incité leurs membres à voter en sa faveur.
Quelques jours plus tôt, le 9 septembre dernier, la Laurentienne avait déposé une modification du plan d’arrangement auprès de la Cour supérieure de justice de l’Ontario après avoir reçu une mise à jour de la province.
Le gouvernement ontarien a, en effet, avancé pouvoir finalement acheter les biens immobiliers rattachés à l’Université Laurentienne au cours des trois prochaines années suivant la mise en exécution du plan au lieu des quatre ans prévus initialement.
Cette vente plus rapide de ses biens permettrait à l’Université Laurentienne de rembourser plus rapidement ses créanciers.
Au total, la province aura investi 35 millions de dollars dans la prise en charge du prêt d’insolvabilité et offert de participer à hauteur de 53,5 millions de dollars pour l’achat des actifs de l’établissement pour appuyer le plan d’arrangement.
Une nouvelle qui avait alors reçu un bon accueil auprès de la communauté et qui a probablement joué dans le processus de vote des créanciers.
Vers une sortie de crise en octobre
Un vote défavorable aurait eu des conséquences désastreuses pour la communauté qui aurait vu l’établissement fermer ses portes et ses actifs vendus, ou transférés à une autre université, mettant ainsi en péril l’avenir de milliers d’étudiants.
En rappel, l’université avait coupé dans 72 programmes, dont 29 programmes en français, tous cycles confondus, en avril 2021. Même s’ils étaient moindres, les coupes concernant les programmes en français étaient proportionnellement plus élevées que chez les anglophones.
La prochaine étape aura lieu le 5 octobre prochain alors que l’Université demandera alors à la Cour supérieure d’approuver le plan, marquant ainsi la fin officielle de la procédure de la LACC.
D’anciens professeurs loin d’être satisfaits
« Une partie de moi est soulagée que c’est fini, mais il reste que c’est un processus horrible, qui n’aurait jamais dû avoir lieu », soupire Joel Béliveau, professeur émérite de l’Université Laurentienne.
Celui qui fait partie de la trentaine de professeurs francophones licenciés lors de la coupe des programmes en avril 2021, s’est prononcé contre le plan lors du vote d’aujourd’hui, sans céder aux pressions du syndicat confie-t-il.
Avec un remboursement à hauteur de 14 % à 24 %, le plan proposé selon lui n’est pas très alléchant pour les créanciers de l’établissement.
Joel Belliveau, professeur émérite du département d’histoire de l’Université Laurentienne. Crédit image : Université Laurentienne.
Aurélie Lacassagne, autre professeure émérite licenciée de l’établissement ne mâche pas ses mots. Ayant également voté contre, celle-ci pense que le rôle qu’a joué la province n’a pas été suffisant.
Selon elle, un vote de rejet aurait contraint les parties prenantes de retourner à la table des négociations, notamment le gouvernement ontarien qui aurait eu à mettre plus d’argent sur la table.
« Les 50 millions qu’a proposés la province, c’est très loin de compenser la responsabilité de la province dans ce fiasco et dans la mauvaise gestion de l’université depuis 15 ans », somme-t-elle avant de rappeler que plusieurs fonctionnaires du gouvernement siègent sur le Conseil des gouverneurs de l’établissement.
Le dossier de l’Université de Sudbury
Du côté de l’Assemblée de la francophone de l’Ontario (AFO), le président Carol Jolin pense qu’il s’agit d’une bonne nouvelle pour l’établissement, mais que cela doit pouvoir permettre de se concentrer désormais sur le dossier de l’Université de Sudbury.
« Sudbury a besoin d’une Laurentian University qui est forte de sa programmation en anglais et une Université de Sudbury qui est forte pour sa programmation en Français », confie-t-il. Selon lui, il est temps que l’Université Laurentienne réponde aux appels de la communauté à collaborer avec l’Université de Sudbury pour le bien du développement de la région.
Le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, Carol Jolin. Crédit image : Inès Rebei.
Il en profite pour rappeler que l’Université de Sudbury a déposé, il y a trois semaines, auprès de la Commission la documentation visant à démontrer sa capacité à fournir une programmation universitaire et que des recommandations à ce sujet seraient imminentes.
« Moi je suis optimiste, parce que l’Université de Sudbury s’est toujours bien administrée et c’est probablement celle qui est la mieux gérée dans tout le Moyen-Nord donc j’ai hâte de voir, mais la nouvelle d’aujourd’hui va enfin permettre d’avancer dans ces dossiers-là », conclut-il.
TORONTO – La 17e édition de Francophonie en fête, qui débute ce jeudi, réserve au public plus de 30 concerts avec en point d’orgue une brochette de spectacles le 25 septembre, Jour des Franco-Ontariens.
Le festival torontois, qui a quitté son quartier général de la Distillerie pour élire domicile, depuis un an, dans la mezzanine Timber sur la promenade Bentway, fait son retour sous les arches de béton de l’autoroute Gardiner. C’est ici que se dérouleront la plupart des concerts.
Et ça commence dès ce jeudi par les prestations de Célia Opéra, Tobias, Trio Hassiba et Cactus Club que l’on retrouvera de 15h à 18h.
Le jour suivant, vendredi, le musicien et percussionniste Njacko Backo prendra le relai, avant de céder la place à Maryem Tollar, Alpha Rytm Roots, Noémi et le Friendless Crew et Dual It. L’humoriste sudburois Steph Paquette conclura la fête qui s’étirera de 13h30 à 18h45 ce jour-là.
Le samedi, toujours sur la scène de la promenade Bentway, on aura droit à la soul de Julie Kim, l’afro-folk de Gloria Gift Nankunda, la pop de Genevière et Alain, ainsi que de Kyris. Sage Matuzolele, Amélie et les Singes bleus et LGS (ex-Le Groupe Swing) complèteront le copieux menu servi de midi à 18h30.
Le musicien franco-torontois Abel Maxwell. Gracieuseté
Le dimanche, Mimi O’Bonsawin, Tish Maredza, Ambiance, Jahfaa, Amadou Kienou ou encore Swamperella et ses rythmes louisianais assureront le show. Abel Maxwell également. L’artiste torontois y voit « une belle opportunité de célébrer la francophonie et de se rassembler à Toronto ».
L’inclassable Moskitto Bar, un groupe né en 2016 qui mélange les genres musicaux celtiques, latinaux et orientaux, sera aussi de la fête.
« On a six-sept nationalités sur scène et la connexion entre les cultures de chacun crée un son unique qui fait écho à Toronto et sa population multiculturelle », raconte Tangi Ropars, chanteur et accordéoniste du groupe torontois de retour d’une tournée en Ontario et au Québec.
Le groupe Moskitto Bar avec Tangi Ropars à l’accordéon. Gracieuseté
« On aime jouer partout, dans la rue comme sur les grandes scènes, et on est heureux de retrouver le public et les festivals depuis cet été. Se produire chez nous à Toronto a toujours une saveur particulière. »
31 spectacles s’enchaineront jusqu’au 25 septembre qui constituera le sommet du festival, Jour des Franco-Ontariens. La fête se téléportera alors sur l’avenue Danforth, au Carrot Common Green Roof, un nouvel endroit déniché par les organisateurs.
À l’affiche : Monsieur Philippe, Tobia le baryton, Philippe Flahaut, Gabriel Osson et DJ UNPIER seront de la fête. Deux des sœurs du trio Ariko feront le déplacement pour jouer des morceaux de leur nouvel album, Quand on chante, sorti cet été.
Deux des soeurs Lefaive, Jill et Kelly, seront sur la scène de Francophonie en fête, le 25 septembre. Archives ONFR+
« On va inviter le public à participer avec nous, partager et célébrer notre culture en ce 25 septembre », dit Kelly Lefaive, membre du groupe familial de Lafontaine. « Et ce qui est spécial à Toronto, c’est qu’on peut non seulement entrainer la communauté avec nous mais aussi les gens qui passent dans la rue. On adore ça. »
Deux autres rendez-vous en salle
Le président de Francophonie en fête, Jacques Charrette, met en avant une programmation multiculturelle plus consistante que les éditions précédentes : « On a plus de spectacles gratuits que l’année dernière, avec des artistes issus d’Afrique, d’Europe et d’Amérique. Puis on ajoute aux quatre jours de spectacle le dimanche 25 septembre pour célébrer le jour des Franco-Ontariens. »
Cette 17e édition s’affranchit aussi des restrictions sanitaires qui avaient imposé des limites de capacité de moitié en extérieur et créé des reports de date de spectacle en intérieur en 2021.
« Cette fois, on n’a aucune restrictions », s’enorgueillit le président. « On ne refusera pas de gens et on ne demandera ni masque ni preuve vaccinale, y compris dans les spectacles en salle. »
Deux dates s’ajoutent en effet au programme 2022 : Luc de la Rochelière le 24 septembre au Studio Glenn Gould et Louis-Jean Cormier le 7 octobre au Paradise Hill.
Amélie et les Signes bleus sont programmés ce samedi. Source : Facebook
TORONTO – La claquette s’est rabattue le 8 septembre dernier sur l’ardoise du clap annonçant le Festival international du film de Toronto 2022 (TIFF) avec au programme des films francophones à la pelle. Toutefois, comme de coutume, les longs-métrages franco-ontariens sont quasiment absents de cette édition faute de promotion, de distribution et de financement.
Avec une cinquantaine de réalisations et/ou de coproductions françaises et une douzaine de films québécois, le septième art francophone est bien représenté lors de cette édition du TIFF 2022.
Toutefois, en dehors des têtes d’affiche, la plupart de ces films tombent dans l’escarcelle du cinéma indépendant, souligne Jocelyn Pogorbsky, cinéphile et conseiller senior en affaires culturelles.
« J’essaie de voir le plus de films francophones possible, parce que le TIFF est une bonne opportunité pour voir des films qui ne seront pas projetés en salle durant le reste de l’année. Je regarde aussi les films dont tout le monde parle, mais j’essaie aussi de voir des films indépendants, ce qui comprend beaucoup de films francophones », souligne Jocelyn Pogorbsky, cinéphile et conseiller senior en affaires culturelles.
Quelques films francophones à ne pas rater
Parmi ces petites pépites, le jeune conseillé qui n’a raté aucune édition du TIFF depuis son installation en Ontario en 2016 préconise Retour à Séoul de Davy Chou.
« Ce film est justement plus indépendant et plus intime comme long-métrage. C’est à la fois une histoire personnelle et universelle en matière de recherche identitaire », explique-t-il.
Jocelyn Pogorbsky, cinéphile et conseiller senior en affaires culturelles. Gracieuseté
Autre acteur du secteur, autre avis, Marcelle Lean, fondatrice et directrice du festival Cinéfranco qui arpente les allées du TIFF afin de « découvrir des films du monde, réseauter et assister à des conférences de presse », conseille Les Enfants des autres de Rebecca Zlotowski avec Virginie Effira et Roschdy Zem ».
À cela, elle ajoute : « Le bruit court dans les queues et les couloirs qu’il faut absolument aller voir Une Belle course de Christian Carion avec Line Renaud et Dany Boonm, mais aussi Saint Omer d’Alice Diop. »
À titre informatif, Saint Omer vient d’être doublement couronné à la Mostra de Venise en décrochant le Grand Prix du Jury et le prix du premier film.
Et la production franco-ontarienne dans tout cela?
Comme les autres années, on ne rencontre que très rarement des productions franco-ontariens. Toutefois, selon Jocelyn Pogorbsky, cela ne veut pas dire qu’il n’y en a pas.
« On peut trouver des films franco-ontariens, mais il faut bien les chercher parce que ce sont souvent des petits films à petit budget. le TIFF est connu pour être le point de départ de la saison de grandes récompenses comme les Oscars, c’est pour cela que d’une manière générale, les films américains et anglophones font plus de bruit », note-t-il.
Qui plus est, le jeune cinéphile fait le constat d’un manque de promotion, de financement et d’un déficit de confiance de la part des diffuseurs, ce qui, indéniablement a des conséquences sur la qualité du rendu final.
« C’est difficile de trouver les financements à la hauteur des ambitions des cinéastes francophones hors du Québec » – Jocelyn Pogorbsky
« Les films franco-ontariens ne sont pas bien promus par les instances locales. C’est difficile de trouver les financements à la hauteur des ambitions des cinéastes francophones hors du Québec, ce qui se reflète sur la qualité et le processus de professionnalisation des cinéastes. Aussi, il y a très peu de distributeurs qui sont prêts à diffuser des films franco-ontariens, par peur de ne pas trouver le public au rendez-vous, ce qui n’est pas vrai », avance-t-il.
Le jeune homme en veut pour preuve la fois où il a présenté une demande au Cineplex pour passer des films francophones. Cela a fini par être accepté et les séances ont affiché complet, d’après lui.
Marcelle Lean, fondatrice et directrice du festival Cinéfranco. Archives ONFR+
Ce même constat d’ordre financier revient chez Marcelle Lean : « Une des interlocutrices du panel a évoqué les maigres subventions accordées par les gouvernements comme un obstacle à la production des films canadiens en général. On pourrait appliquer cet argument aux productions franco-ontariennes qui se dirigent vers le court-métrage et le documentaire, car plus gérables du point de vue finance et personnel. »
Et d’ajouter : « L’industrie du cinéma franco-ontarien prend lentement son essor et produit des films encore peu nombreux, mais de qualité peut-être pas à la hauteur de celle des cinémas francophones plus établis et plus expérimentés. »
Ceci dit, le train du 7e art n’attend pas! la tâche risque d’être encore plus compliquée puisque les organisateurs du TIFF ont jugé bon de réduire la liste de films sélectionnés cette année, et ce par souci qualitatif.
OTTAWA – Le député québécois et ancien porte-parole aux langues officielles Alain Rayes quitte le Parti conservateur du Canada (PCC).
Il siégera désormais comme indépendant. Après l’élection de Pierre Poilievre samedi comme chef conservateur, le politicien a expliqué ne plus se retrouver dans certains enjeux de la formation politique à laquelle il appartient depuis 2015.
Dans un message publié sur YouTube ce mardi, il explique que ces enjeux concernent notamment la loi et l’ordre, la protection des institutions démocratiques et la gestion des finances publiques.
« Il y a des enjeux, il y a des valeurs, il y a des convictions, pour moi. Je ne peux faire aucun compromis. Je crois profondément qu’à titre de politiciens nous avons l’obligation de protéger ces valeurs qui nous sont si chères dans ce beau pays », a indiqué celui qui s’était rangé derrière Jean Charest lors de la course au leadership.
Il indique que cette décision fait suite à une réflexion amorcée après la victoire de Pierre Poilievre. Toutefois, pour ce dernier, Alain Rayes « a décidé de ne pas combattre l’inflation de Justin Trudeau ».
« Les citoyens du comté d’Alain Rayes sont d’accord. Ils ont voté pour moi dans la course à la chefferie. Je pense que tous les conservateurs qui restent sont du même avis. Il faut contrer l’inflation de Justin Trudeau parce que les Canadiens ne peuvent plus payer les factures », a-t-il soutenu en conférence de presse mardi après-midi.
Pierre Poilievre avait battu avec un total de 358 points (53 %), Jean Charest qui en avait récolté 280 (42 %) dans la circonscription de M. Rayes, Richmond-Arthabaska.
Une perte pour la francophonie
Il s’agit d’un affaiblissement pour la formation politique en termes de langues officielles. Alain Rayes était l’un des poids lourds en termes de francophonie et de langues officielles et multipliait les présences que ce soit au sein des comités parlementaires ou encore auprès des organismes de la francophonie canadienne au cours des dernières années.
Il a aussi été le lieutenant au Québec sous la gouverne de l’ancien chef Erin O’Toole. En entrevue avec ONFR+ au lendemain de la victoire de M. Poilievre, la présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) Liane Roy qualifiait d’allié le député désormais indépendant.
M. Rayes, vous nous avez beaucoup appuyé par rapport à la modernisation de la Loi sur les #languesofficielles et d’autres dossiers de la francophonie. On vous en remercie chaleureusement. La FCFA sait que vous serez toujours un allié de la #frcan. #polcanhttps://t.co/r47pcYCmCQ
« Au niveau du Parti conservateur, il y avait des députés qui étaient très forts et qui comprenaient très bien les enjeux et les besoins d’amendements au projet de Loi C-13, dont Joël Godin et Alain Rayes », affirmait-elle.
Il ne s’agit pas d’une surprise alors que l’élu avait indiqué à La Presse cet été avoir de sérieuses craintes par rapport à la venue de M. Poilievre à la tête du parti. Dans son message mardi, il dit d’ailleurs s’inquiéter du climat politique sur les réseaux sociaux.
« Beaucoup de citoyens m’interpellent par rapport à la façon dont les politiciens se comportent entre eux lorsqu’ils échangent sur des enjeux… Avec un discours qui malheureusement est devenu toxique, un discours qui est devenu irrespectueux, hargneux, haineux et même menaçant à certains moments. »
Une nouvelle équipe rapprochée pour Poilievre
Quelques heures plus tôt, Pierre Poilievre avait annoncé l’identité de sa garde rapprochée dont fait partie le député de l’Est ontarien Eric Duncan. Le représentant francophile de Stormont-Dundas-South Glengarry sera chargé de la liaison entre le caucus et le parti.
Cette équipe comporte aussi les députés québécois Pierre-Paul-Hus, comme lieutenant aux Québec et Luc Berthold, qui sera l’adjoint de l’ancien chef Andrew Scheer, nommé leader de la Chambre pour le PCC. L’ancienne critique aux transports et députée de Thornhill, Melissa Lantsman héritera des fonctions de cheffe adjointe en compagnie du député albertain Tim Uppal.
Le nouveau chef doit annoncer dans les prochains jours l’identité du reste de son cabinet fantôme.
Vestige du passé pour les uns, identité historique pour les autres, l’allégeance du Canada à la Couronne britannique divise les Franco-Ontariens. Le décès d’Elizabeth II et le sacre de Charles III relancent le débat.
Juridiquement indépendant depuis le rapatriement de sa constitution en 1982, le Canada n’en demeure pas moins une monarchie parlementaire avec à sa tête le roi ou la reine du Royaume-Uni et des royaumes composant le Commonwealth, un héritage qui divise en Ontario.
« Tout ce que la monarchie fait au Canada, c’est nous coûter des sous et, en retour, ça ne nous rapporte rien », lâche Dan Filion. Ce résident de North Bay, ancien soldat des Forces armées se souvient des déplacements de la reine qui monopolisaient un avion et des troupes à des fins protocolaires, un déploiement inutilement coûteux à ses yeux.
Il place sans équivoque la monarchie au rang des antiquités. Reine ou roi est un titre, un symbole, dans lequel il ne se reconnaît pas. « Les allégeances et serments à la reine font partie du passé », estime-t-il.
Au-delà du décorum des visites officielles, en Ontario comme dans l’ensemble des provinces et territoires du pays, le monarque sanctionne les lois et peut dissoudre une assemblée législative, par l’intermédiaire de son représentant, le lieutenant-gouverneur. Il en est de même au niveau fédéral avec le gouverneur général.
Mona Rochon (à gauche) est favorable à la monarchie britannique, vecteur de stabilité. Dan Filion (à droite) y est opposé. Gracieuseté
Mona Rochon pense quant à elle tout le contraire. « On n’est plus à l’époque des monarchies absolues. Ce n’est pas comme si on se demandait de quoi demain sera fait. »
Cette Franco-Ontarienne de Smooth Rock Falls aujourd’hui installée au Québec estime que « la monarchie apporte une stabilité plus grande que dans les républiques qui changent de leaders tous les quatre-cinq ans au gré des élections. Les gouvernements passent et la monarchie reste ».
Comme elle, de nombreux Canadiens accueillent à bras ouverts la monarchie, y compris les personnes issues de l’immigration pour qui cette particularité historique fait partie de l’histoire de la terre qui les accueille. Toutefois, la majorité des personnes interrogées n’a pas d’opinion.
Instauré sous le règne des rois de France au 16e siècle, le régime monarchique, réaffirmé en 1867, à la création de la confédération, s’est perpétué jusqu’à nos jours sous une forme constitutionnelle. Le Canada est une démocratie parlementaire sous l’égide de la Couronne.
« Je suis plus préoccupé par l’inflation, mon panier d’épicerie et mon loyer qui augmente que par savoir si je suis gouverné par un roi, un président ou un premier ministre », laisse tomber Paul, un Franco-Torontois qui a du mal à joindre les deux bouts.
Tradition ou relent colonial anglais?
Au fond, dans bien des cas c’est moins un rejet de la monarchie que du fait qu’elle soit britannique qui heurte les Franco-Ontariens. « Je ne suis pas Britannique », tranche M. Filion pour qui la Couronne britannique ne reflète en rien son identité de francophone.
« Pendant les deux guerres mondiales, beaucoup de Canadiens-Français n’ont pas prêter allégeance car ils ne voulaient pas combattre pour la couronne », illustre-t-il. « Aujourd’hui encore ça pose question. »
« La Couronne britannique devrait être une institution strictement réservée à la Grande-Bretagne », considère un autre Franco-Ontarien résident de Green Valley, dans l’Est ontarien. « Elle n’a plus aucune raison d’être au Canada. Après plus de 150 ans, il est grand temps que le Canada devienne un pays vraiment indépendant. Il y a longtemps que nous ne sommes plus une colonie. Qu’attend-on pour devenir une république totalement en contrôle de son destin? »
D’autres soulignent le rôle de la monarchie britannique dans la déportation des Acadiens au 18e siècle.
La reine, une personnalité respectée
Que l’on soit pour ou contre la monarchie, la personnalité de la reine Elizabeth II est unanimement reconnue et respectée car « elle inspirait la confiance, la constance », contextualise Diane Pacom, sociologue et professeure émérite à l’Université d’Ottawa.
« À cause de sa façon de gouverner, de sa personnalité, de sa vision du monde, elle a été une leader exceptionnelle qui a précipité une réflexion sur la royauté et réussi à nous convaincre que la monarchie avait encore une place », analyse la sociologue.
« Elle a toujours été détachée, prenant soin de ne pas se mêler de politique. Elle a été habile et subtile, parvenant à faire ce que peu de monarques ont fait avant elle : régner durant sept décennies. »
Pour Mme Pacom, cette stabilité représente un atout que n’offrent pas les républiques, et chacun est libre d’y adhérer ou non. Le débat citoyen sur sa pertinence est le signe du bon fonctionnement de la démocratie.
Diane Pacom, sociologue et professeure émérite à l’Université d’Ottawa. Crédit image : TFO
« Il y aura toujours des réfractaires à la monarchie qui a un côté anachronique » – Diane Pacom
« Il y aura toujours des réfractaires à la monarchie qui a un côté anachronique, désuet. Mais en démocratie, on n’oblige pas les gens à se prosterner devant la tombe de la reine. »
La sociologue ne croit pas que le règne de Charles III créera de grands bouleversements ni une remise en question du régime monarchique canadien. « Charles a été formé en fonction de cet héritage qui lui revient et il est entouré pour assurer la continuité. »
Une remise en question de ce régime passerait en outre par une réforme constitutionnelle et l’aval de l’ensemble des provinces et territoires, une manœuvre souvent lourde, délicate et politiquement risquée pour un gouvernement accaparé par d’autres priorités.
La Cour d’appel fédérale a accepté d’entendre la demande d’appel de Radio-Canada concernant une décision du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) qui blâmait le diffuseur public pour l’utilisation répétée du « mot en n » lors d’une chronique radiophonique.
Comme à l’habitude, la Cour n’a pas émis de raisons pour les quelles elle acceptait d’entendre l’appel de la Société de Radio-Canada (SRC).
« L’appel suivra maintenant son cours normal, ce qui laisse présager une audition à l’hiver ou au printemps 2023 », a écrit la Cour d’appel fédérale.
Dans une émission d’août 2020 animée par Annie Desrochers, Le 15-18, le chroniqueur Simon Jodoin avait utilisé le mot à plusieurs reprises alors qu’il parlait du titre du livre de Pierre Vallières, Nègres blancs d’Amérique. L’auteur de la plainte Ricardo Lamour avait déposé plusieurs plaintes à l’ombudsman des services français de la SRC avant de se tourner vers le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).
Dans une décision majoritaire rendue le 29 juin, le CRTC avait donné raison au plaignant. L’organisme jugeait que SRC n’avait pas « mis en place toutes les mesures nécessaires pour atténuer l’impact du « mot en n’’ sur son auditoire, particulièrement dans le contexte social actuel et compte tenu de son statut de radiodiffuseur public national ». La décision mentionnait aussi qu’un avertissement au début de l’émission aurait été nécessaire.
« Les mises en garde à l’auditoire visent à aider les auditeurs à faire leurs choix d’émissions », est-t-il écrit dans la décision.
Des excuses et l’appel
Radio-Canada avait réagi dans les jours subséquents en portant la cause en appel, mais en s’excusant auprès du plaintif. Le diffuseur avait reconnu que le mot était « une insulte raciste et blessante », mais avait reproché au CRTC d’outrepasser ses pouvoirs en termes d’indépendance. Cela représenterait « une menace parce que le Conseil tente de se donner le pouvoir de compromettre l’indépendance journalistique », soutenait la société d’État.
« Celui-ci n’avait ni l’autorité ni la juridiction pour rendre cette décision et a, en exerçant son pouvoir discrétionnaire, ignoré la liberté de la presse que garantissent la Charte canadienne des droits et libertés et la Loi sur la radiodiffusion. Il s’agit d’une grave erreur. Nous ne pouvons tout simplement pas accepter cette ingérence du CRTC dans le travail journalistique au pays », écrivait la SRC dans un communiqué le 13 juillet.
Le CRTC exigeait aussi du diffuseur public, d’ici le 27 septembre, un rapport sur les mesures internes et les pratiques exemplaires en matière de programmation qu’il mettrait en place « afin de s’assurer de mieux traiter d’un sujet semblable à l’avenir ».
Ni le CRTC ou la SRC n’ont souhaité commenter cette décision de la Cour.
OTTAWA – Pierre Poilievre a commencé son règne de chef en attaquant et en mettant au défi Justin Trudeau, en plus de tendre la main à ses députés francophones au Québec. Le premier ministre canadien a riposté dénonçant « des slogans, des phrases creuses et des attaques insouciantes » de la part de son adversaire.
Dans son premier discours lundi adressé à son caucus en tant que chef conservateur, M. Poilievre a lancé un appel, probablement en direction des membres francophones québécois qui ont en majorité appuyé Jean Charest lors de la course à la chefferie.
« Peu importe les candidats que vous avez appuyés pendant la course à la chefferie ou si vous êtes resté neutre, je suis très reconnaissant de votre contribution et, tous ensemble, nous faisons partie de la grande famille conservatrice », a-t-il dit quelques minutes après avoir souligné dans son allocution le premier anniversaire de son fils Cruz.
Le leader conservateur a aussi rencontré les députés du Québec en privé, ce lundi matin. Quelques-uns d’entre eux comme Alain Rayes et Joël Godin avaient signifié par le passé leurs craintes par rapport à la victoire de Pierre Poilievre. Joël Godin, qui occupe le poste de porte-parole aux langues officielles, et Alain Rayes, qui occupait aussi cette fonction auparavant, n’étaient toutefois pas présents devant les médias.
« C’est ce qui est important aujourd’hui. On parle d’unité et le caucus Québec est très important au sein du caucus national. On est tous unis et fiers d’être avec Pierre Poilievre (…). L’unité, c’est la première chose à faire lorsqu’on a un nouveau chef », a souligné Pierre-Paul-Hus, le seul député québécois à avoir soutenu M. Poilievre lors de la campagne.
« C’est un très bon signal – envoyé par le chef -, d’unité et d’être à l’écoute du Québec », a commenté de son côté le député Gérard Deltell, qui s’était rangé derrière Jean Charest dans les derniers mois.
« Je suis très heureux de ça. C’est une suite logique de son discours », a appuyé le député Bernard Généreux, qui appuyait lui aussi M. Charest.
Le député conservateur Bernard Généreux. Archives ONFR+
Message à Trudeau
Pierre Poilievre en a aussi profité pour lancer quelques flèches au premier ministre Justin Trudeau. Il a notamment évoqué la présente retraite du caucus libéral au Nouveau-Brunswick et celle du cabinet la semaine précédente en Colombie-Britannique. Justin Trudeau et la ministre des Finances, Chrystia Freeland, avaient indiqué que la priorité du gouvernement était de trouver des solutions pour aider les Canadiens à supporter le poids de l’inflation.
« Après deux ans à les avertir que leur déficit massif d’impression monétaire ferait monter en flèche le coût de la vie, ils ont finalement eu une révélation que les Canadiens paient trop et, en fait, que les Canadiens sont à court d’argent. Ce premier ministre est déconnecté », a dit le chef fransaskois dans son discours qu’il a débuté en français.
Ce dernier a mis d’ailleurs au défi le chef libéral : « Faites un engagement aujourd’hui, pas d’augmentation de taxe, pas d’augmentation d’impôt. Réduisons le coût de la vie pour les Canadiens », a-t-il lancé.
Pierre Poilievre devrait procéder dans les prochains jours à la nomination de sa garde rapprochée avant de s’attaquer à la constitution de son cabinet fantôme.
Justin Trudeau réplique
Visiblement, ça n’a pas pris de temps pour avoir un premier choc entre Justin Trudeau et Pierre Poilievre. Après avoir félicité ce dernier pour sa victoire, le chef libéral a attaqué le nouveau venu, soutenant que « des slogans, des phrases creuses, des attaques insouciantes, ce n’est pas ça, avoir un plan ».
« Ce dont les Canadiens ont besoin, c’est du leadership responsable », a écorché le premier ministre.
« J’ai entendu M. Poilievre parlé de combien d’argent ont a gaspillé pendant les dernières années sur les Canadiens. Le fait d’avoir été là pour les familles, les étudiants, les aînés, les entreprises et tous les Canadiens, c’était la bonne chose à faire et c’était la chose intelligente à faire pour notre économie. On ne s’excusera jamais d’avoir été là pour les Canadiens », a poursuivi le leader des libéraux qui était avec ses troupes au Nouveau-Brunswick dans le cadre de la retraite du caucus.
M. Trudeau a rappelé le mandat que lui ont envoyé les Canadiens lors de la précédente élection en élisant un autre gouvernement minoritaire et quasi identique à 2019.
« Ils (les Canadiens) nous ont demandé de travailler avec les autres partis et on a fait tous les efforts pour travailler avec tous les parlementaires et on va continuer à faire ça, mais ça ne veut pas dire qu’on ne va pas dénoncer des idées économiques hautement discutables et imprudentes. »
Ce dernier a fustigé les attaques du chef conservateur envers les institutions, ce dernier ayant notamment promis de congédier le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, ainsi que de s’opposer aux mandats vaccinaux.
« Dire aux gens qu’ils peuvent se retirer de l’inflation en investissant leurs économies dans des cryptomonnaies volatiles n’est pas un leadership responsable », a renchéri M. Trudeau. « Soit dit en passant, quiconque suivrait ce conseil aurait vu ses économies détruites. »
Les activités en chambre doivent reprendre le 20 septembre avec une journée de travail le 15, dédiée spécifiquement à un hommage à la reine Elizabeth.
TORONTO – La dose de rappel du vaccin bivalent contre la COVID-19 est étendue, à compter de ce lundi, à tous les Ontariens âgés de 18 ans et plus, particulièrement les plus vulnérables. Cette version améliorée du vaccin combat la souche originale du virus du SRAS CoV 2 et le variant Omicron BA.1.
Si ce vaccin est désormais accessible à toutes les personnes majeures, les autorités de santé publique veulent cibler prioritairement les personnes âgées de 70 ans et plus, les résidents de foyers de soins de longue durée et de maisons de retraite, les autochtones, les plus de 12 ans souffrant d’une immunodépression modérée à sévère, les femmes enceintes âgées et les travailleurs de la santé.
Les rendez-vous peuvent être pris au moyen du portail provincial pour la vaccination contre la COVID-19 ou en appelant l’InfoCentre provincial pour la vaccination (ICPV) au 1-833-943-3900.
« C’est un moyen sûr et efficace pour les gens de mieux se protéger contre les variants de la COVID-19 qui circulent depuis peu en Ontario », a déclaré le Dr Kieran Moore, médecin hygiéniste en chef. « Comme la protection vaccinale diminue avec le temps, j’encourage tous les Ontariens âgés de cinq ans et plus à recevoir la dose de rappel à laquelle ils sont admissibles. »
Intervalle recommandé d’au moins six mois
Les personnes peuvent recevoir le rappel du vaccin bivalent à l’intervalle recommandé d’au moins six mois après la dose précédente, quel que soit le nombre de rappels qu’elles ont déjà reçus.
Les femmes enceintes et les travailleurs de la santé qui prennent rendez-vous entre le 12 et le 25 septembre doivent appeler l’ICPV ou prendre rendez-vous pour la dose de rappel dans les pharmacies participantes.
Les résidents des foyers de soins de longue durée, des maisons de retraite et des foyers de soins pour personnes âgées peuvent recevoir leur dose de rappel du vaccin bivalent directement par l’intermédiaire de l’habitation collective où ils vivent.
« Les vaccins et les doses de rappel sont le meilleur outil pour garder les gens en bonne santé et éviter les hôpitaux, et pour s’assurer que l’économie de l’Ontario reste ouverte lorsque les enfants retournent à l’école, et que le temps se rafraîchit et que les gens passent plus de temps à l’intérieur », insiste la ministre de la Santé Sylvia Jones.
Cette nouvelle étape dans la vaccination en Ontario intervient après que Santé Canada ait autorisé une version adaptée du vaccin Spikevax de Moderna contre la COVID-19, au début du mois. Premier vaccin bivalent contre la COVID-19 autorisé au pays, il est capable de cibler le virus original du SRAS CoV 2 de 2019 et le variant Omicron (BA.1).
OTTAWA – En remportant avec 68 % des appuis la course à la chefferie conservatrice, Pierre Poilievre a envoyé comme message que son parti est beaucoup moins divisé qu’on aurait pu le penser. Cette victoire décisive du Fransaskois combinée à sa bonne maîtrise du français, pourrait être un bon signe pour les francophones, croient des analystes.
En Ontario, à l’exception d’Ottawa-Vanier (46 %) et Orléans (57 %), le nouveau leader a obtenu plus de 70 % dans les comtés francophones de la province : Glengarry-Prescott-Russell (75 %), Nickel-Belt (81 %), Sudbury (75 %), Nipissing-Timiskaming (74 %), Timmins-Baie-James (79 %), Algoma-Manitoulin-Kapuskasing (80 %). Idem au Nouveau-Brunswick où il a tout raflé, notamment les circonscriptions à majorité francophone. Au Québec, il a remporté 72 des 78 comtés (62 % des points) et 330 des 338 à travers le Canada.
« Le Parti conservateur est de retour », observe la politologue de l’Université d’Ottawa Geneviève Tellier.
« Le principal message est que si vous êtes d’autres partis et que vous comptez sur une division du Parti conservateur, ça ne se produira pas », poursuit-elle. « M. Poilievre arrive de façon très forte à la tête du parti et toutes les prédictions à propos que le parti sera divisé et que les gens vont quitter, ça ne sera rien et ça ne sera pas majeur. »
Cette victoire haut la main « va calmer la grogne » de certains députés québécois et francophones qui avaient menacé de quitter le parti, estime le politologue de l’Université de l’Alberta Frédéric Boily.
Le porte-parole en langues officielles et député québécois Joël Godin avait affirmé à La Presse qu’il songeait à quitter le parti si Pierre Poilievre était élu. Alain Rayes, également un ancien porte-parole en langues officielles, avait aussi émis de sérieuses critiques et craintes sur l’arrivée du député de Carleton à la tête de la formation politique.
Ce dernier supportait Jean Charest dans la course, alors qu’il était son directeur de campagne au Québec et M. Godin supportait aussi l’ancien politicien québécois. Le député de Charlesbourg–Haute-Saint-Charles Pierre-Paul-Hus était le seul francophone et Québécois du caucus à soutenir M. Poilievre.
« Ceux qui seraient vraiment en désaccord avec Pierre Poilievre n’auraient pas intérêt à faire connaître leur désaccord, certainement pas dans les premiers moments de sa gouvernance », croit Frédéric Boily.
Un chef parfaitement bilingue
Fait à ne pas nier, Pierre Poilievre possède une excellente maîtrise du français, rappelant celle de son ancien patron Stephen Harper. Quoique pas parfaite comme l’a reconnu le principal intéressé avançant avoir « du travail à faire » hier dans son discours, elle est de loin supérieure à ses deux prédécesseurs Erin O’Toole et Andrew Scheer.
« Il n’y a pas eu de discussion autour de son français lors de la campagne ce qui était tout le temps le cas lors des autres campagnes à la direction », note Frédéric Boily. « C’est rare de voir un aspirant premier ministre maîtriser aussi bien le français. »
Le chef du Parti conservateur Pierre Poilievre. Crédit image : Stéphane Bédard
Pour Geneviève Tellier, le fait qu’il soit un francophone de la Saskatchewan n’est pas à négliger non plus. « C’est sans doute très important pour les francophones hors du Québec. D’ailleurs, hier, il a dit : »Je parle aux Québécois et aux Canadiens français ». »
La Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) voit aussi d’un bon œil les propos de samedi soir de celui qui aspire à devenir premier ministre. Le gagnant a parlé de ses origines canadiennes-françaises en plus d’illustrer que ses deux enfants vont à une garderie francophone accentuant qu’ils auront le français comme première langue.
« On a trouvé ça encourageant. Pour son appartenance à la langue française, c’était encourageant », a réagi en entrevue la présidente de la FCFA Liane Roy.
« Le français est en déclin partout au Canada – on a vu ça avec le recensement -, alors on veut voir si M. Poilievre partage ces préoccupations-là. Il a les éléments : il a vécu en Saskatchewan avec ses parents francophones alors on veut voir si ça va se traduire dans une connaissance plus large de la francophonie. »
Un candidat rassembleur ou radical?
L’un des principaux intéressés, Joël Godin, a fermé la porte à un rapide claquement de porte du parti samedi soir après la victoire. En entrevue samedi soir, le député s’est dit « impressionné » de la victoire de son nouveau leader. Il tempère toutefois évoquant le vouloir de se retrouver au sein d’un Parti conservateur à son image.
« Je pense qu’il faut qu’il revienne avec un discours plus progressiste-conservateur. Moi, je suis un modéré, un progressiste-conservateur. Je ne suis pas un radical, alors je veux juste faire en sorte que ce parti-là soit ouvert avec des philosophies différentes, mais je ne me retrouve pas dans le radical », a insisté M. Godin, saluant au passage le plaidoyer de Pierre Poilievre pour la langue française.
Le critique aux Langues officielles chez le Parti conservateur, Joël Godin, avait émis des réserves sur l’arrivée de Pierre Poilievre comme chef. Source : Twitter
Pour le sénateur québécois Claude Carignan, un des rares sénateurs francophones qui supportait Pierre Poilievre, ce dernier saura rallier les gens de l’Ouest et de l’Est canadien.
« Je pense qu’on a un candidat qui unit. On a vu son français et ses origines. Sa conjointe qui est Québécoise. Je connaissais ces forces-là et on a tout ce qu’il faut pour vendre un candidat comme Pierre Poilievre au Québec et en Ontario, où il est député depuis plusieurs années. On a un candidat canadien bilingue qui peut représenter toutes les régions du pays. »
Les troupes de Pierre Poilievre pourraient se réunir dès lundi, alors qu’un caucus conservateur est prévu.
OTTAWA – Le Fransaskois d’origine et député de Carleton, Pierre Poilievre, a remporté la course à la chefferie conservatrice du Canada, samedi soir, au premier tour avec 68 % des points.
Celui qui était grand favori dès le jour un de la course a battu son principal concurrent Jean Charest (16 %). Roman Baber, farouche opposant aux mesures sanitaires et ancien membre du gouvernement Ford a terminé au 4e rang (5 %). Le candidat plus centriste Scott Aitchison a récolté 1 % des appuis et Leslyn Lewis, une avocate ouvertement antiavortement a fini en troisième place avec 10 %.
« Le travail commence ce soir pour remplacer ce vieux gouvernement qui vous coute plus cher et qui vous rapporte moins avec un nouveau gouvernement qui vous place en premier : votre chèque de paie, votre retraite, votre maison et votre pays », a affirmé M. Poilievre, d’entrée de jeu dans son discours de victoire d’une vingtaine de minutes
Comme à l’image de sa campagne des derniers mois, l’adresse de Pierre Poilievre a mentionné à plusieurs reprises la crise actuelle du côut de la vie.
« Les personnes âgées voient leurs économies s’évaporer avec l’inflation. Des jeunes de 30 ans qui ont fait tout ce que nous avons demandé d’eux, obtenir un diplôme et travailler fort vivent dans le sous-sol de leurs parents parce que les prix des maisons ont doublé. Ceux qui ont une maison, c’est davantage d’intérêts pour leur hypothèque. Pas étonnant que les gens s’inquiètent. »
Pierre Poilievre a aussi martelé quelques-unes de ses principales priorités : augmenter la production de pétrole, faire venir plus d’immigrants qualifiés comme des médecins et des infirmières ou encore mettre fin aux mesures sanitaires comme l’application ArriveCan.
Plaidoyer pour le français
Le nouveau leader du Parti conservateur a tenu à souligner « la place toute spéciale dans mon cœur » pour la langue française.
« Mon père qui a des origines canadiennes-françaises et qui vient d’un village fransaskois m’a transmis l’importance de préserver le français dès mon plus jeune âge. En grandissant à Calgary, malheureusement, j’avais trop peu d’occasions de le parler. J’ai du travail à faire. Maintenant, je continue de perfectionner cette langue que j’aime, la langue fondatrice de notre pays. »
Le nouveau chef du Parti conservateur Pierre Poilievre. Crédit image : Stéphane Bédard
Le député de Carleton a aussi souligné que lui et sa femme avaient décidé d’envoyer leurs deux enfants dans des garderies francophones.
« Nos enfants auront la langue française comme première langue, la deuxième langue, évidemment l’espagnol et la troisième langue, l’anglais. »
Dans la plus longue partie en français de son allocution, le nouveau leader de l’opposition a argué que les conservateurs ont « beaucoup à apprendre » des Québécois.
« La nation québécoise tient tête au wokisme », a-t-il ajouté.
Ford et Trudeau réagissent
Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a salué la victoire de M. Poilievre, écrivant sur Twitter que « notre pays est plus fort grâce aux personnes qui se présentent pour servir ».
Justin Trudeau a aussi tenu à féliciter le chef conservateur.
« Nous, parlementaires, devons travailler tous ensemble afin d’obtenir des résultats pour les gens de tout le pays. Les Canadiens n’attendent — et ne méritent — rien de moins. »
Félicitations, @PierrePoilievre, pour votre élection à titre de chef du Parti conservateur, ce soir. Nous, parlementaires, devons travailler tous ensemble afin d’obtenir des résultats pour les gens de tout le pays. Les Canadiens n’attendent – et ne méritent – rien de moins.
Dans son message de félicitations, le chef néo-démocrate Jagmeet Singh a évoqué « le moment critique pour les Canadiennes et Canadiens qui sont aux prises avec l’augmentation du coût de la vie ».
« Je sais que nous serons en désaccord sur beaucoup de choses et que nous trouverons rarement un terrain d’entente, mais c’est le moment de montrer aux Canadiennes et aux Canadiens que les leaders disent la vérité et refusent la politique destructrice de la division », a renchéri M. Singh.
Le seul député québécois du Nouveau Parti démocratique (NPD) Alexandre Boulerice, a commenté cette victoire comme l’arrivée du « populisme et du trumpisme chez nous ».
Dans les comtés francophones
Pierre Poilievre a remporté assez facilement l’ensemble des circonscriptions de la province avec une forte présence de francophones :
Glengarry–Prescott–Russell : 1511 points (75 %)
Nickel-Belt : 1127 points (81 %)
Orléans : 1216 points (57 %)
Ottawa-Vanier : 632 points (46 % )
Sudbury : 794 points (75 %)
Nipissing–Timiskaming : 1032 points (74 %)
Timmins-Baie-James : 748 points (79 %)
Algoma–Manitoulin–Kapuskasing : 855 points (80 %)
Une place pour tous assure Poilievre
Cette course aura été marquée par de nombreuses attaques et échanges acrimonieux entre le clan Charest et Poilievre. Pierre Poilievre a toutefois pris le soin d’assurer ceux qui ne l’appuyaient pas qu’ils auraient leur place au sein de son parti. Il a souligné le « service » de Jean Charest pour le Canada.
Certaines mesures proposées par le nouveau chef, comme congédier le gouverneur de la Banque du Canada ou encore utiliser les cryptomonnaies pour combattre l’inflation ont été vues d’un mauvais œil. Ce dernier devra rapidement rassembler ses troupes alors que les travaux à Ottawa reprennent le 19 septembre.
Au total, 437 854 bulletins de vote ont été reçus, mais quelque 3 % ont été refusés. Sur le total 678 702 de membres, il s’agit d’un taux de participation de près de 65 %. Cette bataille pour la chefferie aura été aussi marquée par la disqualification de Patrick Brown. Le prédécesseur de Doug Ford à la tête des progressistes-conservateurs en Ontario avait été chassé à la suite d’allégations non prouvées de violations des règles financières de la Loi électorale canadienne.
Les conservateurs forment l’opposition officielle depuis trois élections, à la suite de la défaite de Stephen Harper en 2015. Ils possèdent à l’heure actuelle 119 sièges.
THUNDER BAY – Non, il n’est pas vert, mais il fait bien l’affaire! Maxime Boudreault, l’homme le plus fort du Canada, est Franco-Ontarien, une première dans l’histoire de ce sport de titans. Couronné lors du Championnat canadien des hommes forts qui a eu lieu au Rodéo Mont-Sainte-Anne au Québec il y a deux semaines, ce natif de Kapuskasing mesure 1m93 et pèse 150 kg.
« Quand et comment a débuté votre passion pour cette discipline?
J’ai commencé à m’entraîner au secondaire. Par la suite, je suis allé à Sudbury pour la promotion de l’activité physique et de la santé où j’ai suivi deux ans de cours. C’est là que j’ai découvert l’univers du culturisme. J’en ai fait en junior et me suis rendu jusqu’aux nationales. Puis, il y a un de mes amis qui m’a introduit dans le monde des hommes forts. C’est à partir de là que j’ai vraiment commencé. J’ai été l’homme le plus fort en Ontario pendant trois années consécutives en 2017, 2018 et 2019. Et maintenant : l’homme le plus fort du Canada.
Vous êtes aussi le premier Franco-Ontarien à avoir réalisé cette prouesse de devenir l’homme le plus fort du pays. Qu’est-ce que cela vous a fait au moment de soulever ce trophée?
C’était vraiment le fun. C’est un grand honneur pour moi en tant que Franco-Ontarien. Ça fait vraiment chaud au cœur d’être le premier francophone en dehors du Québec qui gagne ce titre. Le français, c’est ma langue maternelle et j’en suis fier. En plus, ça fait dix ans que j’essaie de décrocher ce titre-là ou plutôt neuf ans puisqu’à mon premier championnat national, je n’ai pas pu m’y rendre.
Maxime Boudreault bat le record national à l’épreuve du billot six mois seulement après une opération suite à la déchirure complète du pectoral majeur. Gracieuseté
Pourquoi, si ce n’est pas trop indiscret?
(Ému). Le premier championnat national auquel on m’a invité, j’étais supposé m’y rendre à 8h du matin, mais j’ai reçu un appel de mon frère à 2h du matin pour me dire que ma mère ne passerait pas la nuit, ce qui fait que j’ai annulé ma participation à cette compétition. Elle est décédée le lendemain. Ce qui m’a beaucoup touché et qui a donné une saveur exceptionnelle à mon titre d’homme le plus fort du Canada, c’est que je l’ai gagné le samedi de l’anniversaire de ma mère.
Quelles sont la nature et la fréquence d’entraînement de l’homme le plus fort du pays?
Je m’entraîne six fois par semaine, deux à trois heures par jour. Mais je passe toute la journée en gym, parce qu’avec ma conjointe Samantha, lorsque la COVID-19 est arrivée, on a ouvert notre propre salle de sport ici, à Thunder Bay et on a une grosse clientèle que ça soit en ligne ou en personne. Je passe donc beaucoup de temps à l’entraînement.
Maxime Boudreault lors d’une compétition à Santa Monica en 2020. Gracieuseté
Doit-on en déduire qu’on ne gagne pas bien sa vie lorsqu’on pratique votre sport au niveau professionnel?
(Rire fort). En fait, ça dépend où tu te places. Si tu es dans le top trois tout le temps, oui, c’est très payant. Sinon, je doute qu’on puisse faire ce sport au niveau professionnel avec juste les bourses qu’on nous donne, parce que, me concernant par exemple, je réinvestis toutes les bourses que je reçois dans la récupération et mon entretien physique parce qu’il suffit d’une blessure pour que tu ne puisses plus compétitionner et perdre ta place.
Justement, qu’en est-il de votre alimentation?
La nutrition est très importante pour pouvoir récupérer correctement parce que nos entraînements sont très chargés. Je mange cinq à six repas par jour, mais ça varie selon qu’on est proche d’une compétition ou pas. En moyenne, c’est entre 6000 et 8000 calories par jour qu’on ingurgite.
Beaucoup d’hommes forts ont un point en commun, en ceci qu’ils rêvaient de devenir de superhéros aux muscles saillants lorsqu’ils étaient enfants. Est-ce que c’est également votre cas?
Je ne sais pas trop. Tout ce que je peux vous dire c’est que je suis encore un grand fan de superhéros comme ceux des séries Marvel que j’ai encore chez moi. Ce qui est drôle, c’est que lorsque j’étais au secondaire, Hugo Girard (champion du monde 2002 et multiple champion canadien) est venu nous rendre visite pour faire une démonstration. J’étais là à me demander pourquoi il faisait ces niaiseries-là. Et voilà que, quelques années plus tard, c’est moi qui les fais.
Maxime Boudreault lors d’une dure séance d’entrainement. Source : page Facebook de l’athlète
Est-ce donc lui qui vous a donné envie de faire de ce sport votre profession?
Pas vraiment. Pour moi, un de mes grands mentors c’est Jean-François Courront, notre ancien champion canadien. On est devenu vraiment très proche durant les dernières années de sa carrière. Il m’a vraiment soutenu et guidé pendant ces années-là.
Est-ce que, à l’instar de l’acteur islandais, Thor Björnsson, alias la Montagne, qui joue dans la série américaine Game of Thrones et qui pratiquait également le sport de force, vous aimeriez faire du cinéma?
(Long silence). Écoutez, si ça doit arriver, ça arrivera et je ne dirais pas non. Cela dit, je préfère, pour l’instant, me concentrer sur ce que je fais et sur ma carrière sportive qui me prend beaucoup de temps.
Maxime Boudreault en compagnie de sa conjointe, Samantha et d’Arnold Arnold Schwarzenegger. Gracieuseté
Vous a-t-on déjà proposé un rôle?
Non!
Vous dites que vous préférez vous concentrer sur votre carrière sportive, est-ce que, maintenant que vous êtes l’homme le plus fort du Canada, vous visez le titre de l’homme le plus fort du monde, surtout que vous n’y étiez pas loin de le décrocher à deux reprises?
Tout à fait. La prochaine étape pour moi ça sera le mondial. Et, comme vous l’avez souligné, j’ai raté de peu ce titre en 2022 où je me suis classé cinquième et surtout en 2021 où j’étais sur le podium pour la troisième place. J’ai donc de très bonnes chances de le remporter l’année prochaine. »
LES DATES-CLÉS DE MAXIME BOUDREAULT
1991 : Naissance à Kapuskasing
2016 : Blessure à l’épaule qui a failli mettre un terme à sa carrière
2017 : Première titre de l’homme le plus fort de l’Ontario
2021 : 3e place au championnat de l’homme le plus fort du monde
2022 : Premier Franco-Ontarien de l’histoire à remporter le titre de l’homme le plus fort du Canada
Chaque fin de semaine, ONFR rencontre un acteur des enjeux francophones ou politiques en Ontario et au Canada
Chaque samedi, ONFR+ propose une chronique sur l’actualité et la culture franco-ontarienne. Cette semaine, le récit d’immigrante de Rym Ben Berrah, francophone engagée.
[CHRONIQUE]
Définir une famille est une nomenclature complexe ces derniers temps. Lorsqu’on choisit notre partenaire, notre cocon familial, nous ne pouvons plus prendre en compte seulement leur apport romantique à notre vie ou notre désir de les retrouver le soir après une dure journée de labeur dans cette nouvelle économie.
Lorsqu’on fait le choix d’un partenaire, on pense à la langue de communication, aux sphères dans lesquelles on évolue au sein de nos cercles sociaux, aux différentes économies qu’on va encourager grâce à nos activités ou aux causes qu’on va défendre. Le challenge est souvent de se définir sans s’oublier, de s’unir pour mieux avancer.
Le langage de l’amour n’est plus du tout romantique. À notre ère, le langage de l’amour est politique. Lorsque nous faisons le choix de notre partenaire, une cellule familiale se crée. Souvent d’emblée, et surtout en ces temps de COVID-19, un enfant vient s’installer dans l’union. De là fusent de nouvelles questions et nous expérimentons des dilemmes auxquels on n’a pas déjà été confronté.
Si on est en bonne santé, jamais on ne remet en cause les périls du système de santé. Si on n’appartient pas à une minorité visible, on ne se rend pas compte de ceux marginalisés. Quand on n’a pas d’enfant, on ne voit pas les failles des systèmes scolaires – selon nos attentes – si on ne choisit pas le bon.
Après la rentrée j’ai vu défiler, sur mes réseaux sociaux, certains parents s’indigner du recul du français dans les établissements élémentaires de leurs enfants. Certains disent que des classes ont été bannies, d’autres que les ressources culturelles sont réduites, que les activités parascolaires francophones dans un système anglophone sont quasi inexistantes et qu’il est difficile de solidifier sa culture francophone en Ontario français.
Il est dur déjà de choisir sa ville, ensuite ses établissements scolaires, son milieu de vie, son milieu de travail, s’efforcer pour sa cellule familiale pour ensuite arriver à un système qui ne donne pas à ton enfant ce que tu avais espéré.
« Mère pour la première fois depuis peu, je me soucie encore davantage de l’avenir de la francophonie en Ontario »
En tant que citoyen, il est en notre pouvoir de nous mobiliser afin de créer ces espaces de vie, cruciaux pour le développement et l’épanouissement de nos familles respectives. Je me souviendrais toujours que sans l’acharnement de mes profs au secondaire dans mon école francophone à Ottawa, jamais je n’aurais pu conserver mon amour des mots, jamais mon identité d’immigrante n’aurait eu le temps de prospérer et de s’intégrer à mon milieu de vie.
Aujourd’hui, moi-même étant mère pour la première fois depuis peu, je peux vous dire que je me soucie encore davantage de l’avenir de la francophonie en Ontario. Certes, j’adore Ottawa, certes j’aime les gens qui font de leur quotidien un combat continu pour la cause francophone, certes rien n’est gagné d’avance, mais jamais je ne céderai à l’oppression de la conformité.
Mon enfant a un papa camerounais-gabonais-français, une maman algérienne-tunisienne-ottavienne et une cellule familiale canadienne-maghrébine-européenne. Cet enfant doit grandir dans des sphères qui le saisissent dans ses merveilleuses complexités et non qui ternissent son identité et sa lumière.
Je pense à tous les jeunes parents post-pandémie tels que moi. Je relis les commentaires de mes proches et connaissances indignés sur Facebook par le système d’éducation. Je me dis qu’au final, pour voir du changement, il faut être acteur de ce changement.
Il faudrait peut-être bien que moi-même je devienne institutrice, histoire de moduler les normes à ma sauce, selon ce qu’on m’a enseigné et qu’on s’est forcé à m’inculquer. Créer des espaces sécuritaires pour la conscience sociale et l’histoire de l’identité franco-canadienne dans toute sa mosaïque. Quoique… Pourquoi pas?
Et vous, quelle vie choisiriez-vous pour être le super héros de votre enfant? Moi, j’ai choisi mon superpouvoir : je suis enseignante. La lutte, c’est l’engagement d’une vie. Je souhaite faire perdurer un système scolaire francophone en Ontario pour mes enfants, de la maternelle au postsecondaire.
Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leurs auteur(e)s et ne sauraient refléter la position d’ONFR+ et du Groupe Média TFO.
SUDBURY – Il y a de ces passages qui marquent une existence, et dans le Nord le souvenir des visites de la reine Elizabeth II en fait partie. Alors que les hommages continuent d’affluer, pour les habitants de communes comme Kapuskasing ou Sudbury, l’annonce de son décès est loin d’enterrer le passé, mais plutôt d’en souligner l’impact. ONFR+ vous fait replonger dans l’histoire du passage remarqué de la royauté dans les communautés du Nord.
« C’est gravé dans notre cœur », nous confie Julie Latimer, ancienne conservatrice et actuelle directrice de la bibliothèque de Kapuskasing, au sujet du passage événement de la reine Elizabeth II dans la communauté du Nord.
Quelques milliers de personnes étaient sur place pour accueillir le couple, venues de tous les environs pour avoir la chance d’apercevoir la royauté britannique.
Celle qui n’était alors que princesse était de visite dans plusieurs villes du Nord telles que Sudbury et Kapuskasing en octobre 1951, seulement deux ans avant son couronnement. Et le choix de cet itinéraire était à l’époque le fruit d’une suggestion du gouverneur général de l’époque, Alexandre de Tunis.
La reine Elizabeth II, alors princesse, et le prince Philip visitent l’usine de pâte et papier Spruce Falls de Kapuskasing. Gracieuseté du Musée commémoratif Ron Morel de Kapuskasing.
Celui-ci venait de visiter, un an plus tôt, des moulins de Kapuskasing et en garda une telle impression qu’il l’avait proposé au Roi George VI qui devait faire la tournée pancanadienne, mais l’a délégué à sa fille Elizabeth en raison de graves problèmes de santé.
UN SOUVENIR ENCORE VIBRANT
Julie Latimer fut responsable de l’exposition célébrant les 60 ans de règne de la reine en 2012 au Musée commémoratif Ron Morel de Kapuskasing. Même si elle n’était pas née lors de la visite de trois jours à Kapuskasing de 1951, celle-ci n’en demeure pas moins touchée par le passage de la reine.
« Je regardais les photos puis je pouvais voir les expressions quand elle rencontrait les gens, quand on lui expliquait les procédés au Moulin, tu sentais sa sincérité et qu’elle était vraiment intéressée à nous rencontrer et nous entendre », raconte-t-elle avec émotion.
Elizabeth II arrive devant l’auberge Kap Inn. Gracieuseté du Musée commémoratif Ron Morel de Kapuskasing.
Selon Julie Latimer, la perception que les habitants ont de la reine n’a fait que s’améliorer et est toujours aussi positive aujourd’hui et son passage aura eu de belles répercussions sur la ville.
L’établissement hôtelier Kap Inn où le couple princier avait logé dans une suite rebaptisée, encore aujourd’hui, ‘princess suite’ et a conservé le nom de ‘Windsor dining room’ pour une de ses salles sans parler d’une grande photo et un livre signé par le couple lors de son passage.
À LA RENCONTRE DES FRANCO-ONTARIENS
Le couple royal sera de retour dans le Nord, à Sudbury à deux autres reprises pour visiter une mine en 1959 puis pour l’inauguration de Science Nord en 1984.
Bien que francophone et francophile, la reine Elizabeth n’est pas allée spécifiquement à la rencontre des Franco-ontariens lors de ses visites, selon l’historien Serge Dupuis. Une situation à laquelle elle remédia en 1984 alors qu’elle visite le musée provincial qui s’apprêtait à ouvrir.
« ON FAISAIT ENCORE UNE DIFFÉRENCE POUR LES ANGLOPHONES » – DENISE GUIDO
C’est d’ailleurs, cette même année que la province reconnaissait le français comme langue officielle de son système judiciaire explique le professeur d’histoire à l’Université Laval.
Celui qui vient de consacrer une conférence à ce sujet ajoute que le cortège royal traversera les secteurs francophones de la ville qui comptait 40 % de francophones. Le boulevard LaSalle et l’avenue Notre-Dame aux abords desquels se sont réunis les élèves de langue française.
Elizabeth II devant une escorte des cadets du secondaire de Kapuskasing. Gracieuseté du Musée commémoratif Don Ravel de Kapuskasing.
Denise Guido s’en rappelle. La Franco-ontarienne ne s’est pas rendue à Science Nord, mais le souvenir du passage de la reine devant sa maison de l’avenue Notre-Dame reste encore dans son esprit, le bruit des voitures et des cris enthousiastes dans les rues est difficile à oublier.
« On faisait encore une différence pour les anglophones, que la reine d’Angleterre se déplace dans le Nord chez nous c’était fort, elle était vraiment généreuse avec nous », confie-t-elle avant d’ajouter qu’elle se désole de son décès.
UNE INAUGURATION EN GRANDE POMPE
Près de 5000 personnes étaient présentes pour l’inauguration du centre des sciences qui se fera dans les deux langues officielles en présence du premier ministre Bill Davis qui à l’inverse de la Reine ne peut s’adresser à la foule en français, conte Serge Dupuis.
« On confiait le God Save the Queen à une chorale d’un high school, tandis que les élèves du Collège Notre-Dame entonnent l’Ô Canada dans sa version originelle », poursuit-il.
« UN MOMENT TRÈS IMPORTANT DE L’HISTOIRE DE NOTRE VILLE » – RÉJEAN GRENIER
L’ex-journaliste Réjean Grenier était présent, il couvrait l’événement pour le compte de la Canadian Broadcasting center (CBC).
« L’idée qu’elle venait à Sudbury ça en faisait un événement majeur pour une petite ville comme Sudbury et que je sois le journaliste de la CBC qui couvre ça, c’était quelque chose ! » se souvient celui qui est aujourd’hui éditorialiste pour le journal Le Voyageur de Sudbury.
Réjean Grenier se dit chanceux d’avoir pu être plus proche de la Reine que la foule lors de l’inauguration de Science Nord. Archives ONFR+
Il raconte aussi le double événement de l’ouverture de Science Nord qui était vu comme une grande nouvelle non seulement pour Sudbury, mais aussi pour tout le nord de l’Ontario.
« Avoir la reine pour ouvrir Science Nord c’était une grande fierté, un moment très important de l’histoire de notre ville », finit-il.
OTTAWA – C’est samedi que sera connu le chef du Parti conservateur du Canada avec Pierre Poilievre vu comme le grand favori par la majorité des sondeurs et analystes.
Pour le politologue Frédéric Boily, le principal concurrent du député de Carleton, Jean Charest, aurait besoin d’un scénario quasi parfait avec un meilleur recrutement qu’anticipé dans l’Ouest canadien.
« Il n’y a pas beaucoup d’éléments qui semblent jouer en faveur d’une victoire de Jean Charest. Ça aurait pu être possible si tous les appuis de Pierre Poilievre avaient été dans l’Ouest et que Jean Charest avait fait mieux dans l’Ouest, mais on n’a pas vu ça nécessairement. Je pense que la victoire de Pierre Poilievre semble maintenant ne faire pas grand doute », analyse l’expert du conservatisme et de la droite canadienne.
Le clan Charest prétend que ce dernier a toujours une chance de l’emporter, arguant miser sur les nombreux comtés en Ontario et au Québec pour une victoire.
« C’est possible, mais il faudrait vraiment que M. Charest fasse très bien également au Québec or les nombres et les chiffres de financement qui sont sortis durant l’été nous apprennent que M. Poilievre avait également des appuis un peu partout au Canada. Il semble avoir une équipe très efficace, ce qui lui permet de balayer l’ensemble du territoire », note M. Boily.
Selon un sondage Léger au début du mois d’août, Jean Charest était vu comme le meilleur chef pour 16 % des électeurs conservateurs tandis que 44 % avaient une préférence pour Pierre Poilievre.
« La voie de la victoire pour Jean Charest est très étroite. Il faudrait notamment que les partisans de Pierre Poilievre soient démotivés d’avoir voté parce qu’il pense que leur candidat est en train de gagner », observe le professeur à l’Université de l’Alberta.
Patrick Brown, maire de Brampton et candidat écarté. Crédit image : Maxime Delaquis.
Cette course implique aussi les députés ontariens Roman Baber, Scott Aitchison et Leslyn Lewis. En juillet, Patrick Brown avait été disqualifié de la course en raison d’allégations de son équipe de campagne qui aurait violé les règles financières de la Loi électorale canadienne. Une absence qui nuira au vote des centristes, croit Frédéric Boliy.
« Il n’était peut-être pas vu comme lui qui aurait gagné, mais ça aurait pu avoir un effet d’entraînement avec les progressistes-conservateurs de l’Ontario sur la course. L’ensemble des partisans progressistes-conservateurs auraient peut-être vu une option plus crédible que les autres candidats en provenance de l’Ontario. »
Une célébration différente
Le Parti avait laissé entendre jeudi une possible annulation de l’événement en raison du décès de la reine Elizabeth II, mais a finalement décidé de maintenir le tout.
« L’événement prévu pour annoncer les résultats de la course à la chefferie du Parti conservateur se déroulera comme prévu samedi à 18 heures (heure de l’Est), avec un programme révisé qui reflète le décès de Sa Majesté la Reine », a indiqué par communiqué, Ian Brodie, président du comité de l’élection du chef du Parti conservateur.
Nombre record de membres
Jeudi, le parti a révélé que sur les 678 702 membres élus pour voter, un record, 417 987 ont envoyé leur bulletin à temps et seront comptés. Au total, 437 854 ont été reçus, mais quelque 3 % ont été refusés. Sur le total de membres, il s’agit d’un taux de participation de près de 65 %. L’absence de carte d’identité et d’attestation signée a constitué le principal motif de rejet. La date limite de réception des bulletins de vote était le 5 septembre à 17h.
Comment le vote fonctionne
Il s’agit d’un système de points préférentiels. Les membres du parti classent les candidats et les candidates par ordre de préférence et toutes les circonscriptions électorales canadiennes ont le même poids, soit 100 points, si au moins 100 personnes ont voté dans chaque comté.
Le dépouillement des votes aura lieu samedi soir sur place et, à chaque étape, le parti révélera le nombre de points reçus par chaque aspirant, en plus des pourcentages correspondants. Le gagnant devrait être connu ce samedi autour de 20h.
Matthieu Villeneuve est le directeur de Fierté Timmins, un organisme sans but lucratif visant à appuyer la communauté LGTBQ2+.
LE CONTEXTE :
Après avoir été reportées, les célébrations de la Fierté ont lieu cette semaine à Timmins avec, en point d’orgue, le défilé et un rallye ce samedi.
L’ENJEU :
Attendues depuis la pandémie, les activités de la semaine ont lieu en présentiel pour le plus grand bonheur de la communauté du Nord.
« Qu’est-ce qui vous avait poussé à repousser les festivités en septembre?
Parce qu’en mai, on avait perdu des membres de notre groupe de volontaires, on était rendu un groupe très petit qui faisait la programmation pour toute la semaine de la Fierté. Donc ce n’était plus possible de tout gérer. Après la pandémie, c’était vraiment compliqué de recruter des bénévoles.
Comment avez-vous fait pour remédier à la situation finalement?
Quand la nouvelle est sortie en juin que la semaine était annulée, des personnes se sont intéressées et ont proposé d’être bénévoles. Maintenant, on a cinq membres dans le comité et quatre autres personnes qui nous aident spécifiquement pour les événements.
Matthieu Villeneuve se réjouit de pouvoir de nouveau offrir une programmation 100 % en présentiel. Gracieuseté.
Ces nouveaux bénévoles sont-ils tous de Timmins?
Oui, on a été capable de toutes les recruter ici. On a des plans pour l’avenir : quand on sera plus établis, on va commencer à attirer des personnes des alentours comme Iroquois Falls ou Hearst pour avoir des petits moments de fierté dans les petits villages aussi.
Comment s’est passée et se passe la préparation pour le reste des activités, surtout la journée chargée du samedi?
Super bien! On a complètement vendu les places pour notre spectacle de Drag, puis la journée même on va avoir la parade puis le rallye. Ça fait deux années qu’on est à la maison et que notre programmation est toute virtuelle, donc on espère avoir 500 personnes pour célébrer cette année avec nous.
Avez-vous ajouté de nouveaux éléments pour cette édition?
C’est sensiblement la même chose. On peut s’attendre à avoir du fun pareil qu’avant la pandémie! La seule chose c’est qu’on a réussi à recruter une personne de plus pour aiguiller les membres de la communauté comme conseiller et coordonnateur.
Avez-vous des craintes quant à la sécurité du défilé notamment?
Non, pas vraiment, nous autres on n’a jamais reçu de menaces. Normalement, on aura deux membres sur le côté avec leurs affiches. Mais vraiment ce n’est pas aussi gros qu’à North Bay. Ça va bien ici!
Le climat est-il donc plus favorable pour la communauté LGBTQ2+ à Timmins?
Ce que je vois, c’est que les membres de la communauté sont très privés. Ils sortent dans leur petit groupe mais dire qu’ils sortent dans la rue avec leur partenaire, ce n’est pas quelque chose qu’on voit trop trop. Les membres de notre comité d’organisation de la semaine sont à l’aise et out, donc ils n’ont pas de problème à ce que leur visage soit affiché partout. C’est sûr qu’ici on est la dernière commune à avoir une représentation avant d’aller plus vers le Nord, donc c’est encore un défi. »
Si les vacances sont finies, les événements culturels franco-ontariens eux continuent de résonner aux quatre coins de la province avec une programmation aussi bigarrée que variée. Toutefois, aussi riche soit le programme, il est éclipsé par le Festival international du film de Toronto (TIFF) qui ne manque pas d’œuvres francophones cette année.
SEPTIÈME ART
Une présence francophone remarquée au TIFF
Bien que cette année le TIFF a quelque peu réduit sa sélection de films par rapport à la dernière édition en présentiel qui remonte à 2019, sur les 240 métrages choisis, 51 sont des productions, des coproductions et des réalisations françaises, auxquelles s’ajoutent 12 productions québécoises.
Parmi ces dernières figure le premier long-métrage, Falcon Lake, réalisé par la comédienne québécoise, Charlotte Le Bon et qui sera présenté pour la première fois en Amérique du Nord après avoir été projeté en première mondiale au Festival de Cannes il y a quatre mois de cela.
Conférence au TIFF Bell Lightbox le10 août dernier. Crédit image : Jeremy Chan/Getty Images
Le TIFF se tient en présentiel du 8 au 18 septembre et que le film de Charlotte Le Bon sera projeté le 8 et le 13 septembre au Scotiabank Theatre Toronto et le 14 septembre au TIFF Bell Lightbox.
HISTOIRE ET DIVERTISSEMENT
Un labyrinthe pour découvrir les filles du Roy
D’un maïs à un autre, la Société d’histoire des filles du Roy organise le dimanche 11 septembre à la ferme Ouimet farms adventure, à Vankleek Hill dans le canton de Champlain, un parcours découverte sous forme de labyrinthe de maïs! Le but étant de découvrir l’histoire « des ancêtres, filles du Roy », tout en s’amusant.
Par ailleurs, les invités sont priés d’apporter tous les documents généalogiques en leur possession. Mais, attention, nulle sortie du labyrinthe n’est possible sans avoir identifié tous les indices qui s’y cachent. Vous voilà prévenus.
Source : Canva
LITTÉRATURE
Un calendrier pour le livre franco-ontarien
Si vous êtes à ce carrefour décisionnel bien connu chez les dévoreuses et dévoreurs de romans et que vous ne savez pas quelle sera votre prochaine lecture, cessez de vous torturer l’esprit.
En effet, en attendant le 25 septembre, jour des Franco-Ontariens et jour où les francophones de la province sont invités à acheter un livre d’une autrice et/ou d’un auteur de leur communauté, vous pouvez, du 1er au 24 septembre, découvrir chaque jour la suggestion d’un livre dans le « calendrier de l’avant », dans les médias sociaux et sur le site Web de la campagne « J’achète un livre franco-ontarien ».
C’est la première fois qu’un tel « calendrier » voit le jour en Ontario depuis le lancement de la campagne « J’achète un livre franco-ontarien » dont c’est la septième édition cette année.
Crédit illustration : Josée Lavoie
MUSIQUE
L’AfroFest de retour à Ottawa
Sur un autre registre, multiculturel celui-là, l’événement Afrofestival d’Ottawa se tient du 10 au 11 septembre au parc Mooney’s Bay. Pour celles et ceux que la pandémie a fait oublier les bonnes habitudes, il convient de rappeler que ce festival de musique et d’art est offert à titre gracieux et propose une panoplie de disciplines artistiques issues du continent africain et qui sont exécutées par des talents locaux et internationaux.
De plus, pour les petits et grands creux, l’AfroFest propose également des stands de nourriture installés par des vendeurs locaux.
Affiche du festival. Source : www.afrofestivalottawa.ca
TORONTO – Reine du Royaume-Uni, Elizabeth II était aussi celle du Canada, comme de l’ensemble des royaumes du Commonwealth. Son décès ce jeudi, à l’âge de 96 ans, a déclenché un déferlement d’hommages en Ontario ainsi qu’au pays.
« En cette triste journée, je me joins à tous les citoyens de la province, du pays et du monde entier pour commémorer la vie remarquable de Sa Majesté la reine Élizabeth II, reine du Canada. Tout au long de son règne historique, elle a fait preuve de dévouement, respectée et admirée pour son sens du devoir et son engagement caritatif », a salué le premier ministre ontarien, Doug Ford, souhaitant longue vie à son successeur, Charles III.
Dans les rangs de l’opposition, le chef intérimaire néo-démocrate Peter Tabuns a regretté « la perte d’une mère et d’une grand-mère qui manquera beaucoup à sa famille ». Le chef intérimaire du Parti libéral a rendu hommage à une « figure formidable dont l’influence a traversé les générations ».
Le premier ministre canadien a lui aussi réagi au décès de la souveraine : « Elle était une présence constante dans nos vies et son service aux Canadiens restera à jamais une partie importante de l’histoire de notre pays. » Il a également confié en conférence de presse que « c’était une de mes personnes préférées au monde ».
#ElizabethII : réaction de @JustinTrudeau en conférence. « J’ai beaucoup de mal à accepter que la dernière fois que je l’ai vu, sera la dernière fois. Ces conversations vont me manquer énormément… C’était une de mes personnes préférées au monde. Elle me manquera énormément. »
Plus longue monarque régnante de l’histoire britannique et plus longue monarque féminine régnante de l’histoire mondiale, Elizabeth II est montée sur le trône à l’âge de 25 ans, le 6 février 1952, succédant à George VI. S’en suivront 70 ans de règne et une stabilité comme rarement les monarchies en ont vécu.
Elle a connu 15 premiers ministres britanniques, une douzaine de présidents américains et enduré des périodes difficiles de l’histoire, de la Seconde Guerre mondiale à la chute du Mur de Berlin, en passant par le démantèlement de l’Empire britannique ou encore la mort de la princesse Diana.
La reine s’est rendue 22 fois au Canada, assistant aux Jeux olympiques de 1976 à Montréal. Sa signature en 1982 à Ottawa du rapatriement de la Constitution, donnant au Parlement le pouvoir de modifier la Constitution sans l’aval de la Couronne, a marqué un tournant au pays.
Deux ans plus tard, en 1984, elle se rendait dans le Nord ontarien, à Sudbury, au moment de l’inauguration du centre Science Nord. Sa dernière visite officielle remonte à 2010 : c’était à Halifax, Ottawa, Winnipeg, Waterloo et Toronto, au moment de la Fête du Canada.
Drapeaux en berne dans les villes ontariennes
Elizabeth II a aussi laissé un héritage à Toronto. La Ville a d’ailleurs souligné dans un communiqué la « relation spéciale » qui la liait à la souveraine commémorée par des monuments et roseraies de la ville nommés en son honneur. Les drapeaux ont été mis en berne un peu partout dans la Ville reine, tandis que l’enseigne de Toronto, devant l’hôtel de ville, et la tour CN seront également assombries ce soir.
« Alors que nous pleurons le décès de la reine, nous sommes reconnaissants pour la longue vie qu’elle a vécue, dévouée à notre service et au service de l’ensemble du Commonwealth », a déclaré le maire de Toronto John Tory.
« Ottawa se souviendra toujours de son règne historique », a souligné pour sa part le maire de la capitale, Jim Watson. Ottawa a emboité le pas de Toronto et mis ses drapeaux en berne.
L'ensemble du Commonwealth est attristé d'apprendre le décès de Sa Majesté la reine Élizabeth II.
Les drapeaux de toutes les installations de la Ville sont mis en berne jusqu'au coucher du soleil après ses funérailles. Ottawa se souviendra toujours de son règne historique.
La représentante de la monarchie britannique au Canada, la gouverneure générale Mary Simon, a salué une personne « compatissante, dévouée, humble, à l’écoute des gens et sensée ».
« Pour bon nombre d’entre nous, elle a été la seule reine que nous avons connue », a-t-elle dit. « Lorsque j’étais enfant, ma grand-mère, comme tant d’autres personnes dans l’Arctique, vénérait la reine. Elle nous racontait des histoires sur Sa Majesté, sur son rôle et son dévouement. L’accueil chaleureux offert par Sa Majesté lors de notre rencontre, plus tôt cette année, est un moment marquant de nos vies et un souvenir que je garderai précieusement. »
Une journée de deuil national sera proclamée et un livre national de condoléances en ligne est désormais ouvert par le gouvernement du Canada.
Cet article a été mis à jour le jeudi 8 septembre 2022 à 21h30.
TORONTO – « Qu’allez-vous faire pour arrêter l’hémorragie du déclin du français en Ontario », a interrogé ce jeudi en chambre le député néo-démocrate Guy Bourgouin, à l’adresse de Caroline Mulroney, ministre des Affaires francophones. Quand le déclin de la francophonie fait des remous à Queen’s Park.
Faisant écho aux récentes données de Statistique Canada sur le poids démographique déclinant des francophones au pays, le porte-parole de l’opposition officielle aux Affaires francophones, Guy Bourgoin, a reproché au gouvernement de sous-estimer ce recul et de ne pas réagir assez vigoureusement à cette tendance.
« Nous travaillons sur plusieurs dossiers pour renverser la courbe démographique de l’Ontario », a rétorqué Mme Mulroney, tablant entre autres sur l’immigration. « Nous utilisons tous les leviers à notre disposition. L’Ontario a par exemple toujours dépassé sa cible dans son Programme ontarien des candidats à l’immigration. »
La ministre en a profité pour relancer le gouvernement fédéral dans son soutien à la province, l’appelant à déléguer à l’Ontario plus de contrôle sur son processus d’attraction des immigrants économiques francophones. La province négocie en ce moment avec le ministère de l’Immigration des marges de manœuvre dans la sélection de travailleurs étrangers qualifiés. Le ministre en charge du dossier a récemment assuré à ONFR+ que les immigrants francophones figuraient parmi ses préoccupations, pour répondre à la pénurie de main-d’œuvre.
Mme Mulroney a en outre incité le gouvernement fédéral à créer un corridor en immigration pour attirer des enseignants et des travailleurs en santé, deux secteurs en grave crise de ressources humaines. Ce n’est pas la première fois que l’idée de corridor en immigration est soulevée par la ministre Mulroney. Dans un rapport – le premier du genre – rendu public en avril dernier, elle mentionnait déjà cette piste qui permettrait selon elle de mieux cibler les candidats en fonction des besoins névralgiques de la province.
« Ce n’est pas le moment de faire de la politique », dit la ministre
Le député du Nord a énuméré en chambre plusieurs reculs depuis l’élimination du commissaire aux services en français : « le manque de communication en français de la santé publique durant la pandémie, le manque de services en français au ministère des Transports concernant les évaluations médicales dans les régions désignées ou encore l’impossibilité de déposer une plainte en français auprès de l’agence Ontario One Call, une alerte sécurité de la police provinciale dans mon comté uniquement en anglais. »
La ministre l’a alors accusé de « faire de la politique avec cette situation ».
« Ce n’est pas le moment de faire de la politique, mais de travailler ensemble pour mettre en œuvre des solutions qui vont aider à renverser ce déclin démographique », a-t-elle indiqué. Elle a défendu une partie de son bilan, soulignant la modernisation de la Loi sur les services en français, ainsi que la création et l’ouverture de l’Université de l’Ontario français, tout en rappelant que les données démontrant le déclin de la langue française ne touchent pas que l’Ontario mais tout le pays.
Les données révélées cet été par Statistique Canada ont jeté un froid à travers le pays. Le document indique que 3,4 % des Ontariens ont le français pour première langue officielle, contre 3,8 % en 2016. Depuis plus de vingt ans, cette proportion est en baisse constante.
Le nombre absolu de Franco-Ontariens est aussi au plus bas depuis 1996. 484 425 Ontariens disent utiliser le français comme première langue officielle parlée et 98 270 déclarent être bilingues.
Le gouvernement fédéral, qui contrôle la plus large part de l’immigration au pays, a refusé d’admettre sa responsabilité dans cette tendance.
TORONTO – Après deux années d’absence dues à la pandémie, le Festival international du film de Toronto (TIFF) réouvre, ce jeudi, ses salles obscures pour le grand bonheur des cinéphiles nationaux et internationaux. Dotée d’une équipe organisatrice quelque peu rafraîchie, l’édition 2022 qui s’étend jusqu’au 18 septembre connaît quelques changements.
Et de 47 pour le célébrissime TIFF de Toronto, complètement en présentiel qui plus est. Classé au top cinq des plus importants festivals internationaux de cinéma au monde, aux côtés de ceux de Cannes, de Venise, de Berlin, et de Sundance, le TIFF de Toronto est un incontournable pour les cinéphiles et les professionnels de l’industrie cinématographique.
Le fédéral met la main à la poche
Le millésime 2022 est quelque peu différent, à commencer par l’investissement exceptionnel et non remboursable de 10 millions de dollars qui lui a été accordé par le gouvernement via l’un de ses bras financiers, l’Agence fédérale de développement économique pour le sud de l’Ontario (FedDev Ontario). Le but étant de revitaliser le festival en lui « permettant de retrouver son ampleur d’avant la pandémie », comme le souligne le communiqué gouvernemental datant du 10 août dernier.
Moins de films qu’en 2019
Côté art, presque tous les genres cinématographiques sont représentés dans cette version 2022, de l’action à la comédie en passant par le documentaire, pour ne citer que ceux-là. Pourtant, qualité et quantité n’allant pas forcément de pair, le TIFF 2022 présente cette année 240 films, dont une centaine de productions et de réalisations canadiennes et françaises, contre 333 métrages sélectionnés en 2019.
En revanche, ce sont environ 3500 invités de l’industrie et 1400 membres des médias qui sont conviés, ce qui correspond à peu près à ce qui se faisait avant la pandémie.
700 000 visiteurs attendus
Si, devant les informations livrées au compte-gouttes par la communication du festival, les spéculations vont bon train quant au nombre de visiteurs et aux retombées économiques sur la Ville reine qui viennent avec, le chiffre officiel équivaut à cinq fois celui enregistré par le festival de Cannes en 2022.
« Le Festival international du film de Toronto est l’un des festivals du film les plus prestigieux au monde. Ce festival de 11 jours attire plus de 700 000 visiteurs à Toronto », nous affirme Monica Granados, attachée de presse au cabinet de la ministre responsable de l’Agence fédérale de développement économique pour le sud de l’Ontario.
Par contre, si plusieurs sources avancent des retombées économiques sur la ville frôlant les 200 millions de dollars, l’attachée de presse ne parle que de « 114 millions de dollars sur la région ».
Vedettes sur tapis rouge
Nouvelle édition, nouvelles têtes. Parmi les stars qui seront présentes au festival, on compte entre autres Steven Spielberg qui présentera son film The Fabelmans, une première au TIFF pour le réalisateur. Oprah Winfrey, viendra pour sa part mettre en avant, à titre de productrice, le documentaire Sidney qui retrace le parcours de l’acteur noir Sidney Poitier.
Sont aussi attendus sur le tapis rouge torontois les acteurs Daniel Craig à l’affiche de Glass Onion, Harry Styles qui performe dans My Policeman, Jennifer Lawrence dans Causeway, Zac Efron dans The Greatest Beer Run Ever, ou encore Viola Davis dansThe Woman King.
La chanteuse Taylor Swift sera aussi de la partie à l’occasion de la projection du clip vidéo All Too Well : The Short Film.
Deux tonnes de popcorn
Un autre constat, et non des moindres, qui reste inchangé par rapport à l’époque prépandémique entérinant par la même le retour à la normale, c’est la consommation de maïs soufflé (les incontournables popcorn) dans les salles pendant les projections.
En effet, à l’instar de l’édition en présentiel qui précédait, les organisateurs tablent cette année sur une consommation de popcorn qui avoisinera les deux tonnes. Pour rappel, en 2019, les cinéphiles et cinématographes ont ingurgité quelque 1995 kg de cet amuse-gueule.
Si la question semble sans grande importance, elle vaut son pesant d’or lorsque l’on sait que sans la vente de nourriture, les propriétaires de salles de cinéma s’en arracheraient les tifs. Et pour cause, la vente de nourriture représente entre 50 % et 80 % de leurs revenus, à en croire l’Association des propriétaires de cinémas du Québec. Un signe de reprise, en somme.
TORONTO – Le ton est monté d’un cran, ce mercredi à Queen’s Park, face au risque de grève dans les écoles qui pourrait découler d’un éventuel échec des négociations des conventions collectives du personnel en éducation. L’opposition a fustigé les propos de Stephen Lecce tenus la veille.
« Le gouvernement doit assumer sa responsabilité pour éviter les perturbations », a tancé en chambre la députée Marit Stiles en réaction aux propos du ministre de l’Éducation dans les médias. Stephen Lecce disait vouloir tout faire pour éviter une grève et maintenir les élèves en classe.
« Depuis 30 ans, quel que soit le parti au gouvernement, les syndicats ont fait des grèves et retiré leurs services. C’est la vérité. Ça fait partie de la vie des enfants et les parents sont lassés de vivre cela chaque année », a riposté en période de questions le ministre Lecce, dénonçant l’obstination et « le pouvoir des syndicats ».
« Quand un syndicat tient un vote avant même que la Couronne présente sa première offre, cela dénote un manque de respect envers la population. Il est grand temps que quelqu’un dise la vérité à ce pouvoir des syndicats. Les parents veulent que leurs enfants restent à l’école et nous allons tout faire pour que ce soit le cas », a-t-il plaidé, mettant en avant des investissements supplémentaires à hauteur de 650 millions de dollars cette année.
Stephen Lecce, ministre de l’Éducation. Crédit image : Jackson Ho
L’élue néo-démocrate de Davenport, Marit Stiles, a contre-attaqué en soulignant un contexte lourd pour les travailleurs en éducation qui ont « remué ciel et terre durant la pandémie pour enseigner aux élèves de la province. Ils méritent nos remerciements et non des menaces ou des suppressions de budget ».
Ces vifs échanges interviennent alors que s’amorcent des négociations tripartites entre le gouvernement, les organisations représentant le personnel de l’éducation et ses employeurs, les conseils scolaires.
Négociations et risque de grève
Dans l’impasse en 2020, ces discussions avaient précipité les enseignants dans les rues ontariennes, vent debout contre la hausse des effectifs par classe, le plafonnement de leur rémunération et la dégradation de leurs conditions de travail.
Le gouvernement veut éviter qu’un tel scénario ne se reproduise, paralysant les écoles durant plusieurs semaines, alors que la pandémie a déjà tenu les élèves longtemps éloignés des salles de classe.
Marit Stiles, députée NPD de Davenport. Crédit image : Jackson Ho
Plusieurs syndicats, comme la Fédération des enseignantes et des enseignants des écoles secondaires de l’Ontario (FEESO), se sont positionnés pour réclamer plus de financement dans l’éducation publique et une compensation qui tienne compte de l’inflation. Sa présidente doit d’ailleurs tenir une conférence de presse ce jeudi.
D’autres organisations, à l’image de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), expriment de vives préoccupations concernant l’écoute réelle du ministre et la pénurie de ressources humaines à laquelle est confronté le milieu de l’éducation en milieu minoritaire.
Des conseils scolaires demandent eux aussi une mise en œuvre dans un délai raisonnable de plusieurs mesures du rapport de 2020 sur la question de la pénurie.
« Le ministre connaît mal son histoire », réagit l’AEFO
« Quand le ministre de l’Éducation insiste pour dire que les syndicats en éducation font des grèves et retirent leurs services depuis 30 ans, il connaît très mal son histoire », a réagi la présidente de l’AEFO, Anne Vinet-Roy. « À l’exception de 2019 sous les conservateurs, l’AEFO n’a fait aucune grève généralisée depuis la création des conseils scolaires de langue française, il y a de cela plus de 20 ans. »
Elle ajoute qu’« aucun moyen de pression n’était prévu pour la rentrée scolaire et le ministre Lecce a tout de même choisi de faire des sorties publiques de mauvaise foi. La rentrée scolaire s’est faite en douceur et c’est en grande partie grâce aux travailleurs en éducation. »
« Pour appuyer cette stabilité dans les écoles, nous continuons d’avoir des attentes fermes : de vrais investissements significatifs devront être faits pour prendre des actions concrètes et faire de l’éducation une réelle priorité », assène Mme Vinet-Roy.
Cet article a été mis à jour le mercredi 7 septembre à 15h
André Blais est le directeur de l’éducation au Conseil scolaire catholique MonAvenir, un réseau de 62 écoles de langue française dans le Centre-Sud-Ouest de l’Ontario.
LE CONTEXTE :
Après l’Est ontarien la semaine dernière, élèves et enseignants du Centre-Sud-Ouest et du reste de la province ont fait leur retour en classe ce mardi.
L’ENJEU
Assurer des conditions d’apprentissage sécuritaires, capitaliser sur les outils technologiques et valoriser la santé mentale des élèves, tels sont les défis de cette rentrée scolaire.
« Le retard accumulé dans les apprentissages ces trois dernières années aura-t-il des conséquences sur la réussite des élèves?
Nous sommes toujours préoccupés lorsque les enfants ne baignent pas dans la culture en milieu minoritaire où la langue est à la base tout apprentissage. Mais il y a eu des investissements importants de la province dans le tutorat. Maintenant, ce qui nous intéresse, c’est de prendre chaque enfant là où il est et de faire en sorte de lui donner les clés nécessaires pour qu’il réussisse son année scolaire.
Après tout ce que les élèves ont enduré durant trois ans, comment mieux prendre en considération leur santé mentale?
Nous reconnaissons que les élèves ont eu des moments difficiles. Nous allons mettre l’accent sur la bienveillance, l’équité et former nos équipes pour qu’elles soient aux aguets. Nous avons aussi ajouté du personnel au niveau du travail social pour bien répondre aux besoins des élèves dans les écoles et créer des ponts avec les ressources communautaires.
La technologie a pris énormément de place dans l’apprentissage. Quelles recettes allez-vous conserver?
Nous avons fait de très beaux gains en termes de technologie durant la pandémie et on veut bâtir là-dessus pour éviter de retourner à d’anciennes façons de faire. Nous allons demander à nos enseignants par exemple de continuer à utiliser certains outils Google comme moyens de communication avec les élèves. Nous avons toujours pour objectif de fournir un espace muni de technologie dans chacune de nos écoles afin que les élèves continuent à intégrer la technologie dans leur apprentissage au quotidien.
Quelle proportion d’élèves poursuit l’école à la maison? Avez-vous gardé une certaine souplesse?
Environ 80 élèves demeurent en école virtuelle, comparés aux 400 de l’année d’avant, et 800 l’année précédente. On est heureux de répondre à ce besoin pour les parents qui le souhaitent encore.
Avez-vous un plan B pour affronter une nouvelle flambée épidémique? Êtes-vous mieux préparé que les autres années face à ce type de scénario?
Des mesures de prévention demeurent en place comme la ventilation, le désinfectant, la surveillance du taux d’absentéisme, le port du masque optionnel… et nous restons en contact étroit avec les bureaux de santé publique qui nous guideront dans les prochaines démarches. Nous sommes définitivement mieux préparés.
Les problèmes de ventilation des écoles ontariennes ont fait couler beaucoup d’encre. L’air que l’on respire est-il sûr dans toutes les écoles du conseil scolaire?
Oui, nous avons travaillé avec des experts durant deux ans pour s’assurer que les filtres utilisés dans les échangeurs d’air soient les mieux qu’on puisse accommoder. Des lieux requérants une purification additionnelle ont été également équipés en conséquence. Notre conseil, comme beaucoup d’autres, a hérité d’une centaine d’unités de ventilation financées par le ministère de l’Éducation.
Avez-vous rencontré des difficultés à pourvoir des postes d’enseignants en cette rentrée?
Nous avons eu quelques défis et il reste des postes permanents à combler. Heureusement ou malheureusement, nous sommes devenus des experts dans le domaine de la pénurie chez les francophones depuis les sept-huit dernières années, ce qui fait qu’on a développé une certaine polyvalence dans nos ressources humaines pour s’assurer que l’apprentissage des enfants soit la priorité.
Avez-vous noté des avancées significatives ces derniers mois dans la réponse de la province à la pénurie?
Tranquillement, mais pas assez rapidement pour les conseils scolaires de langue française. Nous vivons une pénurie critique. Il y a des signes encourageants d’amélioration de la part du gouvernement. Des 37 recommandations du rapport de janvier 2020, on nous a informés que plusieurs seront adoptées par le gouvernement. On souhaite que la mise en œuvre se fasse dans un délai raisonnable.
Comment abordez-vous les négociations des conventions collectives des enseignants? Redoutez-vous des blocages semblables à ceux de 2018?
On est optimiste. On espère que cela va bien se terminer, sans grève, ni grève du zèle. Les négociations se déroulent présentement avec le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP). Les négociations n’ont pas encore repris avec l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO) et la Fédération des enseignantes-enseignants des écoles secondaires de l’Ontario (FEESO), mais des discussions préliminaires ont eu lieu. Le gros du travail reste à venir et devrait débuter d’ici la fin du mois. »
L’écrasante majorité des universités ontariennes accueillent cette semaine leurs étudiants sans imposer le port du masque. Il reste toutefois fortement recommandé lorsque la distanciation est rendue difficile, voire imposé dans des cas particuliers, suivant les établissements.
Cela n’était pas arrivé depuis trois ans : les étudiants font leur rentrée en mode présentiel. Et ce retour sur les bancs universitaires se fait en général sans masque ni preuve vaccinale.
C’est le cas ce mardi à l’Université de l’Ontario français (UOF) qui a suspendu l’obligation entourant la vaccination et le port du masque afin d’avoir accès au campus. L’institution torontoise n’écarte toutefois pas de revenir sur cette mesure en donnant « un peu de préavis », si la situation sanitaire l’exigeait.
Cette approche est la plus répandue dans la province. L’Université de Hearst, le Collège Glendon de l’Université York, le Collège Boréal ou encore La Cité ont aussi adopté une politique similaire en ce sens, s’alignant sur les directives de l’Ontario qui a levé l’obligation du port du masque depuis mars dernier.
Dans dans les espaces intérieurs, on encourage tout de même le port du masque, dès lors qu’il n’est pas possible de garder une distance sécuritaire.
Mais toutes les universités ne l’entendent pas de cette oreille, à l’image de l’Université Laurentienne qui exige toujours le couvre-visage dans tous les espaces d’enseignement (salles de classe, laboratoires, ateliers, autres aires d’enseignement) où il n’est pas possible d’assurer une distance de deux mètres entre les personnes.
L’Université d’Ottawa impose, quant à elle, le port du masque « dans des cas d’exception comme les cliniques ou les programmes en lien avec la santé » et le recommande « dans les endroits très achalandés comme les salles de classe et de réunion, les laboratoires et les ascenseurs ».
Des tests rapides sont distribués aux membres du corps étudiant au Centre de santé et mieux-être étudiant.
D’autres universités sont plus radicales comme Western à London où les étudiants, le personnel et les professeurs doivent avoir reçu au moins une dose de vaccin contre la COVID-19 et porter des masques dans les salles de classe et de séminaire, à l’exception de ceux qui s’adressent à un groupe ou qui peuvent rester à deux mètres l’un de l’autre.
Si l’Université de Toronto a levé l’obligation du port du masque sur son campus, elle oblige pour sa part les étudiants et les membres du personnel qui logent en résidence étudiante à être triplement vaccinés.
Réputé pour être un tremplin vers une carrière politique, le poste de conseiller scolaire est de moins en moins attractif au sein de la communauté francophone, à l’inverse des anglophones où ce statut est de plus en plus prisé. Quelque 72 % des sièges francophones ont d’ores et déjà trouvé locataires, et ce avant même le jour du vote prévu pour le 24 octobre prochain. Décryptage.
Les jeux sont faits. Depuis le 19 août dernier, les personnes désireuses d’embrasser la carrière de conseiller scolaire ne peuvent plus déposer leur candidature. Tant mieux pour les francophones parce qu’ils ne s’y bousculent pas!
Quelque 72 % des 130 sièges de conseiller scolaire francophone publics et catholiques ont déjà trouvé preneur par acclamation, c’est-à-dire sans vote, faute de candidats concurrents.
Le phénomène est géographiquement global, car la dispersion de ce pourcentage s’étale de 42 % pour le Conseil scolaire Viamonde à 100 % pour le Conseil scolaire public du Nord-Est de l’Ontario. Même constat dans les conseils catholiques : Franco-Nord affiche le plus bas taux de sièges élus par acclamation avec 50 % et le Conseil scolaire du district catholique des Aurores boréales fait carton plein avec 100 %.
Denis Chartrand, président de l’Association des conseils scolaires des écoles publiques de l’Ontario (ACÉPO). Archives ONFR+
« Le poste de conseiller scolaire est extrêmement important. Il devrait intéresser toute personne qui a, ou qui a eu des enfants à l’école. Malheureusement, on a beaucoup de difficultés à trouver des candidats parce que ce rôle est mal compris », déplore Denis Chartrand, président de l’Association des conseils scolaires publics de l’Ontario (ACÉPO).
Un phénomène beaucoup moins présent chez les anglophones
On pourrait penser que ce désintérêt est général chez la population ontarienne comme cela a pu être observé dans les scrutins politiques. Il n’en est rien, seuls 25 % des sièges de conseiller scolaire anglophone ont été remportés par acclamation avant l’échéance des élections municipales.
« Mieux » que cela, ce poste intéresse de plus en plus les anglophones. En 2018, ils étaient 31 % à être élus par acclamation, alors que la tendance est inversée chez les francophones qui n’enregistraient que 53 % en 2018 et 55 % en 2014 de sièges pris d’office.
Autre indicateur tendanciel, la majorité des sièges francophones pour 2022 n’affichent que deux candidats en lice, alors que chez les anglophones, il n’est pas rare de voir plus de six candidats pour une seule place, comme cela est le cas pour la circonscription de Brampton qui compte 12 prétendants.
« De par mon expérience, la première fois que je me suis présentée pour le poste de conseillère scolaire, il y avait trois autres personnes qui s’étaient présentées contre moi. Quatre ans plus tard, je me suis représentée et ils n’étaient que deux. Puis, la fois d’après, j’étais toute seule », se rappelle Lucille Collard, députée provinciale d’Ottawa-Vanier et élue pour la première fois en 2010 comme conseiller scolaire.
Lucille Collard, députée provinciale d’Ottawa-Vanier et élue pour la première fois en 2010 comme conseiller scolaire. Archives ONFR+
De son côté, le directeur général de l’Association franco-ontarienne des conseils scolaires catholiques (AFOCSC), Yves Lévesque note que « traditionnellement, le taux de conseillers scolaires élus par acclamation a toujours été plus élevé du côté francophone que pour les anglophones, ce qui est dû en partie au fait que le bassin des personnes investies dans la cause de la gestion de l’éducation catholique ou publique de langue française est plus restreint. »
Un constat toutefois atténué par le fait que l’écart entre francophones et anglophones s’agissant des élus par acclamation a fait plus que doubler entre les élections de 2018 et 2022 alors qu’il était beaucoup plus contenu entre 2014 et 2018. Aussi, si le nombre des anglophones est nettement plus élevé que celui des francophones, les sièges disponibles pour les premiers sont quatre fois plus nombreux que ceux dédiés aux seconds.
Peu connu et pas reconnu
Par ailleurs, l’un des éléments explicatifs à ce désintéressement et qui revient sur toutes les lèvres interviewées, c’est la méconnaissance du public francophone des fonctions de conseiller scolaire, ainsi que le manque de valorisation pour ces représentants locaux.
« D’une part, tout le monde semble comprendre ce que c’est un conseiller municipal, mais pas un conseiller scolaire pour des raisons qui m’échappent. D’autre part, on ne valorise pas du tout ce poste, et ça, ça m’attriste », regrette M Chartrand avant de poursuivre : « Il y a beaucoup de gens qui pensent que le conseiller scolaire n’est pas nécessaire, imaginez si tout était concentré entre les mains du ministère de l’Éducation, vous attendriez très longtemps avant de recevoir une réponse à votre question si vous êtes parent. »
Même résonnance chez Mme Collard qui pointe du doigt la non-connaissance et la non-reconnaissance du rôle de conseiller scolaire au sein de la population franco-ontarienne.
« C’est incroyable le nombre de personnes qui confondent conseiller scolaire et conseiller pédagogique. Beaucoup ne savent pas que c’est un poste élu. Je me rappelle qu’on m’avait demandé au conseil scolaire de mettre mon nom sur les sites des écoles en spécifiant bien que j’occupais un poste élu parce que les gens ne sont pas forcément au courant. Il y a certainement un travail de promotion à faire de ce côté-là », confirme celle-ci.
Emmanuelle Richez, candidate non élue par acclamation dans la circonscription d’Essex. Gracieuseté
Quant aux principaux concernés, parmi la dizaine de candidats contactés, seule Emmanuelle Richez, candidate non élue par acclamation dans la circonscription d’Essex, l’une des rares circonscriptions francophones âprement disputées avec quatre prétendants, attribue les raisons de cet altruisme à un manque de moyens.
« Contrairement aux niveaux fédéral et provincial, le niveau scolaire ne possède pas de système partisan. Les candidats ne bénéficient pas de l’infrastructure que peut offrir un parti politique. Le fait de ne pas profiter des ressources humaines et financières qu’une affiliation partisane procure peut décourager plusieurs personnes à briguer le poste de conseiller ou conseillère scolaire », explique cette dernière.
Une fonction sous-rémunérée
Cette carence de ressources se reflète également dans les allocations touchées par les conseillers scolaires une fois élus.
« Certes, nos conseillers reçoivent une allocation pour leurs services, mais être conseiller scolaire dans les conseils de langue française tient plus du bénévolat qu’autre chose. C’est un autre facteur qui rend l’intérêt pour la fonction un peu plus difficile », relève M Lévesque.
Yves Lévesque, directeur général de l’Association franco-ontarienne des conseils scolaires catholiques (AFOCSC). Gracieuseté
Une opinion largement partagée par la députée d’Ottawa-Vanier : « L’allocation reçue par les conseillers scolaires diffère de façon assez importante entre les anglophones et les francophones. Un conseiller scolaire francophone peut recevoir par année environ 6600 $, tandis que les anglophones touchent en moyenne 16 600 $. Ça fait une grosse différence. »
Dans les faits, qu’ils soient francophones ou anglophones, tous les conseillers scolaires perçoivent le même montant fixe fixé par le gouvernement de la province et qui est de 5900 $ par an. En revanche, et c’est là où le bât blesse, ce montant est bonifié de 1,75 $ par élève, ce qui signifie que c’est la loi du nombre qui fait la différence.
Ceci écrit, au-delà des considérations pécuniaires, la valeur d’un conseiller scolaire réside dans son rôle civil qui n’est ni plus ni moins, que de contribuer à la réussite et au bien-être des élèves.
TORONTO – Denis Berthiaume est décédé vendredi, à l’âge de 53 ans, des suites d’un cancer généralisé. Ancien vice-recteur de l’Université de l’Ontario français (UOF) et auteur de plusieurs ouvrages, ce chercheur était reconnu internationalement pour son expertise en pédagogie universitaire.
Atteint depuis une dizaine d’années d’une arthrite de la colonne vertébrale et d’une sclérose latérale primitive, M. Berthiaume avait reçu le diagnostic d’une tumeur au cerveau et d’un cancer colorectal l’année dernière, lui laissant une espérance de vie de moins d’un an. Il avait alors décidé de recourir à l’aide médicale à mourir.
Ses proches ont annoncé son décès via les réseaux sociaux. « J’ai la lourde tâche de vous aviser de son décès très récent », a fait savoir son frère Éric Berthiaume.
Dans un message adressé à ses amis au cours de l’été, sur son compte Facebook, Denis Berthiaume évoquait son état de santé déclinant : « Mon corps est en train de dire au revoir à la vie car il n’a plus le choix. Il ne répond plus de la bonne façon. La monture arrive en bout de course et, malgré les nombreux moments de repos, elle ne récupère plus très bien ni très rapidement. J’avoue que cela me décourage mais je n’ai d’autre possibilité que de l’accepter. C’est le choix le moins épuisant à faire. »
Denis Berthiaume. Gracieuseté
L’universitaire énumérait dans ce même message une série de troubles : « Problèmes cardiaques, eau sur les poumons, perte d’appétit, insomnie permanente, vision de moins en moins précise, cancer qui apparaît là où on ne s’y attendait pas… La machine lâche d’un bout à l’autre. Difficile d’imaginer un retour en arrière. »
Originaire de Sherbrooke au Québec et psychologue de formation, M. Berthiaume était un adepte de l’approche transdisciplinaire des sciences humaines et sociales, et un gourmand de musique, de peinture et de photographie. Il a étudié les relations internationales à l’Université Laval (Québec), la psychopédagogie à l’Université McGill (Montréal) et la gestion de l’enseignement supérieur à l’Université Harvard (États-Unis).
Co-recteur par intérim et vice-recteur de l’UOF
Tour à tour enseignant universitaire, conseiller pédagogique, chercheur et administrateur, il a contribué à la naissance et la mise sur pied de l’UOF à titre de co-recteur par intérim et vice-recteur aux études et à la recherche, avant de quitter ses fonctions en août 2021.
Auparavant vice-recteur Qualité et responsable du Service d’appui au développement académique et professionnel de la HES-SO, une haute école spécialisée située en Suisse, M. Berthiaume a aidé à se former, durant près de 20 ans, des conseillers pédagogiques d’une cinquantaine d’universités en Europe, dans les Amériques, en Afrique et en Asie.
Il a été, dans cette même école, directeur académique du Certificat d’études supérieures en enseignement et apprentissage de l’enseignement supérieur.
L’Association internationale des conseillers et conseillères pédagogiques de l’enseignement (ICED) lui avait d’ailleurs décerné en 2018 un prix d’excellence récompensant ce parcours.
OTTAWA – Musicienne, auteure-compositrice et interprète avant-gardiste, Jessy Lindsay offre sa musique comme on offre une thérapie. Proche de la communauté, cette Franco-Ontarienne travaille avec de nombreux organismes francophones de la région d’Ottawa. Féministe et engagée, Jessy Lindsay veut avant tout que les femmes se choisissent et s’élèvent ensemble.
« Du haut de vos 21 ans, vous avez déjà plusieurs années de pratique musicale, n’est-ce pas?
Oui, j’ai commencé la musique très tôt dans ma vie. Mes grands-parents me disent toujours que j’écrivais des chansons dans le siège arrière de l’auto, lorsque j’étais un enfant. Je me demande vraiment à quoi ça pouvait ressembler, surtout que je n’avais pas de vocabulaire (Rires).
Apparemment, je fredonnais et il n’y avait pas de mot nécessairement. Ensuite, j’ai commencé le piano à l’âge de 6 ans, la guitare à 8 ans et j’ai commencé véritablement à écrire des chansons dès 10 ans et performer à 12 ans. J’ai sorti mon premier single à 12 ans d’ailleurs, puis un autre à 14 ans. En 11e année, j’ai composé un quintette à cordes et fait un spectacle de lancement lors duquel j’ai invité Marie-Clo et Moonfruits en première partie.
Avez-vous toujours écrit vos chansons en français?
Pas toujours. En fait, lorsque j’étais en 6e et 7e année, j’ai commencé à écrire en français pour les spectacles de l’école. Au début, j’étais plus à l’aise en anglais. C’est à partir de là que je suis tombée en amour avec l’écriture en français et le chant en français.
J’étais dans le programme de musique vocale au centre d’excellence artistique de l’École publique secondaire De La Salle. J’ai fait beaucoup de chorale, de chant classique et de solfège. On a fait des tournées internationales pour présenter la musique canadienne-française, comme en Chine ou en Italie par exemple.
En tant que Franco-Ontarienne, est-ce une évidence de chanter en français?
Je pense oui. En fait, je me sens chez moi et moi-même en français. J’ai toujours baigné dans le français et c’est normal pour moi de continuer mon art en français. Même si je suis consciente que je pourrais le faire en anglais. Mon père est anglophone et ma mère bilingue. Le français, c’est ma thérapie.
En 9e année, j’ai vu Céleste Levis sur scène. Je me suis dit alors que je voulais vraiment faire comme elle. Être une femme au milieu de la scène et partager des émotions et des feelings dans mes chansons. En rencontrant des gens de l’industrie musicale franco-ontarienne et franco-canadienne, je suis tombée en amour avec la communauté. C’est comme une petite famille.
Je me sens choyée d’être si bien reçue dans la communauté francophone de l’Ontario, mais aussi, avec les artistes ontariens, on se soutient et on s’entraide. On veut de la relève franco-ontarienne aussi. Avec la pandémie et l’impossibilité de faire des festivals, on est en perte de vitesse.
Vous produisez-vous ailleurs que dans la région d’Ottawa?
La plupart des spectacles que j’ai fait cet été étaient avec des organismes francophones d’Ottawa. L’Alliance française, l’Association des communautés francophones d’Ottawa, la Maison de la francophonie d’Ottawa… D’ailleurs, je travaille pour eux comme coordinatrice d’un programme artistique pour les jeunes. Je suis aussi sur le conseil d’administration de l’Association des professionnels de la chanson et de la musique (APCM). Je m’implique vraiment dans le monde francophone. J’ai beaucoup d’amour pour la communauté.
Jessy Lindsay au Festival Encore Ottawa. Crédit image : Le Réveil
En 2021, j’ai animé une émission qui s’appelait Ma voie et j’ai fait 13 entrevues avec des femmes auteures-compositrices-interprètes franco-canadiennes. On parlait de musique, mais aussi des défis de l’industrie, les parcours propres qui leur ont permis de s’assumer et de développer de la confiance en soi.
En quoi la musique vous a transformée?
J’étais un enfant très timide, je pleurais beaucoup et pour des choses futiles. J’avais peur de faire mal aux autres. Je ne me mettais pas souvent en avant, je ne mettais pas souvent mon pied à terre. Dès l’enfance, j’ai eu un penchant pour la musique et je crois que c’est de devoir performer qui m’a permis de m’affirmer et partager mes émotions.
J’étais le genre de fille à jouer souvent aux spectacles au secondaire et même au primaire, c’est quelque chose que j’ai toujours fait.
Ça m’a pris beaucoup de temps pour comprendre ce que je voulais dire et faire avec ma musique. Je me suis vraiment remise en question, demandée quelle sorte de musique et quelles ambitions j’avais et finalement, ça a été plus simple que ce que je pensais.
Comment qualifieriez-vous votre musique?
Je décris ma musique comme indie-pop avec des sonorités jazzées et libératrices. Pour moi, ça veut dire que ce sont des refrains accrocheurs, je suis une nerd de théorie musicale. Je me libère au travers de ma musique et je pense qu’on l’entend au niveau musical.
Il y a beaucoup de joie dans la libération et l’explosion de soi. Je suis très logique comme personne et j’aime résoudre des problèmes, d’ailleurs, j’aime apprendre à tout faire moi-même, que ce soit du budget à la planification. Être une femme accomplie dans l’industrie.
Pensez-vous qu’être musicienne depuis un si jeune âge vous a aidé à vous découvrir?
Absolument, ma musique, c’est aussi ma thérapie. J’ai beaucoup changé depuis le secondaire : je me souciais tellement de ce que les gens pensaient de moi. Je pensais déranger les gens si je leur parlais. Je me jugeais constamment aussi.
Puis à l’université, tout le monde se foutait de moi, mais de la meilleure façon possible. Je me sentais capable d’être qui je voulais et de m’assumer. Et en même temps, ça a été le cas pour ma musique aussi. J’ai évolué en même temps que ma musique, ou peut-être que c’est elle qui a évolué en même temps que moi.
J’ai commencé à faire des choses pour moi-même. Et m’entourer de gens qui m’élèvent humainement et artistiquement. Il fallait que je me découvre, que je me choisisse et que je priorise ma joie. Dans la vie, il faut se choisir soi-même.
Votre dernier EP va sortir en octobre. Pouvez-vous nous parler de sa réalisation?
C’est, je crois, mon plus gros projet. Je me suis entourée de personnes incroyables pour ce projet, qui avaient aussi besoin d’expériences professionnelles. Ce qui rend la réalisation aussi intéressante, c’est que nous sommes toutes des femmes qui veulent nous élever humainement et professionnellement. J’ai réalisé, peut-être récemment, que je voulais que toutes les jeunes femmes et tous les jeunes se sentent heureux, libres et puissent se mettre en avant, prendre leur place, s’assumer. C’est un bon sentiment de promouvoir le leadership.
Jessy Lindsay a commencé le piano à l’âge de 6 ans. Crédit image : Ming Wu
Pourquoi l’avoir intitulé J’explose?
J’explose, c’est une explosion de soi. Je vous présente qui je suis. Puis le premier single est sorti le 2 septembre, c’est Pouvoir de sorcier. Cette chanson-là est très dansante, c’est groovy et accrocheur. Je l’avais commencé en 2020 et on l’a peaufiné cette année. C’est ma réflexion sur qui j’étais avant et sur ma décision d’avancer dans la vie.
Je fais souvent ça avec mes émotions. Je mets des mots dessus et ça me permet d’avancer, de guérir, c’est libérateur. Le vidéo-clip du single montre aussi l’expérience que j’ai vécue et qui a inspiré l’écriture de cette chanson : Pouvoir de sorcier.
Dans l’EP, je décris la femme parfaite selon moi. Il y a le titre : Elle. Elle est là en moi, je le sais, il faut juste desserrer le corset. Le corset, c’est la société.
J’explose représente tout ce que je gardais à l’intérieur, donc mes émotions. Elles ont d’ailleurs un jour littéralement explosé. J’ai écrit le titre J’explose (devant toi) avant même d’exploser, comme trois jours avant. La chanson savait avant moi ce qui allait m’arriver. La musique sait tout, de toute façon!
J’ai vraiment hâte de le présenter, il y aura une belle soirée de lancement avec plein de surprises et de célébrations le 29 octobre au Club SAW à Ottawa.
Pour quelle raison le pouvoir et la place de la femme vous touchent-ils à ce point?
La femme est souvent montrée d’une certaine façon dans la vie en général et même si ce n’est pas explicite, on est dessiné comme des personnes qui se mettent en arrière. Alors que l’homme a toujours cette première place. Ce n’est pas simple et c’est une image qui nous est présentée très tôt dans notre jeunesse et ça a un impact sur nous, ne serait-ce que la libération de la sexualité chez la femme. Il y a un impact peut-être plus important qu’on ne se l’imagine.
J’ai dû déconstruire ces idées dans ma tête et me dire que je peux prendre ma place, dire non et mettre mon pied à terre. En ce moment, une artiste qui m’inspire dans ce sens, c’est Lou-Adriane Cassidy.
J’aime ceux qui s’assument, j’admire les gens qui ont confiance en eux, ça m’inspire beaucoup. »
LES DATES-CLÉS DE JESSY LINDSAY
2001 : Naissance à Ottawa
2017 : Médaille d’or dans la catégorie musique aux Jeux de la francophonie canadienne
2019 : Finaliste au Gala du prix d’excellence du Centre d’excellence artistique de l’Ontario
2020 : Spectacle Hautes vibrations avec LeFLOFRANCO, Ferline Regis et Robert Paquette
2022 : Lancement de l’EP, J’explose, et du vidéoclip pour la chanson J’explose (Devant toi)
Chaque fin de semaine, ONFR rencontre un acteur des enjeux francophones ou politiques en Ontario et au Canada
Chaque samedi, ONFR+ propose une chronique sur l’actualité et la culture franco-ontarienne. Cette semaine, l’historien et spécialiste de patrimoine Diego Elizondo.
[CHRONIQUE]
Qu’on en commun le premier francophone à être devenu premier ministre du Canada, l’auteur de la célèbre complainte Un Canadien errant ou encore celui qui est considéré comme le premier intellectuel canadien-français?
Il y est vrai que Sir Wilfrid Laurier, Antoine Gérin-Lajoie et Étienne Parent ont tous été reconnus « personnages d’importance historique nationale » par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada. Ils ont aussi en commun d’avoir été inhumés au cimetière Notre-Dame d’Ottawa, qui célèbre son 150e anniversaire de création cette année.
À la fois un espace sacré, social et un lieu de mémoire, ce cimetière situé à l’intersection du chemin de Montréal et du boulevard Saint-Laurent à l’est du secteur Vanier, à Ottawa, est le lieu de repos éternel d’une pléiade d’illustres Franco-Ontariens. Étrangement sa grande valeur patrimoniale, malgré les diverses tentatives, n’a pas encore été sanctionnée en vertu de la Loi sur le patrimoine de l’Ontario.
Plus grand et ancien cimetière catholique de la région
Bien que sa création remonte au 19e siècle, le cimetière Notre-Dame d’Ottawa n’est pas le premier cimetière de la région de la capitale nationale. Avant lui, des cimetières autochtones se trouvent bien sûr dans la région depuis des temps ancestraux immémoriaux. Les premiers cimetières de l’époque « moderne » de la région sont affiliés à une paroisse ou sont privés et familiaux et se trouvent sur des domaines.
Par la suite, les premiers grands cimetières publics d’Ottawa sont établis. Le premier, en 1828, deux ans après la fondation de la cité de Bytown est connu sous le nom de Barrack Hill. Il occupe un demi-acre sur un terrain situé aujourd’hui en plein centre-ville d’Ottawa, non loin de la Colline du Parlement, entre les rues Elgin, Metcalfe, Sparks et Queen.
Faute de place à Barrack Hill, de nouveaux cimetières doivent être créés. Quatre le seront en 1844 dans la basse-ville d’Ottawa, dans l’est de la ville, côte à côte pour les religions catholiques, anglicane, méthodiste et presbytérienne.
Néanmoins dès le début des années 1870 l’espace ne suffit pas une fois de plus et l’exiguïté des lieux ne répond plus aux besoins d’une population grandissante. Par souci de santé publique et crainte de la prolification d’épidémies de maladies infectieuses (peste, choléra, typhus, petite vérole) et en raison de l’agrandissement de la taille de la ville, les cimetières de Sandy Hill sont fermés à leur tour.
Si le terrain d’abord convoité pour établir un nouveau cimetière catholique se trouve dans la haute-ville d’Ottawa, le premier évêque de Bytown, Mgr Joseph-Eugène-Bruno Guigues achète en septembre 1871 un terrain au coût de 8000 $ à la limite est de la ville et en pleine campagne, dans le canton de Gloucester.
D’une grandeur de cinquante arpents, le cimetière Notre-Dame d’Ottawa est officiellement béni et ouvert le 1er mai 1872 lors d’une cérémonie présidée par Mgr Guigues lui-même devant 8000 personnes. En tout, avec les frais associés à l’aménagement du terrain, le coût de la création du cimetière Notre-Dame s’élève à 12 000 $.
Quelques jours plus tard, Mgr Guigues annonce aux catholiques par mandement l’ouverture de leur nouveau cimetière : « Nous gémissions, en substance, sur l’état de l’ancien cimetière si précaire et si insuffisant. Enfin, grâce à Dieu, nous avons trouvé un terrain propice, à proximité de la ville, et assez grand pour durer toujours […] hâtez-vous donc, nos très chers frères, d’acheter des lots et d’y faire transporter les restes de vos chers défunts ».
Chaque année, 175 000 personnes visitent ce cimetière aux 35 000 monuments. Crédit image : Diego Elizondo
Les plans d’aménagement du cimetière Notre-Dame sont confiés au chanoine-architecte Georges Bouillon. Ce dernier assure, entre autres, la direction de la décoration intérieure de la basilique- cathédrale Notre-Dame d’Ottawa et des chapelles du couvent Notre-Dame-du-Sacré-Cœur et de l’Université d’Ottawa. Bouillon dessine un cimetière-jardin selon la tradition des cimetières ruraux américains.
Le pendant protestant sera créé en 1873 et prendra le nom de cimetière Beechwood. Quant au site des anciens cimetières de Sandy Hill, un parc municipal sera créé sur leur site en 1911. En 1916, le conseil municipal d’Eastview vote pour transférer la partie de son territoire appelé Clandeboye au cimetière. À la suite d’une élection, la décision est néanmoins renversée par les nouveaux membres du conseil municipal. L’archidiocèse catholique d’Ottawa se rend devant les tribunaux et obtient gain de cause en 1918.
Cette même année, les registres du cimetière font état d’une augmentation signification des sépultures en raison de la pandémie de grippe espagnole qui fait rage partout sur la planète. On peut y lire à côté des noms, âge et journée de décès des défunts les mots « grippe, influenza, pneumonie ».
Propriété de l’archidiocèse catholique d’Ottawa de 1872 à 1979, le cimetière est depuis cette année-là géré par une entité juridique à but non lucratif du nom de Cimetière Notre-Dame Cemetery. Comme tous les cimetières situés en Ontario (qu’ils soient privés, publics, confessionnels et non confessionnels), il doit se conformer à la Loi révisée sur les cimetières de la province.
Environ 175 000 personnes visitent le cimetière chaque année et il contient plus de 35 000 monuments funèbres – dont quatre mausolées, tous érigés par des familles franco-ontariennes. Ce sont plus de 130 000 personnes y ont été inhumées depuis 150 ans, sur près de 20 hectares.
Lieu de repos éternel d’illustres franco-ontariens
Véritables musées à ciel ouvert, les cimetières sont les gardiens de la richesse d’une mémoire collective. Parfois même davantage culturels que religieux, ils sont des condensés d’histoire et havres de paix. La mémoire des défunts est y bien vivante. Le cimetière Notre-Dame d’Ottawa est sans nul doute celui où reposent le plus grand nombre d’illustres Franco-Ontariens.
Citons l’athlète médaillé d’or aux Jeux olympiques d’été de Berlin 1936 Francis Amyot, l’administrateur Aimé Arvisais, ou encore le commandant de navires pendant la Seconde Guerre mondiale, Louis C. Audette.
On peut tout aussi bien mentionner le seul baron du bois francophone à Ottawa au 19e siècle, Joseph Aumond, le fondateur de l’Ordre de Jacques-Cartier, François-Xavier Barrette, et du premier journaliste sportif au quotidien Le Droit en 1913, Rosaire Barrette.
Le chroniqueur pour enfants Victor Barrette, mieux connu sous son pseudonyme d’Oncle Jean, est aussi enterré dans ce cimetière. Il en est de même que la première femme journaliste francophone de Radio-Canada Marcelle Barthe, l’homme de théâtre Guy Beaulne, le député provincial et farouche opposant au Règlement 17 Aurélien Bélanger, le député fédéral Eugène Bellemare, l’historien Lucien Brault, l’éducateur Laurier Carrière, le photographe-portraitiste Alexandre Castonguay, l’entrepreneur Isidode Champagne…
De gauche à droite : le plus imposant mausolée du cimetière, celui de la famille franco-ontarienne Major d’Orléans, la tombe d’Henri St-Jacques et le monument funèbre des Sœurs de la charité d’Ottawa. Crédit image : Diego Elizondo
On y retrouve en outre le maire d’Ottawa Napoléon Champagne, le co-auteur du rapport qui met fin au Règlement 17 l’avocat Louis Côté, l’artiste-peintre Jean Dallaire, le conseiller franco-ontarien du premier ministre Bill Davis Omer Deslauriers, le hockeyeur Aurèle Joliat, l’historienne et autrice en cinq tomes d’une histoire des francophones d’Ottawa Georgette Lamoureux, le président de l’ACFÉO dans les années 1960 Roger-N. Séguin, le premier député franco-ontarien élu à la Chambre des communes, le médecin Pierre St-Jean…
Outre les Franco-Ontariens, reposent au cimetière Notre-Dame d’Ottawa des catholiques de multiples origines : anglaise, française, irlandaise, écossaise, italienne, libanaise, polonaise, ukrainienne, pour ne nommer que celles-là.
Au moins 16 communautés religieuses y détiennent des lots pour leurs membres dont les Sœurs de la Charité d’Ottawa, les Frères des Écoles chrétiennes, les Pères blancs d’Afrique ou encore les Pères Montfortains. En outre, le cimetière compte 1783 sépultures militaires, dont 115 morts de guerre.
Pour ses 150 ans : une désignation patrimoniale nationale?
En 1986 une partie du terrain du cimetière est vendu à des entrepreneurs qui en ont fait un secteur résidentiel, malgré les protestations du voisinage et des groupes de protection du patrimoine. La même année, la ville d’Ottawa publie un avis public dans les journaux pour signer son intention de procéder à une désignation patrimoniale du cimetière, mais le projet n’aboutit pas.
En l’an 2000, à la demande de l’organisme Heritage/Patrimoine Ottawa, la Commission des lieux et monuments historiques du Canada étudie la possibilité de désigner le cimetière lieu historique national, mais seul le cimetière Beechwood voisin se verra conférer cette désignation prestigieuse en 2002, ce qui soulève l’ire de ceux qui connaissent bien son histoire comme l’auteur et chercheur franco-ontarien Jean Yves Pelletier.
Deux fidèles sont agenouillées devant la grotte Notre-Dame-de-Lourdes. Crédit image : Diego Elizondo
« Le cimetière Notre-Dame est de toute évidence un cimetière patrimonial ayant une grande importance historique pour la région de la capitale nationale, étant donné qu’il est le plus grand cimetière catholique et que plusieurs de ses pionniers et de ses notables y sont enterrés », écrit-il en 2009 dans un livre qu’il a consacré à l’histoire du cimetière, publié en réaction directe à la désignation patrimoniale refusée.
Pour ses 150 ans, il serait opportun de tenter à nouveau d’obtenir une désignation patrimoniale nationale. Le Comité du patrimoine bâti et religieux du Réseau du patrimoine franco-ontarien doit se pencher prochainement sur la question.
Autour du cimetière : d’autres lieux du patrimoine religieux franco-ontarien
Le secteur de la ville d’Ottawa dans lequel se trouve le cimetière Notre-Dame est un haut lieu pour le patrimoine religieux franco-ontarien. En effet, à ses côtés se trouve l’église Notre-Dame-de-Lourdes de Vanier. Seconde église de cette paroisse fondée en 1887, elle fut conçue et dessinée par Saint-Denis Thibault, l’une des firmes d’architecture les plus prolifiques de l’histoire de l’Ontario français, active dans les années 1970.
Son ouverture en 1975 est due au fait qu’un incendie en 1973 réduit en cendres la précédente église construite en 1887-1888, œuvre du chanoine-architecte Georges Bouillon, l’architecte-paysagiste du cimetière Notre-Dame d’Ottawa. Énorme perte pour le patrimoine religieux, cette église construite sur le même modèle que celle de Lourdes, en France, se distinguait par la richesse de son style néo-gothique.
Les flammes du puissant brasier de 1973 engouffrent également le scolasticat construit en 1901. Seul le presbytère de l’église (construit en 1954) et dont les plans furent dessinés par l’architecte franco-ontarien Jean-Serge Le Fort) fut épargné. En face du cimetière Notre-Dame d’Ottawa, sur le chemin de Montréal, se trouve la maison-mère des Filles de la Sagesse dont la plus ancienne partie du couvent date de 1901, œuvre de l’architecte Charles Brodeur.
Toujours présentes à Vanier depuis leur arrivée en 1891, la congrégation religieuse a, entre autres, œuvré en éducation et en santé en Ontario français, particulièrement à Vanier, dans nord-est et le Centre de l’Ontario. Ce sont elles qui fondent en 1927 l’Hôpital Saint-Jean-de-Brébeuf de Sturgeon Falls de même qu’à Ottawa en 1953 l’Hôpital Saint-Louis-Marie-de-Montfort, connu tout simplement aujourd’hui sous le nom d’Hôpital Montfort.
Depuis 2016, les Filles de la sagesse partagent leur couvent avec les dernières membres de la congrégation des sœurs de l’Institut Jeanne d’Arc, la seule congrégation religieuse fondée en Ontario français en 1919, par Jeanne-Lydia Branda (Mère Marie-Thomas-d’Acquin). Derrière le couvent, en empruntant la rue de l’Église se trouvait le pensionnat Notre-Dame-de-Lourdes. Les plans architecturaux furent dessinés aussi par Jean-Serge Le Fort et le bâtiment construit en 1964 par la compagnie franco-ontarienne D’aoust construction.
Couvent de la maison-mère des Filles de la Sagesse du Canada, en face du cimetière Notre-Dame d’Ottawa. Crédit image : Diego Elizondo
Après l’obtention par les Franco-Ontariens du financement public de la province de l’Ontario pour l’éducation secondaire en langue française, le bâtiment du pensionnat privé catholique pour filles est passé dans le giron de l’éducation publique et prit le nom en 1971 d’École secondaire Belcourt. L’école a fermé ses portes en 1983.
Le bâtiment a par la suite connu différents usages scolaires dans les années 1980 et fut, par exemple, le domicile temporaire de l’École élémentaire publique Francojenesse et du Collège catholique Samuel-Genest de 1987 à 1991, avant d’être démoli dans les années 1990.
Enfin se trouve à proximité du cimetière et de l’église un monument unique du patrimoine religieux franco-ontarien, la grotte Notre-Dame-de-Lourdes. Construite de 1908 à 1910, elle se veut une réplique de la célèbre grotte située en France. Dans ses années à la mairie de la Cité de Vanier, Gisèle Lalonde voyait dans ce secteur un fort potentiel de développement touristique pour le patrimoine religieux.
L’architecte Jean-Serge Le Fort, la fondatrice des sœurs de l’Institut Jeanne-d’Arc de même que le sénateur Napoléon-Antoine Belcourt, sont tous des Franco-Ontariens qui ont laissé au 20e siècle une trace tangible de leur vivant, dans leurs domaines d’activités respectifs, autour du cimetière Notre-Dame d’Ottawa et qui y sont maintenant inhumés pour l’éternité. Dernière en liste et non la moindre : Gisèle Lalonde, cette grande dame de la francophonie, décédée le 27 juillet dernier est allé les rejoindre au cimetière, dans ce qu’on pourrait considérer comme le panthéon officieux des Franco-Ontariens.
Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leurs auteur(e)s et ne sauraient refléter la position d’ONFR+ et du Groupe Média TFO.
Alors que l’adoption du projet de loi 7 fait craindre aux aînés francophones le risque de perdre un accès aux soins en français, la gestion des cas de démence observés à l’hôpital et en centre de soins de longue durée revient avec acuité.
Il est clairement établi que l’accès aux soins de longue durée en français est un facteur de qualité et de sécurité pour les aînés francophones. Le risque majeur à présent est d’accroître la démence chez les patients atteints, si la communication ne se fait pas dans leur langue. Le transfert d’un patient francophone vulnérable dans un centre de soin anglophone aurait pour conséquence d’accentuer la perte cognitive.
Plusieurs études le démontrent : recevoir des soins dans une langue qui n’est pas la sienne ouvre le champ à de nombreuses erreurs médicales. Pour plusieurs experts, c’est une question de vie ou de mort.
Linda Cardinal, chercheuse en francophonie, a travaillé sur les services en français dans le domaine de la santé mentale. Selon elle, « le manque de compréhension des patients par des préposés ou des médecins peut donner lieu à des erreurs de diagnostic, comme le montrent les travaux du docteur Prudhomme ».
« Ce n’est pas une demande incongrue que de désirer des soins dans sa langue », souligne-t-elle.
Sean Keays, directeur général du Foyer Richelieu Welland. Archives ONFR+
Sean Keays, directeur général du Foyer Richelieu à Welland, révèle l’existence d’un projet de 148 études sur l’influence de la langue et la qualité de vie face à la démence.
« Ces études, du McMaster optimal aging portal, démontrent que chez les malades francophones – qui sont dans un foyer francophone – il y aurait moins de dépressions que dans un foyer anglophone, même s’il offre de meilleurs soins », affirme le directeur.
La personne âgée dans un foyer est de facto dans un état de vulnérabilité. « Chaque instabilité va aggraver l’état d’une personne démente », assure Linda Cardinal, « ne pas avoir de service dans sa langue met en péril la sécurité des patients ».
Soulager la démence
Frank Knoefel, titulaire de la chaire en recherche sur la démence en soins de santé primaires à l’institut de recherche Bruyère et médecin à la clinique de mémoire à l’Hôpital Elisabeth-Bruyère, assure « qu’il est évident que, pour donner de bons soins, nous avons besoin d’approcher la personne dans sa langue ».
Afin de comprendre les symptômes de la personne, mais aussi d’effectuer un examen physique, « nous avons besoin du langage, si je ne veux pas terroriser la personne », dit l’expert.
Frank Knoefel est chercheur sur la démence et médecin à la clinique de mémoire à l’Hôpital Elisabeth-Bruyère. Gracieuseté.
« Je suis mieux de lui expliquer pourquoi et comment je m’apprête à le faire. Si j’approche une personne pour lui donner son bain, la toucher où l’aider à se déshabiller, sans lui expliquer, elle va prendre peur. »
« À part en prison, on n’attrape pas une personne sans expliquer ce qu’on va faire », ajoute-t-il.
Pour le spécialiste, « une personne atteinte de démence oublie où elle est, même si c’est le même docteur qui la soigne depuis un mois, elle ne va pas le reconnaître. C’est dramatique, car cela aggrave le stress et la situation ».
La démence est un état irréversible. Les personnes âgées qui la développent voient tous ou presque leur état cognitif se dégrader. Il semble alors que le seul moyen de soulager cette perte de repère, donc le dernier rempart ici, serait la langue.
Le retour à la langue maternelle
« La mémoire longue revient chez les personnes vieillissantes », assure Linda Cardinal. « Nous constatons ça dans tous les pays. La langue maternelle est un aspect important dans le domaine de la santé, des questions de santé mentale à Alzheimer. »
« C’est triste », dit-elle, « parce qu’en pandémie ces gens ont été très affectés et les francophones ont peut-être été un peu négligés ».
Pour Frank Knoefel, il faut comprendre l’importance de langue maternelle. « Lorsqu’on naît, on ne comprend rien. Puis, on apprend une première langue, au fur et à mesure, on apprendra une deuxième langue ou plus et ainsi de suite. Imaginez un oignon et ses anneaux, ses différentes couches. »
Linda Cardinal est une politologue et titulaire de la Chaire de recherche sur la francophonie et les politiques publiques à l’Université d’Ottawa. Archives ONFR+
« La démence, ça désintègre l’oignon, ça enlève une couche, l’une après l’autre », décrit le médecin. « Automatiquement, plus l’atteinte cognitive avance, plus on retourne à notre première langue. »
Les soins en français pour les personnes atteintes de démence sont, de ce fait, plus important. « Si on est traité dans une langue qui n’est pas la nôtre », assure M. Knoefel, « le patient va s’agiter de plus en plus ».
« L’agitation va causer de mettre en place de la médication et ces médicaments affecteront la pensée, c’est un cercle. »
Pour Sean Keays, « ce n’est pas la faute des patients, ni des hôpitaux si les lits sont bloqués, c’est le système qui a laissé tomber la médecine ».
« En ce moment, dans le sud de l’Ontario, pour chaque 1000 personnes, il y a 5,85 lits de soins de longue durée et pour les francophones, il y a 0,90 lit, soit moins d’un lit pour 1000 patients francophones. »
Il est donc compréhensible que le gouvernement de l’Ontario trouve une solution, mais il est très important de réfléchir à la situation des personnes en état de démence, explique Sean Keays.
Aux yeux des deux chercheurs, les études et les analyses le démontrent, c’est une question de sécurité et un risque de mortalité plus élevé chez les personnes francophones, si l’aspect de la linguistique n’est pas respecté.
OTTAWA – Indignation chez les organismes de défense des femmes, explosion des ventes de billets, communauté divisée sur les réseaux sociaux… Entre les demandes de déprogrammation et la défense de la liberté artistique, la venue d’Éric Lapointe au Festival franco-ontarien (FFO) fait polémique.
Prévu pour le vendredi 23 septembre à 20h30, l’interprète du célèbre morceau N’importe quoi clôture la première journée du festival.
Dévoilée la semaine dernière, la programmation du FFO a causé de nombreux remous dans la communauté francophone d’Ottawa et d’ailleurs en Ontario. Alors que plusieurs se sont montrés enthousiastes à sa venue, d’autres ont pointé du doigt son passé trouble au niveau de ses comportements violents avec la gent féminine.
Danielle Pecore-Ugorji. Source : Facebook
Une chose est sûre, Éric Lapointe ne laisse personne indifférent. En étau entre les détracteurs et les admirateurs, l’organisateur du FFO, Daniel Simoncic, est surpris de l’importante escarmouche entourant son invitation du rockeur Québécois.
« Ce n’est pas une décision qui devrait être si controversée que ça, mais ça semble l’être », estime-t-il en entrevue avec ONFR+.
#CanceLapointe?
Aux barricades contre la venue du chanteur de Mon ange, on retrouve notamment des organismes de défense des droits des femmes victimes de violence et d’agression sexuelle.
« C’est une insulte à toutes les femmes survivantes » – Danielle Pecore-Ugorji
« C’est une insulte à toutes les femmes survivantes », dénonce Danielle Pecore-Ugorji, directrice générale du Réseau du patrimoine franco-ontarien (RPFO) et ancienne gestionnaire des CALACS francophones d’Ottawa.
« On fait comme si ses actes n’avaient pas d’importance », renchérit la directrice du Centre des femmes Oasis de Toronto, Dada Gasirabo.
L’organisation du FFO répond à ces critiques en affirmant faire une distinction entre la prestation musicale et la personne.
Dada Gasirabo. Crédit image : Oasis Centre des femmes
« On appuie l’artiste et pas les comportements passés », affirme Daniel Simoncic.
Cette explication ne convainc pas du côté des organismes qui y voient une culture de l’impunité dans l’industrie musicale et une discrimination envers les femmes victimes de violence.
« Ne croit-on pas que sa victime a le droit de participer au festival? Si j’étais à sa place, je n’irais pas », argue Dada Gasirabo.
« Va-t-on crucifier quelqu’un? » – Daniel Simoncic
Confronté à cet argument, M. Simoncic assure que le FFO est sécuritaire pour tout le monde et fait valoir qu’Éric Lapointe est également en droit de pouvoir gagner sa vie.
« L’histoire a passé en cour. Je ne suis pas le juge. C’est au public de juger et pour le moment c’est le plus grand vendeur de billets. Va-t-on crucifier quelqu’un? Non », répond-il.
Aucune excuse n’est valable aux yeux de Danielle Pecore-Ugorji. Jugeant la situation « complètement inacceptable », elle souhaite que le FFO retire le chanteur de sa programmation pour laisser la place à un artiste franco-ontarien qui n’est pas aux prises avec une controverse.
La communauté divisée
Les internautes de la communauté franco-ontarienne ont été nombreux a réagir à la présence du chanteur québécois.
Plusieurs d’entre eux se sont estimés choqués de la présence d’Éric Lapointe et ont également soulevé le fait que l’artiste n’est pas issu de l’Ontario français.
Sur cette question, Daniel Simoncic rappelle que 80 % des artistes de la programmation du FFO sont issus de la communauté franco-ontarienne.
Il ajoute que le but de l’événement est aussi de propulser la carrière de musiciens de l’Ontario français en les associant avec des auteurs-compositeurs-interprètes qui disposent d’une plus grande notoriété.
« Pour attirer des foules, on va prendre des artistes qui ont une popularité et c’est comme ça que l’on fait découvrir des artistes franco-ontariens. Personne ne connaissait Véronic DiCaire dans ses débuts, mais vu qu’on l’a associé avec d’autres artistes, les gens ont pu découvrir qui elle était. C’est la même chose avec Damien Robitaille. Ce n’est pas le FFO qui dicte qui sont les artistes qui chantent en français les plus populaires », explique-t-il à ONFR+.
L’organisateur du FFO peut compter sur de nombreux appuis d’internautes dans sa démarche programmatique. Alors qu’ils s’opposent à la « censure » d’Éric Lapointe, ils estiment que le marché est mieux à même de dicter quel artiste peut jouer à l’événement ou non.
Pour le moment, le Festival franco-ontarien n’a pas l’intention de déprogrammer Éric Lapointe bien que les organismes espèrent que la pression les fera changer d’avis d’ici la tenue de l’événement.
GATINEAU – Le duo folk Geneviève et Alain montera sur la scène Hydro-Québec à l’occasion de la 35e édition du Festival de montgolfières de Gatineau (FMG) ce samedi 3 septembre, à 16h.
« C’est notre festival préféré! », affirment les artistes en entrevue avec ONFR+.
Tenu du 1er au 5 septembre, le FMG est de loin le festival le plus important pour la Ville de Gatineau. Cette année, des vedettes comme Wyclef Jean, Les Trois Accords et Roch Voisine font office de têtes d’affiche.
Pour Geneviève Roberge-Bouchard et Alain Barbeau, le FMG représente leurs premiers grands spectacles devant une foule impressionnante. C’est ce sentiment qu’ils aiment retrouver lors de chacune de leurs apparitions.
« On a fait ce festival assez de fois pour qu’on ne soit plus capable de les compter! », sourit Geneviève RB.
Duo musical, guitare et piano, le couple est natif de la région d’Ottawa-Gatineau et participe à l’incontournable événement de l’Outaouais depuis leur adolescence.
Geneviève et Alain. Gracieuseté
Nouveautés au menu
Le tandem a reçu de nombreuses distinctions depuis son entrée dans l’industrie musicale. Le premier album, On est les deux (2016), leur a valu trois nominations au Gala Trille Or, le prix de la Chanson de l’année au concours Ma Première Place des Arts et le prix Relève au Gala des Culturiades de Gatineau. Puis en 2021, le duo est nommé Groupe de l’année au Gala Trille Or.
Durant la pandémie, le groupe a produit son troisième album, J’attends encore (automne 2021). Le spectacle prévu au FMG comprendra de nombreuses chansons issues de ce nouveau disque, notamment Pars et À travers mes yeux.
Geneviève et Alain. Crédit image : Gaelle Leroyer
« La première chanson de l’album a été filmée directement dans le ballon officiel du FMG lors d’une captation d’un spectacle virtuel », raconte Geneviève à ONFR+.
Ainsi, une bonne dose de réconfort attend les participants du Festival de montgolfières de Gatineau ce samedi alors qu’ils se laisseront porter par les voix harmonieuses du duo franco-ontarien.
Alors que la saison estivale se termine et que la rentrée se prépare, l’Ontario est dans la soi-disant période creuse des festivités. Période creuse? Pas vraiment! Plusieurs événements sont prévus aux quatre coins de la province. Projection, parade, spectacles et exposition, il y en a pour tous les goûts.
Projection
L’Alliance française fait son cinéma
L’Alliance française d’Ottawa propose la projection du film L’été l’éternité d’Émilie Aussel, suivie d’une discussion le vendredi 2 septembre à 19h. Les cinéphiles seront plongés dans l’ambiance de Marseille où ils suivront la vie d’une jeune fille de 18 ans, Lise, qui souhaite tout simplement profiter des plaisirs de l’été. Insouciante, elle découvre les limites de la vie alors que sa meilleure amie Lola décède subitement. Il s’en suit un long dialogue interne chez la personnage principale qui amène le spectateur à se questionner sur la fragilité de la vie à travers une intrigue psychologique d’un drame sentimental.
L’été l’éternité. Gracieuseté Alliance française d’Ottawa
L’été l’éternité sera diffusé à l’Alliance Française d’Ottawale vendredi 2 septembre à 19h. Les cinéphiles intéressés peuvent réserver leur place ici. Le coût est de 5 $ par personne non membre.
Concert
Un ténor à Kapuskasing
Le chanteur d’opéra québécois bien connu, Marc Hervieux, en tournée dans le Nord de l’Ontario, s’arrêtera au Centre régional de loisirs culturels (Kapuskasing) le jeudi 8 septembre. Aimé du public pour ses dix albums allant du classique à la pop, Marc Hervieux a remporté trois prix Félix au cours de sa carrière. Les mélomanes peuvent s’attendre à en avoir plein la vue avec la venue de cet artiste de renom dont le dernier album, Nostalgia (2020), a fait vibrer bien des chaumières durant le temps des fêtes.
Marc Hervieux. Crédit image : Julien Faugère
Marc Hervieux sera en spectacleau Centre régional de loisirs culturels Inc. à Kapuskasing le jeudi 8 septembre. Les billets sont à 40 $ pour le public et 35 $ pour les membres. Les spectateurs intéressés peuvent réserver sur le site du centre.
Exposition
Dessine-moi un lien social
L’Alliance française de Toronto invite le public à venir admirer gratuitement l’exposition Au fil des connexions de l’artiste luso-canadienne Carolina Reis. Passionnée par les liens invisibles qu’on les énergies humaines entre elles, Mme Reis les dessine avec des fils et textiles. Par son œuvre, elle amène le public dans cet espace indescriptible qui se situe entre l’imaginaire et le tangible. Curatrice, Carolina Reis montre que le fil devient très solide lorsqu’il est entrelacé ou tissé dans des structures particulières à l’image des connexions que les humains ont en société.
Au fil des connexions, Carolina Reis. Crédit image : Marc LeMyre
L’exposition Au fil des connexionsest exposée gratuitement à la Galerie Pierre-Léon le mercredi 7 septembre à 15h. Pour s’inscrire, les intéressés peuvent suivre ce lien.
Spectacle
Festival interculturel des arts de Kingston
L’auteur-compositeur-interprète franco-ontarien Norbert Lepage livrera une prestation présentée par le Centre culturel Frontenac le dimanche 4 septembre à l’occasion du Festival interculturel des arts de Kingston. Après une pause de deux ans, l’événement revient en force avec une série de spectacles offerts gratuitement au public sur la scène extérieure devant l’hôtel de ville. Résident de la ville, on lui doit l’album Ça s’en vient paru en 2008. Membre de groupes francophones comme Le Clan d’Estin, Pavillon ou encore BLT, cet ancien enseignant à l’École secondaire catholique Marie-Rivier ne s’est jamais fatigué même après 40 ans de carrière et continue de donner des spectacles au grand plaisir du public d’expression française.
Norbert Lepage au Festival interculturel des arts de Kingston. Crédit image : Centre culturel Frontenac
Norbert Lepage sera en spectacle le dimanche 4 septembre à 15h05 sur la scène extérieure devant l’hôtel de ville de Kingston. L’événement est gratuit.
Communauté LGBTQ2+
Semaine de la fierté à Timmins
L’organisation Fierté TimminsPride tient une série d’activités à partir du mardi 6 septembre jusqu’au samedi 10. Célébrée depuis 2014, cette neuvième édition souligne la contribution et la résilience de la communauté LGBTQ2+ dans la ville de Timmins. Parmi les événements, on retrouve une partie de quilles 9 septembre de 9h30 à midi ainsi qu’un spectacle de drag-queens le 10 septembre au Surge Sports Lounge. Une parade est également prévue le samedi 10 septembre sur la troisième avenue de Timmins de 10h à 13h.
Drapeau LGBTQ2+
La semaine de la fierté LGBTQ2+ de Timmins se déroule du mardi 6 au samedi 10 septembre. Certains événements comme la parade ou la partie de quilles sont ouvert à tous alors que le spectacle de drag-queens est à guichet fermé, dont les billets peuvent être obtenus à l’adresse suivante : info@timminspride.com.
SUDBURY –Le Théâtre du Nouvel-Ontario (TNO) lance sa nouvelle saison 2022-2023 avec pour thématique À la croisée des regards. Au cours de l’année, dix spectacles variés seront présentés au public de la Place des Arts.
« Je me réjouis de vous proposer une première programmation théâtrale complète dans notre nouvelle maison, La Place des Arts! » s’est exclamée sur les planches Marie-Pierre Proulx, directrice artistique du TNO, promettant de « passionnants moments de théâtre avec la communauté sudburoise au sein de ce lieu rassembleur ».
La saison du TNO dévoilée ce mercredi soir ouvrira en septembre avec la lecture publique de Nickel City Fifs : une épopée queer sudburoise sur fond de trous. Il s’agit du premier projet théâtral d’Alex Tétreault à l’occasion de l’événement Feuilles Vives.
« On aurait pas pu être présenter ce spectacle dans la salle où on était avant faute d’espace », explique Mme Proulx en entrevue avec ONFR+.
Marie-Pierre Proulx, directrice artistique au Théâtre du Nouvel-Ontario, lors du dévoilement de la saison. Crédit image : Inès Rébéi
Le mois suivant, le TNO mettra en scène 40 interprètes du partout au Canada dont Chloé Thériault, France Huot et Caroline Raynaud à l’occasion d’une production à grand déploiement : Un. Deux. Trois.
Il s’en suivra du premier spectacle jeunesse de la saison. Danse, peinture en direct et chants marins sont à prévoir avec L’Écho de l’écume.
« On avait envie de laisser la voix à plusieurs paroles artistiques très différentes au niveau des approches ainsi que des thématiques », raconte Mme Proulx. Parmi ces thèmes, il est question de l’esprit de solidarité des Franco-Ontariens avec la pièce humoristique Vache, the musical.
En février, ce sera Mononk Jules, de Jocelyn Sioui, qui reconstitue avec humour, imagination et intelligence l’histoire des Autochtones du 20e siècle. Puis, en mars, la pièce Intrusions, l’histoire d’une femme raconte son attente de transfert vers une résidence pour personnes âgées avec son mari.
Le public jeune pas oublié
En avril, deux représentations jeunesse autochtones seront sur les planches : Toqaq mecimi puwiht, une coproduction du Théâtre montréalais Ondinok pour les 5-9 ans, puis G’zaagiin maleńki, une production de Voyageurs Immobiles, pour les moins de 6 ans.
La directrice artistique se dit impatiente de s’immerger dans le nouvel espace de la Places des Arts, ouverte depuis avril dernier. « On n’a pas encore eu la chance de vraiment vivre l’espace avec les artistes et le public. On a juste pu y présenter un spectacle communautaire et un accueil. Donc c’est un peu notre saison inaugurale à la Place des Arts. »
Le public est venu découvrir la nouvelle programmation du TNO, ce mercredi, à la Place des Arts. Crédit image : Inès Rébéi
« On garde les spectacles intimes tout en les offrant à un public plus vaste » – Marie-Pierre Proulx
Et de souligner les avantages du site : « On est au centre-ville, les gens peuvent aller prendre un verre et manger avant. Il y a le bistro où on peut se rencontrer. Les artistes ont accès à des installations à la fine pointe de la technologie dans deux salles de spectacle. On a la chance d’avoir des spectacles à plus grand déploiement dans une salle plus grande. On garde les spectacles intimes tout en les offrant à un public plus vaste. »
Elle qualifie cette nouvelle saison de « très diversifiée, où chaque spectateur pourra en trouver à son goût, à la fois dans les approches artistiques et les thématiques abordées ».
Une dizaine de productions et coproductions ont été dévoilées. Crédit image : Inès Rébéi
OTTAWA – Près de deux ans après les événements du « mot en n » à l’Université d’Ottawa (U d’O), la professeure Verushka Lieutenant-Duval dit qu’elle s’est sentie, « estomaquée, sous le choc et en panique », ajoutant ne jamais avoir eu l’intention de « bouleverser l’étudiante en question ».
Cette dernière témoignait mercredi dans le cadre de la seconde de trois séances du grief déposé par l’Association des professeurs et professeures à temps partiel de l’Université d’Ottawa (APTPUO).
Verushka Lieutenant-Duval a été suspendue par l’administration, suite à une plainte d’une étudiante, pour avoir utilisé le terme en entier dans un cours le 23 septembre2020.
La professeure faisait mention de la façon dont la communauté noire afro-américaine s’était réapproprié le terme n***e pour dresser un parallèle avec l’utilisation par la communauté gaie du mot « queer », à l’origine une insulte. Elle avait reçu, suite à ce cours, un courriel d’une étudiante lui faisant part de son malaise. Elle souligne qu’à la suite de la prononciation du mot, durant le cours, aucun étudiant ne lui a fait part de son malaise. La chargée de cours s’était excusée par la suite par courriel à sa classe.
« Quand je lis ce courriel (de l’étudiante), je suis comme surprise. J’ai comme un choc. Je n’avais pas du tout vu ça venir », témoigne la professeure de 45 ans.
Elle explique qu’au cours de son parcours universitaire, elle a entendu à plusieurs reprises ce mot de la bouche de professeurs blancs. Effectuant son doctorat au moment de la controverse, elle dit avoir tiré ce mot d’un livre de 2007 d’un professeur universitaire américain. Le mouvement Black Lives Matter, à son plus fort en 2020, a changé la perception des choses « qu’on disait avant, en 2007 », dit-elle.
« Je ne suis pas sur les réseaux sociaux, je n’ai pas d’enfants. Je ne suis pas trop au courant de ce qui se passe chez les jeunes. Je n’ai pas d’amis qui côtoient des jeunes. Je suis comme dans un milieu fermé, dans ma petite bulle. »
La professeure avait indiqué dans un courriel avec cette étudiante le 23 septembre avoir entendu par le passé ce mot à l’université en référence au monde universitaire et non à l’U d’O spécifiquement, mais l’étudiante a compris qu’il s’agissait en particulier de l’établissement, estime-t-elle. Cette étudiante dénonce d’ailleurs, dans un courriel au doyen de la Faculté des arts, l’injustice raciale qui a lieu avec d’autres professeurs blancs de l’Université.
Aujourd’hui, la chargée de cours souligne que son intention n’était pas de « bouleverser quelqu’un ». « J’utilisais un mot qui est tiré de la littérature savante. Ce n’est tellement pas ça que je voulais comme réactions (…). Si j’avais su, je n’aurais pas utilisé ce mot-là. »
L’Université d’Ottawa. Archives ONFR+
Rappel des événements
Après avoir averti au préalable ses élèves qu’elle le ferait au début du prochain cours le 30 septembre 2020, la professeure en compagnie des élèves parle de l’utilisation de ce mot dans le contexte académique à savoir s’il peut être dit.
« L’objectif de l’activité était d’en parler et ils en ont parlé », dit-elle, ajoutant qu’après cette discussion elle a senti que le débat était clos.
L’Ud’O a dit par le passé et à plusieurs reprises,notamment le recteur Jacques Frémont, qu’elle avait perdu le contrôle de sa classe.
« Absolument pas », répond-t-elle. « Ce n’est pas non plus ce que je ressens du ton de voix des réponses… Il n’y avait pas d’agressivité. »
Elle ajoute toutefois avoir perçu un malaise auprès de sa classe en lisant les commentaires du cours sur Zoom à la pause qui affirmait entre autres que ce mot ne devrait pas être prononcé par une personne blanche ou encore certains étudiants ayant partagé leur inconfort.
Le 1er octobre, une étudiante publie la réponse courriel de Mme Lieutenant-Duval sur Twitter déclenchant une avalanche de réactions. Elle dit avoir été très surprise de la réaction qui a été générée par l’étudiante qui ne s’identifie pas comme noire dans un courriel envoyé à Verushka Lieutenant-Duval, mais qui dit parler en tant que personne de couleur. La publication sur Twitter récolte des centaines de partages et une capture d’écran comportant son adresse personnelle ainsi que ses coordonnées circulent aussi en ligne.
« Je commençais à me dire, là je suis en danger. »
Un article du journal étudiant The Fulcrum affirmant qu’elle a utilisé une « insulte raciale » est aussi publié alimentant encore plus les réactions. Entre-temps, via ses réseaux sociaux, l’institution condamne le langage utilisé par Mme Lieutenant-Duval. Cette dernière souligne qu’elle reçoit alors des courriels dans les heures qui suivent, déformant complètement le contexte des propos tenus en classe. Elle écrit par la suite à cinq personnes de son département à la Faculté des arts.
« Je ne savais pas quoi faire. J’étais en panique. Je voulais juste savoir c’était quoi la procédure, qu’est ce que je dois faire, qui je dois contacter », énumère-t-elle.
Dans la classe de 47 étudiants, une seule a porté plainte à la Faculté des arts et son doyen, Kevin Kee. Ce dernier a envoyé un courriel le 1er octobre au soir aux étudiants du cours de Verushka Lieutenant-Duval condamnant son langage « offensant et totalement inacceptable dans nos salles de classe et sur notre campus ». Cette dernière apprend quelques semaines plus tard, via son syndicat, de l’initiative du doyen. Personne de l’U d’O n’est rentré en contact avec elle, dit-elle, se disant estomaquée de la réponse de l’administration.
« Encore aujourd’hui, je n’arrive pas à comprendre pourquoi est-ce qu’on ne m’a pas appelée, écrit pour me dire : « Madame, on a entendu. Est-ce que vous confirmez la chose? » Personne ne m’a contacté pour me demander : « Que s’est-il vraiment passé? Comment ça s’est passé? C’est quoi votre version? ». Publiquement, on déclare que j’ai eu un langage offensif alors que c’était un mot », dénonce-t-elle.
Retrait du cours
Le 2 octobre 2020, elle se voit retirer son cours, l’Université jugeant dans ce climat et cette situation exceptionnelle devoir suspendre la professeure afin d’étudier la situation.
L’établissement dit que deux étudiantes du cours, dont celle ayant partagé le courriel, ont contacté le doyen. Le président du syndicat des étudiants est aussi entré en contact avec Kevin Kee où il écrit que Mme Lieutenant-Duval a « tenté de censurer », l’étudiante en question.
La chargée de cours dit avoir demandé à celle-ci, dans un échange de courriels, d’ajouter du contexte à son gazouillis qui affirmait que la professeure avait utilisé le « mot en n » en classe, sans plus de détails. La professeure demande alors dans un courriel subséquent de retirer sa publication, car ses informations personnelles ont été partagées.
Près de deux ans après les événements, la professeure dit ne pas avoir fait de publications citant une difficulté à se concentrer, elle qui enseigne aujourd’hui à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Depuis la controverse, elle soutient que sa charge de cours a diminué passant de trois à quatre cours par an à deux à trois.
L’ancienne membre du corps professoral de l’ U d’O a témoigné pendant quelques heures ce mercredi dans un hôtel d’Ottawa, devant le tribunal d’arbitrage. Deux griefs en son nom ont été déposés par l’Association des professeurs à temps partiel de l’Université d’Ottawa (APTPUO). Le contre-interrogatoire de la part de l’Université doit intervenir le 1er décembre.
OTTAWA – La difficile expérience de la période pandémique a eu, néanmoins, le mérite de remettre en cause plusieurs pratiques professionnelles longtemps admises, à l’instar de la semaine de travail de cinq jours. L’Université bilingue Saint-Paul d’Ottawa mène actuellement un projet pilote pour tester les effets d’une semaine de travail de quatre jours sur son personnel, et ce dans l’objectif de pérenniser ce modèle.
C’est avec le consentement et le soutien des syndicats représentant le personnel que l’Université Saint-Paul a entamé, le 4 juillet dernier, un projet pilote mettant en place pour tout son personnel de soutien administratif, syndiqué ou pas, la semaine de travail de quatre jours au lieu des cinq jours communément admis, et ce tout en gardant le même salaire.
« Ce projet fait suite à une longue consultation auprès de notre personnel. L’intention est de confier à chacun la gestion de son temps en lui donnant une journée libre par semaine qui peut servir pour n’importe quel type de congé. Ce qu’on cherche c’est promouvoir un meilleur équilibre entre la vie familiale et professionnelle surtout après avoir vécu une période pandémique assez difficile », explique Carole Audet, vice-rectrice associée, Talent, diversité et culture de l’Université Saint-Paul.
Et d’ajouter : « On voyait de la fatigue, un certain stress psychologique et un réel besoin de se déconnecter chez notre personnel. On a aussi observé qu’il y a eu une augmentation conséquente de congés d’invalidité par rapport à avant la pandémie. Ce sont là des symptômes qui alertent de l’existence d’un problème. »
Moins de travail pour plus d’efficacité
Par ailleurs, bien que cette expérience ne prendra fin qu’à la fin octobre prochain, les résultats sont d’ores et déjà fort prometteurs. En effet, à en croire Mme Audet, le premier sondage fraîchement effectué indique une signifiante amélioration de l’état d’esprit des travailleurs ainsi qu’une meilleure productivité.
Carole Audet, vice-rectrice associée, Talent, diversité et culture de l’Université Saint-Paul. Gracieuseté
« Les résultats du récent premier sondage relatif à ce projet pilote sont très positifs dans le sens où le personnel nous rapporte qu’il est beaucoup plus concentré au travail », dit-elle. « On a également observé un phénomène de productivité accrue avec des semaines de 28 heures. »
Quant à savoir si une réduction d’heures de travail est synonyme de plus de recrutements pour assurer les services, cela dépend de chaque activité. C’est le cas par exemple de la bibliothèque où, selon la vice-rectrice, il se peut que l’Université soit amenée à embaucher des personnes à temps partiel afin de combler certains vides horaires.
Parti pour rester
Sur le long terme, les responsables de l’Université Saint-Paul assurent que si, d’ici l’automne, cette réussite se confirme, sous réserve que les employés et les syndicats en manifestent la volonté, l’établissement fera sien ce modèle, ce qui représenterait une véritable révolution dans le secteur du postsecondaire.
C’est donc bien parti pour rester, d’autant plus que d’après Mme Audet « les employés semblent signifier qu’ils veulent continuer sur ce schéma de semaine à quatre jours ».
Du reste, le corps estudiantin n’a aucun souci à se faire quant aux conséquences sur leurs heures et volumes de cours puisque les initiateurs de ce programme n’ont pas l’intention de l’appliquer au corps enseignant. D’ailleurs, ce dernier ne participe pas à cette expérience.
Alors que le Festival international du film de Toronto s’apprête à dérouler son tapis rouge, retour sur le film La Gravité qui avait conquis le public lors de la dernière édition du TIFF. Long métrage à la croisée du film de banlieue et du film de genre, La Gravité a enflammé les écrans français.
TORONTO – En marge d’une rencontre avec le premier ministre du Canada Justin Trudeau, ce mardi à Queen’s Park, Doug Ford a considéré que Justin Trudeau était en ligne avec le controversé projet de loi 7. Il a aussi réaffirmé qu’il comptait sur le palier fédéral pour l’aider dans le redressement des soins de santé.
Premier du genre depuis 2018, ce face-à-face en privé entre les deux premiers ministres dans le bureau de Doug Ford à l’Assemblée législative de l’Ontario a duré près d’une heure. Ils ont évoqué plusieurs dossiers chauds, dont les transferts financiers en santé, les infrastructures, l’immigration et le logement abordable.
À l’issue de la rencontre, interrogé sur le projet de loi 7, qui prévoit le transfert des patients en hôpital vers les foyers de soins de longue durée, Doug Ford a surpris en indiquant que Justin Trudeau était « probablement d’accord », tout en évoquant l’urgence de désengorger les centres hospitaliers de la province.
Accéléré cette semaine par le vote d’une motion visant à esquiver les consultations publiques, ce projet de loi a provoqué un tollé ces derniers jours, l’opposition dénonçant un risque de perte de services en français pour les patients franco-ontariens. Il pourrait être adopté dès ce mercredi à l’Assemblée législative.
Immigration et santé au cœur des discussions
Le premier ministre, qui a qualifié sa relation avec Justin Trudeau de « merveilleuse » et sa rencontre de constructive, est également revenu sur le volet de l’immigration économique alors que son ministre Monte McNaughton est en train de négocier le renouvellement d’un accord bilatéral majeur sur cette question. Il a martelé la nécessité d’accorder plus de marge de manœuvre à la province dans le choix de ses immigrants pour faire face aux défis de la relance économique, dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre.
Concernant les financements en santé émanant du gouvernement fédéral, le premier ministre s’est dit par ailleurs « très confiant » de parvenir à une entente, alors que les provinces réclament des transferts plus importants pour rebâtir leur système de santé, après les ravages de la pandémie.
Arrivée de Justin Trudeau devant le bureau du premier ministre ontarien, Doug Ford. Crédit image : Rudy Chabannes
Les deux dirigeants ont enfin abordé la crise du logement et la volonté de l’Ontario de construire 1,5 million de logements sur dix ans. Selon Doug Ford, les trois paliers gouvernementaux doivent travailler ensemble pour parvenir à construire plus de logements plus rapidement.
Justin Trudeau, qui participait un peu plus tôt en journée à une table ronde sur le logement abordable à Kitchener, ne s’est pas exprimé devant la presse lors de sa venue à Queen’s Park.
Trudeau-Ford, une relation en dents de scie
Au cours des quatre dernières années, les deux hommes se sont critiqués à plusieurs reprises par médias interposés, notamment au plus fort de la pandémie sur l’approvisionnement en vaccin, la relance économique, la fermeture des frontières et l’interdiction des vols internationaux. Le premier ministre ontarien avait calmé le jeu par la suite en qualifiant Justin Trudeau d’ami.
Ils étaient apparus côte à côte en mai dernier, à Windsor, à quelques encablures du déclenchement des élections provinciales, qui allaient déboucher sur le triomphe de la Ford Nation, reconduite aux commandes de l’Ontario pour la seconde fois. Trudeau et Ford avaient alors annoncé un financement conjoint visant à doper le secteur automobile ontarien à Windsor et Brampton.
D’autres dossiers ont eu plus de mal à se concrétiser entre le fédéral et l’Ontario, au cours des dernières années. La province a été la dernière, par exemple, à sceller une entente Canada-Ontario sur le système universel de garderies à 10 dollars, la grande promesse électorale de Justin Trudeau.
QUÉBEC – Le chanteur franco-ontarien bien connu, Damien Robitaille, montera sur scène à la Superfrancofête qui réunira, ce mercredi à l’Agora du Port de Québec, les grands talents du monde musical francophone à travers le monde.
Il s’agit d’une première présence en carrière pour l’artiste de Lafontaine alors que la dernière édition de l’événement remonte aux années 1970. Damien Robitaille partage l’affiche de la Superfrancofête avec des figures telles que le chanteur ivoirien Tiken Jah Fakoly, Zachary Richard, Robert Charlebois et Patrick Bruel. « C’est un honneur! », lance le chanteur en entrevue avec ONFR+. « Les gens me trouvaient un peu fou de chanter en français et me voilà avec tous ces grands noms », renchérit-il.
Le chanteur interprétera son plus récent succès Bienvenue à Longueuil et sa reprise de la chanson La danse à St-Dilon.
« Gilles Vigneault l’a fait, maintenant c’est Damien Robitaille qui va le faire! », blague-t-il.
Avec lui, c’est toute une façon de chanter la francophonie qu’il apporte dans ses valises. « Je fais désormais partie de cette famille de la francophonie et porter le flambeau franco-ontarien a toujours été une fierté pour moi », conclut-il.
L’événement qui verra défiler une trentaine d’artistes sera télédiffusé dans près de 200 pays.
Après avoir été annulé en 2020 en Tunisie puis en 2021 à Dubaï pour raisons covidiennes, c’est à Québec que l’événement se tient et le faire voyager n’est pas dans les cartons à court terme.
Tenu à l’Agora de Québec, c’est devant 5000 spectateurs que les artistes démontrent l’immensité de leur savoir-faire musical.
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